Un très bon moment de lecture que cette série pleine de fureur, d'action, de batailles et d'amour.
Nous voici plongés dans les steppes de l'Asie et de la Chine pour suivre les pérégrinations de Timok et Yu Lien. Nous sommes dans une grande épopée dans une époque et une culture qui nous sont très étrangères et mal connues par nous autres occidentaux. L'un des points intéressants de cette série est qu'elle nous permet de comprendre une civilisation, au moins un peu, les us et coutumes de ces peuples. Ce n'est jamais emmer.., car l'action est au rendez-vous, il y a des rebondissements, du suspense, un petit brin d'érotisme, bref tout ce qu'il faut pour faire une grande série d'aventure.
Pour l'idée, le contexte original et peu exploité, un dessin de qualité, très maitrisé et l'aspect brut de décoffrage du propos c'est une BD à découvrir ou à posséder.
Véritablement excellent ! D'abord cette histoire vue sous trois angles différents, au niveau scénaristique c'est très bien construit, cela nous permet de comprendre les motivations des uns et des autres, leurs réactions face aux événements.
Le récit est noir, très noir, il y a des moments très forts entre Telenko et sa femme où l'on sent la haine entre les deux. Même si l'univers est différent, j'ai pensé au film ''Le Chat'' avec Gabin et Signoret. Même si les choses sont assez explicites, à la fin de ma lecture j'ai repris l'ensemble et j'ai trouvé intéressant de retrouver les personnages d'abord secondaires qui prennent une place plus importante par la suite.
Disons le, si j'ai été pris par ce récit, c'est non seulement par l'histoire mais aussi grâce à la qualité graphique avec des cases qui rendent parfaitement l'atmosphère âpre, glauque, triste. Les taches de couleurs, notamment le taxi mais surtout les motifs tribaux Navajo, viennent souligner le reste.
Voilà donc une trilogie où l'ambiance monte peu à peu, une tension s'installe et chaque tome apporte son lot de révélations. Tous différents, ils n'en forment pas moins quelque chose d'unique.
Dans la catégorie du polar noir et glauque, à faire découvrir ou à relire.
Voici une série injustement oubliée.
Ginger est un pur (et très bon) produit de “l'école de Marcinelle”, dont les auteurs firent les beaux jours du magazine Spirou. Je trouve même qu'il s'agit de l'une des meilleures séries policières créées chez Dupuis.
Jidéhem n'a jamais abandonné Ginger, le premier personnage qu'il a créé au début des années 1950 pour Heroïc-Albums, revue hebdomadaire consacrée aux bandes dessinées d'aventures inspirées des récits produits outre-Atlantique dans les années qui ont précédé l'Occupation. C'est d'ailleurs au sein de cette revue où nombre de grands de la BD ont fait leurs premières armes qu'il fait la connaissance de Maurice Tillieux, lequel l'incite à postuler chez Dupuis.
Mais, dans Spirou, pas question de raconter des histoires aussi violentes à cause de la censure. Jidéhem se voit confier un rôle de second couteau, puisqu'il est chargé de fignoler les décors pour Franquin. Il peaufine son style avant de démarrer la série Starter, puis connaît le succès avec Sophie.
Ce n'est qu'à la fin des années 1970 que ce désormais vieux briscard de la BD reprend son personnage de Ginger pour quatre albums.
Il y a donc deux Ginger, que trois décennies séparent. Le premier, né en 1953, vit des aventures rocambolesques dont le format est conditionné par un média qui propose des histoires courtes, vites écrites et dessinées. Celui-ci a le visage découpé à la serpe du gros dur à l'américaine. Le second Ginger renaît dans les années 1980 pour les quatre meilleurs albums de la série. Il a gardé ses manières de Sam Spade, ses allures de Jack Palance, sa manie de fumer clope sur clope et son caractère rugueux. Mais son comparse Alan a disparu et c'est sa secrétaire Véraline (devenue blonde) qui prend du galon.
Jidéhem s'inspire fortement de Gil Jourdan et met en scène les aventures d'un détective privé dur-à-cuire et de son assistante-secrétaire canon, qui ne peuvent pas s'empêcher de se mêler de ce qui ne les regarde pas. Rien d'original a priori, si ce n'est que le détective et sa secrétaire sont aussi amants et que ladite secrétaire met la main à la pâte et s'avère aussi efficace que son associé. Ça peut sembler banal aujourd'hui, mais donner un tel rôle à une femme était encore d'une audace folle chez Dupuis dans les années 1980.
