C'est la couverture énigmatique et franchement qui m'a fait emprunter cette BD. En pleine années 60 notre jeune curé affublé d'une mère qui s'il n'avait pas été prêtre lui aurait promis quelques années de psychanalyse. En se sont les avis du site qui m'ont également poussé à lire cette bande, avec elle je découvre l'oeuvre de Rabaté autour de laquelle je tournais depuis quelques temps.
Après Crève saucisse, je découvre donc un gars qui possède un talent certain, qui en tous cas sait travailler et poser ses atmosphères. Dans ce petit village des années 60 sur les bords de Loire, l'ambiance n'est pas à la fête et même si nous sommes en périodes de vendanges, les coups fourrés sont prêts à exploser. J'habite dans une commune de ce type et mon expérience montre que les cancans et autres persiflages sont monnaies courantes dans ces petites communautés rurales. Fort heureusement pas de morts par chez moi.
Pour en revenir à cette BD son principal atout est donc le rendu de ces ambiances et ou le dessin n'est pas en reste. Très juste le noir et blanc rend parfaitement compte de la chape de non dits qui caractérise ce village.
Une découverte très agréable d'un auteur que je ne connaissais pas et dont j'irais voir les autres productions.
C'est le troisième album de Panaccione que lis après Match et Un ocean d'amour récemment réalisé avec Lupano. Et bien, j'apprécie de plus en plus le travail de cet auteur.
Cette fois, Gregory Panaccione nous raconte la vie simple et quotidienne de Toby, le chien d'un artiste peintre qui habite en bord de mer.
Comme à son habitude, pas de texte, juste du dessin. Et c'est là que réside la force de son travail : il a vraiment un don pour maintenir une narration impeccable en trouvant toujours des petits trucs qui maintiennent une compréhension totale de son récit tout en réussissant toujours à coucher sur ses planches une expressivité impressionnante ! Il sait saisir les attitudes et les expressions qui donnent vie à son histoire et à ses personnages, qu'il s'agisse de Toby ou de son maître.
Pour se faire, son trait fin, assez minimaliste mais hyper expressif rehaussé d'un aquarelle maîtrisée donne au tout un style bien particulier mais tellement efficace. Le petit format souple de cet album est lui aussi bien pensé et sied parfaitement à cette BD que je recommande chaudement pour passer un bon moment de lecture.
Alors si vous n'avez pas encore lu de Panaccione, je ne peux que vous recommander de découvrir le travail de cet auteur, et pourquoi pas en commençant par cet album tout en simplicité mais qui joue à merveille sur les émotions et recèle beaucoup d'humour.
Classique de chez classique, mais au final voilà une histoire d'adultère et de vengeance comme nous en avons vues mille fois mais qui fait son petit effet. Par petites touches, Rabaté instaure un climat où les relations humaines sont finement analysées. Avant de commettre l'irréparable notre boucher va tenter par tous les moyens de se persuader que son amour va lui revenir et sans manichéisme aucun, cette partie de l'album m'a bien plu, je l'ai trouvé ménageant les uns et les autres.
Dans la deuxième partie, préparation des vacances et le séjour à Noirmoutier, les choses s'accélèrent et l'idée géniale d'utiliser le scénario d'une vieille BD de Gil Jourdan est franchement sympathique.
Le dessin n'est pas le plus beau du monde mais il remplit son office honorablement. Conclusion : ne pas chercher des poux dans la tête d'un boucher bédéphile. Assurément à lire comme une tranche de vie où quelques pointes d'humour relèvent l'ensemble.
Alan Turing a récemment ressurgi en pleine lumière, grâce au film The Imitation Game, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal.
Mais qui est Alan Turing ? La question est complexe. Certes, l'Histoire retiendra que c'est lui, aidé par une équipe de mathématiciens et de cruciverbistes, qui a réussi à craquer le code Enigma, du nom de cette machine qui transmettait les ordres des Nazis pendant la seconde guerre mondiale. Mais cette activité devait rester secrète, même après la guerre, surtout que la Guerre Froide s'amorçait... C'est aussi lui, à la suite d'autres savants, qui jette les bases théoriques de ce qu'on appellera plus tard l'intelligence artificielle. Sur un plan plus intime, Turing était tourmenté par ses passions amoureuses alors interdites (et pénalement punissables), lui qui allait plutôt vers d'autres hommes.
Secret, mensonge, dissimulation : tels sont les maîtres mots du cas Alan Turing.
