Chouette surprise que ce tome de Head Lopper. Norgal dit le "Head Lopper" et sa tête tranchée vont croiser une imagerie terrible entre monstres en tout genre, fantômes, lutin et géants revenus d'entres-les-morts.
La comparaison avec Mike Mignola est évidente et on retrouve ce charme, dans une veine parallèle, qui constitue un des moteur de la cultissime série Hellboy.
Prévu en 2 tomes je pense que la lecture y gagnera en enchaînant les 2 tomes de suite.
Efficace et évident comme une tête tranchée par Norgal, fils du Minotaure !
J'ai plutôt bien aimé ce qui motive d'ailleurs mon option d'achat, sans doute à condition de trouver la chose dans une solderie pour un prix imbattable.
Bourrin dites vous, soit mais la chose est à mon sens en partie due au dessin volontairement dans un style un peu cradingue mais bougrement efficace. Je comparerais la chose à certaines planches d'Arawn parue chez Soleil. Des teintes sombres, un trait qui s'efface au profit de la création d'une ambiance très noire et qui ici retranscrit cette vision infernale de la guerre.
Alors oui il y a des gros flingues improbables, des explosions de corps et rien ne nous est épargné mais contrairement à d'autres bandes je n'ai pas senti le côté exhibitionniste de la chose. En fait tout concourt à installer un univers plus riche qu'une lecture superficielle ne pourrait le laisser paraitre.
Car en somme de quoi s'agit il sinon d'un réquisitoire violent, très violent, sur l'absurdité de la guerre, sa vacuité. Ici les héros, mais ils ne se qualifient pas ainsi, ne sont pas maitres de leurs destinées, tout juste cherchent ils à rester en vie le plus longtemps possible. Je répète qu'une lecture rapide ou même un visionnage du même acabit peut laisser penser que nous sommes face à une énième copie de "Expendables", certes ont rit moins à la lecture qu'en voyant le film mais cela reste affaire de goût et je réfute l'idée qu'aimer cette BD nous envoie illico dans le camp des bourrins.
Petit conseil jetez un œil le dessin sombre recèle quelques pépites et puis l'histoire, si l'on veut bien y faire attention, résonne à l'heure ou dans le monde quelques bruits de bottes se font entendre.
Cela fait parfois du bien de lire des bds un peu légères qui donnent dans l'humour et dans les bons sentiments. Cette bd est le pendant parfait de la série à succès Les Vieux Fourneaux de Lupano. On y retrouve exactement les mêmes ingrédients. On aura compris que ce n'est pas l'originalité qui va nous pousser à cette lecture.
Non, il y a autre chose comme le parfum des jours heureux, celui du vivre ensemble et même avec des handicapés mentaux dans une société solidaire. L'ennemi ici est le flic de quartier qui représente l'autorité froide et glaçante. Un clochard hérite d'une maison assez coquette et du tutorat d'un enfant trisomique orphelin qui se rêve d'être Youri Gagarine. On aurait préféré Neil Armstrong mais bon, on acceptera les références communistes.
C'est une bd plutôt relevée avec des dialogues recherchés. Il y a u côté frais et légèreté qui m'a bien plu. On évite également les écueils de la sensiblerie à deux balles. Comme dit, c'est une lecture agréable qui peut n'apporter que du bonheur. On va pas coucher dehors quand même.
J’ai vraiment bien aimé cet album, plutôt épais, mais qui se lit très bien – et relativement vite.
Charles Masson prend vraiment le temps de « présenter » les personnages de son album (fortement imprégné d’une réalité vécue par lui ou certains proches), de leur donner une personnalité, des goûts – fussent-ils désagréables. Ce ne sont pas que des visages !
Et cela rend d’autant plus intéressant se plaidoyer pour la tolérance et l’accueil des gens qui fuient la misère et croient voir en la France – en l’occurrence l’un de ces dominions d’outremer une sorte de paradis, pour réaliser des rêves simples : accoucher, être soigné, vivre. Masson confronte ces exilés à une réalité bien différentes de la devise ou des théoriques valeurs nationales, telles que rappelées et souvent contredites par ceux-là mêmes qui devraient l’incarner.
Alors, c’est sûr, la vision de la société « blanche » de Mayotte qu’il donne est quelque peu cynique (avec toutes les nuances du néocolonialisme et du racisme), mais hélas elle est crédible. Et l’album n’est pas si manichéen que ça.
