3.5
Un album qui contient deux longues histoires.
La première, principale, raconte comment après les événements de Batman- Knightfall, Bruce Wayne donne temporellement le rôle de Batman à Dick Grayson. On voit donc le premier Robin dans le rôle de Batman accompagné du troisième Robin.
On retrouve plusieurs vilains car les auteurs en profitent pour faire arrêter les derniers vilains en liberté (comme le Ventriloque qui avait soudainement disparu) ainsi que Double-Face qui s'évade de nouveau. Il y a des bons moments et globalement c'est du bon Batman si comme moi on aime les comics Batman des années 90. La psychologie des personnages est bien exploités, le dessin est bon et le scénario est prenant.
La deuxième histoire en 4 parties est la première histoire mettant en vedette Bruce Wayne qui a fait quelques changements dans sa vie et franchement j'ai besoin de lire d'avantage d'histoires de cette période pour savoir si j'aime les changements ou non parce que ce récit n'est pas des plus intéressants.
Voilà fraichement débarqué en Janvier de cette année 2015, un OVNI de la BD. Tant pour l'auteure que pour l'ouvrage.
Encore un beau packaging, un beau livre qui donne envie de l'ouvrir. La photo de la couverture ne rend pas hommage à ce livre. A l'intérieur, du beau papier bien épais, non glacé, de prime abord un bel ouvrage.
Alors pour l'ambiance générale, c'est assez difficile à décrire. Nous sommes plutôt sur un noir et blanc intense avec quelques petites pointes de couleur histoire de donner plus de profondeur et de contraste au noir et blanc.
Il n'y a quasiment pas de perspective sur les objets et les personnages. Malgré un très beau noir et blanc, tout semble plat, trop naïf et monotone, on cerne difficilement la cohérence de l'ensemble, jusqu'à ce qu'on commence à trouver les dessins vraiment primitifs...
ET PAF ! Nous y voilà !
Les dessins sont primitifs !
On pouvait difficilement trouver mieux pour illustrer ces vieilles histoires, ces contes venus d'ici et d'ailleurs, on passe par la mythologie, les religions, on retrouve les histoires des origines, bien qu'on les connaissait déjà, elles résonnent différemment sous le trait d'Isabel Greenberg.
Il y a un mélange de poésie naïve, mystique, saupoudré d'une bonne dose de cruauté qu'offre souvent la vraie vie.
Le héros de cette histoire est un conteur, né d'une façon étrange. Il décide de partir parcourir le monde pour combler un manque profond. Il part à la recherche d'une partie de son âme. Commence le long périple d'un conteur voyageur.
Cette BD est à lire comme un livre de conte sur les origines du tout.
L'ensemble joliment illustré.
Pour conclure, à l'intérieur vous trouverez ces histoires qui ont façonné le monde, celles qui ont fasciné les foules.
Un récit de science-fiction qui fera date !
Quoi ? Encore une histoire de bestiole cachée au fond des mers depuis la nuit des temps ?
Il est vrai que le pitch peut paraître rebattu et qu'il fait penser à des films réussis comme Abyss, ou au démarrage d'un scénario de Christophe Bec – lequel s'avère presque immanquablement décevant sur la longueur –… Sauf que cette fois, Scott Snyder [à qui l'on doit l'excellent Batman (DC Renaissance)] tient les rennes du scénario, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il sait raconter les histoires, lui.
Car The Wake ne se limite pas à la rencontre fracassante – mais classique – entre des humains repoussant toujours plus loin l'exploitation irraisonnée de la nature et une espèce intelligente qui n'est pas décidée à se laisser faire. Se déroulant sur deux époques distantes de deux siècles, le récit est interrompu par des flashbacks intenses qui ramènent dans le passé lointain de la Terre et du système solaire. Déroutant au début, le puzzle s'assemble peu à peu pour acquérir une dimension universelle très cohérente.
Il y a longtemps que je n'avais pas lu un récit de science-fiction aussi efficace. Il est vrai qu'il fait penser à beaucoup d'autres œuvres de la littérature (j'ai pensé à Abysses de Frank Schätzing), du cinéma ou de la BD, et que les situations, les personnages, les monstres ou le dénouement de l'intrigue peuvent laisser une impression de déjà-vu. Mais cet album est parfaitement maîtrisé, mené à un rythme d'enfer et réussit tout de même à surprendre le lecteur. Cerise sur le gâteau, Snyder a l'intelligence et la politesse de dérouler et d'achever l'histoire en un seul album au lieu de la diluer en une série sans fin. Du très beau boulot !