Le dessin est remarquablement précis dans les moindres détails. Jidéhem adore les véhicules, mais il est aussi très efficace pour mettre en dessins les décors dans son style semi-réaliste. Ses personnages sont bien troussés, et, à part Ginger qui garde son faciès minimaliste des années 1950, les autres sont plutôt expressifs.
Les intrigues sont habiles, bien rythmées et l'auteur trouve des idées plutôt originales. Savez-vous qui est cochliomyia hominivorax ? Lisez les mouches de satan et vous la craindrez. Quand on empoigne un de ces albums, on le lit d'une traite.
Bien sûr, si vous considérez qu'aucune bande dessinée parue avant le magazine À Suivre n'est digne d'intérêt, cela vous semblera daté, un peu naïf, enfantin… Mais Jidéhem n'a pas conçu la série Ginger pour que Télérama lui consacre une chronique. Vous qui appréciez la bande dessinée franco-belge classique, vous serez emballés.
Les albums de Ginger sont aujourd'hui épuisés, mais la série mériterait une de ces belles rééditions en intégrale dont Dupuis a le secret.
Ce récit est intéressant dans la mesure où il éclaire un peu ce personnage du Che dont j'ai entendu parler depuis des années par médias interposés, mais dont je connaissais très mal les motivations, ne m'étant jamais intéressé à son histoire.
Je ne savais pas que Che Gevara avait été tué comme un chien dans une école bolivienne par un seul soldat, je croyais qu'il avait été carrément exécuté par un bataillon de soldats comme c'est dû à tout combattant ou soldat de la liberté. Cet acte commis en catimini par la C.I.A. est tout bonnement honteux et révèle avec acuité le côté sordide de la politique dans son visage le plus hideux. Ce pauvre type qui défendait un idéal n'a même pas eu droit à une exécution "propre".
Au-delà de ce fait anecdotique mais d'une portée gigantesque, cette histoire est tout simplement extraordinaire, et montre bien l'aspect dur à supporter pour ce soldat anonyme qui doit vivre avec ce poids toute sa vie. Mais quelle ironie du sort, ce meurtrier improvisé désigné d'office par sa hiérarchie, qui finit par être soigné par les héritiers politiques de sa victime.
C'est incontestablement le meilleur album que j'ai lu pour l'instant de cette série concept, servi en plus par un dessin absolument superbe, qui convient parfaitement au sujet. Bravo !
Que dire sur cette série de cinquante trois (bientôt cinquante quatre) albums, vivante égérie de la maison Dupuis ?
D'abord, qu'elle est culte. Dans cette bande dessinée sont nés des éléments qui se sont imposés comme d'authentiques mythes, que ce soit par ses personnages iconiques (Spirou lui-même et son éternel costume de groom, Zorglub, Seccotine, Vito Cortizone, le marsupilami, Champignac, Spip...) ou par les gimmicks caractéristiques de ces derniers (les "sabre de bois" de Champignac, les "houba houba" du marsu, Spip et ses noisettes, etc). Il y a peu de séries franco-belges qui ont réussi à ce point à convertir ses éléments constitutifs en icônes de la culture populaire...Tintin, Astérix, Lucky Luke, les schtroumpfs à la limite. D'ailleurs cette richesse dans les personnages, les expressions, a pu donner naissance à un merchandising très rentable : le Marsupilami est devenu le héros de sa propre série, Spirou a été adapté en dessin animé (comme le marsu d'ailleurs...), un parc d'attraction centré autour du héros et de ses aventures va bientôt être construit en Avignon, le magazine Spirou fait un tabac depuis sa première apparition en 1938...
Ensuite, et on peut relier ça avec ce que j'ai écrit dans le premier paragraphe, qu'elle possède beaucoup d'albums de très grande qualité. Spirou, malgré les apparences vestimentaires, c'est d'abord un reporter. Et qui dit reportage dit voyages réguliers un peu partout sur la planète, et Spirou étant ce qu'il est, ses voyages se soldent tous invariablement par de mémorables aventures.
