Ça calme ! En fin d'ouvrage, les auteurs nous expliquent la genèse du scénario et nous disent qu'au cours de leurs recherches ils ont été tentés d'orienter le récit d'une autre manière mais que cette version faisait un peu trop pamphlet contre la "Franceafrique". Dommage, mais c'est bien "grâce" à des politiques occidentales et d'ailleurs que le continent africain vit cette situation depuis des années.
Cette histoire est une claque qui nous montre le parcours de deux frères enrôlés de force dans un pseudo mouvement de libération. Même si ce récit est imaginaire, il se base sur des faits malheureusement bien réels. Enlèvements d'enfants dans les villages, asservissement par l'usage de drogues, puis le rythme infernal des exactions de toutes sortes. Plus tard l'un des deux frères parviendra à échapper à ce funeste destin mais pour replonger dans la violence, sa vie lui ayant été volée.
Dans un scénario diaboliquement efficace C. Baloup nous place sous tension et ne nous lâche plus jamais jusqu'à une conclusion paroxystique. Par un ensemble de situations plus ou moins dramatiques il nous prend aux tripes sans tomber dans le pathos ou la surenchère (toujours l'on se dit : ''c'est comme ça en vrai"). Au dessin C. Alliel, est parfaitement à l'aise et nous offre un trait puissant aussi bien dans la jungle africaine que celle des grandes villes.
Assurément un immanquable que tous les bédéphiles se doivent de lire.
Après Hollande et ses 2 femmes des mêmes auteurs, je me devais aussi de lire sur son prédécesseur et peut-être successeur pour des questions d'impartialité. C'est cela également l'éthique ! Cela se présente comme une bd d'humour mais c'est assez trompeur car c'est en réalité un véritable documentaire sur des faits avérés. Il y a tout un travail journalistique de grande qualité car cela ne s'appuie pas que sur des rumeurs. A vrai dire, c'est un genre que j'aime bien.
La Vie secrète de Marine Le Pen pourrait compléter le tableau. Nous avons 3 personnalités qui sont marquées par le rejet d'une grande partie de la population et qu'on retrouvera finalement sur la tête d'affiche des prochaines élections présidentielles. Oui, on va voter pour l'une de ces personnalités qu'on rejette et finalement pour la moins pire à défaut de nouveauté genre Macron.
Pour revenir à la bd, c'est hautement politique tout en jouant sur la carte du comportement de l'homme. On va encore plus détester le personnage en la lisant. Autant Hollande était niais, autant Sarkozy apparaît comme une vilaine personne. Certes, on le sait déjà mais cela n'empêchera pas le peuple de le revoter le cas échéant. C'est là tout le paradoxe français. On aime bien se faire mal.
La RN 83 n'est pas aussi belle que la fameuse route 66 et elle est beaucoup moins connue. Elle part en effet de ma ville Strasbourg pour rejoindre Lyon. Visiblement, nous avons une série concept autour de cette route nationale qui traverse une bonne partie de la France. Chaque fiction met en scène des lieux particuliers et pour certains chargés d'histoires et pour d'autres sur des rumeurs.
Cette histoire se lit comme un véritable one-shot. Cela commence comme un thriller policier pour se terminer en véritable récit fantastique alors que rien n'y prédestinait. C'est assez prenant et finalement assez convenu dans la mise en scène. Il est clair que c'est la fin qui révèle l'ensemble des mystères autour de cet hôtel au bord de la RN83 et situé non loin de Colmar. Certes, c'est du déjà vu mais assez bien réalisé pour une lecture plaisante.
14 albums. Ils ne se valent pas tous. Si les premiers peuvent paraitre confus, brouillons, parfois peut-être réalisés à la va comme je te pousse, les 5 derniers sont souvent très agréables. Le graphisme de F'murrr atteint dans Cheptel Maudit (n°13) et ...Courent dans la montagne (n°14) une plénitude épatante et un savoir-faire singulier, quand aux couleurs elles sont à l'avenant du reste, minutieuses et nuancées. Le scénario dans ces quatre, cinq derniers opus y est peut-être aussi plus terre-à-terre. Entendons nous bien on surfe encore dans le grand n'importe quoi! Mais un tantinet moins qu'avant.
Le génie des alpages; une oxymore : un capharnaüm orchestré...et de main de maître.