Le trait de Sean Murphy est très bien maîtrisé, parfois foisonnant au point d'obliger le lecteur à s'attarder longuement sur certaines cases. La construction de l'action qui s'étale par moments sur deux planches en vis-à-vis donne une belle impression de dynamisme.
La mise en couleurs de Matt Hollingsworth, vieux routier du Comics (il a travaillé entre autres sur Preacher et The Punisher), sublime les ambiances très sombres des grands fonds ou aveuglantes sur la banquise.
Le graphisme de The Wake est digne des meilleurs albums européens, ce qui n'est pas si courant dans la production anglo-saxonne.
Bref, j'ai pris un grand plaisir à la lecture de cet album, qui est bien parti pour être l'un des meilleurs comics de cette nouvelle année 2015.
Je le recommande vivement aux amateurs de bonne SF.
Toute la vie d'un boxeur né dans une famille juive de Tunis : ses premiers pas, son ascension fulgurante dans les années 30, ses titres de gloire, ses amours....
Mais la période est troublée, Hitler accède aux responsabilités suprêmes en Allemagne, la guerre éclate et avec elle la mise en œuvre de la solution finale.
Young Perez va donc se retrouver dans le camp d'Auchwitz dont nous venons de fêter le 70e anniversaire de la libération.
Curieusement son statut d'ancien boxeur va lui permettre de bénéficier d'une certaine mansuétude de la part des Kapo et des autorités du camp. Car même dans l'univers concentrationnaire, la distraction existe: il faut bien que les bourreaux se distraient.
Des combats sont organisés et Young Perez peut alors montrer qu'il n'a rien perdu de son savoir faire avec des poings qui lui ont permis autrefois d'accéder à la notoriété.
Les petits privilèges dont il bénéficie au quotidien lui permettent d'améliorer la vie de ses compagnons d'infortune.
Cela sera-t-il suffisant pour ressortir vivant du camp?
Dans ce combat qui oppose David à Goliath, le plus faible en apparence l'emportera-t-il comme dans la Bible?
C'est tout l'intérêt de cette histoire racontée par Ducoudray, sous forme de flash-back nombreux, qui nous font quitter la sinistre réalité des camps pour nous relater les différents moments de la vie du boxeur qui l'ont conduit de l'anonymat de la vie civile à
la gloire sportive. Le dessin en noir et blanc colle parfaitement à la noirceur de cette période de l'histoire. Le style semi réaliste des personnages contribue selon moi à adoucir les horreurs de cet univers morbide. Mais le propos du scénariste a tôt fait de nous rappeler la cruauté et l'horreur de ce que fut la solution finale. Une belle réussite.
Univers original, personnages sympathiques, créatures imaginatives, situations amusantes et ambiance loufoque mais qui tient la route : un beau cocktail qui fait une chouette lecture. C'est le genre de bande dessinée qu'on parcourt avec envie pour découvrir quelles nouvelles idées vont nous inventer les auteurs et où ils vont bien pouvoir nous mener.
Le graphisme est à la hauteur et contribue à l'atmosphère de l'ensemble. J'ai eu un tout petit peu de mal avec sa colorisation en couleurs directes dont les effets d'aquarelle étaient trop visibles sur les toutes premières planches, mais ce sentiment a très vite disparu par la suite au profit du plaisir de lecture.
La série est prévue en 5 tomes et les deux premiers sont très plaisants. Il reste à espérer que l'intrigue tende vers une belle conclusion et nous aurons là une série de grande qualité.
Akira est l'un des premiers manga que j'ai lu. C'est une oeuvre de science-fiction dans un genre apocalyptique. Le traitement du graphisme m'a plutôt impressionné. Il y a toute une dynamique au niveau du scénario avec une certaine montée en puissance. Outre les personnages principaux, certains personnages secondaires sont intéressants.
Ce manga fait partie de ceux avec Taniguchi qui ont permis une certaine diffusion de cette culture en Occident. L'auteur Katsuhiro Otomo a été enfin reconnu par le festival d'Angoulême qui a couronné cette oeuvre en 2015 par le grand prix. Il était temps !
Akira est devenu également un dessin animée. Le succès ne s'est pas démenti à travers le monde depuis une vingtaine d'années. Cette histoire pousse à une réflexion sur le devenir de la société. Bref, c'est devenu un incontournable qui a révolutionné l'histoire du manga.