J’ajoute que le dessin est vraiment simple et efficace, bon, facilitant la fluidité de la lecture.
La fin a failli me décevoir, avec une sorte de happy-end collectif peu en rapport avec le reste de l’album, mais l’épilogue – glaçant et d’une triste noirceur, donne franchement à réfléchir, à l’heure où des dizaines de milliers de migrants risquent leur vie pour atteindre l’un de ces havres de paix fantasmés que sont les Etats-Unis et l’Europe. La lecture de cet album devrait nourrir le débat, souvent ras des pâquerettes (que ce soit dans les médias ou au comptoir du bar du coin !).
Pour qui aime le western Eleuteri Serpieri est une référence qu'il dessine des paysages du grand ouest américain, des cow boys et plus particulièrement des indiens à qui il voue une admiration certaine, son trait est reconnaissable entre mille.
Les deux histoires qui sont racontées ici sont d'un grand classicisme, finalement tragiques mais dégagent tout de même une puissance certaine. C'est beau visuellement parfait, amateurs de westerns cet album est pour vous.
3.5
Lorsque j'ai commencé à lire Tezuka il y a une dizaine d'années il y avait une nouveauté de lui pratiquement tous les mois et maintenant il n'a droit qu'à une sortie par an. Il faut que la plupart de ses séries importantes sont déjà traduites. Ce one-shot est un bon cru et il faut savoir qu'il fait partie des trois oeuvres avec Gringo et Ludwig B que Tezuka n'a pas finies parce qu'il est mort. Les dernières pages sont des esquisses et les trois dernières pages n'ont que du dialogue.
L'histoire est une version plus moderne sur le mythe de Faust. L'auteur avait déjà fait deux adaptations sur cette histoire et cette troisième variation sur ce thème à commencer comme projet du film et faute des moyens il en a fait un manga.
Le Faust de ce récit est un vieux professeur japonais qui finit par faire un pacte avec une diablesse afin de pouvoir redevenir jeune et continuer ses recherches pour pouvoir découvrir les mystères de la vie. J'ai eu un peu de mal au début à trouver l'histoire captivante puis petit à petit j'ai mieux accroché pour finalement trouver l'histoire génial au milieu de lecture. Le récit est vraiment bien maîtrisé.
Comme souvent avec Tezuka on retrouve une dénonciation des travers de la société (corruption, militantisme extrémisme) et le personnage principal est plutôt complexe. Le problème de ce manga c'est qu'il n'a pas de fin et Tezuka n'avait commencé que la seconde partie avant de mourir. C'est pour cela que je ne conseille pas l'achat sauf si vous aimez Tezuka ou si ça ne vous dérange pas de lire une oeuvre en sachant qu'il n'y aura jamais de fin.
3.5
J'ai bien aimé ce premier tome.
Certes les thèmes abordent dans ce récit ne sont pas nouveau dans le monde des super-hero même de la fiction en général (parfois on dirait un soap opéra avec des super-hero a des visions différentes sur comment aider le monde au lieu de la famille riche qui s'entre-déchire pour le pognon), mais Millar les utilise bien.
L'histoire est passionnante à lire et les personnages sont intéressants et certains sont même attachants. Il n'y a aucun temps mort comme c'est souvent le cas avec Millar, le dessin ne m'a pas semblé trop froid comme c'est le cas avec plusieurs comics modernes et j'attends la suite avec impatience.
Pour "Les éléphants rouges" de Lucy Mazel, premier tome de la série que je viens d'acquérir et que j'ai dévoré.
Période méconnue (pour moi en tout cas) en dehors des grands évènements, j'ai pu découvrir un contexte grâce à cette fiction bien menée par Lupano. Le dessin de Lucy Mazel permet une lecture agréable et accentue la sympathie que l'on éprouve pour Victorine et sa mère dans ce contexte difficile.
Je vais lire la suite et sans doute passer cette série en coup de coeur puisqu'à priori les tomes suivants sont encore meilleurs.
On a beaucoup parlé -et à raison- de Charlie Hebdo ces derniers temps, mais il existe en France un autre journal, tout aussi dérangeant, qui est né dans les tranchées de la première guerre mondiale, ou presque. Il s'agit du Canard Enchaîné, qui paraît tous les mercredis, presque sans interruption depuis cent ans. C'est son histoire mouvementée qu'entreprend de raconter Didier Convard, de ses débuts dans un appartement au coeur de paris, jusqu'aux années 1970, avec la succession des équipes, la censure, les tensions à l'intérieur et en -dehors.