3,5/5
Kas doit décidément être un proche parent de Rosinski tant son dessin rappelle celui du polonais. Il sied en tout cas à merveille à ces deux beaux albums que sont Athabasca et Grizzli.
Passionnant sujet que celui de ces voyageurs canadiens employés à la traite des fourrures avec les Amérindiens au commencement du XIXème. Si le récit est simple, il est sans anicroche et plaisant. La limpidité des eaux, la neige immaculée et ces espaces indéfrichés confèrent à ces deux albums le charme de toute chose précaire.
A découvrir.
3,5/5
Il est galant, courtois, altruiste, assidu, courageux, désintéressé, scrupuleux, consciencieux, attachant et beau. Il se nomme Trent et arpente en long en large et en travers le Canada, du Grand Nord à la frontière américaine. Il est sergent dans la police montée et arbore avec élégance un uniforme rouge lui seyant à merveille.
Rodolphe et Léo nous concoctent des scénarii sans surprises et sans fausses notes sur ce héros décidément bien sage.
Les grèves et autres mouvements sociaux n'ont que peu été traiter dans la bande dessinée et c'est donc avec un certain plaisir que j'ai découvert cette histoirequi c'est passé dans ma région au sortir de la guerre. A cette époque le Parti Communiste est une force politique avec laquelle il faut compter, on trouve en son sein de nombreux anciens résistants dont beaucoup ont payé leurs actions de leur vie. Quelques années après la guerre des dissensions idéologiques éclatent, notamment parce que le PC d'URSS et les cadres français s'enfoncent dans le stalinisme pur et dur.
Je ne résumerais pas l'histoire, d'autres l'ont fait, mais s'il est vrai qu'un certain manichéisme se dégage de la lecture, je trouve qu'il faut, et ce qu'elle que soit la couleur politique des combattants, rendre un hommage à ces ouvriers, en fait à toute une population, qui se sont battus pour faire valoir leur droit.
Et puis ce poème d'Eluard "adapté" par un ouvrier en colère possède une force incontestable qui donne à ce combat ses lettres de noblesse.
Assurément à lire pour se replonger dans une époque et peut être en prendre de la graine.
Enfin un manga qui en a dans le pantalon!
C'est un manga paru au japon dans les années 70 qui met en scène le parcours de jeunes gens dépossédés par les bombardements nucléaires de 45 de leurs familles et parfois de leurs maisons ou de leur santé.
Ce n'est pas larmoyant, (genre Sans Famille), ce qui est mis en scène, c'est la révolte contre la guerre et le modèle militariste encore en activité longtemps après la guerre et malgré le désastre flagrant. Comme si l'auteur souhaitait mettre sous le nez des décideurs leur incurie et leur aveuglement, mais aussi le démontrer à la jeune génération pour qu'elle ne reproduise pas ce modèle.
Les personnages sont attachants même si le filtre manga tend à exagérer leurs réactions jusqu'à la caricature, par la répétition, les nez qui coulent, et une place très lancinante des chansons populaires et de leur rôle consolateur, ou au contraire va-t-en guerre. Orphelins, cancéreux, abandonnés en tous genre, ils travaillent dur et s'entraident rageusement en rêvant de changer le monde.
La forme aussi est intéressante. Les visages ont une stylisation peu courante, et je me demande si elle n'a pas quelque chose de médiéval par moment, mais mâtinée de l'esthétique soixante-huitarde. Jupes plissées longues et pattes d'ef, cheveux longs et nez proéminents, cils et sourcils très marqués. Et à noter aussi: une élégance particulière dans la coupe des chaussures.
Bref c'est plein de vigueur et de pertinence. Je vous le recommande chaudement.
Cet album, dont je guettais la sortie depuis quelques temps, est un des albums incontournables de cette rentrée.
Avec Nury et Dorison au scénario, je ne pouvais que m'attendre à une bonne surprise. Par contre, je ne connaissais pas le dessin de Laurent Astier, qui m'a un peu surpris. Son style oscille sans cesse entre le dessin réaliste et la caricature. D'ailleurs, dans les bonus de la (superbe) version en noir et blanc, Laurent Astier ne cesse de faire référence à Alain Delon, Lino Ventura, Gérard Depardieu, ou encore Pierre Fresnay pour dessiner ses personnages principaux.
