Belles déclinaisons d'humanités
Comme Gaston je n'ai pas aimé le fait de couper la narration par des pages de texte qui n'apportent pas assez à mon goût. Et comme lui je n'avais pas accroché à l'Album précédent de Pedrosa.
Mais, pour tout le reste, j'en redemande. Les dessins sont légers et expressifs, les techniques et les couleurs variées (parfois tout en transparences, et d'autres fois en aplats contrastés, aussi bien en camaïeux de gris, qu'en griffures flashies). Les moments qui mettent en scène une photographe qui fige des inconnus dans la ville crée un contre-point mystérieux bienvenu dans cette longue ballade dans des vies relativement réalistes. Une autre histoire sans trait ni parole (comme un livre pour enfant) s'intercale aussi et trouve un sens à la fin. Bref c'est construit comme une horlogerie, alors que ça partait dans le vague dépressif.
Les équinoxes c'est le moment forcément éphémère où le jour et la nuit ont la même durée. Et cet album est exactement comme ça: entre le moment d'équilibre , juste avant la chute, et ...l'histoire qui va se reproduire éternellement jusqu'à la fin des temps.
(spoiler)
Le prothésiste dentaire, quinquagénaire, divorcé, avec sa villa avec vue sur la mer, qui s'interroge sur le sens de sa vie, cela peut paraître un peu jean-pierre Bacriesque, mais la différence c'est qu'on ne le voit pas venir à des kilomètres. Il y a aussi le vieux communiste désenchanté (plutôt Daroussin) , l'adolescente facilement excédée, le frangin devenu curé, la femme politique écolo qui est obligée d'avaler des couleuvres pour rester au gouvernement...
C'est la vie quoi...
Cette série est un véritable hommage à la série TV les Incorruptibles, mais en beaucoup plus violent. J'ai l'impression d'avoir vu tout ça plein de fois dans de nombreux films de gangsters hollywoodiens (l'apothéose de ce type de films occupe la période 1931-1945 à la Warner surtout), mais malgré ça, malgré cette éventuelle lassitude du sujet, je me suis laissé embarquer dans cette Bd et je ne me suis pas ennuyé.
J'ai également vu de nombreux docs relatant tous ces assassinats, ces règlements de comptes, ces trafics d'alcool avec distilleries clandestines et speak-easies de rigueur, bref un véritable bras de fer entre les différentes familles de New York et celles de Chicago qui étaient à cette époque les 2 villes les plus gangrenées et les plus corrompues des Etats-Unis par le vice, le racket et le crime organisé.
Les auteurs emmènent donc le lecteur au milieu de toute cette fange criminelle, dans ce Hell's Kitchen, mais l'astuce consiste à foutre le bordel chez les mafieux par la faute d'un gamin de 13 ans qui n'a pas supporté de voir ses parents tués accidentellement dans un stupide massacre. Sauver sa petite copine ainsi que ses frères deviennent ensuite ses préoccupations, mais ses actes entrainent une désorganisation monstre car 2 clans mafieux se retrouvent opposés sans trop comprendre ce qui leur arrive et qui en est responsable, ou alors ils le comprennent trop tard. Tout ceci est assez plaisant à observer.
J'aime aussi cet aspect traditionnel de montrer des gueules patibulaires, et les codes et lois mafieux, ça peut paraitre trop caricatural mais c'était vraiment comme ça, ces mecs avaient le physique de l'emploi, et à ce titre, le personnage du Tailleur m'a beaucoup rappelé Luca Torelli, tueur aussi impitoyable, sadique et brutal dans la série Torpedo qui explorait la même époque de Prohibition.
La série ressemble aussi à des Bd comme Ce qui est à nous ou Mafia Story... mais en moins pompeux, moins fouillé, plus distrayant on va dire ; rien de péjoratif là-dedans, c'est simplement que le scénario est moins attaché à l'histoire de la mafia, tout en étant extrêmement bien charpenté, car tout s'enchaine à merveille, et les retournements de situation sont bien amenés, jusqu'à côtoyer du réel (mais sans trop insister), puisque le tome 4 imbrique le récit dans la réalité autour d'Eliott Ness et d'Al Capone. Il est intéressant aussi de montrer les différentes ethnies ayant constitué l'Amérique, et pas seulement les Italiens et la mafia sicilienne, on y voit les Irlandais et les Chinois.
