J'ai découvert Derf Backderf, l'an dernier avec son album Mon ami Dahmer qui m'avait déjà beaucoup impressionné, tant par son originalité graphique que par son sujet.
C'est à l'occasion du dernier festival d'Angoulême que j'ai eu la chance de le rencontrer par hasard sur le stand des éditions "Ça et Là", car je ne savais pas qu'il venait. Je suis donc content de cette rencontre et d'avoir pu observer le premier auteur à faire ses dédicaces debout ! J'ai même cru qu'il était en train de plier bagages, mais non :) Grand amateur de musique et de rock, cet album était juste ce qu'il me fallait pour me replonger dans l'univers déjanté de l'auteur.
Et ce fut tout sauf une déception ! Si la mise en place du récit est un peu surprenante au premier abord, avec peut être certaines longueurs, une fois rentré dedans et installé, l'album nous propulse sur un rythme au tempo d'enfer ! Ajoutez à cela des personnages complètement loufoques qui vont croiser des légendes du rock indé des années 80' et vous réalisez alors que vous avez entre les mains un petit bijou qu'on a pas envie de lacher !
Le dessin de Derf Backderf est égal à celui que j'avais découvert dans Mon ami Dahmer ; tout de noir et blanc, avec un style qui pourrait s'apparenter à du Crumb, mais avec une touche toute personnelle qui se reconnaît au premier coup d’œil. En tout cas il colle parfaitement à son histoire déjantée sur le rock de ces années, tout en y instillant un regard acéré sur la société américaine de ces années.
Un album brillant et bien barré qui ne pourra que plaire aux amateurs de ces années de légende pour le rock punk, et qui devrait également toucher un public plus large et curieux.
Je salue le choix très original de l'auteur, à savoir d'avoir centré sa mini-série sur le mithraïsme. Cette religion largement répandue dans l'armée romaine était au coude-à-coude avec le christianisme, et a fini par s'avouer vaincue. Car elle excluait les femmes.
Pour ce qui est de la BD, elle m'a captivé, même s'il faut avouer que le scénario et les dessins sont plutôt glauques. Mais l'Antiquité romaine, ce n'était de loin pas le monde des Bisounours, c'est pourquoi j'ai beaucoup apprécié.
S'il est glauque comme dit plus haut, le dessin est en revanche tout de même très joli et là aussi original, même si je peux comprendre qu'il rebutera certains à première vue.
3.5
Cet album commence avec un one-shot qui montre l'initiation de Dick Grayson comme Robin et évidemment les choses ne vont pas se passer comme prévu. C'es sympa quoique ce n'est pas transcendant.
Puis vient la mini-série Robin année un qui se passe après le one-shot car on fait référence à ce qui s'est passé durant cette initiation. Ce sont donc les débuts de Robin et j'ai bien aimé. Le scénariste a réussi à rendre son histoire intéressante même si plusieurs parties de son scénario sont prévisibles, notamment l'évolution de Dick et sa relation avec Batman. Il faut dire qu'il utilise de bons vilains comme Double-Face. On voit d'autres méchants comme Mr Freezer ou le Chapelier Fou et j'adore lorsqu'une histoire de Batman contient plusieurs méchants. Il a vraiment la meilleure galerie de super-vilains ! Les scènes d'actions sont pas mal et la psychologie des personnages est bien utilisée.
Le dessin est sympa quoique ce n'est pas le style que j'aime le plus.
Allez, va ! Je monte un peu l'enthousiasme jusqu'à 4/5.
Effectivement le dessin est sans aspérité, le rythme lent, mais les couleurs sont belles, et sans avoir l'air d'y toucher, silencieusement, la BD vous met dans un état d'émotion, finalement assez peu courant. L'humour feutré qui accompagne toute l'aventure n'y est peut-être pas pour rien...
Un gros monsieur belge du XIXème siècle, engoncé dans une minerve et des rapports sociaux très codifiés se retrouve en Afrique en présence d'un esclave noir responsable des disques de son hote: "Tourne-disque". Le monsieur est violoniste et peu bavard, Tourne-disque est mélomane et peu bavard itou.
C'est au fond l'histoire, peu originale dans les fictions, de deux personnages que tout oppose (et en particulier leur condition sociale) et qui vont être très intimement rapprochés par quelque chose que la BD ne peut pas montrer : la musique. Et ici cette musique est paradoxalement représentée par le silence... et peut-être aussi par un vieux lion indomptable, dans une sorte de confusion entre musique et Afrique...