Librement adapté d'un roman de Pierre Siniac " Sous l'aile noire des rapaces", cette bande dessinée est littéralement jubilatoire.
Les situations sont souvent drôles, cela flingue à tout va et cela ne va pas sans rappeler le film "les Morfalous", normal, c'est tiré d'un ouvrage dudit Siniac.
Cette adaptation qui mêle à la fois la comédie, la tragédie et l'aventure, vous fait passer un très agréable moment de lecture.
Pour ma part, je retiens ce titre comme un des meilleurs de cette rentrée.
Le format choisi, assez inhabituel, pour la version couleur peut surprendre mais le travail de Laurence Croix sur la couleur est tout à fait remarquable et mérite d'être souligné.
Il faut souligner une édition en noir et blanc, avec un format plus grand, plus classique, accompagné d'un bonus assez conséquent, qui rend hommage au superbe dessin de Laurent Astier.
Ne pouvant opter pour l'une ou l'autre des versions, j'ai acheté les deux...
Dans la débâcle de Juin 40, je vous invite à vous plonger dans ce casse assez surprenant, où les rebondissements ne sont pas rares.
Bonne lecture.
3,5/5
Saint Pierre joue au billard et picole au Paradisio bar, flirte avec Sainte Nitouche, jure , blasphème et se découvre poliment de son auréole lorsqu’il rentre dans le bureau du patron.
Le patron ( Dieu ) fume des cigares Monte Christo Havana, bagouzes aux doigts, accumule les factures et reçoit ses administrés dans son opulent palais résidentiel bardé de malabars préposés à sa sécurité tandis que son fils prodigue ( Jésus ) glande depuis deux mille ans en se goinfrant de chips devant sa console.
Un étage en dessous, Satan et ses assesseurs rivalisent d'imagination pour tortionner dans une bonne humeur communicative.
Et tout ce petit monde gravite autour du paradis des éléphants, des lombrics ou des poissons rouges.
Plaisant et rafraichissant.
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Le Ventre de la Hyène
Ça calme ! En fin d'ouvrage, les auteurs nous expliquent la genèse du scénario et nous disent qu'au cours de leurs recherches ils ont été tentés d'orienter le récit d'une autre manière mais que cette version faisait un peu trop pamphlet contre la "Franceafrique". Dommage, mais c'est bien "grâce" à des politiques occidentales et d'ailleurs que le continent africain vit cette situation depuis des années. Cette histoire est une claque qui nous montre le parcours de deux frères enrôlés de force dans un pseudo mouvement de libération. Même si ce récit est imaginaire, il se base sur des faits malheureusement bien réels. Enlèvements d'enfants dans les villages, asservissement par l'usage de drogues, puis le rythme infernal des exactions de toutes sortes. Plus tard l'un des deux frères parviendra à échapper à ce funeste destin mais pour replonger dans la violence, sa vie lui ayant été volée. Dans un scénario diaboliquement efficace C. Baloup nous place sous tension et ne nous lâche plus jamais jusqu'à une conclusion paroxystique. Par un ensemble de situations plus ou moins dramatiques il nous prend aux tripes sans tomber dans le pathos ou la surenchère (toujours l'on se dit : ''c'est comme ça en vrai"). Au dessin C. Alliel, est parfaitement à l'aise et nous offre un trait puissant aussi bien dans la jungle africaine que celle des grandes villes. Assurément un immanquable que tous les bédéphiles se doivent de lire.
Sarkozy et ses femmes
Après Hollande et ses 2 femmes des mêmes auteurs, je me devais aussi de lire sur son prédécesseur et peut-être successeur pour des questions d'impartialité. C'est cela également l'éthique ! Cela se présente comme une bd d'humour mais c'est assez trompeur car c'est en réalité un véritable documentaire sur des faits avérés. Il y a tout un travail journalistique de grande qualité car cela ne s'appuie pas que sur des rumeurs. A vrai dire, c'est un genre que j'aime bien. La Vie secrète de Marine Le Pen pourrait compléter le tableau. Nous avons 3 personnalités qui sont marquées par le rejet d'une grande partie de la population et qu'on retrouvera finalement sur la tête d'affiche des prochaines élections présidentielles. Oui, on va voter pour l'une de ces personnalités qu'on rejette et finalement pour la moins pire à défaut de nouveauté genre Macron. Pour revenir à la bd, c'est hautement politique tout en jouant sur la carte du comportement de l'homme. On va encore plus détester le personnage en la lisant. Autant Hollande était niais, autant Sarkozy apparaît comme une vilaine personne. Certes, on le sait déjà mais cela n'empêchera pas le peuple de le revoter le cas échéant. C'est là tout le paradoxe français. On aime bien se faire mal.
