Les derniers avis (31982 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Bitter Virgin
Bitter Virgin

En voila une belle BD. Je n'ai jamais caché que j'étais extrêmement fleur bleue, mais cela ne m'empêche jamais d'apprécier les histoires d'amour uniquement lorsqu'elles sont bien tournées. Et c'est le cas ici, bien que le postulat est assez banal, et pas du tout en même temps. La force et l'intelligence de ce seinen c'est de réutiliser tous les cadres du genre, avec un dessin relativement shojo tout de même, une intrigue amoureuse pas formidablement originale et des situations bien classiques; avec par dessus une lourdeur venue du passé des personnages ou des situations présentées dans le manga. Et ça, c'est exactement ce que je demande à une histoire, qui se trouve en plus globalement bien construite. C'est amusant, car j'ai eu un peu peur lors du premier tome que le passé très lourd de la fille ne soit là que pour les premiers chapitres et ne serve ensuite plus que de grossière toile de fond. C'est cependant une histoire qui tournera principalement autour de ce passé et de la façon dont les personnages vont se l'approprier, entre fascination qui se développe, tentative de revivre, tentative d'assumer un amour, même dans les cas bien sombres lorsque la vie n'est pas tendre avec les personnages. J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, assez sombre et assez dure même si le style est assez proche des shojo, cette intrigue amoureuse est tout ce qu'il me faut pour l'aimer. C'est également une belle leçon de vie et de positivisme, et des personnages bien intéressants et dépassant les clichés du genre. C'est le genre de lectures que je vous recommande, si vous êtes prêt à lire des histoires pas très drôles.

11/01/2016 (modifier)
Couverture de la série Amère patrie
Amère patrie

J'ai abordé ce diptyque sereinement, sans savoir où j'étais tombé, juste parce qu'en feuilletant le tome 1, le dessin m'a plu. Et au final, j'ai été bouleversé par cette très belle fresque historique et intimiste à travers les destins croisés de Jean l'Auvergnat et Ousmane l'Africain, et des femmes de leur entourage, telle Hubertine qui brave bien des écueils familiaux et judiciaires pour parvenir à son but. La bande brosse plein de thèmes, c'est une intéressante étude en parallèle entre une campagne française au travail rude et les dangers vécus au Sénégal par Ismaïlia, la soeur d'Ousmane ; mais s'ajoutent à cela des vues politiques, la cause des suffragettes, l'opposition d'une fille à son père qui ne comprend pas ses convictions, l'émancipation des femmes (bourgeoises comme fermières), les lois familiales en Afrique qui sont très tribales et injustes, la pénibilité du travail et la condition des paysans au début du 20ème siècle en France, le racisme haineux de cette époque parmi les soldats... et bien sûr en point d'orgue la guerre de 14-18 qui occupe les 3/4 du tome 2, qui rend le récit encore plus tragique, et où se greffent d'autres thématiques comme le combat d'une femme pour faire réhabiliter son mari fusillé à la va-vite après une parodie de procès (ces cas furent hélas véridiques), l'absurdité et le côté inique des procès sans fondement , et les sentences démentes qui en découlent, la jalousie et la rancoeur d'un officier qui se croit supérieur aux autres, la connerie des gendarmes qui appliquent le règlement à l'aveugle, le rôle des tirailleurs sénégalais, le sacrifice d'une génération et les atrocités habituelles des tranchées vues dans d'autres Bd. Bref, ce diptyque enrichi de tous ces thèmes, est d'une telle densité que la lecture se révèle des plus passionnante, malgré une fin que j'ai trouvée un peu précipitée. Le dessin contribue à faire aimer ce récit, il est maîtrisé et plaisant ; voici donc une Bd aussi réussie sur le plan graphique que narratif.

11/01/2016 (modifier)
Couverture de la série Vive la marée !
Vive la marée !

