Une BD qui fait froid dans le dos, c'est pas tous les jours... Et ce, non pas en s'attardant sur le dramatique parcours de tueur en série de Jeffrey Dahmer, mais en revenant sur les années qui vont précéder ses actes, à savoir ses années lycées.
Derf Backderf, l'auteur a en effet habité la même petite ville où a grandi Jeffrey Dahmer ; il était élève dans la même classe au lycée et il nous raconte sa perception de cet étrange "ami" qu'ils avaient déjà à l'époque bien du mal à cerner.
Cette approche et vision particulière (non pas policière ou médicale) qui tente de présenter des faits qui ont pu conduire Jeffrey Dahmer à passer à l'acte n'ont rien de particulier en eux même. C'est leur accumulation sur un terrain psychologique déjà fragile qui entrainera sans doute cette rupture totale avec la réalité et le passage à l'acte ; ses pulsions prennent le dessus de façon irréversibles sans que personne, adultes comme camarades ne s'en rendent compte ou prennent la peine de s'y attarder...
Dérangement psychologique et indifférence ont achevés l'ado perdu qu'il était...
Pour ce faire Derf Backderf use d'un graphisme singulier, tout en noir et blanc très expressif, un peu caricatural, qui me ferait penser (va savoir pourquoi...) à une espèce de trouble mélange entre Edika et Charles Burns... La narration est super efficace et on ne lâche cet album de plus de 200 pages qu'après l'avoir fini d'une traite : Le récit et ce graphisme opèrent de façon hypnotique...
"Mon ami Dahmer", un album au contenu aussi étrange en surprenant que son graphisme.
Une BD choquante, crue, directe, sur les atrocités commises en Tchétchénie dans les années 2000, et la difficulté à en témoigner en Russie.
J'ai déjà lu des BD sur des faits atroces, des guerres, Maus bien sûr, mais aussi plusieurs Aire Libre, aucune ne m'avait frappée ainsi. Il y a une combinaison terriblement efficace entre le texte et les illustrations. Le premier est principalement des textes-off, qui reprennent des témoignages directs, sans fioritures ni commentaires, que ce soit de victimes ou de soldats. Le ton est descriptif, journalistique. Les dessins, eux, sont très évocateurs. Parfois réalistes, parfois fantasmés, un trait simple et brut, des effets d'ambiance très visibles mais pas moins efficaces. Le résultat est à la fois très (trop) réel, et très prenant. Il y aussi le fait aussi de sentir que ça se passe tout près, dans le temps et dans l'espace.
L'album dans son ensemble ne m'a pas convaincue, c'est très décousu, on a l'impression que l'auteur veut en venir quelque part alors qu'il s'agit plus d'une quête, pour cerner la personnalité et les motivations d'une journaliste, Anna Politvoskaïa, assassinée pour avoir étudié et raconté ce qui se passait là-bas. Quête qui ne mène à rien, qui va d'une anecdote sur un juif errant à un rappel de l'histoire de l'URSS, en passant par la biographie de grands auteurs russes, sans aboutir nulle part mais en s'arrêtant sur des récits vraiment durs, qui méritent de ne pas être niés ou oubliés. À la suite d'Anna, l'auteur prend le temps de parler également du vécu des bourreaux, et ce n'est pas le moins remuant.
Il est frustrant d'avoir cette impression de ne faire que commencer à appréhender ce qu'est la "question Tchétchène", à travers ces récits, et en même temps, il y a-t-il une autre façon d'appréhender une telle histoire ?
Je suis partagée sur la note à donner.
Ce n'est pas une BD que je conseillerai à n'importe qui, clairement. Je trouve même que c'est un peu inconséquent de lui donner un titre si innocent, une couverture assez soft (enfin de face du moins), sans un gros avertissement pour les âmes sensibles préférant s'abstenir.
Et en même temps, je salue ce que l'auteur a fait pour vulgariser les travaux d'Anna Politvoskaïa, cela semble si essentiel que nul ne puisse ignorer ce que peut recouvrir une guerre, même aujourd'hui, même dans un pays "développé", même contre des terroristes...
