Freaks' Squeele - Masiko

Note: 3.8/5
(3.8/5 pour 5 avis)

Une recueil de 3 histoires retraçant le peu qu'on sait sur la terrible Masiko...


Ankama Freaks' Squeele Gobelins, l'École de l'Image Label 619 Spin-off

Trois histoires, trois scenarii de série Z avec une matrone des triades aussi dangereuse que sexy, des vampires mexicains phallocrates et enfin une biographie mafieuse à même la peau. Trois histoires, une héroïne. À la fois madone à l’enfant et femme-enfant, Masiko fait tout ce qu’elle peut pour élever seule, sa fille Xiong-Mao (Freaks’ Squeele) dans un monde de brutes. Heureusement la jeune maman est généreusement équipée pour dézinguer du vilain, dans un grand hommage à la “sex and fury” des années 70.

Scénario
Dessin
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Février 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Freaks' Squeele - Masiko © Ankama Editions 2015
Les notes
Note: 3.8/5
(3.8/5 pour 5 avis)
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20/03/2015 | PAco
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L'avatar du posteur Deretaline

Bon, j'ai longuement réfléchi à quelle note donner à cet album. Je n'ai pas une grande attache à l'univers de Freaks' Squeele, dont j'avais lu les albums il y a plusieurs années et qui n'était pas parvenu à m'accrocher (un peu trop fouillis à mon goût), pourtant j'avoue que le dessin et et la mise en scène de Florent Maudoux m'ont toujours attirer l'œil, je trouve sincèrement ses créations - ne serait-ce que sur la forme - joliment ouvragées. Alors, même si je n'avais pas réussi à rentrer dans Freaks' Squeele il y a si longtemps j'avais quand-même essayé de garder un œil sur les créations du bonhomme et m'était justement tenté sur cet album, sorte de spinoff de l'univers susnommé pouvant se suffir à lui-même. Si je ne sais pas comment noter cet album c'est donc en partie car les trois récits qu'elle contient souffre un peu du même défaut qui m'avait empêché de pleinement rentré dans Freaks' Squeele, à savoir que le récit est délirant et énergique, bourré de référence et de jeu sur les tons (jonglant sans cesse entre dialogues sérieux et comiques) mais malheureusement incapable de se canaliser et finissant bien trop souvent par m'apparaître "fouillis". Ici, même si le défaut est toujours là, j'arrive à rentrer dans le délire, la fougue narrative et le gloubi-boulga créatif (mélangeant films d'actions asiatiques autour des guerres de gangs et la présence d'un monde surnaturelle côtoyant le nôtre) marchent et m’apparaissent réellement comme très joliment trouvés. Mais du coup, le triptyque mérite-t-il que je chante ses louanges ou bien ne me paraît-il si efficace que parce que je le compare avec sa série mère qui m'avait déçue ? Bah j'en sais rien… Je vais quand-même vous présenter les qualités des trois histoires parce qu'avec tout ça je ne parle plus de l'album ! Elles tournent toutes autour de l'éponyme Masiko, tueuse à gage professionnelle, ange vengeur capable de tuer en un éclair, véritable légende dans les milieux criminelle qu'elle cherche pourtant à fuir (tant qu'elle peut), … et depuis peu maman ! Oui, on le comprend très vite, tout le sel du personnage et des trois histoire la concernant est ce jeu constant entre la figure maternelle, aimante et rêveuse, et la figure d'ange de la mort que Masiko inspire partout où elle passe. La première histoire est une explosion, on y suis Masiko et sa fille (Xiong Mao, aka "Petit Panda") venant tout juste de fuir le monde sous-terrain et devant échapper aux vagues d'assassins en tout genre à leurs trousses. Des scènes d'actions dantesques et bien rythmées, des dialogues punchs et parfois idiots qui fleurent bon la série B, une touche d'émotion avec une ouverture potentielle vers des lendemains meilleurs, … C'est sans doute mon histoire préférée des trois, même s'il s'agit de la plus simple, rien que pour son rythme entraînant. La seconde histoire est une histoire de vengeance, construite autour de trois puissants - de trois ordures pourrais-je même ajouter - se racontant le sourire aux lèvres comment ils ont ruiné la vie de trois femmes, le tout devant une danse de voiles construite comme un décompte. Treize mouvements, treize doubles pages faisant lentement avancer les histoires de ces trois hommes abjectes devant le corps de la danseuse se révélant chaque fois un peu plus, faisant toujours monter la tension et nous faisant deviner ce qu'il va rapidement se passer une fois le décompte terminé. L'histoire est là encore très bien rythmée même si je regrette un tantinet le caractère trop prévisible du dénouement, ce qui n'est certes pas un mal quand l'histoire reste si joliment narrée mais qui m'a tout de même parue un chouïa dommageable. Disons qu'on n'est pas là pour un twist narratif mais qu'on tient par la tension grimpante et la promesse d'une explosion finale. La troisième histoire, enfin, est la plus surprenante. Elle tient presque du roman puisque la narration est purement externe à ce qui nous est montré, très verbeuse aussi. Cette histoire retrace le passé du père de Xiong Mao, de sa rencontre avec Masiko et la raison pour laquelle ils se sont séparés, la raison pour laquelle elle et sa fille ont du fuir. C'est une histoire assez classique de montée au pouvoir dans la mafia, de propos sur l'honneur et la camaraderie au sein d'un univers extrêmement violent et cruel, se terminant bien évidemment de manière amère, mais si cette petite histoire brille c'est surtout par sa forme. Chaque page, en plus de la narration du père, nous présente un tatouage de Masiko, symboles du temps qui passe (puisque les tatouages s'ajoutent et s'empilent sans cesse) mais aussi symboles des changements de la vie de ces personnages. Tout con sur le papier mais efficace. En bref les trois histoires sont vives, bien rythmées, entraînantes et joliment construites, je prend un grand plaisir à lire cet album. Pourtant comme dit longuement (et de manière bien foireuse) dans mon intro, je ne sais pas comment bien noter cet album. Aucune attache à la série mère, pas une grande fan de l'imagerie "sexy à tout prix" des personnages féminins, pas une amatrice des récits ambitieux mais qui se perdent parfois dans leur élan créatif. Mais vous savez quoi ? Parce que j'aime beaucoup le dessin de Maudoux, les récits délirants façon série B qui s'assument et parce que je prend un sincère plaisir à la lecture, je me dis que je peux faire monter ma note à 3,5 et arrondir à 4 sans regret ! (En plus comme ça je ne culpabiliserai pas de faire baisser la moyenne de l'album).

