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Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

Riad Sattouf nous livre dans le premier tome la première partie d'un récit autobiographique (l'album couvre ses six premières années). Le dessin assez simple, en bichromie (dessin en Noir et Blanc et colorisation unie alternant le orange, le bleu et le rose) permet une lecture à la fois amusante et décalée. Dans ses premières années, les parents de Riad ont forcément le rôle principal - surtout son père il est vrai, sa mère étant très effacée (il faut dire qu'elle est souvent "en terre inconnue"). Riad est bringuebalé entre la Bretagne, la Libye et la Syrie (pays d'origine de son père), et c'est son regard plein d'émerveillements et d'incompréhension qui donne un ton amusant à ce récit. Sattouf fait passer plusieurs messages: le regard porté sur Libye et Syrie, dictatures en développement, entre le discours volontariste de son père et le regard décalé du gamin qu'il était rend fluide la lecture. Cet album est aussi, par delà les incompréhensions, un hommage rendu par Sattouf à son père. Le deuxième tome couvre une période plus restreinte (une année environ), et se déroule quasiment intégralement en Syrie, dans la petite ville où ils se sont installés. Le ton et "l'ambiance graphique" sont restés les mêmes, et le jeune Riad porte toujours un regard mêlant admiration et ironie sur son père. Sa mère, toujours très en retrait, commence toutefois à imposer sa personnalité. Le cœur de l'album est constitué par l'entrée à l'école de Riad, qui découvre les méthodes pédagogiques très musclées de ses maîtres : beaucoup de passages sont très drôles. Un deuxième tome qui me pousse à monter d'une étoile pour l'ensemble, j'attends la suite.

08/12/2014 (MAJ le 12/10/2015) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Coraline
Coraline

Bien aimé cet album, moi. Pourtant je n'ai pas lu le roman original, et l'approche que j'ai pu avoir avec l'oeuvre romanesque de Gaiman n'a pour l'heure pas été couronnée de succès. Mais il règne dans ce one-shot une atmosphère particulière, confinant au conte, aux rêves, à la magie... j'étais vraiment intrigué par ce qu'il y avait derrière la porte, et comme Coraline, à un moment, je me suis demandé comment en sortir... Le personnage principal est fort, plein de caractère, volontaire, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre d'histoire. C'est peut-être ce qui m'a plu le plus, car pour le reste, et malgré le fait que le roman -et donc, le comic- eût été écrit pour un public jeune, je n'étais pas forcément rassuré par rapport à ce monde étrange... Le dessin de P. Craig Russell participe aussi à cet émerveillement : réalisé dans une veine semi-réaliste, il est très expressif et participe donc à l'immersion du lecteur dans l'histoire. Vraiment très sympa, je recommande.

12/10/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Au Ritz des Fritz
Au Ritz des Fritz

On en a lu et vu des tas, des livres et des films sur le nazisme, mais « Au Ritz des Fritz » s’intéresse à un aspect beaucoup moins connu de l’Histoire : le sort des prisonniers allemands antinazis dans les prisons alliées, souvent régentées par des prisonniers nazis. Les déboires du « traître » Danwarth Pabel m’ont beaucoup intéressé, l’histoire est clairement documentée et bien racontée, et l’album s’avale rapidement malgré ses 80 pages. Nathalie Bodin s’occupe également de la mise en image. Le dessin noir et blanc (au fusain ?) est superbe et en parfaite en adéquation avec l’histoire. Un album intéressant et recommandable.