La particularité de cette série c'est qu'elle a été écrite par plusieurs mains au fil du temps. A un degré variant, tous les auteurs qui se sont attelés à la série y ont apporté quelque chose, leur empreinte, leur génie propre. Cependant j'estime que seuls quelques uns ont réussi à produire l'essentiel des chefs-d'oeuvre immortels que compte cette bd; je parle évidemment de Franquin, mais aussi de Tome et Janry, et de Fournier dans une moindre mesure. Des albums presque parfaits, intenses, qui concentrent tout : l'humour, l'intrigue, les personnages, le dessin.
Période Franquin :
-Le Dictateur et le Champignon
-Le Repaire de la Murène
-Le Nid des Marsupilamis
-Le Prisonnier du Bouddha
-Le dyptique Zorglub (Z comme Zorglub et l'Ombre du Z)
-QRN sur Bretzelburg.
Période Fournier :
-Le Gri-Gri du Niokolo Koba
-L'Ankou
-Kodo le Tyran/Des Haricots partout
Période Tome et Janry :
-Qui arrêtera Cyanure ?
-l'Horloger de la Comète
-Spirou à New-York
-La Frousse aux Trousses/La Vallée des Bannis
-Vito la Déveine
-Luna Fatale
A mes yeux, s'il y a des albums Spirou à lire absolument, ce sont ceux-là. Sans dénigrer le reste, ce sont eux qui ont contribué à forger le mythe "Spirou". Mais bien évidemment, si l'on est un bédéphile patenté, si l'on aime l'aventure avec un grand A, et si l'on n'est pas feignant, alors la lecture de l'intégralité de la série n'est absolument pas proscrit, bien au contraire !
Cette anthologie regroupe l'intégrale des travaux fournis par Corben pour Warren Publishing par le biais de ses 2 titres phares, Eerie et Creepy. Autant dire que pour tous les fans de Corben, ces 2 pavés sont incontournables et s'imposent sans détour. Pour tous les fans de fantastique aussi, car on est ici dans du fantastique pur, à 100%, du gothique, du sanglant, du lugubre, bref tout ce qui a fait la réputation de ces magazines, héritiers des vieilles bandes de la E.C. Comics.
C'est pour l'artiste une période fondatrice dans son oeuvre, qui lui permet de mettre au point et de fignoler ce style si particulier, et d'expérimenter ses différentes techniques graphiques depuis ses premiers récits en noir et blanc jusqu'à ceux aux couleurs pétantes réalisés grâce à l'aérographe et qui vous sautent à la rétine. Le lecteur peut ainsi juger de son évolution graphique.
On y voit encore assez peu de femmes hypersexuées aux seins lourds, les 2 couvertures sont un peu trompeuses, mais certains récits donnent dans le gore et le trash tel qu'on a pu le voir ensuite dans Den et ses autres oeuvres. Le côté grossier du trait mais pas disgracieux, ressort dans ces récits, le style est puissant, Corben se cherchait un peu, mais son talent graphique éblouit déjà. Les chutes des histoires jouent souvent sur la surprise, et les ambiances fantastiques sont plutôt glaçantes. On ne peut donc qu'être attiré vers ces 2 recueils..
A noter que certains de ces récits ont été vus dans de précédents recueils de Corben comme Ogre ou Profondeurs, mais ces derniers sont devenus tellement difficiles à dénicher ou alors à des prix de fou, que l'achat ne sera pas regretté.
Eh bien, voilà une série qui m’a tout de suite attiré ! D’abord parce que j’apprécie le travail de Lupano au scénario (c’est dingue le nombre d’excellentes séries qu’il a produites, et dans des univers très différents !) et d’Andreae au dessin. Ensuite j’avais trouvé très bonne et pleine de questions en suspens la couverture du premier tome.
Après lecture des deux premiers tomes parus, je vais faire part d’un enthousiasme légèrement tempéré.
D’abord l’intrigue est azimutée (désolé pour ce jeu de mots vaseux, aussi vaseux que certains qui peuplent les dialogues !), on perd le Nord comme les protagonistes de l’histoire, cela part dans tous les sens, dans un univers steam punk rétro et vernien (très « Machines de l’île » nantaises je trouve). Dessin et colorisation sont au niveau de ce délire qui m’a accroché dès le départ (et même dès la lecture des extraits de l’Encyclopédie des Chronoptères du début).
