Alors certes, certains personnages ont des traits parfois un poil brouillon, et ça pourrait heurter certains puristes. Mais tout de même, trouver des représentations aussi fidèles de soldats romains dans une BD des années 80, c'est à saluer. Pour un passionné de l'armée romaine comme moi, certaines planches sont un vrai régal. Les armures et les casques sont joliment et fidèlement reproduits.
De plus, Néron n'est pas présenté sous un jour noir, ce qui est très rare. On est loin des clichés de Quo Vadis et Cie, et ça fait plutôt plaisir. En effet, tout comme c'est le cas pour Caligula, l'image de Néron telle qu'elle nous a été transmise par les sénateurs-historiens qui le détestaient a sans doute largement été déformée. Le dernier empereur issu de la famille de César inspire même de la sympathie vers la fin de l'album.
En tout cas, la fin du règne de Néron n'a autrement jamais été adapté en BD à ma connaissance (dans l'attente de la suite de la série Murena), et cette originalité mérite aussi d'être soulignée.
Au final, je regrette vraiment beaucoup que cet album n'ait jamais connu de suite.
Lors de mes déambulations à Angoulême cette année beaucoup de BD ont attiré mon œil. Mais cet ouvrage est le seul à avoir provoqué un coup de coeur immédiat. La couverture sobre arbore un magnifique dessin bourré de détails et incitant immédiatement à l'ouverture. La suite n'est que découverte et recherche. Découverte car chaque page se laisse admirer et recherche car les planches regorgent de détails et plusieurs lectures sont nécessaires pour tous les découvrir.
Le scénario n'est pas en reste puisque nous suivons les aventures d'une petite fille à la recherche de son père qui serait l'un des 5 capitaines pirates des mers d'Omerta. Mélange d'Alice au Pays des Merveilles et de romans d'aventure nous sommes happés dans l'histoire pour ne plus en décrocher. Seule frustration entre l'envie de dévorer l'histoire et le plaisir de s'attarder sur les planches il faut choisir.
Bravo à Jérémy Bastian qui s'il continu sur les deux tomes restants méritera un statut de culte pour son oeuvre.
Acheté un peu par hasard (les auteurs sont de parfaits inconnus pour moi) et par curiosité pour le sujet, j'ai été pris par ce récit autobiographique. Pascale Bourgaux est grand reporter et raconte la conception d'un reportage sur l'avancée des talibans en Afghanistan. Je n'ai pas vu le documentaire que Bourgaux a produit, mais on voit bien l'avantage que procure la BD sur le film, en ce que celle-ci permet de maîtriser entièrement tout ce qui est dit, et qu'elle permet en même temps une certaine distance avec le sujet. L'album est donc non seulement un reportage sur un village afghan sur le point de basculer de son plein gré dans le camp taliban, suite aux bavures de l'OTAN (et après avoir lutté contre eux pendant de nombreuses années), mais aussi un témoignage sur la façon dont les journalistes travaillent dans ce pays, et sur ce que cela implique au niveau personnel.
C'est assez proche de Joe Sacco, sauf qu'ici tout est raconté au passé et que le récit se focalise plus sur le making off du documentaire que sur une explication de la politique afghane. De plus la collaboration entre Zabus et Bourgaux fait que le récit reste grand public sans rien perdre en authenticité. Les dessins sont très réussis et donnent une toute autre idée du pays que celle que l'on peut voir dans les journaux TV, bien plus colorée que l'image grise et poussiéreuse à laquelle on est habitué.
Une excellente surprise, qui me fera acheter les yeux fermés leur prochain album.
Eh bien voilà une agréable découverte que cette bd dont l'achat n'était absolument pas prémédité (je l'ai aperçue sur un stand et je me suis dit : "Allez, pourquoi pas !") et qui me prouve s'il était encore besoin que la bande dessinée constitue bien un merveilleux puits à trouvailles.