RN 83
La RN 83 n'est pas aussi belle que la fameuse route 66 et elle est beaucoup moins connue. Elle part en effet de ma ville Strasbourg pour rejoindre Lyon. Visiblement, nous avons une série concept autour de cette route nationale qui traverse une bonne partie de la France. Chaque fiction met en scène des lieux particuliers et pour certains chargés d'histoires et pour d'autres sur des rumeurs. Cette histoire se lit comme un véritable one-shot. Cela commence comme un thriller policier pour se terminer en véritable récit fantastique alors que rien n'y prédestinait. C'est assez prenant et finalement assez convenu dans la mise en scène. Il est clair que c'est la fin qui révèle l'ensemble des mystères autour de cet hôtel au bord de la RN83 et situé non loin de Colmar. Certes, c'est du déjà vu mais assez bien réalisé pour une lecture plaisante.
Le Génie des alpages
14 albums. Ils ne se valent pas tous. Si les premiers peuvent paraitre confus, brouillons, parfois peut-être réalisés à la va comme je te pousse, les 5 derniers sont souvent très agréables. Le graphisme de F'murrr atteint dans Cheptel Maudit (n°13) et ...Courent dans la montagne (n°14) une plénitude épatante et un savoir-faire singulier, quand aux couleurs elles sont à l'avenant du reste, minutieuses et nuancées. Le scénario dans ces quatre, cinq derniers opus y est peut-être aussi plus terre-à-terre. Entendons nous bien on surfe encore dans le grand n'importe quoi! Mais un tantinet moins qu'avant. Le génie des alpages; une oxymore : un capharnaüm orchestré...et de main de maître.
Les Voyageurs
3,5/5 Kas doit décidément être un proche parent de Rosinski tant son dessin rappelle celui du polonais. Il sied en tout cas à merveille à ces deux beaux albums que sont Athabasca et Grizzli. Passionnant sujet que celui de ces voyageurs canadiens employés à la traite des fourrures avec les Amérindiens au commencement du XIXème. Si le récit est simple, il est sans anicroche et plaisant. La limpidité des eaux, la neige immaculée et ces espaces indéfrichés confèrent à ces deux albums le charme de toute chose précaire. A découvrir.
Trent
3,5/5 Il est galant, courtois, altruiste, assidu, courageux, désintéressé, scrupuleux, consciencieux, attachant et beau. Il se nomme Trent et arpente en long en large et en travers le Canada, du Grand Nord à la frontière américaine. Il est sergent dans la police montée et arbore avec élégance un uniforme rouge lui seyant à merveille. Rodolphe et Léo nous concoctent des scénarii sans surprises et sans fausses notes sur ce héros décidément bien sage.
Un homme est mort
Les grèves et autres mouvements sociaux n'ont que peu été traiter dans la bande dessinée et c'est donc avec un certain plaisir que j'ai découvert cette histoirequi c'est passé dans ma région au sortir de la guerre. A cette époque le Parti Communiste est une force politique avec laquelle il faut compter, on trouve en son sein de nombreux anciens résistants dont beaucoup ont payé leurs actions de leur vie. Quelques années après la guerre des dissensions idéologiques éclatent, notamment parce que le PC d'URSS et les cadres français s'enfoncent dans le stalinisme pur et dur. Je ne résumerais pas l'histoire, d'autres l'ont fait, mais s'il est vrai qu'un certain manichéisme se dégage de la lecture, je trouve qu'il faut, et ce qu'elle que soit la couleur politique des combattants, rendre un hommage à ces ouvriers, en fait à toute une population, qui se sont battus pour faire valoir leur droit. Et puis ce poème d'Eluard "adapté" par un ouvrier en colère possède une force incontestable qui donne à ce combat ses lettres de noblesse. Assurément à lire pour se replonger dans une époque et peut être en prendre de la graine.
