3.5
Je ne savais pas trop quoi m'attendre parce que Millar est un auteur qui réussi à faire des histoires que j'aime et d'autres que je n'aime pas.
J'ai trouve le premier chapitre sympathique. J'ai eu l'impression que ça ne serait qu'une simple histoire d'un loser qui va devenir quelqu'un de plus fort et méchant parce que son père était un supervilain. Puis j'ai rapidement trouvé l'histoire excellente. J'adore l'univers créé par Millar où les méchants gouvernent le monde. Plus j'en apprenais sur ce monde, plus j'aimais. Les personnages sont charismatiques et c'est dommage qu'il n'y ait pas eu de suite parce que j'aurais bien aimé voir plus ce monde. L'histoire est bien maitrisé et c'est remplis de rebondissements qui m'ont donné envie de lire jusqu'à la fin sans m'arreter.
Le dessin est correct.
J'étais impatient de découvrir cet album, d'une part parce que le personnage de Nikola Tesla me fascine, d'autre part parce que j'en avais vu des extraits sur les pages facebook des deux auteurs.
Et une fois lu, il ne déçoit pas mes attentes.Richard Marazano installe une ambiance alliant steampunk et uchronie de manière plutôt harmonieuse, entre ambiance rétro -et là encore, le cadre de New York s'y prêt magnifiquement- et ancrage historique fort. Ajoutez à cela un gamin intelligent et curieux, un voisin grincheux et secret, un flic qui essaie de comprendre ce qu'il se passe... Très intrigant.
Au dessin Guilhem Bec fait un travail remarquable, avec des influences marquées (et signalées par Eric2Vzoul), aidé en cela par les couleurs de Marazano, lesquelles concourent à des ambiances fort réussies.
Si ce n'est pas là le meilleur album de la rentrée, on n'en est pas loin.
Je ne sais pas si c'est le thème que j'aime bien car cela me tient particulièrement à coeur. Force est de constater que j'ai beaucoup apprécié ce manga qui est une libre adaptation du fameux roman de Victor Hugo à savoir Les Misérables.
Tout d'abord, les dessins sont réellement de toute beauté. Un effort particulier a été réalisé au niveau des couvertures qui sont magnifiques. L'édition est également très soignée. Que dire de plus sur la forme ? C'est très bien et c'est même splendide.
Pour ce qui est du fond, nous avons le peuple qui dans sa grande majorité souffre de la faim et de la misère parce qu'il est de basse naissance. Il suffit de naître dans la bonne famille pour vivre dans l'aisance et s'amuser. les pauvres sont de plus en plus démunis pendant que les riches accumulent plus de richesse que nécessaire. Il est vrai que cette situation qui prévalait dans la France de la fin du XVII ème siècle n'a pas fondamentalement changé. Il est vrai que la pauvreté a prit un autre visage.
Tant que l'ignorance et la misère séviront sur Terre, cette histoire resplendira et continuera à nous questionner. Qu'est ce que la liberté ? Qu'est ce que la Justice ? A travers l'histoire de Jean Valjean, on pourra avoir des réponses mais pas forcément celles qu'on attendait. Une lecture à recommander surtout pour la jeunesse qui n'a pas forcément envie de se taper l'oeuvre littéraire originale.
Blast est une oeuvre terriblement sombre et foisonnante. Elle plonge littéralement dans la psyché d'un homme dont on se demande, tout au long des quatre tomes, de quel bois il est fait. Personnellement, j'ai oscillé sans cesse entre un sentiment de compassion entre ce personnage singulier et une forme de répulsion, provoquée par la noirceur d'un parcours qui renvoie à toute la misère humaine.
Avec cette BD, Larcenet frappe fort, quoi qu'il en soit. Prolongeant le regard social et l'analyse de la condition humaine déjà présents dans ses histoires passées, il franchit avec Blast un palier supérieur. Je dirai même qu'il est passé du statut simple d'auteurs de bd, à celui de véritable romancier, même s'il reste bien ancré dans l'univers de la bande dessinée. On sent en effet, qu'il est animé du souci de fouiller dans la psychologie et l'âme de ses personnages. On sent qu'il cherche à donner à ces derniers une épaisseur et une densité qui n'est pas aussi courante que ça dans le neuvième art.
