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Couverture de la série Le Bois des Vierges
Le Bois des Vierges

Dès les premières pages, je suis conquis par cette étrange cohabitation entre humains et bêtes qui parlent, par la beauté lisse du dessin, la colorisation adéquate, la richesse du dialogue, le luxe des décors, et surtout l'univers développé. Le dessin de Béatrice Tillier que je ne connaissais pas, est d'une précision et d'une pureté magnifiques qui se constatent dans les détails d'architecture, de mobilier et de costumes chatoyants qui s'apparentent à la Renaissance. Elle a reproduit certains châteaux existants, tel celui du prince des Armures qui est le château de Trécesson en Bretagne, tandis que celui de Clam ressemble au donjon de Septmonts en Picardie. D'autre part, sa vision graphique réaliste des animaux est plus séduisante à mes yeux que celle de Masbou sur De Cape et de Crocs, plus humoristique. C'est une véritable parabole sur la nature humaine, sur l'instinct de l'homme qui est souvent bien plus bestial que les bêtes elles-mêmes, et qui joue sur la fascination du loup vu maintes fois dans les contes de fée ou les fables ; sorte de conte adulte, de Belle et la Bête revisité, ce récit troublant et passionnant est un vrai plaisir à lire. La dessinatrice s'est inspiré de l'imaginaire des contes et des légendes, notamment pour son bestiaire du Bois des Vierges qui offre des créatures intéressantes. Le tome 2 peut sembler plus faible car il s'écarte de la guerre, mais en même temps, il ajoute à cette histoire une note romantique avec l'amour entre Aube et Clam qui doit choisir entre les 2 races auxquelles il appartient ; l'intérêt décline un peu mais ça n'en est pas pour ça ennuyeux, et d'un autre côté, centrer tout sur la guerre et ne montrer que des combats sanglants aurait fini par lasser. Je ne suis pas sûr qu'avec un dessin moyen, le charme aurait pris ; le dessin très soigné est donc le point fort de cette série qui me réconcilie avec Dufaux, car après avoir lu plusieurs séries de lui qui m'avaient déçu, je retrouve avec joie son génie de l'écriture et de l'imaginaire.

29/05/2014 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Des-Agréments d'un Voyage d'Agrément
Des-Agréments d'un Voyage d'Agrément

Gustave Doré était un génie, qui à mon âge, fut en plus un précurseur du médium de la Bande Dessinée. Ces "Des-agréments" sentent bon le XIXème siècle. En effet, on pourra suivre, dans cet album, le récit d'un voyage (dans les Alpes) rempli de péripéties loufoques, d'un personnage assez caricatural, parodiant une certaine classe de la société (dont les attributs qui faisaient la spécificité de cette classe ont aujourd'hui disparu, ce qui amoindrit un peu l'impact de cette caricature). Ça ne vous dit rien cette formule ? Et oui, Rodolphe Töpffer avec ces messieurs (Jabot, Pencil, Vieux Bois, Crepin, Pictogramme, Festus), tout comme L'Idée fixe du savant Cosinus de Christophe utilisait déjà cette formule. Sauf que le dessin de Doré est beaucoup plus sophistiqué (mais paradoxalement, pas fait, à mon sens, pour la bande dessinée). En effet, son style graphique fait beaucoup plus moderne, à mi-chemin entre Calvo et des auteurs animaliers encore plus récents tels que Michel Plessix par exemple. Le dessin, avec une maîtrise de l'ombrage absolument fabuleuse (qui préfigure en somme son travail de contraste d'obscurité/luminosité en gravure mais pas tellement sa technique même de la gravure), entièrement au fusain/ crayon de bois est très joli à regarder. Cependant, il parait régulièrement figé, et si les personnages de Doré sont très rigolos, ses dessins m'ont paru trop petits pour être "enfermés" ainsi dans des cases (et c'est en ce sens que je trouve que le dessin de Gustave Doré est plus adapté à l'illustration et la peinture qu'à la narration par suites d'images). Néanmoins, pour l'époque, son travail de narration est particulièrement innovant. En effet, si le scénario est savamment comique, il sert aussi de fondation à un nombre de jeux narratifs assez impressionnant pour l'époque, les plus frappants étant l'organisation des planches en fonction de l'effet désiré (cases aux dimensions différentes ou gaufrier rappelant furieusement les images d'Epinal), l'usage d'"effets" sur les planches, mêlant récit du narrateur et vécu du narrateur (la trace de pied, l'apparition du museau de la vache, etc...). Les trois planches vues au travers du télescope sont aussi résolument modernes (fort ingénieuses et beaucoup moins figuratives qu'une BD classique) tout comme la mise en abyme de l'artiste qui apparaît lui-même dans ses planches (en train de peindre un tableau). Le seul reproche à faire à ces jeux de narration est le cafouillage de narrateur en début d'album (d'abord, apparemment, c'est Gustave Doré ou du moins l'éditeur du carnet, puis M. Plumet, mais sans changement de représentation visible...c'est bien compliqué pour pas grand chose tout ça). La BD du XIXème siècle la plus innovante que j'ai pu lire, une œuvre de jeunesse d'un artiste de génie (qui arrêtera la BD par la suite) et un bon moment de lecture dont il ne faudrait pas se priver !

