Ecroulé ! A la lecture du premier tome, j’étais écroulé de rire ! Le deuxième tome s’est avéré un cran en deçà à ce niveau mais le troisième tome est à nouveau excellent, avec deux, trois séquences d’anthologie.
Le charme suprême de cette série réside à mes yeux dans la personnalité de Louca et dans la maîtrise de son auteur dans la décomposition du mouvement (s’il ne vient pas de l’animation, celui-là, c’est à n’y rien comprendre). Ce cocktail donne lieu à quelques passages hilarants. Mais ces maîtres atouts ne sont pas les seuls d’une série qui, par ailleurs, offre des dialogues vifs et enjoués, une intrigue bien construite, de nombreux seconds rôles moins primaires que ce qu’un simple coup d’œil pourrait laisser croire et une approche du football basée avant tout sur le plaisir du jeu. Ajoutez à cela une petite romance, une louchette de fantastique et un suspense policier et vous prendrez conscience de l’envergure d’une œuvre par ailleurs très facile d’accès, tellement évidente qu’elle en parait de prime abord quelconque.
Le dessin, qui assimile des influences diverses allant du dessin animé au manga en passant par le franco-belge à gros nez de tradition, est vif et enjoué. Le découpage est excellent (ahhh la magnifique tête plongeante de Louca !!!!).
Que des éloges, donc, pour une série qu’il ne faut surtout pas réserver aux seuls fans de football ! Ni même aux jeunes lecteurs ! Ou aux seuls garçons sous prétexte que ça parle de foot ! Non, Louca ravira un large spectre de lecteurs car ses qualités sont multiples et son humour redoutablement efficace.
J’attends la suite avec impatience.
Graphisme magnifique, encrage et coloration au poil, scénario efficace, et le personnage de Batman que l'on voit poussé dans ses derniers retranchements... Quelle lecture mes aïeux !!! en l'achetant je pensais que la Cour des Hiboux allait juste me permettre de tenir en attendant quelque chose de plus substantiel (genre Gotham Central) mais, en fait, j'avais ce quelque chose entre les mains.
Je trouve juste dommage ce passage où les ergots attaquent Batman dans son repère (qui est dans la Nuit des hiboux) gaché par le changement de dessinateur, le trait étant un peu trop gras et approximatif pour coller au reste de la série.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas senti Batman autant dans le pétrin, et honnêtement il y a de quoi, la Cour des Hiboux étant le croquemitaine de notre croquemitaine vengeur masqué. Et voir Batman en proie, c'est pas tous les jours que ça arrive et faut bien avouer que cette Cour des Hiboux est largement de taille contre batou.
Comme je l'ai dis en première ligne, pas grand chose à reprocher quand on aime le genre et des effets de mise en pages plutôt efficaces. Mon grand regret étant de ne pas avoir pu l'acheter en noir et blanc pour les 75 ans de mon croquemitaine préféré :(
3.5 vraiment pour cette série, je ne vais pas rentrer dans le détail des notes pour chaque volume, je dirai juste que le moins bon à mon sens est le tome 9 (début brouillon je trouve alors que le propos ensuite est ultra simpliste) et le meilleur est à mon avis le tome 5.
Sans dire que le scénario est fou, il est en général bien mené. Je voudrai d'ailleurs bien comprendre les détracteurs de cette bd qui crie au manque d'originalité... enfin sans être pessismiste, je pense qu'avant d'innover franchement dans un scénario, ça va être très compliqué. En plusieurs milliers d'années d'histoires, on a eu le temps de pondre des récits et force est de constaté que les innovations scénaristiques réelles ne sont pas légions, voir rare si ce n'est existant si on prend la théorie du monomythe en compte. Superman pouvant être perçu comme le nouvel Achile, spawn comme le nouveau croque mitaine... Donc bref, les scénarios peuvent être perçu comme ce qu'il y a de plus classique mais ils sont bien menés et ne possèdent pas de faille majeure à mon humble avis, en tout cas sur les meilleurs albums. J'ajouterai aussi qu'en tant qu'ancien rôliste, j'ai apprécié la diversité des types de scénario : une enquête "policière" pour le premier tome, les relations diplomatiques de deux races dans le tome 2 etc...
Les façons de comptés le récit , le découpage sont là des éléments sur lesquels l'innovation est possible bien que de plus en plus difficile. Et c'est peut être le gros reproche que je ferai à la série mais en fait à la bande dessinnée en générale. Là où le comics et le manga (surtout le comics) se permet de temps en temps des découpages originaux venant servir le propos de la page et/ou du récit. On a pu voir récemment un batman avec la pagination à l'envers... mais je m'éloigne et faire une thèse sur les différences de mise en page entre les trois styles de romans graphiques (au sens large) n'est pas là mon propos.
Elfes ne brillent en effet pas par son découpage. Un petit effort a été fait ceci dis sur certains volumes, bien que ça ne soit pas la folie, mais avoir un panorama sur la partie supérieure des deux pages est assez agréable même si ça ne vaut les sublimes planches sur doubles pages de certains comics.
Le dessin est plus que correct, clair et le mouvement est bien transcrit, je trouve. Les couleurs faites par ordi sont plaisantes. Alors oui c'est pas fais à la peinture, même pas au feutre, au poska voir même au crayon de couleur mais à mon sens ça n'enlève rien à la beauté factuelle du dessin... beauté très classique mais qui a marché sur moi. C'est peut être parce que je ne sais pas coloriser ou encrer par ordi (et tout court) mais j'ai trouvé le travail soigné et chatoyant.
Donc dans l'ensemble, série honorable, un graphisme cohérent entre les albums, reste plus qu'une vraie concordance scénaristique entre les albums (et pas des petites références à la tintin ou astérix) mais pas sur dix saisons svp :) peut être pour le prochain run ? en attendant vivement le deuxième tome sur les elfes noirs.
