Salvador Dali était un génie et de là à la folie il n'y a qu'un pas qu'il franchit plus sûrement qu'à son tour.
Cet album forcément un peu didactique possède une force assez impressionnante et il n'est pas besoin d'aimer ou non l’œuvre de ce peintre, encore moins de vouloir la comprendre mais il ressort d'un grand nombre de ses toiles quelque chose qui avant lui n'avait pas existé. Dali fut une figure du surréalisme et plus tard certains n'hésitèrent pas à qualifier ses toiles de psychédéliques (précisons que l'homme ne se droguait pas et buvait de l'eau).
Hormis le parcours de l'homme, cette BD s'attache à nous donner à voir une époque et les figures du monde artistique de ce temps. Quoi que l'on pense du personnage et de son œuvre, il faut lui reconnaitre l'immense talent d'avoir toujours su mettre les gens dans sa poche. Le scénario est sans surprise pour ce type d'exercice; linéaire. Reconnaissons le beau travail de Robert Descharnes et Jeanine Nevers qui retracent plus de 80 ans d'existence bien remplie.
Au dessin, Jean-Michel Renault produit un travail de toute beauté même si l'on peut reprocher un côté un peu fouillis à certaines planches. Quoiqu'il en soit le travail est plus qu'honnête, il devrait plaire aux amateurs de Dali. Pour les autres il n'est pas inintéressant de découvrir un véritable personnage du XXème siècle.
3.5
Un thriller psychologique qu'il faut lire avec attention car ce n'est pas facile de s'y retrouver au début (je me demande si c'est voulu de la part des auteurs). On se promène à différente époques et en plus certains personnages ont des visages similaires ce qui n'aide pas à se retrouver là dedans. Je pense avoir été en mesure de tout comprendre quoique je ne suis toujours pas certain que deux personnages sont la même personne.
Malgré le défaut de ne pas toujours être compréhensible, j'ai tout de même eu du plaisir à lire ce premier tome. Le point fort est que la psychologie des personnages est bien montrée et maitrisée et les auteurs n'ont aucun problème à les montrer de manière peu sympathique même si parfois on comprend pourquoi ils agissent comme ça. Pour l'instant, il n'y a pas trop d'éléments de thriller, mais j'ai l'impression que le premier tome a surtout servi à présenter les personnages et leurs situations et qu'il va y avoir plus d'action dans la suite que j'attends avec impatience.
Niourk est un roman que j’ai lu étant adolescent ; je m’en souviens encore, c’était en Folio Junior, et la couverture était verte. L’atmosphère post-apocalyptique, l’histoire de l’enfant noir et les mystérieux « monstres » ont durablement marqué ma mémoire.
Lorsque j’ai appris qu’Olivier Vatine, un dessinateur dont j’apprécie par ailleurs le travail, bûchait sur une adaptation en BD, je m’y suis tout de suite intéressé.
Et le résultat est, sans conteste après consultation avec moi-même, franchement bon. Tout d’abord dans les ambiances et les cadrages, un domaine où Vatine excelle. On a un peu l’impression qu’il n’attendait que ce projet pour s’exprimer pleinement. Il n’hésite pas à faire sauter son découpage pour mieux exprimer les différents rythmes imprimés au récit. Et les couleurs, préparées par Isabelle Rabarot, sont également remarquables.
Quant au récit… Je me suis également régalé, j’ai l’impression que Vatine a été marqué par les mêmes scènes que moi, puisqu’il les met en exergue, proposant deux fils narratifs parallèles. Dans le deuxième tome le récit semble moins dense, mais le savoir-faire est toujours là, au service du récit et des ambiances. Certaines pages sont somptueuses, je me régale, surtout dans le tome 3, avec plus de passages contemplatifs que Vatine transforme en pages de toute beauté.
En résumé, de l’excellent boulot, sur un bouquin devenu culte. De bout en bout.
Sans être une véritable suite à L'Aigle sans orteils, ce Pain d'alouette s'inscrit lui aussi dans le domaine du vélo mais pas uniquement puisque cette histoire suit la vie d'une famille de mineurs dans le nord de la France. Dans ce diptyque Lax fait donc un rapprochement entre ces forçats de la route et ceux de la mine. Si l'histoire de la petite Reine m'a peu passionné j'ai par contre été sensible à son exposition du travail dans la mine.
