Les derniers avis (31990 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Secrets - Heureuse vie, heureux combats
Secrets - Heureuse vie, heureux combats

Qu’est-ce qu’on a pu critiquer Marianne Duvivier sur ce site à tort ou à raison ! J’ai toujours été indulgent avec des titres comme « L’écharde », « Pâques avant les rameux » ou encore « La corde » dans cette fabuleuse collection initiée par Frank Giroud. On découvre avec ce dernier titre de la collection Secrets sa propre histoire faite de de mensonges familiaux, de maladie et de suicides douloureux. On ne peut alors s’empêcher d’éprouver de la compassion, ce qui n’était manifestement pas voulu par l’auteur. Au-delà de cet aspect personnel, on comprend mieux la construction de cette collection dont certains titres ont été des petits bijoux. Il est vrai qu’il n’y avait pas mieux pour clôturer une fin de série. Certains passages demeurent un peu superficiels. Je me suis demandé comment on pouvait passer d’un homme à l’autre pour bâtir une famille tout au cours d’une vie. J’en ai compté 3 au moins : sic ! J’ai bien compris que ce n’était pas le propos ou l’axe focalisateur. En s’exposant ainsi pour témoigner d’une expérience de vie, l’auteur pourrait également prendre des retours de bâtons. C’est toujours dangereux de dévoiler son intimité, sa vie privée. Cependant, j’ai compris son désir de tout extirper comme pour chasser le démon ou faire la paix avec les fantômes du passé. Le secret de famille ne fera pas dans le sensationnel. Cela pourrait presque apparaître comme banal mais il demeure authentique. Non, ce qui va nous marquer c’est l’émotion qui ressort de l’auteur. J’avoue avoir été un peu en phase surtout lorsqu’on traverse des moments difficiles. Chacun de nous n’a pas une existence de rêve. Il y a cette part qui demeure cachée de peur qu’elle nous absorbe totalement. Heureuse vie, heureux combat constitue une émouvante renaissance. C'est en tout cas un témoignage très sincère.

15/10/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Comment naissent les araignées
Comment naissent les araignées

Alice, mal dans sa peau, déprimée par le départ brutal de son petit ami... Isadora, SDF quadragénaire, une vie cabossée par l’alcool …Billie, camarade de classe d’Alice, victime d’une mère poule et d’un frère dominateur. Trois femmes, trois vies en souffrance qui vont se rejoindre le temps d’un voyage aux allures d’errance, comme une quête. La première chose que voient les bébés araignées, c’est leur mère, comme le raconte Alice à sa copine Billie qui cherche le sommeil dans le froid nocturne. Et comme les bébés ont faim, alors ils la grimpent et se mettent à la bouffer, vivante… « Comment naissent les araignées », un titre réussi, pour une histoire en forme de toile. Trois portraits touchants, trois fils reliés par un autre fil, celui d’une aventure commune sur la route, hors des murs, comme une tentative d’ébranler l’inertie d’un cauchemar. « Comment naissent les araignées » aurait pu s’appeler « comment naissent les névroses ». Car qui dit « naissance » dit « mère ». Et qui dit mère dit transmission, transmission du bon comme du moins bon. Et quand le moins bon ressemble à la méchanceté ou la possessivité, les dégâts sont immenses pour la victime et la folie n’est jamais bien loin. Faut-il alors bouffer sa mère pour s’en sortir ? C'est très exactement de cela dont il est question ici. La Française Marion Laurent nous propose donc là un beau roman graphique estampillé « USA in the nineties », une histoire de femmes américaines à la dérive. Si ce sont principalement les rapports mère-fille qui sont abordés, à l’exception de l’épilogue dédié au petit ami d’Alice, lui-même rejeton d'un géniteur absent, la thématique a trait à la filiation en général et aux bonnes vieilles casseroles familiales que chacun, homme ou femme, traîne avec soi des années durant, avec quelques pistes pour les larguer avant d’être cuit dedans. C’est aussi une « love story » impossible et désespérée entre Dwight et Alice, jeune et jolie Barbarella sous le pinceau de son « boyfriend », impossible parce que la tête et le cœur du jeune homme refusent de s’accorder. En plus d’un scénario très bien construit, le dessin de Marion Laurent invoque l’urgence avec son trait gras et son absence de fioritures, exprimant à la fois la sensibilité de l’auteure et l’âpreté de ces vies déchirées, que les couleurs obstinément rosâtres tentent peut-être d’apaiser. Les dialogues sonnent juste, les paroles font mal mais libèrent aussi, et quand il n’y en a pas, ce sont les regards, les attitudes, les gestes qui parlent. C’est ainsi qu’en alternant les séquences avec et sans textes, Marion Laurent sait faire respirer son récit avec talent, nous captivant jusqu’à la dernière image, sublime, alors que Dwight vient d’avoir un accident, de cette biche hagarde en pleine forêt au milieu des croquis flottant dans les airs. « Comment naissent les araignées », un des coups de cœur de l’année ? On dirait bien que oui…

