Les derniers avis (32006 avis)

Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Before Watchmen - Minutemen
Before Watchmen - Minutemen

Watchmen devait être l’oeuvre unique n’appelant à aucune suite. Cependant, près de 30 ans après, voici before Watchmen qui est par définition une préquelle. C’est un phénomène à la mode depuis Star War ou plus récemment le Seigneur des anneaux. Le but n’était certainement pas d’égaler le cultissimme Watchmen mais de nous proposer de découvrir les secrets des Gardiens à travers les débuts des Minutemen, puis de ceux du Comédien, du Hibou ou encore du Spectre Soyeux… J’ai été très agréablement surpris de découvrir l’envers du décor de ces Minutemen qui faisait figure de justiciers masqués dans les années 40 précédant les fameux Watchmen. On retrouve des personnages secondaires de l’œuvre originale mais également des nouveaux qui sont habilement exploités. L’esprit général de la série-mère est respecté. Bon point par conséquent. Ce groupe réunit 8 membres d'abord apparus de façon isolée: - Captain Metropolis (Nelson Gardner, formé chez les Marines et qui est l’initiateur de ce projet) - le Juge Masqué (historiquement le premier justicier en costume). - la Silhouette (la sulfureuse Ursula Zandt) - le Spectre Soyeux (Sally Juspeczyk, plus connue sous le nom de Sally Jupiter, une starlette devenue redresseuse de torts) - le Comédien (Edward Morgan Blake, le cadet de la bande) - le Hibou (Hollis Mason, qui publiera ensuite ses Mémoires, dont on retrouve des extraits dans le roman graphique) - l’homme-insecte (Byron Lewis qui sombrera plus tard dans l’alcoolisme et la dépression) - Dollar Bill (un athlète vedette de l'université du Kansas employé comme super-héros maison par une banque nationale). C’est une bonne idée également que de partir du livre de Hollis Mason (alias le Hibou I) pour exploiter un récit qui se tient. Sous le masque décrit par conséquent les conflits au sein de ce groupe soi-disant uni. Nous allons avoir droit à de réelles révélations ! Il y aura quelques passages difficiles notamment concernant les enfants victimes d’atrocités sans nom de la part d’un super-héros pédophile. On découvre également les exploits fabriqués afin de construire la légende de ces super-héros. En fait, ce sont des personnes qui courent après la notoriété et l’argent hormis quelques exceptions comme la silhouette ou l’homme-insecte. Before Watchmen n’apportera finalement pas grand-chose à l’œuvre originale et unique que constitue le monumental Watchmen. Cependant, c’est une lecture qui peut emmener les lecteurs à découvrir l’œuvre qui a révolutionné le regard sur les super héros. Bref, c’est un titre d’une rare maîtrise servi par un dessin de qualité. Il faut dire que Minutemen montre la guerre des égo entre ces justiciers et que ce juge masqué avait une relation sadomasochiste avec le capitaine Métropolis. Sans compter que Bill Dollar était homophobe. On découvre véritablement la face cachée de ces personnages qui étaient assez secondaires dans l’œuvre phare. C’est intéressant que d’avoir cette approche sur les aspects sombres entre dépression, alcoolisme, sexualité et superficialité. Bref, un super-héros n’est pas forcément quelqu’un de bon. J’ai été assez surpris du contraste entre un dessin assez cartoon et une œuvre plutôt sombre. Cependant, j’ai franchement bien aimé cette disposition qui est certes déstabilisante mais avec un charme fou. Au final, Minutemen se révèle passionnant à souhait. C’est un premier titre qui augure que du meilleur pour la suite n’en déplaise à Alan Moore qui s’est désolidarisé de ce projet. En ce qui me concerne, il faut posséder la collection entière pour ceux qui ont réellement aimé Watchmen. Je retiens surtout un projet ambitieux allant plus loin que de combler les trous. Note Dessin: 4.25/5 – Note Scénario: 4.25/5 – Note Globale: 4.25/5

06/06/2014 (MAJ le 05/02/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Broz
Broz

Achat conseillé bien que cette histoire n'est pas eue de suite après le tome 2. Voilà de l'héroic-fantaisy pure et dure comme on n'en fait pas beaucoup. Ca gicle en d'homériques batailles qui réunissent moults peuples aux caractéristiques bien établies. Une dose de magie , une arme aux pouvoirs spéciaux, non en fait rien à redire. Et puis il faut parler du dessin qui est vraiment bien adapté au genre. Il est vrai qu'au début celui-ci peut sembler un peu touffu mais finalement il retranscrit à merveille les ambiances de batailles et le côté oppressant des scènes plus "tranquilles". Alors même si nous ne verrons jamais la suite cela reste une bonne lecture pour tous les amateurs du genre.