Dans mon avis sur « La Marie en plastique », je déclarais –je cite- : « sans doute la série la plus mal dessinée à mes yeux mais méritant quand même un « franchement bien » enthousiaste ». Et bien, permettez-moi de vous faire un aveu : je suis un gros con ! Parce que, en fait, après lecture de ce « Vive la marée », je vous avouerai, quitte à passer pour un illuminé cette fois, que je suis devenu fan de David Prudhomme ! Ce type est un artiste es-découpage et, n’ayons pas peur des mots, un génie es-cadrages ! Et dire que je ne m’en étais pas rendu compte lors de ma lecture précédente… Honte sur moi ! Non mais sérieusement, regardez cette scène de voitures en enfilade durant laquelle on change de véhicule sans jamais perdre de vue les différents protagonistes ! Admirez les cadrages imaginaires de cette gamine sur la plage ! Deux exemples parmi d’autres. Fan, je suis devenu fan !!! Mais, après ce mea culpa, quid du récit ? Rabaté et Prudhomme nous proposent de passer une journée à la plage. Le récit saute constamment d’un personnage à un autre sans réel fil conducteur sinon que tous sont réunis dans la même station balnéaire aux allures normandes et familiales. Le récit est sautillant, plaisant (sans être hilarant comme pouvait l’être « la Marie en plastique »), fin (regardez donc le menu du restaurant 4,3,2,1 dans un coin d’une case – cherchez dans une autre les deux cyclistes croisés plus tôt alors qu’ils sont en mer), nostalgique (surtout pour quelqu’un qui, comme moi, a passé presque la totalité de ses vacances sur ce genre de plage familiale). Les personnages sont, pour la plupart, des beauf, des gens ordinaires, des râleurs par vocations. C'est vous et moi vus sous un angle gentiment ironique par un regard fin et tendre. Les dialogues offrent quelques magnifiques échanges dans lesquels le génie et la bêtise peuvent habiter la même phrase (« c’est dommage que la réalité ne soit pas tactile »). C’est doux, c’est frais, c’est tendre, c’est simple, c’est humain… et du coup, parfois, c’est très con. Donc voilà : Vive la marée est un très bel album, David Prudhomme est un dessinateur atypique autant que talentueux, Rabaté demeure un conteur d’exception et ce livre va, je pense, occuper une place de choix dans mon cœur et ma bibliothèque.

11/01/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Médée (Le Callet / Peña)
Médée (Le Callet / Peña)

J'ai bien aimé cette dernière oeuvre de ces deux auteures au féminin qui sont si souvent repoussées dans le monde masculin et singulièrement macho de la bande dessinée. Cela fait vraiment du bien ! Je trouve que nous avons là l'oeuvre la plus aboutie de Nancy Peña au niveau graphique. Par ailleurs, il y a une véritable construction du scénario qui va directement à l'essentiel et qui procure un plaisir de lecture. Nous suivons le destin d'une famille royale dont le roi est plutôt cruel. On s'intéresse surtout à Médée, la fille du roi. Il y a une véritable ambiance pesante et de peur dans cette cour. On a hâte de découvrir la suite de cette grande aventure mythologique. Paradoxalement, c'est un personnage comme Médée qui a inspiré la misogynie à commencer par les grecs. Elle va avoir un destin des plus terribles. On voit que rien ne lui a été épargné durant sa jeunesse. Bref, ces deux premiers tomes parviennent à convaincre totalement.

10/01/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série L'Enragé du ciel
L'Enragé du ciel