Le premier cycle est le plus réussi cependant, le second continuant dans une progression mais d'une façon beaucoup plus dense et complexe, et puis le final est terrible et ne me satisfait pas ; c'est brutal, sordide et très désespérant comme fin. Mis à part ce détail, le ton très réaliste des situations s'adjoint un dessin de toute beauté, avec un encrage d'une grande finesse sur les personnages, ce qui donne de beaux contours, un style un peu éthéré et esthétique, et un soin particulier dans les décors de gratte-ciels, de vieux immeubles vétustes et de voitures qu'on a tous vu dans des films. Quelques plans aériens sur les toîts et le pont de Brooklyn, de même que le visage de Capone est bien reproduit ; celui de Ness a par endroits la physionomie de Kevin Costner, surtout les dernières pages.
Une excellente restitution d'époque donc pour une série de qualité.
Une bd assez magique. J'avais beaucoup apprécié Souvenirs de l'empire de l'atome et on retrouve dans celle-ci la patte des auteurs.
Ce que j'apprécie particulièrement, c'est l'ambiance vaguement inquiétante qui se dégage, comme un léger décalage par rapport à ce qui serait normé. Toutes les pièces du puzzle s'assemblent avec logique et aussi avec surprise.
Outre la beauté graphique de l'album je trouve les dessins "intelligents", dans les choix, la construction, le stylisme et l'ambiance.
Impeccable.
Il est rare que des auteurs de bande dessinée prennent pour cadre l'Afrique postcoloniale.
Chaos debout à Kinshasa relate l'effervescence qui gagne la capitale du Zaïre au mois de septembre 1974 et le contexte historique est passionnant.
La ville est sous la coupe de Mobutu Sese Seko (son surnom complet est Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, ce qui signifie « Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne puisse l’arrêter », tout un programme) depuis qu'il s'est emparé du pouvoir par un coup d'État en 1965.
Mobutu, dictateur mégalomane, brutal, malhonnête et rusé, mène alors une politique de “Zaïrianisation”, c'est-à-dire qu'il milite pour une décolonisation culturelle en promouvant l'authenticité de la culture noire. Par exemple, au Zaïre, il faut porter l'abacost (contraction de « à bas le costume ») chamarré pour montrer sa fierté d'appartenir au peuple noir. Mobutu apparaît comme une sorte de double bouffon de son rival sénégalais Léopold Sédar Senghor, le promoteur de la “négritude”.
Lorsque ce personnage hors-norme rencontre un autre mégalomane, le boxeur Mohamed Ali, ils sont faits pour s'entendre. Né Cassius Clay, ce puncheur surdoué et plusieurs fois champion du monde dans la catégorie poids lourds a rejeté son nom de baptême quand il a rejoint les rangs de l'organisation Nation of Islam. Il milite pour l'émancipation des noirs américains et l'unification de tous les “frères” noirs des deux côtés de l'Atlantique. Quand Mohamed Ali devient objecteur de conscience et refuse de servir au Vietnam, il est déchu de son titre. En 1974, il brûle donc de le reconquérir ce titre, alors détenu par George Foreman.
Mobutu , avide de montrer au monde entier que le Zaïre est en route vers la modernité, propose d'organiser la rencontre dans sa capitale Kinshasa. Les affiches présentent l'événement comme « un cadeau du président Mobutu au peuple zaïrois et un honneur pour l'homme noir ».
Ce contexte fournit la trame de fond aux auteurs pour raconter les petites et grandes intrigues qui se nouent à Kinshasa en ce mois de septembre 1974.
Car la ville est au centre d'enjeux bien plus larges qu'un combat de boxe, fût-il du siècle. Le Zaïre est riche en ressources, il suscite la convoitise d'affairistes internationaux. Le pays est également voisin de l'Angola, colonie portugaise en marche vers l'indépendance, sur laquelle les puissances de la Guerre froide, par Belges ou Cubains interposés, aimeraient mettre la main. Dans ce panier de crabes, les uns soutiennent Mobutu, tortionnaire sans scrupule mais pro-américain, alors que les autres rêvent de le renverser…
Nous suivons Ernest, petit truand minable de Harlem, qui gagne un ticket pour Kinshasa, ce qui lui permet d'échapper aux poursuites contondantes de ses créanciers. Tout imprégné des discours des leaders noirs et de blaxploitation, il croit retrouver ses racines en plongeant dans la société zaïroise. En fait, il ne comprend rien à rien et subit la situation alors que ses “frères” noirs font les frais de sa naïveté.