Au niveau du dessin encore une fois peu de chose à dire cet auteur maitrise parfaitement son sujet, il n'est que de voir le visage de ses cyclistes à la limite de l'agonie sur les routes de cet infernal Paris Roubaix.
Sans être un grand fan de vélo, on ne peut que vibre devant les exploits accomplis dans une période ou le dopage consistait en un verre de vin et une tranche de pâté.
Ben a vrai dire il n'y a pas grand chose à rajouter qui n'est été dit dans les précédents avis.
Sans être un grand amateur de cyclisme et plutôt désabusé par ce que j'entends et lis ici ou là concernant les histoires de dopage on ne peut qu'apprécier cette ode à la petite reine à une époque où être cycliste relevait de la pure folie si l'on s'en tient seulement à l'état des routes, au matériel utilisé (roues en bois!), sans parler des ravitaillements au café du coin.
Dans cette histoire extraordinaire, Lax met en avant le courage et l'abnégation exceptionnelle d'un coureur, Amédée Fario, qui de simple porteur de provisions pour les scientifiques du Pic du Midi, va réaliser son rêve et enfin participer au Tour de France. Comme toute une génération, la guerre de 14/18 aura raison de ses espérances. Au delà d'une aventure humaine, Lax nous relate un quotidien. Pour faire rapide disons que le background est plus que maitrisé. Son dessin s'accorde parfaitement à l'ambiance de l'époque, ses coureurs cyclistes ont un dynamisme certain et ses paysages de montagnes sont bien rendus.
Même si l'on n'est pas un adepte du vélo cette histoire plonge aux racines de ce sport et au delà du documentaire c'est une BD de grande qualité qui s'offre à nous.
Un très émouvant reportage.
Olivia est fille de pied noir. Dans l'enfance, c'est juste une expression rigolote, et puis en vieillissant cela devient une sorte de honte sourde : ces amis lycéens qui commencent à parler de politique, et des colons, des horreurs de la guerre d'Algérie ; et puis sa famille qui a parfois des remarques racistes, bref, elle se demande ce qu'ont réellement fait ses grands-parents dans ces Aurès originelles et lointaines...
A la mort de sa grand-mère elle décide d'aller y voir, munie de sa lettre-testament. C'est ce voyage qui nous est compté en bande dessinée. Pour parler d'avant le voyage, c'est plutôt un texte illustré. On comprend très précisément ses motivations, ses doutes. Le dessin et la mise en scène sont dans une technique proche de celle de Davodeau, elle se met en scène face à ses interlocuteur dans un lavis assez doux. Mais le dessinateur est plus habile, il sait donner une précision dans les visages qui émeut vraiment.
En réalité elle n'apprendra pas grand chose sur ce qu'étaient ses grand-parents, sur leurs mille hectares aux milles moutons, mais ce voyage a sans doute atteint un autre but... Nous faire toucher du doigt le tragique de certains parcours humains modelé par des décisions politiques absurdes... Comment on envoie un pauvre ardéchois faire fortune sur un territoire sec et désolé au milieu des Aurès, sans s'émouvoir des peuples qu'il y délogera...
Intrigue à six pieds sous terre !
Haï, craint, mis à l'écart, le fossoyeur n'est pas le personnage le plus reluisant des westerns. Il n'en est, en tout cas, jamais le protagoniste principal.
En se jouant des règles établies, les frères Maffre nous livrent, à travers Le croque-mort, le clochard et l'assassin, une fiction à contre-courant où l’ensevelisseur de cadavres occupe le premier rang. Et des cadavres, il va en être semé quelques-uns tout au long de cette aventure.
L'histoire s'ouvre sur une courte mise en abyme, quelques années auparavant, à l'époque de la guerre de Sécession, avant que nous retrouvions Elijah Stern en 1880, vacant à ses occupations professionnelles dans le cimetière d'une petite ville du Kansas. Évoluant parmi un panel de personnages caractéristiques (un shérif, des prostitués, des clochards, des pochtrons, etc.), il est plutôt atypique. Sans chapeau haut de forme ni vautours tournoyants autour de lui, il se démarque des autres par une psychologie subtile. Bien que solitaire et insignifiant, pour ne pas dire morne, cet homme calme et peu causant se révèle observateur et érudit, troquant volontiers ses services contre un livre à travers lequel il pourra s'évader. Un antihéros singulier, loin des archétypes du croque-mort, qui ne possède ni arme ni monture.
