Roméo et Juliette façon Space Opéra.
Voilà finalement comment on pourrait brièvement résumer cette BD américaine que j'ai découvert relativement tard ; en gros depuis que je me suis mis à m'intéresser aux comics, cette année.
En effet l'intrigue se focalise sur deux amants appartenant respectivement à deux races dont l'hostilité réciproque a dégénérée en guerre intergalactique: les êtres cornus et les êtres ailés. Cette guerre raciale s'avère être tellement immense qu'elle oblige des peuples au départ neutres à choisir leur camp.
Dans cet étouffant climat de haine et de chaos, Alana et Marko, les deux protagonistes, conçoivent dans l'amour et la marginalité un enfant métis, une fille qu'ils prénomment Hazel. Elle va très vite bouleverser leur vie en les poussant à fuir : la nouvelle de sa naissance s'est propagée à vitesse supraluminique parmi les hautes autorités cornues et ailées; elles vont tout mettre en oeuvre pour éliminer ce qu'elles considèrent comme une famille impie et honteuse, représentant un ignoble péché par sa simple existence.
Si on voulait schématiser, l'histoire dans ces 5 premiers tomes consiste en la course-poursuite entre la famille fugitive et les différents tueurs mandatés pour les assassiner.
J'ai trouvé cette série inventive, caractérisée par une imagination puissante dont sont seuls capables les esprits tordus et créatifs tels que Brian K. Vaughan (à qui l'on doit Y, le Dernier Homme entre autres). L'intrigue, palpitante, met en scène des personnages bizarres et fascinants, souvent libidineux. Certains sont de belles trouvailles (je pense au Prince Robot IV, mais aussi au Chat-Mensonge et à bien d'autres) . Les dialogues, qui ont une tendance à la grossièreté comme c'est très régulièrement le cas avec les oeuvres de fictions US, sont souvent de très grande qualité, le zénith étant pour moi le petit conciliabule entre le Prince Robot IV et le Dr Oswald Heist, à la fin du second tome. Les répliques claquent et font mouche; c'est fluide et brillant de virtuosité.
Se servir d'un cadre futuriste et spatial pour traiter du racisme et de la haine inter-communautaire, ce n'est pas exactement nouveau : rien qu'en franco-belge on peut citer des oeuvres comme Sillage (de Morvan et Buchet) ou Aquablue (de Cailleteau et Vatine) qui s'y sont déjà essayé, cependant Vaughan et Staples font preuve de tellement de brio que l'on a aucune impression de déjà-vu, l'integration d'une dimension sentimentale et amoureuse à ce thème relativement commun fonctionne merveilleusement.
On se prend d'affection et d'empathie pour ce couple métissé perdu dans cette grande guerre de l'espace, et en proie au rejet et aux préjugés de leur monde et de leur époque.
Cette "Saga" donc, constitue ma première grande satisfaction dans mes lectures comics (le Transmetropolitan de Warren Ellis m'avait moyennement convaincu) et en tant que profane de la culture bd US, je suis heureux de découvrir autre chose que des types en slip ou en justaucorps qui sautent de gratte-ciel en gratte-ciel en se tenant à des ficelles ou qui deviennent tout vert quand ils sont pas contents.
Attention quand même au risque de baisse de régime ! le dernier tome sorti (le 5ème) m'a paru être en deça de ses 4 prédécesseurs, tant au niveau du scenario que du dessin. Fatigue ? Manque d'inspiration ? Je n'ai pas voulu sanctionner mais une note revue à la baisse se précise si cette dégradation se poursuit dans les tomes suivants...
L’histoire débute par le crash à proximité d’une communauté de singes bien hiérarchisée, d’une capsule spatiale qui héberge à son bord un singe savant. Ce singe plus malin que la moyenne va se faire passer pour le prophète afin d’asseoir son influence, manipuler cette communauté et servir ses intérêts.
Une très belle découverte qui m’a vraiment fait passer un très bon moment de lecture. Ce récit est, malgré l’épaisseur du bouquin et ses quelques 300 pages, d’une lecture très fluide et entrecoupé de moments assez savoureux.
Côté dessin, il est certain que ce n’est pas le genre de trait que je préfère mais je dois dire qu’il cadre bien avec le caractère humoristique du récit. Mention spéciale toute de même à la colorisation à l’aquarelle que je trouve personnellement très réussie et qui invite, comme le dit Arzak, à la contemplation ; on se surprend à bloquer parfois de longs moments sur certaines planches.
