Les derniers avis (31990 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Sharaz-De
Sharaz-De

Que dire ? Magnifique bien sur! Le trait ou plutôt les traits de Toppi sont hallucinants de maitrise et possèdent un pouvoir évocateur manifeste. Dans cette adaptation des fameux contes qui peuvent être parfois redondants, c'est le dessin qui avant tout embarque le lecteur. Il est très difficile d'expliquer à quoi cela peut être du. Est ce la beauté des paysages, les architectures fabuleuses qui s'élèvent vers le ciel ? Personnellement dans le dessin de cet auteur ce que je trouve fascinant c'est cette capacité à retranscrire une sorte de temporalité immuable, comme un sentiment d'éternité. Nous sommes dans une autre sphère ou le temps, comme ralenti coule paresseusement nous laissant le possibilité de nous immerger dans le dessin. Certains avis ont fait allusion à de grands peintres comme Klimt, j'ajouterais que certaines planches m'ont fait penser aux magnifiques pochettes des albums du groupe Yes, je pense à Relayer ou Yessongs. Du grand art que je ne note cependant pas en culte, en cause les histoires des 1001 nuits trop hiératiques à mon goût.

10/10/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Golden City
Golden City

A sa sortie cette série a fait grand bruit : un environnement à la fois futuriste et très contemporain, un graphisme novateur et nerveux, et une histoire plutôt prenante, sur la quête d'identité et les jeux de pouvoirs, sur fond d'écologie. Il semblait au départ que Harrison Banks était le héros, et au fil des tomes la bande d'adolescents a pris de l'ampleur, avec son pélican dressé. Un second cycle commence avec le tome 10, et la reconstruction de Golden City dans l'espace au lieu de la haute mer. Une partie des personnages a survécu, et le positionnement de certains a changé. La série est bien relancée, même si je trouve le graphisme de Malfin un peu maladroit par moments.

19/04/2002 (MAJ le 09/10/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Carmen Cru
Carmen Cru

Ah!, la vilaine, l'affreuse vieille bonne femme, mais tellement attachante, pas au point de l'avoir comme voisine, mais tout de même. Sa méchanceté est sacrement jubilatoire. A ce propos je souhaiterais dire que si certains ont vu Chez Carmen Cru un sosie de Tatie Danièle, ils se trompent. Cette dernière n'est pas méchante, mais seulement acariâtre et presque caricaturale dans ses mimiques et ses bougonnements. Non, Carmen Cru c'est la méchanceté à l'état pur, raisonnée, calculée pour faire le mal et en jouir mais sans jamais qu'un sourire ne vienne souligner cette jubilation. Elle est en somme parfaite et ses moult agissements s'ils nous font rire sont teintés de noirceur. Autour d'elle une galerie de personnages récurrents tous croqués à la perfection, ah ce curé réparateur en chef des vélos du séminaire, le neveu fourbe et veule qui jamais ne pourra mettre le grappin sur l'oseille supposé de tantine. Autour de Carmen tout un univers réaliste pas toujours gai mais qui nous donne des situations de franche poilade. Le dessin est lui suffisamment complexe et précis pour retenir l'attention. Carmen est intemporelle et se doit d'être lue.

09/10/2015 (modifier)
Par Mitch
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sept Nains
Sept Nains

Cette parodie des 7 nains m'a particulièrement plu, j'ai aimé cette approche de l'histoire vue par les nains. Le reproche que je pourrais faire au concept "sept", c'est qu'il est difficile de développer l'histoire en plus de pages ou de tomes, d'où une fin un peu précipitée à mon sens. Cette touche humoristique qu'apporte Lupano est tout simplement géniale. Une fois de plus, je ne suis pas déçu par son scénario. J'approuve ce type de scénariste qui veut toucher à tout et qui ne reste pas focalisé sur un univers de BD. J'ai passé un agréable moment de lecture et j'ai même bien rigolé sur certains passages. Bref ce fut un coup de coeur pour moi.

09/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série La Maison aux Insectes
La Maison aux Insectes

