Les derniers avis (31999 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Mic Mac Adam
Mic Mac Adam

3.5 J'ai enfin lu cette série et je ne suis pas déçu. Il y a certes des histoires moins bonnes, mais globalement j'ai bien aimé. J'avais déjà lu les nouvelles aventures de Mic Mac Adam et je voulais savoir à quoi ressemblaient ses anciennes aventures. J'ai bien aimé ce mélange de policier et de fantastique. C'était à l'époque où Desberg faisait preuve de beaucoup d'imagination. Les histoires sont prenantes, les personnages intéressants et le personnage de Mic Mac Adam est attachant. Le trait de Benn évolue et il devient plus réaliste au fil des tomes. J'aime bien son style, peu importe l'album, et j'ai remarqué que lorsque cela devient plus réaliste (ou moins 'comique à gros nez' comme la planche dans la galerie) cela ressemblait à du Marc Wasterlain. Mic Mac Adam ressemble d'ailleurs un peu à Docteur Poche.

21/03/2015 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Le Reste du monde
Le Reste du monde

L’histoire d’une mère et de ses 2 enfants qui pensait terminer tranquillement ses vacances à la montagne et qui au lieu de ça se retrouve prise au piège face à une nature déchainée. Orages, séismes, glissements de terrain XXL, le paisible petit village prend des allures de fin du monde. C’est dans ce cadre apocalyptique que la survie s’organise et qu’il faut tenter de sortir vivant de cet enfer. L’intensité va crescendo et c’est page après page que les personnages découvrent l’étendue de la catastrophe et nous avec. Des dégâts colossaux, sans doute un peu trop gros pour être 100% crédible, mais c’est secondaire. Coupés du reste du monde et poussés dans leurs derniers retranchements, on va voir de quoi les hommes sont capables pour survivre. Si un semblant d’organisation et de solidarité semble s’installer au début, cela va vite dégénérer en chacun pour soi, tous les coups bas sont permis pour se sauver. La tension de la situation est bien rendue. Ce qui est pas mal aussi dans cette histoire, c’est qu’il existe plein de séries sur le thème « survival » mais celle là a une touche originale et sympa dans la manière ou les évènements sont amenés et dans le choix des personnages. Tout ça donne une histoire bien plaisante, et le petit cliffhanger final tombe à point pour donner envie de lire le second tome.

20/03/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Freaks' Squeele - Masiko
Freaks' Squeele - Masiko

Voilà que Fabien Maudoux remet le couvert pour sortir chez Ankama, fidèle au Label 619, un album regroupant 3 récits sur Masiko, la belle mais ô combien dangereuse mère de "Petit Panda", que certains auront sans doute découvert dans l'excellente série Freaks' Squeele. Le plus indéniable de cette collection reste sans conteste le soin apporté à l'objet. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Couverture magnifique, le talent de Maudoux se prolongeant sans mauvaise surprise à l'intérieur. Le seul reproche que l'on pourrait faire tient au fait que deux des récits sont issus de publications antérieures dans la série Doggybags du même éditeur, et que les lecteurs (comme moi ?) qui n'y auraient pas pris garde pourraient être un brin déçu. Mais ne boudons pas notre plaisir car, le dernier récit, qui tient pratiquement plus de l'illustration puisqu'il s'agit d'un récit composé sur le corps de la belle et des tatouages qui vont nous conter des bribes de sa vie à travers le regard du père de Petit Panda, leur fille. C'est juste magnifique. Maudoux s'amuse (ou se torture ?) à nous dessiner ce corps dans des cadrages et des angles ambitieux pour nous révéler les tatouages qui vont finir par vêtir ce corps... Un album qui ne pourra que ravir les amoureux du personnage et du genre.

20/03/2015 (modifier)
Couverture de la série In Vino Veritas (Toscane)
In Vino Veritas (Toscane)