On ne peut pas dire que le rapprochement sera long, ni qu'il nous est beaucoup montré, mais il résonne longtemps après la lecture, et les auteurs réussissent à suggérer beaucoup plus qu'ils ne montrent... Bravo.
Cela faisait quelques semaines que je stressais à l'idée de trouver une série marquante pour mon 5000e avis sur BDtheque. Et mes dernières lectures n'étaient toutes que sympathiques sans plus. Jusqu'à ce que je réalise que je n'avais pas avisé Locke & Key car j'attendais d'en lire l'intégrale.
En quoi Locke & Key est-elle une série marquante ? Simplement car il s'agit d'un très bon comics, au scénario original et dense, au graphisme très soigné et qui a le bon goût de se terminer de belle manière en 6 tomes seulement.
Locke & Key, c'est l'histoire d'une famille héritière d'une superbe demeure où sont disséminées des clés magiques aux pouvoirs étranges et variés. C'est aussi et surtout l'histoire d'une entité du Mal qui désire foncièrement l'une de ces clés là en particulier et qui s'en prend de manière très insidieuse et manipulatrice à la famille en question.
Le graphisme de Gabriel Rodriguez est très agréable et soigné. Avec un encrage élégant et des couleurs de qualité, il offre des planches esthétiques à la narration maîtrisée. Il offre aussi une véritable personnalité graphique à ses protagonistes.
Cette personnalité, on la retrouve dans le scénario, avec une galerie de personnages originaux et assez réalistes tout en étant variés. Chacun suit sa route et leurs interactions à tous forgent l'un des attraits du récit.
L'intrigue en elle-même présente une situation initiale intéressante et ponctuée par la suite de rebondissements osés et souvent inattendus. C'est le genre de récit où l'on ne peut pas deviner à l'avance ce qu'il va se passer et où il peut arriver le pire aux protagonistes auxquels on s'est attachés. A noter aussi un "méchant" particulièrement retors et fourbe, ainsi que l'originalité d'y suivre d'aussi près son parcours et son état d'esprit que celui des "gentils", ce qui le rend d'ailleurs presque plus charismatique que ces derniers.
En même temps, j'ai trouvé certains éléments de cette série légèrement dérangeants.
D'une part, il y a une forme manifeste de violence, d'autant plus qu'elle s'intègre parfois avec mordant dans la simplicité d'une vie quotidienne. La façon dont le méchant du récit se joue des héros en s'intégrant à leurs côtés à leur insu et dont il en profite pour abuser d'eux et éliminer au sens propre toute menace à ses projets est assez radicale.
Ensuite, le comportement de certains personnages ne m'a pas toujours convaincu. Cela provient peut-être du fait de savoir, en tant que lecteur, qu'ils sont manipulés, mais je n'ai pas trop aimé les réactions de mâle vexé du grand frère, ni le côté espiègle du petit frère.
Il y a enfin des clés aux conséquences bizarres auxquelles j'ai du mal à adhérer. C'est notamment le cas de celle qui "ouvre l'esprit" que je trouve assez dégoûtante et bancale.
De ce fait, je n'ai pas de véritable coup de cœur pour cette série mais j'admire sa qualité graphique, son intrigue originale et complexe et la façon dont elle sait se rendre prenante et bien construite. Une vraie bonne lecture.
S'il y avait un fan club des Stryges, je m'inscrirais illico presto! C'est vrai également que ma première réaction a été : encore une série sur les Stryges alors que la saison 3 du chant va bientôt commencer. Cependant, Le Clan des chimères et Le Maître de Jeu sont désormais terminés. Alors, pourquoi pas ? Par ailleurs, on sait maintenant que Les Hydres d'Arès n'est finalement pas dans l'univers des Stryges puisque cette série est présentée comme la quatrième.
Le titre "le siècle des ombres" fait un contre-pied au siècle des lumières dans lequel se déroule pourtant cette série. Je trouve que c'est bien trouvé quand on songe à l'univers des Stryges. Celà augure du combat entre ces créatures de l'ombre et un certain Weltman reconverti en philosophe des lumières.