Lorsqu'on l'appelle pour l'inhumation de l'ivrogne Charles Bening, décédé dans le lit d'une catin du bordel de la bourgade, ce n'est qu'un coup de pelle de plus pour Elijah Stern. Pourtant, quand la veuve du disparu, membre de la ligue de tolérance, lui demande d'effectuer une autopsie pour montrer les dommages de l'excès d'alcool aux buveurs excessifs, le fossoyeur n'imagine pas à quel point ce choix va changer le cours des événements. Progressivement, l'intrigue va faire appel au passé et nous découvrirons combien les souvenirs ont laissé des traces indélébiles.
Frédéric Maffre nous propose ici un récit noir et décalé, revisitant le western avec un scénario rythmé et une ambiance pesante. Tout en s'orientant vers le policier, le cadre et les protagonistes respectent les codes du genre que Julien Maffre a su graphiquement mettre en exergue par son excellent coup de crayon au trait fin, savamment exagéré notamment au niveau des visages volontairement anguleux. L'esthétique des décors de Far West est elle aussi retranscrite avec talent dans des couleurs sobres. Le cadrage et le découpage sont parfaitement agencés, alternant les petites cases intimistes et les grandes scènes en plongée.
Une collaboration réussie qui se poursuivra dans une prochaine aventure de Stern dont on attend déjà impatiemment la sortie !
Ma foi si ça ne vaut pas un coup de cœur c'est un peu à désespérer du genre humain! Au travers de ce "conte" médiéval, Zidrou au scénario nous donne une magnifique leçon d'humanité et de tolérance. S'il n'y avait que cela certains esprits chagrins pourraient même se laisser aller à dire que cette histoire est gentillette et ne révolutionnera pas le genre.
En supplément donc, et par l'intermédiaire de son narrateur, personnage poignant s'il en est, Zidrou s'attaque mine de rien grâce à quelques réflexions bien senties à des préjugés qui ont agité notre société il y a peu, sans parler d'un discours antimilitariste de fort bon aloi.
C'est donc en partie de l'art de dire en phrases concises et percutantes des choses que tout un chacun connait dont il s'agit ici, mais que personnellement je trouve fort utile de ressasser, tant l'oreille humaine est versatile et prompte à oublier les évidences.
Au delà du côté merveilleux et fantastique de l'histoire, ( je réveille les morts grâce à un baiser ), je pense qu'il restera de ce conte, qu'il faut voir comme une allégorie de nos sociétés actuelles, beaucoup plus qu'une lecture superficielle laisserait à penser. A ce jour je ne sais si cette BD "marche", mais je reste persuadé que sur la durée cela deviendra un incontournable, sinon dans la carrière des auteurs mais aussi dans l'esprit des amateurs.
Le dessin de F. Porcel, s'éloigne de l'iconographie moyenâgeuse de la couverture et propose un style réaliste dont le point d'orgue est son héros, Glaviot devenu Bouffon, qui possède, comme il est dit toute la beauté du monde circonscrite dans le regard. Laid magnifique, d'une laideur repoussante mais paradoxalement mal sainement attirante, ce bouffon tel qu'il nous est montré attire notre sympathie et c'est la le tour de force des auteurs.
Mine de rien et c'est avec le plus d'objectivité possible que j'énonce ce fait, voila une œuvre plus grandiose qu'il n'y parait. J'y apporterais la même réserve que l'avis précédent, la fin peut paraitre s'étirer, cependant j'y voit surtout un hommage à notre narrateur, personnage moins en retrait qu'il semble, son histoire et ce qu'il a à nous dire n'étant pas anodin.
Alors bien sur à lire et certainement à posséder dans ses étagères, coup de cœur!
Star Wars, tout le monde connaît. Mais ici, on peut lire une sorte de réalité alternative suivant les aventures d'Annikin Starkiller (non, non, il n'y a pas de faute de frappe) et son mentor le vieux général Jedi Luke Skywalker. Ceux ci font face à l'empire, au général Dark Vador, au Sith, le prince Valorum et à bien d'autres noms connus mais étant toutefois différents.