Un ouvrage qui allie détente et réflexion, qui pourra faire grincer les dents de certains et que je vous conseille vivement.
La très bonne idée de Nathalie Ferlut, pour cette biographie du célèbre conteur danois, est d’avoir présenté chacun des chapitres du livre à la façon d’un conte, avec des titres dans l’esprit d’Andersen (« Le Petit cordonnier qui voulait devenir danseuse », « Le Pierrot qui ne voulait pas se marier »…). Nous avons là un récit enlevé et virevoltant, mâtiné de poésie, qui reflète bien l’homme dont la vie ressemblait à un conte de fées. Né dans la pauvreté, Hans Christian Andersen, convaincu de sa bonne étoile, avait réussi malgré les obstacles à accéder au rang d’écrivain de renommée mondiale. Au fil des pages, c’est un personnage complexe qui se dessine. Au-delà du gentil pierrot lunaire et excentrique, le conteur poète avait ses zones d’ombre qu’il dérobait jalousement à la lumière. Très égocentrique, il supportait mal la critique et pouvait s’emporter facilement ou se répandre en lamentations. En ce sens, Nathalie Ferlut ne fait pas dans la mièvrerie, abordant toutes les facettes de sa personnalité, évoquant même son homosexualité latente (qui ne cessait de le tourmenter), et l’on comprend que le seul vrai amour - bien que platonique et unilatéral - de cet étrange homme-enfant fut son frère de cœur Edvard Collin.
Visuellement, c’est de la très belle ouvrage ! Les pages scintillent de mille couleurs grâce aux superbes aquarelles de Nathalie Ferlut. Celles-ci font oublier un trait parfois relâché mais dont le charme agit incontestablement dès lors qu’il se fait naïf ou onirique.
L’auteure nous convie ici à un voyage enchanté, destiné avant tout aux grands enfants, à travers la vie du célèbre Danois à l’imagination sans limites, une vie dont ce dernier entreprit d’être lui-même la fée... Tout cela fait incontestablement d’« Andersen, les Ombres d’un conteur » un des meilleurs albums de l’année.
Avis portant uniquement sur les cinq premier tomes :
Ça fait longtemps que je n'ai plus pris le temps d'apposer un avis sur une BD, mais là je me devais de le faire. Parce qu'en terme de coup de cœur, c'est un nouveau coup au cœur que je viens de me prendre.
Cette BD était dans ma liste d'attente depuis un très long moment, Lou ! est le genre de Bd dont tout le monde parle mais que je faisait attendre par peur d'être déçu. Et lorsque j'ai enfin craqué, ce fut pour une excellente raison.
Lou ! est une série attachante, drôle et sincère. C'est simple et si bon, la vie quotidienne de cette famille réduite mais ô combien charmante. J'avoue que si le premier tome était drôle et un peu convenue parfois, la qualité n'a de cesse de progresser, au point que je suis presque déçu que les tome soient si court. Il y aurait tant d'autres choses que j'aurais adoré voir dans le tome 5 (que je juge pour l'instant un cran en dessous des autres, moins denses et avec un peu moins de portée, même si le sujet m'a beaucoup touché) !
Mais pour le reste, j'ai apprécié au point de tout lire d'une traite sans prendre le temps de respirer entre (ou presque). J'en ai ris, surtout du personnage de la mère, attachante et drôle, mais tout le monde est excellent dans cette série. On se sent avec eux tout du long, jusqu'au bout.
Le hic, c'est qu'il semblerait que le tome 6 fasse un grand saut dans la série, et je ne me sens pas de le faire pour l'instant. Je veux garder toutes les qualités de cette première lecture que j'ai adoré, et tant pis si je ne lis pas immédiatement le reste. J'ai trop aimé cette lecture pour la diluer dans le reste, et j'ai déjà hâte de m'y replonger.
Lou ! c'est une série qu'on lit à tout âge, chacun y trouvant son compte, j'en suis persuadé. Le dessin est très sympathique même s'il n'est pas magnifique, et la qualité est au rendez-vous. Une valeur sur, je le confirme.
(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin)
Dans un monde post-apo, où le climat n'est que pluie et violents orages, un jeune homme, Kain, se retrouve avec une lourde tâche sur les épaules. Le peuple attend après lui, il va devoir chasser les éclairs pour rétablir un climat plus clément.
