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Cet été-là (This One Summer)

Note: 3.2/5
(3.2/5 pour 5 avis)

Will Eisner Award 2015 : Best Graphic Album: New Qui a oublié cet été où tout bascule, où le monde adulte, avec ses libertés et ses difficultés, semble s’ouvrir pour de bon ? C’est ce passage vers l’adolescence qu’explore tout en finesse ce beau roman graphique.


Canada First Second La BD au féminin Une histoire de famille Will Eisner Awards

Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été au lac Awago où leurs familles louent des cottages. Cet été là, elles ont 13 ans et 11 ans et demi, passent leurs journées à se baigner, à faire des barbecues en famille et regardent des films d’horreur en cachette. Mais surtout, elles partagent les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Une étroite différence d’âge, suffisante à cette étape charnière pour que leurs préoccupations diffèrent : tandis que Windy aime encore jouer, Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’adolescents plus âgés...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Mai 2014
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Cet été-là
Les notes (5)
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26/05/2014 | bab
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L'avatar du posteur Mac Arthur

J’ai trouvé le propos de cet album d’une finesse extrême. Via ce qui pourrait paraître n’être que de simples souvenirs de vacances, ce sont des questions délicates qui sont abordées au fil des planches. La copine retrouvée le temps des vacances et ce sont l’identité sexuelle et l’image de soi qui sont abordés. Le sympathique loueur de vidéo permettra d’observer la subjectivité du regard amoureux tout en créant une intrigue autour du déni de sale gueule. Une tension palpable dans la famille permettra d’aborder les dégâts causés par l’absence de communication. Une attirance pour les films d'épouvante, et ce sont les étranges fascinations de l'adolescence qui ressortent (et une bonne manière d'apporter un peu d'humour et de légèreté supplémentaire au récit... qui n'en manque pourtant jamais malgré les sujets abordés). Chaque thème est traité sans précipitation aucune, ni manichéisme. Les personnages sont vrais et il nous faudra du temps pour bien les cerner. Les non-dits sont nombreux et le lecteur devra souvent s'interroger sur les raisons d'un silence, d'un regard, d'une fuite. Heureusement, l’album est copieux (320 pages) et permet donc aux deux auteures d’opérer par petites touches. Du coup, certains auront le sentiment qu’il ne se passe rien. Pourtant, à titre personnel, j’ai trouvé que chaque page apportait un élément nouveau au récit. Rien n’est gratuit mais rien n’est spectaculaire. Cet album, c’est simple et beau comme un bourgeon qui éclot. A vous de voir si vous êtes prêts à passer le temps nécessaire pour assister à l’épanouissement (et cette image de me rappeler que le thème central du livre est la perte d’innocence). Le dessin, dans son style réaliste et épuré, est d’une grande efficacité. Le trait est net, les personnages sont bien typés. Les décors sont facilement identifiables. Les cadrages visent l’efficacité plutôt que l’effet de manche. Tout contribue à une lecture fluide et plaisante. Du pur roman graphique… mais du roman graphique de très grande qualité ! Et puis bon ! Quand on mentionne 'Rush' dans le récit et dans les remerciements, on touche une corde sensible à mon coeur (et oui, cela a peut-être influencé ma note... c'est con mais c'est comme ça... et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si j'ai attendu mon 2112ème avis pour dire tout le bien que je pensais de cet album ;) )

14/04/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
L'avatar du posteur Erik

J'aurais classé cette oeuvre parmi les comics avec d'ailleurs une postface signée Craig Thompson auteur de Blankets - Manteau de neige. Cela reste un album de bande dessinée américaine qui a été traduit en France par l'éditeur Rue de Sèvres. Les auteurs se sont intéressés à l'adolescence ou plutôt à la pré-adolescence quand les filles commencent à perdre leurs illusions dans cette période assez fragile. Le cadre est celui d'un camp de vacances situé au bord d'un lac dans l'Ontario au Canada. Il ne se passera pas grand chose au fil de ces 300 pages. C'est juste une tranche de vie avec ces petits riens qui font la vie ordinaire de gens ordinaires. Fort heureusement, le dessin est tout à fait correct et entraînant. Les héroïnes Rose et Windy (13 et 11 ans) sont également assez attachantes dans leur genre (car il y a pire). Bref, on s'accroche à cette suspension du temps. Des prix ont été récoltés par cette oeuvre (notamment le prix Eisner 2015). Cependant et au final, je la trouve personnellement trop commune pour nous faire rêver.

