3.5
Je connais Louis-Ferdinand Céline, mais je n'ai jamais lu ses livres car le roman n'est pas ce que je préfère et j'ai déjà assez de passe-temps pour occuper mon temps libre et comme mes connaissances sur sa vie sont plutôt superficielles, je ne sais pas trop si les auteurs le rendent ici moins "méchant" qu'il était en réalité.
En tout cas une chose est certaine c'est que la manière dont est représenté Céline donne l'impression qu'il était un gros misanthrope. Il faut dire que la galerie de personnages qu'il va rencontrer durant son périple ne donne pas envie d'avoir une bonne opinion de la nature humaine. J'ai trouvé le scénario prenant et la personnalité de Céline est fascinante. Les autres personnages sont souvent savoureux.
Le dessin est un superbe noir et blanc. Je trouve les décors magnifiques et les personnages sont très expressifs. Le seul défaut c'est que parfois je trouvais leurs gestes un peu trop théâtraux et cela me donnait l'impression de voir des acteurs jouer des personnages, et non des vrais personnages.
Que cela soit dit et redit car c'est important, ce comics précède le "Da Vinci Code". L'information est d'importance car pour un nouveau lecteur, tout pourrait laisser croire que les auteurs ont ignoblement pompé son auteur Dan Brown. Notons d'ailleurs à ce propos que ce best seller ne fut pas écrit à deux mains mais à une ribambelle un peu à la manière des œuvres d'Alexandre Dumas le style en moins. De la à penser que Dan Brown fut un auguste pompeur il n'y a qu'un pas que j'ose franchir.
Mais revenons à nos moutons ou plus précisément à cette uchronie qui voit notre monde contemporain fort éloigné de ce qu'il est aujourd'hui. Il serait fastidieux de faire le compte des changements que nous proposent les auteurs mais l'un des plus significatif et non des moindres est de nous montrer une omniprésence de l'église catholique et de son inquisition.
Si cela marche ? Bougrement bien! Alors bien sur il faut apprécier ce savant mix entre de vieilles légendes européennes, les templiers, les cathares, les sages de Sion, les rois mérovingiens, la liste n'est pas exhaustive et fort longue.
C'est donc dans un univers fort riche que nous évoluons les évènements arrivent sans temps morts et au final l'intrigue est sans jeu de mot, diabolique. ajoutons à l'ensemble un dessin de qualité et voila une œuvre un peu méconnue qui mérite plus qu'un coup d’œil.
Et encore une fois, honte à Dan Brown ( Si j'ose!! ).
A l’heure de la dématérialisation des supports, les éditeurs semblent de plus en plus enclins - et on ne peut que s’en réjouir ! - à soigner le tirage de l’objet « livre » (vous savez, cet accessoire culturel un peu archaïque fait d’une matière plus ou moins fragile, cotonneuse au toucher, qui ne contient aucun circuit électronique et qu’on peut facilement déchirer… Aaargh ! Bas les pattes, sale gosse !).
Dans le cas présent, le livre est un bel objet, se lisant dans les deux sens grâce à une reliure en accordéon. Les deux histoires - biographies en accéléré de Piet Mondrian et d’Oliver Byrne - sont indépendantes l’une de l’autre, seulement séparées par une paroi de papier, dans un jeu de miroir ludique et interactif d’où ressortent les points communs de ces personnalités. Ou quand l’art se fait abstraction pour mieux dialoguer avec les mathématiques, dans une sphère de pensée où la logique prévaut sur l’intuition…
Considéré comme un des pionniers de l’art abstrait, Mondrian était connu surtout pour ses peintures géométriques épurées dans la forme et les couleurs (rouge, jaune, bleu), lesquelles ont largement influencé le design du XXe siècle. Près d’un siècle auparavant, Oliver Byrne avait publié « Les Eléments d’Euclide », un ouvrage innovateur dans lequel il utilisait des diagrammes et des symboles à la place des lettres pour faciliter l’apprentissage des mathématiques. Il faisait aussi intervenir les couleurs, celles-là même que Mondrian utilisera plus tard dans ses œuvres. Le peintre hollandais aurait-il repris les théories du mathématicien ? A voir l’analogie des travaux des deux hommes, à près d’un siècle d’écart, cela semble plus qu’évident même si cela ne peut être prouvé. Mais après tout, peu importe que cela soit vrai ou non. S’il s’agit d’une coïncidence, elle est troublante, et l’hypothèse reste séduisante.