Là encore, je ne connaissais pas ce mangaka à savoir Kazuo Umezu qui aurait d’ailleurs suspendu sa carrière de dessinateur et dont l’œuvre n’est pas encore très répandue en France. Son style est proche du maître de l’horreur à savoir Junji Ito. Cependant, c’est un cran plus mâture, plus réaliste avec juste ce qu’il faut comme touche de fantastique. On ne sera pas dans l’outrance ou l’invraisemblable. Cela m’a finalement assez plu de découvrir qu’il n’y a pas que Junji Ito sur ce créneau. Cela permet de voir des traitements différents. Au niveau du dessin, c’est assez austère avec une grande raideur du trait. Les cases sont petites et les pages nombreuses. Je pense que c’est sans doute une question de mise en page et de forme. Il n’y a pas une bonne mise en valeur graphique. Cela se ressent. Par ailleurs, le noir semble être la couleur prédominante en jouant sur toutes ses nuances. La lisibilité ne sera pas affectée pour autant. La première histoire qui donne le titre au récit est la seule qui est réellement horrifique. J’ai bien aimé car la chute est bien trouvée. La bougie est également une nouvelle assez bien construite. Ma préférée est le dernier récit sur le temps d’un été où une femme avait le choix entre deux hommes. Il est beaucoup question de la relation de couple et des tromperies qui se payent au prix cher. Les moralisateurs trouveront certainement leur bonheur. Une fois n’est pas coutume, je vais mettre 4 étoiles pour une découverte. Ce manga sur le thème de la relation amoureuse est surprenant dans le bon sens du terme. Ces sept histoires sont parues entre 1968 et 1973 mais comme le thème est intemporel, on ne ressent pas le poids des années.

09/10/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sculpteur
Le Sculpteur

3.5 Je me demandais ce que ressemblerait une oeuvre de fiction de l'auteur de la meilleure bande dessinée sur la bande dessinée que j'ai lue jusqu'à présent. Comme je m'en doutais, la narration de Scott McCloud est excellente. Il applique ses propres théories et son scénario est bien maitrise. J'ai eu du plaisir à lire son histoire alors qu'il y a des trucs qui habituellement ne m'intéressent pas trop. Je ne suis pas un grand fan habituellement des histoires se passant dans le milieu de l'art et le héros est un peu tete à claque même si je comprends sa déception de ne pas réussir dans la vie. Le pacte que David Smith passe donne droit à une bonne histoire. J'aime bien comment l'auteur montre les conséquences des gestes de son héros. Le dessin est formidable. Il y a des passages moins intéressants et cela m'a pris du temps pour trouver la relation amoureuse de David touchante, mais globalement je trouve cela bien fait quoique pas au point de crier au chef-d'oeuvre.

08/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Mitterrand, un jeune homme de droite
Mitterrand, un jeune homme de droite

C'est une bonne idée que de livrer un récit sur la jeunesse de l'un des deux présidents les plus marquants de la Cinquième République. Il est vrai qu'on ne connaissait pas très bien son passé, l'homme ayant toujours conservé une bonne part de mystère. Il faut dire qu'on a découvert pas mal de choses depuis sa mort et notamment ses liens avec le régime de Vichy avant son basculement dans la résistance fin 1942. L'auteur Philippe Richelle nous propose de découvrir les années de formation de François Mitterrand, entre 1935 et 1945. Ce dernier était alors agé de 19 ans en 1935. On apprendra qu'il sera notamment fait prisonnier pendant la guerre, puis il s’évadera avant de s’impliquer pour l’aide à la réinsertion des prisonniers sous le régime de Vichy. Outre ses rapports avec nombre de figures historiques telles que le maréchal Pétain, Laval ou Giraud, ce roman graphique donne à voir un leader et surtout un fin politicien en construction. Etait-il un homme de droite qui allait être un président socialiste ? Oui sans aucun doute au vu des faits énoncés. A l'inverse, son rival de doite à savoir Jacques Chirac était un homme de gauche durant sa jeunesse. On évolue presque tous au cours d'une vie. Les idées politiques de la jeunesse ne se reflètent pas forcément lorsqu'on prend de la maturité. Alors oui, on peut même passer de l'extrême gauche à l'extrême droite. C'est possible. Bref, nous suivons là un parcours presque insaisissable d'un homme qui continue à fasciner. J'ai bien aimé ce portrait de l'homme que dresse l'auteur (un habitué des récits historiques, voir: Les Mystères de la Cinquième République par exemple). Il réussit à conserver une certaine neutralité de ton pour exposer les faits. C'est important car l'homme a suscité autant l'admiration des français qui l'ont surnommé Tonton que de ses détracteurs qui furent nombreux. Mais quand même, lorsqu'on compare aux deux derniers présidents de notre pays, on ne peut s'empêcher de penser que c'était autre chose de bien plus grand et charismatique. Inutile de préciser que cette réflexion n'engage que moi mais je ne pouvais m'en empêcher... Le trait du dessinateur est vif mais cela manque parfois de précision. Quant au scénario, il est parfois alambiqué et cela manque de saveur pour plaire au public. Par contre, les passionnés de politique et d'Histoire vont certainement aimer car l'exigeance est au rendez-vous. J'ai juste regretté une fin un peu abrupte.