C'est très instructif sur l'air du temps du XXème siècle, puis à partir des années 70, nous avons une succession la liste des affaires -certaines complètement oubliées- qui ont secoué la Vème République. Argent, sexe, pouvoir, société, c'est une litanie sans fin, qui se termine sur les attentats contre Charlie Hebdo et à Paris en 2015.
Une histoire tourmentée, difficile, qui permet de ses remettre dans l'ambiance des financiers qui se sucrent, des politiques qui palpent, des barbouzes qui règlent les comptes... Bien sûr, il s'agit d'une sorte de florilège de l'histoire du journal d'opinion devenu journal d'investigation et polémique, mais cela donne une certaine idée d'une société gangrenée par différents fléaux.
Au dessin, Pascal Magnat, qui récidive dans le genre après L'Empire : Une histoire politique..., dont le trait satirique convient tout à fait au genre, sans s'attarder sur la ressemblance ou la véracité des décors ou des personnages.
Très intéressant.
Après deux documentaires et différents ouvrages, le scénariste Francesco Matteuzzi décide de parler d'une figure du journalisme international, la Russe Anna PolitkovskaÏa, qui travaillait pour un journal qui ne se considérait pas comme étaint d'opposition, mais plutôt du parti de la vérité, laquelle ne fait pas bon ménage avec la Russie de Poutine.
L'album ne s'intéresse qu'à quelques tranches de vie et de carrière d'Anna, qui montrent à quel point elle "gênait" : les affaires de Doubrovka, de Beslan... Les deux tentatives de meurtre sur sa personne, jusqu'à son assassinat dans des circonstances qui ne seront sans doute jamais élucidées...
Ce livre-hommage est plutôt rondement mené, très efficace pour montrer ce que pouvait être la vie de la journaliste. En bonus, un tableau retraçant sa vie, ainsi que plusieurs témoignages de personnes l'ayant rencontrée. C'est plutôt très éclairant sur la situation sociale et politique de la Russie d'aujourd'hui, même si la journaliste a été abattue il y a déjà 10 ans...
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Head Lopper
Chouette surprise que ce tome de Head Lopper. Norgal dit le "Head Lopper" et sa tête tranchée vont croiser une imagerie terrible entre monstres en tout genre, fantômes, lutin et géants revenus d'entres-les-morts. La comparaison avec Mike Mignola est évidente et on retrouve ce charme, dans une veine parallèle, qui constitue un des moteur de la cultissime série Hellboy. Prévu en 2 tomes je pense que la lecture y gagnera en enchaînant les 2 tomes de suite. Efficace et évident comme une tête tranchée par Norgal, fils du Minotaure !
Le Temps des Lumières
J'ai plutôt bien aimé ce qui motive d'ailleurs mon option d'achat, sans doute à condition de trouver la chose dans une solderie pour un prix imbattable. Bourrin dites vous, soit mais la chose est à mon sens en partie due au dessin volontairement dans un style un peu cradingue mais bougrement efficace. Je comparerais la chose à certaines planches d'Arawn parue chez Soleil. Des teintes sombres, un trait qui s'efface au profit de la création d'une ambiance très noire et qui ici retranscrit cette vision infernale de la guerre. Alors oui il y a des gros flingues improbables, des explosions de corps et rien ne nous est épargné mais contrairement à d'autres bandes je n'ai pas senti le côté exhibitionniste de la chose. En fait tout concourt à installer un univers plus riche qu'une lecture superficielle ne pourrait le laisser paraitre. Car en somme de quoi s'agit il sinon d'un réquisitoire violent, très violent, sur l'absurdité de la guerre, sa vacuité. Ici les héros, mais ils ne se qualifient pas ainsi, ne sont pas maitres de leurs destinées, tout juste cherchent ils à rester en vie le plus longtemps possible. Je répète qu'une lecture rapide ou même un visionnage du même acabit peut laisser penser que nous sommes face à une énième copie de "Expendables", certes ont rit moins à la lecture qu'en voyant le film mais cela reste affaire de goût et je réfute l'idée qu'aimer cette BD nous envoie illico dans le camp des bourrins. Petit conseil jetez un œil le dessin sombre recèle quelques pépites et puis l'histoire, si l'on veut bien y faire attention, résonne à l'heure ou dans le monde quelques bruits de bottes se font entendre.