Cette mission est l'occasion de suivre un groupe de personnages, dont Kain, dans leur quête.
Ils vont rencontrer des ennemis, un peu à la manière d'un Mad Max, lors de leurs pérégrinations.
Tout un univers a été créé, avec ses dirigeants de régions et leurs guerres de pouvoir, avec ses bandes de pirates, ses clans, ses personnages atypiques hauts en couleur, ses monstres divers.
Cette histoire comporte son lot de batailles rangées, ses duels.
Le dessin n'est pas merveilleux, pas plus que les couleurs, mais l'on finit bien par s'en accommoder, faute de mieux.
Une intéressante trilogie que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire.
14,5 / 20
Très bonne série ayant pour thème de départ le harcèlement morale à l’école. Bien sûr ces chers petites têtes blondes peuvent se montrer de parfaits psychopathes, on a tous connu des têtes de turcs chacun à notre époque. Là c’est l’histoire de l’arroseur arrosé, le tortionnaire immature qui commet la gaffe de trop et qui devient à son tour bizuté. Cela parle de la culpabilité qui le ronge presque littéralement durant toute son adolescence jusqu’à ce qu’il ait l’opportunité de recoller les morceaux même si le mal ne sera jamais oublié.
Dans cette histoire qui embrasse parfois le point de vu des différents protagonistes l’auteure Oshitoki Oima est très juste dans le traitement psychologique des personnages. Les choses ne sont jamais simples, chacun essaie de vivre avec ses remords ou ses rancunes ou d’oublier, de passer à autre chose, et la quête que s’est fixé Shoya a tout l’air d’un sac de nœuds. Donc ouais, une chouette histoire, complexe (toujours aussi difficile de percer la mentalité, les us et coutumes japonais) mais à la fois très prenante, où les personnages évoluent sans cesse. Je n’ai pas lâché avant d’avoir terminé les sept tomes, et pas déçu par la fin (même s’il faut attendre la dernière planche pour le happy end de shôjo romantique qu’on espère un peu tous).
Au rang des défauts j’ai trouvé dans le tome un que le personnel enseignant était d’une incompétence assez invraisemblable. Cela discrédite presque le bouquin, je ne veux pas dire que ce genre de situation est impossible, mais il y a des trucs difficiles à gober. L’enseignant manque totalement de pédagogie, de psychologie et même de tact avec ses élèves, du coup la catastrophe paraît inévitable. Accueillir une petite fille sourde dans une classe d’élève « normaux » demande un minimum de préparation et d’explication j’imagine.
Autre défaut, j’ai trouvé que le récit tirait en longueur, cela aurait pu être raccourcis de deux ou trois tomes : bien qu’il soit le personnage principal, ou du moins le plus torturé de tous, je n’ai pas réussit à m’attacher à Shoya que je trouve pathétique, toujours lâche, toujours aussi idiot même en ayant pris un peu de recul, incapable de se détacher de cette encre qui le tire vers le fond et de se pardonner ses conneries de gamin (car c’est bien de cela qu’il s’agit au fond...). Il a un côté sado-masochiste où il se refuse à être heureux et sans s’en rendre compte il empêche les autres d’avancer eux-aussi. Peut être est-ce dû au fait que ce n’est qu’un adolescent, mais sa difficulté à mettre des mots sur ses pensées participe au rallongement de la série, tandis que s’il concevait mieux les choses il parviendrait sans doute à s’exprimer plus clairement pour vider son sac. Au lieu de cela, ça bafouille, ça fuit, ça se dégonfle encore et encore et cela devient trop long à finir.
Et je n’ai pas aimé l’apport de certains personnages comme le gros dont j’ai oublié le nom qui se montre trop envahissant en apportant une touche qui se veut humoristique mais qui m’a énervé car j’ai trouvé cela inapproprié avec l’ambiance.
Pas aimé non plus que dans le dernier tiers ça vire à la grosse baston de rue entre ces « amis », des fois on tombe vraiment dans l’exagération.
Bien aimé les graphismes même s’ils n’ont rien d’extraordinaires, l’auteure a souvent recours au recyclage de cases, la mise en scène efficace fait que cela se parcours vite et bien. Pour l’achat ou pas de la série, je laisse cela à l’appréciation de chacun mais pour moi cela fait beaucoup de pages à lire et c’est un peu le genre d’histoire que j’apprécie mais dont une seule lecture me suffit.
