Les derniers avis (31994 avis)

Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Gen aux pieds nus (Gen d'Hiroshima)
Gen aux pieds nus (Gen d'Hiroshima)

Enfin un manga qui en a dans le pantalon! C'est un manga paru au japon dans les années 70 qui met en scène le parcours de jeunes gens dépossédés par les bombardements nucléaires de 45 de leurs familles et parfois de leurs maisons ou de leur santé. Ce n'est pas larmoyant, (genre Sans Famille), ce qui est mis en scène, c'est la révolte contre la guerre et le modèle militariste encore en activité longtemps après la guerre et malgré le désastre flagrant. Comme si l'auteur souhaitait mettre sous le nez des décideurs leur incurie et leur aveuglement, mais aussi le démontrer à la jeune génération pour qu'elle ne reproduise pas ce modèle. Les personnages sont attachants même si le filtre manga tend à exagérer leurs réactions jusqu'à la caricature, par la répétition, les nez qui coulent, et une place très lancinante des chansons populaires et de leur rôle consolateur, ou au contraire va-t-en guerre. Orphelins, cancéreux, abandonnés en tous genre, ils travaillent dur et s'entraident rageusement en rêvant de changer le monde. La forme aussi est intéressante. Les visages ont une stylisation peu courante, et je me demande si elle n'a pas quelque chose de médiéval par moment, mais mâtinée de l'esthétique soixante-huitarde. Jupes plissées longues et pattes d'ef, cheveux longs et nez proéminents, cils et sourcils très marqués. Et à noter aussi: une élégance particulière dans la coupe des chaussures. Bref c'est plein de vigueur et de pertinence. Je vous le recommande chaudement.

25/09/2015 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Comment faire fortune en juin 40
Comment faire fortune en juin 40

Cet album, dont je guettais la sortie depuis quelques temps, est un des albums incontournables de cette rentrée. Avec Nury et Dorison au scénario, je ne pouvais que m'attendre à une bonne surprise. Par contre, je ne connaissais pas le dessin de Laurent Astier, qui m'a un peu surpris. Son style oscille sans cesse entre le dessin réaliste et la caricature. D'ailleurs, dans les bonus de la (superbe) version en noir et blanc, Laurent Astier ne cesse de faire référence à Alain Delon, Lino Ventura, Gérard Depardieu, ou encore Pierre Fresnay pour dessiner ses personnages principaux. Librement adapté d'un roman de Pierre Siniac " Sous l'aile noire des rapaces", cette bande dessinée est littéralement jubilatoire. Les situations sont souvent drôles, cela flingue à tout va et cela ne va pas sans rappeler le film "les Morfalous", normal, c'est tiré d'un ouvrage dudit Siniac. Cette adaptation qui mêle à la fois la comédie, la tragédie et l'aventure, vous fait passer un très agréable moment de lecture. Pour ma part, je retiens ce titre comme un des meilleurs de cette rentrée. Le format choisi, assez inhabituel, pour la version couleur peut surprendre mais le travail de Laurence Croix sur la couleur est tout à fait remarquable et mérite d'être souligné. Il faut souligner une édition en noir et blanc, avec un format plus grand, plus classique, accompagné d'un bonus assez conséquent, qui rend hommage au superbe dessin de Laurent Astier. Ne pouvant opter pour l'une ou l'autre des versions, j'ai acheté les deux... Dans la débâcle de Juin 40, je vous invite à vous plonger dans ce casse assez surprenant, où les rebondissements ne sont pas rares. Bonne lecture.

24/09/2015 (modifier)
Couverture de la série Passe-moi l'ciel
Passe-moi l'ciel

3,5/5 Saint Pierre joue au billard et picole au Paradisio bar, flirte avec Sainte Nitouche, jure , blasphème et se découvre poliment de son auréole lorsqu’il rentre dans le bureau du patron. Le patron ( Dieu ) fume des cigares Monte Christo Havana, bagouzes aux doigts, accumule les factures et reçoit ses administrés dans son opulent palais résidentiel bardé de malabars préposés à sa sécurité tandis que son fils prodigue ( Jésus ) glande depuis deux mille ans en se goinfrant de chips devant sa console. Un étage en dessous, Satan et ses assesseurs rivalisent d'imagination pour tortionner dans une bonne humeur communicative. Et tout ce petit monde gravite autour du paradis des éléphants, des lombrics ou des poissons rouges. Plaisant et rafraichissant.