Après avoir fait de Notre Mère la Guerre, avec Kris, un classique incontournable du récit de guerre mâtiné d'enquête policière, Maël revient, malgré ses réserves, au genre et à l'époque et nous propose un album à part.
A part car il s'agit d'une fiction, inspirée par les photos, l'herbier, le carnet de notes et les cartes qui appartenaient à Julien dit Marceau Lafougère, instituteur enrôlé dans la tourment de la première guerre mondiale, et mort au champ d'honneur quelque part dans la vallée de l'Ourcq en août 1918... Des souvenirs, des témoignages, dont a hérité son arrière-petit-fils, Vincent Odin, qui souhaitait que la mémoire de son bisaïeul perdure sous une forme ou sous une autre. Alors Maël a repris son bâton de pèlerin, qui ressemble furieusement à des pinceaux d'aquarelle, pour se replonger dans l'horreur sans nom, les odeurs putrides, les tranchées fangeuses...
Marceau Lafougère était instituteur, et il avait une sainte horreur des armes, préférant prélever un brin de verdure pour alimenter son herbier plutôt que tirer sur ses adversaires. Nonobstant, il mit un point d'honneur à étudier ses "outils", tels que les grenades citron ou la mitrailleuse qu'il fut amener à manipuler... Ses carnets sont remplis de croquis, de cartes, de notes concernant tout cela et son environnement, et Vincent Odin proposa à Maël d'insérer ces précieuses pages dans l'album sur lequel il travaillait. Il s'agit donc d'un objet hybride, majoritairement composé de bande dessinée, racontant des instants d'une véracité troublante, mais faux, comme l'indique Maël. Ses pages, toujours aussi saisissantes, sont entrecoupées d'illustrations de son oeuvre, se référant parfois à "Notre Dame la Guerre", mais aussi des reproductions des notes de Marceau, ses croquis... Il y a même un extrait d'un manuel d'infanterie et la lettre d'un camarade annonçant sa mort à ses proches.
Forcément et fortement émouvant. Magnifique ouvrage.
Je craignais que cette série ne surfe sur le thème du conflit de 14-18 dont nous célébrons le centenaire et n'offre qu'une histoire basique et déjà-vu dénonçant la guerre et racontant la désertion de quelques soldats. Mais, tout en traitant ces thèmes soit dit en passant, elle raconte une histoire originale et surtout menée de main de maître.
Le graphisme est plein de personnalité avec des couleurs lumineuses qui tranchent avec l'habituelle ambiance sinistre des représentations de tranchées. Il est beau et agréable à lire, donnant une vraie vie à ses personnages.
L'histoire est à la fois historiquement réaliste et prenante comme un vrai récit d'aventure humaine. Il y a à la fois une part de dénonciation très sérieuse et une part d'humour et de légèreté du ton. Il y a de l'action, de bons dialogues, des personnages intéressants, une bonne intrigue, des rebondissements inattendus et un scénario dense.
Bref, tout pour donner une très bonne série d'aventure et d'Histoire.
Une série qui se déroule dans un univers d'héroïc fantasy mais à la sauce fin XIXème siècle. Nous y suivons les aventures de quatre personnages qui arrivent tous ensemble dans la ville d'Arclan sur le même bateau avec chacun des objectifs très différents mais dont le destin ne cessera de se croiser au fil de leurs pérégrinations.
C'est une série rondement menée du début à la fin avec juste ce qu'il faut d'action, de suspense, de rebondissements, d'intrigue et qui fut très vite addictive dans mon cas ; on notera aussi un petit coté policier bien sympa puisqu'il faut essayer de deviner qui se cache derrière la capuche du super méchant de service responsable de quasiment tous les malheurs de nos héros. J'ai aussi apprécié cette ambiance fin XIXème et que le coté fantasy ne soit pas poussé à l'extrême. Quant aux dessins ils s'avèrent d'une très bonne qualité même si de temps à autre on relève quelques petits défauts.