L'oeuvre, que l'on peut classer dans le registre de la fiction d'espionnage, a pour cadre la France civile durant la Première Guerre Mondiale, en cette éprouvante année de 1917 où le pays commence à douter de sa force et vacille sous le poids écrasant du conflit. Au parlement le gouvernement symbolisé par l'ambigu Joseph Caillaux est vivement critiqué par une opposition dont le tigre Clémenceau apparaît comme le chef de file. Ce dernier, en fait, cherche à renverser son rival par tous les moyens, même les plus sournois, et il se trouve qu'un agent secret à sa botte a découvert une preuve compromettante impliquant a priori le chef du gouvernement. Cependant l'agent disparaît mystérieusement après avoir été attaqué dans son repaire par d'énigmatiques assaillants...
Clemenceau fait alors appel à Silas Corey, ex-reporter à "l'Humanité" pour retrouver son agent secret et démêler le noeud autour de la fameuse "preuve compromettante".
C'est de la bd divertissante, intelligente, sans prétention exorbitante, dont on peut facilement deviner les diverses influences. Le protagoniste lui-même, dont le nom sonne peu "franchouillard" d'ailleurs, me fait un peu penser à un espèce de croisement entre Joseph Rouletabille, pour le flair du reporter, Arsène Lupin pour le panache et la désinvolture sarcastique, et James Bond pour le côté espion dandy.
Le cadre historique est vraiment bien retranscrit, on sent le boulot de documentation effectué en amont et ça fait vraiment un effet de s'immerger grâce au dessin d'Alary dans cette France de la Belle Epoque ensanglantée par les morsures de la guerre. Le déroulement de l'intrigue est traité avec le même souci de rigueur : on est rapidement captivé et aucune incohérence rédhibitoire n'est ressentie. Fabien Nury me convainc de plus en plus à chacune de ses oeuvres.
La série est encore inachevée puisque le second volet du deuxième dyptique doit encore sortir prochainement mais on peut déjà considérer Silas Corey comme une remarquable bd française d'espionnage, à emprunter en bibliothèque pour les plus désargentés mais dans tous les cas à lire.
Je ne connaissais que le travail de scénariste de Tiburce Oger, en collaboration avec Patrick Prugne au dessin, et je le découvre ici seul aux commandes, dans un genre que j’affectionne particulièrement en Bande Dessinée, le western.
Le procédé narratif est proche de celui utilisé par l’excellent Arthur Penn dans son non moins superbe « Little Big Man » : un vieillard revient dans un long flash-back sur sa très longue et très aventureuse vie.
On a là un passage en revue des grands moments de la « conquête » de l’ouest, dans la deuxième moitié du XXème siècle. Du grand classique donc, et pas trop de fioritures au niveau du scénario (ce long flash-back étant entrecoupé de courts dialogues entre le vieux cow-boy et une jeune fille, les deux attendant une probable attaque et se préparant à la repousser).
Du classique donc et pas trop de surprises, mais c’est vraiment bien traité et bien documenté, la lecture est agréable et fluide (avec une pagination importante, 76 pages !).
L’aspect graphique est un réel plus, puisque Oger ne se contente pas de faire du plus ou moins beau Giraud – comme le revendique apparemment la dernière production Dorison/Meyer. Il a son style, qui ma foi est très bon et, que ce soit dans les quelques pleines pages ou dans les cases plus traditionnelles, j’ai apprécié le coup de crayon et la colorisation. Un style plutôt réaliste, même si certains détails (les chevaux parfois, les armes, etc) semblent comme « allongés » - sans atteindre à ce que fait Dumontheuil.
Pour revenir à ma comparaison initiale avec « Little Big Man », j’ajoute qu’Oger utilise un style très dynamique et cinématographique – au niveau des cadrages par exemple.
Un chouette album, que je vous recommande, et qui visiblement sera suivi d’autres westerns chez le même éditeur : je les attends avec impatience ! Et si cela pouvait permettre une reprise et une fin à La Piste des Ombres, et bien ce serait parfait !
Note réelle 3,5/5. Une deuxième lecture me fait arrondir aux quatre étoiles que cet album mérite !
