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Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série World War Wolves
World War Wolves

Encore un comics me direz vous et encore sur le thème d'une épidémie qui transforme les hommes non pas en zombies mais ici en loups garous. Un survival, mais ici il est français puisque Jean Luc Istin, auteur prolifique en est le scénariste. Un mal plus que contagieux dont l'origine est inconnue, a transformé une grande partie de la population américaine en lycanthropes assoiffés de sang. Ceux ci se sont organisés en une nation qui n'a qu'un but se nourrir de l'homme. Les survivants résistent tant bien que mal en se réfugiant dans des villes fortifiées ou des petites communautés. Dans ce premier tome nous suivons les déboires de la famille Marshall: le père était écrivain, (métier qui en ces temps perturbés ne sert à rien), sa femme enceinte et leurs deux enfants, un garçon et une fille adolescents plus perturbés par l'inutilité de leurs I pod et de leur console. Après une périple à travers les États Unis la petite famille trouve refuge dans la ville fortifiée de Las Cruces ou il semblerait que les choses ne soient pas aussi roses que prévu. A Philadelphie, Jeremy Lester est un aveugle passionné de blues qui possède le don de repérer un lycanthrope à son odeur, qu'il soit sous sa forme humaine ou pas. L'armée va faire appel à ses services se qui ne va pas lui éviter d'être en fâcheuse posture. Malcolm Spolding vit lui à Riker Island, cette prison est devenue le garde manger des loups garous. S'il est encore envie c'est grâce à ses dons de réparateur, intuitivement il comprends comment fonctionne les choses, il est ainsi précieux pour les loups qui ne peuvent se passer de ses services. Cependant il en a marre et voudrait bien que les choses changent. Et bien mazette! Si l'on m'avait dit que je lirais un jour un comics, qui plus est français sur une épidémie changeant les humains en redoutables lycanthropes, je ne l'aurais pas cru. De plus j'y ai trouvé un plaisir de lecture revigorant. Certes l'héritage est assumé, voire revendiqué mais un je ne sais quoi fait qu'il y a une petite patte qui fait que même si nous sommes dans un cadre très américain, j'ai trouvé dans ma lecture des aspect qui font que cette BD se démarque des ses consœurs d'outre atlantique. Ce qui saute aux yeux c'est la psychologies des personnages. En plus des principaux, même quelques seconds couteaux ont droit à un background assez soutenu. La caricature est présente et ne vise que les militaires présents dans le récit mais pour le reste c'est suffisamment édulcoré pour que ça passe. JL. Istin sait mener un scénario, c'est dynamique, l'action ne faiblit pas et déjà dans ce premier tome des surprises attendent les lecteurs . Le récit est entrecoupé de flashbacks qui ne ralentissent rien et de pleines pages genre unes de journaux qui expliquent, (un peu), le pourquoi des événements. Au dessin Kyko Duarte, personnellement je ne connaissais pas, (je sais qu'il a travaillé sur le série Héro Corp) en tous cas c'est une bonne découverte, son graphisme dans un style réaliste est très plaisant avec quelques pleines pages assez belles. Au final je ne peu que conseiller l’achat, les amateurs de Walking Dead et les autres devraient y trouver leur compte. A noter en fin d'ouvrage une petite galerie ou quelques auteurs donnent leur version du loup garou. Parmi eux Ronan Thoulhoat et Alain Brion

23/03/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Southern Bastards
Southern Bastards