Le traitement graphique est en totale adéquation avec le propos. Bezian fait coexister silhouettes organiques (avec des personnages quasi caricaturaux, au bord de l’esquisse) et formes géométriques épurées (architecture et mobilier dans un agencement évoquant le cubisme ou le bauhaus). Ce qui s’apparente davantage à un exercice de style est très bien souligné par cette même trinité chromatique utilisée par les deux hommes dans leur production. Et quand bien même il y a une suite narrative, faisant rentrer l’ouvrage dans la section « neuvième art », on est presque davantage dans le livre d’art illustré. Ainsi, on pourra peut-être juste regretter la superficialité de l’exercice, qui par son insistance sur la forme, délaisse un peu le fond, et ne nous apprend finalement que peu de choses sur ces « hommes d’exception ».
Voici bien un récit qu’auraient certainement apprécié plus d’un réalisateur des années ’50 ou ’60, Hitchcock en tête ! Une mort étrange, une disparition suspecte, il n’en faudra pas plus pour décider notre anti-héros, agent d’assurance de son état, appliqué et consciencieux à défaut d’autres talents, à se lancer dans une enquête… dont il ne sortira pas indemne.
Et nous non plus ! Car ce récit écrit à la première personne est très immergent et résolument addictif. De fait, Jean-Claude Götting, l’auteur de ce policier old-fashion, nous livre une intrigue de prime abord convenue. Nous, lecteurs, nous amusons à précéder les déductions de son enquêteur improvisé jusqu’à ce que…
Je ne vous en dirai pas plus mais ce final a de quoi surprendre le lecteur. Il en décevra sans doute certains. A titre personnel, et après réflexion (oui, le choc est assez perturbant), j’ai apprécié la finesse de cette conclusion.
Pour le reste, comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé ce récit accrocheur en diable. Le cadre (Watertown, petite ville sans histoire du Massachusetts), l’époque (le début des années ’50), la narration (très présente, elle rythme le récit et nous offre le rôle de confident), le style graphique (en totale adéquation avec l’époque et le genre du récit), la colorisation (qui ne fait que renforcer cet aspect vieillot du dessin) : tout était bel et bien là pour me forcer à ne pas abandonner ma lecture avant son terme.
En résumé : si vous recherchez un récit policier à l’ancienne, bien écrit, utilisant plusieurs clichés du genre mais capable de vous surprendre dans son final, n’allez pas plus loin ! Et même après lecture, ce récit m’incite à réfléchir sur mon propre comportement (ici dans le cadre inoffensif d’une lecture de fiction mais, qui sait, demain dans un cadre plus réel et potentiellement blessant).
Fin,… très fin…
Cela me fait toujours de la peine de voir quelque fois des œuvres injustement notées surtout si on les compare à d’autres titres réellement médiocres. Astral Project est réellement tout sauf bof. Il est vrai que l’idée de départ est très intéressante mais la suite se révèle également être à la hauteur de nos attentes. Pour une fois que nous avons un manga qui fait preuve d’intelligence et de réflexion. Je vais alors tâcher de vous convaincre de le lire en me faisant l’avocat de dieu si vous me permettez l’expression.
Je me suis toujours posé la question si l’esprit pouvait se dissocier du corps pour atteindre éventuellement un au-delà en cas de mort. Bref, la question essentielle de savoir si on peut survivre sous une autre forme plus spirituelle à cette barrière que constitue la mort. C’est le début de la décomposition du corps. L’idée d’une vie après la mort est le fonds de commerce de la plupart des religions du monde. Est-ce que la conscience survit après la mort ? Est-ce que la conscience s’étend au-delà du corps ?
Si l’on admet en effet que la pensée est la conséquence de milliards de processus neuronaux alors, lorsque le cerveau se désagrège avec la mort, la pensée n’a plus de support physique et s’éteint forcément. Bref, la mort du cerveau détruit la conscience. Lorsque l’encéphalogramme est plat, le cerveau ne fonctionne plus mais sommes-nous pour autant sûr que la pensée ne s’est pas échappée dans un ailleurs ? Si quelque chose subsiste, c’est une entité, appelons-là âme ou pensée, qui peut se passer du support corporel.
En effet, le héros de ce manga va faire une expérience pour le moins étrange et on va le suivre au cours d’une quête initiatique. Certes, l’auteur va prendre son temps pour tout mettre en place sans nous asséner des évidences ce qui n’aurait pas été crédible. C’est à la fois fantastique mais également philosophique.
Graphiquement, on a même droit au must. J’ai rarement vu un manga aussi bien dessinée et avec autant de précision dans les détails. Cela ne gâche rien à la découverte de cette série de 4 tomes seulement. Un effort particulier a également été réalisé au niveau de l’édition.