Cette série a pour finalité de découvrir comment Sandor G. Weltman, pourtant humaniste convaincu, est amené à devenir le génie du mal que l'on connaît. C'est fascinant compte tenu de sa personnalité intrigante. Il passerait presque pour un bon héros face aux griffes d'Abeau et Cylinia qui ont pour allié le pape Benoît XIV.
Je me suis posé une question quant à la compréhension de certains évènements. On sait que Cylinia a combattu dans le passé Weltman qu'elle soupçonne être le baron d'Holbach, un esprit brillant résolument athée et ami de d'Alembert, l'auteur de la fameuse encyclopédie. Elle compte vérifier l'identité en s'assurant que ce prétendu baron n'a pas la cicatrice qu'elle lui aurait laissée sur le corps avec son épée. Or, sauf erreur de ma part, cet épisode nous est obscur. Je n'ai pas le souvenir de cette scène dans les séries parallèles. L'auteur ne nous éclaire pas davantage. C'est comme si on avait loupé un coche. Bref, il faut avoir à l'esprit que les Roquebrune frère et soeur, êtres immortels, combattent depuis quelques siècles le mystique Sandor Weltman.
Le dessin de Suro est appréciable de même que le coloriste qui a fait un excellent travail. Sur la forme, il n'y a rien à redire. La qualité graphique semble au rendez-vous. On se plongera volontiers dans ce premier tome assez prometteur. Plus que 5 tomes dans une immense saga des Stryges qui comportera tout de même au total près de 39 volumes. Il faut vraiment être un fan pour l'acquérir.
Le second tome va aller plus loin dans l’aventure pour aller déterrer la fameuse météorite dans le Nouveau Monde. J’ai un peu regretté la perte subite d’un personnage qui commençait à prendre un peu de consistance.
Le troisième tome semble être une grosse parenthèse qui commence à compiler les péripéties mais sans convaincre réellement. Il manque du souffle ainsi que des Stryges ! Gageons cependant que la suite sera meilleure !
Fort heureusement, cela s’accélère dans les trois derniers tomes. Le final permet de comprendre la rivalité qui va opposer les Roquebrune à Sandor Weltman. On aura un autre regard sur Cylinia et on comprendra fort aisément les motivations du baron d’Holbach. En effet, les positions se clarifient. Cependant, au final, il n’y aura pas de révélations fracassantes, pas d’effet de surprise.
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Le premier tome de ce diptyque avec Bernard Olivier pour le texte et François Dermaut à la mise en scène est un petit bijou, une BD qui a tous les atouts pour devenir un ouvrage phare de la bande dessinée.
Inévitablement l'ambiance et le dessin font penser à Magasin général mais ce premier tome de Rosa -pour la finesse de son scénario et son illustration- fait au moins aussi bien.
L’histoire démarre d’un pari un peu fou puisqu’il s’agit du concours du meilleur amant parmi les hommes du village, certes un sujet un rien scabreux mais traité à travers des dialogues succulents avec beaucoup d’humour et de dérision. Mais là n’est pas l’essentiel, car les auteurs en profitent pour dresser un portrait peu reluisant des habitants du village, qui apparaissent vaniteux, cupides, égoïstes et suffisants.
Une lecture où l’on ne s’ennuie jamais, une héroïne très charismatique qui détonne et se démarque complètement de la médiocrité ambiante. Le dessin de Fançois Dermaut (Les Chemins de Malefosse) est impressionnant, très beau. Une mention spéciale pour les faciès et leurs expressions.
Une BD à découvrir.
J'avais déjà vu et bien aimé l'anime donc il fallait que je lises ce manga ! J'ai vite compris que j'aillais aussi aimer le manga juste en lisant les premières pages. Le tome paru en français contient plus de 400 pages (au Japon le manga contient 2 tomes donc l'éditeur les a fusionnés) ! Moi je m'en fous j'ai lu le manga sur internet.
J'adore cette idée que deux personnages voyagent dans différents univers et rencontrent toujours les mêmes personnages. Les auteurs parodient plusieurs genres et j'ai bien rigolé et les personnages sont attachants. En plus, cette série ne s'éternise pas sur des dizaines de volumes donc cela s’arrête avant que le concept devienne répétitif et peu imaginatif. L'humour risque de ne pas plaire à tout le monde, mais moi j'aime bien.