Arnaud Delalande, auteur de séries historiques réussies, telles qu'Aliénor, la légende noire, ou Le Dernier Cathare, s'attaque à une figure plus proche de nous, avec cette rigueur et ce talent déjà connus. Il se concentre sur les années 1938 à 54, entre l'arrivée de Turing au GC&CS (le Chiffre britannique) et son suicide à l'âge de 41 ans, en pleine crise existentielle, après avoir été condamné à la castration chimique. Delalande n'extrapole pas trop sur la vie de Turing, tout juste a-t-on droit à quelques scènes intimes (il faut dire que l'homme restait secret sur sa vie privée, et pour cause...), le "corps" de son récit se concentre sur ses différentes tentatives (et celles de son équipe) pour déchiffrer les transmissions ennemies. Tout juste peut-on regretter que sa carrière d'athlète de haut niveau soit presque passée sous silence. J'ai bien aimé la dernière page, qui fait un lien vers l'informatique moderne. A noter la présence, en bonus, de quelques pages expliquant les bases du codage des transmissions. Fort éclairant.
Sur le plan graphique, c'est le polymorphe Eric Liberge qui s'est attaqué à cette légende, avec -visiblement- enthousiasme et respect. Les scènes d'action sont bien sûr peu nombreuses, nous sommes la plupart du temps dans un laboratoire avec des têtes d'ampoule et un gars à l'allure lunaire comme principaux protagonistes. Le dessin est impeccable, tout juste regretterai-je cette mise en couleurs qui tend vers les dégradés de rouille, palette que je n'apprécie pas particulièrement mais qui fait partie de la "patte" du dessinateur.
Du très très beau boulot, qui rend plutôt justice à la complexité du bonhomme. Fortement recommandé à qui s'intéresse à la période (et son arrière-boutique), ainsi qu'aux prémices de l'informatique.
En grand amateur des œuvres précédentes de Léo, je n’ai pas été déçu par ce premier tome d’"Antarès". Cette série est dans la continuité d’Aldébaran et de Bételgeuse.
Pour l’instant ce premier tome sert surtout de mise en place : Petit rappel des faits précédents, mise en situation des personnages. Et pour ça, c’est vrai que c’est un peu simple, que parfois Léo abuse de pirouettes scénaristiques pour rassembler ses personnages (la sortie de prison d’Alexa et Marc, la jeune fille qui annonce de but en blanc à Kim : je quitte mon mari pour t’accompagner sur Antarès, …), c’est vrai que c’est un peu facile.
Mais à côté de ça, on retrouve par petites doses ce qui fait le charme des séries précédentes, à savoir une faune et une flore très originales. Et surtout une intrigue qui se met en place tranquillement. On entrevoit déjà les premiers mystères liés à la mission Antarès, son objectif réel et ses curieux commanditaires. Et bien sûr aussi les phénomènes étranges auxquels on assiste sur Antarès (ah les dernières pages…).
Alors malgré quelques passages poussifs, ce premier tome annonce une nouvelle bonne série, je n’en doute pas et c’est pour ça que mon hésitation entre un 3 ou 4 étoiles est arrondie au plus élevé.
Après lecture des 6 tomes (et relecture des premiers cycles) :
Les qualités d'Antares sont finalement les mêmes que dans les albums des planètes précédentes : une faune riche, variée, intrigante, je dirais même séduisante. C'est toujours un plaisir de voir avec quelle imagination Léo nous propose des planètes originales et qu'il met en scène de nouveaux animaux étranges et menaçants. C'est toujours un plaisir de voir qu'il arrive à installer des mystères, à raconter des histoires à suspense et à nous tenir en haleine avec talent ! Bref c'est de la bonne science-fiction comme j'aime en lire !
Mais... les défauts d'Antarès sont également les mêmes. Et au bout de 16 tomes je sature un peu des amourettes ridicules entre Kim et ses amis. Autre point noir, les personnages trop caricaturaux, à commencer par ce Jerediah qui est insupportable à baffer. Trop c'est trop et son comportement fait perdre de la crédibilité à l'ensemble.
En conclusion je dirais que c'est toujours bon si on est fan des premiers cycles (dont je fais partie), mais que les autres devraient commencer à se lasser si ce n'était pas déjà fait avec Betelgeuse.