Le tome1 est génial, le 2 c'est sympa, le 3 ca commence à être trop trop trop dans le délire et ca devient un peu n'importe quoi... Cependant, je conseille vivement Nini Patalo, le dessin est très naïf mais très expressif, l'humour déjanté et loufoque est la signature de Nini, une signature que je ne retrouve nulle part ailleurs.
En terminant une première lecture, j’étais un peu déçu. Il faut bien dire que j’attendais énormément de cet album. Le nom de son scénariste, le thème de la mer, le style muet, le talent du dessinateur entraperçu sur les premières planches de l’album, tout me laissait espérer que j’allais trouver là une petite perle.
Mais non… L’album est agréable à lire, sympathique, bien illustré mais avec quelques longueurs. C’était là ma première impression.
Seulement, j’y suis revenu. D’autant plus facilement que cet album 100% muet se lit avec plaisir. Et sans cette pression causée par des attentes sans doute trop importantes, je dois bien avouer avoir bien plus apprécié ma deuxième lecture. La subtilité avec laquelle les auteurs parviennent sans la moindre parole à transmettre des idées tout de même bien élaborées m’est apparue plus évidente et plus marquante. Les personnages ont gagné en nuance. Le dessin a révélé des finesses que je ne lui avais pas vues dans un premier temps. L’humour m’est apparu plus fin, plus subtil.
J’aurais sans doute attribué seulement 3/5 si je m’étais arrêté à ma première impression. Le fait de posséder le livre, de pouvoir y revenir à l’envi, m’a permis d’en extraire un plus grand plaisir de lecture. Je pense sincèrement que cet album se déguste, qu’il faut prendre le temps de le lire et d’y revenir, de s’attarder sur certains passages peut-être moins marquants de prime abord mais qui révèlent beaucoup de finesse à la relecture.
Une perle ? Non, peut-être pas, mais un très bel album et un exercice du muet réussi sans que les auteurs aient fuit le moindre obstacle.
J'ai lu l'intégrale, et je vous la conseille.
Une belle édition souple et solide pour une histoire de pirates incapables, grimaçants mais si attachants.
Le dessin caricatural, au trait gras, est mis en couleur et en lumière d'une manière vraiment magistrale. De si belles couleurs pour une BD d'humour, c'est un contraste étonnant et particulièrement réussi. (l'exemple de la galerie n'est pas du tout significatif)
Le scénario semble écrit au fil de la plume, dans une jubilation de clichés réinterprétés (le mousse, le pirate concurrent (Gontran le sinistre) les rats, les sauvages, le cuistot...) avec des dialogues drôles et adaptés. C'est vraiment la complémentarité des dessins et des dialogues qui donne corps à des personnages consistants qui deviennent attachants dans leur incapacité générale. Tout échoue, mais la confrontation avec des situations inattendues révèle toujours une corde nouvelle dans les personnalités.
Bravo en tout cas pour cette petite série pour ado qui réussit à toucher les adultes par sa vitalité un peu barbare, et sa manière personnelle de revisiter les lieux communs.
C'est un album que je lisais gamine. Et j'ai toujours le prénom Clovis qui me vient à l'esprit dès que je trouve une plume de faisan au bord d'un chemin. Clovis est un vieil ami en galoches et chemise à carreaux. Je n'ai pas envie de vous en raconter l'histoire parce qu'au fond... ça vous gâchera le plaisir. Le dessin de Gébé, que j'ai connu en noir et blanc, y est précis, nerveux, stylisé.
Gébé est une sorte de moderniste qui a gardé les pieds dans les sabots de bois de son enfance. Et c'est tout ce qui fait sa poésie et son humanité. Ce n'est pas un moderniste à la Le Corbusier, imaginant un homme nouveau. C'est un homme ancien qui se confronte à des possibilités nouvelles. Entre Berck (un autre album de Gébé, que j'ai lu au format livre de poche, et qui raconte les pérégrinations d'une créature bizarre, insouciante mais qui effraye les populations) et l'ami de Clovis, on a deux héros solitaires qui négocient avec leur environnement avec plus ou moins de réussite. Gébé est légèrement plus inquiétant que Fred. Fred ne semble pas se poser la question de la modernité, il l'évacue, il s'en torche le cul. Gébé, lui, veut s'y confronter, et rumine le passé comme un trésor d'outils pour faire face justement aux multiples incertitudes de l'avenir.