Le dessin est dynamique et agréable à l’œil.
Une histoire sympathique pour jeune ado, qui mêle les premiers émois amoureux au plaisir de construire ensemble et de mener à bien un projet, malgré les embuches qui s'amoncellent.
Un décors de collège qui ressemble à une salle des fêtes de campagne, c'est à dire à rien, des personnages stylisés et expressifs. Une couleur pas désagréable.
Le scénario se rapproche de Fame, même s'il s'agit d'un collège ordinaire: la préparation d'un spectacle de comédie musicale (un travers typiquement états-unien!) avec les rapports de compétitions, le projet artistique à plusieurs, le spectacle au centre de toute chose. C'est sympathique, et je ne sais pas si c'est réaliste, mais on rêverait que de tels projets puissent voir le jour dans nos collèges!
Par ailleurs une approche sensible de l'homosexualité qui peut être un atout pour un cadeau un peu ciblé...
Bref une bonne surprise .
Dodin-Bouffant est un passionné de bonne gastronomie. C'est un bourgeois épicurien et généreux. Il vient de perdre sa délicieuse cuisinière qui lui faisait vibrer ses papilles. Le monde semble s'effondrer autour de lui. Cependant, la vie continue. Il va se battre et trouver la perle rare: Adèle.
La scène chez le prince m'a rappelé une petite déconvenue que j'ai subi la semaine dernière et qui peut arriver à tout le monde. J'ai invité mon épouse dans un restaurant qui jouissait d'excellentes critiques. Cependant, les plats présentés n'ont absolument pas été à la hauteur de ce qu'on attendait. Mon épouse, fine cuisinière, ne s'est pas laissé tromper par les artifices. Le poisson tout comme la choucroute étaient trop secs. Pour en revenir à la bd, Dodin va triompher sur le prince d'Eurasie en lui infligeant une bonne leçon culinaire. Un pot-au-feu tout comme une ratatouille peuvent rivaliser avec les plus grands plats.
Au diable le cholestérol et les kilos ! Laissez-vous tentez par cette orgie gastronomique qui rend un véritable hommage à la cuisine française.
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J'ai découvert Derf Backderf, l'an dernier avec son album Mon ami Dahmer qui m'avait déjà beaucoup impressionné, tant par son originalité graphique que par son sujet. C'est à l'occasion du dernier festival d'Angoulême que j'ai eu la chance de le rencontrer par hasard sur le stand des éditions "Ça et Là", car je ne savais pas qu'il venait. Je suis donc content de cette rencontre et d'avoir pu observer le premier auteur à faire ses dédicaces debout ! J'ai même cru qu'il était en train de plier bagages, mais non :) Grand amateur de musique et de rock, cet album était juste ce qu'il me fallait pour me replonger dans l'univers déjanté de l'auteur. Et ce fut tout sauf une déception ! Si la mise en place du récit est un peu surprenante au premier abord, avec peut être certaines longueurs, une fois rentré dedans et installé, l'album nous propulse sur un rythme au tempo d'enfer ! Ajoutez à cela des personnages complètement loufoques qui vont croiser des légendes du rock indé des années 80' et vous réalisez alors que vous avez entre les mains un petit bijou qu'on a pas envie de lacher ! Le dessin de Derf Backderf est égal à celui que j'avais découvert dans Mon ami Dahmer ; tout de noir et blanc, avec un style qui pourrait s'apparenter à du Crumb, mais avec une touche toute personnelle qui se reconnaît au premier coup d’œil. En tout cas il colle parfaitement à son histoire déjantée sur le rock de ces années, tout en y instillant un regard acéré sur la société américaine de ces années. Un album brillant et bien barré qui ne pourra que plaire aux amateurs de ces années de légende pour le rock punk, et qui devrait également toucher un public plus large et curieux.
Labienus
Je salue le choix très original de l'auteur, à savoir d'avoir centré sa mini-série sur le mithraïsme. Cette religion largement répandue dans l'armée romaine était au coude-à-coude avec le christianisme, et a fini par s'avouer vaincue. Car elle excluait les femmes. Pour ce qui est de la BD, elle m'a captivé, même s'il faut avouer que le scénario et les dessins sont plutôt glauques. Mais l'Antiquité romaine, ce n'était de loin pas le monde des Bisounours, c'est pourquoi j'ai beaucoup apprécié. S'il est glauque comme dit plus haut, le dessin est en revanche tout de même très joli et là aussi original, même si je peux comprendre qu'il rebutera certains à première vue.