En tant que fan de Star Wars, je connaissais déjà des éléments du script original. Toutefois, cette bd m'en a fait découvrir bien d'autres et j'avoue avoir été agréablement surpris à sa lecture. En effet, le dessin est très bon dans un style réaliste maîtrisé et le scénario est agréable de par la comparaison avec l'"original", c'est à dire la version que nous connaissons tous.
Les fans s'amuseront à retrouver les passages similaires entre les deux versions et à imaginer ce qu'aurait donné cette histoire si ce scénario avait été utilisé pour le succès planètaire qu'a pu être Star Wars.
Bref, une bonne lecture pour tout fan de la saga. Les autres risquent de manquer l'intérêt de ce comic au scénario un peu rapide (il se passe beaucoup plus de choses que dans l'épisode IV) et de se retrouver un peu perdus.
Voici une lecture qui m'a plutôt ravi et qui serait l'adaptation d'un roman que je ne connaissais pas. C'est toujours intéressant de partir à la découverte de l'inconnu.
On a droit à une histoire digne des enfants maudits. On suit le parcours d'une portée de cinq enfants. Ces quintuplés sont très sauvages. Il sera difficile pour leurs parents de les élever correctement mais ils y parviendront tant bien que mal. Il est vrai que ce premier tome s'attarde sur le destin tragique du père de ces enfants à savoir Clovis. On aurait sans doute aimé une action plus focalisé sur ces enfants.
Il y a des dialogues que je n'ai pu comprendre car en vieux français rustique du genre "c'est lui qui m'a délugé sans semoncer". Autant dire qu'il n'y aura pas de traduction. Pour la compréhension du lecteur, on a vu mieux. Pour autant, ce ne sont que de petits détails qui m'entravent en rien une belle histoire qui commence. Cerise sur le gâteau: le graphisme est plutôt remarquable avec une colorisation assez agréable.
On sait que l'homme est un loup pour l'homme. Un loup est un loup: oui, cela paraît une évidence. J'espère que la suite sera encore plus palpitante. Cela démarre bien en tout cas.
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Salvador Dali à la Folie (La Vie de Salvador Dali)
Salvador Dali était un génie et de là à la folie il n'y a qu'un pas qu'il franchit plus sûrement qu'à son tour. Cet album forcément un peu didactique possède une force assez impressionnante et il n'est pas besoin d'aimer ou non l’œuvre de ce peintre, encore moins de vouloir la comprendre mais il ressort d'un grand nombre de ses toiles quelque chose qui avant lui n'avait pas existé. Dali fut une figure du surréalisme et plus tard certains n'hésitèrent pas à qualifier ses toiles de psychédéliques (précisons que l'homme ne se droguait pas et buvait de l'eau). Hormis le parcours de l'homme, cette BD s'attache à nous donner à voir une époque et les figures du monde artistique de ce temps. Quoi que l'on pense du personnage et de son œuvre, il faut lui reconnaitre l'immense talent d'avoir toujours su mettre les gens dans sa poche. Le scénario est sans surprise pour ce type d'exercice; linéaire. Reconnaissons le beau travail de Robert Descharnes et Jeanine Nevers qui retracent plus de 80 ans d'existence bien remplie. Au dessin, Jean-Michel Renault produit un travail de toute beauté même si l'on peut reprocher un côté un peu fouillis à certaines planches. Quoiqu'il en soit le travail est plus qu'honnête, il devrait plaire aux amateurs de Dali. Pour les autres il n'est pas inintéressant de découvrir un véritable personnage du XXème siècle.
Trahie
3.5 Un thriller psychologique qu'il faut lire avec attention car ce n'est pas facile de s'y retrouver au début (je me demande si c'est voulu de la part des auteurs). On se promène à différente époques et en plus certains personnages ont des visages similaires ce qui n'aide pas à se retrouver là dedans. Je pense avoir été en mesure de tout comprendre quoique je ne suis toujours pas certain que deux personnages sont la même personne. Malgré le défaut de ne pas toujours être compréhensible, j'ai tout de même eu du plaisir à lire ce premier tome. Le point fort est que la psychologie des personnages est bien montrée et maitrisée et les auteurs n'ont aucun problème à les montrer de manière peu sympathique même si parfois on comprend pourquoi ils agissent comme ça. Pour l'instant, il n'y a pas trop d'éléments de thriller, mais j'ai l'impression que le premier tome a surtout servi à présenter les personnages et leurs situations et qu'il va y avoir plus d'action dans la suite que j'attends avec impatience.