14/10/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Confesseur sauvage
Le Confesseur sauvage

Foerster est vraiment un des plus grands en matière de contes macabres. Ici, il invente une ville où s'est produite une catastrophe et maintenant il y a des mutants. À travers le personnage d'un mutant qui a le pouvoir de faire confesser les gens, l'auteur nous raconte 5 histoires différentes. On retrouve le Foerster de Fluide Glacial qui racontait des trucs macabres avec un peu d'humour noir et parfois de la satire sociale (que je trouve très présente dans cet album). Il a plus de pages pour développer ses histoires que dans Fluide Glacial et je ne vais pas me plaindre car les différents récits sont excellents. Il y a pas de longueurs et j'avais toujours envie de lire ce qu'il allait se produire sur la page suivante. J'aime beaucoup comment ses histoires sont cohérentes entre elles quoique le point fort de l'ouvrage est le dessin en noir et blanc que Foerster que je trouve parfait pour ce genre d'histoire. C'est un style un peu malsain qui ne me dérange pas du tout. C'est à lire pour les fans de l'auteur !

14/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Mangas Coloradas
Mangas Coloradas

J'ai trouvé aussi cet album dans la même boutique parisienne que François Vidocq, ça ne m'a pas trop étonné, et à un prix très correct pas ruineux. Comme on le voit, c'est encore du Hans Kresse, ce n'est pas que j'ai une affection particulière pour ce grand auteur hollandais, mais certains aspects de son oeuvre m'intéressent, et là évidemment ça me touche de plus près puisqu'il est question du monde indien et que c'est un western. La différence réside ici dans son dessin, il emploie la couleur, et si dans François Vidocq, le noir & blanc sublimait le dessin, ici la couleur joue son rôle et s'avère presque indispensable, le décor et le genre traités ayant beaucoup plus d'attraits en couleurs. Pourtant, là aussi, on sent que c'est dessiné assez vite, les décors de montagnes et de plaines sont dessinées souvent sommairement avec l'essentiel, on est loin du rendu de Giraud sur Blueberry, Kresse s'intéressant surtout aux personnages. Mais malgré ça, l'ensemble est très bon, les images sont superbes. La Bd est publiée en 1971 dans l'hebdo Pep aux Pays-Bas, soit 3 ans avant la grande série de Kresse, Les Peaux-Rouges, et on sent aussi qu'il porte un intérêt soutenu à cette cause indienne, car il traite ici d'un des très grands chefs de la nation Apache, qui a nourri toute sa vie une haine contre les Blancs, encore un tas d'abrutis dégénérés qui lui ont fait subir des affronts et des mauvais traitements, ce qui l'incita à se dresser contre cette autorité indigne et traitre à sa parole, avec une énergie incroyable. Sa mort en 1863 reste aussi pitoyable que celle de Sitting Bull. Allié de Cochise, l'Histoire retient plus facilement le nom de ce dernier et celui de Geronimo qui poursuivra son action, même au cinéma, aucun film ne le glorifie car il reste un rebelle farouche qui a tellement harcelé les Blancs que Hollywood n'a pas osé s'emparer de son histoire, c'est pourquoi cet album rétablit sa mémoire de façon intelligente.. Un très bel album.

