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Couverture de la série Louis Ferchot
Louis Ferchot

En 1982, j'avais suivi dès le début Louis la Guigne qui débutait dans Circus puis qui fut poursuivie dans Vécu, je l'avais appréciée, sans pour autant me passionner, étant à l'époque encore jeune ; aujourd'hui, plus au fait de certains événements et plus intéressé par l'Histoire contemporaine, j'ai lu cette série parallèle qui a débuté en 1998, je crois directement en albums, et je l'ai finalement préférée à Louis la Guigne (je tenterai peut-être un jour une relecture de celle-ci pour mieux la comprendre avec un nouveau regard). Ayant lu aussi depuis plusieurs années d'autres Bd scénarisées par Frank Giroud, je me rends compte de son grand talent toujours précis et documenté dans ses scénarios, et il le prouve de façon magistrale ici, en évoquant le jeunesse de son héros et en levant un coin du voile sur son passé mouvementé. Louis ne part pas dans la vie avec de bonnes cartes en main, il affronte de dures réalités, et à ce titre, j'ai trouvé le tome 1 vraiment réussi dans sa description d'un milieu social, car tout part de là ; il est remarquablement agencé et permet déjà à travers les réactions de Louis, de percevoir le caractère rebelle et déterminé de celui qui sera le héros de Louis la Guigne. L'aspect social est bien démontré par Giroud toujours aussi doué dans ses recherches sur cette période de début de siècle, où malgré les progrès de la technique, la misère et les difficultés pour gagner son pain étaient bien réelles dans le monde ouvrier. Le contraste entre la classe ouvrière et le patronat était bien plus grand et bien plus injuste qu'aujourd'hui. Mais à y bien regarder de près, on s'aperçoit que mises à part certaines améliorations dans les conditions de travail, la sécurité et certains droits, ça n'a pas tellement changé, il y a toujours un décalage plus ou moins profond sur le plan salarial. La justice à 2 vitesses ("selon que vous serez puissant ou misérable" comme disait La Fontaine) existe encore de nos jours. Le langage d'époque est bien adapté et ne sonne pas faux, les anachronismes dans ce domaine étant souvent fréquents dans certaines Bd. Chaque tome de la série peut se lire comme un one shot, ils sont assez indépendants tout en formant un tout, et chacun explore un milieu différent : le premier est très marqué par le social et le travail en usine, les autres sont plus aventureux, allant de l'espionnage à la vie de caserne en passant par l'Afrique Equatoriale Française (le temps des spahis) ou la colonisation à Madagascar. Seuls les tomes 5 & 6 se suivent en fait ; mais j'ai trouvé les tomes 7 & 8 moins intéressants. Le procédé de "caméra subjective" à ma connaissance peu ou pas employé en BD est ici une technique insolite et plus atypique qu'au cinéma où elle est employée plus couramment, mais mis à part ça, ces 2 derniers albums ne terminent pas pour moi la série en beauté, le récit semble plus creux et moins captivant. La Bd n'en reste pas moins une excellente série historique dans son ensemble, elle profite en plus d'un élément capital à mes yeux : le dessin clair, joli et détaillé de Courtois, conforme à la ligne éditoriale de la collection Vécu ; le dessinateur s'applique dans ses décors et tente quelques cadrages intéressants, je le préfère nettement au dessin de Dethorey, plus rude et moins dégrossi (surtout au début), sinon on peut dire que les 2 graphismes sont assez proches, si bien que la jonction graphique du visage de Louis est bien acceptée par les lecteurs ayant lu d'abord Louis la Guigne.

31/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Dossiers de la Cellule Prométhée
Les Dossiers de la Cellule Prométhée

Pour une presque dernière lecture avant la fin d'année, que voilà une bonne et heureuse surprise ! Manu Larcenet a donc un frère et si celui-ci travaille plus dans le registre animalier, genre qui a priori pourrait me faire fuir, ses personnages de fins limiers de la cellule Prométhée, bien que possédant de grands becs emmanchés sur un long cou, sont plutôt sympathiques. Ces personnages de prime abord assez atypiques se révèlent à la longue fort lisibles. Sur le fond également j'ai beaucoup apprécié cette histoire. Le cinéma, la littérature nous ont habitués à ces récits de soldats améliorés par quelques moyens que ce soient et qui doivent ensuite vivre avec ce syndrome post-quelque chose. Oui mais souvent ces récits concernent des conflits modernes, ici c'est à d'anciens soldats de la première guerre mondiale que nous avons affaire et ma foi si l'intrigue se révèle assez limpide, elle n'en est pas moins accrochante. Un thème relativement original et traité de belle manière, je ne regrette en rien cette lecture, je serais même tenté d'en conseiller la lecture.

