Que voilà du très bel ouvrage ! Le dessin est vraiment splendide jusque dans les détails. Le mélange entre la SF et un Japon médiéval fantasmé est assez réussi. Certaines architectures sont vraiment splendides, les armures sont très fouillées, tout cela est parfait et un vrai plaisir visuel qui demande du temps pour apprécier toutes les cases.
Au niveau du scénario il n'y a pas bien sûr de quoi s'enflammer (les méchants, les gentils), mais tout cela se laisse lire, l'univers qui est développé ici est très plaisant. Une lecture sans prise de tête et visuellement plus qu'agréable.
A l'origine de l'idée de cette série il devait y avoir un projet d'animation. Cela explique sans doute le type de colorisation qui peut donner une impression de froideur encore que cela ne m'a pas paru évident une fois plongé dans l'histoire.
L'histoire de ces deux civilisation ennemies et programmées pour s'anéantir l'une et l'autre, je l'ai ma foi trouvée originale, elle est de plus magnifiée par un dessin assez splendide. Et que dire de l'héroïne, Bianca, qui a des faux airs de Mila Jovovich dans Le 5ème élément ou Resident Evil.
Ce premier cycle de trois tomes est vraiment singulier et s'il ne mérite peut être pas l'immanquable du moins est-il digne d'intérêt.
Soyons bref car presque tout a déjà été dit:
- Le dessin est juste parfait, Hermann a ce talent de vous donner aussi chaud que ses protagonistes. On ressent la clarté du soleil, la poussière, tout y est.
- Le scénario n'est pas inintéressant, dans un moment de passage entre deux époques, entre des styles de vie différents, la fuite de ces deux frères a quelque chose d'un peu pathétique. Au delà de ces deux frères qui règlent leurs problèmes à coups de plomb, Hermann nous raconte la fin d'un monde, d'une certaine vision de la liberté.
Cet album a le rythme qu'il faut, même si certains aspects auraient gagné à être plus fouillés.
Après avoir lu les deux premiers diptyques mon sentiment est que nous avons là une très belle série.
Dans la grande guerre c'est aux héros ordinaires que s'est attaché P. Jarbinet et ses scénarios sont d'une grande intensité. Nous suivons des groupes de soldats et des civils dont la vie bascule du fait des événements. Très bien renseignées historiquement, ces histoires dégagent un grand sentiment d'authenticité.
Notons que le dessin très clair et précis avec un grand soin apporté aux détails, renforce le sentiment d'être face à une grande BD.
Enfin lu cette fameuse oeuvre d'Otomo, un peu éclipsée par le monstre qu'est Akira, oeuvre maîtresse du manga s.f. et de la bd tout court. J'avais plusieurs fois feuilleté ce pavé (intégrale parue chez les Humanos).
Ce qui frappe tout d'abord, c'est la modernité des cadrages et de la mise en scène (ça date de 82 tout de même !) digne des meilleurs films fantastiques et s.f. récents. Quand tu penses qu'à la même époque au cinéma c'était la guerre des étoiles tu hallucines sur le côté précurseur de ces scènes d'action, dignes de Matrix ou Inception !
Ensuite le récit est très clair et vraiment haletant. On n'a pas le temps de s'ennuyer. Cette histoire de meurtres et de suicides mystérieux dans une barre d'immeuble à Tokyo nous prend vraiment à la gorge. Que se passe-t-il dans ce paysage ordinaire apparemment hanté ? Qui est ce mystérieux petit vieillard apparemment inoffensif ? Je ne vais pas trop en dire afin de ne pas spoiler. Le récit s'attarde sur chaque protagoniste (assez nombreux) et chaque personnage est réussi. Ce récit est digne d'un excellent thriller fantastique ne lésinant pas sur la violence (quelques scènes gores sublimissimes !).
Le décor a une importance capitale et préfigure la destruction à grande échelle d'Akira. Les 2 "mutants télé-kinésistes" se combattant en virevoltant dans le vide au milieu de ce décor de béton à l'aide de forces psychiques monumentales comparables à de l'énergie nucléaire ou aux héros du film " Scanners " de Cronenberg. Ces combats en lévitation au milieu de l'album sont hallucinants. Cela m'a laissé bouche-bée.
Bref un chef d'oeuvre de la bd.
Par contre je n'ai pas bien compris les dernières pages de l'histoire. Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne ?
Mon avis rejoindra celui d'herve (sans qui j'aurais sans doute raté ce très bel album, je l'en remercie au passage).