Dernier tome de la série, on va terminer véritablement en apothéose sur une note assez positive puisque ce volet est plutôt réussi de l’avis général.
Le personnage du Dr Manhattan est l’un des plus intéressants malgré sa froideur. Jon Osterman, fils d’horloger, est devenu un scientifique spécialisé dans le domaine du nucléaire. Mais un accident dans une chambre d’essai de canon à particules l’a métamorphosé à jamais. Devenu le Dr Manhattan, il est désormais l’égal d’un dieu ce qui le rend dangereux dans l’équilibre des forces entre les deux superbes-puissances USA et URSS.
J’ai bien aimé ce tome car il est basé sur une construction assez audacieuse avec des trouvailles plutôt extraordinaire. Cela étonne. Le personnage est très bien cerné. Certes, il y a les délires de physiques quantiques mais cela s’insère assez bien.
Au final, chacune des séries de Before Watchmen a été plaisante à lire car cela a apporté son lot de mystère et d’intrigue sans compter une lecture assez plaisante. Je pense qu’il ne faut pas faire l’impasse sur l’uin de ces titres et acquérir toute la collection. D’ailleurs, l’ensemble des dos de la bd forme une espèce de fresque intitulée Before Watchmen du plus bel effet dans une bibliothèque.
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4,5/5 – Note Globale : 4.25/5
N° 6 de la série des Before, on sait que le Hibou est un super-héros les plus attachants car très gentil avec un bon fond. Son histoire d’amour avec Laurie avait ému le public autant que son engagement progressif en sortant de sa retraite. L’autre particularité est qu’ils sont deux personnes à avoir enfilé ce costume à savoir Hollis Mason (des Minutemen) et son successeur Daniel Dreinberg. En l’occurrence, on va surtout s’intéresser au second hibou.
Je peux dire que c’est l’un des titres les plus réussi de la saga Before Watchmen car on découvre un peu mieux ce personnage qui était apparu un peu fade et assez complexé dans l’œuvre originale. J’ai beaucoup aimé sa relation amicale avec Rorschach qui s’associe avec ce dernier ayant pour point commun une enfance malheureuse. Il y a également sa relation sentimentale avec une femme de la nuit surnommé la dame du crépuscule ou la reine du vice. Elle le mènera au doigt et à la braguette.
On retrouve pour la quatrième fois la même scène concernant la réunion provoquée par le capitaine Métropolis qui voulait former le groupe des vigilants. On sait que cela sera une tentative avortée du fait de la violente réaction du Comédien. Cela commence à faire réellement répétition.
Je regrette également le fait qu’il y a une absence totale de volatiles ou de quelque chose qui rappellerait l’ornithologie. Ce n’est qu’un petit détail mais cela aurait apporter de la crédibilité dans la cohérence de l’œuvre. A noter que Laurie Jupiter possède bien un oiseau en cage dans sa chambre. Je chipote bien sûr.
On a également assez reproché à ce titre de faire la part trop belle au personnage de Rorschach qui joue d’ailleurs un meilleur rôle que dans son propre one shot. C’est dire ! Il y a du vrai mais il faut le voir comme une imbrication dans la mesure où ces deux personnages vont souvent collaborer ensemble. Dans Watchmen, le Hibou n’hésitera pas à faire sortir de prison son compagnon. D’où il fallait bien expliquer les prémices de cette relation.
Outre ces défauts, ce tome a énormément de qualité à commencer par une excellente toile de fond qui rappelle le bouleversement politique et social des années 60 et 70. Puis, il y a surtout ce traumatisme lié à l’enfance et à la violence sexuelle du père envers la mère. On arrivera mieux à cerner ce personnage qui semble si enfermé. On verra également l’origine du désaccord entre le Hibou et Rorschach qui n’ont pas les mêmes méthodes pour venir à bout du crime.
J’ai également trouvé les dessins assez agréables avec une prestation assez correcte et une colorisation adaptée. Bref, nous avons là le plus humain de ces super-héros et pour notre plus grand plaisir.
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4,5/5 – Note Globale : 4.25/5
Voici le 5ème opus de la série : Ozymandias alias l’homme le plus intelligent du monde. Ce personnage est le pivot de Watchmen bien qu’il n’apparait que très peu au début avec une vraie fausse piste pour le dédouaner. On va le retrouver dans un volume assez dense qui partira de son enfance à la mise en place de son plan. La dernière case est un enchainement direct avec l’œuvre-mère. Pas de doute : c’est un vrai préquel.
La moralité de ce personnage pourra se situer dans l’adage comme quoi la fin justifie les moyens. Je n’ai pas aimé ce personnage qui se débarrasse de ses proches afin d’accomplir méticuleusement son plan machiavélique. Je pense qu’il aurait pu faire l’impasse sur certains meurtres non justifiées sinon par une certaine forme de paranoïa. A noter qu’il n’est jamais présenté comme un monstre mais comme un stratège à la manière de son idole à savoir Alexandre le Grand.
Un débat a eu lieu à propos de ce personnage : est-il réellement gay ? Il est vrai que la sexualité des super-héros est toujours un sujet fascinant à moins d’être un peu refoulé. Certes, Ozy (pour les intimes) vend des figurines à son image de même que des parfums. D’ailleurs, le comédien le traite comme tel. Par ailleurs, il y aura un passage pour le moins équivoque où il s’initie au haschich et à d’autres choses. Mais qu’importe ses goûts en la matière car il est beau, intelligent et fort. Plein de qualité mais également des défauts.