Robin - Année un
3.5 Cet album commence avec un one-shot qui montre l'initiation de Dick Grayson comme Robin et évidemment les choses ne vont pas se passer comme prévu. C'es sympa quoique ce n'est pas transcendant. Puis vient la mini-série Robin année un qui se passe après le one-shot car on fait référence à ce qui s'est passé durant cette initiation. Ce sont donc les débuts de Robin et j'ai bien aimé. Le scénariste a réussi à rendre son histoire intéressante même si plusieurs parties de son scénario sont prévisibles, notamment l'évolution de Dick et sa relation avec Batman. Il faut dire qu'il utilise de bons vilains comme Double-Face. On voit d'autres méchants comme Mr Freezer ou le Chapelier Fou et j'adore lorsqu'une histoire de Batman contient plusieurs méchants. Il a vraiment la meilleure galerie de super-vilains ! Les scènes d'actions sont pas mal et la psychologie des personnages est bien utilisée. Le dessin est sympa quoique ce n'est pas le style que j'aime le plus.
Tourne-disque
Allez, va ! Je monte un peu l'enthousiasme jusqu'à 4/5. Effectivement le dessin est sans aspérité, le rythme lent, mais les couleurs sont belles, et sans avoir l'air d'y toucher, silencieusement, la BD vous met dans un état d'émotion, finalement assez peu courant. L'humour feutré qui accompagne toute l'aventure n'y est peut-être pas pour rien... Un gros monsieur belge du XIXème siècle, engoncé dans une minerve et des rapports sociaux très codifiés se retrouve en Afrique en présence d'un esclave noir responsable des disques de son hote: "Tourne-disque". Le monsieur est violoniste et peu bavard, Tourne-disque est mélomane et peu bavard itou. C'est au fond l'histoire, peu originale dans les fictions, de deux personnages que tout oppose (et en particulier leur condition sociale) et qui vont être très intimement rapprochés par quelque chose que la BD ne peut pas montrer : la musique. Et ici cette musique est paradoxalement représentée par le silence... et peut-être aussi par un vieux lion indomptable, dans une sorte de confusion entre musique et Afrique... On ne peut pas dire que le rapprochement sera long, ni qu'il nous est beaucoup montré, mais il résonne longtemps après la lecture, et les auteurs réussissent à suggérer beaucoup plus qu'ils ne montrent... Bravo.
Locke & Key
Cela faisait quelques semaines que je stressais à l'idée de trouver une série marquante pour mon 5000e avis sur BDtheque. Et mes dernières lectures n'étaient toutes que sympathiques sans plus. Jusqu'à ce que je réalise que je n'avais pas avisé Locke & Key car j'attendais d'en lire l'intégrale. En quoi Locke & Key est-elle une série marquante ? Simplement car il s'agit d'un très bon comics, au scénario original et dense, au graphisme très soigné et qui a le bon goût de se terminer de belle manière en 6 tomes seulement. Locke & Key, c'est l'histoire d'une famille héritière d'une superbe demeure où sont disséminées des clés magiques aux pouvoirs étranges et variés. C'est aussi et surtout l'histoire d'une entité du Mal qui désire foncièrement l'une de ces clés là en particulier et qui s'en prend de manière très insidieuse et manipulatrice à la famille en question. Le graphisme de Gabriel Rodriguez est très agréable et soigné. Avec un encrage élégant et des couleurs de qualité, il offre des planches esthétiques à la narration maîtrisée. Il offre aussi une véritable personnalité graphique à ses protagonistes. Cette personnalité, on la retrouve dans le scénario, avec une galerie de personnages originaux et assez réalistes tout en étant variés. Chacun suit sa route et leurs interactions à tous forgent l'un des attraits du récit. L'intrigue en elle-même présente une situation initiale intéressante et ponctuée par la suite de rebondissements osés et souvent inattendus. C'est le genre de récit où l'on ne peut pas deviner à l'avance ce qu'il va se passer et où il peut arriver le pire aux protagonistes auxquels on s'est attachés. A noter aussi un "méchant" particulièrement retors et fourbe, ainsi que l'originalité d'y suivre d'aussi près son parcours et son état d'esprit que celui des "gentils", ce qui le rend d'ailleurs