Le premier tome est d’ailleurs très efficace. On accroche tout de suite à cette intrigue. Au sortir, on se posera certes beaucoup de questions. Elles trouveront des réponses progressivement au fil de la lecture des tomes suivants. C’est un scénario passionnant et d’une richesse incomparable. On est très loin des clichés habituels avec une œuvre singulièrement originale et profondément mâture. Les thématiques sont bien basées sur des éléments réels malgré ce voyage un peu cosmique.
On pourra sans doute regretter le virage conspirationniste emprunté par l’auteur. Cependant, il serait vain de penser qu’il n’y a aucune force occulte et puissante dans ce monde qui manipule les masses. Il est également question de la perte des valeurs simples et du monde virtuel. Je trouve ce constat pas aussi dénué d’intérêt que cela. La fin proposée par l’auteur m’a convaincu bien qu'elle pourrait apparaître comme malvenue dans ce contexte particulier et sombre.
Pour résumé, bien qu’il y ait quelques petits défauts, ce seinen demeure une bonne surprise avec un excellent style graphique et un scénario passionnant.
J'ai découvert Florent Calvez récemment à l'occasion de la lecture d'une autre de ses œuvres Reanimator d'après Lovecraft. Ayant été agréablement surpris c'est donc avec bonheur que j'attaquais ce nouvel opus.
Comme le grand père de ce récit, je dirais moi aussi qui aujourd'hui se souvient encore de Sacco et Vanzetti ? C'est par Joan Baez que les moins de ... ne peuvent pas connaitre que j'ai eu vent de cette histoire. En tant que chanteuse contestataire de la grande époque elle ne pouvait passer à côté de cette histoire et la célèbre ballade qui narre ce fiasco judiciaire est je crois demeurée fort célèbre, notamment le refrain. "Here's to you Nicola and Bart, Rest for ever here in our hearts, The last and final moment it's yours, That agony is your triumph". Un brin de cultrure ne peut nuire!!.
Hors donc American Tragedy, l'intérêt principal c'est que l'auteur expose les faits sans prendre parti mais surtout en faisant une description fort utile du contexte ouvrier de l'époque. Au même titre que Scorcese l'avait fait dans "Gangs of New York", l'on nous montre ici que l'Amérique ne s'est pas construite avec des Bisounours et que de véritables ordures ont officié pour la plus grande gloire de l'oncle Sam... ou la leur.
Quoiqu'il en soit cette BD vient réaffirmer, s'y besoin était, que la Démocratie n'est pas toujours le paradis qu'elle voudrait être.
En ce qui concerne le dessin et la colorisation , j'avoue que si ce n'est pas forcément ma came, j'aime assez l'effet rendu.
Une BD instructive qui fait œuvre historique, peut être trop neutre à certains égards mais oh combien éclairante sur un pan de la société américaine.
C'est suite à une petite formation sur le manga que j'ai découvert cette série que je ne connaissais pas du tout... (Oui, la formation pour me remettre un peu à la page n'était pas un luxe :p )
Car cette série qui fait l'unanimité partout dans le monde, se payant le luxe d'aller surpasser One Piece ou autre Naruto dans le top des ventes, reste étrangement derrière en France... (Il n'est qu'à voir le nombre d'avis sur notre cher BDthèque pour s'en convaincre...). Curieux donc du phénomène, je me suis attelé à cette lecture...
Et c'est vrai que c'est bien ! Très bien même, malgré pourtant des défauts inhérents à un premier manga. Que ce soit le dessin parfois un peu malheureux (surtout dans le début de la série), ou quelques lourdeurs psychologiques concernant les personnages (parfois lourdingue de se voir notifier par écrit dans des dialogues un peu creux ce qu'on avait déjà saisi), on se dit que tout ça semble un peu monté à la va vite... et on se plante carrément. Car on se fait embarquer dans cette histoire qu'Isayama Hajime traine et murit dans sa tête depuis l'âge de 17 ans... Refus après refus, il a persévéré pour finir par se faire éditer et faire le carton qu'on connait maintenant.
Car son récit a un souffle épique rafraichissant dans un genre qui commençait un peu à tourner en rond et dont rares étaient les nouvelles séries qui arrivaient à se tailler une telle place dans un marché où les places sont plutôt chères. Ici, pas vraiment le temps d'installer un univers, l'immersion est immédiate et c'est petit à petit qu'on nous campe le décor, le pourquoi du comment, mais toujours avec de nouveaux mystères qui pointent pour nous tenir en haleine... Dur de lâcher cette série quand on a mis le nez dedans. Reste qu'en attendant de découvrir la suite, "L'attaque des Titans" est une très bonne série qui mérite largement son succès.
A découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu !
Dans l'univers de la bande dessinée Venise est souvent montré comme une ville enchanteresse, mystérieuse où tout peut se produire. Curieusement dans ce premier tome la ville n'est pas autant mise en scène que l'on pourrait le supposer, elle sert juste de cadre, de décor assez estompé il faut bien l'avouer. Une intrigue savamment construite qui se déroule sur deux niveaux. De nos jours avec une histoire de renflouement d'un navire et au XIVème siècle alors que les enfants du doge sont enlevés par des pirates à la solde des turcs et de mystérieux vénitiens.
C'est donc sur deux plans différents que les choses se nouent. En ce qui concerne l'intrigue se déroulant de nos jours, il est évident qu'elle n'a pas dévoilé tous ses secrets. Pour la partie se situant dans le passé je suis assez ébahi. Il est en effet essentiellement question de la captivité des deux enfants et rarement dans une BD je n'avais vu une telle noirceur, une telle violence qui plus est montrée de manière assez malsaine. Rien n'est épargné au lecteur, torture ou viol. Je ne dit pas que je regrette cet état de fait, seulement qu'on n'y est pas forcément habitué dans la production actuelle, du moins celle que je lis.
Pour moi donc on se trouve en face d'un album puissant qui n'a pas encore tout dit ou tout montré. Je ne connaissais pas Matteo, le dessinateur mais son coup de crayon est bougrement efficace et certaines planches nous montrant Venise, il y en a, où l'île des prisonniers sont vraiment belles. Je suivrais avec intérêt.
Pfiou!! Ben les gars si tout ce que je lis en BD cette année est du même tonneau que ce one shot, ça va envoyer du lourd. J'ai longtemps hésité mais je ne suis qu'à un poil du culte ( Warf, warf! ).
Hors donc, cette fin d'année a été propice aux sorties "westerniennes" ; Stern et bien sûr Undertaker annoncé comme le nouveau Blueberry, mais là je trouve que l'on est un cran au dessus, autant les sus nommés ne sont pas exempts de qualités mais là j'ai le sentiment que l'on place la barre plus haute en se situant plus du côté d'un Tarantino. Pour preuve j'en veux certaines cases carrément jouissives dans le genre gore. Tout le passage dans la maison du juge Clem Rogers, la fin de Renard Gris et quelques gros plans de macchabées.
Attention je vous vois déjà, ignobles amateurs de sang vous dire que ce brillant opus est fait pour vous. Mais hop là, ravalez votre salive, rangez vos crocs luisants, car ce récit bien que violent et sanguinolent à souhait n'est évidemment pas que cela. Pour faire une histoire il faut bien sûr un scénario béton, c'est le cas ici, mais également des personnages charismatiques, et dans le genre du western je dirais même des gueules!
Alors oui nous sommes servis. Je ne parle même pas des méchants qui possèdent peu ou prou des tronches de dégénérés mais même nos héros sont typés physiquement et psychologiquement comme il se doit dans tout bon western qui se respecte. Mes camarades précédents ont fait les comparaisons qui s'imposaient et je ne vois rien de plus à ajouter.
C'est ici un grand plaisir de voir Pierre Dubois en sortir, abandonnant l'espace d'un temps ces gentilles bestioles "Tolkienne" pour nous concocter un scénario qui montre que l'homme connait ses classiques et s'en démarque plus qu'honorablement, sans oublier quelques notes d'humour. Le dessin est majestueux dans les grands espaces proposés, pour les scènes plus intimistes c'est aussi du tout bon.
Vive les BD de ce calibre, on en redemande!!
J'ai la curieuse impression que pour lire et apprécier Nestor Burma adapté et dessiné par Tardi il faut avoir un certain âge. Du moins être adulte confirmé dans le sens où il faut avoir quelques souvenirs ou connaissances pas trop anciennes sur la période où se déroule les actions, d'aimer les romans policiers, d'être aux faits des codes qu'utilisent ces romans dont une grand majorité, quand nous les avons découverts se déroulaient dans les années 50. Sans doute faut-il aussi être français et familiers des codes que Tardi, après Léo Malet, utilise pour adapter ces récits. Très franchouillard d'esprit même si des pointes de modernité s'y profilent.
Alors sans porter de jugements de valeur il me semble que ces BD ne concernent pas forcément un large public.
Les scénarios sont aux petits oignons, parfaitement maitrisés, un seul reproche peut être, par moment les dialogues ou plus exactement les réflexions de Burma sont un peu envahissantes. Dans le même temps il est vrai qu'elles confèrent à l'ensemble sa justesse de ton qui rend bien compte de l'époque où se situent les intrigues.
Nestor Burma est sans doute un peu daté, mais Tardi a fait un très bon travail d'adaptation et même si l'on n'est pas Parisien c'est un plaisir de déambuler dans les quartiers de la capitale.
