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La Gloire de mon Père

Note: 3.75/5
(3.75/5 pour 4 avis)

Adaptation du roman de Marcel Pagnol.


1900 - 1913 : Du début du XXe siècle aux prémices de la première guerre mondiale Adaptations de romans en BD En Provence... Le Meilleur de Bamboo Marcel Pagnol

Les vacances d’été dans la garrigue sont une révélation pour le jeune Marcel Pagnol et son petit frère, qui tombent amoureux des collines, de sa végétation sauvage, de ses massifs de roche : Garlaban… Scènes truculentes de vie, humour et souvenirs nostalgiques le sens inné de Pagnol de la mise en situation, son goût de la farce, émaillent ce récit chaleureux, dont le charme se partage entre les décors et la saveur ciselée des dialogues.

Scénaristes
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Novembre 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Gloire de mon Père © Bamboo 2015

27/11/2015 | Le Grand A
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L'avatar du posteur Agecanonix

Ces souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol sont d'une nostalgie touchante. On y retrouve l'humour facétieux et les souvenirs d'un auteur qui est probablement l'un des plus grands raconteurs d'histoire, et qui replonge le lecteur dans une enfance heureuse et insouciante, à un âge où on refait le monde et où on s'invente des aventures extraordinaires, le tout sous le soleil provençal, dans le décor merveilleux des collines d'Aubagne, un décor de garrigues et de roches au son des cigales. Les auteurs adoptent scrupuleusement le livre de Pagnol empli d'un charme spécial qui développe des thèmes variés comme la famille, l'enfance, l'amour de la nature... agrémentés de portraits tendres, de farce légère et de chaleur. J'avais en tête le film d'Yves Robert sorti en 1990, qui m'avait enchanté, mais qui élaguait certains détails, les amplifiait ou les atténuait. Le sentiment ici fut décuplé, on y retrouve les affrontements verbaux homériques de Joseph et de l'oncle Jules, mais toujours respectueux, qui n'étaient qu'abordés superficiellement dans le film. Je suis aussi toujours surpris du rapport à l'argent évoqué par les femmes de ce temps (on est au tout début du 20ème siècle), il est vrai qu'elles ne sont pas encore émancipées et ne sont pas encore censées travailler ; à cette époque, c'est l'homme qui devait ramener l'argent du ménage. Ce détail était également atténué dans le film il me semble... Je sors donc satisfait de cette lecture en constatant que cette adaptation dessinée est remarquable et très fidèle au livre que je n'ai pas lu enfant, mais assez tardivement alors que j'étais déjà adulte. Le rapport que j'ai avec cette oeuvre n'est donc pas le même que certains lecteurs qui l'ont lu dans leur jeune âge, mais je subodore que j'en aurais été très marqué si j'avais pu le lire enfant, car ça marque une âme d'enfant. Le récit délivre une véritable envie de liberté au sein d'une belle nature, c'est flagrant lors de ce long séjour aux Bastides-Neuves qui reflète les vacances au soleil et toutes les couleurs de la Provence si bien retranscrite dans l'écriture de Pagnol. La récompense des bartavelles à la fin n'en est que plus significative. Tout ceci est merveilleusement illustré par un joli dessin semi-réaliste très plaisant et qui vous remplit les yeux de magnifiques paysages, ça commence d'ailleurs dès la première page avec cette image splendide sur le massif de Garlaban, il ne manque que le chant des cigales, sinon on est carrément dedans. Un bel album, qui prend son temps à travers un nombre conséquent de pages, un véritable bol de fraîcheur et une ode à la nature souveraine.

31/05/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

J’ai eu l’opportunité d’acheter le tirage de tête lors du dernier festival d’Angoulême et devant les précédents avis enthousiastes, j’avoue avoir craqué. Et j’ai craqué avec d’autant plus de facilité que la Gloire de mon Père est un des livres qui ont le plus marqué ma jeunesse. Ceci dit, mes craintes étaient presqu’aussi élevées que mes attentes car après le roman et une adaptation au cinéma (celle d’Yves Robert) que je trouvais plutôt réussie, qu’est-ce que la bande dessinée allait bien pouvoir m’apporter ? Tout d’abord, le style graphique utilisé est très adéquat. Ce semi-réalisme très pétillant et rond convient parfaitement à l’esprit du roman. De plus, les décors sont soignés et le fait que les visages des personnages ressemblent finalement plus à ceux tels que je les imaginais au travers du roman qu’à ceux proposés par le film n’était pas pour me déplaire. Maintenant, très objectivement, la version en noir et blanc proposée pour le tirage de tête n’est peut-être pas la plus adéquate. Il manque en effet à cette version les chaudes couleurs de la garrigue. Et, à choisir, j’opterais sans doute plus vite aujourd’hui pour l’achat de la version classique plutôt que pour cette version-ci. En ce qui concerne l’adaptation en elle-même, les auteurs ont insisté sur certains aspects (le côté laïc de Joseph, par exemple) et moins sur d’autres (la vanité ridiculement humaine du même Joseph). Ce sont des choix immanquables lorsqu’il s’agit d’adapter un roman et, dans l’ensemble, je trouve qu’ils ont su saisir l’essentiel de celui-ci. J’ai retrouvé avec un grand plaisir le ‘sens de la phrase’ de Marcel Pagnol, cet art d’en dire beaucoup en peu de mots, ce génie pour créer des images en trois syllabes. Aujourd’hui encore, je trouve qu’il y a des phrases dans ce roman qui gardent une force incroyable sans faire montre d’aucune forme de véhémence (bien au contraire). Le roman était un concentré de nostalgie, d’humanité, de respect et d’humour. La bande dessinée parvient à en reproduire une bonne part et, par les choix effectués quant aux éléments mis en avant, apporte un autre éclairage que le film. Il n’est donc pas inutile. Une belle récréation, fine et humaine. Si vous ne connaissez pas le roman, la bande dessinée en est une belle approche. Sinon, l’album est réalisé avec soin et vous procurera sa part de satisfaction (mais très fidèle, il ne vous apportera sans doute pas grand chose de neuf par rapport au roman).