L'attentat contre Charlie Hebdo et les événements qui ont suivi font partie des pires événements de cette année. Je me souviendrais toujours de ce qui s'est passé même si je ne vis pas en France: les reportages, les émotions, les gens qui prennent position sans même connaitre Charlie (vous avez déjà vu un anglophone qui ne comprend pas le français gueuler qu'une couverture de Charlie Hebdo est raciste à cause d'un gag sur Dieudonné ?).
En tout cas, je voulais lire cet album car j'avais envie de savoir ce que pensait un des rescapés de l'attentat, à savoir le dessinateur Luz. L'album est consitué d'histoires courtes qui sont parfois sérieuses et parfois humoristiques. C'est intéressant de lire les angoisses de Luz, mais je préférais encore plus lorsqu'il se foutait de la situation en utilisant l'humour noir (mon histoire préférée c'est celle sur le type qui pense que les attentats sont un complot).
Le dessin de Luz est toujours aussi excellent. J'adore son style. C'est à lire si on s'intéresse à Charlie Hebdo.
Aïe, Aïe, les amis, voilà du lourd, du costaud, de l'original en diable, de la belle ouvrage en sorte !
Je suis un fan de l'uchronie, en tant qu'amateurs de BD, vous devez, si, si, connaitre ces magnifiques livres de M. Moorcock, "Gloriana, la reine inassouvie", "Pavane" de K. Roberts, et le grandiose "Maitre du haut château" de P. K. Dick, enfin j'arrête là, mais tapez Uchronie et Littérature sur le Net et vous n'aurez a priori que de bons conseils.
Ici donc une uchronie comme nous aurions pu la rêver du temps où, sur les bancs de l'école, on nous apprenait que les fiers Espagnols et Portugais avaient su envahir, massacrer et contaminer tout un peuple, que dis-je, des peuples et des cultures aussi millénaires que les nôtres. Je me souviens, ado, découvrant au cinéma "Aguirre, la colère de Dieu". Film lancinant où je comprenais déjà que les choses n'étaient pas si roses que l'on avait bien voulu me le dire, la civilisation à coups de sabres et de goupillons me semblait bien ignorante de l'autre, et à cette époque, quand on ne connaissait pas l'autre, on lui tapait sur la tronche (Nous sommes bien sûr d'accord pour dire que les choses ont bien changé depuis ces funestes temps !).
Je m'égare, je m'égare. Quoique ! Cette BD a aussi ce mérite, celui peut-être de faire réfléchir, du moins si l'on prend le temps de la réflexion de se dire que la "Conquista", si elle permit d'ouvrir l'horizon de l'humanité, fut aussi l'occasion de détruire des cultures aussi intéressantes que les autres.
Hop là, j'entends déjà quelques sceptiques qui mettront en avant ces abominables sacrifices humains en haut de pyramides ruisselantes de sang. Niark, niark, allez je ne rajoute rien et vous laisse réfléchir à deux ou trois trucs que notre monde occidental avait à cette époque déjà perpétué sur ses propres populations.
Je devais arrêter de m'égarer ! Donc, que voilà une bonne série, d'abord parce que, comme je l'ai laissé supposer lors de mes égarements, elle prend le contre-pied de l'histoire officielle (C'est ça l'uchronie !) et c'est un premier point que je trouve fort jubilatoire. Ensuite les choses, les événements, les personnages ne sont pas manichéens. Il y a chez ces "Inkas" de braves couillons dont on se demande comment ils ont pu asservir les autres peuples de leur continent, voire même quelques indiens Lakotas qui, si je ne m'abuse, sont plutôt situés en Amérique du Nord.
Alors que dire ? Après quelques échos ici ou là je me suis dit "c'est quoi cette histoire ? Des zombies, des hommes revenus d'entre les morts, on ne sait trop pourquoi. Ah oui il y a aussi des Incas en ballons et un poil de sexe. Ben on fonce !". Et par tous les diables nous ne sommes pas déçus. Cette BD est intelligente, elle renouvelle le genre de l'uchronie, des histoires de zombies mais jamais dans le style racoleur, gore et tutti quanti. Les mouvements d'un monde à l'autre sont parfaitement orchestrés, aidés en cela par un dessin mais surtout une colorisation juste excellents.
Donc surtout ne vous arrêtez pas à cette histoire de zombies, oubliez ce que vous connaissez, il faut absolument découvrir ce petit bijou d'originalité, d'inventivité, d'humour. Comme dirait l'autre, faites tourner.