Corbeyran se sert souvent de ce qu'il connait bien pour ses scénarios, et c'est le cas ici, car il a dû acquérir suffisamment d'expérience dans le domaine viticole pour pouvoir réussir à travers un petit village toscan et 2 méthodes d'exploitation radicalement différentes, à brosser une histoire convaincante dans le même style que Châteaux Bordeaux. Au départ, je n'étais pas très chaud pour lire cette Bd encore sur le monde du vin, et puis une fois embarqué dedans, j'ai été conquis. Evidemment, on prend les mêmes recettes qui ont si bien servi avant, mais la différence, c'est que Corbeyran en fait quelque chose de plus intime, dans un environnement moins large et un décor plus resserré, là où Châteaux Bordeaux présentait une famille plus grande et dessinait le portrait d'une région et d'un terroir plus vaste, le Bordelais avec tous ses cépages, et de réputation universelle. Ici, on est en Toscane, ce n'est qu'une petite partie de l'Italie, pas forcément connue de tous les gens qui boivent du vin, alors que tout le monde a au moins une fois entendu parler ou goûté un Bordeaux. On a aussi le côté un peu soap qui plombait très légèrement Châteaux Bordeaux, qui disparaît au profit de plus de sentiments humains chaleureux ou exaltés, Corbeyran appuyant sur l'ambition de Lionello et le caractère obtus de Tessa. La Bd se veut également bien documentée sur les méthodes modernes de vinification, et il en profite au passage pour inclure un jumelage entre Léognan (commune située au sud de l'agglo bordelaise) et Castagnetto Carducci, on est donc dans une réalité. Ce diptyque m'a donc autant plu que Châteaux Bordeaux, qui reste quand même supérieure et à laquelle on ne manque pas de le comparer, c'est un peu son handicap, c'est dommage car ça peut détourner des lecteurs qui ont lu la première série, qui ne sont pas assez passionnés de vin, et qui ne veulent pas y revenir, c'est un peu l'idée que j'en avais au début, même si moi j'aime le vin. La série est supérieure à ce diptyque aussi parce que je trouve la fin un peu trop rapide, avec une réconciliation trop soudaine, en toute fin d'album, on n'a pas le temps d'apprécier le fait que le frère et la soeur se soient rabibochés. Ceci m'a étonné sachant que Corbeyran aime parfois faire traîner ses récits, il aurait très bien pu s'étendre un peu plus ici avec un tome 3, développer mieux les personnages et éviter ainsi quelques clichés. Quand en plus, on a un dessin d'une telle qualité, que demander de plus ? j'aurais bien voulu un album encore pour l'admirer, j'adore ce style de dessin propre et bien lisse, qui est aussi bon sur les personnages que sur les décors. Les personnages ont de jolis physiques, et les vues de Florence, avec une pleine page sur la cathédrale Santa Maria del Fiore, sont merveilleuses ; j'imagine que travailler avec un dessinateur italien, ça a dû aider pas mal.. Au final, en dépit d'un sujet très similaire avec Châteaux Bordeaux et de certains poncifs, ce diptyque ne m'a pas paru insatisfaisant au point de faire le difficile, je le prends avec ses défauts et ses qualités, pour un joli 4/5.

20/03/2015 (modifier)
Couverture de la série Combustion spontanée
Combustion spontanée

Jake Raynal développe dans cet album un humour dans lequel il peut être un peu dur de rentrer, mais quand on y est… c’est vraiment jouissif ! C’est de l’humour pince sans rire, qui développe des théories pseudo scientifiques dans un premier degré feint, que le lecteur assimilera assez rapidement à un vingtième degré (au minimum, mais après j’ai arrêté de compter). Ce côté faussement sérieux dans la déconne totale n’est pas sans rappeler d’autres auteurs de l’écurie Fluide Glacial, comme Gotlib, le maître, ou Goossens (Alexis faisait ça très bien aussi dans Pilote). Mais en fait cet absurde assumé jusqu’au bout, ce non-sens absolu et délirant se rapproche plutôt de l’humour anglais à la Monthy Python. Ce délire foutraque est bien servi par un beau dessin en Noir et Blanc de Raynal, qui accentue artificiellement le côté mystérieux des théories loufoques qu’il développe. Inégal, mais globalement ça vaut vraiment le détour ! A noter que Jake Raynal participe aussi à une autre série plutôt loufoque (dans un registre un peu moins absurde mais tout aussi comique et intéressant), l’inénarrable Francis. Note réelle 3,5/5.