Un bon manga fantasy.
Les premiers chapitres sont surtout des histoires courtes humoristiques qui servent à introduire un peu ce monde et puis dès le deuxième tome ça devient plus sérieux.
J'aime bien ce manga jusqu'à présent. L'humour m'a bien fait rire, les personnages sont attachants et l'histoire est prenante. C'est rempli de rebondissements qui me donnaient envie de continuer ma lecture et j'ai ressenti de la tension lors des scènes d'action. Il y a un mystère qui est bien distillé. J'ai bien envie de lire la suite et de connaitre davantage ce monde.
Le dessin est très bien fait. L'auteur dénude ses personnages féminins souvent et elles sont très belles, mais ceux qui n'aiment pas le fan service ne vont pas trop aimer, surtout le premier tome qui est rempli de situations pour mettre la reine nue.
(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin)
Les acteurs d'Hollywood (ce qui comprend les actrices), ont des vies de stars (je ne me souviens plus s'il est fait allusion à l'époque dans la BD, mais je situerais ça dans les années 40-50, environ). Mais la célèbre compagnie de production National Pictures va encore plus loin : elle scénarise aussi la vie de tous les jours de ses vedettes en dehors des films, à l'insu de celles-ci, histoire de créer de grandes histoires d'amour hollywoodiennes, de grands drames qui vont faire affluer la foule aux films des comédiens concernés. Ces évènements forcés sont créés de toute pièce par des scénaristes rémunérés pour la tâche et contraints au secret professionnel ; un certain temps puisqu'ensuite le boss, Harry Sulpice, leur trouve une solution de repli afin qu'ils ne révèlent rien.
On suit plus particulièrement l'ascension de l'un d'eux, l'idéaliste Billy-Bob.
Ce one-shot de près de 90 planches a été un ravissement à lire. Je me suis plu à découvrir comment les choses allaient évoluer, les personnages sont intéressants et l'intrigue est loin d'être parfumée à l'eau de rose.
Le dessin est emprunt de romantisme, avec des airs disneyens pour adulte.
14 / 20
J’avoue que le début de ce récit ne m’a pas trop franchement convaincu, la faute à des philosophes grecques qui ont des dialogues assez énigmatiques. Puis, au fur et à mesure, l’enjeu se précise et cela devient véritablement passionnant.
J’avoue avoir apprécié l’originalité de ce récit qui consiste à un groupe de penseurs de façonner l’histoire sur 2000 ans. Il est vrai que cette idée pourrait apparaître comme assez saugrenue mais elle est argumentée et tout devient plausible.
Tout n’est pas parfait dans ce récit mais il mérite une lecture approfondie. On notera également un dessin réaliste avec une colorisation agréable. Le mieux est évidemment de découvrir les deux versions (A et B). On pourra évidemment penser que c’est une incitation commerciale. Mais bon, on a vu pire. Comme dit, cette oeuvre ambitieuse mérite sans doute cela car c'est totalement maîtrisée. Pour moi, c'est oui !
J’aurai pu passer à côté de cette série car de prime abord en feuilletant cette BD, si le dessin est incontestablement à mon goût, je n’ai pas du tout été séduit par la colorisation et j’allais la reposer sur sa pile et passer mon chemin quand j’ai remarqué l’édition en noir et blanc à proximité. Et là, je dois dire que j’avais l’impression de découvrir une œuvre différente. Les dessins y sont magnifiés, comme libérés de leur écrasante étreinte. Je vous conseille vivement à découvrir cette édition qui m’a convaincu à l’achat et qui d’ailleurs est bien plus qualitative que l’édition couleur.
Côté scénario, le début de cette histoire a vraiment piqué ma curiosité, c’est plutôt bien imaginé et assez dynamique mais il est difficile d’en écrire plus à ce stade, ce premier tome servant avant tout à planter les décors et à susciter l’intérêt. De ce point de vue-là c’est vraiment réussi puisque il me tarde déjà de connaitre les aventures de Travis et de découvrir ce qui est arrivé à Nikola Tesla. J’en espère donc beaucoup et espère que les autres tomes feront l’objet de tirages en noir et blanc !