14/10/2015 (modifier)
Couverture de la série Terre de feu
Terre de feu

Voilà un western plus qu’atypique ! D’abord par sa localisation, loin des paysages montagneux, désertiques ou boisés du Wild West, mais au Sud du bout du monde, en Patagonie – même si l’adage « un bon Indien est un Indien mort » est ici aussi valable pour les Blancs. Atypique aussi dans son traitement. Graphique tout d’abord, avec le dessin d’Hugues Micol, pas toujours facile à suivre (surtout dans les passages nocturnes dans les hautes herbes !), mais plutôt bon et réussi, avec ce travail sur le Noir et Blanc très original. Le scénario lui aussi est original, puisqu’il mêle à la traditionnelle chasse aux Indiens des aspects ésotériques (la cérémonie prévue par Lord Hexam, l’apparition du dieu indien) et politiques (les différents groupes plus ou moins révolutionnaires et anarchistes qui sillonnent cette pampa improbable). A noter que cette histoire est rattachée à une autre production western originale de David B, Hiram Lowatt & Placido, puisque l’un des personnages principaux n’est autres que le frère d’Hiram. Au final, c’est une série intéressante, mais qui me laisse un peu d’amertume et de frustration, étant donné qu’elle semble abandonnée, et que cela laisse sans réponse pas mal de questions : sur l’archer rouge, le rôle des deux troupes de cavaliers révoltés (en particulier de la deuxième, dont je n’ai pas bien compris la motivation), les motivations exactes des deux femmes spirites et d’Oberon Gris, ainsi que des Somnambules. Et monsieur Lowatt ? Nous voilà abandonnés en Terre de Feu, seuls, c’est inhospitalier, et on ne sait pas si les auteurs vont revenir (avec la cavalerie ?) à notre secours…

14/10/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl

Du lourd, du très lourd même comme ces minuscules particules invisibles qui retombent sur le sol et dont nous savons qu'elles ne pénétrèrent jamais notre bel espace aérien français. A ce propos certain devraient être cloués au pilori de la connerie et de la suffisance pour avoir osé dire de telles insanités. Emmanuel Lepage fait dans cet ouvrage une œuvre documentaire d'une grande qualité en mettant en balance les différents avis et ressentis suite à cette catastrophe. Le point de vue des anti nucléaire, mais surtout celui des rares habitants qui survivent à proximité de la zone irradiée. Face à tant d'horreurs, le graphisme est lui en totale opposition et si l'on ne savait rien des évènements l'on pourrait se croire dans un région ni plus moche, ni plus belle qu'une autre, de friches industrielles au milieu des bois. Hormis le début de l'album qui retrace les évènements le reste est très bucolique jusqu'à l'arrivée dans cette ville devenue frontière ou les habitants, parmi eux d'anciens liquidateurs, survivent comme ils le peuvent en aller récupérer ce qui peut être négociable et leur permettre de vivre. A coup sur une histoire et un récit emprunt d'empathie pour les autres ou l'auteur sait se mettre en scène et pas toujours en position de héros. Comme dit ailleurs, montrer l'invisible n'est pas chose aisée et pourtant E. Lepage fait ici œuvre de prophète pour nous dire que la terre se remet toujours, c'est long, et si l'homme ne s'en mêle pas trop ma foi c'est tant mieux. A lire bien sur!!