20/03/2015 (modifier)
Couverture de la série L'Encyclopédie des débuts de la Terre
L'Encyclopédie des débuts de la Terre

Voici un bijou que j’aurai loupé sans la veille qualitative de ces lieux. Un album aux allures mystico-chamanique quoi de mieux pour me mettre l’eau à la bouche ! L’auteur nous livre un conte reprenant un patchwork de mythes de différentes origines. Si la première moitié du livre m’a fait fortement penser aux mythes que l’on trouve chez les premiers habitants d’Amérique du Nord avec une pincée de saga viking et même parfois j’ai pu trouver des emprunts aux mythes pacifique, la seconde partie trouve sa source dans un syncrétisme entre les mythes babyloniens et la genèse de l’ancien testament et de fait parait nettement plus « classique ». L’exercice est tellement bien maîtrisé, fluide que le lecteur ne se perd jamais et se passionne pour le récit. Graphiquement, l’auteur trouve un trait « simpliste » qui s’adapte parfaitement à un conte, la colorisation me semble parfaitement maîtrisée et participe à cette plongée dans un chamanisme du froid où les mythes viennent heurter notre rationalisme scientifique. Si les dialogues viennent parfois un peu ternir la force narrative graphique avec un peu de facilité, le lecteur n’en demeure pas moins totalement happé de bout en bout cherchant à en savoir plus sur cet univers. Le récit de la création de terre est un monument de poésie dont je vois des origines amérindiennes, qui va rester dans l’esprit du lecteur un bon moment tant il est touchant. Cet album donne un pur moment de plaisir, un opium que l’on aura vite fait de reprendre encore et encore pour se doper à ces récits magiques nettement plus pertinents et enrichissant sur la compréhension de l’homme que moult émissions sociétales du petit écran. Et si le récit échappe à la note maximale, c’est pour l’origine de tout ici traité avec de l’humour là où justement il ne doit pas y en avoir (mais c’est une case de l’album) et pour la relation d’amour finalement un poil fade dans les textes (quelques pages à la fin). Hors ces deux éléments qui ne chagrinent qu’un vieux pinailleur comme moi, foncez c’est de la bonne.

19/03/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Un océan d'amour
Un océan d'amour

Va savoir pourquoi, moi qui adore le travail de Lupano et qui ai découvert Gregory Panaccione avec son récent et excellent Match, je n'étais pas attiré par cet album... Comme quoi, rester sur ses préjugés, c'est vraiment pas ce qui se fait de mieux ! :) Car "Un océan d'amour" est vraiment un excellent album ! Par sa forme d'abord, chacun appréciera le soin apporté à l'objet et à sa présentation en premier lieu, mais surtout le nouveau tour de force qui consiste à nous servir un récit muet, palpitant, drôle et sensé à la fois. Panaccione à ce don pour faire passer les émotions, les impressions, les idées... Tout transpire et reste limpide dans ce récit sans qu'un mot ne soit nécessaire. Son trait que j'avais déjà trouvé très expressif dans le noir et blanc qu'il a utilisé pour Match est à nouveau parfaitement exploité ici, et l'aquarelle qu'il utilise pour la mise en couleur renforce encore cette impression. Mais c'est aussi un album tout en subtilité dans le récit. Car réussir à faire passer autant de choses à travers cette relation amoureuse forte et peu banale tient d'un remarquable talent de funambule. Et Lupano s'en tire haut la main, même sans les savoureux dialogues auxquels il nous avait habitué ces derniers temps. Cela ne l'empêche pas d'aborder les thèmes sociétaux qui lui tiennent à cœur en lançant de-ci de-là quelques piques bien senties, mais toujours avec un humour latent qui nous épargne un côté moralisateur qui plomberait le tout. Et son sens de l'épique reste omniprésent pour le plus grand plaisir du lecteur ! Un album qui conjugue donc les talents de deux grands auteurs et qui mérite largement toutes louanges et les prix qu'il continue de recevoir. A lire sans modération !

19/03/2015 (modifier)
Couverture de la série Captain Sir Richard Francis Burton
Captain Sir Richard Francis Burton