Seuls points négatifs : la forte ressemblance entre lekhar et olgo ainsi que l'extrême enchevêtrement de l'histoire de chacun peut un peu dérouter le lecteur pendant les deux premiers tomes ; de plus j'aurais aimé en connaitre d'avantage sur le passé de chacun.
Bref une série d'aventure teintée d'héroïc fantasy fort divertissante du début à la fin.
Mon avis porte sur les deux premiers cycles de la série, soit les 6 premiers albums.
L'univers de la marine marchande est bien retranscrit ( la vie à bord, les enjeux commerciaux, les relations entre les membres de la compagnie, les contrôles douaniers...) et les intrigues contiennent à chaque fois beaucoup de suspense; on a très envie de connaître leur dénouement.
L'auteur aime bien pousser à fond le cynisme et le côté obscur de certains protagonistes, ce qui rend les retournements de situation encore plus plaisants.
Le personnage principal a lui aussi une face sombre (il n'hésite pas à recourir à la violence) et ce n'est pas un surhomme: il parvient à se sortir de situations inextricables avec habileté et crédibilité.
Je trouve le dessin parfois un peu figé, mais il colle bien au récit. La mer et les bateaux sont particulièrement réussis et les personnages ont "de vraies gueules".
Comme d'autres, j'ai trouvé le premier cycle supérieur au second.
Après lecture du tome 1.
Une excellente série dans le monde de la finance. J'ai beaucoup aimé l'approche, à la fois très didactique, mais les manipulations font que le tout est une bonne base type thriller.
Ce tome est dense, il se passe beaucoup de choses, entre la montée de notre jeune héros, sa vie privée avec ses colocs et collègues, sa vie pro avec ce magnat de la finance qui le prend sous son aile.
L'intrigue est bien fichue et donne envie de suivre la série.
Le dessin est classique pour ce type de série.
A suivre
Le 1er tome de cette série est d'excellente facture avec une histoire prenante et un graphisme très agréable.
Les personnages principaux sont 2 frères qui se retrouvent dans un camp fermé, car ce monde post-apocalyptique est devenu une zone de danger, où il ne fait pas bon être en dehors de villes fortifiées.
Les 2 frères sont un peu irritants, surtout l’aîné, mais les personnages secondaires sont plus intéressants.
L'intrigue est bien ficelée, on en apprend assez et relativement vite, mais suffisamment de mystères planent encore pour vouloir connaître la suite.
Le dessin est vraiment bon, très réaliste.
Vivement la suite !
Excellent dyptique, sur la persécution qu'ont subie les templiers, le procès qui en suit et la guerre de pouvoir entre le roi de France et son garde des sceaux et la papauté.
Voilà pour le contexte historique, qui sert de fil rouge à une aventure riche, où nos héros sont des Templiers qui ont réussi à s’échapper et qui projettent de voler le trésor des Templiers au nez et à la barbe du roi.
Commençons pas le dessin, qui m'a rebuté au début, mais qui s'est en fait avéré extrêmement plaisant et judicieux pour retranscrire la période et l'ambiance.
L'histoire est quant à elle très prenante, et monte crescendo, le 1er tome étant sur un rythme assez lent, avant que tout ne s'emballe dans le tome 2.
Les personnages sont bien travaillés, il y a une dose d'humour, on tremble pour les héros, le final est très réussi.
C'est donc une excellente découverte.
Voilà la tant attendue suite d'Universal War 1...
Denis Bajram reprends du service pour notre plus grand plaisir et nous offre les bases d'une toute nouvelle saga. Forcément, on l'attendait au tournant...
Et c'est ma fois fort séduit que je referme ce premier opus d'une série annoncée en 6 tomes.