Le récit de Thierry Bellefroid mêle très habilement personnage réels et fictifs, faits historiques et péripéties romanesques dans un récit fluide et dense. Mon seul regret est qu'il aille parfois un peu trop vite. Mais il a un grand sens du détail, écrit des dialogues qui font mouche et le scénario tient le lecteur en haleine.
Au dessin, Barly Baruti, déjà remarquable dans Eva K. et Madame Livingstone a affiné son style. Aussi inspiré dans la restitution des ambiances africaines que new-yorkaises, il manie la couleur directe avec l'aisance d'un Hermann. Seul reproche : il a tendance à abuser du flou dans les vues d'ensemble, ce qui rend un peu difficile l'identification des personnages par moment.
Chaos debout à Kinshasa est donc un très bon one-shot qui aurait facilement pu donner lieu à une série de plusieurs albums tant l'intrigue et le contexte dont elle s'inspire sont riches.
Ce titre aurait sans doute mérité de faire partie du prix des lecteurs 2015 de ce présent site. En effet, il y a une grande unanimité autour du grand méchant renard.
C'est curieux comme un titre sorti en janvier 2015 a pu aussi bien cartonner en faisant deux fois le festival d'Angoulême et en obtenant un prix prestigieux à savoir le fauve jeunesse. Etre un auteur sympa et ouvert aux lecteurs peut aider bien évidemment. Le talent est manifestement présent. C'est une première pour l'auteur ce qui souligne un véritable exploit.
Je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ces 186 pages où tout s'enchaîne admirablement. C'est vrai que c'est mignon tout plein avec des dessins d'une grande tendresse. Et puis, il y a cet humour qui fonctionne à merveille avec beaucoup de subtilité également. Le dessin est d'une parfaite finesse. J'ai beaucoup aimé la trogne de ce renard. Oui, c'est du beau travail.
Au début, je pensais que l'histoire allait être un banal roman graphique sur un type qui essaie d'être écrivain, mais très vite je me suis rendu compte que ce n'est pas le cas.
La vie du héros bascule lorsqu'un de ses oncles meurt et que ses chats lui bouffent le corps. Le héros se rend compte qu'il y a des gens qui seraient prêts à payer pour avoir ses chats et il va les vendre à un type qui a une collection sur les tueurs en séries. Le héros va rester dans le coin, trouver un boulot et une copine et il va devenir ami avec le collectionneur et s'intéresser à sa collection. Au fil des pages il va y avoir des révélations surprenantes.
L'intrigue est bien construite et je l'ai trouvée passionnante à lire. Il y a des bonnes surprises dans le récit. Le héros est attachant, la collection du vieil homme est intéressante (surtout que l'auteur donne des informations sur des tueurs en séries célèbres) et les chats sont mignons (je n'aurais aucune objection à ce qu'ils mangent mon cadavre). Le dessin est sympathique.
Tiens d'habitude je ne suis pas forcément preneur de l'humour à la Fluide glacial, et même si cet album est publié ailleurs que chez Audie, il est en plein dedans.
Bref.
C'est attiré par la production Warum/Vraoum/Steinkis, qui connaît un net regain d'intérêt depuis plusieurs mois, que je l'ai lu, et franchement c'est une belle découverte. Santiago et ses sbires sont une bande de baletringues comme j'en ai rarement vu. Capables de foirer la moindre attaque de banque, de perdre leurs flingues, ou de se retrouver à poil dans la prairie. l'humour est rpésent de bout en bout, et je l'avoue, je me suis esclaffé à plusieurs reprises (le coup du photographe m'a fait hruler de rire).
Le style graphique est clairement inspiré par Giraud, sans prétendre aucunement l'atteindre, mais c'est loin d'être déshonorant, et plutôt agréable à l'oeil, mêm si parfois B-gnet lorgne du côté de Goossens pour les trognes.
Bref, c'est du tout bon, ce que j'ai lu de mieux dans les machins rigolos depuis le Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro.
B-gnet c'est bon, mangez-en.
Une excellente surprise que cette série.
Pour être honnête j'en attendais pas grand chose pensant que cela s'adressait essentiellement aux ados. Et à la fin du tome 1 j'étais captivé par l'histoire et j'ai dévoré la suite dans la soirée.