C’est foutraque, mais le premier tome rempli son rôle de présentation des personnages. Pour ce qui en est de l’histoire, plus on avance et plus on se pose des questions, mais j’avais vraiment envie de poursuivre l’aventure avec les auteurs !
Le deuxième tome est dans la lignée du premier, avec le même univers original, des dialogues ponctués de jeux de mots (pas toujours réussis, mais bon...), et une Manie de plus en plus bombasse froide. Le passage chez le baron est très Tim Burton avec son Noir tranché.
Par contre, j’ai un peu moins accroché au passage dans le désert à la fin. Et j’aurais peut-être apprécié que Lupano commence à nous donner les clés de l’énigme.
Enfin bon, pour l’instant, j’arrondis ma note d’ensemble de 3,5/5 à 4, en attendant impatiemment la suite.
Voilà une bd franchement cool et qui fait du bien.
Comme je suis d'une bonté qui frôle l'infiniment bon je vous fais une rapide synthèse de ce qu'aurait pu être un commentaire tartinesque, attention c'est parti --> cette bd est à lire :
-par température élevée
-par température froide pour réchauffer l'atmosphère
-pour s'évader un peu
-pour la simplicité et la beauté des dessins
Voici un autre exemple de couverture splendide mais dont le contenu graphique est à peu près à la hauteur, on n'est donc pas trompé sur la marchandise comme c'est parfois le cas. Ne soyons pas trop difficile, l'ambiance viking est bien rendue, le visuel est beau, donc pour les passionnés comme moi de civilisation viking et de mythologie nordique, j'estime qu' on est bien servi par l'ensemble qui réunit à peu près tous les ingrédients du genre. C'est en tout cas suffisamment accrocheur pour avoir envie de lire la suite.
Tiens, 1 an jour pour jour, je lis ce second album tant attendu. C'est du même calibre, on est toujours au coeur des légendes nordiques où la mythologie scandinave est exploitée à fond en utilisant Asgard, lieu des Ases où règne Odin, et en mêlant d'autres créatures aux Vikings (Walkyries, géants des glaces, Elfes noirs, loups voraces... sans oublier Hermod, le dieu déchu). Le scénario joue donc la carte de la magie et du merveilleux en appuyant bien plus sur cet aspect.
Le tout est transcendé par le dessin magnifique de Kovacevic qui offre de très belles pages, aux couleurs splendides bien adaptées. Dans le tome 2, la finesse de son trait atteint une telle perfection que je me surprend à scruter les cases avec délectation ; ça sublime le côté fascinant de ce récit. La grande scène de bataille finale vire au grandiose épique, et la dernière pleine page est tout simplement superbe.
Un très beau diptyque qui utilise efficacement la mythologie nordique, et qui me permet de remonter ma note sans problème..
Le mur de Berlin a rarement été évoqué dans la bande dessinée de manière aussi détaillée. On voit véritablement la configuration des lieux afin de comprendre la construction de ce tunnel reliant les deux Allemagne afin de permettre une évasion de famille. Il faut dire qu’il ne fait pas bon vivre dans la RDA de 1964. Le rêve communiste a bien vite déchanté face à la réussite du capitalisme. C’est clair que ce dernier système n’est pas parfait car il génère également de la pauvreté mais dans une moindre mesure par rapport à l’autre.
J’ai bien aimé cette histoire où un frère vivant à Berlin Ouest essaye de faire passer sa sœur qui semble dépérir à l’Est. Or, il va falloir convaincre le père, un coco de la première heure qui croit fermement à son système face à l’Occident. Et puis, et surtout, il va falloir creuser un tunnel de 145 mètres de long après les cours à l’université sans attirer l’attention de la Stasi et de ses agents infiltrés. C’est inspiré de faits réels. Le récit est suffisamment crédible. Les problèmes techniques rencontrés seront abordés.
On pourra le cas échéant regretter que le récit soit trop linéaire en manquant un peu d’imagination. Cependant, cette simplicité réussit plutôt à cette œuvre qui gagne en densité. Pour moi, c’est l’un des meilleurs titres de la collection depuis Fatman.