Le scénario est intéressant d'un point de vue historique puisqu'il nous permet de découvrir une facette de la première guerre mondiale assez méconnue, à savoir les combats menés par les Belges contre les Allemands aux abords du lac Tanganyika... avec des Africains issus parfois de mêmes familles mais qui se retrouvent dans des camps adverses selon qu'ils habitent sur une rive ou sur l'autre. Une autre manière de montrer l'absurdité de la guerre, donc.
Par ailleurs, ce récit nous propose aussi de rencontrer deux personnages improbables (l'un belge et étonnamment progressiste pour l'époque, l'autre mi-congolais mi-écossais à l'ascendance prestigieuse). La gageure était de nous les rendre crédibles, et les auteurs y parviennent parfaitement ! Le mélange de données historiques vérifiables et de romance fonctionne on ne peut mieux et il est parfois difficile de déterminer la frontière entre les deux.
Enfin, le dessin est fin, soigné, et surtout très efficace quel que soit le contexte. il est, cerise sur le gâteau, très bien mis en valeur par une colorisation tout en nuances.
Un très bel album, donc. Instructif, prenant, amusant par moments, émouvant à d'autres, beau à regarder, agréable à suivre et dans lequel on sent toute l'implication des auteurs.
Je recommande vivement.
Découvert avec elveen à l’occasion d’une séance d’expo et dédicace dans notre région, nous avons pu lire le premier tome de cette série en primeur avec 10 jours d’avance sur sa sortie officielle.
Tout comme elveen, j’ai été conquis par ce premier opus de jeunes auteurs talentueux. J’ai été bluffé par la maîtrise graphique de Hamo et la narration de Morel qui signent là leur première publication. Pour situer le trait de Hamo, il est à mi-chemin entre celui de Denis Bodart et celui de Pierre Alary. La comparaison est flatteuse mais amplement méritée ! J’ai eu l’occasion de visiter une expo des planches originales et c’est vraiment du beau travail. Côté récit, Morel plonge le lecteur dans l’époque victorienne (à défaut d’une date précise) où un personnage nébuleux cherche à tirer les ficelles. Ce premier opus, d’une série qui en comptera trois, est dense, riche en événements et assez intrigante. La narration est d’une grande fluidité pour un récit non linéaire et les dialogues sont travaillés sans être pompeux. Chapeau bas !
Rarement une première publication aura atteint une telle perfection.
MAJ après relecture des trois tomes
Un bon récit de bout en bout. Les deux premiers opus ne laissent en rien transparaître le final qui conclut l'histoire sans doute de manière plus cartésienne qu'escompté. Mais rien n'est bâclé. C'est propre et, pour une première publication, ça reste assez impressionnant.
A recommander !
Encore un reboot du récit des origines de Superman, sa jeunesse à Smallville, ses débuts à Metropolis, sa première confrontation avec Lex Luthor, j'en ai lu et vu un certain nombre je dois dire. Mais celui-ci est chouette car elle prend quelques libertés bien appréciables, tout en restant fidèle à l'esprit de la série.
Qu'est-ce qui diffère dans cette histoire ?
Eh bien, deux choses essentiellement.
Tout d'abord, l'arrivée de Superman à Metropolis a lieu de nos jours et le contexte sociologique de la société américaine des années 2000, notamment son cynisme et sa méfiance de l'inconnu/étranger, sont intelligemment mis en scène et font partie des défis que Superman, terrien de culture mais alien d'origine, va devoir surmonter.
Ensuite, le Superman en question est nettement moins naïf et lisse qu'il a pu être représenté ailleurs, notamment dans les films le mettant en scène. Il réfléchit à sa position par rapport à son rôle de justicier, à la façon complexe dont il doit s'y prendre pour être accepté et non pas craint, à ce qu'il doit faire pour remplir son rôle dans la société moderne.
Le scénario est dense et très bien mené. L'histoire tient la route et les personnages sont bons.
Le graphisme quant à lui est moderne et appréciable, même si je n'en suis pas particulièrement fan.
Bref, c'est un très bon récit de Superman, un que je conseillerais sans hésiter, même s'il s'agit "encore" de raconter les débuts du super-héros.
Publiée deux ans avant Tyler Cross , cette adaptation en BD du roman d’Eugène Sue par Fabien Nury et Brüno est particulièrement réussie. La synergie entre les deux auteurs semble décidément fonctionner à merveille. J’ai éprouvé un plaisir équivalent voire supérieur à cette lecture que pour leur tant acclamé polar-western de l’an dernier, tant l’intrigue est passionnante. Cela étant, il ne suffit pas que le matériau d’origine soit bon pour faire une adaptation de qualité, ça se saurait. Mais c’est sans compter sur le talent narratif de Nury, qui n’écrème que l’essentiel, actualisant de belle manière un roman du 19ème pour en faire un récit rythmé et percutant, superbement servi par le dessin moderne et cinématographique de Brüno, agrémenté lui-même d’à-plats de couleurs flamboyantes et bien choisies.