Pour autant, Larcenet n'oublie pas les arguments graphiques. Son graphisme est irréprochable. En parfaite adéquation avec son propos, il participe à donner chair aux tourments de son personnage principal. D'une noirceur impressionnante, il semble amplifier le malaise et le mal être qui collent à la peau de cet homme à la dérive.
En refermant Blast, en bouclant le dernier tome, l'histoire m'a poursuivi les jours suivants. Des "scènes" me revenaient en mémoire et continuaient à me questionner à propos du parcours et de la dérive de ce personnage à la fois monstrueux et terriblement humain. Le signe que cette BD, est une véritable oeuvre car elle continue à vivre, bien après le mot fin.
Cet été, j'en ai profité pour relire certaines des bd que je me garde de côté comme un bon vin. J'ai donc plongé à nouveau dans les aventures du Professeur Bell qui est sans doute, le héros de BD, le moins sympathique que je connaisse.
Mais malgré ça je l'aime bien celui là, comme j'ai toujours aimé Sfar pour sa capacité à produire des histoires à la fois légères en apparence mais qui portent en elles une forme de questionnement sur la nature humaine et la relation qu'elle entretient avec la mystique, le caché, le divin.
Le professeur Bell, s'inscrit parfaitement dans cette veine. L'univers dans lequel baigne la série, tout en étant bien ancré dans une réalité et une époque bien définies (le monde du 19ème siècle), reste résolument fantastique, presque onirique. Les personnages et créatures qui peuplent les aventures de Bell finissent de donner aux histoires une dimension improbable et qu'on ne peut lire qu'au deuxième degré, tant la description qu'en fait Sfar dépasse le simple cadre du réel et du cartésien.
C'est sans doute une telle réalité qui peut participer à rendre la BD difficile à suivre pour certains. Moi pas. Quand je me plonge dans ces histoires, j'ai toujours le sentiment de rêver les yeux grands ouverts. La manière dont Sfar construit son récit, le style graphique et la mise en couleur (que je trouve très réussis, même quand Tanquerelle prit le relais de Sfar au dessin), résonne en effet en moi comme un songe. Oui c'est complètement décalé, oui c'est parfois même décousu, oui, on a souvent l'impression que Sfar papillonne d'un extrême à l'autre mais loin de me gêner, ça participe à entretenir chez moi, l'impression de voyager ailleurs.
C'est pour cela que j'aime me replonger si souvent dans les productions de cet auteur vraiment à part.
Quelle dame ! Bon sang ! Quel parcours ! Que de rencontres ! Quelle grandeur d’âme !
C’est vraiment mon cri du cœur après la lecture de cette biographie. Je ne connaissais pas grand-chose de Joséphine Baker. Grâce à cet album, j’ai rencontré un personnage hors du commun. Avec un tel phénomène, les auteurs tenaient un sujet en or. Mais encore fallait-il éviter les traditionnels pièges de la biographie pour rendre ce récit passionnant.
Et, tout comme sur Kiki de Montparnasse, ils relèvent le gant avec talent, humour et humanité. Pourtant, l’album se présente comme une biographie traditionnelle et l’on suit dans un ordre résolument chronologique les différentes étapes de la vie de Joséphine Baker. Mais tout cela nous est raconté avec un tel naturel, une telle simplicité que l’on se croirait face à une gentille fiction plutôt que devant un récit historique. Et alors que, sur l’ensemble de sa carrière, Joséphine Baker va croiser un nombre incroyable de célébrités, ce qui aurait pu ressembler à une énumération fastidieuse de noms connus se transforme en une ronde étourdissante de rencontres étonnantes. J’en suis sorti grisé, légèrement étourdi pour tout dire ! Comment peut-on rencontrer autant de personnes dans une seule vie ? Comment peut-on accomplir autant de choses avec des journées de 24 heures ? Cette accumulation d’événements et de rencontres ont quelque chose d’enivrant dont je me suis repu.
La structure du récit, en chapitres plus ou moins courts, procure un sentiment de manque qui pousse a toujours lire un chapitre de plus avant de faire une pause. Résultat : alors que l’album est copieux, il se lit en peu de temps, tant il est difficile de l’abandonner en cours de route.
Le dessin, en noir et blanc, est très expressif et confère une ambiance joyeuse, enjouée même si certains passages ne prêtent pas vraiment à rire. Mais là encore, le trait se fait alors plus sombre sans perdre de son expressivité. Ce style, pas très rigoureux diront certains, convient parfaitement à mes yeux pour illustrer ce type de biographie plus centrée sur l’âme des personnages que sur la nature de la pierre qui couvrait tel bâtiment (ce qui ne nous empêchera pas de reconnaître les lieux traversés, mais en conservant l’idée que l’essentiel ici, ce sont les personnages).