14/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Patxi Babel
Patxi Babel

Patxi Babel est l'archétype de l'adolescent rebelle qui se cherche. Il a un don pour le surf. La coiffure à la Harry Styles, c'est un beau blond aux yeux bleus clair et au sourire ultra bright qui pourrait jouer dans une publicité pour le surf à moins de tomber dans le . On pourrait dénoncer tous les clichés qui sont réunis. Et pourtant, il y a quelque chose de frais et de vivant qui se dégage. J'ai suivi ce premier tome avec beaucoup d'attention. Il y a certes le surf mais surtout une histoire de secret de famille comme j'en raffole. La construction du scénario est bien équilibré. La lecture se révèle assez agréable. les personnages sont assez crédibles. On entre dans l'histoire, dans leur psychologie au-delà du microcosme des adolescents. Comble du bonheur, le dessin est à la hauteur. Des séries actuelles comme Hunger Games, Le labyrinthe, Divergente sont destinés à un public adolescent. J'avoue que je m'y suis laissé prendre. C'est un peu pareil pour cette bd. Suis-je alors un attardé pour autant ? Je ne le pense pas... Le second tome ne fait que confirmer mon impression première. Je persiste et je signe pour dire que c'est une bd assez sympa qui mêle habilement le sport de glisse et l'intrigue policière. Le dessin est très agréable. L'auteur nous entrainera sur une fausse piste pour mieux revenir sur les fondamentaux. La fin révèlera tout avec une bonne surprise qu'on aurait pu deviner. Bref, une belle conclusion pour une intrigue rondement bien menée sur fond de plage et de vague.

22/02/2015 (MAJ le 14/10/2015) (modifier)
Par cidain
Note: 4/5
Couverture de la série Retour à zéro
Retour à zéro

Une bonne surprise que ce retour à zéro. L'album nous renvoie aux prémices de la littérature de science-fiction et on a vraiment l'impression d'y être tant l'univers qui s'en dégage semble coller à l'époque. L'histoire de base est abracadabrantesque et il ne faut pas y voir une quelconque crédibilité scientifique comme dans les romans de sf d'aujourd'hui. On sent que le scénario a été écrit sans plan préalable ce qui donne un côté à la fois un peu naïf à l’ensemble mais aussi direct, ce qui est bien quand on veut lire une bd juste pour se détendre, sans se prendre la tête.

13/10/2015 (modifier)
Par Anne
Note: 4/5
Couverture de la série J'ai tué Abel
J'ai tué Abel

Conte épique, réflexion autour du bien, du mal, de la puissance, de la vengeance et de la culpabilité, l'album a le souffle d'une grande épopée. Il est surtout magnifié par le dessin de Guillaume Borel (« Les Derniers Jours de Stefan Zweig », « Hotel Particulier »...), dont le talent explose en paysages grandioses dans des lavis d'encre ocre et bleues. Du grand art.

13/10/2015 (modifier)
Par yOyO
Note: 4/5
Couverture de la série Promise
Promise

Je n'ai rien à ajouter d'autre que dans les avis précédents. Promise est une trilogie efficace, qui accroche avec ses codes du fantastique, qui a le mérite de se démarquer grâce à ce côté western ésotérique. Le récit est rondement mené, la lecture est fluide, pas de hachures ni de temps mort dans le rythme. Les personnages du révérend et de sa bête sont fantasques, on prend plaisir à les suivre dans leur dessein. Leur omniprésence dans le village est bien rendue grâce à des personnages secondaires travaillés. Malgré tous ces bons points, on ne peut éviter dans ce genre d'histoire un retournement d'esprit d'un des personnages principaux afin de lancer la conclusion de la trilogie, mais c'est un détail, ça n'enlève en rien le plaisir de lecture et le désir de vouloir aller au bout de notre histoire. Le dessin sert parfaitement ce type d'histoire. Dynamique, des décors ciselés, des cadrages larges qui rappellent le grand West, l'avantage d'aborder un trait semi-réaliste revient au dynamisme et l'accentuation des décors fantastiques. Bravo aux auteurs pour cette trilogie menée de mains de maître.

13/10/2015 (modifier)