On ne s’ennuiera pas en suivant le parcours de ce super-héros pas comme les autres. C’est d’abord un enfant prodigue qui refusera la facilité pour être un véritable self made men. Il emploiera à utiliser son argent avec des motivations fort convaincantes. Bref, cet opus a réussi son pari que de rendre ce personnage assez passionnant. On est loin de l’éphèbe arrogant et antipathique du film de Zack Snyder. Certes, il finira seul avec un animal de compagnie Bubastis : un mélange génétique de lynx et de puma avec d’immenses oreilles.
De l’avis un peu général, c’est l’un des opus les mieux réussi de la saga Before Watchmen. Il y a une réelle maîtrise du récit . Personnellement, j’ai un petit faible pour Minutemen et le Spectre soyeux. Cependant, j’admets que c’est du bon travail aussi bien au niveau du dessin très fluide que du scénario très intéressant.
Note Dessin: 4/5 – Note Scénario: 4/5 – Note Globale: 4/5
Dans ce 4ème tome de la série Before Watchmen, on découvre la vie de Laurie Jupiter, la fille du premier spectre soyeux. Pendant la période du flower power, elle affronte un trafiquant de drogue sur fond de révolte avec sa mère qui souhaite lui imposer une certaine conduite. Voilà pour le cadre qui traduit une belle mise en lumière.
J’ai bien aimé son personnage à ce moment précis de sa vie où elle était encore belle, fraîche et marrante. Il faut dire que son personnage a beaucoup évolué pour finir aigri et blasé au bras d’un surhomme bleuté qui n’éprouve aucune émotion. En l’espèce, elle va s’enfuir avec un certain Greg, beau jeune homme et ils sont pris en stop par un couple sympa de hippies. C’est l’aventure dans toute son insouciance !
Graphiquement, c’est très beau avec une mention spéciale pour l’utilisation des couleurs qui va bien avec l’ambiance hippies. Scénaristiquement, ce n’est pas totalement convaincant pour diverses raisons. Cependant, on va réellement s’attacher aux personnages et c’est surtout leur interconnexion qui sera intéressante notamment la mère possessive, le comédien détestable et le premier hibou insipide. Je regrette également ce qu’il advient de la relation entre Laurie et Greg. Je trouve que ce dernier aurait pu se battre et ne pas renoncer aussi facilement. Ce personnage pourtant intéressant n’est-il qu’un faire-valoir ?
Un des meilleurs passages sera celui où le comédien intervient furtivement dans l’ombre pour orienter la direction de la vie de Laurie. On sait depuis Watchmen le lien qui les unit. On saura également comme une espèce de clin d’œil d’où vient le smiley des Watchmen qui sera par la suite tâché de sang.
On sait qu’il y a de fortes disparités dans cette nouvelle série « Before » car les plus attendus ont déçus (le comédien, Rohrschach) et les moins attendus (Dr Manhattan, Ozymandias) ont donné lieu à de belles réussites. Celle-ci est dans la juste moyenne. La lecture a été assez agréable dans un genre assez teenager-movie sur fond de power girl. C’est également assez cohérent dans sa construction. Bref, c’est plaisant et frais. Loin de la noirceur et de la profondeur de l’œuvre originelle ? Pas tant que cela.
Pour ma part, j’ai bien aimé malgré les différentes critiques qu’on pourrait faire car cette atmosphère est originale. Le thème est celui du passage à l’âge adulte avec ce gout immodéré de recherche de la liberté absolue. On connaît le résultat!
Note Dessin: 4.25/5 – Note Scénario: 4.25/5 – Note Globale : 4.25/5
Le concept de Before Watchmen commence véritablement avec ce troisième tome de la série. Il s’agit de se concentrer sur le passé d’un des personnages de l’histoire originale. Or, l’un des personnages les plus charismatiques est bien Rorschach qui emploie des méthodes violentes et radicales pour lutter contre le crime dans un genre nettoyage au karcher. Cet opus était très attendu par les fans. Or, globalement, il s’est révélé un peu décevant car il méritait mieux.
Il faut se souvenir que lorsqu’il meurt dans Watchmen, Rorschach balance cette phrase : pas de compromis ! C’est un personnage fascinant car il est lucide sur le monde (un peu comme le comédien mais dans un genre la vie est une farce). La narration use de la première personne comme dans son fameux journal de l’œuvre mère. Bref, le cahier des charges semble être respecté.
Pour autant, il est vrai qu’on en attendait plus de ce personnage stupéfiant. L’enquête dans le milieu du crime est certes intéressante et nous montre un personnage jouant au vrai justicier. On n’en saura pas plus sur son passé car tout avait été expliqué dans Watchmen. Bref, on le voit en loup solitaire de la grosse pomme dans une ambiance très seventies qui rappelle la fièvre du samedi soir.
Le dessin de Lee Bermajo est toujours un must pour les yeux. Rien de tel que de se soigner d’une belle conjonctivite. Le travail graphique est réellement excellent. C’est le gros point positif de cet opus.
Au final, c’est bien mais cela aurait pu être excellent. J’accorde tout de même les 4 étoiles en raison de la note globale (dessin + scénario).
Note Dessin : 4,5/5 – Note Scénario : 3/5 – Note globale : 3.75
Second volet de Before Watchmen, Compagnon regroupe en fait trois nouvelles bien distinctes et assez différentes.
La première est l’évocation de la vie du super-héros plutôt discret des Minutemen à savoir Bill Dollar. Ce dernier est un homme à la recherche de la gloire et qui va échouer pour se déguiser en mascotte d’une banque. Il devient un comédien car il tourne des clips vantant la protection de la banque contre les malfrats. C’est lui le défenseur des petits épargnants. C’est intéressant d’avoir un éclairage nouveau sur ce personnage qui ne joue aucun rôle dans Watchmen et que l’on aperçoit dans Minutemen sous un angle pas très favorable à savoir homophobe et intéressé comme une sorte de Nabila des temps moderne. Son portrait sera beaucoup plus nuancé. Sa fin tragique sera un peu différente de celle qui avait été montré dans Minutemen car il va tomber sous les coups de l’adversaire. Bref, en réalité, c’est l’histoire d’un gars sympa qui va accepter de se vendre et qui va payer le prix fort.