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La Cavale du Dr Destouches
3.5 Je connais Louis-Ferdinand Céline, mais je n'ai jamais lu ses livres car le roman n'est pas ce que je préfère et j'ai déjà assez de passe-temps pour occuper mon temps libre et comme mes connaissances sur sa vie sont plutôt superficielles, je ne sais pas trop si les auteurs le rendent ici moins "méchant" qu'il était en réalité. En tout cas une chose est certaine c'est que la manière dont est représenté Céline donne l'impression qu'il était un gros misanthrope. Il faut dire que la galerie de personnages qu'il va rencontrer durant son périple ne donne pas envie d'avoir une bonne opinion de la nature humaine. J'ai trouvé le scénario prenant et la personnalité de Céline est fascinante. Les autres personnages sont souvent savoureux. Le dessin est un superbe noir et blanc. Je trouve les décors magnifiques et les personnages sont très expressifs. Le seul défaut c'est que parfois je trouvais leurs gestes un peu trop théâtraux et cela me donnait l'impression de voir des acteurs jouer des personnages, et non des vrais personnages.
Rex Mundi
Que cela soit dit et redit car c'est important, ce comics précède le "Da Vinci Code". L'information est d'importance car pour un nouveau lecteur, tout pourrait laisser croire que les auteurs ont ignoblement pompé son auteur Dan Brown. Notons d'ailleurs à ce propos que ce best seller ne fut pas écrit à deux mains mais à une ribambelle un peu à la manière des œuvres d'Alexandre Dumas le style en moins. De la à penser que Dan Brown fut un auguste pompeur il n'y a qu'un pas que j'ose franchir. Mais revenons à nos moutons ou plus précisément à cette uchronie qui voit notre monde contemporain fort éloigné de ce qu'il est aujourd'hui. Il serait fastidieux de faire le compte des changements que nous proposent les auteurs mais l'un des plus significatif et non des moindres est de nous montrer une omniprésence de l'église catholique et de son inquisition. Si cela marche ? Bougrement bien! Alors bien sur il faut apprécier ce savant mix entre de vieilles légendes européennes, les templiers, les cathares, les sages de Sion, les rois mérovingiens, la liste n'est pas exhaustive et fort longue. C'est donc dans un univers fort riche que nous évoluons les évènements arrivent sans temps morts et au final l'intrigue est sans jeu de mot, diabolique. ajoutons à l'ensemble un dessin de qualité et voila une œuvre un peu méconnue qui mérite plus qu'un coup d’œil. Et encore une fois, honte à Dan Brown ( Si j'ose!! ).
Le Courant d'Art
A l’heure de la dématérialisation des supports, les éditeurs semblent de plus en plus enclins - et on ne peut que s’en réjouir ! - à soigner le tirage de l’objet « livre » (vous savez, cet accessoire culturel un peu archaïque fait d’une matière plus ou moins fragile, cotonneuse au toucher, qui ne contient aucun circuit électronique et qu’on peut facilement déchirer… Aaargh ! Bas les pattes, sale gosse !). Dans le cas présent, le livre est un bel objet, se lisant dans les deux sens grâce à une reliure en accordéon. Les deux histoires - biographies en accéléré de Piet Mondrian et d’Oliver Byrne - sont indépendantes l’une de l’autre, seulement séparées par une paroi de papier, dans un jeu de miroir ludique et interactif d’où ressortent les points communs de ces personnalités. Ou quand l’art se fait abstraction pour mieux dialoguer avec les mathématiques, dans une sphère de pensée où la logique prévaut sur l’intuition… Considéré comme un des pionniers de l’art abstrait, Mondrian était connu surtout pour ses peintures géométriques épurées dans la forme et les couleurs (rouge, jaune, bleu), lesquelles ont largement influencé le design du XXe siècle. Près d’un siècle auparavant, Oliver Byrne avait publié « Les Eléments d’Euclide », un ouvrage innovateur dans lequel il utilisait des diagrammes et des symboles à la place des lettres pour faciliter l’apprentissage des mathématiques. Il faisait aussi intervenir les couleurs, celles-là même que Mondrian utilisera plus tard dans ses œuvres. Le peintre hollandais aurait-il repris les théories du mathématicien ? A voir l’analogie des travaux des deux hommes, à près d’un siècle d’écart, cela semble plus qu’évident même si cela ne peut être prouvé. Mais après tout, peu importe que cela soit vrai ou non. S’il s’agit d’une coïncidence, elle est troublante, et l’hypothèse reste séduisante. Le traitement graphique est en totale adéquation avec le propos. Bezian fait coexister silhouettes organiques (avec des personnages quasi caricaturaux, au bord de l’esquisse) et formes géométriques épurées (architecture et mobilier dans un agencement évoquant le cubisme ou le bauhaus). Ce qui s’apparente davantage à un exercice de style est très bien souligné par cette même trinité chromatique utilisée par les deux hommes dans leur production. Et quand bien même il y a une suite narrative, faisant rentrer l’ouvrage dans la section « neuvième art », on est presque davantage dans le livre d’art illustré. Ainsi, on pourra peut-être juste regretter la superficialité de l’exercice, qui par son insistance sur la forme, délaisse un peu le fond, et ne nous apprend finalement que peu de choses sur ces « hommes d’exception ».