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Saga
Roméo et Juliette façon Space Opéra. Voilà finalement comment on pourrait brièvement résumer cette BD américaine que j'ai découvert relativement tard ; en gros depuis que je me suis mis à m'intéresser aux comics, cette année. En effet l'intrigue se focalise sur deux amants appartenant respectivement à deux races dont l'hostilité réciproque a dégénérée en guerre intergalactique: les êtres cornus et les êtres ailés. Cette guerre raciale s'avère être tellement immense qu'elle oblige des peuples au départ neutres à choisir leur camp. Dans cet étouffant climat de haine et de chaos, Alana et Marko, les deux protagonistes, conçoivent dans l'amour et la marginalité un enfant métis, une fille qu'ils prénomment Hazel. Elle va très vite bouleverser leur vie en les poussant à fuir : la nouvelle de sa naissance s'est propagée à vitesse supraluminique parmi les hautes autorités cornues et ailées; elles vont tout mettre en oeuvre pour éliminer ce qu'elles considèrent comme une famille impie et honteuse, représentant un ignoble péché par sa simple existence. Si on voulait schématiser, l'histoire dans ces 5 premiers tomes consiste en la course-poursuite entre la famille fugitive et les différents tueurs mandatés pour les assassiner. J'ai trouvé cette série inventive, caractérisée par une imagination puissante dont sont seuls capables les esprits tordus et créatifs tels que Brian K. Vaughan (à qui l'on doit Y, le Dernier Homme entre autres). L'intrigue, palpitante, met en scène des personnages bizarres et fascinants, souvent libidineux. Certains sont de belles trouvailles (je pense au Prince Robot IV, mais aussi au Chat-Mensonge et à bien d'autres) . Les dialogues, qui ont une tendance à la grossièreté comme c'est très régulièrement le cas avec les oeuvres de fictions US, sont souvent de très grande qualité, le zénith étant pour moi le petit conciliabule entre le Prince Robot IV et le Dr Oswald Heist, à la fin du second tome. Les répliques claquent et font mouche; c'est fluide et brillant de virtuosité. Se servir d'un cadre futuriste et spatial pour traiter du racisme et de la haine inter-communautaire, ce n'est pas exactement nouveau : rien qu'en franco-belge on peut citer des oeuvres comme Sillage (de Morvan et Buchet) ou Aquablue (de Cailleteau et Vatine) qui s'y sont déjà essayé, cependant Vaughan et Staples font preuve de tellement de brio que l'on a aucune impression de déjà-vu, l'integration d'une dimension sentimentale et amoureuse à ce thème relativement commun fonctionne merveilleusement. On se prend d'affection et d'empathie pour ce couple métissé perdu dans cette grande guerre de l'espace, et en proie au rejet et aux préjugés de leur monde et de leur époque. Cette "Saga" donc, constitue ma première grande satisfaction dans mes lectures comics (le Transmetropolitan de Warren Ellis m'avait moyennement convaincu) et en tant que profane de la culture bd US, je suis heureux de découvrir autre chose que des types en slip ou en justaucorps qui sautent de gratte-ciel en gratte-ciel en se tenant à des ficelles ou qui deviennent tout vert quand ils sont pas contents. Attention quand même au risque de baisse de régime ! le dernier tome sorti (le 5ème) m'a paru être en deça de ses 4 prédécesseurs, tant au niveau du scenario que du dessin. Fatigue ? Manque d'inspiration ? Je n'ai pas voulu sanctionner mais une note revue à la baisse se précise si cette dégradation se poursuit dans les tomes suivants...
Le Crépuscule des Idiots
L’histoire débute par le crash à proximité d’une communauté de singes bien hiérarchisée, d’une capsule spatiale qui héberge à son bord un singe savant. Ce singe plus malin que la moyenne va se faire passer pour le prophète afin d’asseoir son influence, manipuler cette communauté et servir ses intérêts. Une très belle découverte qui m’a vraiment fait passer un très bon moment de lecture. Ce récit est, malgré l’épaisseur du bouquin et ses quelques 300 pages, d’une lecture très fluide et entrecoupé de moments assez savoureux. Côté dessin, il est certain que ce n’est pas le genre de trait que je préfère mais je dois dire qu’il cadre bien avec le caractère humoristique du récit. Mention spéciale toute de même à la colorisation à l’aquarelle que je trouve personnellement très réussie et qui invite, comme le dit Arzak, à la contemplation ; on se surprend à bloquer parfois de longs moments sur certaines planches. Un ouvrage qui allie détente et réflexion, qui pourra faire grincer les dents de certains et que je vous conseille vivement.