En cette joyeuse journée, voilà donc une majoration suite à la sortie du tome 3:
Ben ça tourne! Ça virevolte même, si ça continue à ce rythme cette tétralogie va vite devenir culte. Pour être couillu ça l'est. Dans ce tome voilà donc que les orthodoxes en prennent aussi pour leur grade avec ce petit épisode où les "mordus" accèdent à une sorte de paradis terrestre entre les bras de charmantes ingénues. Puis direction le céleste empire où si l'on fornique un peu moins on est aussi fourbe que dans les autres contrées. Toujours des va et vient entre les différents lieux de l'intrigue et même si l'action est un peu ralentie, j'attends la conclusion avec une impatience non dissimulée.
J’ai beaucoup apprécié la lecture des deux premiers opus. Le troisième ? Je n’ai pas eu l’occasion de le lire puisque sorti directement sous forme d’intégrale.
Le haut clergé en prend pour son grade avec ce commando, type inquisition réincarnée, qui reprend du service pour assurer la basse besogne de l’église. Le trait est un habile mélange de classicisme et de modernité. C’est typé ligne claire mais avec certaines libertés prises, notamment au niveau du cadrage et de la souplesse du trait. La structure du récit peut en dérouter plus d’un car le sujet est plus un prétexte à développer un univers qui permet aux personnages de développer leurs personnalités. Ceux qui aiment les albums de Yann devraient apprécier. Mention particulière pour le tome 2 qui se focalise sur une Sœur Sourire survoltée.
Une série à conseiller sans réserve à Miranda, par exemple, si elle ne l’a pas encore lue … ;)
Tout d'abord une magnifique couverture qui prend tout son sens après lecture et un format à l'italienne vraiment très plaisant qui rend un hommage aux planches qui parsèment cet album. Bizarrement au niveau du dessin je n'ai pu m'empêcher de penser à Riff Reb's avec des personnages parfois proches de ceux du sus nommé ; traits un peu anguleux à la limite de la caricature et très expressifs.
En ce qui concerne le scénario, il est à mon sens très malin, utilisant certains codes du fantastique mais sans que jamais ces éléments ne soient trop prégnants au point de plomber l'histoire. Le tout est finalement plutôt subtil et comme pirouette finale, jamais nous ne saurons ce que contient ce fameux livre.
Un album sans doute un peu méconnu mais qui mérite vraiment l'attention. Je ne sais pas si une autre production de ces auteurs est prévue mais j'irais y jeter un œil sans problème.
Robert Johnson, j'en avais déjà entendu parler via le manga Me and the Devil Blues qui ne m'avait pas passionné et je connaissais la reprise de quelques-unes de ses chansons. Mais cet album m'a donné envie de le connaître mieux. Du coup, je suis en train d'écouter ses rares enregistrements en même temps que j'écris cet avis, et oui, je confirme, c'est du bon, c'est du blues !
Mais en terme de bande dessinée, qu'apporte cet album ?
Car il s'agit d'une biographie pure et simple, de la naissance à la mort du sujet, Robert Leroy Johnson. Certes, sa vie fut mouvementée, originale, pleine de malheurs, d'aventure et de cette ambiance et cette poésie qui appartient au Blues. Mais une biographie n'est-elle pas simplement un documentaire un peu ennuyeux ?
Pas quand comme ici on est plongé dans l'Amérique des années 20 et surtout 30. Pas quand on ressent de cette manière l'atmosphère du Delta du Mississippi, de la communauté noire de l'époque, des nombreux musiciens noirs de jazz et de blues, et des sessions musicales dans des bars crasseux à l'ambiance délurée. Pas quand on y apprend l'étonnant parcours vagabond d'un artiste musicien comme Robert Johnson, son enfance compliquée, le traumatisme de son premier mariage, et la vie dissolue qui s'ensuivit. Et qu'on découvre son état d'esprit sans attaches, volontiers provocateur, à la fois épicurien et désespéré, qui ne vit plus que pour la musique et les plaisirs qui s'y rattachent.
Et surtout il y a le dessin de Mezzo qui est ici proprement superbe. La couverture ne paie pas de mine mais les planches sont toutes exceptionnelles. J'aime l'élégance et la beauté de son encrage épais, la force de ses aplats noirs, le soin apporté aux décors autant qu'aux personnages, la mise en page parfaite et la narration excellente.
C'est beau.
Et ce blues, c'est du bon !
