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Au Ritz des Fritz

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

À l’instar d’Ouvrier de Bruno Loth, Au Ritz des Fritz combine habilement petite et grande Histoire et donne la parole aux antinazis allemands.


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Documentaires La BD au féminin La Boite à Bulles Nazisme et Seconde Guerre Mondiale, vus par les Allemands Nazisme et Shoah Prisons

Danwarth Pabel est prisonnier de guerre allemand. Capturé lors de l’offensive alliée en Normandie, il est transféré dans un des multiples camps de prisonniers construits sur le sol américain. Là, son sort est régi par la Convention de Genève de 1929 qui stipule qu’il est soumis aux « règlements en vigueur dans [son] armée »... Ce qui ne l’arrange nullement car Pabel a toujours été résolument antinazi. Et comme les Américains laissent les mains libres aux SS pour régenter le camp, la tyrannie du troisième Reich a vite fait de le rattraper et la vie de Pabel devient tout sauf un long fleuve tranquille… Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 09 Septembre 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Au Ritz des Fritz
Les notes (2)
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12/10/2015 | Alix
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Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Cette BD car elle m'a ouvert les yeux sur deux faits historiques auxquels je n'avais jamais prêté attention jusqu'à maintenant : que se passait-il pour les soldats allemands faits prisonniers par les Américains durant la Seconde Guerre Mondiale, et que s'est-il passé juste après la fin de la guerre quand les plus anti-nazis de ces prisonniers sont revenus vivre en Allemagne ? Je n'avais même pas pensé à ça mais forcément il fallait bien qu'il y ait des camps de prisonniers allemands dans les pays alliés et notamment aux Etats-Unis comme c'est le cas dans ce récit. Et je n'avais jamais imaginé que les nazis, même prisonniers, puissent continuer à y faire régner la terreur, affirmant haut et fort que les victoires américaines n'étaient que de la propagande et qu'Hitler allait bientôt débarquer à New York pour châtier les faibles et les traîtres. Puis je n'avais jamais pensé que la découverte des camps de concentration allait entraîner une telle vague de haine anti-allemands même envers ceux qui ont été exilé d'Allemagne avant même le début de la guerre ou qui ont été enrôlés de force dans la Wehrmacht. Puis une fois revenus en Allemagne, je n'avais jamais imaginé qu'il puisse rester suffisamment d'anciens nazis sur place pour continuer à essayer de faire leur petite loi et à jouer les caïds dans les petits villages reculés. Tout cela nous est présenté par les yeux d'un prisonnier allemand. Ce dernier est tout sauf nazi. Il a fait un séjour à New York avant la guerre et y a gardé des amis allemands, puis il a été engagé comme infirmier durant la guerre avant d'être fait prisonnier le jour du débarquement en Normandie. Détenu ensuite dans un camp de prisonniers aux USA, il doit endurer la pression des quelques prisonniers purement nazis qu'il côtoie et qui voient les gens comme lui comme des traîtres à leur nation qui se sont rendus sans combattre. On apprend beaucoup de choses avec cet album. Le dessin en noir et blanc, comme dessiné au crayon ou au fusain, n'est pas très attirant et parfois assez académique et raide, mais il n'est pas déplaisant. La narration est bonne et le récit est suffisamment varié et dense pour capter l'attention. L'album comprend en effet trois parties globalement, la première dans les camps de prisonniers, la seconde lors d'une escapade à New York, puis la dernière de retour en Allemagne. Et chacune offre une vision intéressante et différente de la vie des Allemands durant et juste après la Seconde Guerre Mondiale. Très instructif et bien écrit.

20/04/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

On en a lu et vu des tas, des livres et des films sur le nazisme, mais « Au Ritz des Fritz » s’intéresse à un aspect beaucoup moins connu de l’Histoire : le sort des prisonniers allemands antinazis dans les prisons alliées, souvent régentées par des prisonniers nazis. Les déboires du « traître » Danwarth Pabel m’ont beaucoup intéressé, l’histoire est clairement documentée et bien racontée, et l’album s’avale rapidement malgré ses 80 pages. Nathalie Bodin s’occupe également de la mise en image. Le dessin noir et blanc (au fusain ?) est superbe et en parfaite en adéquation avec l’histoire. Un album intéressant et recommandable.

12/10/2015 (modifier)