Andersen, les ombres d'un conteur
La très bonne idée de Nathalie Ferlut, pour cette biographie du célèbre conteur danois, est d’avoir présenté chacun des chapitres du livre à la façon d’un conte, avec des titres dans l’esprit d’Andersen (« Le Petit cordonnier qui voulait devenir danseuse », « Le Pierrot qui ne voulait pas se marier »…). Nous avons là un récit enlevé et virevoltant, mâtiné de poésie, qui reflète bien l’homme dont la vie ressemblait à un conte de fées. Né dans la pauvreté, Hans Christian Andersen, convaincu de sa bonne étoile, avait réussi malgré les obstacles à accéder au rang d’écrivain de renommée mondiale. Au fil des pages, c’est un personnage complexe qui se dessine. Au-delà du gentil pierrot lunaire et excentrique, le conteur poète avait ses zones d’ombre qu’il dérobait jalousement à la lumière. Très égocentrique, il supportait mal la critique et pouvait s’emporter facilement ou se répandre en lamentations. En ce sens, Nathalie Ferlut ne fait pas dans la mièvrerie, abordant toutes les facettes de sa personnalité, évoquant même son homosexualité latente (qui ne cessait de le tourmenter), et l’on comprend que le seul vrai amour - bien que platonique et unilatéral - de cet étrange homme-enfant fut son frère de cœur Edvard Collin. Visuellement, c’est de la très belle ouvrage ! Les pages scintillent de mille couleurs grâce aux superbes aquarelles de Nathalie Ferlut. Celles-ci font oublier un trait parfois relâché mais dont le charme agit incontestablement dès lors qu’il se fait naïf ou onirique. L’auteure nous convie ici à un voyage enchanté, destiné avant tout aux grands enfants, à travers la vie du célèbre Danois à l’imagination sans limites, une vie dont ce dernier entreprit d’être lui-même la fée... Tout cela fait incontestablement d’« Andersen, les Ombres d’un conteur » un des meilleurs albums de l’année.
Lou !
Avis portant uniquement sur les cinq premier tomes : Ça fait longtemps que je n'ai plus pris le temps d'apposer un avis sur une BD, mais là je me devais de le faire. Parce qu'en terme de coup de cœur, c'est un nouveau coup au cœur que je viens de me prendre. Cette BD était dans ma liste d'attente depuis un très long moment, Lou ! est le genre de Bd dont tout le monde parle mais que je faisait attendre par peur d'être déçu. Et lorsque j'ai enfin craqué, ce fut pour une excellente raison. Lou ! est une série attachante, drôle et sincère. C'est simple et si bon, la vie quotidienne de cette famille réduite mais ô combien charmante. J'avoue que si le premier tome était drôle et un peu convenue parfois, la qualité n'a de cesse de progresser, au point que je suis presque déçu que les tome soient si court. Il y aurait tant d'autres choses que j'aurais adoré voir dans le tome 5 (que je juge pour l'instant un cran en dessous des autres, moins denses et avec un peu moins de portée, même si le sujet m'a beaucoup touché) ! Mais pour le reste, j'ai apprécié au point de tout lire d'une traite sans prendre le temps de respirer entre (ou presque). J'en ai ris, surtout du personnage de la mère, attachante et drôle, mais tout le monde est excellent dans cette série. On se sent avec eux tout du long, jusqu'au bout. Le hic, c'est qu'il semblerait que le tome 6 fasse un grand saut dans la série, et je ne me sens pas de le faire pour l'instant. Je veux garder toutes les qualités de cette première lecture que j'ai adoré, et tant pis si je ne lis pas immédiatement le reste. J'ai trop aimé cette lecture pour la diluer dans le reste, et j'ai déjà hâte de m'y replonger. Lou ! c'est une série qu'on lit à tout âge, chacun y trouvant son compte, j'en suis persuadé. Le dessin est très sympathique même s'il n'est pas magnifique, et la qualité est au rendez-vous. Une valeur sur, je le confirme.