07/10/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carmen Cru
Carmen Cru

3.5 J'ai enfin pu lire des albums de cette série qui me semblait être le dernier classique de Fluide Glacial qui me restait à lire. J'ai bien aimé et je comprends que ce personnage soit devenu un des personnages cultes du magazine. Cette vieille femme est attachante dans sa méchanceté. Le ton de la série est plutôt glauque avec un peu de satire sociale. Le point fort est sans aucun doute le dessin de Lelong qui va à merveille avec le ton de la série. Le noir et blanc est sublime. C'est vraiment le genre de série qui ne marche qu'en noir et blanc car je trouve que cela aurait été moins réussi s'il y avait de la couleur. Toutefois, je trouve que pour une série humoristique je n'ai pas trop ri. J'ai souvent souri en lisant les dialogues savoureux, mais je ne me souviens pas avoir rigolé ce qui est dommage pour une série dont l'objectif est de me faire rire. Et puis il y a quelques histoires en dessous du lot, mais globalement c'est très bon. D'ailleurs, en réfléchissant bien j'augmente la note. J'aime trop le personnage et l'ambiance pour ne mettre "que" 3 étoiles.

06/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chevalier d'Eon (Maupré)
Le Chevalier d'Eon (Maupré)

Je ne connaissais pas l’histoire de ce chevalier qui s’était transformé en femme toute une longue partie de sa vie durant. Il fut même au service du roi Louis XV pour obtenir une alliance avec la Russie où la tsarine avait plutôt opté pour la perfide Albion. J’ai bien aimé le côté agent secret qui joue sur le déguisement. Par ailleurs, il y a de véritables enjeux stratégiques dans cette course aux alliances. Il est vrai que le graphisme détonne avec cette encre acrylique. Cependant, j’ai beaucoup aimé la douceur du trait ainsi que les couleurs ce qui nous change de l’éternelle noir et blanc. On sent de la délicatesse dans le dessin et cela se traduit par une histoire jouant sur l’androgynie. Par ailleurs, on ne ressent pas du tout le côté gay mais plutôt une certaine forme de virilité. Il y a même des situations assez cocasses qui font rire. Complots et intrigues seront également au rendez-vous de la Cour de Versailles. Au final, un portrait plutôt frais sans le côté déjanté ce qui est fort appréciable. Un diptyque assez passionnant qui se laisse bien lire. A noter que le personnage ressemble beaucoup à celui du clip de Libertine de Mylène Farmer. C’est sans doute le même. En tout cas, le contexte historique est parfaitement respecté dans cette biographie d’un espion pas comme les autres.

05/10/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Masqué
Masqué

Moi j'aime quand un grand auteur comme Serge Lehman se met à la bande dessinée. mais pas pour faire comme certains autres, prouver qu'ils n'ont aucun talent et au final appauvrir le media... Non, les gens comme Serge Lehman apportent un vrai plus. Dans une bande dessinée de SF un peu sclérosée qui n'avait plus sorti grand-chose de remarquable depuis Acriboréa ou Orbital (laissons Urban de côté), ça fait du bien de voir des récits qui prennent d'entrée le chemin des classiques du genre. Reprenant le thème du super-héros européen (et même français) qu'il avait déjà utilisé pour La Brigade Chimérique, l'auteur-scénariste nous emmène sur les pas d'un ancien combattant qui va se retrouver confronté à un phénomène qui le dépasse. On se sent tout de suite très proche du personnage, de ses doutes, et l'on se demande bien où ça va le mener... Je suis particulièrement curieux de ces "Anomalies", qui tendraient à prouver que Paris est un être vivant, et que ceux-ci sont des anticorps, les Hommes étant le microbe à éradiquer... Le scénario monte en puissance, on retrouve certains motifs chers à Lehman, qui se sert de la mythologie urbaine parisienne pour étoffer son récit. Un petit goût d'inachevé, puisque le tome 4 clôt un premier cycle, avec de nouveaux questionnements, et du coup on attend la suite... Stéphane Créty me semble être le dessinateur presque rêvé pour un récit de ce genre. Son style nerveux, son découpage à l'américaine et son énergie font plaisir à voir, même s'il ne faut pas minimiser le travail d'encrage de Julien Hugonnard-Bert (qui a travaillé pour Marvel UK) et de coloriste de Gaëtan Georges. Visiblement ces trois-là sont en phase. Tout juste ergoterai-je sur les visages de certains personnages, que je trouve insuffisants. Une nouvelle série courte, à publication accélérée, dont le pitch est excitant et la réalisation efficace. Lehman construit patiemment sa mythologie du super-héros européen.

16/01/2012 (MAJ le 04/10/2015) (modifier)