Quant à l’histoire en elle-même, elle constitue une puissante matière à réflexion à propos de l’éternelle question du bien et du mal, par le biais de personnages très bien campés. D’abord Atar Gull, très éloigné du cliché du bon sauvage en cours à l’époque ou fut écrit le roman, dont on peut comprendre la haine légitime qui l’anime, mais qui, tout en jouant « l’esclave modèle », finira par se révéler incroyablement machiavélique. De même son propriétaire, le planteur de coton Will, qui passe pour un « bon » maître alors qu’il n’hésite pas à punir cruellement et sans états d’âme ses esclaves, notamment le père d’Atar Gull, dont la mort va faire du fils sa Nemesis. La vengeance de ce dernier, digne s’un supplice chinois, sera spectaculaire et plongera le lecteur dans l’effroi le plus glacial, questionnant avec acuité le bien-fondé de la loi du Talion.
Ceux qui ont apprécié Tyler Cross auraient tort de passer à côté d’ Atar Gull. Pour ma part, J’espère que ces deux auteurs réenfourcheront au plus vite leur tandem prodigieux. Du coup dans certaines situations, j’aime à croire en ce dicton débile : « jamais deux sans trois ».
J'ai longtemps tourné autour de cette série; mais quel idiot! Que ne l'ai-je pas lue plus tôt?
Admirateur de Lauffray et Alice j'ai admiré le travail de N. Siner qui, sans imiter les premiers, livre un ensemble qui fait preuve d'une grande maturité artistique. A tous les niveaux, rien à redire.
L'histoire qui nous est contée n'est pas si légère qu'une lecture rapide pourrait laisser penser. C'est bien de la fin d'un monde, d'une époque qu'il s'agit. Les personnages que l'on rencontre sont à la fois grandioses et pathétiques, profondément humains. Tout a déjà été dit par mes petits camarades. Je ne m'attarde que pour réclamer la conclusion de cette histoire.
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Morgana
Que voilà du très bel ouvrage ! Le dessin est vraiment splendide jusque dans les détails. Le mélange entre la SF et un Japon médiéval fantasmé est assez réussi. Certaines architectures sont vraiment splendides, les armures sont très fouillées, tout cela est parfait et un vrai plaisir visuel qui demande du temps pour apprécier toutes les cases. Au niveau du scénario il n'y a pas bien sûr de quoi s'enflammer (les méchants, les gentils), mais tout cela se laisse lire, l'univers qui est développé ici est très plaisant. Une lecture sans prise de tête et visuellement plus qu'agréable.
La Fourmi Blanche
A l'origine de l'idée de cette série il devait y avoir un projet d'animation. Cela explique sans doute le type de colorisation qui peut donner une impression de froideur encore que cela ne m'a pas paru évident une fois plongé dans l'histoire. L'histoire de ces deux civilisation ennemies et programmées pour s'anéantir l'une et l'autre, je l'ai ma foi trouvée originale, elle est de plus magnifiée par un dessin assez splendide. Et que dire de l'héroïne, Bianca, qui a des faux airs de Mila Jovovich dans Le 5ème élément ou Resident Evil. Ce premier cycle de trois tomes est vraiment singulier et s'il ne mérite peut être pas l'immanquable du moins est-il digne d'intérêt.
Caatinga
Soyons bref car presque tout a déjà été dit: - Le dessin est juste parfait, Hermann a ce talent de vous donner aussi chaud que ses protagonistes. On ressent la clarté du soleil, la poussière, tout y est. - Le scénario n'est pas inintéressant, dans un moment de passage entre deux époques, entre des styles de vie différents, la fuite de ces deux frères a quelque chose d'un peu pathétique. Au delà de ces deux frères qui règlent leurs problèmes à coups de plomb, Hermann nous raconte la fin d'un monde, d'une certaine vision de la liberté. Cet album a le rythme qu'il faut, même si certains aspects auraient gagné à être plus fouillés.
Airborne 44
Après avoir lu les deux premiers diptyques mon sentiment est que nous avons là une très belle série. Dans la grande guerre c'est aux héros ordinaires que s'est attaché P. Jarbinet et ses scénarios sont d'une grande intensité. Nous suivons des groupes de soldats et des civils dont la vie bascule du fait des événements. Très bien renseignées historiquement, ces histoires dégagent un grand sentiment d'authenticité. Notons que le dessin très clair et précis avec un grand soin apporté aux détails, renforce le sentiment d'être face à une grande BD.