Le second récit va se concentrer sur un adversaire légendaire des Minutemen et par la suite des Watchmen à savoir le fameux Morloch tel un magicien du mal. Dans l’œuvre originale, on sait qu’il joue un rôle dans le fameux plan machiavélique de celui qui tire toutes les ficelles. On découvre là encore un gars qui n’était pas aussi méchant que cela mais dont les évènements l’ont poussé à le devenir pour finalement connaître une sorte de rédemption dans le repentir. On voit que les brimades et humiliations subies par ses camarades de classe à l’école ont eu une influence psychologique déterminante. Bref, cette évocation en deux chapitres permet de remplir un trou laissé dans l’œuvre originale. Aussi, il faut avoir impérativement l’avoir lu avant de s’attaquer à cette nouvelle afin d’en tenir les enjeux et les aboutissants.
La malédiction du corsaire sanglant fait écho à l’histoire de ce pirate raconté dans l’œuvre originale comme une espèce de mise en abyme. Cela traduisait une espèce d’allégorie sur le fait que le monde courrait à sa perte. On nous présente cela comme une métaphore de la série mais le lien ne sera pas chose aisée à réaliser. Du coup, ce récit fait tâche dans l’univers de Watchmen puisqu’il s’agit de découvrir l’univers des corsaires. Certes, la lecture sera fort plaisante mais cela n’apportera pas grand-chose. Je l’ai pris pour un interlude assez plaisant d’autant que le graphisme est magnifique.
Au final, j’ai bien aimé ce volet même s’il n’est pas le meilleur de la série.
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 3.5/5 – Note Globale : 3.75/5
Watchmen devait être l’oeuvre unique n’appelant à aucune suite. Cependant, près de 30 ans après, voici before Watchmen qui est par définition une préquelle. C’est un phénomène à la mode depuis Star War ou plus récemment le Seigneur des anneaux. Le but n’était certainement pas d’égaler le cultissimme Watchmen mais de nous proposer de découvrir les secrets des Gardiens à travers les débuts des Minutemen, puis de ceux du Comédien, du Hibou ou encore du Spectre Soyeux…
J’ai été très agréablement surpris de découvrir l’envers du décor de ces Minutemen qui faisait figure de justiciers masqués dans les années 40 précédant les fameux Watchmen. On retrouve des personnages secondaires de l’œuvre originale mais également des nouveaux qui sont habilement exploités. L’esprit général de la série-mère est respecté. Bon point par conséquent.
Ce groupe réunit 8 membres d'abord apparus de façon isolée:
- Captain Metropolis (Nelson Gardner, formé chez les Marines et qui est l’initiateur de ce projet)
- le Juge Masqué (historiquement le premier justicier en costume).
- la Silhouette (la sulfureuse Ursula Zandt)
- le Spectre Soyeux (Sally Juspeczyk, plus connue sous le nom de Sally Jupiter, une starlette devenue redresseuse de torts)
- le Comédien (Edward Morgan Blake, le cadet de la bande)
- le Hibou (Hollis Mason, qui publiera ensuite ses Mémoires, dont on retrouve des extraits dans le roman graphique)
- l’homme-insecte (Byron Lewis qui sombrera plus tard dans l’alcoolisme et la dépression)
- Dollar Bill (un athlète vedette de l'université du Kansas employé comme super-héros maison par une banque nationale).
C’est une bonne idée également que de partir du livre de Hollis Mason (alias le Hibou I) pour exploiter un récit qui se tient. Sous le masque décrit par conséquent les conflits au sein de ce groupe soi-disant uni. Nous allons avoir droit à de réelles révélations ! Il y aura quelques passages difficiles notamment concernant les enfants victimes d’atrocités sans nom de la part d’un super-héros pédophile. On découvre également les exploits fabriqués afin de construire la légende de ces super-héros. En fait, ce sont des personnes qui courent après la notoriété et l’argent hormis quelques exceptions comme la silhouette ou l’homme-insecte.
Before Watchmen n’apportera finalement pas grand-chose à l’œuvre originale et unique que constitue le monumental Watchmen. Cependant, c’est une lecture qui peut emmener les lecteurs à découvrir l’œuvre qui a révolutionné le regard sur les super héros. Bref, c’est un titre d’une rare maîtrise servi par un dessin de qualité.
Il faut dire que Minutemen montre la guerre des égo entre ces justiciers et que ce juge masqué avait une relation sadomasochiste avec le capitaine Métropolis. Sans compter que Bill Dollar était homophobe. On découvre véritablement la face cachée de ces personnages qui étaient assez secondaires dans l’œuvre phare. C’est intéressant que d’avoir cette approche sur les aspects sombres entre dépression, alcoolisme, sexualité et superficialité. Bref, un super-héros n’est pas forcément quelqu’un de bon.
J’ai été assez surpris du contraste entre un dessin assez cartoon et une œuvre plutôt sombre. Cependant, j’ai franchement bien aimé cette disposition qui est certes déstabilisante mais avec un charme fou.
Au final, Minutemen se révèle passionnant à souhait. C’est un premier titre qui augure que du meilleur pour la suite n’en déplaise à Alan Moore qui s’est désolidarisé de ce projet. En ce qui me concerne, il faut posséder la collection entière pour ceux qui ont réellement aimé Watchmen. Je retiens surtout un projet ambitieux allant plus loin que de combler les trous.