29/05/2014 (modifier)
Couverture de la série Cagliostro
Cagliostro

Ca commence par un meurtre, celui d'une modiste de la reine jetée dans le Grand Canal du château de Versailles. Les auteurs parviennent à imbriquer avec aisance leur histoire au sein de la grande Histoire et de faits réels (la haine que vouait Marie-Antoinette à Rohan était bien réelle). L'action est encore décomposée, avec des scènes montrées avant des séquences antérieures, c'est la mode de nos jours en BD. Véritable enquête policière à la cour de Versailles, l'exercice n'est pas nouveau et a été maintes fois utilisé dans d'autres Bd, mais il a le mérite d'employer le célèbre mage Cagliostro, connu aussi sous le nom de Joseph Balsamo (qui fit l'objet d'un roman d'Alexandre Dumas) et qui étonna grandement la cour par ses prodiges. D'habitude, je n'aime guère ces périodes historiques, les règnes de Louis XIV, de Louis XV, de Louis XVI, la Révolution... mais cette toute petite portion de période pré-révolutionnaire est toutefois intéressante avec ce personnage de Cagliostro où se profile la fameuse affaire du Collier de la reine, qui sera je l'espère évoquée dans les albums suivants ; elle est suffisamment intrigante pour être contée, et le cardinal de Rohan y fut mêlé de près, ainsi que Cagliostro. Les auteurs font d'ailleurs de Rohan un sacré vieux grigou manipulateur et avide de se rouler dans le stupre, déjà qu'il n'était pas blanc comme neige comme tous les curés de cette époque, mais là ils en rajoutent une couche et ça fonctionne très bien. Le personnage de Cagliostro est bien défini, c'est plausible car on sait peu de choses sur lui, il s'entourait d'un tel mystère ; la séquence d'ouverture est habilement destinée à montrer au lecteur sa technique d'hypnose qui va ensuite lui servir au cours du récit. Bref, tout ça attise la curiosité pour la suite, pourvu que la série tienne ses promesses, aussi bien en intrigue (car il y a matière à faire) que graphiquement, le dessin étant très bon, doux et léger.

28/05/2014 (modifier)
Couverture de la série Kililana Song
Kililana Song

Je me joins à l’enthousiasme général même si le premier tome m’avait laissé un peu sur ma faim. Je le trouvais en effet quelque peu décousu. Il est un fait que les personnages d’importance sont multiples et que, donc, il fallait du temps à l’auteur pour tous nous les présenter. Mais dès que cette présentation est faite, la richesse de cet univers se dévoile pleinement. On a là un large panel de caractères dont tous me semblent totalement appropriés pour nous parler de l’Afrique. Le dessin est particulier, pas toujours très précis mais empli de lumière. De plus, l’auteur n’hésite pas à s’aventurer dans des planches plus expérimentales qui s’intègrent parfaitement au récit. Ces planches arrivent toujours au bon moment et apportent leur propre éclairage narratif. Enfin, le final est très bien trouvé et plein d’ironie. Un beau diptyque pour un portrait à la fois sombre et lumineux de l'Afrique d'aujourd'hui.