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Poupée d'Ivoire
Un très bon moment de lecture que cette série pleine de fureur, d'action, de batailles et d'amour. Nous voici plongés dans les steppes de l'Asie et de la Chine pour suivre les pérégrinations de Timok et Yu Lien. Nous sommes dans une grande épopée dans une époque et une culture qui nous sont très étrangères et mal connues par nous autres occidentaux. L'un des points intéressants de cette série est qu'elle nous permet de comprendre une civilisation, au moins un peu, les us et coutumes de ces peuples. Ce n'est jamais emmer.., car l'action est au rendez-vous, il y a des rebondissements, du suspense, un petit brin d'érotisme, bref tout ce qu'il faut pour faire une grande série d'aventure. Pour l'idée, le contexte original et peu exploité, un dessin de qualité, très maitrisé et l'aspect brut de décoffrage du propos c'est une BD à découvrir ou à posséder.
Berceuse assassine
Véritablement excellent ! D'abord cette histoire vue sous trois angles différents, au niveau scénaristique c'est très bien construit, cela nous permet de comprendre les motivations des uns et des autres, leurs réactions face aux événements. Le récit est noir, très noir, il y a des moments très forts entre Telenko et sa femme où l'on sent la haine entre les deux. Même si l'univers est différent, j'ai pensé au film ''Le Chat'' avec Gabin et Signoret. Même si les choses sont assez explicites, à la fin de ma lecture j'ai repris l'ensemble et j'ai trouvé intéressant de retrouver les personnages d'abord secondaires qui prennent une place plus importante par la suite. Disons le, si j'ai été pris par ce récit, c'est non seulement par l'histoire mais aussi grâce à la qualité graphique avec des cases qui rendent parfaitement l'atmosphère âpre, glauque, triste. Les taches de couleurs, notamment le taxi mais surtout les motifs tribaux Navajo, viennent souligner le reste. Voilà donc une trilogie où l'ambiance monte peu à peu, une tension s'installe et chaque tome apporte son lot de révélations. Tous différents, ils n'en forment pas moins quelque chose d'unique. Dans la catégorie du polar noir et glauque, à faire découvrir ou à relire.
Ginger
Voici une série injustement oubliée. Ginger est un pur (et très bon) produit de “l'école de Marcinelle”, dont les auteurs firent les beaux jours du magazine Spirou. Je trouve même qu'il s'agit de l'une des meilleures séries policières créées chez Dupuis. Jidéhem n'a jamais abandonné Ginger, le premier personnage qu'il a créé au début des années 1950 pour Heroïc-Albums, revue hebdomadaire consacrée aux bandes dessinées d'aventures inspirées des récits produits outre-Atlantique dans les années qui ont précédé l'Occupation. C'est d'ailleurs au sein de cette revue où nombre de grands de la BD ont fait leurs premières armes qu'il fait la connaissance de Maurice Tillieux, lequel l'incite à postuler chez Dupuis. Mais, dans Spirou, pas question de raconter des histoires aussi violentes à cause de la censure. Jidéhem se voit confier un rôle de second couteau, puisqu'il est chargé de fignoler les décors pour Franquin. Il peaufine son style avant de démarrer la série Starter, puis connaît le succès avec Sophie. Ce n'est qu'à la fin des années 1970 que ce désormais vieux briscard de la BD reprend son personnage de Ginger pour quatre albums. Il y a donc deux Ginger, que trois décennies séparent. Le premier, né en 1953, vit des aventures rocambolesques dont le format est conditionné par un média qui propose des histoires courtes, vites écrites et dessinées. Celui-ci a le visage découpé à la serpe du gros dur à l'américaine. Le second Ginger renaît dans les années 1980 pour les quatre meilleurs albums de la série. Il a gardé ses manières de Sam Spade, ses allures de Jack Palance, sa manie de fumer clope sur clope et son caractère