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C'est la couverture énigmatique et franchement qui m'a fait emprunter cette BD. En pleine années 60 notre jeune curé affublé d'une mère qui s'il n'avait pas été prêtre lui aurait promis quelques années de psychanalyse. En se sont les avis du site qui m'ont également poussé à lire cette bande, avec elle je découvre l'oeuvre de Rabaté autour de laquelle je tournais depuis quelques temps. Après Crève saucisse, je découvre donc un gars qui possède un talent certain, qui en tous cas sait travailler et poser ses atmosphères. Dans ce petit village des années 60 sur les bords de Loire, l'ambiance n'est pas à la fête et même si nous sommes en périodes de vendanges, les coups fourrés sont prêts à exploser. J'habite dans une commune de ce type et mon expérience montre que les cancans et autres persiflages sont monnaies courantes dans ces petites communautés rurales. Fort heureusement pas de morts par chez moi. Pour en revenir à cette BD son principal atout est donc le rendu de ces ambiances et ou le dessin n'est pas en reste. Très juste le noir et blanc rend parfaitement compte de la chape de non dits qui caractérise ce village. Une découverte très agréable d'un auteur que je ne connaissais pas et dont j'irais voir les autres productions.
Toby mon Ami
C'est le troisième album de Panaccione que lis après Match et Un ocean d'amour récemment réalisé avec Lupano. Et bien, j'apprécie de plus en plus le travail de cet auteur. Cette fois, Gregory Panaccione nous raconte la vie simple et quotidienne de Toby, le chien d'un artiste peintre qui habite en bord de mer. Comme à son habitude, pas de texte, juste du dessin. Et c'est là que réside la force de son travail : il a vraiment un don pour maintenir une narration impeccable en trouvant toujours des petits trucs qui maintiennent une compréhension totale de son récit tout en réussissant toujours à coucher sur ses planches une expressivité impressionnante ! Il sait saisir les attitudes et les expressions qui donnent vie à son histoire et à ses personnages, qu'il s'agisse de Toby ou de son maître. Pour se faire, son trait fin, assez minimaliste mais hyper expressif rehaussé d'un aquarelle maîtrisée donne au tout un style bien particulier mais tellement efficace. Le petit format souple de cet album est lui aussi bien pensé et sied parfaitement à cette BD que je recommande chaudement pour passer un bon moment de lecture. Alors si vous n'avez pas encore lu de Panaccione, je ne peux que vous recommander de découvrir le travail de cet auteur, et pourquoi pas en commençant par cet album tout en simplicité mais qui joue à merveille sur les émotions et recèle beaucoup d'humour.
Crève saucisse
Classique de chez classique, mais au final voilà une histoire d'adultère et de vengeance comme nous en avons vues mille fois mais qui fait son petit effet. Par petites touches, Rabaté instaure un climat où les relations humaines sont finement analysées. Avant de commettre l'irréparable notre boucher va tenter par tous les moyens de se persuader que son amour va lui revenir et sans manichéisme aucun, cette partie de l'album m'a bien plu, je l'ai trouvé ménageant les uns et les autres. Dans la deuxième partie, préparation des vacances et le séjour à Noirmoutier, les choses s'accélèrent et l'idée géniale d'utiliser le scénario d'une vieille BD de Gil Jourdan est franchement sympathique. Le dessin n'est pas le plus beau du monde mais il remplit son office honorablement. Conclusion : ne pas chercher des poux dans la tête d'un boucher bédéphile. Assurément à lire comme une tranche de vie où quelques pointes d'humour relèvent l'ensemble.