28/05/2014 (modifier)
Couverture de la série Bételgeuse
Bételgeuse

Ecosystème perturbé, créatures étranges, paysages majestueux, aspect humaniste et écolo, pouvoir totalitaire, expédition pleine de dangers, un peu de sexe... Les ingrédients sont les mêmes que dans Aldébaran puisque la saga continue avec cette seconde partie où l'on retrouve Kim Keller encore plus épanouie et plus mûre. Il y a un côté exploration en nature hostile qui est plus passionnant que dans Aldébaran, j'adore les récits de jungle depuis mon enfance, et ici j'y trouve mon compte. Ce second cycle en lui-même apporte quelques réponses mais n'est pas absolument capital pour faire avancer l'histoire, il est juste agréable et procure de très bons moments, l'intérêt est indéniablement plus fort que dans le premier volet, en dépit du fait qu'il y a beaucoup de verbiage, mais ça sert aussi à étoffer les personnages, dont je regrette que certains disparaissent quand ils sont sympas, tel Steve. Les scènes de nu ne sont peut-être pas obligatoires mais elles ne ralentissent pas la narration et apportent un petit plus qui détend entre deux situations plus sérieuses. En tout cas, même si Aldébaran était nécessaire pour installer l'univers voulu par Léo, j'ai nettement préféré ce segment qui joue sur l'atout du mystère, du danger et de l'inconnu avec plus de brio. D'un trait simple, sans prouesses graphiques, Léo construit encore un monde fantastique crédible et attachant. Une vraie réussite donc, pleine de fraîcheur, qui m'incite à aller voir sur Antarès.

28/05/2014 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5
Couverture de la série Légendes des Contrées Oubliées
Légendes des Contrées Oubliées

Ma fois c'est une bande dessinée de très bonne qualité que voilà. Je commencerai quand même en précisant que je ne considère pas Légendes des Contrées Oubliées comme le chef d'oeuvre de la bd d'heroïc fantasy. Malgré ses grandes qualités, elle est quand même loin d'égaler La Quête de l'Oiseau du Temps, que ce soit sur le fond ou la forme, l'oeuvre de Loisel étant selon moi le seul chef d'oeuvre du genre. Cependant on doit bien sûr juger une bd pour ce qu'elle est et non par rapport aux autres, ce n'est pas parce que La quête est supérieure que Les légendes sont de la boue. Aux premières planches j'ai eu du mal avec le dessin, un peu vieillot et les couleurs fanées. Puis je m'y suis fait et j'ai fini par trouver beaucoup de qualité à ce dessin et à vraiment l'apprécier. Il faut juste un petit temps d’accoutumance, un peu comme au début d'une pièce de théâtre où on a du mal avec le jeu non naturel et des acteurs alors qu'on finit par rentrer peu à peu dans la pièce. Le plus intéressant n'est pas le décor ou les paysages mais vraiment les créatures qui sont là à toutes les pages et même souvent dans des cases où elles se trouvent elles seules, sans les personnages principaux, on sent vraiment le plaisir du dessinateur à dépeindre cette variété de créatures. Le scénario est très bon, bien rythmé et réellement prenant. J'ai été cependant un peu déçu par le troisième et dernier tome, j'ai trouvé ça un peu mal foutu et bâclé. 3 personnages extraordinaires sortent du lot : - Firfin, rusé et sournois à souhait mais non dépourvu de sentiments. Nous connaissons d'ailleurs ses pensées, ce qui en fait un personnage dont nous sommes proches et à qui on peu s'identifier. Son apparence physique est particulièrement travaillée et réussie. - Hurl le chevalier tonnerre, le personnage le plus mystérieux, toujours caché derrière son heaume, on ignore tout de son passé et de ses motivations. - Enfin et surtout le tout puissant et maléfique SSîn, créature sadique et glauque et réellement flippante, chacune de ses apparitions est un grand moment qui nous fait sortir de la fantasy pour nous plonger dans l'horreur pure (je pense qu'une adaptation de cette bd en film serait interdite aux moins de 16 ans à cause de ce personnage). Ce que j'apprécie le plus dans cette série, ce qui fait d'ailleurs souvent défaut dans l'heroïc fantasy, c'est son absence totale de manichéisme. Les trois héros ne sont pas franchement sympathiques : l'un est orgueilleux et entêté, l'autre agit par cupidité et se montre volontiers manipulateur, quant au dernier c'est une grosse brute totalement décérébrée. Le plus fort c'est avec les grandes puissances et le chevalier-tonnerre, je vais pas spoiler sur les révélations mais on va dire que les motivations de chacun sont bien plus complexes qu'elles en ont l'air et que c'est réellement impossible de les classer en gentils et méchants. D'ailleurs l'une des puissances est lâche, caractère qu'on ne s'attend pas à trouver chez une entité de cette importance.