Je précise que je n'accorde 4/5 uniquement au tome concernant l'expédition vers les sources du Nil, le second tome m'ayant déplu rien qu'à voir le dessin qui ne me plaisait pas ; j'ai lu un peu le début mais je n'ai pas accroché du tout. Pourquoi j'ai préféré l'expédition africaine ? c'est très simple, c'est encore lié au cinéma, parce qu'il m'a rappelé aussitôt le très beau film Aux sources du Nil, réalisé par Bob Rafelson en 1990, avec Patrick Bergin dans le rôle de Burton, je n'ai hélas pas retenu le nom de l'acteur qui incarnait Speke, même s'il était bon, mais il n'était pas vraiment connu. Cette Bd en est pratiquement le copié-collé, elle reprend toutes les situations rencontrées dans le film, mais elle abrège certains passages qui auraient gagnés à être mieux évoqués dans un second album, ça aurait pu faire un diptyque excellent. Le résultat est quand même satisfaisant puisqu'il m'a plu ; j'ai toujours été fasciné par l'Afrique et les expéditions qui y seront menées, c'est une source de mystères et de dangers toujours attirants pour un lecteur ou un spectateur. Dans le film de Rafelson, j'ai découvert une autre Afrique, totalement différente des vieilles et traditionnelles versions hollywoodiennes qui montraient une Afrique exotique remplie de clichés éculés allant des "oui Bwana" aux attaques d'indigènes féroces, en passant par toutes une panoplie de bestioles venimeuses ou dangereuses. Et dans cet album ,j'ai retrouvé le même traitement, d'où une attirance forte. Cette expédition est proprement fascinante, elle s'inscrit dans une époque où les découvertes dans des contrées sauvages et mystérieuses où l'homme blanc n'avait jamais mis les pieds, étaient en plein essor, Burton et Speke n'étant pas les seuls à découvrir ce continent, je pense notamment à Stanley parti à la recherche de Livingstone. Mais Speke et Burton restent à jamais marqués par cette expédition, c'est ce que transmet cet album qui en plus envoûte par les charmes de l'Afrique, et qui bénéficie d'un dessin très agréable, ainsi qu'un dossier en fin d'album qui donnera toutes les clés de cet incroyable périple.

18/03/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Tout seul
Tout seul

Est ce le fait de mon origine un brin bretonne? Du fait qu'habitant tout près de la mer je sois sensible aux ambiances liées à ce milieu? Toujours est il que les premières planches de cette histoire ne pouvaient que me réjouir. Oui, j'avoue qu'assez bêtement voir des mouettes, un chalutier sur l'eau et un phare seul face à l'immensité de l'océan, ça me fait un petit truc. Dire qu'ici Chabouté maitrise son trait est une évidence et la formule "on s'y croirait" prend tout son sens. Sur d'autres lectures du même auteur je n'avais jamais ressenti cela en ce qui concerne son dessin, certes les récits en question ne s'y prêtaient peut être pas, mais ici tout est lumineux, en tout cas c'est le terme qui s'en rapproche le plus. L'histoire m'a tenue en haleine, l'auteur prend son temps pour poser le décor, il y excelle même, et peu à peu l'on découvre cet ermite malgré lui qui rêve et s'évade grâce à des objets et surtout un dictionnaire. Mon seul regret? on aurait aimé accompagner ce solitaire dans sa découverte "vraie" du monde, mais c'est aussi la force de l'auteur, nous proposant un récit sur l'imagination, à nous d'envisager le reste. Pour l'instant cette histoire n'est pas encore culte mais il est bien possible qu'à l’instar d'un bon cru tout cela se bonifie avec le temps et qui sait? Si je repasse par là...

18/03/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Punk Rock et mobile homes
Punk Rock et mobile homes

J'ai découvert Derf Backderf, l'an dernier avec son album Mon ami Dahmer qui m'avait déjà beaucoup impressionné, tant par son originalité graphique que par son sujet. C'est à l'occasion du dernier festival d'Angoulême que j'ai eu la chance de le rencontrer par hasard sur le stand des éditions "Ça et Là", car je ne savais pas qu'il venait. Je suis donc content de cette rencontre et d'avoir pu observer le premier auteur à faire ses dédicaces debout ! J'ai même cru qu'il était en train de plier bagages, mais non :) Grand amateur de musique et de rock, cet album était juste ce qu'il me fallait pour me replonger dans l'univers déjanté de l'auteur. Et ce fut tout sauf une déception ! Si la mise en place du récit est un peu surprenante au premier abord, avec peut être certaines longueurs, une fois rentré dedans et installé, l'album nous propulse sur un rythme au tempo d'enfer ! Ajoutez à cela des personnages complètement loufoques qui vont croiser des légendes du rock indé des années 80' et vous réalisez alors que vous avez entre les mains un petit bijou qu'on a pas envie de lacher ! Le dessin de Derf Backderf est égal à celui que j'avais découvert dans Mon ami Dahmer ; tout de noir et blanc, avec un style qui pourrait s'apparenter à du Crumb, mais avec une touche toute personnelle qui se reconnaît au premier coup d’œil. En tout cas il colle parfaitement à son histoire déjantée sur le rock de ces années, tout en y instillant un regard acéré sur la société américaine de ces années. Un album brillant et bien barré qui ne pourra que plaire aux amateurs de ces années de légende pour le rock punk, et qui devrait également toucher un public plus large et curieux.

18/03/2015 (modifier)