3 ados qui partagent une passion pour les sports urbains. Un trio amoureux. Tout cela sur fond de règlements de comptes entre bandes de banlieue. Tout cela donne une intrigue riche et passionnante.
Les excellents dessins et la disposition des cases met parfaitement en valeur l'histoire.
Je conseille vivement la lecture qui donne un sacré coup de djeun.
Superbe série jeunesse !
Enfin une série qui ne prend pas les jeunes pour des cons. Aucune mièvrerie, enfin...
Je pense qu'un jeune qui lit cette série, pour peu qu'il s'identifie à l'un des personnages, (il y a de quoi compte tenu de leur diversité) devrait regarder ses parents et le cocon familiale autrement. "Finalement c'est pas si mal".
Cette série cartonne auprès du public que je reçois en médiathèque. Des jeunes au moins jeunes, tout le monde apprécie cette série.
Visuellement c'est très classique, un peu à la Spirou en moins fouillé. Beaucoup de contraste dans la colorisation. Mais rien qui révolutionne le genre.
L'intrigue quant à elle est captivante. La narration est très dynamique et laisse peu de temps pour souffler. Les moments de calme mettent en exergue une tension presque palpable.
Pour le moment, on se laisse embarquer par l'histoire même si on ne sait pas du tout où cela va nous mener.
Les caractères, les histoires de vie opposées des personnages mettent en avant la diversité tant culturelle que physique : des ados, des plus jeunes, un bébé, certains personnages sont plus charismatiques que d'autres sans pour autant avoir une présence forte dans l'histoire. Je pense en particulier au maître des couteaux. Ce melting-pot rend l’ensemble vraiment intéressant et donne une vision assez juste de la réalité avec ses rapports de force qui par la connaissance de l'autre s’estomperont au fur et à mesure de l'histoire.
Après la lecture des 9 tomes, A la fin de chaque cycle, il reste de nombreuses zones d'ombres, avec un nouveau rebondissement et c'est pour cela que la suite et le dénouement sont attendus avec impatience.
Voilà l'adaptation en manga tiré du livre autobiographique de Shoko Tendo, fille d'un Yakuza d'Osaka. Et ma fois, c'est très bien foutu !
Je ne connaissais pas l'histoire de cette femme, mais j'ai véritablement été accroché par ce récit réaliste qu'elle nous fait de sa vie. Moi qui ne coure pas vraiment après les autobiographies, le travail d'adaptation de Sean Michael Wilson et de Michiru Morikawa a réussi à me tenir facilement de bout en bout de cet album pour nous retracer sans concessions et de façon originale la vie mouvementée (et c'est peu dire) de Shoko Tendo.
Car l'un des points forts de son histoire tient à ce point de vue féminin du monde des yakuzas, où les femmes sont vraiment peu de chose. Élevée dans l’opulence et l'argent facile, Shoko Tendo n'en reste pas moins stigmatisée dans son cursus par le fait que sa famille appartienne à un clan. Très vite, elle va basculer dès l'adolescence dans la violence et se retrouver déscolarisée. Commence alors lente descente aux enfers, où drogue, violence et sexe vont ponctuer son quotidien.
Sa vie amoureuse suivra le même chemin tortueux et dangereux. Ce n'est que sur le tard qu'elle parviendra à retisser des liens avec ses parents et finir par se retrouver pour faire peau neuve, et cela grâce à un tatouage qu'elle se fera faire.
Sans tomber dans le misérabilisme ou le voyeurisme, c'est la franchise de son récit qui en fait sa force. Le côté positif de cette femme qui finira par s'en sortir et s'émanciper de son ancienne vie force le respect malgré tout ce qu'elle aura subit.
Du côté du dessin, remarquons déjà une couverture que j'ai trouvé très réussie et qui donne envie de se plonger dans cette histoire. La suite n'est pas en reste, car malgré un dessin somme toute "classique", Michiru Morikawa (dont j'avais déjà pu apprécier le savoir faire dans Le Sermon du Tengu sur les arts martiaux) nous propose des découpages vraiment intéressants qui rythment parfaitement la narration, avec de magnifiques pleines pages que valorise parfaitement le format de l'album.
Une lecture vraiment intéressante servi sur un album très réussi dont je ne peut que recommander la lecture.