Note Dessin: 4.25/5 – Note Scénario: 4.25/5 – Note Globale: 4.25/5
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Louca
Ecroulé ! A la lecture du premier tome, j’étais écroulé de rire ! Le deuxième tome s’est avéré un cran en deçà à ce niveau mais le troisième tome est à nouveau excellent, avec deux, trois séquences d’anthologie. Le charme suprême de cette série réside à mes yeux dans la personnalité de Louca et dans la maîtrise de son auteur dans la décomposition du mouvement (s’il ne vient pas de l’animation, celui-là, c’est à n’y rien comprendre). Ce cocktail donne lieu à quelques passages hilarants. Mais ces maîtres atouts ne sont pas les seuls d’une série qui, par ailleurs, offre des dialogues vifs et enjoués, une intrigue bien construite, de nombreux seconds rôles moins primaires que ce qu’un simple coup d’œil pourrait laisser croire et une approche du football basée avant tout sur le plaisir du jeu. Ajoutez à cela une petite romance, une louchette de fantastique et un suspense policier et vous prendrez conscience de l’envergure d’une œuvre par ailleurs très facile d’accès, tellement évidente qu’elle en parait de prime abord quelconque. Le dessin, qui assimile des influences diverses allant du dessin animé au manga en passant par le franco-belge à gros nez de tradition, est vif et enjoué. Le découpage est excellent (ahhh la magnifique tête plongeante de Louca !!!!). Que des éloges, donc, pour une série qu’il ne faut surtout pas réserver aux seuls fans de football ! Ni même aux jeunes lecteurs ! Ou aux seuls garçons sous prétexte que ça parle de foot ! Non, Louca ravira un large spectre de lecteurs car ses qualités sont multiples et son humour redoutablement efficace. J’attends la suite avec impatience.
Batman (DC Renaissance)
Graphisme magnifique, encrage et coloration au poil, scénario efficace, et le personnage de Batman que l'on voit poussé dans ses derniers retranchements... Quelle lecture mes aïeux !!! en l'achetant je pensais que la Cour des Hiboux allait juste me permettre de tenir en attendant quelque chose de plus substantiel (genre Gotham Central) mais, en fait, j'avais ce quelque chose entre les mains. Je trouve juste dommage ce passage où les ergots attaquent Batman dans son repère (qui est dans la Nuit des hiboux) gaché par le changement de dessinateur, le trait étant un peu trop gras et approximatif pour coller au reste de la série. Cela faisait longtemps que je n'avais pas senti Batman autant dans le pétrin, et honnêtement il y a de quoi, la Cour des Hiboux étant le croquemitaine de notre croquemitaine vengeur masqué. Et voir Batman en proie, c'est pas tous les jours que ça arrive et faut bien avouer que cette Cour des Hiboux est largement de taille contre batou. Comme je l'ai dis en première ligne, pas grand chose à reprocher quand on aime le genre et des effets de mise en pages plutôt efficaces. Mon grand regret étant de ne pas avoir pu l'acheter en noir et blanc pour les 75 ans de mon croquemitaine préféré :(
Elfes
3.5 vraiment pour cette série, je ne vais pas rentrer dans le détail des notes pour chaque volume, je dirai juste que le moins bon à mon sens est le tome 9 (début brouillon je trouve alors que le propos ensuite est ultra simpliste) et le meilleur est à mon avis le tome 5. Sans dire que le scénario est fou, il est en général bien mené. Je voudrai d'ailleurs bien comprendre les détracteurs de cette bd qui crie au manque d'originalité... enfin sans être pessismiste, je pense qu'avant d'innover franchement dans un scénario, ça va être très compliqué. En plusieurs milliers d'années d'histoires, on a eu le temps de pondre des récits et force est de constaté que les innovations scénaristiques réelles ne sont pas légions, voir rare si ce n'est existant si on prend la théorie du monomythe en compte. Superman pouvant être perçu comme le nouvel Achile, spawn comme le nouveau croque mitaine... Donc bref, les scénarios peuvent être perçu comme ce qu'il y a de plus classique mais ils sont bien menés et ne possèdent pas de faille majeure à mon humble avis, en tout cas sur les meilleurs albums. J'ajouterai aussi qu'en tant qu'ancien rôliste, j'ai apprécié la diversité des types de scénario : une enquête "policière" pour le premier tome, les relations diplomatiques de deux races dans le tome 2 etc... Les façons de comptés le récit , le découpage sont là des éléments sur lesquels l'innovation est possible bien que de plus en plus difficile. Et c'est peut être le gros reproche que je ferai à la série mais en fait à la bande dessinnée en générale. Là où le comics et le manga (surtout le comics) se permet de temps en temps des découpages originaux venant servir le propos de la page et/ou du récit. On a pu voir récemment un batman avec la pagination à l'envers... mais je m'éloigne et faire une thèse sur les différences de mise en page entre les trois styles de romans graphiques (au sens large) n'est pas là mon propos. Elfes ne brillent en effet pas par son découpage. Un petit effort a été fait ceci dis sur certains volumes, bien que ça ne soit pas la folie, mais avoir un panorama sur la partie supérieure des deux pages est assez agréable même si ça ne vaut les sublimes planches sur doubles pages de certains comics. Le dessin est plus que correct, clair et le mouvement est bien transcrit, je trouve. Les couleurs faites par ordi sont plaisantes. Alors oui c'est pas fais à la peinture, même pas au feutre, au poska voir même au crayon de couleur mais à mon sens ça n'enlève rien à la beauté factuelle du dessin... beauté très classique mais qui a marché sur moi. C'est peut être parce que je ne sais pas coloriser ou encrer par ordi (et tout court) mais j'ai trouvé le travail soigné et chatoyant. Donc dans l'ensemble, série honorable, un graphisme cohérent entre les albums, reste plus qu'une vraie concordance scénaristique entre les albums (et pas des petites références à la tintin ou astérix) mais pas sur dix saisons svp :) peut être pour le prochain run ? en attendant vivement le deuxième tome sur les elfes noirs.