Chez Mignola, seule la couleur rouge est utilisée pour représenter Hellboy, le « diable ». Chez Latour et Aaron c’est exactement l’inverse pour décrire le monde poisseux et sordide de ce petit bled d’Alabam, le rouge dépeint tout l’environnement. Ce bled est donc le mal absolu, typiquement le genre de petite bourgade tenue de main de chef par un « baron » local et où on n’apprécie guère les étrangers. Earl Tubb en est un à présent. Ce sexagénaire à la stature robuste a tout fait, même la guerre du Vietnam pour sortir de l’emprise de son père, héros local et shérif réputé pour avoir botté le cul à la faune locale à l’aide d’un gourdin. Mais Earl revient ici par dépit, pour vider et mettre en vente la baraque isolée de son oncle et régler ses comptes sur la tombe de son père. Mais tout a changé, tout est régi par un mystérieux « Boss » et Earl Tubb va enfin revivre en reprenant les armes et mener la justice, gourdin au poing, envers et contre tous. Poussez-vous de là, ça va saigner et les os vont se briser… Après le feuilleton « Scalped » déjà sans concessions et sur un thème similaire, Jason Aaron reprend les bribes d’une nouvelle histoire similaire en s’octroyant les talents de Jason Latour. Son trait gras et dynamique, Latour le met au service d’une histoire certes convenue mais haute en couleurs et en action. L’ensemble peut paraître linéaire et sans fioritures mais Aaron se permet de disséminer ici et là des éléments qui seront surement développés dans les arcs à venir car Southern Bastards possède tous les attraits d’une bombe à retardement et ça va faire très mal ! Entre les flashbacks et certains personnages mystérieux, ce comics s’avale d’un trait sans temps morts. Les méchants semblent être très méchants et on s’offre une bonne tranche de plaisir coupable tout ce qu’il y a de plus jouissif. Me rappelant à la fois la série Banshee ou le fameux arc « Salvation » de Preacher officiant dans une petite ville à jouer les redresseurs de tort contre un industriel mafieux de la viande, l’environnement est juste parfait avec ce qu’il faut d’histoire et d’action dans un environnement anxyogène. Rien de bien original me direz-vous mais suffisamment de tensions et de plaisir sans prise de tête pour avoir envie d’en lire davantage sans tenir compte du cliffhanger final qui va relancer la donne ! Décidément ce Jason Aaron est très fort et n’a pas son pareil entre deux histoires Marvel pour raconter un western moderne violent faisant appel à nos plus bas instincts. Vite la suite, vraiment !

23/03/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

Un jeune homme, vu de dos, marche au bord d’une route de campagne, environnée ça et là de rares maisons. La route semble monter vers un paradis serein aux cieux rayonnants. Zoom aérien sur le personnage, un peu raide, bras serrés le long du corps à la manière d’un automate désœuvré, puis sur ses baskets. Crissements des semelles sur le sol, crunch… crunch… crunch… tel le tic-tac d’une horloge maléfique, compte-à-rebours inéluctable vers une destination aléatoire mais que l’on devine tragique. Pause. Le jeune homme tombe en arrêt devant le cadavre d’un chat sous une nuée de mouches noires. Il le prend dans ses bras, imperturbable. Regard fixe. Fascination de la putréfaction, des chairs mortes… Puis il reprend sa marche funèbre en emportant son trophée, avec visiblement un plan bien précis en tête. Tout compte fait, on dirait que ce n’est pas la route du paradis, mais bien plutôt celle de l’enfer. L’enfer de celui pour qui la vie pris très vite la forme d’une cellule aux cloisons infranchissables… Ainsi débute ce récit peu commun. D’emblée, ce prologue mystérieux soutenu par un graphisme unique très attrayant nous plonge immédiatement dans l’histoire. Chez Derf Backderf, tout est dans la verticalité. Lui-même fait ses dédicaces debout (comme j’ai pu le voir à Angoulême cette année), en posant le support sur un carton vide. Une verticalité amplifiée par la rectangularité des formes, des objets et des personnages, comme une tentative de relier le ciel et la terre, et dans le cas de Dahmer, un paradis inaccessible et un enfer omniprésent. Backderf est un rejeton de la BD US alternative, une sorte de Charles Burns au trait géométrique révélant des personnages désincarnés, comme engoncés dans leur carcasse, ectoplasmes d’une Amérique sans gloire. Ce style aux contours précis se dispense parfaitement de la couleur au regard de la profondeur de l’histoire, et son aspect juvénile permet de distancier la noirceur sous-jacente. De bout en bout le lecteur reste happé par l’histoire dérangeante (et authentique) de cet étrange garçon dont chaque fait et geste entre en résonance avec son terrible destin de tueur en série qu’aucun de ses proches, professeurs et camarades, n’avaient su deviner en le côtoyant. A l’époque, Jeff Dahmer avait juste l’air d’un enfant un peu spécial et secret, et pourtant quiconque s’y serait intéressé de plus près aurait pu constater que tous les éléments étaient réunis pour un massacre annoncé : son attirance pour les animaux morts, ses errances de zombie solitaire, son alcoolisme chronique, sa mère dépressive, les relations très conflictuelles entre ses parents avant leur divorce, ses cris d’épileptiques soudains, ses pantomimes déments qui firent de lui une mascotte dans son lycée ! Mais bien sûr, personne n’imagine jamais qu’une connaissance ou un proche puisse renfermer un tueur potentiel. D’ailleurs, la scène des retrouvailles de l’auteur avec deux de ses anciens camarades plusieurs années après est très révélatrice. Lorsque celui-ci évoque Dahmer en suggérant sa probable conversion en tueur en série, leur seule réaction est d’éclater de rire comme un seul homme (confession très courageuse il faut bien le dire). Derf Backderf porte un regard juste, ne cherche à accuser personne ni à tomber dans l’auto-culpabilisation. Sans dédouaner son « ami » Dahmer de ses actes ignobles, il s’efforce simplement de comprendre comment ce camarade de classe atypique a pu devenir « le monstre du Milwaukee ». Se basant sur ses propres souvenirs, mais également sur des témoignages, des articles de presse et documents du FBI, il brosse un portrait éloquent du futur tueur depuis ses années au collège jusqu’à son premier crime. Aucun voyeurisme ici, la démarche de Backderf se veut à la fois factuelle et introspective. Mais elle est aussi remarquable dans le sens où ce dernier aide le lecteur, davantage en suggérant qu’en pointant du doigt les causes, à vérifier qu’on ne devient pas un tel monstre tout à fait par hasard. Tout cela fait de « Mon ami Dahmer » un one-shot passionnant et incontournable selon moi. Pour cette raison, je ne manquerai pas de remercier mon webmaster préféré de me l’avoir conseillé lors de notre virée à Angoulême !