21/02/2016 (modifier)
Par Quentin
Note: 3/5

Les auteurs américains sont champions pour traiter le thème de l'adolescence. Tamaki ne fait pas exception et Cet été là "avance en chancelant sur la ligne de faille de la préadolescence, quand la naïveté confortable de l'enfance s'estompe, laissant place aux sombres complexités de la vie adulte", comme le dit si bien Craig Thompson sur le 4e de couverture. On suit une jeune fille qui revient comme chaque année au lieu habituel de vacances, sauf que cette année, elle a grandi, elle n'est plus tout à fait sur la même longueur d'ondes que son amie plus jeune, ses parents sont sur le point de divorcer, sa mère se bat avec un traumatisme caché, elle commence à s'intéresser à un ado boutonneux, etc. Bref, encore une fois, une BD très américaine, mais sans le mal-être névrosé et nombriliste qu'on retrouve d'habitude dans les albums du genre. Ici, ça reste léger, normal, une historiette, finement observée, mais qui ne raconte au final pas grand chose - juste une tranche de vie qui se lit au premier degré.

17/01/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur Canarde

Une belle évocation de vacance(s) adolescente(s) C'est vraiment un moment de vacance (au singulier), entre deux années scolaires: deux copines qui se retrouvent au bord de la mer, chacune dans le bungalow familial, comme chaque année. elles ont un peu plus d'un an d'écart. l'une un peu boulotte l'autre blondette minçolette. Il ne se passe presque rien, mais, c'est l'ennui salutaire qui nous rend attentifs aux moindres odeurs, aux conversations étouffées, au cris lointains, à la douceur du souffle de l'air. Le relâchement des parents qui permet de manger n'importe quoi, de boire des sodas, de regarder des films d'horreur en douce, et d'épier les garçons plus grands... Un dessin un peu grenu (on dirait qu'il n'a pas été du tout réduit à l'édition) simple et juste, en noir et blanc. Une petite bouffée de mélancolie...

18/07/2014 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur bab

Avec mon copain pol, on s’était fait la réflexion que Rue de Sèvres nous préparait de bien jolies surprises éditoriales à venir. Et pour l’instant cet éditeur est loin de nous donner tort. Pour preuve la sortie de "Cet été-là". Roman graphique de 300 pages, "Cet été-là" nous plonge dans les vacances estivales de deux jeunes adolescentes. Rose et Windy, 13 ans et 11 ans et demie, se retrouvent tous les étés au bord du lac Awago. Deux visions vont alors se côtoyer, une plus enfantine mais d’une grande maturité et une autre qui commence à basculer franchement vers l’adolescence sans vouloir renier ses plaisirs d’enfance. On suit donc avec une belle justesse de ton, qui ne sombre jamais dans la caricature, les journées de ces deux jeunes filles qui oscillent sur le fil mince de la frontière entre l’enfance et l’adolescence. Pour quiconque a l’habitude d’avoir passé ses vacances d’été toujours au même endroit, on ne peut ignorer l’écho que fait résonner cette bd à sa lecture. On y retrouve la joie des lieux et des habitudes retrouvées, les jeux,… Rose et Windy nous délivrent leurs histoires, leurs états d’âmes, leurs questionnements avec une grande finesse de narration et un rythme qui nous plonge habilement dans cette ambiance estivale dans laquelle elles évoluent. N’allez pas croire que je vous décris là 300 pages de torpeur, au contraire. Ce sont 300 pages de vie, de joie, de découverte et de tristesse parfois. Graphiquement, le dessin n’est pas en reste. Il est tout en nuances de noir et blanc, allant de lignes presque claires à des "effets de matière". Avec un cadrage travaillé et un style qui a fait ses preuves avec Craig Thompson, il vient parfaitement appuyer l’histoire. Certaines cases, voire planches sont vraiment magnifiques et on peut facilement rester quelques minutes devant, comme devant une fenêtre ouverte sur un paysage dont on ne se lasse pas. Loin des fioritures sans jamais tomber dans la simplicité, j’ai pris beaucoup de plaisir à passer un été avec Rose et Windy.

26/05/2014 (modifier)