J’avais adoré le précédent album de Renner, l’excellent Un bébé à livrer. D’ailleurs publié sous le nom d’auteur de Reineke – je ne sais pas lequel est son vrai nom ? En tout cas on reconnaît le côté graphique : avec des cases absentes et un dessin en aquarelle, un peu en esquisse, ressemblant à certains dessins de presse ou à du Reiser, les couleurs en plus.
Et avec ce dessin relativement simple, l’auteur réussit quand même, une nouvelle fois, à rendre très expressives ces trognes d’animaux franchement pas très futés (J'aime vraiment le côté graphique !).
Et le plus crétin – de justesse, car un cochon et un lapin peuvent lui disputer le titre de plus gros imbécile, est donc un renard, qui n’arrive pas à être aussi méchant que souhaité – et nécessaire pour faire carrière et ripaille.
Si j’ai une nouvelle fois aimé le traitement graphique et ai trouvé l’ »histoire » très lisible, j’ai trouvé l’ensemble moins rigolo et délirant que Un bébé à livrer, et ai donc été un peu déçu par cet album.
Mais ça reste quand même une lecture plus que sympathique.
Et d'ailleurs une énième relecture me fait monter aux quatre étoiles (note réelle 3,5/5).
C'est toujours un régal pour moi lorsque je tombe sur un vieil album de Fred rempli de ses histoires courtes. Elles sont pleines d'imagination et je suis décidément fan de sa poésie. Il y a deux-trois histoires plus faibles que les autres, mais globalement j'ai adoré ma lecture. C'est dommage que ces albums regroupant des histoires courtes semblent être tombés dans l'oubli car ils ne le méritent pas et j'aimerais bien qu'un éditeur les réédite !
Son dessin est du pur Fred. À la fois personnel et intéressant vu qu'il peut changer de technique selon les histoires.
Mathieu Sapin (qui n'a rien à voir avec la famille du Ministre), dessinateur pour le journal Libération, a vécu la course à l'Elysée embarqué dans l'équipe de François Hollande. Il en tire une bande-dessinée riche en informations et anecdotes sur la dernière campagne présidentielle de 2012. Il y aura de nombreux déplacements sans compter les brèves rencontres avec le futur président entre deux meetings.
L'auteur nous indique d'emblée qu'il ne connaît pas la politique et que son regard sera neutre. J'avais peur d'un certain amateurisme pour ceux qui aiment la politique. Il est vrai que Quai d'Orsay avait mis la barre assez haute. Or, le résultat est là: c'est un reportage sur les coulisses d'une campagne présidentielle fait avec sincérité.
Les anecdotes sur cette aventure politique sont assez croustillantes. J'en connaissais la plupart en fin observateur de la vie politique mais pas toutes (comme la TV qui ne fonctionne pas à quelques minutes de l'annonce des résultats). La bd est sortie en mai 2012 dans la foulée de la victoire. On sait que depuis trois ans, beaucoup de choses ont changé. Cependant, certains détails préfigurant la suite étaient déjà visibles au niveau de ce qui s'est passé durant cette campagne. Bref, cela permet de comprendre car on va retrouver la même équipe au pouvoir. Un vrai régal !
3.5
Un album qui contient deux longues histoires.
La première, principale, raconte comment après les événements de Batman- Knightfall, Bruce Wayne donne temporellement le rôle de Batman à Dick Grayson. On voit donc le premier Robin dans le rôle de Batman accompagné du troisième Robin.
On retrouve plusieurs vilains car les auteurs en profitent pour faire arrêter les derniers vilains en liberté (comme le Ventriloque qui avait soudainement disparu) ainsi que Double-Face qui s'évade de nouveau. Il y a des bons moments et globalement c'est du bon Batman si comme moi on aime les comics Batman des années 90. La psychologie des personnages est bien exploités, le dessin est bon et le scénario est prenant.
La deuxième histoire en 4 parties est la première histoire mettant en vedette Bruce Wayne qui a fait quelques changements dans sa vie et franchement j'ai besoin de lire d'avantage d'histoires de cette période pour savoir si j'aime les changements ou non parce que ce récit n'est pas des plus intéressants.