À coucher dehors
Cela fait parfois du bien de lire des bds un peu légères qui donnent dans l'humour et dans les bons sentiments. Cette bd est le pendant parfait de la série à succès Les Vieux Fourneaux de Lupano. On y retrouve exactement les mêmes ingrédients. On aura compris que ce n'est pas l'originalité qui va nous pousser à cette lecture. Non, il y a autre chose comme le parfum des jours heureux, celui du vivre ensemble et même avec des handicapés mentaux dans une société solidaire. L'ennemi ici est le flic de quartier qui représente l'autorité froide et glaçante. Un clochard hérite d'une maison assez coquette et du tutorat d'un enfant trisomique orphelin qui se rêve d'être Youri Gagarine. On aurait préféré Neil Armstrong mais bon, on acceptera les références communistes. C'est une bd plutôt relevée avec des dialogues recherchés. Il y a u côté frais et légèreté qui m'a bien plu. On évite également les écueils de la sensiblerie à deux balles. Comme dit, c'est une lecture agréable qui peut n'apporter que du bonheur. On va pas coucher dehors quand même.
Droit du sol
J’ai vraiment bien aimé cet album, plutôt épais, mais qui se lit très bien – et relativement vite. Charles Masson prend vraiment le temps de « présenter » les personnages de son album (fortement imprégné d’une réalité vécue par lui ou certains proches), de leur donner une personnalité, des goûts – fussent-ils désagréables. Ce ne sont pas que des visages ! Et cela rend d’autant plus intéressant se plaidoyer pour la tolérance et l’accueil des gens qui fuient la misère et croient voir en la France – en l’occurrence l’un de ces dominions d’outremer une sorte de paradis, pour réaliser des rêves simples : accoucher, être soigné, vivre. Masson confronte ces exilés à une réalité bien différentes de la devise ou des théoriques valeurs nationales, telles que rappelées et souvent contredites par ceux-là mêmes qui devraient l’incarner. Alors, c’est sûr, la vision de la société « blanche » de Mayotte qu’il donne est quelque peu cynique (avec toutes les nuances du néocolonialisme et du racisme), mais hélas elle est crédible. Et l’album n’est pas si manichéen que ça. J’ajoute que le dessin est vraiment simple et efficace, bon, facilitant la fluidité de la lecture. La fin a failli me décevoir, avec une sorte de happy-end collectif peu en rapport avec le reste de l’album, mais l’épilogue – glaçant et d’une triste noirceur, donne franchement à réfléchir, à l’heure où des dizaines de milliers de migrants risquent leur vie pour atteindre l’un de ces havres de paix fantasmés que sont les Etats-Unis et l’Europe. La lecture de cet album devrait nourrir le débat, souvent ras des pâquerettes (que ce soit dans les médias ou au comptoir du bar du coin !).
La Règle du jeu
Pour qui aime le western Eleuteri Serpieri est une référence qu'il dessine des paysages du grand ouest américain, des cow boys et plus particulièrement des indiens à qui il voue une admiration certaine, son trait est reconnaissable entre mille. Les deux histoires qui sont racontées ici sont d'un grand classicisme, finalement tragiques mais dégagent tout de même une puissance certaine. C'est beau visuellement parfait, amateurs de westerns cet album est pour vous.
Néo Faust
3.5 Lorsque j'ai commencé à lire Tezuka il y a une dizaine d'années il y avait une nouveauté de lui pratiquement tous les mois et maintenant il n'a droit qu'à une sortie par an. Il faut que la plupart de ses séries importantes sont déjà traduites. Ce one-shot est un bon cru et il faut savoir qu'il fait partie des trois oeuvres avec Gringo et Ludwig B que Tezuka n'a pas finies parce qu'il est mort. Les dernières pages sont des esquisses et les trois dernières pages n'ont que du dialogue. L'histoire est une version plus moderne sur le mythe de Faust. L'auteur avait déjà fait deux adaptations sur cette histoire et cette troisième variation sur ce thème à commencer comme projet du film et faute des moyens il en a fait un manga. Le Faust de ce récit est un vieux professeur japonais qui finit par faire un pacte avec une diablesse afin de pouvoir redevenir jeune et continuer ses recherches pour pouvoir découvrir les mystères de la vie. J'ai eu un peu de mal au début à trouver l'histoire captivante puis petit à petit j'ai mieux accroché pour finalement trouver l'histoire génial au milieu de lecture. Le récit est vraiment bien maîtrisé. Comme souvent avec Tezuka on retrouve une dénonciation des travers de la société (corruption, militantisme extrémisme) et le personnage principal est plutôt complexe. Le problème de ce manga c'est qu'il n'a pas de fin et Tezuka n'avait commencé que la seconde partie avant de mourir. C'est pour cela que je ne conseille pas l'achat sauf si vous aimez Tezuka ou si ça ne vous dérange pas de lire une oeuvre en sachant qu'il n'y aura jamais de fin.