rugueux. Mais son comparse Alan a disparu et c'est sa secrétaire Véraline (devenue blonde) qui prend du galon. Jidéhem s'inspire fortement de Gil Jourdan et met en scène les aventures d'un détective privé dur-à-cuire et de son assistante-secrétaire canon, qui ne peuvent pas s'empêcher de se mêler de ce qui ne les regarde pas. Rien d'original a priori, si ce n'est que le détective et sa secrétaire sont aussi amants et que ladite secrétaire met la main à la pâte et s'avère aussi efficace que son associé. Ça peut sembler banal aujourd'hui, mais donner un tel rôle à une femme était encore d'une audace folle chez Dupuis dans les années 1980. Le dessin est remarquablement précis dans les moindres détails. Jidéhem adore les véhicules, mais il est aussi très efficace pour mettre en dessins les décors dans son style semi-réaliste. Ses personnages sont bien troussés, et, à part Ginger qui garde son faciès minimaliste des années 1950, les autres sont plutôt expressifs. Les intrigues sont habiles, bien rythmées et l'auteur trouve des idées plutôt originales. Savez-vous qui est cochliomyia hominivorax ? Lisez les mouches de satan et vous la craindrez. Quand on empoigne un de ces albums, on le lit d'une traite. Bien sûr, si vous considérez qu'aucune bande dessinée parue avant le magazine À Suivre n'est digne d'intérêt, cela vous semblera daté, un peu naïf, enfantin… Mais Jidéhem n'a pas conçu la série Ginger pour que Télérama lui consacre une chronique. Vous qui appréciez la bande dessinée franco-belge classique, vous serez emballés. Les albums de Ginger sont aujourd'hui épuisés, mais la série mériterait une de ces belles rééditions en intégrale dont Dupuis a le secret.
L'Homme de l'Année - 1967
Ce récit est intéressant dans la mesure où il éclaire un peu ce personnage du Che dont j'ai entendu parler depuis des années par médias interposés, mais dont je connaissais très mal les motivations, ne m'étant jamais intéressé à son histoire. Je ne savais pas que Che Gevara avait été tué comme un chien dans une école bolivienne par un seul soldat, je croyais qu'il avait été carrément exécuté par un bataillon de soldats comme c'est dû à tout combattant ou soldat de la liberté. Cet acte commis en catimini par la C.I.A. est tout bonnement honteux et révèle avec acuité le côté sordide de la politique dans son visage le plus hideux. Ce pauvre type qui défendait un idéal n'a même pas eu droit à une exécution "propre". Au-delà de ce fait anecdotique mais d'une portée gigantesque, cette histoire est tout simplement extraordinaire, et montre bien l'aspect dur à supporter pour ce soldat anonyme qui doit vivre avec ce poids toute sa vie. Mais quelle ironie du sort, ce meurtrier improvisé désigné d'office par sa hiérarchie, qui finit par être soigné par les héritiers politiques de sa victime. C'est incontestablement le meilleur album que j'ai lu pour l'instant de cette série concept, servi en plus par un dessin absolument superbe, qui convient parfaitement au sujet. Bravo !
Spirou et Fantasio
Que dire sur cette série de cinquante trois (bientôt cinquante quatre) albums, vivante égérie de la maison Dupuis ? D'abord, qu'elle est culte. Dans cette bande dessinée sont nés des éléments qui se sont imposés comme d'authentiques mythes, que ce soit par ses personnages iconiques (Spirou lui-même et son éternel costume de groom, Zorglub, Seccotine, Vito Cortizone, le marsupilami, Champignac, Spip...) ou par les gimmicks caractéristiques de ces derniers (les "sabre de bois" de Champignac, les "houba houba" du marsu, Spip et ses noisettes, etc). Il y a peu de séries franco-belges qui ont réussi à ce point à convertir ses éléments constitutifs en icônes de la culture populaire...Tintin, Astérix, Lucky Luke, les schtroumpfs à la limite. D'ailleurs cette richesse dans les personnages, les expressions, a pu donner naissance