Dômu - Rêves d'enfants
Enfin lu cette fameuse oeuvre d'Otomo, un peu éclipsée par le monstre qu'est Akira, oeuvre maîtresse du manga s.f. et de la bd tout court. J'avais plusieurs fois feuilleté ce pavé (intégrale parue chez les Humanos). Ce qui frappe tout d'abord, c'est la modernité des cadrages et de la mise en scène (ça date de 82 tout de même !) digne des meilleurs films fantastiques et s.f. récents. Quand tu penses qu'à la même époque au cinéma c'était la guerre des étoiles tu hallucines sur le côté précurseur de ces scènes d'action, dignes de Matrix ou Inception ! Ensuite le récit est très clair et vraiment haletant. On n'a pas le temps de s'ennuyer. Cette histoire de meurtres et de suicides mystérieux dans une barre d'immeuble à Tokyo nous prend vraiment à la gorge. Que se passe-t-il dans ce paysage ordinaire apparemment hanté ? Qui est ce mystérieux petit vieillard apparemment inoffensif ? Je ne vais pas trop en dire afin de ne pas spoiler. Le récit s'attarde sur chaque protagoniste (assez nombreux) et chaque personnage est réussi. Ce récit est digne d'un excellent thriller fantastique ne lésinant pas sur la violence (quelques scènes gores sublimissimes !). Le décor a une importance capitale et préfigure la destruction à grande échelle d'Akira. Les 2 "mutants télé-kinésistes" se combattant en virevoltant dans le vide au milieu de ce décor de béton à l'aide de forces psychiques monumentales comparables à de l'énergie nucléaire ou aux héros du film " Scanners " de Cronenberg. Ces combats en lévitation au milieu de l'album sont hallucinants. Cela m'a laissé bouche-bée. Bref un chef d'oeuvre de la bd. Par contre je n'ai pas bien compris les dernières pages de l'histoire. Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne ?
Madame Livingstone
Mon avis rejoindra celui d'herve (sans qui j'aurais sans doute raté ce très bel album, je l'en remercie au passage). Le scénario est intéressant d'un point de vue historique puisqu'il nous permet de découvrir une facette de la première guerre mondiale assez méconnue, à savoir les combats menés par les Belges contre les Allemands aux abords du lac Tanganyika... avec des Africains issus parfois de mêmes familles mais qui se retrouvent dans des camps adverses selon qu'ils habitent sur une rive ou sur l'autre. Une autre manière de montrer l'absurdité de la guerre, donc. Par ailleurs, ce récit nous propose aussi de rencontrer deux personnages improbables (l'un belge et étonnamment progressiste pour l'époque, l'autre mi-congolais mi-écossais à l'ascendance prestigieuse). La gageure était de nous les rendre crédibles, et les auteurs y parviennent parfaitement ! Le mélange de données historiques vérifiables et de romance fonctionne on ne peut mieux et il est parfois difficile de déterminer la frontière entre les deux. Enfin, le dessin est fin, soigné, et surtout très efficace quel que soit le contexte. il est, cerise sur le gâteau, très bien mis en valeur par une colorisation tout en nuances. Un très bel album, donc. Instructif, prenant, amusant par moments, émouvant à d'autres, beau à regarder, agréable à suivre et dans lequel on sent toute l'implication des auteurs. Je recommande vivement.
Noirhomme
Découvert avec elveen à l’occasion d’une séance d’expo et dédicace dans notre région, nous avons pu lire le premier tome de cette série en primeur avec 10 jours d’avance sur sa sortie officielle. Tout comme elveen, j’ai été conquis par ce premier opus de jeunes auteurs talentueux. J’ai été bluffé par la maîtrise graphique de Hamo et la narration de Morel qui signent là leur première publication. Pour situer le trait de Hamo, il est à mi-chemin entre celui de Denis Bodart et celui de Pierre Alary. La comparaison est flatteuse mais amplement méritée ! J’ai eu l’occasion de visiter une expo des planches originales et c’est vraiment du beau travail. Côté récit, Morel plonge le lecteur dans l’époque victorienne (à défaut d’une date précise) où un personnage nébuleux cherche à tirer les ficelles. Ce premier opus, d’une série qui en comptera trois, est dense, riche en événements et assez intrigante. La narration est d’une grande fluidité pour un récit non linéaire et les dialogues sont travaillés sans être pompeux. Chapeau bas ! Rarement une première publication aura atteint une telle perfection. MAJ après relecture des trois tomes Un bon récit de bout en bout. Les deux premiers opus ne laissent en rien transparaître le final qui conclut l'histoire sans doute de manière plus cartésienne qu'escompté. Mais rien n'est bâclé. C'est propre et, pour une première publication, ça reste assez impressionnant. A recommander !