Le Chasseur d'Eclairs
(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Dans un monde post-apo, où le climat n'est que pluie et violents orages, un jeune homme, Kain, se retrouve avec une lourde tâche sur les épaules. Le peuple attend après lui, il va devoir chasser les éclairs pour rétablir un climat plus clément. Cette mission est l'occasion de suivre un groupe de personnages, dont Kain, dans leur quête. Ils vont rencontrer des ennemis, un peu à la manière d'un Mad Max, lors de leurs pérégrinations. Tout un univers a été créé, avec ses dirigeants de régions et leurs guerres de pouvoir, avec ses bandes de pirates, ses clans, ses personnages atypiques hauts en couleur, ses monstres divers. Cette histoire comporte son lot de batailles rangées, ses duels. Le dessin n'est pas merveilleux, pas plus que les couleurs, mais l'on finit bien par s'en accommoder, faute de mieux. Une intéressante trilogie que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. 14,5 / 20
A Silent voice
Très bonne série ayant pour thème de départ le harcèlement morale à l’école. Bien sûr ces chers petites têtes blondes peuvent se montrer de parfaits psychopathes, on a tous connu des têtes de turcs chacun à notre époque. Là c’est l’histoire de l’arroseur arrosé, le tortionnaire immature qui commet la gaffe de trop et qui devient à son tour bizuté. Cela parle de la culpabilité qui le ronge presque littéralement durant toute son adolescence jusqu’à ce qu’il ait l’opportunité de recoller les morceaux même si le mal ne sera jamais oublié. Dans cette histoire qui embrasse parfois le point de vu des différents protagonistes l’auteure Oshitoki Oima est très juste dans le traitement psychologique des personnages. Les choses ne sont jamais simples, chacun essaie de vivre avec ses remords ou ses rancunes ou d’oublier, de passer à autre chose, et la quête que s’est fixé Shoya a tout l’air d’un sac de nœuds. Donc ouais, une chouette histoire, complexe (toujours aussi difficile de percer la mentalité, les us et coutumes japonais) mais à la fois très prenante, où les personnages évoluent sans cesse. Je n’ai pas lâché avant d’avoir terminé les sept tomes, et pas déçu par la fin (même s’il faut attendre la dernière planche pour le happy end de shôjo romantique qu’on espère un peu tous). Au rang des défauts j’ai trouvé dans le tome un que le personnel enseignant était d’une incompétence assez invraisemblable. Cela discrédite presque le bouquin, je ne veux pas dire que ce genre de situation est impossible, mais il y a des trucs difficiles à gober. L’enseignant manque totalement de pédagogie, de psychologie et même de tact avec ses élèves, du coup la catastrophe paraît inévitable. Accueillir une petite fille sourde dans une classe d’élève « normaux » demande un minimum de préparation et d’explication j’imagine. Autre défaut, j’ai trouvé que le récit tirait en longueur, cela aurait pu être raccourcis de deux ou trois tomes : bien qu’il soit le personnage principal, ou du moins le plus torturé de tous, je n’ai pas réussit à m’attacher à Shoya que je trouve pathétique, toujours lâche, toujours aussi idiot même en ayant pris un peu de recul, incapable de se détacher de cette encre qui le tire vers le fond et de se pardonner ses conneries de gamin (car c’est bien de cela qu’il s’agit au fond...). Il a un côté sado-masochiste où il se refuse à être heureux et sans s’en rendre compte il empêche les autres d’avancer eux-aussi. Peut être est-ce dû au fait que ce n’est qu’un adolescent, mais sa difficulté à mettre des mots sur ses pensées participe au rallongement de la série, tandis que s’il concevait mieux les choses il parviendrait sans doute à s’exprimer plus clairement pour vider son sac. Au lieu de cela, ça bafouille, ça fuit, ça se dégonfle encore et encore et cela devient trop long à finir. Et je n’ai pas aimé l’apport de certains personnages comme le gros dont j’ai oublié le nom qui se montre trop envahissant en apportant une touche qui se veut humoristique mais qui m’a énervé car j’ai trouvé cela inapproprié avec l’ambiance. Pas aimé non plus que dans le dernier tiers ça vire à la grosse baston de rue entre ces « amis », des fois on tombe vraiment dans l’exagération. Bien aimé les graphismes même s’ils n’ont rien d’extraordinaires, l’auteure a souvent recours au recyclage de cases, la mise en scène efficace fait que cela se parcours vite et bien. Pour l’achat ou pas de la série, je laisse cela à l’appréciation de chacun mais pour moi cela fait beaucoup de pages à lire et c’est un peu le genre d’histoire que j’apprécie mais dont une seule lecture me suffit.