31/12/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Facteur pour femmes
Facteur pour femmes

La Première Guerre Mondiale est abordée dans cette bd mais sous un tout autre angle : celui des femmes qui restent toutes seules pendant que les hommes sont au combat à s'entre-tuer. Quand on vit sur une île isolée du contient, c'est encore plus difficile. Voilà que vient un facteur qui distribue le courrier mais pas que. Trahison conjugale et passion seront au programme. J'ai aimé cette douceur du trait. L'île bretonne est fort bien dessinée avec ces couleurs pastels. La narration est parfaite avec deux temps. Il y a un peu de poésie pour décrire l'amour de toutes ces femmes. On s'enivre avec ce facteur qui prend une revanche sur la vie. Il y a toute une subtilité qui fait la grandeur de ce récit. Une oeuvre que j'ai grandement appréciée car touchante. On se souviendra du jeune Mael qui souffre d'une difformité et de solitude dans un monde qui ne lui a pas fait de cadeau mise à part la guerre. En effet, celle-ci va procurer une opportunité sur la découverte de l'amour et des femmes. Une lecture à recommander à tous les bretons mais pas que.

31/12/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Murderabilia
Murderabilia

En attaquant cette BD au graphisme à la fois minimaliste et sophistiqué, impossible de s’attendre à un scénario aussi élaboré, aussi captivant. En effet, lorsqu’on feuillette les pages avant lecture, la mise en page, certes originale, donne à penser qu’on a davantage affaire à une production expérimentale. Et pourtant, si les cases, la plupart du temps de la taille d’un timbre poste, peuvent laisser dubitatif, le procédé finit par fasciner. De sa ligne claire concise et stylisée, Álvaro Ortiz parvient avec un minimum d’effets à exprimer parfaitement ce qu’il veut dire et montrer. Entre le brun et le rose, les couleurs désaturées contribuent à renforcer l’atmosphère malsaine avec une certaine élégance. Du grand art. Quant au scénario, il consiste en une sorte de mise en abyme puisque le narrateur est lui-même un jeune écrivain en quête d’une bonne histoire, et c’est la sienne qu’il raconte ici, une histoire qui changera sa vie à jamais. C’est en acceptant de vendre les chats qui ont dévoré son oncle à un collectionneur d’objets morbides, dont la plupart ont appartenu à des tueurs en série, qu’il va provoquer le destin. Alors qu’il se rend dans le village où habite le collectionneur, en plein cœur de l’Amérique redneck (on ne sait pas où exactement, l’auteur ayant pris le parti de rayer les noms de lieux), il va se retrouver très vite impliqué dans une ignoble affaire de meurtre. L’atmosphère inquiétante de cette ville quasi fantôme au passé industriel contribue un peu plus à happer le lecteur, déjà captivé par un récit qui monte progressivement en puissance jusqu’à un climax pour le moins inattendu. L’auteur reprend avec subtilité le thème de l’étranger – cet autre si étrange -, désigné à la vindicte populaire à cause de sa différence, en l’occurrence ici le collectionneur. Hollywood ayant souvent exploité cette Amérique en déshérence dans le registre du thriller horrifique ("Massacre à la tronçonneuse", "Délivrance"…), c’est peu dire qu’on imaginerait parfaitement cette histoire adaptée au cinéma. On ne peut que féliciter les Editions Rackham d’avoir découvert ce jeune et prometteur auteur espagnol, qui signe ici son deuxième album après Cendres.