à un merchandising très rentable : le Marsupilami est devenu le héros de sa propre série, Spirou a été adapté en dessin animé (comme le marsu d'ailleurs...), un parc d'attraction centré autour du héros et de ses aventures va bientôt être construit en Avignon, le magazine Spirou fait un tabac depuis sa première apparition en 1938... Ensuite, et on peut relier ça avec ce que j'ai écrit dans le premier paragraphe, qu'elle possède beaucoup d'albums de très grande qualité. Spirou, malgré les apparences vestimentaires, c'est d'abord un reporter. Et qui dit reportage dit voyages réguliers un peu partout sur la planète, et Spirou étant ce qu'il est, ses voyages se soldent tous invariablement par de mémorables aventures. La particularité de cette série c'est qu'elle a été écrite par plusieurs mains au fil du temps. A un degré variant, tous les auteurs qui se sont attelés à la série y ont apporté quelque chose, leur empreinte, leur génie propre. Cependant j'estime que seuls quelques uns ont réussi à produire l'essentiel des chefs-d'oeuvre immortels que compte cette bd; je parle évidemment de Franquin, mais aussi de Tome et Janry, et de Fournier dans une moindre mesure. Des albums presque parfaits, intenses, qui concentrent tout : l'humour, l'intrigue, les personnages, le dessin. Période Franquin : -Le Dictateur et le Champignon -Le Repaire de la Murène -Le Nid des Marsupilamis -Le Prisonnier du Bouddha -Le dyptique Zorglub (Z comme Zorglub et l'Ombre du Z) -QRN sur Bretzelburg. Période Fournier : -Le Gri-Gri du Niokolo Koba -L'Ankou -Kodo le Tyran/Des Haricots partout Période Tome et Janry : -Qui arrêtera Cyanure ? -l'Horloger de la Comète -Spirou à New-York -La Frousse aux Trousses/La Vallée des Bannis -Vito la Déveine -Luna Fatale A mes yeux, s'il y a des albums Spirou à lire absolument, ce sont ceux-là. Sans dénigrer le reste, ce sont eux qui ont contribué à forger le mythe "Spirou". Mais bien évidemment, si l'on est un bédéphile patenté, si l'on aime l'aventure avec un grand A, et si l'on n'est pas feignant, alors la lecture de l'intégralité de la série n'est absolument pas proscrit, bien au contraire !
Eerie et Creepy présentent Richard Corben
Cette anthologie regroupe l'intégrale des travaux fournis par Corben pour Warren Publishing par le biais de ses 2 titres phares, Eerie et Creepy. Autant dire que pour tous les fans de Corben, ces 2 pavés sont incontournables et s'imposent sans détour. Pour tous les fans de fantastique aussi, car on est ici dans du fantastique pur, à 100%, du gothique, du sanglant, du lugubre, bref tout ce qui a fait la réputation de ces magazines, héritiers des vieilles bandes de la E.C. Comics. C'est pour l'artiste une période fondatrice dans son oeuvre, qui lui permet de mettre au point et de fignoler ce style si particulier, et d'expérimenter ses différentes techniques graphiques depuis ses premiers récits en noir et blanc jusqu'à ceux aux couleurs pétantes réalisés grâce à l'aérographe et qui vous sautent à la rétine. Le lecteur peut ainsi juger de son évolution graphique. On y voit encore assez peu de femmes hypersexuées aux seins lourds, les 2 couvertures sont un peu trompeuses, mais certains récits donnent dans le gore et le trash tel qu'on a pu le voir ensuite dans Den et ses autres oeuvres. Le côté grossier du trait mais pas disgracieux, ressort dans ces récits, le style est puissant, Corben se cherchait un peu, mais son talent graphique éblouit déjà. Les chutes des histoires jouent souvent sur la surprise, et les ambiances fantastiques sont plutôt glaçantes. On ne peut donc qu'être attiré vers ces 2 recueils.. A noter que certains de ces récits ont été vus dans de précédents recueils de Corben comme Ogre ou Profondeurs, mais ces derniers sont devenus tellement difficiles à dénicher ou alors à des prix de fou, que l'achat ne sera pas regretté.