Stravaganza - La Reine au Casque de Fer
Un bon manga fantasy. Les premiers chapitres sont surtout des histoires courtes humoristiques qui servent à introduire un peu ce monde et puis dès le deuxième tome ça devient plus sérieux. J'aime bien ce manga jusqu'à présent. L'humour m'a bien fait rire, les personnages sont attachants et l'histoire est prenante. C'est rempli de rebondissements qui me donnaient envie de continuer ma lecture et j'ai ressenti de la tension lors des scènes d'action. Il y a un mystère qui est bien distillé. J'ai bien envie de lire la suite et de connaitre davantage ce monde. Le dessin est très bien fait. L'auteur dénude ses personnages féminins souvent et elles sont très belles, mais ceux qui n'aiment pas le fan service ne vont pas trop aimer, surtout le premier tome qui est rempli de situations pour mettre la reine nue.
Une vie à écrire (Hollywood Boulevard)
(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Les acteurs d'Hollywood (ce qui comprend les actrices), ont des vies de stars (je ne me souviens plus s'il est fait allusion à l'époque dans la BD, mais je situerais ça dans les années 40-50, environ). Mais la célèbre compagnie de production National Pictures va encore plus loin : elle scénarise aussi la vie de tous les jours de ses vedettes en dehors des films, à l'insu de celles-ci, histoire de créer de grandes histoires d'amour hollywoodiennes, de grands drames qui vont faire affluer la foule aux films des comédiens concernés. Ces évènements forcés sont créés de toute pièce par des scénaristes rémunérés pour la tâche et contraints au secret professionnel ; un certain temps puisqu'ensuite le boss, Harry Sulpice, leur trouve une solution de repli afin qu'ils ne révèlent rien. On suit plus particulièrement l'ascension de l'un d'eux, l'idéaliste Billy-Bob. Ce one-shot de près de 90 planches a été un ravissement à lire. Je me suis plu à découvrir comment les choses allaient évoluer, les personnages sont intéressants et l'intrigue est loin d'être parfumée à l'eau de rose. Le dessin est emprunt de romantisme, avec des airs disneyens pour adulte. 14 / 20
Dilemma (Clarke)
J’avoue que le début de ce récit ne m’a pas trop franchement convaincu, la faute à des philosophes grecques qui ont des dialogues assez énigmatiques. Puis, au fur et à mesure, l’enjeu se précise et cela devient véritablement passionnant. J’avoue avoir apprécié l’originalité de ce récit qui consiste à un groupe de penseurs de façonner l’histoire sur 2000 ans. Il est vrai que cette idée pourrait apparaître comme assez saugrenue mais elle est argumentée et tout devient plausible. Tout n’est pas parfait dans ce récit mais il mérite une lecture approfondie. On notera également un dessin réaliste avec une colorisation agréable. Le mieux est évidemment de découvrir les deux versions (A et B). On pourra évidemment penser que c’est une incitation commerciale. Mais bon, on a vu pire. Comme dit, cette oeuvre ambitieuse mérite sans doute cela car c'est totalement maîtrisée. Pour moi, c'est oui !
Les Trois Fantômes de Tesla
J’aurai pu passer à côté de cette série car de prime abord en feuilletant cette BD, si le dessin est incontestablement à mon goût, je n’ai pas du tout été séduit par la colorisation et j’allais la reposer sur sa pile et passer mon chemin quand j’ai remarqué l’édition en noir et blanc à proximité. Et là, je dois dire que j’avais l’impression de découvrir une œuvre différente. Les dessins y sont magnifiés, comme libérés de leur écrasante étreinte. Je vous conseille vivement à découvrir cette édition qui m’a convaincu à l’achat et qui d’ailleurs est bien plus qualitative que l’édition couleur. Côté scénario, le début de cette histoire a vraiment piqué ma curiosité, c’est plutôt bien imaginé et assez dynamique mais il est difficile d’en écrire plus à ce stade, ce premier tome servant avant tout à planter les décors et à susciter l’intérêt. De ce point de vue-là c’est vraiment réussi puisque il me tarde déjà de connaitre les aventures de Travis et de découvrir ce qui est arrivé à Nikola Tesla. J’en espère donc beaucoup et espère que les autres tomes feront l’objet de tirages en noir et blanc !