30/12/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Soldats de sable
Soldats de sable

Voici un manga historique qui m'a intéressé. Cela traite de la fameuse bataille d'Okinawa perdue par l'armée impériale nippone. Fort heureusement, le point de vue adopté sera plutôt pro-américain et anti-impérialiste. L'honneur est sauf car les kamikazes ne seront pas élevés au rang de martyrs patriotes ! Il faut dire qu'il y a eu une grande remise en cause de l'Histoire et des polémiques à ce sujet. Ce recueil de sept nouvelles décrit très bien l'atmosphère et les faits de guerre vécus par les populations civiles complètement désemparées. On voit par exemple comment un simple instituteur a pu sauver tout un village des bombardements alliés en empêchant une garnison de s'installer sur une des îles adjacentes d'Okinawa. On voit également dans un autre chapitre comment des militaires ont pu massacrer leur propre population en les accusant de lâcheté ou de collusion avec l'ennemi. Au final, c'est une lecture qui nous montre que les faits de guerre peuvent être très sales même au niveau des populations civiles. Je ne savais pas grand chose de cette célèbre bataille qui a tout de même coûté la vie à près de 100.000 civils. Ce manga permet de se faire une idée de cette horreur. Juste un bémol pour un dessin que j'ai trouvé trop lisse. Une page d'histoire peu connue qu'il convient de connaître également.

30/12/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Gloire de mon Père
La Gloire de mon Père

Même si je n'ai lu que le roman "le Château de ma mère" de Marcel Pagnol, j'ai été agréablement marqué par les deux films La Gloire de mon Père et le Château de ma mère sortis en 1990. J'adorais l'ambiance de vacances provençales et de douillets souvenirs d'enfance ensoleillée. C'est cette beauté et cette douceur réaliste que j'ai retrouvées dans cette adaptation en BD, associées à l'humour indéniable de Pagnol. L'adaptation est très réussie. Le récit est dense mais jamais lourd. Le rythme est bon et les dialogues passent de manière très naturelle. En outre, le dessin de Morgann Tanco est très bon et rend parfaitement justice aux chauds décors provençaux et à des personnages attachants et amusants. Vraiment une bonne BD qui fait honneur au récit de Marcel Pagnol.

30/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Hauteville House
Hauteville House

J'ai tardé, mais alors d'une force ! Pensez donc, le premier tome est sorti en 2004. Bon d'accord j'avais vu les couvertures, le titre, les commentaires et puis non j'allais rôder en d'autres terres, en d'autres imaginaires. Attention je me suis à ce jour arrêté au premier cycle mais malgré quelques commentaires qui laisseraient supposer que la suite tire en longueur ou se délite un brin, eh bien je vais poursuivre l'aventure. Le steampunk a ceci de plaisant à mes yeux qu'il me rappelle mes lectures adolescente ou je lisais avec engouement le grand Jules Verne ; et qui amoureux de l'uchronie n'a pas lu "Gloriana , la reine inassouvie " du grandiose M. Moorcock ne peut apprécie à sa juste valeur ces épiques aventures qui voient notre gavroche national qui enquête sous les ordres de ce bon Hugo. Mon plaisir, entre autres lorsque je lis une BD est multiple. Parmi ceux ci le divertissement, l'aventure et des personnages charismatiques. Alors oui j'aime Le Rapport de Brodeck, Elric et "Hauteville House", et bien d'autres titres. Bien sûr pas pour les mêmes raisons mais ici pour les qualités sus nommées. Voilà des aventures sans temps morts qui donnent envie de connaître la suite. Scénario pas idiot, dessin dynamique et efficace et oui comme le dit EriK dans son avis, les couvertures sont belles et chiadées.

29/12/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cobayes
Les Cobayes

Vous aimez les histoires qui ne vous lâchent plus jusqu'à la fin ? Vous aimez les histoires ancrées dans la réalité ? Vous aimez les histoires avec des gens ordinaires face à des situations qui deviennent extraordinaires ? Si vous répondez oui à ces trois questions alors ce one shot est fait pour vous. J'aurais pu ajouter que le scénario est malin, diablement bien construit, y mêlant quelques flashbacks qui ne plombent pas le mouvement. En somme une bonne et divertissante lecture qui subtilement nous dit des choses sur la psyché humaine ainsi que sur le monde merveilleux des labos pharmaceutiques (mais ceci est un vaste débat dont nous pourrions parler ailleurs). Lecture conseillée, l'achat en fonction du goût.