Before Watchmen - Dr Manhattan
Dernier tome de la série, on va terminer véritablement en apothéose sur une note assez positive puisque ce volet est plutôt réussi de l’avis général. Le personnage du Dr Manhattan est l’un des plus intéressants malgré sa froideur. Jon Osterman, fils d’horloger, est devenu un scientifique spécialisé dans le domaine du nucléaire. Mais un accident dans une chambre d’essai de canon à particules l’a métamorphosé à jamais. Devenu le Dr Manhattan, il est désormais l’égal d’un dieu ce qui le rend dangereux dans l’équilibre des forces entre les deux superbes-puissances USA et URSS. J’ai bien aimé ce tome car il est basé sur une construction assez audacieuse avec des trouvailles plutôt extraordinaire. Cela étonne. Le personnage est très bien cerné. Certes, il y a les délires de physiques quantiques mais cela s’insère assez bien. Au final, chacune des séries de Before Watchmen a été plaisante à lire car cela a apporté son lot de mystère et d’intrigue sans compter une lecture assez plaisante. Je pense qu’il ne faut pas faire l’impasse sur l’uin de ces titres et acquérir toute la collection. D’ailleurs, l’ensemble des dos de la bd forme une espèce de fresque intitulée Before Watchmen du plus bel effet dans une bibliothèque. Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4,5/5 – Note Globale : 4.25/5
Before Watchmen - Le Hibou
N° 6 de la série des Before, on sait que le Hibou est un super-héros les plus attachants car très gentil avec un bon fond. Son histoire d’amour avec Laurie avait ému le public autant que son engagement progressif en sortant de sa retraite. L’autre particularité est qu’ils sont deux personnes à avoir enfilé ce costume à savoir Hollis Mason (des Minutemen) et son successeur Daniel Dreinberg. En l’occurrence, on va surtout s’intéresser au second hibou. Je peux dire que c’est l’un des titres les plus réussi de la saga Before Watchmen car on découvre un peu mieux ce personnage qui était apparu un peu fade et assez complexé dans l’œuvre originale. J’ai beaucoup aimé sa relation amicale avec Rorschach qui s’associe avec ce dernier ayant pour point commun une enfance malheureuse. Il y a également sa relation sentimentale avec une femme de la nuit surnommé la dame du crépuscule ou la reine du vice. Elle le mènera au doigt et à la braguette. On retrouve pour la quatrième fois la même scène concernant la réunion provoquée par le capitaine Métropolis qui voulait former le groupe des vigilants. On sait que cela sera une tentative avortée du fait de la violente réaction du Comédien. Cela commence à faire réellement répétition. Je regrette également le fait qu’il y a une absence totale de volatiles ou de quelque chose qui rappellerait l’ornithologie. Ce n’est qu’un petit détail mais cela aurait apporter de la crédibilité dans la cohérence de l’œuvre. A noter que Laurie Jupiter possède bien un oiseau en cage dans sa chambre. Je chipote bien sûr. On a également assez reproché à ce titre de faire la part trop belle au personnage de Rorschach qui joue d’ailleurs un meilleur rôle que dans son propre one shot. C’est dire ! Il y a du vrai mais il faut le voir comme une imbrication dans la mesure où ces deux personnages vont souvent collaborer ensemble. Dans Watchmen, le Hibou n’hésitera pas à faire sortir de prison son compagnon. D’où il fallait bien expliquer les prémices de cette relation. Outre ces défauts, ce tome a énormément de qualité à commencer par une excellente toile de fond qui rappelle le bouleversement politique et social des années 60 et 70. Puis, il y a surtout ce traumatisme lié à l’enfance et à la violence sexuelle du père envers la mère. On arrivera mieux à cerner ce personnage qui semble si enfermé. On verra également l’origine du désaccord entre le Hibou et Rorschach qui n’ont pas les mêmes méthodes pour venir à bout du crime. J’ai également trouvé les dessins assez agréables avec une prestation assez correcte et une colorisation adaptée. Bref, nous avons là le plus humain de ces super-héros et pour notre plus grand plaisir. Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4,5/5 – Note Globale : 4.25/5
Before Watchmen - Ozymandias
Voici le 5ème opus de la série : Ozymandias alias l’homme le plus intelligent du monde. Ce personnage est le pivot de Watchmen bien qu’il n’apparait que très peu au début avec une vraie fausse piste pour le dédouaner. On va le retrouver dans un volume assez dense qui partira de son enfance à la mise en place de son plan. La dernière case est un enchainement direct avec l’œuvre-mère. Pas de doute : c’est un vrai préquel. La moralité de ce personnage pourra se situer dans l’adage comme quoi la fin justifie les moyens. Je n’ai pas aimé ce personnage qui se débarrasse de ses proches afin d’accomplir méticuleusement son plan machiavélique. Je pense qu’il aurait pu faire l’impasse sur certains meurtres non justifiées sinon par une certaine forme de paranoïa. A noter qu’il n’est jamais présenté comme un monstre mais comme un stratège à la manière de son idole à savoir Alexandre le Grand. Un débat a eu lieu à propos de ce personnage : est-il réellement gay ? Il est vrai que la sexualité des super-héros est toujours un sujet fascinant à moins d’être un peu refoulé. Certes, Ozy (pour les intimes) vend des figurines à son image de même que des parfums. D’ailleurs, le comédien le traite comme tel. Par ailleurs, il y aura un passage pour le moins équivoque où il s’initie au haschich et à d’autres choses. Mais qu’importe ses goûts en la matière car il est beau, intelligent et fort. Plein de qualité mais également des défauts. On ne s’ennuiera pas en suivant le parcours de ce super-héros pas comme les autres. C’est d’abord un enfant prodigue qui refusera la facilité pour être un véritable self made men. Il emploiera à utiliser son argent avec des motivations fort convaincantes. Bref, cet opus a réussi son pari que de rendre ce personnage assez passionnant. On est loin de l’éphèbe arrogant et antipathique du film de Zack Snyder. Certes, il finira seul avec un animal de compagnie Bubastis : un mélange génétique de lynx et de puma avec d’immenses oreilles. De l’avis un peu général, c’est l’un des opus les mieux réussi de la saga Before Watchmen. Il y a une réelle maîtrise du récit . Personnellement, j’ai un petit faible pour Minutemen et le Spectre soyeux. Cependant, j’admets que c’est du bon travail aussi bien au niveau du dessin très fluide que du scénario très intéressant. Note Dessin: 4/5 – Note Scénario: 4/5 – Note Globale: 4/5