Graphiquement tout d'abord. Denis Bajram nous a soigné la mise en page et le découpage pour nous servir des planches où l'on sent que l'équilibre a été très travaillé : un très beau travail d'harmonie et de narration. Le trait aussi a muri et s'est épuré, surtout pour ce qui est des personnages et rajoute à cette fluidité, cette cohérence, que j'ai perçu au fil de ma lecture. Tout cela est rehaussé d'une mise en couleur plus franche et contrastée que dans le premier cycle qui donne l'élan et l'intensité nécessaire à la dramaturgie de ce début de série.
Du côté de l'intrigue, c'est surtout là qu'on l'attendait, Denis Bajram ne s'en laisse pas compter et a su trouver un angle d'attaque qui sait de nouveau nous trouer le cul... Pour une mise en bouche, on en prends plein la gueule et on se demande bien comment tout cela va évoluer... Car pour le moment, s'il ne s'est pas "passé grand chose" -tout est relatif avec Bajram-, les personnages sont campés, l'intrigue s'installe et l'événement choc nous a scotché. Reste à savoir ce que l'on va faire avec tout ça...
C'est donc pour moi un très bon album introductif à ce nouveau cycle, et c'est comme beaucoup avec impatience que j'attends la suite d'UW2.
***** Après lecture du tome 2 ****
Le temps de me replonger dans le tome 1 histoire de me remettre bien en tête tous les événements et la trame de l'histoire, je viens donc de me lire le tome 2 de cette si bonne série.
Et Denis Bajram ne baisse pas la garde ! A chaque fois on se dit que ça ne va pas être possible de faire "pire", que les événements dramatiques à échelle cosmique qu'il nous sort de son bandana à tête de mort ne pourront pas aller plus loin... pourtant si ! Encore une fois on reste scotché à son récit, en ne lâchant l'album qu'une fois notre lecture compulsive achevée...
Quant au dessin, il est toujours aussi efficace et nous réserve même quelques petits bijoux de planches dont j'ai grandement apprécié la construction.
Alors maintenant il n'y a plus qu'à prendre son mal en patience et attendre le prochain opus de cette série qui s'annonce tout aussi grandiose que la première...
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Mon ami Dahmer
Une BD qui fait froid dans le dos, c'est pas tous les jours... Et ce, non pas en s'attardant sur le dramatique parcours de tueur en série de Jeffrey Dahmer, mais en revenant sur les années qui vont précéder ses actes, à savoir ses années lycées. Derf Backderf, l'auteur a en effet habité la même petite ville où a grandi Jeffrey Dahmer ; il était élève dans la même classe au lycée et il nous raconte sa perception de cet étrange "ami" qu'ils avaient déjà à l'époque bien du mal à cerner. Cette approche et vision particulière (non pas policière ou médicale) qui tente de présenter des faits qui ont pu conduire Jeffrey Dahmer à passer à l'acte n'ont rien de particulier en eux même. C'est leur accumulation sur un terrain psychologique déjà fragile qui entrainera sans doute cette rupture totale avec la réalité et le passage à l'acte ; ses pulsions prennent le dessus de façon irréversibles sans que personne, adultes comme camarades ne s'en rendent compte ou prennent la peine de s'y attarder... Dérangement psychologique et indifférence ont achevés l'ado perdu qu'il était... Pour ce faire Derf Backderf use d'un graphisme singulier, tout en noir et blanc très expressif, un peu caricatural, qui me ferait penser (va savoir pourquoi...) à une espèce de trouble mélange entre Edika et Charles Burns... La narration est super efficace et on ne lâche cet album de plus de 200 pages qu'après l'avoir fini d'une traite : Le récit et ce graphisme opèrent de façon hypnotique... "Mon ami Dahmer", un album au contenu aussi étrange en surprenant que son graphisme.