Le Cas Alan Turing
Alan Turing a récemment ressurgi en pleine lumière, grâce au film The Imitation Game, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal. Mais qui est Alan Turing ? La question est complexe. Certes, l'Histoire retiendra que c'est lui, aidé par une équipe de mathématiciens et de cruciverbistes, qui a réussi à craquer le code Enigma, du nom de cette machine qui transmettait les ordres des Nazis pendant la seconde guerre mondiale. Mais cette activité devait rester secrète, même après la guerre, surtout que la Guerre Froide s'amorçait... C'est aussi lui, à la suite d'autres savants, qui jette les bases théoriques de ce qu'on appellera plus tard l'intelligence artificielle. Sur un plan plus intime, Turing était tourmenté par ses passions amoureuses alors interdites (et pénalement punissables), lui qui allait plutôt vers d'autres hommes. Secret, mensonge, dissimulation : tels sont les maîtres mots du cas Alan Turing. Arnaud Delalande, auteur de séries historiques réussies, telles qu'Aliénor, la légende noire, ou Le Dernier Cathare, s'attaque à une figure plus proche de nous, avec cette rigueur et ce talent déjà connus. Il se concentre sur les années 1938 à 54, entre l'arrivée de Turing au GC&CS (le Chiffre britannique) et son suicide à l'âge de 41 ans, en pleine crise existentielle, après avoir été condamné à la castration chimique. Delalande n'extrapole pas trop sur la vie de Turing, tout juste a-t-on droit à quelques scènes intimes (il faut dire que l'homme restait secret sur sa vie privée, et pour cause...), le "corps" de son récit se concentre sur ses différentes tentatives (et celles de son équipe) pour déchiffrer les transmissions ennemies. Tout juste peut-on regretter que sa carrière d'athlète de haut niveau soit presque passée sous silence. J'ai bien aimé la dernière page, qui fait un lien vers l'informatique moderne. A noter la présence, en bonus, de quelques pages expliquant les bases du codage des transmissions. Fort éclairant. Sur le plan graphique, c'est le polymorphe Eric Liberge qui s'est attaqué à cette légende, avec -visiblement- enthousiasme et respect. Les scènes d'action sont bien sûr peu nombreuses, nous sommes la plupart du temps dans un laboratoire avec des têtes d'ampoule et un gars à l'allure lunaire comme principaux protagonistes. Le dessin est impeccable, tout juste regretterai-je cette mise en couleurs qui tend vers les dégradés de rouille, palette que je n'apprécie pas particulièrement mais qui fait partie de la "patte" du dessinateur. Du très très beau boulot, qui rend plutôt justice à la complexité du bonhomme. Fortement recommandé à qui s'intéresse à la période (et son arrière-boutique), ainsi qu'aux prémices de l'informatique.
Antarès
En grand amateur des œuvres précédentes de Léo, je n’ai pas été déçu par ce premier tome d’"Antarès". Cette série est dans la continuité d’Aldébaran et de Bételgeuse. Pour l’instant ce premier tome sert surtout de mise en place : Petit rappel des faits précédents, mise en situation des personnages. Et pour ça, c’est vrai que c’est un peu simple, que parfois Léo abuse de pirouettes scénaristiques pour rassembler ses personnages (la sortie de prison d’Alexa et Marc, la jeune fille qui annonce de but en blanc à Kim : je quitte mon mari pour t’accompagner sur Antarès, …), c’est vrai que c’est un peu facile. Mais à côté de ça, on retrouve par petites doses ce qui fait le charme des séries précédentes, à savoir une faune et une flore très originales. Et surtout une intrigue qui se met en place tranquillement. On entrevoit déjà les premiers mystères liés à la mission Antarès, son objectif réel et ses curieux commanditaires. Et bien sûr aussi les phénomènes étranges auxquels on assiste sur Antarès (ah les dernières pages…). Alors malgré quelques passages poussifs, ce premier tome annonce une nouvelle bonne série, je n’en doute pas et c’est pour ça que mon hésitation entre un 3 ou 4 étoiles est arrondie au plus élevé. Après lecture des 6 tomes (et relecture des premiers cycles) : Les qualités d'Antares sont finalement les mêmes que dans les albums des planètes précédentes : une faune riche, variée, intrigante, je dirais même séduisante. C'est toujours un plaisir de voir avec quelle imagination Léo nous propose des planètes originales et qu'il met en scène de nouveaux animaux étranges et menaçants. C'est toujours un plaisir de voir qu'il arrive à installer des mystères, à raconter des histoires à suspense et à nous tenir en haleine avec talent ! Bref c'est de la bonne science-fiction comme j'aime en lire ! Mais... les défauts d'Antarès sont également les mêmes. Et au bout de 16 tomes je sature un peu des amourettes ridicules entre Kim et ses amis. Autre point noir, les personnages trop caricaturaux, à commencer par ce Jerediah qui est insupportable à baffer. Trop c'est trop et son comportement fait perdre de la crédibilité à l'ensemble. En conclusion je dirais que c'est toujours bon si on est fan des premiers cycles (dont je fais partie), mais que les autres devraient commencer à se lasser si ce n'était pas déjà fait avec Betelgeuse.