04/01/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Tomdelapampa

Bon je ne serai certainement pas le plus objectif, tant j’ai de la sympathie pour l’univers, mais ce Masiko me plaît de plus en plus. Pourtant à sa sortie je faisais parti des déçus, connaissant déjà les 2 premiers récits à travers Doggybags, j’étais un peu deg’. Depuis, chaque nouvelle lecture me conforte que cet album est un petit plaisir coupable. J’aime beaucoup le personnage de Masiko, un stéréotype qui marche bien, elle nous est d’emblée sympathique, tueuse sanguinaire et jeune maman. En plus elle est sublimée sous les pinceaux de Florent Maudoux. Ses 2 aventures sont bien faites en plus d’être fun, c’est pas primordial mais ajoute de la cohérence à la série Rouge. La dernière histoire sera plus surprenante, dans le fond comme dans la forme, et ne laissera pas indifférent. Bravo à l’auteur.

03/03/2024 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

J'ai bien aimé la première nouvelle sur Masiko, la tueuse légendaire, mais un peu moins les deux suivantes. Il faut dire que la dernière n'est qu'une compilation de portraits illustratifs avec une narration tout à fait pesante. Cependant, graphiquement, c'est beaucoup de bonheur pour les amateurs du genre. Au final, c'est pas mal mais ce n'est pas une réussite car un certain déséquilibre est perceptible. Il est vrai que l'héroïne portant son bébé sur le dos est une sacrée combattante. Maintenant, les mères de famille seront certainement assez offusquées car quand on a la responsabilité d'un être aussi fragile, on ne combat pas les triades comme si de rien n'était. C'est parfois violent et trash.

18/07/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Oui, bon, peut-être que c'est un peu exagéré de mettre 4 ... Mais soyons honnête, les deux premières histoires (bien qu'ayant déjà été visibles dans Doggybags) sont tout de même très sympathiques à relire et collent bien à l'ensemble de l'univers de Freak's Squeele. On y retrouve avec plaisir Masiko et ses lames de choc pour des combats dantesques. C'est divertissant et toujours plaisant à lire. Et bien dessiné en plus. Mais c'est surtout pour la troisième partie que cette BD vaut le coup : un dessin sans pareil qui évolue progressivement, dans une mise en scène très inspirée. L'auteur nous présente Masiko du point de vue du père de Petit Panda, et c'est tout bonnement enchanteur. On sent toute la volonté de Florent Maudoux de retransmettre la beauté et le charme de cette tueuse. C'est époustouflant ! Une BD qui reste dans l'idée de la série Freak's Squeele et qui n'a sans doute pas un intérêt immense si vous ne la connaissez pas. Mais sinon, franchement, ça vaut le coup d'oeil. Surtout le coup d'oeil.

18/02/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Voilà que Fabien Maudoux remet le couvert pour sortir chez Ankama, fidèle au Label 619, un album regroupant 3 récits sur Masiko, la belle mais ô combien dangereuse mère de "Petit Panda", que certains auront sans doute découvert dans l'excellente série Freaks' Squeele. Le plus indéniable de cette collection reste sans conteste le soin apporté à l'objet. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Couverture magnifique, le talent de Maudoux se prolongeant sans mauvaise surprise à l'intérieur. Le seul reproche que l'on pourrait faire tient au fait que deux des récits sont issus de publications antérieures dans la série Doggybags du même éditeur, et que les lecteurs (comme moi ?) qui n'y auraient pas pris garde pourraient être un brin déçu. Mais ne boudons pas notre plaisir car, le dernier récit, qui tient pratiquement plus de l'illustration puisqu'il s'agit d'un récit composé sur le corps de la belle et des tatouages qui vont nous conter des bribes de sa vie à travers le regard du père de Petit Panda, leur fille. C'est juste magnifique. Maudoux s'amuse (ou se torture ?) à nous dessiner ce corps dans des cadrages et des angles ambitieux pour nous révéler les tatouages qui vont finir par vêtir ce corps... Un album qui ne pourra que ravir les amoureux du personnage et du genre.

20/03/2015 (modifier)