L'enragé du ciel est une bd qui rend hommage à un as de l'aviation. Je ne connaissais pas le destin de Roger Henrard. On va partir de 1907 jusque dans le milieu des années 50 pour suivre les véritables aventures d'un pilote virtuose. Pour résumer, c'est un pilote chasseur d'images qui a été l'inventeur de la photographie aérienne ce qui a beaucoup servi au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Mais on se souvient également de ces photos aérienne de Paris et de ses magnifiques monuments. Près de 2000 photographies aériennes de Paris sont aujourd’hui conservées au Musée Carnavalet. De 1939 à 1940, Roger Henrard réalise au profit des services de renseignements français d’audacieuses missions d’espionnage aérien au-dessus de l’Allemagne ; une fois la France occupée, il se repliera en Algérie pour continuer le combat… Enfin, c'est un véritable coureur de jupons. Même le mariage n'aura pas raison de son démon intérieur ce qui le rend pour beaucoup plus humain. Il va également y avoir des drames familiaux. C'est une lecture qui possède quelque chose d'un peu différent de mes lectures sur la biographie. Ce quelque chose en plus fait que c'est une oeuvre admirable. Non seulement, cela passionnera les fans d'aviation mais également les autres. Un mot sur le jeune dessinateur qui a également fait des prodiges pour un premier album. Il a le talent nécessaire. Il faudra le suivre. Pour la petite histoire, le scénariste est l'arrière petit-fils de Roger Henrard. Il est issu d'une famille franco-libanaise. Un de ses derniers titres marquants est Yallah Bye que j'avais beaucoup aimé. Ici, la lecture est marquée par une belle fluidité. Il a également rempli sa part. J'ai du mal à réaliser qu'une telle oeuvre n'a pas encore été avisée. Il faut la lire pour ne pas passer à côté de quelque chose. J'ai hâte de voir des avis ultérieurs.

10/01/2016 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Comment faire fortune en juin 40
Comment faire fortune en juin 40

Très bonne surprise que ce one shot. Avec un tel titre je m'attendais à une histoire dans le genre de Il était une fois en France. En fait il n'en est rien, c'est une histoire de braquage pendant la seconde guerre mondiale. Je suis tout de suite rentré dedans et j'ai trouvé plusieurs atouts à cet album. Ce braquage est spectaculaire et original, puisqu'il s'agit d'attaquer un camion de convoyeurs, mais qu'il faut jouer au chat et à la souris avec la police évidemment, mais aussi les militaires allemands. C'est rythmé, les dialogues sont ciselés, les braqueurs sans scrupules, il y a des rebondissements, bref ça marche très bien. Le dessin est également efficace, donc c'est du tout bon !

10/01/2016 (modifier)
Couverture de la série Vagues à l'âme
Vagues à l'âme

Je ne suis pas forcément fan des romans graphiques en tant que tels, mais j’avoue avoir bien aimé cet album, découvert par hasard en bibliothèque. Toute la vie d’un homme – du moins telle qu’il a pu la raconter à ses enfants et petits-enfants – nous est racontée dans un long flash-back. Des années 1930 à la fin du XXème siècle, c’est toute une partie de l’histoire de France qui est aussi traversée, parfois par la bande, le personnage principal ayant pas mal bourlingué, au départ dans la marine (avec de vagues airs de Corto Maltese je trouve), pour finir par se ranger un peu après avoir trouvé une femme et fondé une famille. Le dessin est simple, avec des visages parfois effacés, mais efficace et en accord avec l’histoire, que l’on lit d’une traite sans temps mort (un peu d'humour et de dérision dans le texte). Rien de forcément super original, mais c’est quand même un chouette album à découvrir (note réelle 3,5/5).