Le copieux dossier en fin d’album permet de revenir plus en détail sur les faits marquants de la vie de Joséphine Baker mais aussi et surtout sur les différentes personnalités (de Luis Bunuel à Georges Simenon en passant par Grace Kelly, Le Corbusier, Jean-Claude Brialy ou Colette).
Seul petit reproche que l’on pourrait faire : les auteurs évitent toute polémique vis-à-vis de leur personnage, ne retenant que les côtés positifs de Joséphine Baker et occultant certains aspects moins reluisants de sa personnalité. Cet album doit donc plus être vu comme un hommage à la grande dame que comme une biographie rigoureusement complète.
Deux tomes sont parus sur les trois que comprendra cette série et ils confirment qu'elle contient tous les ingrédients d'une très bonne histoire.
C'est un récit à base de fantastique, de super pouvoirs et d'expériences para-militaires. Et peut-être aussi d'un conflit millénaire entre des membres d'un peuple qui semble s'apparenter aux Olympiens même si cette part là reste encore totalement mystérieuse pour le moment.
Nous sommes mis en présence d'une jeune adolescente amnésique, recueillie ou peut-être emprisonnée par un vieux barbu qui vit au fond d'une forêt. Tandis qu'elle lutte pour retrouver ses souvenirs, elle se découvre des pouvoirs de télékinésie et entend des voies lui parler dans la tête.
Qui est-elle ? D'où viennent ses pouvoirs ? Qui sont les autres jeunes qui semblent dotés de pouvoirs similaires ? Pourquoi est-elle amnésique ? Quelle est son lien avec le gros barbu ? Qui sont ces personnages qu'on imagine immortels ?
Après un premier tome qui se contentait de poser les questions et distiller de rares indices sans y répondre, le deuxième nous en apprend beaucoup. Et arrivé à sa fin, tout est en place pour voir l'action commencer pour de bon.
Le dessin est d'excellente facture. Moderne dans son trait et dans sa colorisation, il attire l’œil dès la couverture et garantit une excellente narration, assez cinématographique et un peu à l'américaine.
L'histoire est prenante et intrigante. Malgré quelques légers clichés, il y a tous les ingrédients d'un excellent scénario qui ne demande qu'à prendre son envol et montrer son envergure.
J'espère que la conclusion sera à la hauteur de l'attente engendrée car cela peut être du tout bon.
Voilà une histoire qui nous emmène à la fois dans le monde de la marine à voile, des chercheurs de trésor, et de l'exploration du nouveau monde. Le tout vu par les yeux du héros qui est un enfant. Il y a du RL Stevenson là dedans ! Les dessins sont magnifiques, chaque case a la qualité d'une aquarelle.
N'allez pas chercher dans Sex story un récit érotique, pornographique ou même coquin. Ce livre est un pur documentaire, parlant à des adultes de sujets adultes à la fois sans tabou mais également sans rien de malsain. Et c'est non seulement très intéressant mais également très drôle.
J'ai envie de rapprocher cet album d'Economix, excellent ouvrage du même éditeur qui permettait de découvrir de l'antiquité à nos jours toute l'évolution de l'économie et de sa science. Philippe Brenot est psychiatre, anthropologue, sexologue et auteur de nombreux ouvrages sur la sexualité. Comme Michael Goodwin pour Economix, il connait très bien son sujet. Et avec Sex story, c'est une entrée réussie dans le domaine de la bande dessinée. Car il a su parfaitement vulgariser sans rendre vulgaire.
Laetitia Coryn se charge du dessin et je l'ai trouvé délicieux. Tout en restant simple et fluide à la lecture, elle offre des personnages très expressifs et très vivants. Son style introduit une grosse dose d'humour qui permet d'excellente manière l'assimilation du côté documentaire du texte. Même si son dessin est sans ambiguïté sur les scènes représentées, ce n'est jamais graveleux ni sordide. L'association du texte et du dessin reste en permanence légère et malgré la densité de l'album on ne s'y ennuie pas.