Superman - Les Origines (Droit du Sang)
Encore un reboot du récit des origines de Superman, sa jeunesse à Smallville, ses débuts à Metropolis, sa première confrontation avec Lex Luthor, j'en ai lu et vu un certain nombre je dois dire. Mais celui-ci est chouette car elle prend quelques libertés bien appréciables, tout en restant fidèle à l'esprit de la série. Qu'est-ce qui diffère dans cette histoire ? Eh bien, deux choses essentiellement. Tout d'abord, l'arrivée de Superman à Metropolis a lieu de nos jours et le contexte sociologique de la société américaine des années 2000, notamment son cynisme et sa méfiance de l'inconnu/étranger, sont intelligemment mis en scène et font partie des défis que Superman, terrien de culture mais alien d'origine, va devoir surmonter. Ensuite, le Superman en question est nettement moins naïf et lisse qu'il a pu être représenté ailleurs, notamment dans les films le mettant en scène. Il réfléchit à sa position par rapport à son rôle de justicier, à la façon complexe dont il doit s'y prendre pour être accepté et non pas craint, à ce qu'il doit faire pour remplir son rôle dans la société moderne. Le scénario est dense et très bien mené. L'histoire tient la route et les personnages sont bons. Le graphisme quant à lui est moderne et appréciable, même si je n'en suis pas particulièrement fan. Bref, c'est un très bon récit de Superman, un que je conseillerais sans hésiter, même s'il s'agit "encore" de raconter les débuts du super-héros.
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Publiée deux ans avant Tyler Cross , cette adaptation en BD du roman d’Eugène Sue par Fabien Nury et Brüno est particulièrement réussie. La synergie entre les deux auteurs semble décidément fonctionner à merveille. J’ai éprouvé un plaisir équivalent voire supérieur à cette lecture que pour leur tant acclamé polar-western de l’an dernier, tant l’intrigue est passionnante. Cela étant, il ne suffit pas que le matériau d’origine soit bon pour faire une adaptation de qualité, ça se saurait. Mais c’est sans compter sur le talent narratif de Nury, qui n’écrème que l’essentiel, actualisant de belle manière un roman du 19ème pour en faire un récit rythmé et percutant, superbement servi par le dessin moderne et cinématographique de Brüno, agrémenté lui-même d’à-plats de couleurs flamboyantes et bien choisies. Quant à l’histoire en elle-même, elle constitue une puissante matière à réflexion à propos de l’éternelle question du bien et du mal, par le biais de personnages très bien campés. D’abord Atar Gull, très éloigné du cliché du bon sauvage en cours à l’époque ou fut écrit le roman, dont on peut comprendre la haine légitime qui l’anime, mais qui, tout en jouant « l’esclave modèle », finira par se révéler incroyablement machiavélique. De même son propriétaire, le planteur de coton Will, qui passe pour un « bon » maître alors qu’il n’hésite pas à punir cruellement et sans états d’âme ses esclaves, notamment le père d’Atar Gull, dont la mort va faire du fils sa Nemesis. La vengeance de ce dernier, digne s’un supplice chinois, sera spectaculaire et plongera le lecteur dans l’effroi le plus glacial, questionnant avec acuité le bien-fondé de la loi du Talion. Ceux qui ont apprécié Tyler Cross auraient tort de passer à côté d’ Atar Gull. Pour ma part, J’espère que ces deux auteurs réenfourcheront au plus vite leur tandem prodigieux. Du coup dans certaines situations, j’aime à croire en ce dicton débile : « jamais deux sans trois ».
Horacio d'Alba
J'ai longtemps tourné autour de cette série; mais quel idiot! Que ne l'ai-je pas lue plus tôt? Admirateur de Lauffray et Alice j'ai admiré le travail de N. Siner qui, sans imiter les premiers, livre un ensemble qui fait preuve d'une grande maturité artistique. A tous les niveaux, rien à redire. L'histoire qui nous est contée n'est pas si légère qu'une lecture rapide pourrait laisser penser. C'est bien de la fin d'un monde, d'une époque qu'il s'agit. Les personnages que l'on rencontre sont à la fois grandioses et pathétiques, profondément humains. Tout a déjà été dit par mes petits camarades. Je ne m'attarde que pour réclamer la conclusion de cette histoire.