presque plus charismatique que ces derniers. En même temps, j'ai trouvé certains éléments de cette série légèrement dérangeants. D'une part, il y a une forme manifeste de violence, d'autant plus qu'elle s'intègre parfois avec mordant dans la simplicité d'une vie quotidienne. La façon dont le méchant du récit se joue des héros en s'intégrant à leurs côtés à leur insu et dont il en profite pour abuser d'eux et éliminer au sens propre toute menace à ses projets est assez radicale. Ensuite, le comportement de certains personnages ne m'a pas toujours convaincu. Cela provient peut-être du fait de savoir, en tant que lecteur, qu'ils sont manipulés, mais je n'ai pas trop aimé les réactions de mâle vexé du grand frère, ni le côté espiègle du petit frère. Il y a enfin des clés aux conséquences bizarres auxquelles j'ai du mal à adhérer. C'est notamment le cas de celle qui "ouvre l'esprit" que je trouve assez dégoûtante et bancale. De ce fait, je n'ai pas de véritable coup de cœur pour cette série mais j'admire sa qualité graphique, son intrigue originale et complexe et la façon dont elle sait se rendre prenante et bien construite. Une vraie bonne lecture.
Le Siècle des Ombres
S'il y avait un fan club des Stryges, je m'inscrirais illico presto! C'est vrai également que ma première réaction a été : encore une série sur les Stryges alors que la saison 3 du chant va bientôt commencer. Cependant, Le Clan des chimères et Le Maître de Jeu sont désormais terminés. Alors, pourquoi pas ? Par ailleurs, on sait maintenant que Les Hydres d'Arès n'est finalement pas dans l'univers des Stryges puisque cette série est présentée comme la quatrième. Le titre "le siècle des ombres" fait un contre-pied au siècle des lumières dans lequel se déroule pourtant cette série. Je trouve que c'est bien trouvé quand on songe à l'univers des Stryges. Celà augure du combat entre ces créatures de l'ombre et un certain Weltman reconverti en philosophe des lumières. Cette série a pour finalité de découvrir comment Sandor G. Weltman, pourtant humaniste convaincu, est amené à devenir le génie du mal que l'on connaît. C'est fascinant compte tenu de sa personnalité intrigante. Il passerait presque pour un bon héros face aux griffes d'Abeau et Cylinia qui ont pour allié le pape Benoît XIV. Je me suis posé une question quant à la compréhension de certains évènements. On sait que Cylinia a combattu dans le passé Weltman qu'elle soupçonne être le baron d'Holbach, un esprit brillant résolument athée et ami de d'Alembert, l'auteur de la fameuse encyclopédie. Elle compte vérifier l'identité en s'assurant que ce prétendu baron n'a pas la cicatrice qu'elle lui aurait laissée sur le corps avec son épée. Or, sauf erreur de ma part, cet épisode nous est obscur. Je n'ai pas le souvenir de cette scène dans les séries parallèles. L'auteur ne nous éclaire pas davantage. C'est comme si on avait loupé un coche. Bref, il faut avoir à l'esprit que les Roquebrune frère et soeur, êtres immortels, combattent depuis quelques siècles le mystique Sandor Weltman. Le dessin de Suro est appréciable de même que le coloriste qui a fait un excellent travail. Sur la forme, il n'y a rien à redire. La qualité graphique semble au rendez-vous. On se plongera volontiers dans ce premier tome assez prometteur. Plus que 5 tomes dans une immense saga des Stryges qui comportera tout de même au total près de 39 volumes. Il faut vraiment être un fan pour l'acquérir. Le second tome va aller plus loin dans l’aventure pour aller déterrer la fameuse météorite dans le Nouveau Monde. J’ai un peu regretté la perte subite d’un personnage qui commençait à prendre un peu de consistance. Le troisième tome semble être une grosse parenthèse qui commence à compiler les péripéties mais sans convaincre réellement. Il manque du souffle ainsi que des Stryges ! Gageons cependant que la suite sera meilleure ! Fort heureusement, cela s’accélère dans les trois derniers tomes. Le final permet de comprendre la rivalité qui va opposer les Roquebrune à Sandor Weltman. On aura un autre regard sur Cylinia et on comprendra fort aisément les motivations du baron d’Holbach. En effet, les positions se clarifient. Cependant, au final, il n’y aura pas de révélations fracassantes, pas d’effet de surprise. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Rosa