Cela parle de sexe oui mais aussi très largement de la société humaine dans son ensemble puisque c'est elle qui motivera les mœurs de ses membres. On assistera ainsi à l'évolution de celles-ci de la préhistoire à nos jours et on constatera combien l'opinion des humains sur la chose sexuelle a évolué au fil du temps, oscillant en permanence entre liberté et répression, avec en quasi permanence cependant une domination de l'homme sur la femme.
On peut éventuellement reprocher à l'ouvrage d'avoir une vision occidentale de la chose puisque le récit suit le cours européen de l'Histoire avec le parcours classique Mésopotamie-Egypte-Grèce-Rome puis Europe de l'Ouest sans aborder ou presque les mœurs en Asie, en Afrique Noire ou ailleurs. Mais même en se contentant de cette vision là du monde, il y a déjà énormément à raconter et à apprendre.
L'humour distillé au fil des cases m'a beaucoup plu et j'ai franchement ri bien des fois. Le rire se fait un peu plus rare au fil du temps car les explications documentaires deviennent plus complexes politiques mais les auteurs s'efforcent tout de même de rester toujours légers et d'essayer d'amener le sourire aussi souvent que possible.
Une lecture que je recommande chaudement, drôle et instructive, et qui ne choquera que les plus puritains d'entre nous. Comme Freud, ce coincé du cul ! :)
Comme Gaston, j'ai apprécié ce manga.
Même si l'histoire n'est pas crédible et semble être un tutti-frutti de clichés classiques, l'humour est présent, sans être trop lourd. L'histoire avance progressivement.
Il y a ci et là quelques petites culottes et autres contre-plongées, mais dans un shonen, c'est presque une obligation.
C'est bien dessiné, pas bâclé, avec souvent de beaux décors. Les personnages sont bien distingués, attachants, même s'ils sont assez typés. C'est très lisible. Il n'y a pas 36 griffonnages pour indiquer une scène d'action, on voit qui fait quoi. Bref, du bel ouvrage.
La fin est abrupte (mais ça passe), suite au système de vote utilisé dans les périodiques au Japon qui a rétrogradé cette série pourtant au dessus du lot (pas assez de sang, d'alien en furie, de vulgarité ?). Dommage, l'auteur aurait pu ajouter quelques volumes et finir cette série dignement.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Wanted (J.G. Jones)
3.5 Je ne savais pas trop quoi m'attendre parce que Millar est un auteur qui réussi à faire des histoires que j'aime et d'autres que je n'aime pas. J'ai trouve le premier chapitre sympathique. J'ai eu l'impression que ça ne serait qu'une simple histoire d'un loser qui va devenir quelqu'un de plus fort et méchant parce que son père était un supervilain. Puis j'ai rapidement trouvé l'histoire excellente. J'adore l'univers créé par Millar où les méchants gouvernent le monde. Plus j'en apprenais sur ce monde, plus j'aimais. Les personnages sont charismatiques et c'est dommage qu'il n'y ait pas eu de suite parce que j'aurais bien aimé voir plus ce monde. L'histoire est bien maitrisé et c'est remplis de rebondissements qui m'ont donné envie de lire jusqu'à la fin sans m'arreter. Le dessin est correct.
Les Trois Fantômes de Tesla
J'étais impatient de découvrir cet album, d'une part parce que le personnage de Nikola Tesla me fascine, d'autre part parce que j'en avais vu des extraits sur les pages facebook des deux auteurs. Et une fois lu, il ne déçoit pas mes attentes.Richard Marazano installe une ambiance alliant steampunk et uchronie de manière plutôt harmonieuse, entre ambiance rétro -et là encore, le cadre de New York s'y prêt magnifiquement- et ancrage historique fort. Ajoutez à cela un gamin intelligent et curieux, un voisin grincheux et secret, un flic qui essaie de comprendre ce qu'il se passe... Très intrigant. Au dessin Guilhem Bec fait un travail remarquable, avec des influences marquées (et signalées par Eric2Vzoul), aidé en cela par les couleurs de Marazano, lesquelles concourent à des ambiances fort réussies. Si ce n'est pas là le meilleur album de la rentrée, on n'en est pas loin.