Watertown
Voici bien un récit qu’auraient certainement apprécié plus d’un réalisateur des années ’50 ou ’60, Hitchcock en tête ! Une mort étrange, une disparition suspecte, il n’en faudra pas plus pour décider notre anti-héros, agent d’assurance de son état, appliqué et consciencieux à défaut d’autres talents, à se lancer dans une enquête… dont il ne sortira pas indemne. Et nous non plus ! Car ce récit écrit à la première personne est très immergent et résolument addictif. De fait, Jean-Claude Götting, l’auteur de ce policier old-fashion, nous livre une intrigue de prime abord convenue. Nous, lecteurs, nous amusons à précéder les déductions de son enquêteur improvisé jusqu’à ce que… Je ne vous en dirai pas plus mais ce final a de quoi surprendre le lecteur. Il en décevra sans doute certains. A titre personnel, et après réflexion (oui, le choc est assez perturbant), j’ai apprécié la finesse de cette conclusion. Pour le reste, comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé ce récit accrocheur en diable. Le cadre (Watertown, petite ville sans histoire du Massachusetts), l’époque (le début des années ’50), la narration (très présente, elle rythme le récit et nous offre le rôle de confident), le style graphique (en totale adéquation avec l’époque et le genre du récit), la colorisation (qui ne fait que renforcer cet aspect vieillot du dessin) : tout était bel et bien là pour me forcer à ne pas abandonner ma lecture avant son terme. En résumé : si vous recherchez un récit policier à l’ancienne, bien écrit, utilisant plusieurs clichés du genre mais capable de vous surprendre dans son final, n’allez pas plus loin ! Et même après lecture, ce récit m’incite à réfléchir sur mon propre comportement (ici dans le cadre inoffensif d’une lecture de fiction mais, qui sait, demain dans un cadre plus réel et potentiellement blessant). Fin,… très fin…
Astral Project
Cela me fait toujours de la peine de voir quelque fois des œuvres injustement notées surtout si on les compare à d’autres titres réellement médiocres. Astral Project est réellement tout sauf bof. Il est vrai que l’idée de départ est très intéressante mais la suite se révèle également être à la hauteur de nos attentes. Pour une fois que nous avons un manga qui fait preuve d’intelligence et de réflexion. Je vais alors tâcher de vous convaincre de le lire en me faisant l’avocat de dieu si vous me permettez l’expression. Je me suis toujours posé la question si l’esprit pouvait se dissocier du corps pour atteindre éventuellement un au-delà en cas de mort. Bref, la question essentielle de savoir si on peut survivre sous une autre forme plus spirituelle à cette barrière que constitue la mort. C’est le début de la décomposition du corps. L’idée d’une vie après la mort est le fonds de commerce de la plupart des religions du monde. Est-ce que la conscience survit après la mort ? Est-ce que la conscience s’étend au-delà du corps ? Si l’on admet en effet que la pensée est la conséquence de milliards de processus neuronaux alors, lorsque le cerveau se désagrège avec la mort, la pensée n’a plus de support physique et s’éteint forcément. Bref, la mort du cerveau détruit la conscience. Lorsque l’encéphalogramme est plat, le cerveau ne fonctionne plus mais sommes-nous pour autant sûr que la pensée ne s’est pas échappée dans un ailleurs ? Si quelque chose subsiste, c’est une entité, appelons-là âme ou pensée, qui peut se passer du support corporel. En effet, le héros de ce manga va faire une expérience pour le moins étrange et on va le suivre au cours d’une quête initiatique. Certes, l’auteur va prendre son temps pour tout mettre en place sans nous asséner des évidences ce qui n’aurait pas été crédible. C’est à la fois fantastique mais également philosophique. Graphiquement, on a même droit au must. J’ai rarement vu un manga aussi bien dessinée et avec autant de précision dans les détails. Cela ne gâche rien à la découverte de cette série de 4 tomes seulement. Un effort particulier a également été réalisé au niveau de l’édition. Le premier tome est d’ailleurs très efficace. On accroche tout de suite à cette intrigue. Au sortir, on se posera certes beaucoup de questions. Elles trouveront des réponses progressivement au fil de la lecture des tomes suivants. C’est un scénario passionnant et d’une richesse incomparable. On est très loin des clichés habituels avec une œuvre singulièrement originale et profondément mâture. Les thématiques sont bien basées sur des éléments réels malgré ce voyage un peu cosmique. On pourra sans doute regretter le virage conspirationniste emprunté par l’auteur. Cependant, il serait vain de penser qu’il n’y a aucune force occulte et puissante dans ce monde qui manipule les masses. Il est également question de la perte des valeurs simples et du monde virtuel. Je trouve ce constat pas aussi dénué d’intérêt que cela. La fin proposée par l’auteur m’a convaincu bien qu'elle pourrait apparaître comme malvenue dans ce contexte particulier et sombre. Pour résumé, bien qu’il y ait quelques petits défauts, ce seinen demeure une bonne surprise avec un excellent style graphique et un scénario passionnant.