29/12/2015 (modifier)
Par jul
Note: 4/5
Couverture de la série La Bête est morte
La Bête est morte

Une bd que j'ai possédée puis revendue (une honte, je sais), alors que je l'avais fortement appréciée. A l'époque, je m'étais désintéressé de la bd au profit du cinéma fantastique. Je possède d’ailleurs une belle collection d'environ 300 cassettes exclusivement horreur, fantastique, SF et aventures. Mais je m'égare... J'avais donc grandement apprécié ces merveilleux dessins de Calvo, extrêmement détaillés et riches pour l'époque. Proche de Walt Disney et de Tex Avery mais 100% français. Une façon de parler de la seconde guerre mondiale, assez osée finalement, car occultant l'aspect terrible de la guerre. Les animaux choisis correspondant merveilleusement bien aux personnages historiques : Loup pour Hitler, porc pour Mussolini... A acheter les yeux fermés si ce n'est pas déjà fait.

29/12/2015 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nous, les morts
Nous, les morts

Pas grand chose à ajouter par rapport aux avis précédents. Je me range derrière eux tels les personnages des 2 très belles couvertures. Cette "uchronie" (terme et genre nouvellement à la mode, dérivé du steampunk, qui est lui même uchronique en quelque sorte) est absolument géniale. Une civilisation aztèque à l'assaut du continent Européen (l’Angleterre plus précisément) plongé dans un âge sombre d'une "zombification" généralisée !!! Il fallait y penser ! Le récit est très dense, il y a beaucoup de dialogues, beaucoup de personnages, beaucoup de scènes fortes et beaucoup de violence. Et même du sexe ! (et même des scènes homosexuelles). Un mélange hautement improbable qui pourtant tient tout à fait la route et se révèle passionnant. Bon j'ai éprouvé quelques difficultés à reconnaître certains personnages, vu leur ressemblance graphique mais en s'accrochant c'est du domaine du possible. Et puis j'ai été un poil déçu (juste un poil) par rapport au statut de zombies des Européens. Car ce n'en sont pas vraiment. Certains le sont mais d'autres non. Ou plutôt ils résistent au virus. Certains ont même recréé un semblant de civilisation et se font la guerre. Donc, bon ce n'est pas vraiment ce que j'appelle des morts-vivants au sens strict du terme. J'aurais préféré des zombies pur jus. Mais bon, on s'y fait. Les dessins sont formidables (un petit côté Corben je trouve) et je le répète ces 2 tomes regorgent de scènes violentes, gores et viscérales. Comme celle où un Aztèque prend sauvagement par derrière une femme, juste au-dessus de la fosse aux zombies, où son ex-mari a été poussé, puis zombifié à son tour. En la forçant à regarder la créature qu'il est devenu. Assez trash ! Bref, Nous les morts, un must ! Il me tarde de découvrir la suite ! Je fais remonter mon avis après la lecture du tome 3, qui m'a déçu par rapport à la puissance des 2 premiers. A la fin du 2ème tome, les Incas venaient d'arriver sur le continent européen. Il était temps ! Je m'attendais donc à de furieuses batailles et à une expédition haletante et violente à travers le continent. Il n'en est rien ! Enfin si mais déjà on a l'impression d'avoir loupé un tome ou 2. Les Incas ont avancé trop vite. Dès le début ils sont déjà arrivés dans les Balkans ! Et l'Europe de l'Ouest ? Que s'est-il passé ? Au milieu de l'album ils arrivent en Chine ! Alors déjà que le mélange Incas-Aztèques-zombies était assez tordu (mais inédit et très réussi) là ils nous ajoutent des Chinois (avec des avions !). C'en est trop. Là c'est too much ! Surtout que le 4ème album se passera en Afrique ! Bon moi je lâche cette série qui avait pourtant si bien commencé. Dommage... Il reste tout de même quelques bons passages comme celui du monastère dans les Balkans. Mais c'est peu... Je laisse tout de même mon 4 étoiles pour les 2 premiers albums.

16/07/2015 (MAJ le 29/12/2015) (modifier)