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Les Equinoxes
Belles déclinaisons d'humanités Comme Gaston je n'ai pas aimé le fait de couper la narration par des pages de texte qui n'apportent pas assez à mon goût. Et comme lui je n'avais pas accroché à l'Album précédent de Pedrosa. Mais, pour tout le reste, j'en redemande. Les dessins sont légers et expressifs, les techniques et les couleurs variées (parfois tout en transparences, et d'autres fois en aplats contrastés, aussi bien en camaïeux de gris, qu'en griffures flashies). Les moments qui mettent en scène une photographe qui fige des inconnus dans la ville crée un contre-point mystérieux bienvenu dans cette longue ballade dans des vies relativement réalistes. Une autre histoire sans trait ni parole (comme un livre pour enfant) s'intercale aussi et trouve un sens à la fin. Bref c'est construit comme une horlogerie, alors que ça partait dans le vague dépressif. Les équinoxes c'est le moment forcément éphémère où le jour et la nuit ont la même durée. Et cet album est exactement comme ça: entre le moment d'équilibre , juste avant la chute, et ...l'histoire qui va se reproduire éternellement jusqu'à la fin des temps. (spoiler) Le prothésiste dentaire, quinquagénaire, divorcé, avec sa villa avec vue sur la mer, qui s'interroge sur le sens de sa vie, cela peut paraître un peu jean-pierre Bacriesque, mais la différence c'est qu'on ne le voit pas venir à des kilomètres. Il y a aussi le vieux communiste désenchanté (plutôt Daroussin) , l'adolescente facilement excédée, le frangin devenu curé, la femme politique écolo qui est obligée d'avaler des couleuvres pour rester au gouvernement... C'est la vie quoi...
La Cuisine du Diable
Cette série est un véritable hommage à la série TV les Incorruptibles, mais en beaucoup plus violent. J'ai l'impression d'avoir vu tout ça plein de fois dans de nombreux films de gangsters hollywoodiens (l'apothéose de ce type de films occupe la période 1931-1945 à la Warner surtout), mais malgré ça, malgré cette éventuelle lassitude du sujet, je me suis laissé embarquer dans cette Bd et je ne me suis pas ennuyé. J'ai également vu de nombreux docs relatant tous ces assassinats, ces règlements de comptes, ces trafics d'alcool avec distilleries clandestines et speak-easies de rigueur, bref un véritable bras de fer entre les différentes familles de New York et celles de Chicago qui étaient à cette époque les 2 villes les plus gangrenées et les plus corrompues des Etats-Unis par le vice, le racket et le crime organisé. Les auteurs emmènent donc le lecteur au milieu de toute cette fange criminelle, dans ce Hell's Kitchen, mais l'astuce consiste à foutre le bordel chez les mafieux par la faute d'un gamin de 13 ans qui n'a pas supporté de voir ses parents tués accidentellement dans un stupide massacre. Sauver sa petite copine ainsi que ses frères deviennent ensuite ses préoccupations, mais ses actes entrainent une désorganisation monstre car 2 clans mafieux se retrouvent opposés sans trop comprendre ce qui leur arrive et qui en est responsable, ou alors ils le comprennent trop tard. Tout ceci est assez plaisant à observer. J'aime aussi cet aspect traditionnel de montrer des gueules patibulaires, et les codes et lois mafieux, ça peut paraitre trop caricatural mais c'était vraiment comme ça, ces mecs avaient le physique de l'emploi, et à ce titre, le personnage du Tailleur m'a beaucoup rappelé Luca Torelli, tueur aussi impitoyable, sadique et brutal dans la série Torpedo qui explorait la même époque de Prohibition. La série ressemble aussi à des Bd comme Ce qui est à nous ou Mafia Story... mais en moins pompeux, moins fouillé, plus distrayant on va dire ; rien de péjoratif là-dedans, c'est simplement que le scénario est moins attaché à l'histoire de la mafia, tout en étant extrêmement bien charpenté, car tout s'enchaine à merveille, et les retournements de situation sont bien amenés, jusqu'à côtoyer du réel (mais sans trop insister), puisque le tome 4 imbrique le récit dans la réalité autour d'Eliott Ness et d'Al Capone. Il est intéressant aussi de montrer les différentes ethnies ayant constitué l'Amérique, et pas seulement les Italiens et la mafia sicilienne, on y voit les Irlandais et les Chinois. Le premier cycle est le plus réussi cependant, le second continuant dans une progression mais d'une façon beaucoup plus dense et complexe, et puis le final est terrible et ne me satisfait pas ; c'est brutal, sordide et très désespérant comme fin. Mis à part ce détail, le ton très réaliste des situations s'adjoint un dessin de toute beauté, avec un encrage d'une grande finesse sur les personnages, ce qui donne de beaux contours, un style un peu éthéré et esthétique, et un soin particulier dans les décors de gratte-ciels, de vieux immeubles vétustes et de voitures qu'on a tous vu dans des films. Quelques plans aériens sur les toîts et le pont de Brooklyn, de même que le visage de Capone est bien reproduit ; celui de Ness a par endroits la physionomie de Kevin Costner, surtout les dernières pages. Une excellente restitution d'époque donc pour une série de qualité.