Jupiter's Legacy
3.5 J'ai bien aimé ce premier tome. Certes les thèmes abordent dans ce récit ne sont pas nouveau dans le monde des super-hero même de la fiction en général (parfois on dirait un soap opéra avec des super-hero a des visions différentes sur comment aider le monde au lieu de la famille riche qui s'entre-déchire pour le pognon), mais Millar les utilise bien. L'histoire est passionnante à lire et les personnages sont intéressants et certains sont même attachants. Il n'y a aucun temps mort comme c'est souvent le cas avec Millar, le dessin ne m'a pas semblé trop froid comme c'est le cas avec plusieurs comics modernes et j'attends la suite avec impatience.
Communardes !
Pour "Les éléphants rouges" de Lucy Mazel, premier tome de la série que je viens d'acquérir et que j'ai dévoré. Période méconnue (pour moi en tout cas) en dehors des grands évènements, j'ai pu découvrir un contexte grâce à cette fiction bien menée par Lupano. Le dessin de Lucy Mazel permet une lecture agréable et accentue la sympathie que l'on éprouve pour Victorine et sa mère dans ce contexte difficile. Je vais lire la suite et sans doute passer cette série en coup de coeur puisqu'à priori les tomes suivants sont encore meilleurs.
L'Incroyable histoire du Canard Enchaîné
On a beaucoup parlé -et à raison- de Charlie Hebdo ces derniers temps, mais il existe en France un autre journal, tout aussi dérangeant, qui est né dans les tranchées de la première guerre mondiale, ou presque. Il s'agit du Canard Enchaîné, qui paraît tous les mercredis, presque sans interruption depuis cent ans. C'est son histoire mouvementée qu'entreprend de raconter Didier Convard, de ses débuts dans un appartement au coeur de paris, jusqu'aux années 1970, avec la succession des équipes, la censure, les tensions à l'intérieur et en -dehors. C'est très instructif sur l'air du temps du XXème siècle, puis à partir des années 70, nous avons une succession la liste des affaires -certaines complètement oubliées- qui ont secoué la Vème République. Argent, sexe, pouvoir, société, c'est une litanie sans fin, qui se termine sur les attentats contre Charlie Hebdo et à Paris en 2015. Une histoire tourmentée, difficile, qui permet de ses remettre dans l'ambiance des financiers qui se sucrent, des politiques qui palpent, des barbouzes qui règlent les comptes... Bien sûr, il s'agit d'une sorte de florilège de l'histoire du journal d'opinion devenu journal d'investigation et polémique, mais cela donne une certaine idée d'une société gangrenée par différents fléaux. Au dessin, Pascal Magnat, qui récidive dans le genre après L'Empire : Une histoire politique..., dont le trait satirique convient tout à fait au genre, sans s'attarder sur la ressemblance ou la véracité des décors ou des personnages. Très intéressant.
Anna Politkovskaïa - Journaliste dissidente
Après deux documentaires et différents ouvrages, le scénariste Francesco Matteuzzi décide de parler d'une figure du journalisme international, la Russe Anna PolitkovskaÏa, qui travaillait pour un journal qui ne se considérait pas comme étaint d'opposition, mais plutôt du parti de la vérité, laquelle ne fait pas bon ménage avec la Russie de Poutine. L'album ne s'intéresse qu'à quelques tranches de vie et de carrière d'Anna, qui montrent à quel point elle "gênait" : les affaires de Doubrovka, de Beslan... Les deux tentatives de meurtre sur sa personne, jusqu'à son assassinat dans des circonstances qui ne seront sans doute jamais élucidées... Ce livre-hommage est plutôt rondement mené, très efficace pour montrer ce que pouvait être la vie de la journaliste. En bonus, un tableau retraçant sa vie, ainsi que plusieurs témoignages de personnes l'ayant rencontrée. C'est plutôt très éclairant sur la situation sociale et politique de la Russie d'aujourd'hui, même si la journaliste a été abattue il y a déjà 10 ans...