Before Watchmen - Le Spectre Soyeux
Dans ce 4ème tome de la série Before Watchmen, on découvre la vie de Laurie Jupiter, la fille du premier spectre soyeux. Pendant la période du flower power, elle affronte un trafiquant de drogue sur fond de révolte avec sa mère qui souhaite lui imposer une certaine conduite. Voilà pour le cadre qui traduit une belle mise en lumière. J’ai bien aimé son personnage à ce moment précis de sa vie où elle était encore belle, fraîche et marrante. Il faut dire que son personnage a beaucoup évolué pour finir aigri et blasé au bras d’un surhomme bleuté qui n’éprouve aucune émotion. En l’espèce, elle va s’enfuir avec un certain Greg, beau jeune homme et ils sont pris en stop par un couple sympa de hippies. C’est l’aventure dans toute son insouciance ! Graphiquement, c’est très beau avec une mention spéciale pour l’utilisation des couleurs qui va bien avec l’ambiance hippies. Scénaristiquement, ce n’est pas totalement convaincant pour diverses raisons. Cependant, on va réellement s’attacher aux personnages et c’est surtout leur interconnexion qui sera intéressante notamment la mère possessive, le comédien détestable et le premier hibou insipide. Je regrette également ce qu’il advient de la relation entre Laurie et Greg. Je trouve que ce dernier aurait pu se battre et ne pas renoncer aussi facilement. Ce personnage pourtant intéressant n’est-il qu’un faire-valoir ? Un des meilleurs passages sera celui où le comédien intervient furtivement dans l’ombre pour orienter la direction de la vie de Laurie. On sait depuis Watchmen le lien qui les unit. On saura également comme une espèce de clin d’œil d’où vient le smiley des Watchmen qui sera par la suite tâché de sang. On sait qu’il y a de fortes disparités dans cette nouvelle série « Before » car les plus attendus ont déçus (le comédien, Rohrschach) et les moins attendus (Dr Manhattan, Ozymandias) ont donné lieu à de belles réussites. Celle-ci est dans la juste moyenne. La lecture a été assez agréable dans un genre assez teenager-movie sur fond de power girl. C’est également assez cohérent dans sa construction. Bref, c’est plaisant et frais. Loin de la noirceur et de la profondeur de l’œuvre originelle ? Pas tant que cela. Pour ma part, j’ai bien aimé malgré les différentes critiques qu’on pourrait faire car cette atmosphère est originale. Le thème est celui du passage à l’âge adulte avec ce gout immodéré de recherche de la liberté absolue. On connaît le résultat! Note Dessin: 4.25/5 – Note Scénario: 4.25/5 – Note Globale : 4.25/5
Before Watchmen - Rorschach
Le concept de Before Watchmen commence véritablement avec ce troisième tome de la série. Il s’agit de se concentrer sur le passé d’un des personnages de l’histoire originale. Or, l’un des personnages les plus charismatiques est bien Rorschach qui emploie des méthodes violentes et radicales pour lutter contre le crime dans un genre nettoyage au karcher. Cet opus était très attendu par les fans. Or, globalement, il s’est révélé un peu décevant car il méritait mieux. Il faut se souvenir que lorsqu’il meurt dans Watchmen, Rorschach balance cette phrase : pas de compromis ! C’est un personnage fascinant car il est lucide sur le monde (un peu comme le comédien mais dans un genre la vie est une farce). La narration use de la première personne comme dans son fameux journal de l’œuvre mère. Bref, le cahier des charges semble être respecté. Pour autant, il est vrai qu’on en attendait plus de ce personnage stupéfiant. L’enquête dans le milieu du crime est certes intéressante et nous montre un personnage jouant au vrai justicier. On n’en saura pas plus sur son passé car tout avait été expliqué dans Watchmen. Bref, on le voit en loup solitaire de la grosse pomme dans une ambiance très seventies qui rappelle la fièvre du samedi soir. Le dessin de Lee Bermajo est toujours un must pour les yeux. Rien de tel que de se soigner d’une belle conjonctivite. Le travail graphique est réellement excellent. C’est le gros point positif de cet opus. Au final, c’est bien mais cela aurait pu être excellent. J’accorde tout de même les 4 étoiles en raison de la note globale (dessin + scénario). Note Dessin : 4,5/5 – Note Scénario : 3/5 – Note globale : 3.75
Before Watchmen - Compagnon