Voilà fraichement débarqué en Janvier de cette année 2015, un OVNI de la BD. Tant pour l'auteure que pour l'ouvrage.
Encore un beau packaging, un beau livre qui donne envie de l'ouvrir. La photo de la couverture ne rend pas hommage à ce livre. A l'intérieur, du beau papier bien épais, non glacé, de prime abord un bel ouvrage.
Alors pour l'ambiance générale, c'est assez difficile à décrire. Nous sommes plutôt sur un noir et blanc intense avec quelques petites pointes de couleur histoire de donner plus de profondeur et de contraste au noir et blanc.
Il n'y a quasiment pas de perspective sur les objets et les personnages. Malgré un très beau noir et blanc, tout semble plat, trop naïf et monotone, on cerne difficilement la cohérence de l'ensemble, jusqu'à ce qu'on commence à trouver les dessins vraiment primitifs...
ET PAF ! Nous y voilà !
Les dessins sont primitifs !
On pouvait difficilement trouver mieux pour illustrer ces vieilles histoires, ces contes venus d'ici et d'ailleurs, on passe par la mythologie, les religions, on retrouve les histoires des origines, bien qu'on les connaissait déjà, elles résonnent différemment sous le trait d'Isabel Greenberg.
Il y a un mélange de poésie naïve, mystique, saupoudré d'une bonne dose de cruauté qu'offre souvent la vraie vie.
Le héros de cette histoire est un conteur, né d'une façon étrange. Il décide de partir parcourir le monde pour combler un manque profond. Il part à la recherche d'une partie de son âme. Commence le long périple d'un conteur voyageur.
Cette BD est à lire comme un livre de conte sur les origines du tout.
L'ensemble joliment illustré.
Pour conclure, à l'intérieur vous trouverez ces histoires qui ont façonné le monde, celles qui ont fasciné les foules.
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Celtil
Alors certes, certains personnages ont des traits parfois un poil brouillon, et ça pourrait heurter certains puristes. Mais tout de même, trouver des représentations aussi fidèles de soldats romains dans une BD des années 80, c'est à saluer. Pour un passionné de l'armée romaine comme moi, certaines planches sont un vrai régal. Les armures et les casques sont joliment et fidèlement reproduits. De plus, Néron n'est pas présenté sous un jour noir, ce qui est très rare. On est loin des clichés de Quo Vadis et Cie, et ça fait plutôt plaisir. En effet, tout comme c'est le cas pour Caligula, l'image de Néron telle qu'elle nous a été transmise par les sénateurs-historiens qui le détestaient a sans doute largement été déformée. Le dernier empereur issu de la famille de César inspire même de la sympathie vers la fin de l'album. En tout cas, la fin du règne de Néron n'a autrement jamais été adapté en BD à ma connaissance (dans l'attente de la suite de la série Murena), et cette originalité mérite aussi d'être soulignée. Au final, je regrette vraiment beaucoup que cet album n'ait jamais connu de suite.
La Fille maudite du capitaine pirate
Lors de mes déambulations à Angoulême cette année beaucoup de BD ont attiré mon œil. Mais cet ouvrage est le seul à avoir provoqué un coup de coeur immédiat. La couverture sobre arbore un magnifique dessin bourré de détails et incitant immédiatement à l'ouverture. La suite n'est que découverte et recherche. Découverte car chaque page se laisse admirer et recherche car les planches regorgent de détails et plusieurs lectures sont nécessaires pour tous les découvrir. Le scénario n'est pas en reste puisque nous suivons les aventures d'une petite fille à la recherche de son père qui serait l'un des 5 capitaines pirates des mers d'Omerta. Mélange d'Alice au Pays des Merveilles et de romans d'aventure nous sommes happés dans l'histoire pour ne plus en décrocher. Seule frustration entre l'envie de dévorer l'histoire et le plaisir de s'attarder sur les planches il faut choisir. Bravo à Jérémy Bastian qui s'il continu sur les deux tomes restants méritera un statut de culte pour son oeuvre.