Les Misérables (Kurokawa)
Je ne sais pas si c'est le thème que j'aime bien car cela me tient particulièrement à coeur. Force est de constater que j'ai beaucoup apprécié ce manga qui est une libre adaptation du fameux roman de Victor Hugo à savoir Les Misérables. Tout d'abord, les dessins sont réellement de toute beauté. Un effort particulier a été réalisé au niveau des couvertures qui sont magnifiques. L'édition est également très soignée. Que dire de plus sur la forme ? C'est très bien et c'est même splendide. Pour ce qui est du fond, nous avons le peuple qui dans sa grande majorité souffre de la faim et de la misère parce qu'il est de basse naissance. Il suffit de naître dans la bonne famille pour vivre dans l'aisance et s'amuser. les pauvres sont de plus en plus démunis pendant que les riches accumulent plus de richesse que nécessaire. Il est vrai que cette situation qui prévalait dans la France de la fin du XVII ème siècle n'a pas fondamentalement changé. Il est vrai que la pauvreté a prit un autre visage. Tant que l'ignorance et la misère séviront sur Terre, cette histoire resplendira et continuera à nous questionner. Qu'est ce que la liberté ? Qu'est ce que la Justice ? A travers l'histoire de Jean Valjean, on pourra avoir des réponses mais pas forcément celles qu'on attendait. Une lecture à recommander surtout pour la jeunesse qui n'a pas forcément envie de se taper l'oeuvre littéraire originale.
Blast
Blast est une oeuvre terriblement sombre et foisonnante. Elle plonge littéralement dans la psyché d'un homme dont on se demande, tout au long des quatre tomes, de quel bois il est fait. Personnellement, j'ai oscillé sans cesse entre un sentiment de compassion entre ce personnage singulier et une forme de répulsion, provoquée par la noirceur d'un parcours qui renvoie à toute la misère humaine. Avec cette BD, Larcenet frappe fort, quoi qu'il en soit. Prolongeant le regard social et l'analyse de la condition humaine déjà présents dans ses histoires passées, il franchit avec Blast un palier supérieur. Je dirai même qu'il est passé du statut simple d'auteurs de bd, à celui de véritable romancier, même s'il reste bien ancré dans l'univers de la bande dessinée. On sent en effet, qu'il est animé du souci de fouiller dans la psychologie et l'âme de ses personnages. On sent qu'il cherche à donner à ces derniers une épaisseur et une densité qui n'est pas aussi courante que ça dans le neuvième art. Pour autant, Larcenet n'oublie pas les arguments graphiques. Son graphisme est irréprochable. En parfaite adéquation avec son propos, il participe à donner chair aux tourments de son personnage principal. D'une noirceur impressionnante, il semble amplifier le malaise et le mal être qui collent à la peau de cet homme à la dérive. En refermant Blast, en bouclant le dernier tome, l'histoire m'a poursuivi les jours suivants. Des "scènes" me revenaient en mémoire et continuaient à me questionner à propos du parcours et de la dérive de ce personnage à la fois monstrueux et terriblement humain. Le signe que cette BD, est une véritable oeuvre car elle continue à vivre, bien après le mot fin.
Professeur Bell
Cet été, j'en ai profité pour relire certaines des bd que je me garde de côté comme un bon vin. J'ai donc plongé à nouveau dans les aventures du Professeur Bell qui est sans doute, le héros de BD, le moins sympathique que je connaisse. Mais malgré ça je l'aime bien celui là, comme j'ai toujours aimé Sfar pour sa capacité à produire des histoires à la fois légères en apparence mais qui portent en elles une forme de questionnement sur la nature humaine et la relation qu'elle entretient avec la mystique, le caché, le divin. Le professeur Bell, s'inscrit parfaitement dans cette veine. L'univers dans lequel baigne la série, tout en étant bien ancré dans une réalité et une époque bien définies (le monde du 19ème siècle), reste résolument fantastique, presque onirique. Les personnages et créatures qui peuplent les aventures de Bell finissent de donner aux histoires une dimension improbable et qu'on ne peut lire qu'au deuxième degré, tant la description qu'en fait Sfar dépasse le simple cadre du réel et du cartésien. C'est sans doute une telle réalité qui peut participer à rendre la BD difficile à suivre pour certains. Moi pas. Quand je me plonge dans ces histoires, j'ai toujours le sentiment de rêver les yeux grands ouverts. La manière dont Sfar construit son récit, le style graphique et la mise en couleur (que je trouve très réussis, même quand Tanquerelle prit le relais de Sfar au dessin), résonne en effet en moi comme un songe. Oui c'est complètement décalé, oui c'est parfois même décousu, oui, on a souvent l'impression que Sfar papillonne d'un extrême à l'autre mais loin de me gêner, ça participe à entretenir chez moi, l'impression de voyager ailleurs. C'est pour cela que j'aime me replonger si souvent dans les productions de cet auteur vraiment à part.