Le premier tome de ce diptyque avec Bernard Olivier pour le texte et François Dermaut à la mise en scène est un petit bijou, une BD qui a tous les atouts pour devenir un ouvrage phare de la bande dessinée. Inévitablement l'ambiance et le dessin font penser à Magasin général mais ce premier tome de Rosa -pour la finesse de son scénario et son illustration- fait au moins aussi bien. L’histoire démarre d’un pari un peu fou puisqu’il s’agit du concours du meilleur amant parmi les hommes du village, certes un sujet un rien scabreux mais traité à travers des dialogues succulents avec beaucoup d’humour et de dérision. Mais là n’est pas l’essentiel, car les auteurs en profitent pour dresser un portrait peu reluisant des habitants du village, qui apparaissent vaniteux, cupides, égoïstes et suffisants. Une lecture où l’on ne s’ennuie jamais, une héroïne très charismatique qui détonne et se démarque complètement de la médiocrité ambiante. Le dessin de Fançois Dermaut (Les Chemins de Malefosse) est impressionnant, très beau. Une mention spéciale pour les faciès et leurs expressions. Une BD à découvrir.
Abenobashi - Magical shopping street
J'avais déjà vu et bien aimé l'anime donc il fallait que je lises ce manga ! J'ai vite compris que j'aillais aussi aimer le manga juste en lisant les premières pages. Le tome paru en français contient plus de 400 pages (au Japon le manga contient 2 tomes donc l'éditeur les a fusionnés) ! Moi je m'en fous j'ai lu le manga sur internet. J'adore cette idée que deux personnages voyagent dans différents univers et rencontrent toujours les mêmes personnages. Les auteurs parodient plusieurs genres et j'ai bien rigolé et les personnages sont attachants. En plus, cette série ne s'éternise pas sur des dizaines de volumes donc cela s’arrête avant que le concept devienne répétitif et peu imaginatif. L'humour risque de ne pas plaire à tout le monde, mais moi j'aime bien. Le dessin est dynamique et agréable à l’œil.
En scène !
Une histoire sympathique pour jeune ado, qui mêle les premiers émois amoureux au plaisir de construire ensemble et de mener à bien un projet, malgré les embuches qui s'amoncellent. Un décors de collège qui ressemble à une salle des fêtes de campagne, c'est à dire à rien, des personnages stylisés et expressifs. Une couleur pas désagréable. Le scénario se rapproche de Fame, même s'il s'agit d'un collège ordinaire: la préparation d'un spectacle de comédie musicale (un travers typiquement états-unien!) avec les rapports de compétitions, le projet artistique à plusieurs, le spectacle au centre de toute chose. C'est sympathique, et je ne sais pas si c'est réaliste, mais on rêverait que de tels projets puissent voir le jour dans nos collèges! Par ailleurs une approche sensible de l'homosexualité qui peut être un atout pour un cadeau un peu ciblé... Bref une bonne surprise .
La Passion de Dodin-Bouffant
Dodin-Bouffant est un passionné de bonne gastronomie. C'est un bourgeois épicurien et généreux. Il vient de perdre sa délicieuse cuisinière qui lui faisait vibrer ses papilles. Le monde semble s'effondrer autour de lui. Cependant, la vie continue. Il va se battre et trouver la perle rare: Adèle. La scène chez le prince m'a rappelé une petite déconvenue que j'ai subi la semaine dernière et qui peut arriver à tout le monde. J'ai invité mon épouse dans un restaurant qui jouissait d'excellentes critiques. Cependant, les plats présentés n'ont absolument pas été à la hauteur de ce qu'on attendait. Mon épouse, fine cuisinière, ne s'est pas laissé tromper par les artifices. Le poisson tout comme la choucroute étaient trop secs. Pour en revenir à la bd, Dodin va triompher sur le prince d'Eurasie en lui infligeant une bonne leçon culinaire. Un pot-au-feu tout comme une ratatouille peuvent rivaliser avec les plus grands plats. Au diable le cholestérol et les kilos ! Laissez-vous tentez par cette orgie gastronomique qui rend un véritable hommage à la cuisine française.