Les Larmes du Seigneur Afghan
Acheté un peu par hasard (les auteurs sont de parfaits inconnus pour moi) et par curiosité pour le sujet, j'ai été pris par ce récit autobiographique. Pascale Bourgaux est grand reporter et raconte la conception d'un reportage sur l'avancée des talibans en Afghanistan. Je n'ai pas vu le documentaire que Bourgaux a produit, mais on voit bien l'avantage que procure la BD sur le film, en ce que celle-ci permet de maîtriser entièrement tout ce qui est dit, et qu'elle permet en même temps une certaine distance avec le sujet. L'album est donc non seulement un reportage sur un village afghan sur le point de basculer de son plein gré dans le camp taliban, suite aux bavures de l'OTAN (et après avoir lutté contre eux pendant de nombreuses années), mais aussi un témoignage sur la façon dont les journalistes travaillent dans ce pays, et sur ce que cela implique au niveau personnel. C'est assez proche de Joe Sacco, sauf qu'ici tout est raconté au passé et que le récit se focalise plus sur le making off du documentaire que sur une explication de la politique afghane. De plus la collaboration entre Zabus et Bourgaux fait que le récit reste grand public sans rien perdre en authenticité. Les dessins sont très réussis et donnent une toute autre idée du pays que celle que l'on peut voir dans les journaux TV, bien plus colorée que l'image grise et poussiéreuse à laquelle on est habitué. Une excellente surprise, qui me fera acheter les yeux fermés leur prochain album.
Silas Corey
Eh bien voilà une agréable découverte que cette bd dont l'achat n'était absolument pas prémédité (je l'ai aperçue sur un stand et je me suis dit : "Allez, pourquoi pas !") et qui me prouve s'il était encore besoin que la bande dessinée constitue bien un merveilleux puits à trouvailles. L'oeuvre, que l'on peut classer dans le registre de la fiction d'espionnage, a pour cadre la France civile durant la Première Guerre Mondiale, en cette éprouvante année de 1917 où le pays commence à douter de sa force et vacille sous le poids écrasant du conflit. Au parlement le gouvernement symbolisé par l'ambigu Joseph Caillaux est vivement critiqué par une opposition dont le tigre Clémenceau apparaît comme le chef de file. Ce dernier, en fait, cherche à renverser son rival par tous les moyens, même les plus sournois, et il se trouve qu'un agent secret à sa botte a découvert une preuve compromettante impliquant a priori le chef du gouvernement. Cependant l'agent disparaît mystérieusement après avoir été attaqué dans son repaire par d'énigmatiques assaillants... Clemenceau fait alors appel à Silas Corey, ex-reporter à "l'Humanité" pour retrouver son agent secret et démêler le noeud autour de la fameuse "preuve compromettante". C'est de la bd divertissante, intelligente, sans prétention exorbitante, dont on peut facilement deviner les diverses influences. Le protagoniste lui-même, dont le nom sonne peu "franchouillard" d'ailleurs, me fait un peu penser à un espèce de croisement entre Joseph Rouletabille, pour le flair du reporter, Arsène Lupin pour le panache et la désinvolture sarcastique, et James Bond pour le côté espion dandy. Le cadre historique est vraiment bien retranscrit, on sent le boulot de documentation effectué en amont et ça fait vraiment un effet de s'immerger grâce au dessin d'Alary dans cette France de la Belle Epoque ensanglantée par les morsures de la guerre. Le déroulement de l'intrigue est traité avec le même souci de rigueur : on est rapidement captivé et aucune incohérence rédhibitoire n'est ressentie. Fabien Nury me convainc de plus en plus à chacune de ses oeuvres. La série est encore inachevée puisque le second volet du deuxième dyptique doit encore sortir prochainement mais on peut déjà considérer Silas Corey comme une remarquable bd française d'espionnage, à emprunter en bibliothèque pour les plus désargentés mais dans tous les cas à lire.