04/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fausse Route
Fausse Route

Ca c'est de la BD noire, du roman graphique, des références aux films hollywoodiens des années 40 et 50. Il y a une tension qui court tout au long de l'histoire magnifiée par le coup de pinceau de V. Gravé. Ce mec est fabuleux, il arrive avec presque rien à vous mettre une atmosphère qui vous plonge dans l'ambiance? Au début on se dit que ce qu'il dessine est un peu brut de décoffrage, mais petit à petit on se rend compte que c'est, comment dire, immergeant? D'accord je viens de le rencontrer à Angoulême, dispo, sympa et ouvert mais cela ne m'empêche de rester un brin objectif que ce qu'il fait est du grand art. Certains diront que le scénario est convenu, et bien oui, nous sommes dans le polar avec ses codes, mais ne boudons pas notre plaisir et j'invite tout ceux qui liront cet avis à faire la démarche de tenter la lecture. Et encore bravo à ce dessin qui paraît simple mais montre beaucoup plus qu'il ne semble;

04/02/2015 (modifier)
Par jules
Note: 4/5
Couverture de la série Batman - No Man's Land
Batman - No Man's Land

Saga vraiment intéressante, du moins sur ce que j'ai lu à savoir jusqu'au tome 3. La narration éclatée en plusieurs point de vue est vraiment bien rendue, le come back de Batman est plutôt bien amené (on met d'ailleurs un peu de temps avant de le revoir, laissant place à pas mal de la batfamily). Et il y a une vraie dimension humaine qui manque généralement dans les comics. A cela on peut ajouter un côté visionnaire du run dans la mesure où il n'y a pas si longtemps que ça, la Nouvelle Orléans fut presque abandonnée par le gouvernement américain lors des dernières grosses tempêtes qui ont fait de gros dégâts et pas mal de morts. Certes, ça n'a pas été jusqu'à considérer la Nouvelle Orléans comme un no man's land mais l'état n'ayant pas donné ni de moyen ni de vrais secours aux victimes, on peut quand même faire le rapprochement (bon peut être plus avec cataclysme mais quand même). On a donc un Batman en VRAI héros, pas juste en casseur de bouche encapé. Les quelques petites nouvelles faisant office d'interlude sont assez sympas à lire. En plus on assiste à des alliances quasi improbables ce qui renforce bien le sentiment de détresse de la ville (Gordon avec double face, Batman avec le pingouin...). Certains côtés sombres des protagonistes habituels sont aussi mis en valeur (le mépris de Barbara Gordon envers Huntress, la violence excessive dont peut faire preuve Batman...). Le dessin quant à lui est assez inégal en fonction des volumes, le trois étant à mon sens celui qui possède les traits les plus soignés en moyenne. Et puis j'adore le nouveau costume de Batgirl, il est quand même bien moins ridicule que celui que portait Barbara Gordon. Donc lisez cataclysm en intro et lancez vous dans le no man's land, ne serais ce que pour voir batman se plaindre qu'il va devoir marcher vu l'état de la ville ;)

04/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Je mourrai pas gibier
Je mourrai pas gibier

Je n’ai pas lu l’œuvre dont s’est inspiré Alfred et ne peux donc juger de son travail d’adaptation. Mais j’ai plutôt bien aimé cet album, qui voit un jeune homme commettre un véritable carnage le jour du mariage de son frère. L’album commence par l’après, le jeune homme n’émet aucun regret, et nous découvrons ensuite dans un long flash-back les raisons qui l’ont poussé à « péter les plombs ». Sans tout dévoiler de l’intrigue, ce jeune homme se transformant en ange exterminateur, trucidant ceux qui lui avaient fait subir humiliations, brimades – et qui s’en étaient pris au « pleu pleu » (simplet) du village, m’a fait penser au personnage incarné par Philippe Noiret dans le film « Coup de torchon » (et au roman dont il est tiré, l’excellent « 1275 âmes »). Pas de regret de la part du meurtrier donc, pas de jugement moral, d’explication non plus. Il devra pourtant répondre devant la société de ses actes (mais l’album ne traite pas cet aspect), contrairement aux monstres qu’il a dézingués : certaines violences « ordinaires », quotidiennes, perpétuées au vu et au su de tous, semblent être tolérées par la société. Martial a choisi d’être le justicier qui solde les comptes, dans cette Mortagne décrite comme une petite ville provinciale étouffante. J’ai donc bien aimé l’histoire. Enfin, plus que l’histoire, assez mince, son traitement, épuré, amoral. Par contre, je n’ai pas été trop emballé par le dessin. Un bon 3,5/5 qui vaut ses quatre étoiles. Album à découvrir.

04/02/2015 (modifier)
Par Jaydee
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Undertaker
Undertaker

Un croque-mort doit remplir un contrat avant même le décès de son client, qui n'est autre qu'un riche homme d'affaire ayant fait fortune sur le dos d'un village minier exploité jusqu'à la moëlle par ce sale type. Donc forcément la question de la succession fait des envieux, voilà comment rendre les aventures d'un croque-mort intéressantes. Loin de l'image stéréotypée et comique donné par Lucky Luke, notre croque-mort est ici un homme que l'on sent ravagé par la vie, inhabituellement habile dans le maniement des armes et profondément plus humain que son homologue créé par Goscinny. Il est aussi beaucoup plus noir et badass, une vraie gueule cassée tout droit sorti des films de genre qui ont tant inspiré Dorison. Ce premier tome raconte une aventure palpitante et l'on n'a qu'un regret à la fin de la lecture : celui d'attendre la sortie du prochain tome. Le dessin est lui aussi réussi, et sert parfaitement le récit. Il un peu tôt pour passer cette série au rang de culte, mais quel album! Ma note sera plus élevée si les prochains tomes sont du même acabit, en tout cas rien à reprocher à ce premier opus.