L'Eté Diabolik
Une bd assez magique. J'avais beaucoup apprécié Souvenirs de l'empire de l'atome et on retrouve dans celle-ci la patte des auteurs. Ce que j'apprécie particulièrement, c'est l'ambiance vaguement inquiétante qui se dégage, comme un léger décalage par rapport à ce qui serait normé. Toutes les pièces du puzzle s'assemblent avec logique et aussi avec surprise. Outre la beauté graphique de l'album je trouve les dessins "intelligents", dans les choix, la construction, le stylisme et l'ambiance. Impeccable.
Chaos debout à Kinshasa
Il est rare que des auteurs de bande dessinée prennent pour cadre l'Afrique postcoloniale. Chaos debout à Kinshasa relate l'effervescence qui gagne la capitale du Zaïre au mois de septembre 1974 et le contexte historique est passionnant. La ville est sous la coupe de Mobutu Sese Seko (son surnom complet est Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, ce qui signifie « Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne puisse l’arrêter », tout un programme) depuis qu'il s'est emparé du pouvoir par un coup d'État en 1965. Mobutu, dictateur mégalomane, brutal, malhonnête et rusé, mène alors une politique de “Zaïrianisation”, c'est-à-dire qu'il milite pour une décolonisation culturelle en promouvant l'authenticité de la culture noire. Par exemple, au Zaïre, il faut porter l'abacost (contraction de « à bas le costume ») chamarré pour montrer sa fierté d'appartenir au peuple noir. Mobutu apparaît comme une sorte de double bouffon de son rival sénégalais Léopold Sédar Senghor, le promoteur de la “négritude”. Lorsque ce personnage hors-norme rencontre un autre mégalomane, le boxeur Mohamed Ali, ils sont faits pour s'entendre. Né Cassius Clay, ce puncheur surdoué et plusieurs fois champion du monde dans la catégorie poids lourds a rejeté son nom de baptême quand il a rejoint les rangs de l'organisation Nation of Islam. Il milite pour l'émancipation des noirs américains et l'unification de tous les “frères” noirs des deux côtés de l'Atlantique. Quand Mohamed Ali devient objecteur de conscience et refuse de servir au Vietnam, il est déchu de son titre. En 1974, il brûle donc de le reconquérir ce titre, alors détenu par George Foreman. Mobutu , avide de montrer au monde entier que le Zaïre est en route vers la modernité, propose d'organiser la rencontre dans sa capitale Kinshasa. Les affiches présentent l'événement comme « un cadeau du président Mobutu au peuple zaïrois et un honneur pour l'homme noir ». Ce contexte fournit la trame de fond aux auteurs pour raconter les petites et grandes intrigues qui se nouent à Kinshasa en ce mois de septembre 1974. Car la ville est au centre d'enjeux bien plus larges qu'un combat de boxe, fût-il du siècle. Le Zaïre est riche en ressources, il suscite la convoitise d'affairistes internationaux. Le pays est également voisin de l'Angola, colonie portugaise en marche vers l'indépendance, sur laquelle les puissances de la Guerre froide, par Belges ou Cubains interposés, aimeraient mettre la main. Dans ce panier de crabes, les uns soutiennent Mobutu, tortionnaire sans scrupule mais pro-américain, alors que les autres rêvent de le renverser… Nous suivons Ernest, petit truand minable de Harlem, qui gagne un ticket pour Kinshasa, ce qui lui permet d'échapper aux poursuites contondantes de ses créanciers. Tout imprégné des discours des leaders noirs et de blaxploitation, il croit retrouver ses racines en plongeant dans la société zaïroise. En fait, il ne comprend rien à rien et subit la situation alors que ses “frères” noirs font les frais de sa naïveté. Le récit de Thierry Bellefroid mêle très habilement personnage réels et fictifs, faits historiques et péripéties romanesques dans un récit fluide et dense. Mon seul regret est qu'il aille parfois un peu trop vite. Mais il a un grand sens du détail, écrit des dialogues qui font mouche et le scénario tient le lecteur en haleine. Au dessin, Barly Baruti, déjà remarquable dans Eva K. et Madame Livingstone a affiné son style. Aussi inspiré dans la restitution des ambiances africaines que new-yorkaises, il manie la couleur directe avec l'aisance d'un Hermann. Seul reproche : il a tendance à abuser du flou dans les vues d'ensemble, ce qui rend un peu difficile l'identification des personnages par moment. Chaos debout à Kinshasa est donc un très bon one-shot qui aurait facilement pu donner lieu à une série de plusieurs albums tant l'intrigue et le contexte dont elle s'inspire sont riches.