Azimut
Eh bien, voilà une série qui m’a tout de suite attiré ! D’abord parce que j’apprécie le travail de Lupano au scénario (c’est dingue le nombre d’excellentes séries qu’il a produites, et dans des univers très différents !) et d’Andreae au dessin. Ensuite j’avais trouvé très bonne et pleine de questions en suspens la couverture du premier tome. Après lecture des deux premiers tomes parus, je vais faire part d’un enthousiasme légèrement tempéré. D’abord l’intrigue est azimutée (désolé pour ce jeu de mots vaseux, aussi vaseux que certains qui peuplent les dialogues !), on perd le Nord comme les protagonistes de l’histoire, cela part dans tous les sens, dans un univers steam punk rétro et vernien (très « Machines de l’île » nantaises je trouve). Dessin et colorisation sont au niveau de ce délire qui m’a accroché dès le départ (et même dès la lecture des extraits de l’Encyclopédie des Chronoptères du début). C’est foutraque, mais le premier tome rempli son rôle de présentation des personnages. Pour ce qui en est de l’histoire, plus on avance et plus on se pose des questions, mais j’avais vraiment envie de poursuivre l’aventure avec les auteurs ! Le deuxième tome est dans la lignée du premier, avec le même univers original, des dialogues ponctués de jeux de mots (pas toujours réussis, mais bon...), et une Manie de plus en plus bombasse froide. Le passage chez le baron est très Tim Burton avec son Noir tranché. Par contre, j’ai un peu moins accroché au passage dans le désert à la fin. Et j’aurais peut-être apprécié que Lupano commence à nous donner les clés de l’énigme. Enfin bon, pour l’instant, j’arrondis ma note d’ensemble de 3,5/5 à 4, en attendant impatiemment la suite.
Ometepe
Voilà une bd franchement cool et qui fait du bien. Comme je suis d'une bonté qui frôle l'infiniment bon je vous fais une rapide synthèse de ce qu'aurait pu être un commentaire tartinesque, attention c'est parti --> cette bd est à lire : -par température élevée -par température froide pour réchauffer l'atmosphère -pour s'évader un peu -pour la simplicité et la beauté des dessins
Walkyrie
Voici un autre exemple de couverture splendide mais dont le contenu graphique est à peu près à la hauteur, on n'est donc pas trompé sur la marchandise comme c'est parfois le cas. Ne soyons pas trop difficile, l'ambiance viking est bien rendue, le visuel est beau, donc pour les passionnés comme moi de civilisation viking et de mythologie nordique, j'estime qu' on est bien servi par l'ensemble qui réunit à peu près tous les ingrédients du genre. C'est en tout cas suffisamment accrocheur pour avoir envie de lire la suite. Tiens, 1 an jour pour jour, je lis ce second album tant attendu. C'est du même calibre, on est toujours au coeur des légendes nordiques où la mythologie scandinave est exploitée à fond en utilisant Asgard, lieu des Ases où règne Odin, et en mêlant d'autres créatures aux Vikings (Walkyries, géants des glaces, Elfes noirs, loups voraces... sans oublier Hermod, le dieu déchu). Le scénario joue donc la carte de la magie et du merveilleux en appuyant bien plus sur cet aspect. Le tout est transcendé par le dessin magnifique de Kovacevic qui offre de très belles pages, aux couleurs splendides bien adaptées. Dans le tome 2, la finesse de son trait atteint une telle perfection que je me surprend à scruter les cases avec délectation ; ça sublime le côté fascinant de ce récit. La grande scène de bataille finale vire au grandiose épique, et la dernière pleine page est tout simplement superbe. Un très beau diptyque qui utilise efficacement la mythologie nordique, et qui me permet de remonter ma note sans problème..
La Grande évasion - Tunnel 57
Le mur de Berlin a rarement été évoqué dans la bande dessinée de manière aussi détaillée. On voit véritablement la configuration des lieux afin de comprendre la construction de ce tunnel reliant les deux Allemagne afin de permettre une évasion de famille. Il faut dire qu’il ne fait pas bon vivre dans la RDA de 1964. Le rêve communiste a bien vite déchanté face à la réussite du capitalisme. C’est clair que ce dernier système n’est pas parfait car il génère également de la pauvreté mais dans une moindre mesure par rapport à l’autre. J’ai bien aimé cette histoire où un frère vivant à Berlin Ouest essaye de faire passer sa sœur qui semble dépérir à l’Est. Or, il va falloir convaincre le père, un coco de la première heure qui croit fermement à son système face à l’Occident. Et puis, et surtout, il va falloir creuser un tunnel de 145 mètres de long après les cours à l’université sans attirer l’attention de la Stasi et de ses agents infiltrés. C’est inspiré de faits réels. Le récit est suffisamment crédible. Les problèmes techniques rencontrés seront abordés. On pourra le cas échéant regretter que le récit soit trop linéaire en manquant un peu d’imagination. Cependant, cette simplicité réussit plutôt à cette œuvre qui gagne en densité. Pour moi, c’est l’un des meilleurs titres de la collection depuis Fatman.