08/01/2016 (modifier)
Couverture de la série Creepy
Creepy

Ah Creepy ! quel bain de jouvence pour un lecteur de ma génération. Je lisais la plupart de ces histoires dans la revue Fantastik au cours des années 80 et 90, et je m'en délectais. C'est pourquoi je trouve cette initiative de réunir ces récits en anthologie une bonne idée et un bel hommage à James Warren, fondateur de ce magazine Creepy en 1964. Dommage que les couvertures soient hideuses et pas du tout représentatives du produit à l'intérieur. Pourtant lues aujourd'hui, on ne peut pas dire que ces histoires soient profondément originales, surtout après tout ce qu'on a pu voir au ciné et même en BD dans des traitements plus modernes. Mais justement, c'est ce côté un peu obsolète et rétro qui fait leur charme, cette façon inégalée de faire frémir avec des recettes plus qu'éprouvées, de grosses ficelles vraiment énormes qui ne plairont sans doute guère à des lecteurs plus jeunes. C'est parce qu'il faut avoir connu le ton de Creepy à son époque de parution, et qu'à cette époque dans les années 60, le public était encore sensible à tous ces vieux récits gothiques qui jouaient à fond la carte du macabre, en rappelant les contes fantastiques de la E.C. Comics. La plupart des dessinateurs venaient d'ailleurs de cette firme légendaire qui connut ses heures de gloire dans les années 50 avec notamment Tales from the crypt puis qui influencera d'autres comic books comme "Tomb of Dracula" (Dracula, le vampire) chez Marvel... On retrouve donc une putain d'équipe de dessinateurs, dont mes préférés parmi eux, tels Al Williamson, Reed Crandall, Joe Orlando, Alex Toth, Roy Krenkel, Frank Frazetta, Bob Lubbers, Angelo Torres, Bernie Wrightson, Wallace Wood, Gene Colan, Steve Ditko, George Tuska, John Severin, Dick Giordano, Frank Brunner... Tous ces gars oeuvreront aussi chez Marvel ou D.C., et ici, adopteront un dessin noir & blanc assez ressemblant afin d'offrir à la griffe Warren une véritable unité graphique et une identité. C'est pourquoi il est difficile de préférer l'un ou l'autre ; on peut seulement préférer certains récits qui sont évidemment inégaux. Edgar Poe inspire pas mal les auteurs qui en général en offrent un bon rendu. Ces récits courts sont souvent des histoires qui tournent autour de monstres, de loups-garous, de fantômes, de vampires, de maisons hantées, de secrets maléfiques, de malédictions, de savants fous... et même dans l'espace, mais avec un ton fantastique plus que SF. Archie Goodwin était le grand pourvoyeur en scénarios de ces récits horrifiques, mais on y trouvait aussi la signature de Otto Binder et de quelques autres. Une lecture idéale pour amateurs de vrai fantastique gothique, en essayant de replacer le tout dans son époque, mais pour beaucoup de passionnés aujourd'hui, Creepy est culte.

08/01/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Un homme de goût
Un homme de goût

Mais c'est que nous avons les crocs qui frémissent ma foi. Qui n'a pas rêvé d'un petit en cas sur le pouce avec un (ou une) invité(e) qui nous fait bien chier, genre fâcheux ou fâcheuse!! Bon j'avoue au début le dessin n'était pas forcément ma tasse de thé mais lentement, portées à ébullition les choses se décantent gentiment et cela devient un pur plaisir que de découvrir les différentes recettes de notre homme de goût. Dans un récit classique et balisé tel une recette de cuisine, voilà t 'il pas que viennent s'ajouter des ingrédients issus de nos vieux contes et légendes d'autrefois. Dirais-je que cela vient ajouter du piment à l'affaire ? Ben oui et c'est là le tour de main des auteurs sur du basique de chez basique ils vous recollent une louche jusqu'au twist final. Mais hop là vous pensiez tout savoir, un deuxième opus vient enfoncer le clou (de girofle) pour définitivement vous coller la langue au palais et vous défier définitivement des invitations à dîner faites par des inconnus qui semblent balèzes en cuisine. A lire si on est fan de cuisine mais les autres y trouveront également de quoi se divertir et se régaler.

07/01/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Cavale du Dr Destouches
La Cavale du Dr Destouches

3.5 Je connais Louis-Ferdinand Céline, mais je n'ai jamais lu ses livres car le roman n'est pas ce que je préfère et j'ai déjà assez de passe-temps pour occuper mon temps libre et comme mes connaissances sur sa vie sont plutôt superficielles, je ne sais pas trop si les auteurs le rendent ici moins "méchant" qu'il était en réalité. En tout cas une chose est certaine c'est que la manière dont est représenté Céline donne l'impression qu'il était un gros misanthrope. Il faut dire que la galerie de personnages qu'il va rencontrer durant son périple ne donne pas envie d'avoir une bonne opinion de la nature humaine. J'ai trouvé le scénario prenant et la personnalité de Céline est fascinante. Les autres personnages sont souvent savoureux. Le dessin est un superbe noir et blanc. Je trouve les décors magnifiques et les personnages sont très expressifs. Le seul défaut c'est que parfois je trouvais leurs gestes un peu trop théâtraux et cela me donnait l'impression de voir des acteurs jouer des personnages, et non des vrais personnages.

07/01/2016 (modifier)