Les Cahiers Russes - La Guerre oubliée du Caucase
Une BD choquante, crue, directe, sur les atrocités commises en Tchétchénie dans les années 2000, et la difficulté à en témoigner en Russie. J'ai déjà lu des BD sur des faits atroces, des guerres, Maus bien sûr, mais aussi plusieurs Aire Libre, aucune ne m'avait frappée ainsi. Il y a une combinaison terriblement efficace entre le texte et les illustrations. Le premier est principalement des textes-off, qui reprennent des témoignages directs, sans fioritures ni commentaires, que ce soit de victimes ou de soldats. Le ton est descriptif, journalistique. Les dessins, eux, sont très évocateurs. Parfois réalistes, parfois fantasmés, un trait simple et brut, des effets d'ambiance très visibles mais pas moins efficaces. Le résultat est à la fois très (trop) réel, et très prenant. Il y aussi le fait aussi de sentir que ça se passe tout près, dans le temps et dans l'espace. L'album dans son ensemble ne m'a pas convaincue, c'est très décousu, on a l'impression que l'auteur veut en venir quelque part alors qu'il s'agit plus d'une quête, pour cerner la personnalité et les motivations d'une journaliste, Anna Politvoskaïa, assassinée pour avoir étudié et raconté ce qui se passait là-bas. Quête qui ne mène à rien, qui va d'une anecdote sur un juif errant à un rappel de l'histoire de l'URSS, en passant par la biographie de grands auteurs russes, sans aboutir nulle part mais en s'arrêtant sur des récits vraiment durs, qui méritent de ne pas être niés ou oubliés. À la suite d'Anna, l'auteur prend le temps de parler également du vécu des bourreaux, et ce n'est pas le moins remuant. Il est frustrant d'avoir cette impression de ne faire que commencer à appréhender ce qu'est la "question Tchétchène", à travers ces récits, et en même temps, il y a-t-il une autre façon d'appréhender une telle histoire ? Je suis partagée sur la note à donner. Ce n'est pas une BD que je conseillerai à n'importe qui, clairement. Je trouve même que c'est un peu inconséquent de lui donner un titre si innocent, une couverture assez soft (enfin de face du moins), sans un gros avertissement pour les âmes sensibles préférant s'abstenir. Et en même temps, je salue ce que l'auteur a fait pour vulgariser les travaux d'Anna Politvoskaïa, cela semble si essentiel que nul ne puisse ignorer ce que peut recouvrir une guerre, même aujourd'hui, même dans un pays "développé", même contre des terroristes...
Entre les lignes
Après avoir fait de Notre Mère la Guerre, avec Kris, un classique incontournable du récit de guerre mâtiné d'enquête policière, Maël revient, malgré ses réserves, au genre et à l'époque et nous propose un album à part. A part car il s'agit d'une fiction, inspirée par les photos, l'herbier, le carnet de notes et les cartes qui appartenaient à Julien dit Marceau Lafougère, instituteur enrôlé dans la tourment de la première guerre mondiale, et mort au champ d'honneur quelque part dans la vallée de l'Ourcq en août 1918... Des souvenirs, des témoignages, dont a hérité son arrière-petit-fils, Vincent Odin, qui souhaitait que la mémoire de son bisaïeul perdure sous une forme ou sous une autre. Alors Maël a repris son bâton de pèlerin, qui ressemble furieusement à des pinceaux d'aquarelle, pour se replonger dans l'horreur sans nom, les odeurs putrides, les tranchées fangeuses... Marceau Lafougère était instituteur, et il avait une sainte horreur des armes, préférant prélever un brin de verdure pour alimenter son herbier plutôt que tirer sur ses adversaires. Nonobstant, il mit un point d'honneur à étudier ses "outils", tels que les grenades citron ou la mitrailleuse qu'il fut amener à manipuler... Ses carnets sont remplis de croquis, de cartes, de notes concernant tout cela et son environnement, et Vincent Odin proposa à Maël d'insérer ces précieuses pages dans l'album sur lequel il travaillait. Il s'agit donc d'un objet hybride, majoritairement composé de bande dessinée, racontant des instants d'une véracité troublante, mais faux, comme l'indique Maël. Ses pages, toujours aussi saisissantes, sont entrecoupées d'illustrations de son oeuvre, se référant parfois à "Notre Dame la Guerre", mais aussi des reproductions des notes de Marceau, ses croquis... Il y a même un extrait d'un manuel d'infanterie et la lettre d'un camarade annonçant sa mort à ses proches. Forcément et fortement émouvant. Magnifique ouvrage.