Buffalo Runner
Je ne connaissais que le travail de scénariste de Tiburce Oger, en collaboration avec Patrick Prugne au dessin, et je le découvre ici seul aux commandes, dans un genre que j’affectionne particulièrement en Bande Dessinée, le western. Le procédé narratif est proche de celui utilisé par l’excellent Arthur Penn dans son non moins superbe « Little Big Man » : un vieillard revient dans un long flash-back sur sa très longue et très aventureuse vie. On a là un passage en revue des grands moments de la « conquête » de l’ouest, dans la deuxième moitié du XXème siècle. Du grand classique donc, et pas trop de fioritures au niveau du scénario (ce long flash-back étant entrecoupé de courts dialogues entre le vieux cow-boy et une jeune fille, les deux attendant une probable attaque et se préparant à la repousser). Du classique donc et pas trop de surprises, mais c’est vraiment bien traité et bien documenté, la lecture est agréable et fluide (avec une pagination importante, 76 pages !). L’aspect graphique est un réel plus, puisque Oger ne se contente pas de faire du plus ou moins beau Giraud – comme le revendique apparemment la dernière production Dorison/Meyer. Il a son style, qui ma foi est très bon et, que ce soit dans les quelques pleines pages ou dans les cases plus traditionnelles, j’ai apprécié le coup de crayon et la colorisation. Un style plutôt réaliste, même si certains détails (les chevaux parfois, les armes, etc) semblent comme « allongés » - sans atteindre à ce que fait Dumontheuil. Pour revenir à ma comparaison initiale avec « Little Big Man », j’ajoute qu’Oger utilise un style très dynamique et cinématographique – au niveau des cadrages par exemple. Un chouette album, que je vous recommande, et qui visiblement sera suivi d’autres westerns chez le même éditeur : je les attends avec impatience ! Et si cela pouvait permettre une reprise et une fin à La Piste des Ombres, et bien ce serait parfait ! Note réelle 3,5/5. Une deuxième lecture me fait arrondir aux quatre étoiles que cet album mérite !
Le Grand Méchant Renard
J’avais adoré le précédent album de Renner, l’excellent Un bébé à livrer. D’ailleurs publié sous le nom d’auteur de Reineke – je ne sais pas lequel est son vrai nom ? En tout cas on reconnaît le côté graphique : avec des cases absentes et un dessin en aquarelle, un peu en esquisse, ressemblant à certains dessins de presse ou à du Reiser, les couleurs en plus. Et avec ce dessin relativement simple, l’auteur réussit quand même, une nouvelle fois, à rendre très expressives ces trognes d’animaux franchement pas très futés (J'aime vraiment le côté graphique !). Et le plus crétin – de justesse, car un cochon et un lapin peuvent lui disputer le titre de plus gros imbécile, est donc un renard, qui n’arrive pas à être aussi méchant que souhaité – et nécessaire pour faire carrière et ripaille. Si j’ai une nouvelle fois aimé le traitement graphique et ai trouvé l’ »histoire » très lisible, j’ai trouvé l’ensemble moins rigolo et délirant que Un bébé à livrer, et ai donc été un peu déçu par cet album. Mais ça reste quand même une lecture plus que sympathique. Et d'ailleurs une énième relecture me fait monter aux quatre étoiles (note réelle 3,5/5).
Le Fond de l'Air est Fred
C'est toujours un régal pour moi lorsque je tombe sur un vieil album de Fred rempli de ses histoires courtes. Elles sont pleines d'imagination et je suis décidément fan de sa poésie. Il y a deux-trois histoires plus faibles que les autres, mais globalement j'ai adoré ma lecture. C'est dommage que ces albums regroupant des histoires courtes semblent être tombés dans l'oubli car ils ne le méritent pas et j'aimerais bien qu'un éditeur les réédite ! Son dessin est du pur Fred. À la fois personnel et intéressant vu qu'il peut changer de technique selon les histoires.