Catharsis
L'attentat contre Charlie Hebdo et les événements qui ont suivi font partie des pires événements de cette année. Je me souviendrais toujours de ce qui s'est passé même si je ne vis pas en France: les reportages, les émotions, les gens qui prennent position sans même connaitre Charlie (vous avez déjà vu un anglophone qui ne comprend pas le français gueuler qu'une couverture de Charlie Hebdo est raciste à cause d'un gag sur Dieudonné ?). En tout cas, je voulais lire cet album car j'avais envie de savoir ce que pensait un des rescapés de l'attentat, à savoir le dessinateur Luz. L'album est consitué d'histoires courtes qui sont parfois sérieuses et parfois humoristiques. C'est intéressant de lire les angoisses de Luz, mais je préférais encore plus lorsqu'il se foutait de la situation en utilisant l'humour noir (mon histoire préférée c'est celle sur le type qui pense que les attentats sont un complot). Le dessin de Luz est toujours aussi excellent. J'adore son style. C'est à lire si on s'intéresse à Charlie Hebdo.
Nous, les morts
Aïe, Aïe, les amis, voilà du lourd, du costaud, de l'original en diable, de la belle ouvrage en sorte ! Je suis un fan de l'uchronie, en tant qu'amateurs de BD, vous devez, si, si, connaitre ces magnifiques livres de M. Moorcock, "Gloriana, la reine inassouvie", "Pavane" de K. Roberts, et le grandiose "Maitre du haut château" de P. K. Dick, enfin j'arrête là, mais tapez Uchronie et Littérature sur le Net et vous n'aurez a priori que de bons conseils. Ici donc une uchronie comme nous aurions pu la rêver du temps où, sur les bancs de l'école, on nous apprenait que les fiers Espagnols et Portugais avaient su envahir, massacrer et contaminer tout un peuple, que dis-je, des peuples et des cultures aussi millénaires que les nôtres. Je me souviens, ado, découvrant au cinéma "Aguirre, la colère de Dieu". Film lancinant où je comprenais déjà que les choses n'étaient pas si roses que l'on avait bien voulu me le dire, la civilisation à coups de sabres et de goupillons me semblait bien ignorante de l'autre, et à cette époque, quand on ne connaissait pas l'autre, on lui tapait sur la tronche (Nous sommes bien sûr d'accord pour dire que les choses ont bien changé depuis ces funestes temps !). Je m'égare, je m'égare. Quoique ! Cette BD a aussi ce mérite, celui peut-être de faire réfléchir, du moins si l'on prend le temps de la réflexion de se dire que la "Conquista", si elle permit d'ouvrir l'horizon de l'humanité, fut aussi l'occasion de détruire des cultures aussi intéressantes que les autres. Hop là, j'entends déjà quelques sceptiques qui mettront en avant ces abominables sacrifices humains en haut de pyramides ruisselantes de sang. Niark, niark, allez je ne rajoute rien et vous laisse réfléchir à deux ou trois trucs que notre monde occidental avait à cette époque déjà perpétué sur ses propres populations. Je devais arrêter de m'égarer ! Donc, que voilà une bonne série, d'abord parce que, comme je l'ai laissé supposer lors de mes égarements, elle prend le contre-pied de l'histoire officielle (C'est ça l'uchronie !) et c'est un premier point que je trouve fort jubilatoire. Ensuite les choses, les événements, les personnages ne sont pas manichéens. Il y a chez ces "Inkas" de braves couillons dont on se demande comment ils ont pu asservir les autres peuples de leur continent, voire même quelques indiens Lakotas qui, si je ne m'abuse, sont plutôt situés en Amérique du Nord. Alors que dire ? Après quelques échos ici ou là je me suis dit "c'est quoi cette histoire ? Des zombies, des hommes revenus d'entre les morts, on ne sait trop pourquoi. Ah oui il y a aussi des Incas en ballons et un poil de sexe. Ben on fonce !". Et par tous les diables nous ne sommes pas déçus. Cette BD est intelligente, elle renouvelle le genre de l'uchronie, des histoires de zombies mais jamais dans le style racoleur, gore et tutti quanti. Les mouvements d'un monde à l'autre sont parfaitement orchestrés, aidés en cela par un dessin mais surtout une colorisation juste excellents. Donc surtout ne vous arrêtez pas à cette histoire de zombies, oubliez ce que vous connaissez, il faut absolument découvrir ce petit bijou d'originalité, d'inventivité, d'humour. Comme dirait l'autre, faites tourner. En cette joyeuse journée, voilà donc une majoration suite à la sortie du tome 3: Ben ça tourne! Ça virevolte même, si ça continue à ce rythme cette tétralogie va vite devenir culte. Pour être couillu ça l'est. Dans ce tome voilà donc que les orthodoxes en prennent aussi pour leur grade avec ce petit épisode où les "mordus" accèdent à une sorte de paradis terrestre entre les bras de charmantes ingénues. Puis direction le céleste empire où si l'on fornique un peu moins on est aussi fourbe que dans les autres contrées. Toujours des va et vient entre les différents lieux de l'intrigue et même si l'action est un peu ralentie, j'attends la conclusion avec une impatience non dissimulée.