Second volet de Before Watchmen, Compagnon regroupe en fait trois nouvelles bien distinctes et assez différentes. La première est l’évocation de la vie du super-héros plutôt discret des Minutemen à savoir Bill Dollar. Ce dernier est un homme à la recherche de la gloire et qui va échouer pour se déguiser en mascotte d’une banque. Il devient un comédien car il tourne des clips vantant la protection de la banque contre les malfrats. C’est lui le défenseur des petits épargnants. C’est intéressant d’avoir un éclairage nouveau sur ce personnage qui ne joue aucun rôle dans Watchmen et que l’on aperçoit dans Minutemen sous un angle pas très favorable à savoir homophobe et intéressé comme une sorte de Nabila des temps moderne. Son portrait sera beaucoup plus nuancé. Sa fin tragique sera un peu différente de celle qui avait été montré dans Minutemen car il va tomber sous les coups de l’adversaire. Bref, en réalité, c’est l’histoire d’un gars sympa qui va accepter de se vendre et qui va payer le prix fort. Le second récit va se concentrer sur un adversaire légendaire des Minutemen et par la suite des Watchmen à savoir le fameux Morloch tel un magicien du mal. Dans l’œuvre originale, on sait qu’il joue un rôle dans le fameux plan machiavélique de celui qui tire toutes les ficelles. On découvre là encore un gars qui n’était pas aussi méchant que cela mais dont les évènements l’ont poussé à le devenir pour finalement connaître une sorte de rédemption dans le repentir. On voit que les brimades et humiliations subies par ses camarades de classe à l’école ont eu une influence psychologique déterminante. Bref, cette évocation en deux chapitres permet de remplir un trou laissé dans l’œuvre originale. Aussi, il faut avoir impérativement l’avoir lu avant de s’attaquer à cette nouvelle afin d’en tenir les enjeux et les aboutissants. La malédiction du corsaire sanglant fait écho à l’histoire de ce pirate raconté dans l’œuvre originale comme une espèce de mise en abyme. Cela traduisait une espèce d’allégorie sur le fait que le monde courrait à sa perte. On nous présente cela comme une métaphore de la série mais le lien ne sera pas chose aisée à réaliser. Du coup, ce récit fait tâche dans l’univers de Watchmen puisqu’il s’agit de découvrir l’univers des corsaires. Certes, la lecture sera fort plaisante mais cela n’apportera pas grand-chose. Je l’ai pris pour un interlude assez plaisant d’autant que le graphisme est magnifique. Au final, j’ai bien aimé ce volet même s’il n’est pas le meilleur de la série. Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 3.5/5 – Note Globale : 3.75/5
Before Watchmen - Minutemen
Watchmen devait être l’oeuvre unique n’appelant à aucune suite. Cependant, près de 30 ans après, voici before Watchmen qui est par définition une préquelle. C’est un phénomène à la mode depuis Star War ou plus récemment le Seigneur des anneaux. Le but n’était certainement pas d’égaler le cultissimme Watchmen mais de nous proposer de découvrir les secrets des Gardiens à travers les débuts des Minutemen, puis de ceux du Comédien, du Hibou ou encore du Spectre Soyeux… J’ai été très agréablement surpris de découvrir l’envers du décor de ces Minutemen qui faisait figure de justiciers masqués dans les années 40 précédant les fameux Watchmen. On retrouve des personnages secondaires de l’œuvre originale mais également des nouveaux qui sont habilement exploités. L’esprit général de la série-mère est respecté. Bon point par conséquent. Ce groupe réunit 8 membres d'abord apparus de façon isolée: - Captain Metropolis (Nelson Gardner, formé chez les Marines et qui est l’initiateur de ce projet) - le Juge Masqué (historiquement le premier justicier en costume). - la Silhouette (la sulfureuse Ursula Zandt) - le Spectre Soyeux (Sally Juspeczyk, plus connue sous le nom de Sally Jupiter, une starlette devenue redresseuse de torts) - le Comédien (Edward Morgan Blake, le cadet de la bande) - le Hibou (Hollis Mason, qui publiera ensuite ses Mémoires, dont on retrouve des extraits dans le roman graphique) - l’homme-insecte (Byron Lewis qui sombrera plus tard dans l’alcoolisme et la dépression) - Dollar Bill (un athlète vedette de l'université du Kansas employé comme super-héros maison par une banque nationale). C’est une bonne idée également que de partir du livre de Hollis Mason (alias le Hibou I) pour exploiter un récit qui se tient. Sous le masque décrit par conséquent les conflits au sein de ce groupe soi-disant uni. Nous allons avoir droit à de réelles révélations ! Il y aura quelques passages difficiles notamment concernant les enfants victimes d’atrocités sans nom de la part d’un super-héros pédophile. On découvre également les exploits fabriqués afin de construire la légende de ces super-héros. En fait, ce sont des personnes qui courent après la notoriété et l’argent hormis quelques exceptions comme la silhouette ou l’homme-insecte. Before Watchmen n’apportera finalement pas grand-chose à l’œuvre originale et unique que constitue le monumental Watchmen. Cependant, c’est une lecture qui peut emmener les lecteurs à découvrir l’œuvre qui a révolutionné le regard sur les super héros. Bref, c’est un titre d’une rare maîtrise servi par un dessin de qualité. Il faut dire que Minutemen montre la guerre des égo entre ces justiciers et que ce juge masqué avait une relation sadomasochiste avec le capitaine Métropolis. Sans compter que Bill Dollar était homophobe. On découvre véritablement la face cachée de ces personnages qui étaient assez secondaires dans l’œuvre phare. C’est intéressant que d’avoir cette approche sur les aspects sombres entre dépression, alcoolisme, sexualité et superficialité. Bref, un super-héros n’est pas forcément quelqu’un de bon. J’ai été assez surpris du contraste entre un dessin assez cartoon et une œuvre plutôt sombre. Cependant, j’ai franchement bien aimé cette disposition qui est certes déstabilisante mais avec un charme fou. Au final, Minutemen se révèle passionnant à souhait. C’est un premier titre qui augure que du meilleur pour la suite n’en déplaise à Alan Moore qui s’est désolidarisé de ce projet. En ce qui me concerne, il faut posséder la collection entière pour ceux qui ont réellement aimé Watchmen. Je retiens surtout un projet ambitieux allant plus loin que de combler les trous. Note Dessin: 4.25/5 – Note Scénario: 4.25/5 – Note Globale: 4.25/5