Niourk
Niourk est un roman que j’ai lu étant adolescent ; je m’en souviens encore, c’était en Folio Junior, et la couverture était verte. L’atmosphère post-apocalyptique, l’histoire de l’enfant noir et les mystérieux « monstres » ont durablement marqué ma mémoire. Lorsque j’ai appris qu’Olivier Vatine, un dessinateur dont j’apprécie par ailleurs le travail, bûchait sur une adaptation en BD, je m’y suis tout de suite intéressé. Et le résultat est, sans conteste après consultation avec moi-même, franchement bon. Tout d’abord dans les ambiances et les cadrages, un domaine où Vatine excelle. On a un peu l’impression qu’il n’attendait que ce projet pour s’exprimer pleinement. Il n’hésite pas à faire sauter son découpage pour mieux exprimer les différents rythmes imprimés au récit. Et les couleurs, préparées par Isabelle Rabarot, sont également remarquables. Quant au récit… Je me suis également régalé, j’ai l’impression que Vatine a été marqué par les mêmes scènes que moi, puisqu’il les met en exergue, proposant deux fils narratifs parallèles. Dans le deuxième tome le récit semble moins dense, mais le savoir-faire est toujours là, au service du récit et des ambiances. Certaines pages sont somptueuses, je me régale, surtout dans le tome 3, avec plus de passages contemplatifs que Vatine transforme en pages de toute beauté. En résumé, de l’excellent boulot, sur un bouquin devenu culte. De bout en bout.
Pain d'Alouette
Sans être une véritable suite à L'Aigle sans orteils, ce Pain d'alouette s'inscrit lui aussi dans le domaine du vélo mais pas uniquement puisque cette histoire suit la vie d'une famille de mineurs dans le nord de la France. Dans ce diptyque Lax fait donc un rapprochement entre ces forçats de la route et ceux de la mine. Si l'histoire de la petite Reine m'a peu passionné j'ai par contre été sensible à son exposition du travail dans la mine. Au niveau du dessin encore une fois peu de chose à dire cet auteur maitrise parfaitement son sujet, il n'est que de voir le visage de ses cyclistes à la limite de l'agonie sur les routes de cet infernal Paris Roubaix. Sans être un grand fan de vélo, on ne peut que vibre devant les exploits accomplis dans une période ou le dopage consistait en un verre de vin et une tranche de pâté.
L'Aigle sans orteils
Ben a vrai dire il n'y a pas grand chose à rajouter qui n'est été dit dans les précédents avis. Sans être un grand amateur de cyclisme et plutôt désabusé par ce que j'entends et lis ici ou là concernant les histoires de dopage on ne peut qu'apprécier cette ode à la petite reine à une époque où être cycliste relevait de la pure folie si l'on s'en tient seulement à l'état des routes, au matériel utilisé (roues en bois!), sans parler des ravitaillements au café du coin. Dans cette histoire extraordinaire, Lax met en avant le courage et l'abnégation exceptionnelle d'un coureur, Amédée Fario, qui de simple porteur de provisions pour les scientifiques du Pic du Midi, va réaliser son rêve et enfin participer au Tour de France. Comme toute une génération, la guerre de 14/18 aura raison de ses espérances. Au delà d'une aventure humaine, Lax nous relate un quotidien. Pour faire rapide disons que le background est plus que maitrisé. Son dessin s'accorde parfaitement à l'ambiance de l'époque, ses coureurs cyclistes ont un dynamisme certain et ses paysages de montagnes sont bien rendus. Même si l'on n'est pas un adepte du vélo cette histoire plonge aux racines de ce sport et au delà du documentaire c'est une BD de grande qualité qui s'offre à nous.