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Batman - Le Fils prodigue
3.5 Un album qui contient deux longues histoires. La première, principale, raconte comment après les événements de Batman- Knightfall, Bruce Wayne donne temporellement le rôle de Batman à Dick Grayson. On voit donc le premier Robin dans le rôle de Batman accompagné du troisième Robin. On retrouve plusieurs vilains car les auteurs en profitent pour faire arrêter les derniers vilains en liberté (comme le Ventriloque qui avait soudainement disparu) ainsi que Double-Face qui s'évade de nouveau. Il y a des bons moments et globalement c'est du bon Batman si comme moi on aime les comics Batman des années 90. La psychologie des personnages est bien exploités, le dessin est bon et le scénario est prenant. La deuxième histoire en 4 parties est la première histoire mettant en vedette Bruce Wayne qui a fait quelques changements dans sa vie et franchement j'ai besoin de lire d'avantage d'histoires de cette période pour savoir si j'aime les changements ou non parce que ce récit n'est pas des plus intéressants.
L'Encyclopédie des débuts de la Terre
Voilà fraichement débarqué en Janvier de cette année 2015, un OVNI de la BD. Tant pour l'auteure que pour l'ouvrage. Encore un beau packaging, un beau livre qui donne envie de l'ouvrir. La photo de la couverture ne rend pas hommage à ce livre. A l'intérieur, du beau papier bien épais, non glacé, de prime abord un bel ouvrage. Alors pour l'ambiance générale, c'est assez difficile à décrire. Nous sommes plutôt sur un noir et blanc intense avec quelques petites pointes de couleur histoire de donner plus de profondeur et de contraste au noir et blanc. Il n'y a quasiment pas de perspective sur les objets et les personnages. Malgré un très beau noir et blanc, tout semble plat, trop naïf et monotone, on cerne difficilement la cohérence de l'ensemble, jusqu'à ce qu'on commence à trouver les dessins vraiment primitifs... ET PAF ! Nous y voilà ! Les dessins sont primitifs ! On pouvait difficilement trouver mieux pour illustrer ces vieilles histoires, ces contes venus d'ici et d'ailleurs, on passe par la mythologie, les religions, on retrouve les histoires des origines, bien qu'on les connaissait déjà, elles résonnent différemment sous le trait d'Isabel Greenberg. Il y a un mélange de poésie naïve, mystique, saupoudré d'une bonne dose de cruauté qu'offre souvent la vraie vie. Le héros de cette histoire est un conteur, né d'une façon étrange. Il décide de partir parcourir le monde pour combler un manque profond. Il part à la recherche d'une partie de son âme. Commence le long périple d'un conteur voyageur. Cette BD est à lire comme un livre de conte sur les origines du tout. L'ensemble joliment illustré. Pour conclure, à l'intérieur vous trouverez ces histoires qui ont façonné le monde, celles qui ont fasciné les foules.
The Wake
Un récit de science-fiction qui fera date ! Quoi ? Encore une histoire de bestiole cachée au fond des mers depuis la nuit des temps ? Il est vrai que le pitch peut paraître rebattu et qu'il fait penser à des films réussis comme Abyss, ou au démarrage d'un scénario de Christophe Bec – lequel s'avère presque immanquablement décevant sur la longueur –… Sauf que cette fois, Scott Snyder [à qui l'on doit l'excellent Batman (DC Renaissance)] tient les rennes du scénario, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il sait raconter les histoires, lui. Car The Wake ne se limite pas à la rencontre fracassante – mais classique – entre des humains repoussant toujours plus loin l'exploitation irraisonnée de la nature et une espèce intelligente qui n'est pas décidée à se laisser faire. Se déroulant sur deux époques distantes de deux siècles, le récit est interrompu par des flashbacks intenses qui ramènent dans le passé lointain de la Terre et du système solaire. Déroutant au début, le puzzle s'assemble peu à peu pour acquérir une dimension universelle très cohérente. Il y a longtemps que je n'avais pas lu un récit de science-fiction aussi efficace. Il est vrai qu'il fait penser à beaucoup d'autres œuvres de la littérature (j'ai pensé à Abysses de Frank Schätzing), du cinéma ou de la BD, et que les situations, les personnages, les monstres ou le dénouement de l'intrigue peuvent laisser une impression de déjà-vu. Mais cet album est parfaitement maîtrisé, mené à un rythme d'enfer et réussit tout de même à surprendre le lecteur. Cerise sur le gâteau, Snyder a l'intelligence et la politesse de dérouler et d'achever l'histoire en un seul album au lieu de la diluer en une série sans fin. Du très beau boulot ! Le trait de Sean Murphy est très bien maîtrisé, parfois foisonnant au point d'obliger le lecteur à s'attarder longuement sur certaines cases. La construction de l'action qui s'étale par moments sur deux planches en vis-à-vis donne une belle impression de dynamisme. La mise en couleurs de Matt Hollingsworth, vieux routier du Comics (il a travaillé entre autres sur Preacher et The Punisher), sublime les ambiances très sombres des grands fonds ou aveuglantes sur la banquise. Le graphisme de The Wake est digne des meilleurs albums européens, ce qui n'est pas si courant dans la production anglo-saxonne. Bref, j'ai pris un grand plaisir à la lecture de cet album, qui est bien parti pour être l'un des meilleurs comics de cette nouvelle année 2015. Je le recommande vivement aux amateurs de bonne SF.