12/10/2015 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Canardo
Canardo

Je précise d'emblée que je n'ai pas lu tous les tomes de Canardo. Je n'ai lu que les tomes 1,2,3 (les meilleurs parait-il) et puis le 6, le 7 et le 8. C'est déjà pas mal. Mon 4 étoile ainsi que le coup de coeur sont surtout destinés aux 3 premiers, finalement assez loins de l'image "Columbo en canard" que l'on se fait machinalement de Canardo. Je veux dire assez loin de l'univers urbain de Columbo (et des autres albums). Dans ces 3 albums il y a une ambiance ouvertement noire et fantastique, sanglante et sombre plutôt éloignée de l'atmosphère que prendra la série par la suite (des albums plutôt bons mais beaucoup moins torturés). Pour le coup là c'est vrai, on aura vraiment droit à du Columbo en canard. Dans ces 3 premiers albums mettant en scène entre autres le fameux matou Raspoutine, tout est noir et étouffant. Tout sent la fumée, l'alcool. Des animaux défraichis (Canardo y compris) passent leur temps à boire et à fumer clopes sur clopes ou cigares sur cigares dans des bars louches perdus au fond de campagnes désolées balayées par le vent ( ou en sibérie dans le tome 2 ). De mystérieux et gigantesques animaux aux yeux rouges font régner la terreur. Mafieux, putes, bourreaux et victimes à la fois on ne sait plus vraiment (je mélange l'intrigue des 3 premiers, volontairement et involontairement ). Ca tousse, ça saigne, ça souffre beaucoup ( à chaques fois de bouleversants épilogues plutôt tragiques ) . Canardo est tout aussi à l'ouest que les autres mais lui essaye au moins de résoudre les "enquêtes". Derrière son côté je m'en foutiste et alcoolique ce personnage est réellement attachant. Humaniste, intelligent, pas spécialement violent, c'est un inspecteur sincèrement bon. On s'identifie vraiment à ce canard avec encore toute sa tête (pas pour longtemps vu tellement il se met mal lui aussi) plongé dans cette misère sociale et humaine (pardon, animale), peuplée de sadiques, de brutes, de drogués et autres damnés de la terre. Derrière le trait cartoonesque et le côté "animaux qui parlent" c'est réellement noir et carrément fantastique dans l'atmosphère (ambiance presque gothique à certains moments). Prenez Columbo, Walt Disney, Tchao pantin et le cinéma fantastique gothique et vous obtenez Canardo, du moins pour les 3 premiers albums. Je préfère nettement cela à Blacksad. Pour les autres albums que j'ai lus j'ai beaucoup aimé l'île noyée par exemple, mais ce n'est pas aussi bon, et dark. Dommage. Il me tarde de trouver les autres albums. Uniquement d'occasion je précise. Donc ***** pour les 3 premiers et *** pour les autres. Apres lecture tu tome 4 ( noces de brume ) et du tome 5 ( L'amerzone ) je maintiens cette note de 4 étoiles car ces 2 tomes, tous les 2 très bons, poursuivent l'ambiance glauque et humide des 3 premiers. tome 4: ***,5 tome 5: ****

23/06/2013 (MAJ le 12/10/2015) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

Cela faisait longtemps que je voulais lire cet album et maintenant que je l'ai lu je suis content car c'est vraiment un des meilleurs one-shot de Zidrou. Enfin, c'est un album indispensable si on veut lire des bandes dessinées dont le sujet est les handicapés. Les auteurs nous montrent la vie quotidienne d'une vieille mère et de son fils dans la quarantaine qui dépend de sa mère car il est handicapé. L'album est constitué d'histoires courtes qui montrent la vie quotidienne de ces deux personnages. J'ai trouvé le tout réel et les personnages sont attachants. Et puis j'aime bien comment Zidrou ne tombe pas dans le larmoyant facile. J'ai ressenti de l'optimiste en lisant cet album. Le dessin est vraiment superbe.

11/10/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série La Lune est blanche
La Lune est blanche

Superbe, prenant, envoutant, le moins que l'on puisse dire c'est que cette BD nous emporte en un lieu magique. Hormis le fait d'être un fabuleux carnet de voyage, cet ouvrage est un formidable documentaire sur l'histoire de l’Antarctique et toutes les expéditions depuis l'origine, qui s'y sont déroulées. Au delà du reportage c'est un très beau témoignage sur des individus, je pense au "raideurs" qui à 12 km/h avancent dans des conditions extrêmes, unis dans une sorte de fraternité humaine qui fait plaisir à voir et instille un peu d'espoir en l'être humain. Même si je reconnais un réel talent aux photographies j'ai beaucoup plus apprécié le dessin d'Emmanuel Lepage qui arrive en quelques traits à nous restituer l'atmosphère et l'ambiance des ces paysages lunaires mais aussi les moments plus conviviaux entre les êtres. Voila donc une magnifique œuvre à tous points de vue que je risque fort de m'empresser d'acquérir.

11/10/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Le Baron fou
Le Baron fou

Très bonne surprise pour ce premier tome. Une femme à la longue chevelure grise se promène avec sa fille dans une fête villageoise, et se fait tirer les cartes. Elle tombe sur l'as de pic. Cette carte lui rappelle sa jeunesse comme femme médecin dans les dernières troupes anti-bolchéviques en Mongolie, sous la coupe du baron Von Ungern-Sternberg. Le rapport entre les deux personnages, tendu, respectueux mais assez inquiétant aussi nous tient en halène dans ce contexte tragique et éperdu, d'une guerre menée par des mercenaires. La tournure du dessin un peu désuète (trait au feutre fin avec petites hachures élégantes rehaussé d’aquarelle) n’empêche pas une vraie sensibilité. Des visions marquantes par moments (des visages plein de force, ou de douleur, des chevaux aux jarrets inondés de sang à la fin des batailles , des intérieurs de yourtes paisibles...) sont vraiment au service du scénario, et renforcent notre proximité avec l’héroïne. J'ignorais totalement cette histoire: une équipe de mercenaires de tout peuples qui défend encore bec et ongle une monarchie déjà démantelée, semble assez improbable... Une sorte de Napoléon Bonaparte blond, qui mène à la boucherie ses grognards pour devenir le nouveau Gengis-Khan... Après lecture du deuxième volet du diptyque, mon enthousiasme ne s'est pas tari même si le suspens n'est pas réellement entretenu, ce qui pourra agacer certains. Je viens de lire le second tome de Temudjin et le contraste est saisissant entre ce baron fou, vu par une anglaise, où ses motivations irrationnelles nous restent cachées, et ce chef de guerre médiéval vu depuis son esprit habité d'enchantements magnifiques. L'irrationnel du tyran vu depuis l'extérieur (à l'occidentale) ou depuis l'intérieur, comme un rêve divinatoire. A lire.