23/02/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Même si je n'ai lu que le roman "le Château de ma mère" de Marcel Pagnol, j'ai été agréablement marqué par les deux films La Gloire de mon Père et le Château de ma mère sortis en 1990. J'adorais l'ambiance de vacances provençales et de douillets souvenirs d'enfance ensoleillée. C'est cette beauté et cette douceur réaliste que j'ai retrouvées dans cette adaptation en BD, associées à l'humour indéniable de Pagnol. L'adaptation est très réussie. Le récit est dense mais jamais lourd. Le rythme est bon et les dialogues passent de manière très naturelle. En outre, le dessin de Morgann Tanco est très bon et rend parfaitement justice aux chauds décors provençaux et à des personnages attachants et amusants. Vraiment une bonne BD qui fait honneur au récit de Marcel Pagnol.

30/12/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Je n’en attendais rien, juste me replongeais dans cette histoire qui m’avait laissé un très bon souvenir enfant, j’ai finalement été complètement embarqué dans cette nouvelle interprétation de l’œuvre la plus connue peut-être d’un des meilleurs conteurs de notre temps. Comme le disent si bien les auteurs, « Lorsque Pagnol écrit, il ne grave pas dans le marbre… il aura produit souvent plusieurs versions de chaque œuvre ». Scénaristes et dessinateur ont donc pu comme l’aurait souhaité Pagnol, livrer leur propre vision de l’œuvre de base. J’avais principalement gardé en tête le film d’Yves Robert, dont la BD n’a pas grand-chose à voir pour le préciser, j’ai dû lire le roman en classe de CM2 mais à cet âge-là je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’aborder une histoire dont je connaissais déjà le contenu, et j’avais par conséquent survolé le roman. Cette BD de Serge Scotto et Eric Stoffel est fidèle dans sa ligne directrice au roman autobiographique, les descendants de Pagnol y ont veillé, dans le sens où les événements sont respectés chronologiquement et dans la façon qu’elle a eue de me faire découvrir des aspects qui avaient été laissé de côté par le film. Avec le recul, ce dernier tire un peu trop sur la corde de la nostalgie je trouve. Bien que l’aspect bucolique et nostalgique ne soit jamais délaissé, la BD apporte quelque chose en plus : beaucoup d’humour de part l’opposition entre Joseph, républicain laïcard jusqu’au bout des ongles, et son beau-frère l’Oncle Jules un peu bigot et traditionaliste. Leurs échanges, leur rivalité, offrent des moments tantôt tendus, tantôt joviaux. C’est très intéressant et jamais ennuyeux car ils se fondent dans le contexte de l’époque où il n’y avait pas encore de séparation entre l’Église et l’État. Le portrait de Joseph dressé par Marcel se fait aussi plus critique, honnête et railleur, tandis que le film versait dans l’idolâtrie complète. Au-delà de l’histoire que tout Français quasiment connaît, ce qui fait de cette BD un petit bijou c’est bien le dessin de Morgann Tanco (dont je recommande chaudement l’héroïque Siorn) et les couleurs de Sandrine Cordurié. C’est incroyable mais rarement une BD m’a fait autant d’effet dès la première planche. On ouvre à peine la BD que déjà on reste scotché les yeux grands ouverts devant ce dessin panoramique en pleine page représentant Garlaban, immense plateau rocheux théâtre des aventures d’été du jeune Marcel. Il y a en tout 85 pages de dessins et plusieurs fois on a droit à ce genre de vision large sur ce lieu désertique superbe. Le reste du dessin est égal, excellent, il me fait beaucoup penser à celui de Julien Telo (Mary Kingsley). Ce graphisme déjà envoûtant franchit plusieurs paliers grâce aux couleurs réalisées par Sandrine Cordurié et qui m’ont vraiment charmé, j’avais le sentiment d’y être. Une réussite sur tous les plans comme la scène point d’orgue en contre-plongée où Marcel soulève victorieusement les bartavelles tuées, coloriée en mélange de rouge et de rose pour donner une impression de soleil couchant. Il existe bien une édition en noir et blanc qui propose bien des bonus, mais ce serait se passer des couleurs de Cordurié, indispensable. Allez ! On prend 2 heures sur son temps libre et on replonge dans ce récit d'enfance enjôlé, La Gloire de mon Père, adaptation fraîche et moderne par un quatuor d’artistes talentueux.

27/11/2015 (MAJ le 27/11/2015) (modifier)