22/03/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Henri Désiré Landru
Henri Désiré Landru

Le postulat de départ est très bon. Landru qui fut guillotiné, n'a jamais avoué le meurtre des onze victimes pour lesquelles il était accusé. A partir de là Chabouté imagine notre tueur en série comme un pauvre bougre plus séducteur qu'autre chose qui tombe dans les filets d'un couple machiavélique qui utilise ses dons pour "rabattre" des femmes afin de les dépouiller de leur argent. C'est malin! Le trait, le caractère des personnages est parfaitement rendu. La bêtise de Landru, le couple , dont l'homme est une gueule cassée, sombre à souhait, et les victimes pas franchement malignes. Une vraie bonne BD dont la lecture est rapide mais que l'on prend plaisir à reprendre. Achat plus que conseillé.

22/03/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Rose de Paris
Rose de Paris

Très bel album, qui a nécessité près de deux ans de travail à ses auteurs, puisqu’Eric Puech a dû faire de nombreuses recherches iconographiques afin de restituer une Paris des années folles crédibles. Cela ne se remarquera pas pour le commun des mortels, mais les pinailleurs ne pourront faire la fine bouche face à la somme de travail effectué. Il y a beaucoup de détails, et tout tient la route. Côté scénario, on sent que Gilles Schlesser avait envie de mettre toute l’essences des années folles dans son bouquin : les artistes de Montparnasse, le début du trafic de drogue, les boxeurs, Hemingway… Au détriment, parfois, de son scénario, qui part un peu sur des chemins de traverse, même si son fil rouge est mené à son terme. A côté de tout ça, c’est une très belle reconstitution de l’époque, on sent une admiration et une connaissance très grandes pour le sujet… A lire.

22/03/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Fatale (Manchette/Cabanes)
Fatale (Manchette/Cabanes)

3.5 J'avais bien aimé la première adaptation de ce duo et j'étais impatient de lire celle-ci. Après lecture, je trouve que c'est un bon one-shot quoique je préfère La Princesse du Sang. Le dessin de Cabanes est toujours aussi excellent et c'est dommage que ma bibliothèque ne possède pas beaucoup de ses livres. Il sait créer une atmosphère et une tension à travers son beau dessin réaliste et j'adore les couleurs. Le scénario est bon. L'histoire est plutôt originale et j'aime bien le personnage du Baron. Toutefois, il y a certaines scènes qui ne m'ont pas trop captivé, mais heureusement l'histoire se termine avec un dénouement final spectaculaire.

22/03/2015 (modifier)
Par Mooldoo
Note: 4/5
Couverture de la série Ultime Frontière
Ultime Frontière

Après avoir lu la majeure partie des séries de Leo (Aldébaran & Co, Kenya & Co, Terres lointaines et Survivants) comme précisé plus bas, Leo fait effectivement du Leo. Cela plaît ou non. Le dessin change mais pas le type de scénario. On s'en lasse ou pas. Comme pour chaque aventure, Leo pose des bases caricaturales. Les héros débarquent dans une contrée semi-sauvage où la loi du plus fort est toujours la "meilleure". L'équilibre de ce premier chapitre repose sur la balance entre les "gentils", les "méchants" et cette part de mystère lié à ce détail, cet exosquelette, sorti d'on ne sait où. Passées les imperfections du dessin, le scénario vous entraîne détail après détail. Comparé à Aldébaran, c'est plus haché, mais c'est un premier chapitre et il pose l'intrigue. Comparé à Terres lointaines, les paysages se rapprochent mais le dessin est meilleur et on entre plus directement dans le sujet. Je l'ai lu et relu. Et désormais, à l'instar des autres séries, j'attends la suite.