Young
Toute la vie d'un boxeur né dans une famille juive de Tunis : ses premiers pas, son ascension fulgurante dans les années 30, ses titres de gloire, ses amours.... Mais la période est troublée, Hitler accède aux responsabilités suprêmes en Allemagne, la guerre éclate et avec elle la mise en œuvre de la solution finale. Young Perez va donc se retrouver dans le camp d'Auchwitz dont nous venons de fêter le 70e anniversaire de la libération. Curieusement son statut d'ancien boxeur va lui permettre de bénéficier d'une certaine mansuétude de la part des Kapo et des autorités du camp. Car même dans l'univers concentrationnaire, la distraction existe: il faut bien que les bourreaux se distraient. Des combats sont organisés et Young Perez peut alors montrer qu'il n'a rien perdu de son savoir faire avec des poings qui lui ont permis autrefois d'accéder à la notoriété. Les petits privilèges dont il bénéficie au quotidien lui permettent d'améliorer la vie de ses compagnons d'infortune. Cela sera-t-il suffisant pour ressortir vivant du camp? Dans ce combat qui oppose David à Goliath, le plus faible en apparence l'emportera-t-il comme dans la Bible? C'est tout l'intérêt de cette histoire racontée par Ducoudray, sous forme de flash-back nombreux, qui nous font quitter la sinistre réalité des camps pour nous relater les différents moments de la vie du boxeur qui l'ont conduit de l'anonymat de la vie civile à la gloire sportive. Le dessin en noir et blanc colle parfaitement à la noirceur de cette période de l'histoire. Le style semi réaliste des personnages contribue selon moi à adoucir les horreurs de cet univers morbide. Mais le propos du scénariste a tôt fait de nous rappeler la cruauté et l'horreur de ce que fut la solution finale. Une belle réussite.
Azimut
Univers original, personnages sympathiques, créatures imaginatives, situations amusantes et ambiance loufoque mais qui tient la route : un beau cocktail qui fait une chouette lecture. C'est le genre de bande dessinée qu'on parcourt avec envie pour découvrir quelles nouvelles idées vont nous inventer les auteurs et où ils vont bien pouvoir nous mener. Le graphisme est à la hauteur et contribue à l'atmosphère de l'ensemble. J'ai eu un tout petit peu de mal avec sa colorisation en couleurs directes dont les effets d'aquarelle étaient trop visibles sur les toutes premières planches, mais ce sentiment a très vite disparu par la suite au profit du plaisir de lecture. La série est prévue en 5 tomes et les deux premiers sont très plaisants. Il reste à espérer que l'intrigue tende vers une belle conclusion et nous aurons là une série de grande qualité.
Akira
Akira est l'un des premiers manga que j'ai lu. C'est une oeuvre de science-fiction dans un genre apocalyptique. Le traitement du graphisme m'a plutôt impressionné. Il y a toute une dynamique au niveau du scénario avec une certaine montée en puissance. Outre les personnages principaux, certains personnages secondaires sont intéressants. Ce manga fait partie de ceux avec Taniguchi qui ont permis une certaine diffusion de cette culture en Occident. L'auteur Katsuhiro Otomo a été enfin reconnu par le festival d'Angoulême qui a couronné cette oeuvre en 2015 par le grand prix. Il était temps ! Akira est devenu également un dessin animée. Le succès ne s'est pas démenti à travers le monde depuis une vingtaine d'années. Cette histoire pousse à une réflexion sur le devenir de la société. Bref, c'est devenu un incontournable qui a révolutionné l'histoire du manga.