05/07/2015 (MAJ le 11/10/2015) (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Undercurrent
Undercurrent

Un roman graphique extrêmement juste. C'est la mise en forme d'un fantasme que tous ceux qui sont ou ont été en couple ont eu: un jour, l'un des deux s'en va sans rien dire... Et on se rend compte qu'on ne s'est pas compris ; que toutes ces années passées ensemble étaient fondées sur du vent. Ce moment fragile est présenté du coté de celle qui reste, et dans ce moment de fragilité, les questions qu'elle se pose, et les failles de son enfance qui remontent. Ce dispositif simple et efficace est subtilement orchestré, les personnages sont attachants. La vie quotidienne japonaise, avec ses petits boulots, l'humilité des tâches de chaque jour, est fidèlement représentée. Une grande sensibilité transpire dans toute cette histoire, en particulier par ses dialogues peu bavards et bien choisis. Le dessin très sobre et peu contrasté, comme souvent dans les mangas, sait décrire les postures des corps et le caractère morne des paysages. Une histoire à ne pas manquer pour sa force de vérité et son scénario très bien construit.

11/10/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Scotland Yard
Scotland Yard

Avis aux amateurs des grands classiques de la littérature victorienne et gothique du XIX ème siècle, vous serez ici en pays de connaissances. En effet dans cette enquête sombre et sanguinolente à souhait et riche en personnages plus torturés les uns que les autres, vous retrouverez des figures connues qui ont émaillé les grands récits intemporels du gothique de ce temps. Lestrade, Stoker, Renfield, Clerval, Jhon Merrick et j'en passe, ne manque que notre bon moine de Lewis. D'aucuns pourraient penser que nous sommes face à une sorte de compilation de noms ou les auteurs font montrent de leur érudition et recrachent en un improbable mix toute leur culture livresque. Hors donc, nous ce petit monde se croise, mais pour ma part je n'ai pas trouvé que cela plombait le récit. Est ce parce que dans ma jeunesse j'étais un grand fan de cette littérature ? Sans aucun doute et y associer une enquête mêlant, vieux hôpitaux psychiatrique, les deux femmes qui élèvent Renfield, ces abominables instruments de torture tel ces colliers décapitant leurs victimes, les voyages dans les égouts, ces éléments concourent à créer une ambiance fantastique mais proche d'un quotidien éventuel qui n'a pas été sans me déplaire. Et puis j'aime beaucoup le graphisme en couleurs directes qui me rappelle Sorel et réussit a créer une véritable ambiance gothique et terrifique. Au final un diptyque intéressant qui prend toute sa dimension, bien que le premier tome nous laissait un peu sur notre faim et nous propose une lecture divertissante.

11/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Frankenstein (Junji Ito)
Frankenstein (Junji Ito)

Visiblement, ce titre sera le dernier d'une anthologie qui a été consacré aux 10 premières années de carrière de l'auteur. C'était une bonne manière de nous présenter l'oeuvre du maître de l'horreur japonais. Il est vrai qu'il y avait quelques raclages de fond de tiroir. On ne pourra pas dire cela avec ce titre qui est complètement différent de ce qu'il fait d'habitude bien que le thème soit la déformation physique ! En effet, il reprend en manga l'oeuvre de Mary Shelley en lui donnant un nouveau souffle façon manga et je dois dire que le résultat est réellement bluffant. J'en ai lu des versions différentes de Frankenstein en bd. Bref, ce n'est pas la première fois. Cependant, ce titre tiré du roman culte semble apporter quelque chose d'autres tout en reprenant les grandes lignes de l'histoire. J'ai été heureux de constater que pour une fois , l'auteur ne tombe pas dans une espèce de surenchère gore qui était un peu sa marque de fabrique. Je peux même affirmer sans complexe que nous avons là l'une de ses meilleures oeuvres. On passe ainsi un bon moment de lecture avec un récit parfaitement maîtrisé jusque dans sa narration. Le plus vient de ses dessins qui sont magnifiques.

11/10/2015 (modifier)