Commando Torquemada
J’ai beaucoup apprécié la lecture des deux premiers opus. Le troisième ? Je n’ai pas eu l’occasion de le lire puisque sorti directement sous forme d’intégrale. Le haut clergé en prend pour son grade avec ce commando, type inquisition réincarnée, qui reprend du service pour assurer la basse besogne de l’église. Le trait est un habile mélange de classicisme et de modernité. C’est typé ligne claire mais avec certaines libertés prises, notamment au niveau du cadrage et de la souplesse du trait. La structure du récit peut en dérouter plus d’un car le sujet est plus un prétexte à développer un univers qui permet aux personnages de développer leurs personnalités. Ceux qui aiment les albums de Yann devraient apprécier. Mention particulière pour le tome 2 qui se focalise sur une Sœur Sourire survoltée. Une série à conseiller sans réserve à Miranda, par exemple, si elle ne l’a pas encore lue … ;)
Pacifique
Tout d'abord une magnifique couverture qui prend tout son sens après lecture et un format à l'italienne vraiment très plaisant qui rend un hommage aux planches qui parsèment cet album. Bizarrement au niveau du dessin je n'ai pu m'empêcher de penser à Riff Reb's avec des personnages parfois proches de ceux du sus nommé ; traits un peu anguleux à la limite de la caricature et très expressifs. En ce qui concerne le scénario, il est à mon sens très malin, utilisant certains codes du fantastique mais sans que jamais ces éléments ne soient trop prégnants au point de plomber l'histoire. Le tout est finalement plutôt subtil et comme pirouette finale, jamais nous ne saurons ce que contient ce fameux livre. Un album sans doute un peu méconnu mais qui mérite vraiment l'attention. Je ne sais pas si une autre production de ces auteurs est prévue mais j'irais y jeter un œil sans problème.
Love in Vain
Robert Johnson, j'en avais déjà entendu parler via le manga Me and the Devil Blues qui ne m'avait pas passionné et je connaissais la reprise de quelques-unes de ses chansons. Mais cet album m'a donné envie de le connaître mieux. Du coup, je suis en train d'écouter ses rares enregistrements en même temps que j'écris cet avis, et oui, je confirme, c'est du bon, c'est du blues ! Mais en terme de bande dessinée, qu'apporte cet album ? Car il s'agit d'une biographie pure et simple, de la naissance à la mort du sujet, Robert Leroy Johnson. Certes, sa vie fut mouvementée, originale, pleine de malheurs, d'aventure et de cette ambiance et cette poésie qui appartient au Blues. Mais une biographie n'est-elle pas simplement un documentaire un peu ennuyeux ? Pas quand comme ici on est plongé dans l'Amérique des années 20 et surtout 30. Pas quand on ressent de cette manière l'atmosphère du Delta du Mississippi, de la communauté noire de l'époque, des nombreux musiciens noirs de jazz et de blues, et des sessions musicales dans des bars crasseux à l'ambiance délurée. Pas quand on y apprend l'étonnant parcours vagabond d'un artiste musicien comme Robert Johnson, son enfance compliquée, le traumatisme de son premier mariage, et la vie dissolue qui s'ensuivit. Et qu'on découvre son état d'esprit sans attaches, volontiers provocateur, à la fois épicurien et désespéré, qui ne vit plus que pour la musique et les plaisirs qui s'y rattachent. Et surtout il y a le dessin de Mezzo qui est ici proprement superbe. La couverture ne paie pas de mine mais les planches sont toutes exceptionnelles. J'aime l'élégance et la beauté de son encrage épais, la force de ses aplats noirs, le soin apporté aux décors autant qu'aux personnages, la mise en page parfaite et la narration excellente. C'est beau. Et ce blues, c'est du bon !