Nini Patalo
Le tome1 est génial, le 2 c'est sympa, le 3 ca commence à être trop trop trop dans le délire et ca devient un peu n'importe quoi... Cependant, je conseille vivement Nini Patalo, le dessin est très naïf mais très expressif, l'humour déjanté et loufoque est la signature de Nini, une signature que je ne retrouve nulle part ailleurs.
Un océan d'amour
En terminant une première lecture, j’étais un peu déçu. Il faut bien dire que j’attendais énormément de cet album. Le nom de son scénariste, le thème de la mer, le style muet, le talent du dessinateur entraperçu sur les premières planches de l’album, tout me laissait espérer que j’allais trouver là une petite perle. Mais non… L’album est agréable à lire, sympathique, bien illustré mais avec quelques longueurs. C’était là ma première impression. Seulement, j’y suis revenu. D’autant plus facilement que cet album 100% muet se lit avec plaisir. Et sans cette pression causée par des attentes sans doute trop importantes, je dois bien avouer avoir bien plus apprécié ma deuxième lecture. La subtilité avec laquelle les auteurs parviennent sans la moindre parole à transmettre des idées tout de même bien élaborées m’est apparue plus évidente et plus marquante. Les personnages ont gagné en nuance. Le dessin a révélé des finesses que je ne lui avais pas vues dans un premier temps. L’humour m’est apparu plus fin, plus subtil. J’aurais sans doute attribué seulement 3/5 si je m’étais arrêté à ma première impression. Le fait de posséder le livre, de pouvoir y revenir à l’envi, m’a permis d’en extraire un plus grand plaisir de lecture. Je pense sincèrement que cet album se déguste, qu’il faut prendre le temps de le lire et d’y revenir, de s’attarder sur certains passages peut-être moins marquants de prime abord mais qui révèlent beaucoup de finesse à la relecture. Une perle ? Non, peut-être pas, mais un très bel album et un exercice du muet réussi sans que les auteurs aient fuit le moindre obstacle.
Rosco le Rouge
J'ai lu l'intégrale, et je vous la conseille. Une belle édition souple et solide pour une histoire de pirates incapables, grimaçants mais si attachants. Le dessin caricatural, au trait gras, est mis en couleur et en lumière d'une manière vraiment magistrale. De si belles couleurs pour une BD d'humour, c'est un contraste étonnant et particulièrement réussi. (l'exemple de la galerie n'est pas du tout significatif) Le scénario semble écrit au fil de la plume, dans une jubilation de clichés réinterprétés (le mousse, le pirate concurrent (Gontran le sinistre) les rats, les sauvages, le cuistot...) avec des dialogues drôles et adaptés. C'est vraiment la complémentarité des dessins et des dialogues qui donne corps à des personnages consistants qui deviennent attachants dans leur incapacité générale. Tout échoue, mais la confrontation avec des situations inattendues révèle toujours une corde nouvelle dans les personnalités. Bravo en tout cas pour cette petite série pour ado qui réussit à toucher les adultes par sa vitalité un peu barbare, et sa manière personnelle de revisiter les lieux communs.
Une Plume pour Clovis
C'est un album que je lisais gamine. Et j'ai toujours le prénom Clovis qui me vient à l'esprit dès que je trouve une plume de faisan au bord d'un chemin. Clovis est un vieil ami en galoches et chemise à carreaux. Je n'ai pas envie de vous en raconter l'histoire parce qu'au fond... ça vous gâchera le plaisir. Le dessin de Gébé, que j'ai connu en noir et blanc, y est précis, nerveux, stylisé. Gébé est une sorte de moderniste qui a gardé les pieds dans les sabots de bois de son enfance. Et c'est tout ce qui fait sa poésie et son humanité. Ce n'est pas un moderniste à la Le Corbusier, imaginant un homme nouveau. C'est un homme ancien qui se confronte à des possibilités nouvelles. Entre Berck (un autre album de Gébé, que j'ai lu au format livre de poche, et qui raconte les pérégrinations d'une créature bizarre, insouciante mais qui effraye les populations) et l'ami de Clovis, on a deux héros solitaires qui négocient avec leur environnement avec plus ou moins de réussite. Gébé est légèrement plus inquiétant que Fred. Fred ne semble pas se poser la question de la modernité, il l'évacue, il s'en torche le cul. Gébé, lui, veut s'y confronter, et rumine le passé comme un trésor d'outils pour faire face justement aux multiples incertitudes de l'avenir. C'est cette force, parfois injuste et désagréable, mais aussi drôle et belle, du passé qu'il a contribué à me transmettre.