Le Chant du Cygne
Je craignais que cette série ne surfe sur le thème du conflit de 14-18 dont nous célébrons le centenaire et n'offre qu'une histoire basique et déjà-vu dénonçant la guerre et racontant la désertion de quelques soldats. Mais, tout en traitant ces thèmes soit dit en passant, elle raconte une histoire originale et surtout menée de main de maître. Le graphisme est plein de personnalité avec des couleurs lumineuses qui tranchent avec l'habituelle ambiance sinistre des représentations de tranchées. Il est beau et agréable à lire, donnant une vraie vie à ses personnages. L'histoire est à la fois historiquement réaliste et prenante comme un vrai récit d'aventure humaine. Il y a à la fois une part de dénonciation très sérieuse et une part d'humour et de légèreté du ton. Il y a de l'action, de bons dialogues, des personnages intéressants, une bonne intrigue, des rebondissements inattendus et un scénario dense. Bref, tout pour donner une très bonne série d'aventure et d'Histoire.
Les Princes d'Arclan
Une série qui se déroule dans un univers d'héroïc fantasy mais à la sauce fin XIXème siècle. Nous y suivons les aventures de quatre personnages qui arrivent tous ensemble dans la ville d'Arclan sur le même bateau avec chacun des objectifs très différents mais dont le destin ne cessera de se croiser au fil de leurs pérégrinations. C'est une série rondement menée du début à la fin avec juste ce qu'il faut d'action, de suspense, de rebondissements, d'intrigue et qui fut très vite addictive dans mon cas ; on notera aussi un petit coté policier bien sympa puisqu'il faut essayer de deviner qui se cache derrière la capuche du super méchant de service responsable de quasiment tous les malheurs de nos héros. J'ai aussi apprécié cette ambiance fin XIXème et que le coté fantasy ne soit pas poussé à l'extrême. Quant aux dessins ils s'avèrent d'une très bonne qualité même si de temps à autre on relève quelques petits défauts. Seuls points négatifs : la forte ressemblance entre lekhar et olgo ainsi que l'extrême enchevêtrement de l'histoire de chacun peut un peu dérouter le lecteur pendant les deux premiers tomes ; de plus j'aurais aimé en connaitre d'avantage sur le passé de chacun. Bref une série d'aventure teintée d'héroïc fantasy fort divertissante du début à la fin.
Tramp
Mon avis porte sur les deux premiers cycles de la série, soit les 6 premiers albums. L'univers de la marine marchande est bien retranscrit ( la vie à bord, les enjeux commerciaux, les relations entre les membres de la compagnie, les contrôles douaniers...) et les intrigues contiennent à chaque fois beaucoup de suspense; on a très envie de connaître leur dénouement. L'auteur aime bien pousser à fond le cynisme et le côté obscur de certains protagonistes, ce qui rend les retournements de situation encore plus plaisants. Le personnage principal a lui aussi une face sombre (il n'hésite pas à recourir à la violence) et ce n'est pas un surhomme: il parvient à se sortir de situations inextricables avec habileté et crédibilité. Je trouve le dessin parfois un peu figé, mais il colle bien au récit. La mer et les bateaux sont particulièrement réussis et les personnages ont "de vraies gueules". Comme d'autres, j'ai trouvé le premier cycle supérieur au second.