L'Algérie, c'est beau comme l'Amérique
Un très émouvant reportage. Olivia est fille de pied noir. Dans l'enfance, c'est juste une expression rigolote, et puis en vieillissant cela devient une sorte de honte sourde : ces amis lycéens qui commencent à parler de politique, et des colons, des horreurs de la guerre d'Algérie ; et puis sa famille qui a parfois des remarques racistes, bref, elle se demande ce qu'ont réellement fait ses grands-parents dans ces Aurès originelles et lointaines... A la mort de sa grand-mère elle décide d'aller y voir, munie de sa lettre-testament. C'est ce voyage qui nous est compté en bande dessinée. Pour parler d'avant le voyage, c'est plutôt un texte illustré. On comprend très précisément ses motivations, ses doutes. Le dessin et la mise en scène sont dans une technique proche de celle de Davodeau, elle se met en scène face à ses interlocuteur dans un lavis assez doux. Mais le dessinateur est plus habile, il sait donner une précision dans les visages qui émeut vraiment. En réalité elle n'apprendra pas grand chose sur ce qu'étaient ses grand-parents, sur leurs mille hectares aux milles moutons, mais ce voyage a sans doute atteint un autre but... Nous faire toucher du doigt le tragique de certains parcours humains modelé par des décisions politiques absurdes... Comment on envoie un pauvre ardéchois faire fortune sur un territoire sec et désolé au milieu des Aurès, sans s'émouvoir des peuples qu'il y délogera...
Stern
Intrigue à six pieds sous terre ! Haï, craint, mis à l'écart, le fossoyeur n'est pas le personnage le plus reluisant des westerns. Il n'en est, en tout cas, jamais le protagoniste principal. En se jouant des règles établies, les frères Maffre nous livrent, à travers Le croque-mort, le clochard et l'assassin, une fiction à contre-courant où l’ensevelisseur de cadavres occupe le premier rang. Et des cadavres, il va en être semé quelques-uns tout au long de cette aventure. L'histoire s'ouvre sur une courte mise en abyme, quelques années auparavant, à l'époque de la guerre de Sécession, avant que nous retrouvions Elijah Stern en 1880, vacant à ses occupations professionnelles dans le cimetière d'une petite ville du Kansas. Évoluant parmi un panel de personnages caractéristiques (un shérif, des prostitués, des clochards, des pochtrons, etc.), il est plutôt atypique. Sans chapeau haut de forme ni vautours tournoyants autour de lui, il se démarque des autres par une psychologie subtile. Bien que solitaire et insignifiant, pour ne pas dire morne, cet homme calme et peu causant se révèle observateur et érudit, troquant volontiers ses services contre un livre à travers lequel il pourra s'évader. Un antihéros singulier, loin des archétypes du croque-mort, qui ne possède ni arme ni monture. Lorsqu'on l'appelle pour l'inhumation de l'ivrogne Charles Bening, décédé dans le lit d'une catin du bordel de la bourgade, ce n'est qu'un coup de pelle de plus pour Elijah Stern. Pourtant, quand la veuve du disparu, membre de la ligue de tolérance, lui demande d'effectuer une autopsie pour montrer les dommages de l'excès d'alcool aux buveurs excessifs, le fossoyeur n'imagine pas à quel point ce choix va changer le cours des événements. Progressivement, l'intrigue va faire appel au passé et nous découvrirons combien les souvenirs ont laissé des traces indélébiles. Frédéric Maffre nous propose ici un récit noir et décalé, revisitant le western avec un scénario rythmé et une ambiance pesante. Tout en s'orientant vers le policier, le cadre et les protagonistes respectent les codes du genre que Julien Maffre a su graphiquement mettre en exergue par son excellent coup de crayon au trait fin, savamment exagéré notamment au niveau des visages volontairement anguleux. L'esthétique des décors de Far West est elle aussi retranscrite avec talent dans des couleurs sobres. Le cadrage et le découpage sont parfaitement agencés, alternant les petites cases intimistes et les grandes scènes en plongée. Une collaboration réussie qui se poursuivra dans une prochaine aventure de Stern dont on attend déjà impatiemment la sortie !