Le Grand Méchant Renard
Ce titre aurait sans doute mérité de faire partie du prix des lecteurs 2015 de ce présent site. En effet, il y a une grande unanimité autour du grand méchant renard. C'est curieux comme un titre sorti en janvier 2015 a pu aussi bien cartonner en faisant deux fois le festival d'Angoulême et en obtenant un prix prestigieux à savoir le fauve jeunesse. Etre un auteur sympa et ouvert aux lecteurs peut aider bien évidemment. Le talent est manifestement présent. C'est une première pour l'auteur ce qui souligne un véritable exploit. Je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ces 186 pages où tout s'enchaîne admirablement. C'est vrai que c'est mignon tout plein avec des dessins d'une grande tendresse. Et puis, il y a cet humour qui fonctionne à merveille avec beaucoup de subtilité également. Le dessin est d'une parfaite finesse. J'ai beaucoup aimé la trogne de ce renard. Oui, c'est du beau travail.
Murderabilia
Au début, je pensais que l'histoire allait être un banal roman graphique sur un type qui essaie d'être écrivain, mais très vite je me suis rendu compte que ce n'est pas le cas. La vie du héros bascule lorsqu'un de ses oncles meurt et que ses chats lui bouffent le corps. Le héros se rend compte qu'il y a des gens qui seraient prêts à payer pour avoir ses chats et il va les vendre à un type qui a une collection sur les tueurs en séries. Le héros va rester dans le coin, trouver un boulot et une copine et il va devenir ami avec le collectionneur et s'intéresser à sa collection. Au fil des pages il va y avoir des révélations surprenantes. L'intrigue est bien construite et je l'ai trouvée passionnante à lire. Il y a des bonnes surprises dans le récit. Le héros est attachant, la collection du vieil homme est intéressante (surtout que l'auteur donne des informations sur des tueurs en séries célèbres) et les chats sont mignons (je n'aurais aucune objection à ce qu'ils mangent mon cadavre). Le dessin est sympathique.
Santiago
Tiens d'habitude je ne suis pas forcément preneur de l'humour à la Fluide glacial, et même si cet album est publié ailleurs que chez Audie, il est en plein dedans. Bref. C'est attiré par la production Warum/Vraoum/Steinkis, qui connaît un net regain d'intérêt depuis plusieurs mois, que je l'ai lu, et franchement c'est une belle découverte. Santiago et ses sbires sont une bande de baletringues comme j'en ai rarement vu. Capables de foirer la moindre attaque de banque, de perdre leurs flingues, ou de se retrouver à poil dans la prairie. l'humour est rpésent de bout en bout, et je l'avoue, je me suis esclaffé à plusieurs reprises (le coup du photographe m'a fait hruler de rire). Le style graphique est clairement inspiré par Giraud, sans prétendre aucunement l'atteindre, mais c'est loin d'être déshonorant, et plutôt agréable à l'oeil, mêm si parfois B-gnet lorgne du côté de Goossens pour les trognes. Bref, c'est du tout bon, ce que j'ai lu de mieux dans les machins rigolos depuis le Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro. B-gnet c'est bon, mangez-en.