03/02/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Edwin (Le Voyage aux Origines)
Edwin (Le Voyage aux Origines)

J’ai beaucoup aimé cette aventure remplie de mystère et d’onirisme. Le début est assez classique, mais l’intrigue vire rapidement au bizarre, et on se demande vraiment comment l’auteur va conclure son histoire de façon cohérente et satisfaisante. Et bien cette fin m’a plu, elle est logique et surtout très belle. Je ne suis ressorti ravi de ma lecture. Le dessin et les couleurs magnifiques contribuent grandement à l’aventure et au dépaysement. Mention spéciale à la couverture. Un one-shot pas vraiment original, certes, mais rondement mené et de qualité. A découvrir.

03/02/2015 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Undertaker
Undertaker

Et bien oui, Undertaker, c'est juste un western crépusculaire excellent. La comparaison avec Blueberry est évidente. Meyer est un des dignes héritier du style Giraud et Dorison sait mettre en scène l'action comme savait le faire Charlier. La comparaison s'arrête néanmoins là car le récit est moins historique que dans Blueberry et l'ambiance y est nettement plus sombre... Juste immanquable selon moi. Un deuxième tome de cet acabit et je devrai rehausser ma note à cinq étoiles... Peut-être la série de la consécration commerciale pour Meyer qui, depuis Berçeuse assassine, n'avait pas réussi à faire un carton. Malgré leurs qualités, IAN et Asgard n'ont pas eu le succès escompté. Undertaker devrait rendre justice à son talent.

02/02/2015 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Buffalo Runner
Buffalo Runner

J'ai découvert cet auteur avec le fantastique triptyque de L'Auberge du Bout du Monde, il y a quelques années, puis avec le lumineux mais néanmoins inachevé Ewen et ensuite Canoë Bay . Avec cet album, Tiburce Oger, seul aux commandes, nous livre là une histoire formidable qui revisite toute l'épopée du far-west. Le scénario oscille sans cesse entre le film "Little big man" (avec une narration assez proche d'un vieillard qui se confie) et Buffalo Bill, véritable mythe américain. Les premières pages de l'album donnent le ton à l'histoire, une histoire sans pitié et cruelle, comme celle de la conquête de l'Ouest, rapidement évoquée ici sous le prétexte de découvrir la vie d'Edmund Fisher. J'ai adoré la période avec le marquis de Morès, qui nous ramène à notre histoire à travers Pétain ou Maurras. Ayant acheté l'album sous la format du tirage de luxe, grand format, je suis resté scotché par la beauté des planches. Les pleines pages sont formidables et les dessins, couleurs, et mouvements sont remarquables. Avant de me lancer littéralement dans la lecture de l'album, j'ai longuement feuilleté les pages pour y admirer le dessin élancé, les cadrages audacieux, et les couleurs de Tiburce Oger. Je ne regrette pas ,au contraire, le choix vers le grand format qui offre à cet histoire l'espace qu'elle mérite. Le western est à l'honneur en ce début d'année 2015 ,avec Hermann qui revient à ses classiques avec Sans Pardon (avec la complicité d'Yves H.) ou encore avec Ralph Meyer & Xavier Dorison qui rivalisent d'imagination pour rejoindre Giraud & Charlier sur Blueberry. Un très bon album que je recommande.

02/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Viva pâtàmâch !
Viva pâtàmâch !

Capron et Killoffer nous livrent là une histoire assez originale, sur un thème qui l’est un peu moins. En effet, il est question ici d’une société totalitaire, dont la population s’en remet depuis pas mal de temps à un sauveur-guide suprême, qui s’entoure d’un culte de la personnalité efficace. Mais cet univers très noir se colore de rose, puisque les citoyens de cet Etat se doivent de mâcher, d’utiliser, de vivre chewing-gum, donc cette pâte à mâcher qui donne son titre à l’album et qui est omniprésente, dans une version immanquablement « rose bonbon ». Comme de bien entendu, une certaine révolte sourd, même si la fin de l’histoire n’est pas très optimiste (on passe du rose au vert…). Sur une esthétique guimauve et une ambiance de fête foraine permanente, les auteurs dressent un réquisitoire bien sombre des sociétés modernes (la série anglaise « Le prisonnier » usait déjà d’une esthétique équivalente pour sa critique d’une société oppressante et totalitaire). Le dessin de Killoffer est intéressant, généralement en Noir et Blanc (qui fait ressortir le rose de la Patamâch et le vert des sucettes). Certaines planches sont assez proches des tableaux de Fernand Léger. Je possède la version du Seuil, mais je pense que la réédition récente chez Cornélius est à l’identique. En tout cas c’est un album qui est vraiment à découvrir – et que la récente réédition rend moins difficile à rencontrer.

02/02/2015 (modifier)