22/03/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

Cela m'a fait froid dans le dos car cela démontre que tout le monde peut côtoyer à un moment donné de sa vie un être qui va basculer dans l'horreur du crime. En l'occurrence, il s'agira du lien entre l'auteur de bd Derf Backderf et d'un des plus sinistres tueurs en série des Etats-Unis à savoir le cannibale de Milwaukee autrement dit Jeff Dahmer. Bon, en même temps, il y a certains signes qui ne trompent pas et qui auraient dû attirer l'attention. Il faut bien choisir ses relations. L'écriture de ces anecdotes de jeunesse est plutôt audacieuse. Les professionnels ne se sont pas trompés en lui décernant le prix révélation lors du festival d'Angoulême en 2014. L'auteur a fait le choix de nous livrer son témoignage ainsi que celui de son groupe d'ami. Il occulte la période meurtrière pour revenir à la base et ce qui va conduire à cette folie. J'arrive à en saisir le sens au-delà de la protestation par rapport à l'horreur. Il y a toujours des causes profondes qui conduisent à l'irréparable. Ce one-shot ne m'a pas laissé indifférent bien au contraire. Il nous incite sans doute à être plus attentif aux autres.

22/03/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

Sujet casse gueule s'il en est! Et pourtant Zidrou et Roger ont su nous conter des petites tranches de vie pas ordinaire. Pas réellement de début ni de fin juste le quotidien d'une femme âgée et de son fils handicapé. Dans ce récit rien d'angélique ou de larmoyant, vraiment je félicite les auteurs pour la justesse de ton qu'ils ont employé. Juste un petit point de détail, (c'est ma profession qui parle), de nombreuses familles sont confrontées aujourd'hui au manque de place en institutions ou autres qui permettraient d'accueillir leurs proches, certaines situations familiales sont véritablement destructrices quel que soit l'amour porté aux fils ou aux filles. Un récit tendre, simple qui nous prouve que l'humanisme n'est pas une valeur si ringarde que cela. Lecture plus que conseillée.

21/03/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Millenium
Millenium

Il y a maintenant plus d'une dizaine d'années mon libraire et éditeur Nantais préféré, L'Atalante, me proposait un nouveau polar écrit par un auteur inconnu. On connait la suite, véritable phénomène d'édition la trilogie de Stieg Larsson a réussi à conquérir des millions de lecteurs à travers le monde, générant des adaptations cinématographiques à succès. Je ne vais pas faire ici une critique des trois romans mais il faut savoir tout de même que l'histoire, ou plus exactement les histoires qui composent l'ensemble, est extrêmement riche. C'est un scénario foisonnant qui mêle des thèmes spécifiques à la Suède où se déroule l'intrigue, mais qui sont suffisamment universels pour intéresser le plus grand nombre. Comme dit plus haut le récit est particulièrement complexe, ajoutez y des noms à consonances malaisées pour nos oreilles, la lecture demande un peu de concentration. Mais, et ce mais est important, l'ensemble reste d'une grande fluidité avec son lot de rebondissements habilement agencés. Scénaristiquement c'est très fort! Et l'adaptation en BD donc? Avec ce type d'ouvrage la gageure était d'importance, tous les lecteurs savent qu'il n'y a pas plus casse gueule que de mettre en images des héros, des situations, des décors qu'ils se sont forgés dans leurs imaginaires. Ici, chapeau bas Messieurs! J'ai personnellement retrouvé l'ambiance, la tension dramatique, le petit côté étranger que j'avais ressenti à ma lecture. La noirceur, la violence, tout est montré sans racolage. Tout était dans le roman et le découpage en diptyque de chaque volume fait honneur à cette adaptation. Vraiment de la très bonne BD dont j'attends les deux derniers tomes avec impatience. Pour ceux qui veulent aller plus loin je conseille le visionnage de l'adaptation cinématographique suédoise même si celle avec Daniel Craig ne démérite pas.

21/03/2015 (modifier)