24/09/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Favorite
La Favorite

La Favorite est indéniablement une BD originale. En fait, il vaut mieux la lire sans en savoir rien car elle dévoile peu à peu ses surprises et révélations. C'est ainsi que je l'ai lue et je dois dire avoir été agréablement pris au dépourvu. Disons pour faire simple que cela s'entame sur l'histoire d'un enfant vivant cloîtré avec ses grands-parents dans une vieille demeure campagnarde, avec une grand-mère violente et autoritaire qui fait de sa vie un enfer coupé du monde. On suit ainsi les états d'âme de cet enfant de 10 ans, son monde imaginaire, ses tentatives de rébellion vite réprimées, ses aperçus du monde extérieur. Mais les choses se révèlent plus complexes et plus originales que cela. Le très beau dessin en noir et blanc à la plume donne un aspect élégant et un peu rétro au récit. L'encrage et les hachures le rendent assez proche du style des gravures anciennes et cela renforce l'impression d'être dans un lieu hors du temps, quelque part au XIXe siècle peut-être, alors que l'action se déroule dans les années 70. A l'inverse, la représentation des visages, en tout cas de ceux du grand-père et de l'enfant, sont un peu plus modernes et ronds, dans un style presque cartoon. Cela reflète la tournure plus légère, voire doucement humoristique, que prend le récit par moment. Ce contraste permet d'éviter un récit dramatique et sombre, même si cela s'apparente quand même le plus souvent à du rire jaune, un peu grinçant. Malgré quelques aspects passablement dérangeants, c'est un récit intéressant, rythmé et bien mené. Il se révèle surprenant et sort des sentiers battus tant par son intrigue que par la façon dont il est mis en scène et dont il se dévoile. Les dates, lieux et noms sont d'ailleurs tellement précis que j'ai vérifié s'il s'agissait d'une histoire vraie mais à priori, je ne trouve rien. Qu'il s'agisse de faits véridiques, de la transposition d'une histoire vraie similaire ou d'une pure fiction, c'est en tout cas une bonne lecture.

24/09/2015 (modifier)
Couverture de la série Mac Coy
Mac Coy

Des anachronismes en veux-tu en voilà! Des personnages haut en couleurs. Des dessins somptueux (Palacios a du génie). Des scenarii parfois décousus (notamment les 5 premiers tomes) . Quelques très beaux albums ( Trafiquants de scalps , Little Big Horne , Camerone, Les collines de la peur). D'autres plus anodins ( Le fantôme de l'espagnol, La malle aux Sortilèges). De la poussière, des visages burinés, du soufre, des paysages grandioses. Mac Coy c'est un peu tout ça à la fois.

24/09/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Pommes Miracle
Les Pommes Miracle

J’ai bien aimé l’histoire de cet homme qui a été obligé par les événements à être un agriculteur. Sa famille ne lui a pas laissé le choix. De même que c’est sa famille qui lui a imposé sa future épouse pour son plus grand bonheur. On pourrait alors se dire que nous avons à faire à un homme qui se résigne à tout mais il n’en n’est rien. En effet, son épouse est très souvent malade à cause des pesticides. C’est l’emploi de ceux-ci qui va être au cœur de ce one-shot qui décrit d’ailleurs une histoire véridique. En effet, notre homme veut produire des pommes 100% naturelle c’est-à-dire sans l’emploi des pesticides ce qui paraît absolument impossible pour la profession. On va voir qu’il s’enfoncera dans la pauvreté et sous les moqueries de ses camarades concurrents. Il va s’obstiner jusqu’au bout alors que ses pommiers sont à l’agonie. On sait d’avance (et ce n’est certes pas un spolier) qu’il va réussir dans son entreprise et être alors connu dans tout le Japon et même au-delà. La réussite de cette entreprise nous est conté et on va se rendre compte à quel point ce fut difficile. Ce manga va pas nous faire échapper au misérabilisme et au sentimentalisme de façade. Il y aura comme une sorte d’exaspération mais cela fonctionne car on est loin de l'idéalisation. J’accorde tout de même le 4 étoiles car ma vraie note se situerait plutôt autour de 3.5. J’ai trouvé ce récit assez intéressant qui ressemble un peu au manga que j'avais posté à savoir Les Fils de la terre dans le genre récit écolo.