Campagne présidentielle - 6 mois dans les coulisses de l'équipe de campagne de François Hollande
Mathieu Sapin (qui n'a rien à voir avec la famille du Ministre), dessinateur pour le journal Libération, a vécu la course à l'Elysée embarqué dans l'équipe de François Hollande. Il en tire une bande-dessinée riche en informations et anecdotes sur la dernière campagne présidentielle de 2012. Il y aura de nombreux déplacements sans compter les brèves rencontres avec le futur président entre deux meetings. L'auteur nous indique d'emblée qu'il ne connaît pas la politique et que son regard sera neutre. J'avais peur d'un certain amateurisme pour ceux qui aiment la politique. Il est vrai que Quai d'Orsay avait mis la barre assez haute. Or, le résultat est là: c'est un reportage sur les coulisses d'une campagne présidentielle fait avec sincérité. Les anecdotes sur cette aventure politique sont assez croustillantes. J'en connaissais la plupart en fin observateur de la vie politique mais pas toutes (comme la TV qui ne fonctionne pas à quelques minutes de l'annonce des résultats). La bd est sortie en mai 2012 dans la foulée de la victoire. On sait que depuis trois ans, beaucoup de choses ont changé. Cependant, certains détails préfigurant la suite étaient déjà visibles au niveau de ce qui s'est passé durant cette campagne. Bref, cela permet de comprendre car on va retrouver la même équipe au pouvoir. Un vrai régal !
Batman - Le Fils prodigue
3.5 Un album qui contient deux longues histoires. La première, principale, raconte comment après les événements de Batman- Knightfall, Bruce Wayne donne temporellement le rôle de Batman à Dick Grayson. On voit donc le premier Robin dans le rôle de Batman accompagné du troisième Robin. On retrouve plusieurs vilains car les auteurs en profitent pour faire arrêter les derniers vilains en liberté (comme le Ventriloque qui avait soudainement disparu) ainsi que Double-Face qui s'évade de nouveau. Il y a des bons moments et globalement c'est du bon Batman si comme moi on aime les comics Batman des années 90. La psychologie des personnages est bien exploités, le dessin est bon et le scénario est prenant. La deuxième histoire en 4 parties est la première histoire mettant en vedette Bruce Wayne qui a fait quelques changements dans sa vie et franchement j'ai besoin de lire d'avantage d'histoires de cette période pour savoir si j'aime les changements ou non parce que ce récit n'est pas des plus intéressants.
L'Encyclopédie des débuts de la Terre
Voilà fraichement débarqué en Janvier de cette année 2015, un OVNI de la BD. Tant pour l'auteure que pour l'ouvrage. Encore un beau packaging, un beau livre qui donne envie de l'ouvrir. La photo de la couverture ne rend pas hommage à ce livre. A l'intérieur, du beau papier bien épais, non glacé, de prime abord un bel ouvrage. Alors pour l'ambiance générale, c'est assez difficile à décrire. Nous sommes plutôt sur un noir et blanc intense avec quelques petites pointes de couleur histoire de donner plus de profondeur et de contraste au noir et blanc. Il n'y a quasiment pas de perspective sur les objets et les personnages. Malgré un très beau noir et blanc, tout semble plat, trop naïf et monotone, on cerne difficilement la cohérence de l'ensemble, jusqu'à ce qu'on commence à trouver les dessins vraiment primitifs... ET PAF ! Nous y voilà ! Les dessins sont primitifs ! On pouvait difficilement trouver mieux pour illustrer ces vieilles histoires, ces contes venus d'ici et d'ailleurs, on passe par la mythologie, les religions, on retrouve les histoires des origines, bien qu'on les connaissait déjà, elles résonnent différemment sous le trait d'Isabel Greenberg. Il y a un mélange de poésie naïve, mystique, saupoudré d'une bonne dose de cruauté qu'offre souvent la vraie vie. Le héros de cette histoire est un conteur, né d'une façon étrange. Il décide de partir parcourir le monde pour combler un manque profond. Il part à la recherche d'une partie de son âme. Commence le long périple d'un conteur voyageur. Cette BD est à lire comme un livre de conte sur les origines du tout. L'ensemble joliment illustré. Pour conclure, à l'intérieur vous trouverez ces histoires qui ont façonné le monde, celles qui ont fasciné les foules.