27/05/2014 (modifier)
Par Marinette
Note: 4/5
Couverture de la série Rouge Karma
Rouge Karma

Une découverte totale pour un album au voyage total. Au-delà de l'histoire qui embarque le lecteur dès la première planche, suivre le personnage féminin dans sa recherche est comme un conte initiatique. Adélaïde qui pensait se faire avorter (car oui, elle est enceinte de huit mois !!) décide finalement de garder son bébé. Son périple en Inde est comme un accomplissement de sa grossesse et reflète sa volonté d'être enfin mère. En cela la scène totalement "tribale" de son accouchement est un grand moment de l'album. Je me suis sentie touchée par cette femme. Le dessin sert merveilleusement cette sensation par ses teintes fortes et douces à la fois. Au final, Rouge Karma est un album très particulier qui nécessite sans doute de le lire plusieurs fois pour bien en ressentir toutes les nuances.

27/05/2014 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Edika
Edika

Situation banale dégénérant en cataclysme, gros nichons qui rebondissent, chat fainéant qui parle, répétition évoluant jusqu'à l'éxagération jusqu' au-boutiste, gros mec balèze qui péte la tête à un mec pas balèze, famille nonchalante vautrée devant télé, bulles de texte étouffant le personnage, appendices testiculoïdales pendouillantes jusqu'au sol, gringalets se balladant en slip kangourou, mini-jupes plus que minis, vulgarité, ridicule et absurde encastrés, l'art du gros nez transcendé, du sexe et du sexe également, des cassos et des sportifs improbables dans des positions idiotes, des dialogues de sourds, apocalypse visuellement irrévérencieuse, des dents carriées et des poils dans le nez, des sales tronches, humour sadique mais humour quand même, auto-censure absentéïste, non-respect des forces de l'ordre, du gag en veux-tu en voilà, femme au foyer en jogging, gesticulations diverses tous azimuts, cases fourre-touts, je m'en-foutisme graphique, poisson rouge dans bocal, curés cédant aux plaisirs de la chaire, bouées et tubas près des bouches d'égouts, etc... Post Scrispthum: et bizarre de classer Edika en tant que série...

27/05/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Miettes
Les Miettes

Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril ! Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet ! Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus ! Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités ! Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié. Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous ! Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port ! Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire. L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte. Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !

26/05/2014 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cet été-là
Cet été-là

Avec mon copain pol, on s’était fait la réflexion que Rue de Sèvres nous préparait de bien jolies surprises éditoriales à venir. Et pour l’instant cet éditeur est loin de nous donner tort. Pour preuve la sortie de "Cet été-là". Roman graphique de 300 pages, "Cet été-là" nous plonge dans les vacances estivales de deux jeunes adolescentes. Rose et Windy, 13 ans et 11 ans et demie, se retrouvent tous les étés au bord du lac Awago. Deux visions vont alors se côtoyer, une plus enfantine mais d’une grande maturité et une autre qui commence à basculer franchement vers l’adolescence sans vouloir renier ses plaisirs d’enfance. On suit donc avec une belle justesse de ton, qui ne sombre jamais dans la caricature, les journées de ces deux jeunes filles qui oscillent sur le fil mince de la frontière entre l’enfance et l’adolescence. Pour quiconque a l’habitude d’avoir passé ses vacances d’été toujours au même endroit, on ne peut ignorer l’écho que fait résonner cette bd à sa lecture. On y retrouve la joie des lieux et des habitudes retrouvées, les jeux,… Rose et Windy nous délivrent leurs histoires, leurs états d’âmes, leurs questionnements avec une grande finesse de narration et un rythme qui nous plonge habilement dans cette ambiance estivale dans laquelle elles évoluent. N’allez pas croire que je vous décris là 300 pages de torpeur, au contraire. Ce sont 300 pages de vie, de joie, de découverte et de tristesse parfois. Graphiquement, le dessin n’est pas en reste. Il est tout en nuances de noir et blanc, allant de lignes presque claires à des "effets de matière". Avec un cadrage travaillé et un style qui a fait ses preuves avec Craig Thompson, il vient parfaitement appuyer l’histoire. Certaines cases, voire planches sont vraiment magnifiques et on peut facilement rester quelques minutes devant, comme devant une fenêtre ouverte sur un paysage dont on ne se lasse pas. Loin des fioritures sans jamais tomber dans la simplicité, j’ai pris beaucoup de plaisir à passer un été avec Rose et Windy.

26/05/2014 (modifier)