24/09/2015 (modifier)
Couverture de la série Docteur Radar
Docteur Radar

L'avis précédent résume bien ce que l'on peut trouver dans cette bd, que j'ai trouvée très réussie. A ceci près que j'ajouterais que les dessins de Bezian sont superbes, alliés à une colorisation impeccable. Une bd polar vieille époque où le lecteur n'a pas le temps de souffler du début jusqu'à la dernière vignette !

23/09/2015 (modifier)
Couverture de la série Les Tuniques Bleues
Les Tuniques Bleues

3,5/5 Il y a deux séries en une dans les Tuniques bleues : Une qui court du tome 1 au tome 34 et une seconde du 35 au 58 (seul le 40, Les hommes de paille pourrait prétendre accéder à la première liste). La première partie mérite le 5 la seconde un 2... et je pèse mes notes. Comment réaliser un tel grand écart entre par exemple : La prison de Robertsonville (n°6), Les bleus de la marine (n°7), El Padre (n°17), Blue Retro (n°18 ), Le David (n°19), L'or du Québec (n°26) ou Bull Run (n°27), EXCELLENTS ALBUMS et : Des bleus et du blues (n°43), Requiem pour un bleu (n°46), Arabesque (n°48 ), Des bleus dans le brouillard (n°52), Dent pour dent (n°56), Colorado story (n°57), Les bleus se mettent au vert (n°58 ), VERITABLES BOUSES ? Demandez à Cauvin.

23/09/2015 (modifier)
Couverture de la série Lester Cockney
Lester Cockney

Si la qualité du dessin de Franz est remarquable, on regrettera quelques trop nombreux anachronismes (notamment dans les 2 derniers albums, mais pas que) qui gâchent un peu le plaisir du lecteur pragmatique et qui ne m'encouragent pas à mettre le 5 que certains albums méritent grandement notamment Une Hongroise au Pendjab et les Conjurés du Danube. On suit avec un plaisir néanmoins non dissimulé les pérégrinations souvent enchanteresses de cet irlandais impétueux.

23/09/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jim Curious
Jim Curious

Allons y joyeusement et sans détours : ce livre jeunesse est tout simplement la plus jolie expérience en 3D anaglyphe que je connaisse. Anaglyphe ? Kézaco ? Tout simplement ce procédé « vintage » de lunettes 3D en rouge et bleu comme on peut le deviner dès la couverture de ce beau livre qui séduira aussi les grands. Sommairement il s’agit d’une aventure toute bête et sans paroles d’un scaphandrier aux formes arrondies allant faire un petit tour dans les profondeurs de l’océan. Ses péripéties nous placent au cœur des abysses dans un noir d’encre (le principe de carte à gratter avec son noir si puissant confère un sentiment de solitude et d’infiniment petit des plus spectaculaires)… Attendez-vous donc à être émerveillé par ces grandes pages de toute beauté (Matthias Picard offre des fresques de toute beauté avec une faune aquatique étonnante et quelques surprises….) L’histoire se termine par un encart de 4 pages et une jolie conclusion. Facile et déjà vue certes mais qui donne envie de vite s’y replonger … sous-entendu que votre vue est reposée car oui, les dessins sont superbes mais bonjour les migraines au-delà de 5 minutes de lecture… Par ailleurs l’album se lit très très vite, trop vite mais suffisamment néanmoins pour justifier le prix élevé mais conséquent de ces quelques minutes de bonheur. Je déplore simplement que l’éditeur n’ait pas opté pour un rangement optimal des 2 paires accompagnant ce livre (il s’agit de lunettes collées dans leur logement plastique simplement en fin d’ouvrage) afin d’en faire l’objet exceptionnel que ce livre mérite. C’est en tous cas une très chouette expérience et un livre à retenir pour faire un cadeau qui plaira à coup sûr, de 7 à 77 ans !

23/09/2015 (modifier)