Gen aux pieds nus (Gen d'Hiroshima)
Enfin un manga qui en a dans le pantalon! C'est un manga paru au japon dans les années 70 qui met en scène le parcours de jeunes gens dépossédés par les bombardements nucléaires de 45 de leurs familles et parfois de leurs maisons ou de leur santé. Ce n'est pas larmoyant, (genre Sans Famille), ce qui est mis en scène, c'est la révolte contre la guerre et le modèle militariste encore en activité longtemps après la guerre et malgré le désastre flagrant. Comme si l'auteur souhaitait mettre sous le nez des décideurs leur incurie et leur aveuglement, mais aussi le démontrer à la jeune génération pour qu'elle ne reproduise pas ce modèle. Les personnages sont attachants même si le filtre manga tend à exagérer leurs réactions jusqu'à la caricature, par la répétition, les nez qui coulent, et une place très lancinante des chansons populaires et de leur rôle consolateur, ou au contraire va-t-en guerre. Orphelins, cancéreux, abandonnés en tous genre, ils travaillent dur et s'entraident rageusement en rêvant de changer le monde. La forme aussi est intéressante. Les visages ont une stylisation peu courante, et je me demande si elle n'a pas quelque chose de médiéval par moment, mais mâtinée de l'esthétique soixante-huitarde. Jupes plissées longues et pattes d'ef, cheveux longs et nez proéminents, cils et sourcils très marqués. Et à noter aussi: une élégance particulière dans la coupe des chaussures. Bref c'est plein de vigueur et de pertinence. Je vous le recommande chaudement.
Comment faire fortune en juin 40
Cet album, dont je guettais la sortie depuis quelques temps, est un des albums incontournables de cette rentrée. Avec Nury et Dorison au scénario, je ne pouvais que m'attendre à une bonne surprise. Par contre, je ne connaissais pas le dessin de Laurent Astier, qui m'a un peu surpris. Son style oscille sans cesse entre le dessin réaliste et la caricature. D'ailleurs, dans les bonus de la (superbe) version en noir et blanc, Laurent Astier ne cesse de faire référence à Alain Delon, Lino Ventura, Gérard Depardieu, ou encore Pierre Fresnay pour dessiner ses personnages principaux. Librement adapté d'un roman de Pierre Siniac " Sous l'aile noire des rapaces", cette bande dessinée est littéralement jubilatoire. Les situations sont souvent drôles, cela flingue à tout va et cela ne va pas sans rappeler le film "les Morfalous", normal, c'est tiré d'un ouvrage dudit Siniac. Cette adaptation qui mêle à la fois la comédie, la tragédie et l'aventure, vous fait passer un très agréable moment de lecture. Pour ma part, je retiens ce titre comme un des meilleurs de cette rentrée. Le format choisi, assez inhabituel, pour la version couleur peut surprendre mais le travail de Laurence Croix sur la couleur est tout à fait remarquable et mérite d'être souligné. Il faut souligner une édition en noir et blanc, avec un format plus grand, plus classique, accompagné d'un bonus assez conséquent, qui rend hommage au superbe dessin de Laurent Astier. Ne pouvant opter pour l'une ou l'autre des versions, j'ai acheté les deux... Dans la débâcle de Juin 40, je vous invite à vous plonger dans ce casse assez surprenant, où les rebondissements ne sont pas rares. Bonne lecture.
Passe-moi l'ciel
3,5/5 Saint Pierre joue au billard et picole au Paradisio bar, flirte avec Sainte Nitouche, jure , blasphème et se découvre poliment de son auréole lorsqu’il rentre dans le bureau du patron. Le patron ( Dieu ) fume des cigares Monte Christo Havana, bagouzes aux doigts, accumule les factures et reçoit ses administrés dans son opulent palais résidentiel bardé de malabars préposés à sa sécurité tandis que son fils prodigue ( Jésus ) glande depuis deux mille ans en se goinfrant de chips devant sa console. Un étage en dessous, Satan et ses assesseurs rivalisent d'imagination pour tortionner dans une bonne humeur communicative. Et tout ce petit monde gravite autour du paradis des éléphants, des lombrics ou des poissons rouges. Plaisant et rafraichissant.