American Tragedy - L'histoire de Sacco et Vanzetti
J'ai découvert Florent Calvez récemment à l'occasion de la lecture d'une autre de ses œuvres Reanimator d'après Lovecraft. Ayant été agréablement surpris c'est donc avec bonheur que j'attaquais ce nouvel opus. Comme le grand père de ce récit, je dirais moi aussi qui aujourd'hui se souvient encore de Sacco et Vanzetti ? C'est par Joan Baez que les moins de ... ne peuvent pas connaitre que j'ai eu vent de cette histoire. En tant que chanteuse contestataire de la grande époque elle ne pouvait passer à côté de cette histoire et la célèbre ballade qui narre ce fiasco judiciaire est je crois demeurée fort célèbre, notamment le refrain. "Here's to you Nicola and Bart, Rest for ever here in our hearts, The last and final moment it's yours, That agony is your triumph". Un brin de cultrure ne peut nuire!!. Hors donc American Tragedy, l'intérêt principal c'est que l'auteur expose les faits sans prendre parti mais surtout en faisant une description fort utile du contexte ouvrier de l'époque. Au même titre que Scorcese l'avait fait dans "Gangs of New York", l'on nous montre ici que l'Amérique ne s'est pas construite avec des Bisounours et que de véritables ordures ont officié pour la plus grande gloire de l'oncle Sam... ou la leur. Quoiqu'il en soit cette BD vient réaffirmer, s'y besoin était, que la Démocratie n'est pas toujours le paradis qu'elle voudrait être. En ce qui concerne le dessin et la colorisation , j'avoue que si ce n'est pas forcément ma came, j'aime assez l'effet rendu. Une BD instructive qui fait œuvre historique, peut être trop neutre à certains égards mais oh combien éclairante sur un pan de la société américaine.
L'Attaque des Titans
C'est suite à une petite formation sur le manga que j'ai découvert cette série que je ne connaissais pas du tout... (Oui, la formation pour me remettre un peu à la page n'était pas un luxe :p ) Car cette série qui fait l'unanimité partout dans le monde, se payant le luxe d'aller surpasser One Piece ou autre Naruto dans le top des ventes, reste étrangement derrière en France... (Il n'est qu'à voir le nombre d'avis sur notre cher BDthèque pour s'en convaincre...). Curieux donc du phénomène, je me suis attelé à cette lecture... Et c'est vrai que c'est bien ! Très bien même, malgré pourtant des défauts inhérents à un premier manga. Que ce soit le dessin parfois un peu malheureux (surtout dans le début de la série), ou quelques lourdeurs psychologiques concernant les personnages (parfois lourdingue de se voir notifier par écrit dans des dialogues un peu creux ce qu'on avait déjà saisi), on se dit que tout ça semble un peu monté à la va vite... et on se plante carrément. Car on se fait embarquer dans cette histoire qu'Isayama Hajime traine et murit dans sa tête depuis l'âge de 17 ans... Refus après refus, il a persévéré pour finir par se faire éditer et faire le carton qu'on connait maintenant. Car son récit a un souffle épique rafraichissant dans un genre qui commençait un peu à tourner en rond et dont rares étaient les nouvelles séries qui arrivaient à se tailler une telle place dans un marché où les places sont plutôt chères. Ici, pas vraiment le temps d'installer un univers, l'immersion est immédiate et c'est petit à petit qu'on nous campe le décor, le pourquoi du comment, mais toujours avec de nouveaux mystères qui pointent pour nous tenir en haleine... Dur de lâcher cette série quand on a mis le nez dedans. Reste qu'en attendant de découvrir la suite, "L'attaque des Titans" est une très bonne série qui mérite largement son succès. A découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu !
Marina
Dans l'univers de la bande dessinée Venise est souvent montré comme une ville enchanteresse, mystérieuse où tout peut se produire. Curieusement dans ce premier tome la ville n'est pas autant mise en scène que l'on pourrait le supposer, elle sert juste de cadre, de décor assez estompé il faut bien l'avouer. Une intrigue savamment construite qui se déroule sur deux niveaux. De nos jours avec une histoire de renflouement d'un navire et au XIVème siècle alors que les enfants du doge sont enlevés par des pirates à la solde des turcs et de mystérieux vénitiens. C'est donc sur deux plans différents que les choses se nouent. En ce qui concerne l'intrigue se déroulant de nos jours, il est évident qu'elle n'a pas dévoilé tous ses secrets. Pour la partie se situant dans le passé je suis assez ébahi. Il est en effet essentiellement question de la captivité des deux enfants et rarement dans une BD je n'avais vu une telle noirceur, une telle violence qui plus est montrée de manière assez malsaine. Rien n'est épargné au lecteur, torture ou viol. Je ne dit pas que je regrette cet état de fait, seulement qu'on n'y est pas forcément habitué dans la production actuelle, du moins celle que je lis. Pour moi donc on se trouve en face d'un album puissant qui n'a pas encore tout dit ou tout montré. Je ne connaissais pas Matteo, le dessinateur mais son coup de crayon est bougrement efficace et certaines planches nous montrant Venise, il y en a, où l'île des prisonniers sont vraiment belles. Je suivrais avec intérêt.
Sykes
Pfiou!! Ben les gars si tout ce que je lis en BD cette année est du même tonneau que ce one shot, ça va envoyer du lourd. J'ai longtemps hésité mais je ne suis qu'à un poil du culte ( Warf, warf! ). Hors donc, cette fin d'année a été propice aux sorties "westerniennes" ; Stern et bien sûr Undertaker annoncé comme le nouveau Blueberry, mais là je trouve que l'on est un cran au dessus, autant les sus nommés ne sont pas exempts de qualités mais là j'ai le sentiment que l'on place la barre plus haute en se situant plus du côté d'un Tarantino. Pour preuve j'en veux certaines cases carrément jouissives dans le genre gore. Tout le passage dans la maison du juge Clem Rogers, la fin de Renard Gris et quelques gros plans de macchabées. Attention je vous vois déjà, ignobles amateurs de sang vous dire que ce brillant opus est fait pour vous. Mais hop là, ravalez votre salive, rangez vos crocs luisants, car ce récit bien que violent et sanguinolent à souhait n'est évidemment pas que cela. Pour faire une histoire il faut bien sûr un scénario béton, c'est le cas ici, mais également des personnages charismatiques, et dans le genre du western je dirais même des gueules! Alors oui nous sommes servis. Je ne parle même pas des méchants qui possèdent peu ou prou des tronches de dégénérés mais même nos héros sont typés physiquement et psychologiquement comme il se doit dans tout bon western qui se respecte. Mes camarades précédents ont fait les comparaisons qui s'imposaient et je ne vois rien de plus à ajouter. C'est ici un grand plaisir de voir Pierre Dubois en sortir, abandonnant l'espace d'un temps ces gentilles bestioles "Tolkienne" pour nous concocter un scénario qui montre que l'homme connait ses classiques et s'en démarque plus qu'honorablement, sans oublier quelques notes d'humour. Le dessin est majestueux dans les grands espaces proposés, pour les scènes plus intimistes c'est aussi du tout bon. Vive les BD de ce calibre, on en redemande!!
Nestor Burma
J'ai la curieuse impression que pour lire et apprécier Nestor Burma adapté et dessiné par Tardi il faut avoir un certain âge. Du moins être adulte confirmé dans le sens où il faut avoir quelques souvenirs ou connaissances pas trop anciennes sur la période où se déroule les actions, d'aimer les romans policiers, d'être aux faits des codes qu'utilisent ces romans dont une grand majorité, quand nous les avons découverts se déroulaient dans les années 50. Sans doute faut-il aussi être français et familiers des codes que Tardi, après Léo Malet, utilise pour adapter ces récits. Très franchouillard d'esprit même si des pointes de modernité s'y profilent. Alors sans porter de jugements de valeur il me semble que ces BD ne concernent pas forcément un large public. Les scénarios sont aux petits oignons, parfaitement maitrisés, un seul reproche peut être, par moment les dialogues ou plus exactement les réflexions de Burma sont un peu envahissantes. Dans le même temps il est vrai qu'elles confèrent à l'ensemble sa justesse de ton qui rend bien compte de l'époque où se situent les intrigues. Nestor Burma est sans doute un peu daté, mais Tardi a fait un très bon travail d'adaptation et même si l'on n'est pas Parisien c'est un plaisir de déambuler dans les quartiers de la capitale.