En sautant dans le vide
Une excellente surprise que cette série. Pour être honnête j'en attendais pas grand chose pensant que cela s'adressait essentiellement aux ados. Et à la fin du tome 1 j'étais captivé par l'histoire et j'ai dévoré la suite dans la soirée. 3 ados qui partagent une passion pour les sports urbains. Un trio amoureux. Tout cela sur fond de règlements de comptes entre bandes de banlieue. Tout cela donne une intrigue riche et passionnante. Les excellents dessins et la disposition des cases met parfaitement en valeur l'histoire. Je conseille vivement la lecture qui donne un sacré coup de djeun.
Seuls
Superbe série jeunesse ! Enfin une série qui ne prend pas les jeunes pour des cons. Aucune mièvrerie, enfin... Je pense qu'un jeune qui lit cette série, pour peu qu'il s'identifie à l'un des personnages, (il y a de quoi compte tenu de leur diversité) devrait regarder ses parents et le cocon familiale autrement. "Finalement c'est pas si mal". Cette série cartonne auprès du public que je reçois en médiathèque. Des jeunes au moins jeunes, tout le monde apprécie cette série. Visuellement c'est très classique, un peu à la Spirou en moins fouillé. Beaucoup de contraste dans la colorisation. Mais rien qui révolutionne le genre. L'intrigue quant à elle est captivante. La narration est très dynamique et laisse peu de temps pour souffler. Les moments de calme mettent en exergue une tension presque palpable. Pour le moment, on se laisse embarquer par l'histoire même si on ne sait pas du tout où cela va nous mener. Les caractères, les histoires de vie opposées des personnages mettent en avant la diversité tant culturelle que physique : des ados, des plus jeunes, un bébé, certains personnages sont plus charismatiques que d'autres sans pour autant avoir une présence forte dans l'histoire. Je pense en particulier au maître des couteaux. Ce melting-pot rend l’ensemble vraiment intéressant et donne une vision assez juste de la réalité avec ses rapports de force qui par la connaissance de l'autre s’estomperont au fur et à mesure de l'histoire. Après la lecture des 9 tomes, A la fin de chaque cycle, il reste de nombreuses zones d'ombres, avec un nouveau rebondissement et c'est pour cela que la suite et le dénouement sont attendus avec impatience.
Yakuza Moon - La véritable histoire d’une fille de gangster
Voilà l'adaptation en manga tiré du livre autobiographique de Shoko Tendo, fille d'un Yakuza d'Osaka. Et ma fois, c'est très bien foutu ! Je ne connaissais pas l'histoire de cette femme, mais j'ai véritablement été accroché par ce récit réaliste qu'elle nous fait de sa vie. Moi qui ne coure pas vraiment après les autobiographies, le travail d'adaptation de Sean Michael Wilson et de Michiru Morikawa a réussi à me tenir facilement de bout en bout de cet album pour nous retracer sans concessions et de façon originale la vie mouvementée (et c'est peu dire) de Shoko Tendo. Car l'un des points forts de son histoire tient à ce point de vue féminin du monde des yakuzas, où les femmes sont vraiment peu de chose. Élevée dans l’opulence et l'argent facile, Shoko Tendo n'en reste pas moins stigmatisée dans son cursus par le fait que sa famille appartienne à un clan. Très vite, elle va basculer dès l'adolescence dans la violence et se retrouver déscolarisée. Commence alors lente descente aux enfers, où drogue, violence et sexe vont ponctuer son quotidien. Sa vie amoureuse suivra le même chemin tortueux et dangereux. Ce n'est que sur le tard qu'elle parviendra à retisser des liens avec ses parents et finir par se retrouver pour faire peau neuve, et cela grâce à un tatouage qu'elle se fera faire. Sans tomber dans le misérabilisme ou le voyeurisme, c'est la franchise de son récit qui en fait sa force. Le côté positif de cette femme qui finira par s'en sortir et s'émanciper de son ancienne vie force le respect malgré tout ce qu'elle aura subit. Du côté du dessin, remarquons déjà une couverture que j'ai trouvé très réussie et qui donne envie de se plonger dans cette histoire. La suite n'est pas en reste, car malgré un dessin somme toute "classique", Michiru Morikawa (dont j'avais déjà pu apprécier le savoir faire dans Le Sermon du Tengu sur les arts martiaux) nous propose des découpages vraiment intéressants qui rythment parfaitement la narration, avec de magnifiques pleines pages que valorise parfaitement le format de l'album. Une lecture vraiment intéressante servi sur un album très réussi dont je ne peut que recommander la lecture.