Joséphine Baker
Quelle dame ! Bon sang ! Quel parcours ! Que de rencontres ! Quelle grandeur d’âme ! C’est vraiment mon cri du cœur après la lecture de cette biographie. Je ne connaissais pas grand-chose de Joséphine Baker. Grâce à cet album, j’ai rencontré un personnage hors du commun. Avec un tel phénomène, les auteurs tenaient un sujet en or. Mais encore fallait-il éviter les traditionnels pièges de la biographie pour rendre ce récit passionnant. Et, tout comme sur Kiki de Montparnasse, ils relèvent le gant avec talent, humour et humanité. Pourtant, l’album se présente comme une biographie traditionnelle et l’on suit dans un ordre résolument chronologique les différentes étapes de la vie de Joséphine Baker. Mais tout cela nous est raconté avec un tel naturel, une telle simplicité que l’on se croirait face à une gentille fiction plutôt que devant un récit historique. Et alors que, sur l’ensemble de sa carrière, Joséphine Baker va croiser un nombre incroyable de célébrités, ce qui aurait pu ressembler à une énumération fastidieuse de noms connus se transforme en une ronde étourdissante de rencontres étonnantes. J’en suis sorti grisé, légèrement étourdi pour tout dire ! Comment peut-on rencontrer autant de personnes dans une seule vie ? Comment peut-on accomplir autant de choses avec des journées de 24 heures ? Cette accumulation d’événements et de rencontres ont quelque chose d’enivrant dont je me suis repu. La structure du récit, en chapitres plus ou moins courts, procure un sentiment de manque qui pousse a toujours lire un chapitre de plus avant de faire une pause. Résultat : alors que l’album est copieux, il se lit en peu de temps, tant il est difficile de l’abandonner en cours de route. Le dessin, en noir et blanc, est très expressif et confère une ambiance joyeuse, enjouée même si certains passages ne prêtent pas vraiment à rire. Mais là encore, le trait se fait alors plus sombre sans perdre de son expressivité. Ce style, pas très rigoureux diront certains, convient parfaitement à mes yeux pour illustrer ce type de biographie plus centrée sur l’âme des personnages que sur la nature de la pierre qui couvrait tel bâtiment (ce qui ne nous empêchera pas de reconnaître les lieux traversés, mais en conservant l’idée que l’essentiel ici, ce sont les personnages). Le copieux dossier en fin d’album permet de revenir plus en détail sur les faits marquants de la vie de Joséphine Baker mais aussi et surtout sur les différentes personnalités (de Luis Bunuel à Georges Simenon en passant par Grace Kelly, Le Corbusier, Jean-Claude Brialy ou Colette). Seul petit reproche que l’on pourrait faire : les auteurs évitent toute polémique vis-à-vis de leur personnage, ne retenant que les côtés positifs de Joséphine Baker et occultant certains aspects moins reluisants de sa personnalité. Cet album doit donc plus être vu comme un hommage à la grande dame que comme une biographie rigoureusement complète.
Harmony
Deux tomes sont parus sur les trois que comprendra cette série et ils confirment qu'elle contient tous les ingrédients d'une très bonne histoire. C'est un récit à base de fantastique, de super pouvoirs et d'expériences para-militaires. Et peut-être aussi d'un conflit millénaire entre des membres d'un peuple qui semble s'apparenter aux Olympiens même si cette part là reste encore totalement mystérieuse pour le moment. Nous sommes mis en présence d'une jeune adolescente amnésique, recueillie ou peut-être emprisonnée par un vieux barbu qui vit au fond d'une forêt. Tandis qu'elle lutte pour retrouver ses souvenirs, elle se découvre des pouvoirs de télékinésie et entend des voies lui parler dans la tête. Qui est-elle ? D'où viennent ses pouvoirs ? Qui sont les autres jeunes qui semblent dotés de pouvoirs similaires ? Pourquoi est-elle amnésique ? Quelle est son lien avec le gros barbu ? Qui sont ces personnages qu'on imagine immortels ? Après un premier tome qui se contentait de poser les questions et distiller de rares indices sans y répondre, le deuxième nous en apprend beaucoup. Et arrivé à sa fin, tout est en place pour voir l'action commencer pour de bon. Le dessin est d'excellente facture. Moderne dans son trait et dans sa colorisation, il attire l’œil dès la couverture et garantit une excellente narration, assez cinématographique et un peu à l'américaine. L'histoire est prenante et intrigante. Malgré quelques légers clichés, il y a tous les ingrédients d'un excellent scénario qui ne demande qu'à prendre son envol et montrer son envergure. J'espère que la conclusion sera à la hauteur de l'attente engendrée car cela peut être du tout bon.