Hedge Fund
Après lecture du tome 1. Une excellente série dans le monde de la finance. J'ai beaucoup aimé l'approche, à la fois très didactique, mais les manipulations font que le tout est une bonne base type thriller. Ce tome est dense, il se passe beaucoup de choses, entre la montée de notre jeune héros, sa vie privée avec ses colocs et collègues, sa vie pro avec ce magnat de la finance qui le prend sous son aile. L'intrigue est bien fichue et donne envie de suivre la série. Le dessin est classique pour ce type de série. A suivre
Gung Ho
Le 1er tome de cette série est d'excellente facture avec une histoire prenante et un graphisme très agréable. Les personnages principaux sont 2 frères qui se retrouvent dans un camp fermé, car ce monde post-apocalyptique est devenu une zone de danger, où il ne fait pas bon être en dehors de villes fortifiées. Les 2 frères sont un peu irritants, surtout l’aîné, mais les personnages secondaires sont plus intéressants. L'intrigue est bien ficelée, on en apprend assez et relativement vite, mais suffisamment de mystères planent encore pour vouloir connaître la suite. Le dessin est vraiment bon, très réaliste. Vivement la suite !
Templiers
Excellent dyptique, sur la persécution qu'ont subie les templiers, le procès qui en suit et la guerre de pouvoir entre le roi de France et son garde des sceaux et la papauté. Voilà pour le contexte historique, qui sert de fil rouge à une aventure riche, où nos héros sont des Templiers qui ont réussi à s’échapper et qui projettent de voler le trésor des Templiers au nez et à la barbe du roi. Commençons pas le dessin, qui m'a rebuté au début, mais qui s'est en fait avéré extrêmement plaisant et judicieux pour retranscrire la période et l'ambiance. L'histoire est quant à elle très prenante, et monte crescendo, le 1er tome étant sur un rythme assez lent, avant que tout ne s'emballe dans le tome 2. Les personnages sont bien travaillés, il y a une dose d'humour, on tremble pour les héros, le final est très réussi. C'est donc une excellente découverte.
Universal War Two
Voilà la tant attendue suite d'Universal War 1... Denis Bajram reprends du service pour notre plus grand plaisir et nous offre les bases d'une toute nouvelle saga. Forcément, on l'attendait au tournant... Et c'est ma fois fort séduit que je referme ce premier opus d'une série annoncée en 6 tomes. Graphiquement tout d'abord. Denis Bajram nous a soigné la mise en page et le découpage pour nous servir des planches où l'on sent que l'équilibre a été très travaillé : un très beau travail d'harmonie et de narration. Le trait aussi a muri et s'est épuré, surtout pour ce qui est des personnages et rajoute à cette fluidité, cette cohérence, que j'ai perçu au fil de ma lecture. Tout cela est rehaussé d'une mise en couleur plus franche et contrastée que dans le premier cycle qui donne l'élan et l'intensité nécessaire à la dramaturgie de ce début de série. Du côté de l'intrigue, c'est surtout là qu'on l'attendait, Denis Bajram ne s'en laisse pas compter et a su trouver un angle d'attaque qui sait de nouveau nous trouer le cul... Pour une mise en bouche, on en prends plein la gueule et on se demande bien comment tout cela va évoluer... Car pour le moment, s'il ne s'est pas "passé grand chose" -tout est relatif avec Bajram-, les personnages sont campés, l'intrigue s'installe et l'événement choc nous a scotché. Reste à savoir ce que l'on va faire avec tout ça... C'est donc pour moi un très bon album introductif à ce nouveau cycle, et c'est comme beaucoup avec impatience que j'attends la suite d'UW2. ***** Après lecture du tome 2 **** Le temps de me replonger dans le tome 1 histoire de me remettre bien en tête tous les événements et la trame de l'histoire, je viens donc de me lire le tome 2 de cette si bonne série. Et Denis Bajram ne baisse pas la garde ! A chaque fois on se dit que ça ne va pas être possible de faire "pire", que les événements dramatiques à échelle cosmique qu'il nous sort de son bandana à tête de mort ne pourront pas aller plus loin... pourtant si ! Encore une fois on reste scotché à son récit, en ne lâchant l'album qu'une fois notre lecture compulsive achevée... Quant au dessin, il est toujours aussi efficace et nous réserve même quelques petits bijoux de planches dont j'ai grandement apprécié la construction. Alors maintenant il n'y a plus qu'à prendre son mal en patience et attendre le prochain opus de cette série qui s'annonce tout aussi grandiose que la première...