Bouffon
Ma foi si ça ne vaut pas un coup de cœur c'est un peu à désespérer du genre humain! Au travers de ce "conte" médiéval, Zidrou au scénario nous donne une magnifique leçon d'humanité et de tolérance. S'il n'y avait que cela certains esprits chagrins pourraient même se laisser aller à dire que cette histoire est gentillette et ne révolutionnera pas le genre. En supplément donc, et par l'intermédiaire de son narrateur, personnage poignant s'il en est, Zidrou s'attaque mine de rien grâce à quelques réflexions bien senties à des préjugés qui ont agité notre société il y a peu, sans parler d'un discours antimilitariste de fort bon aloi. C'est donc en partie de l'art de dire en phrases concises et percutantes des choses que tout un chacun connait dont il s'agit ici, mais que personnellement je trouve fort utile de ressasser, tant l'oreille humaine est versatile et prompte à oublier les évidences. Au delà du côté merveilleux et fantastique de l'histoire, ( je réveille les morts grâce à un baiser ), je pense qu'il restera de ce conte, qu'il faut voir comme une allégorie de nos sociétés actuelles, beaucoup plus qu'une lecture superficielle laisserait à penser. A ce jour je ne sais si cette BD "marche", mais je reste persuadé que sur la durée cela deviendra un incontournable, sinon dans la carrière des auteurs mais aussi dans l'esprit des amateurs. Le dessin de F. Porcel, s'éloigne de l'iconographie moyenâgeuse de la couverture et propose un style réaliste dont le point d'orgue est son héros, Glaviot devenu Bouffon, qui possède, comme il est dit toute la beauté du monde circonscrite dans le regard. Laid magnifique, d'une laideur repoussante mais paradoxalement mal sainement attirante, ce bouffon tel qu'il nous est montré attire notre sympathie et c'est la le tour de force des auteurs. Mine de rien et c'est avec le plus d'objectivité possible que j'énonce ce fait, voila une œuvre plus grandiose qu'il n'y parait. J'y apporterais la même réserve que l'avis précédent, la fin peut paraitre s'étirer, cependant j'y voit surtout un hommage à notre narrateur, personnage moins en retrait qu'il semble, son histoire et ce qu'il a à nous dire n'étant pas anodin. Alors bien sur à lire et certainement à posséder dans ses étagères, coup de cœur!
La Guerre des Etoiles (Delcourt)
Star Wars, tout le monde connaît. Mais ici, on peut lire une sorte de réalité alternative suivant les aventures d'Annikin Starkiller (non, non, il n'y a pas de faute de frappe) et son mentor le vieux général Jedi Luke Skywalker. Ceux ci font face à l'empire, au général Dark Vador, au Sith, le prince Valorum et à bien d'autres noms connus mais étant toutefois différents. En tant que fan de Star Wars, je connaissais déjà des éléments du script original. Toutefois, cette bd m'en a fait découvrir bien d'autres et j'avoue avoir été agréablement surpris à sa lecture. En effet, le dessin est très bon dans un style réaliste maîtrisé et le scénario est agréable de par la comparaison avec l'"original", c'est à dire la version que nous connaissons tous. Les fans s'amuseront à retrouver les passages similaires entre les deux versions et à imaginer ce qu'aurait donné cette histoire si ce scénario avait été utilisé pour le succès planètaire qu'a pu être Star Wars. Bref, une bonne lecture pour tout fan de la saga. Les autres risquent de manquer l'intérêt de ce comic au scénario un peu rapide (il se passe beaucoup plus de choses que dans l'épisode IV) et de se retrouver un peu perdus.
Un loup est un loup
Voici une lecture qui m'a plutôt ravi et qui serait l'adaptation d'un roman que je ne connaissais pas. C'est toujours intéressant de partir à la découverte de l'inconnu. On a droit à une histoire digne des enfants maudits. On suit le parcours d'une portée de cinq enfants. Ces quintuplés sont très sauvages. Il sera difficile pour leurs parents de les élever correctement mais ils y parviendront tant bien que mal. Il est vrai que ce premier tome s'attarde sur le destin tragique du père de ces enfants à savoir Clovis. On aurait sans doute aimé une action plus focalisé sur ces enfants. Il y a des dialogues que je n'ai pu comprendre car en vieux français rustique du genre "c'est lui qui m'a délugé sans semoncer". Autant dire qu'il n'y aura pas de traduction. Pour la compréhension du lecteur, on a vu mieux. Pour autant, ce ne sont que de petits détails qui m'entravent en rien une belle histoire qui commence. Cerise sur le gâteau: le graphisme est plutôt remarquable avec une colorisation assez agréable. On sait que l'homme est un loup pour l'homme. Un loup est un loup: oui, cela paraît une évidence. J'espère que la suite sera encore plus palpitante. Cela démarre bien en tout cas.