Canoë Bay
Voilà une histoire qui nous emmène à la fois dans le monde de la marine à voile, des chercheurs de trésor, et de l'exploration du nouveau monde. Le tout vu par les yeux du héros qui est un enfant. Il y a du RL Stevenson là dedans ! Les dessins sont magnifiques, chaque case a la qualité d'une aquarelle.
L'incroyable Histoire du sexe (Sex story)
N'allez pas chercher dans Sex story un récit érotique, pornographique ou même coquin. Ce livre est un pur documentaire, parlant à des adultes de sujets adultes à la fois sans tabou mais également sans rien de malsain. Et c'est non seulement très intéressant mais également très drôle. J'ai envie de rapprocher cet album d'Economix, excellent ouvrage du même éditeur qui permettait de découvrir de l'antiquité à nos jours toute l'évolution de l'économie et de sa science. Philippe Brenot est psychiatre, anthropologue, sexologue et auteur de nombreux ouvrages sur la sexualité. Comme Michael Goodwin pour Economix, il connait très bien son sujet. Et avec Sex story, c'est une entrée réussie dans le domaine de la bande dessinée. Car il a su parfaitement vulgariser sans rendre vulgaire. Laetitia Coryn se charge du dessin et je l'ai trouvé délicieux. Tout en restant simple et fluide à la lecture, elle offre des personnages très expressifs et très vivants. Son style introduit une grosse dose d'humour qui permet d'excellente manière l'assimilation du côté documentaire du texte. Même si son dessin est sans ambiguïté sur les scènes représentées, ce n'est jamais graveleux ni sordide. L'association du texte et du dessin reste en permanence légère et malgré la densité de l'album on ne s'y ennuie pas. Cela parle de sexe oui mais aussi très largement de la société humaine dans son ensemble puisque c'est elle qui motivera les mœurs de ses membres. On assistera ainsi à l'évolution de celles-ci de la préhistoire à nos jours et on constatera combien l'opinion des humains sur la chose sexuelle a évolué au fil du temps, oscillant en permanence entre liberté et répression, avec en quasi permanence cependant une domination de l'homme sur la femme. On peut éventuellement reprocher à l'ouvrage d'avoir une vision occidentale de la chose puisque le récit suit le cours européen de l'Histoire avec le parcours classique Mésopotamie-Egypte-Grèce-Rome puis Europe de l'Ouest sans aborder ou presque les mœurs en Asie, en Afrique Noire ou ailleurs. Mais même en se contentant de cette vision là du monde, il y a déjà énormément à raconter et à apprendre. L'humour distillé au fil des cases m'a beaucoup plu et j'ai franchement ri bien des fois. Le rire se fait un peu plus rare au fil du temps car les explications documentaires deviennent plus complexes politiques mais les auteurs s'efforcent tout de même de rester toujours légers et d'essayer d'amener le sourire aussi souvent que possible. Une lecture que je recommande chaudement, drôle et instructive, et qui ne choquera que les plus puritains d'entre nous. Comme Freud, ce coincé du cul ! :)
Mx Zero
Comme Gaston, j'ai apprécié ce manga. Même si l'histoire n'est pas crédible et semble être un tutti-frutti de clichés classiques, l'humour est présent, sans être trop lourd. L'histoire avance progressivement. Il y a ci et là quelques petites culottes et autres contre-plongées, mais dans un shonen, c'est presque une obligation. C'est bien dessiné, pas bâclé, avec souvent de beaux décors. Les personnages sont bien distingués, attachants, même s'ils sont assez typés. C'est très lisible. Il n'y a pas 36 griffonnages pour indiquer une scène d'action, on voit qui fait quoi. Bref, du bel ouvrage. La fin est abrupte (mais ça passe), suite au système de vote utilisé dans les périodiques au Japon qui a rétrogradé cette série pourtant au dessus du lot (pas assez de sang, d'alien en furie, de vulgarité ?). Dommage, l'auteur aurait pu ajouter quelques volumes et finir cette série dignement.