Un autre documentaire du duo Loyer-Bétaucourt qui se passe dans le nord de la France !
Bon, le thème est un peu plus universel: les répercutions qu'ont eu l'arrivée des grandes surfaces sur les petits commerçants. Le résumé dit que les auteurs essaient d'être neutres, mais j'ai quand même eu l'impression que c'était orienté contre les hypermarchés. J'ai rien contre le fait qu'on montre les effets néfastes de ce type d'entreprise, mais là j'ai eu l'impression que les auteurs mettaient toute la faute de la montée de l'extrême-droite sur ce type de magasin ce qui m'a semblé quand même un peu gros.
Je concède que les auteurs montrent aussi que tout n'est pas négatif avec les hypermarchés et que ce n'est pas totalement leur faute si les petits commerces ont peiné (la scène où le type explique que les commerçants se sont tirés dans le pied parce qu'ils étaient trop individualistes pour faire front commun est triste). Il y a un mélange de documentaire et de fiction avec des scènes se passant dans les années 70 montrant des gens qui sont contents d'avoir un hypermarché. J'avoue que j'ai moins aimé la partie fiction, mais je comprends que les auteurs voulaient montrer l'effet que ses magasins ont eu sur les consommateurs lorsqu'ils sont apparus.
Au final, un documentaire pas mal, mais pas indispensable. Le dessin est correct.
BD concept autour d'une idée oulipienne aussi amusante que contraignante (une narration en miroir), parvenant à ce que le formalisme de l'idée ne nuise pas trop sévèrement à l'intérêt narratif propre à la fiction. Habilement, c'est via la comédie et un jeu de comparaison que s'organisent ces pérégrinations de nos gentils vacanciers. L'humour immédiatement accessible et joliment désuet est honorablement mis en valeur par un dessin "ligne claire" et la bichromie des couleurs.
Rocambolesque, désuet, charmant, volontiers irrévérencieux ; pourquoi se priver ?
Retour sur le mouvement social des gilets jaunes, à travers le regard d'une apprentie dessinatrice-journaliste.
L'idée forte de cette BD est de poser un regard sur le mouvement depuis un personnage extérieur (une néo-parisienne branchée mais encore sans le sou) et de montrer comment son regard évolue à mesure qu'elle surmonte ses préjugés/clichés pour les confronter à la réalité du terrain et des individus impliqués marqués par la vie. Facilité scénaristique : s'y ajoute une trajectoire personnelle de l'héroïne refoulant une enfance au sein d'un milieu rural forcément désenchanté et honteusement sous-diplômé. Le récit prend joliment le temps d'évoquer la multiplicité des revendications et la dichotomie des profils, ne cachant ni les relents racistes des uns ni la beauté de quelques perdants magnifiques rencontrés.
La BD insiste sur le mépris de classe, certes de manière pataude sinon lourde, mais ne prend regrettablement pas le temps de montrer combien et pourquoi il biaise perfidement l'interprétation des événements. La fin insiste aussi de manière excessive sur cette obligation de choisir son camp, sans malheureusement parvenir à ce que ce tragique convié ne révèle hyperboliquement une beauté des sentiments et des opinions au point d'éclabousser merveilleusement le lecteur.
Une BD joliment dessinée, plutôt habile scénaristiquement, n'ayant certes pas l'ampleur volontiers espérée, mais qui parvient à esquisser la complexité d'un mouvement social révélateur du désenchantement démocratique de nos sociétés libérales contemporaines.
J'ai lu plusieurs fois "Polina", tout d'abord à sa sortie où elle m'a franchement barbé, puis quelques temps plus tard, pour confirmer cette idée, et finalement me rendre compte que j'appréciais plutôt l'œuvre. Et enfin récemment par envie, pour me rendre compte que j'étais plus mitigé.
Ce qui m'a rebuté à la première lecture et surtout à la seconde, c'est le dessin. Alors que j'apprécie le trait de Vivès, j'ai trouvé celui de cette BD trop marqué, notamment dans les contours des premières planches qui me semblent trop épais. Ca s'affine au fur et à mesure de la lecture mais je pense que cette première impression est ce qui m'a rebuté la première fois.
Pour le reste, j'ai suivi l'histoire avec plaisir même si la danse présentée ainsi ne m'attire pas particulièrement. C'est une histoire de vie sur la danse, la découverte du métier au fur et à mesure, découverte de la difficulté, des différentes danses, l'affirmation de caractère mais aussi la vie personnelle. Bastien Vives pose un portait de personnage sympathique à suivre, sans qu'on ne sache jamais exactement ce que Polina pense. Mais c'est encore une fois dans les silences et le mouvement qu'il construit son histoire. Histoire simple et ordinaire, qui se finit sur une très belle image qui personnellement m'a marquée.
Mais je suis aussi conscient que le déroulé parait parfois factice, notamment dans la gestion du temps qui étire volontairement les scènes pour accélérer parfois entre celles-ci. Sauf que je note que cette gestion fait parfois plus chaotique que maitrisée et à la relecture j'ai trouvé que le rythme était bancal. C'est lisible mais un peu trop mal maitrisé à mon gout. C'est surtout ça et le dessin d'ouverture qui me fait baisser ma note, mais globalement j'ai trouvé que c'était sympathique.
Le concept de départ est intéressant et permet d'imaginer toutes sortes de scénarii.
Calvin est un gamin espiègle qui aime inventer des histoires abracadabrantesques qu'il vit avec son doudou (prenant alors vie dans son esprit).
C'est drôle, bien fait et assez rafraichissant sur le thème...mais alors, pourquoi cette note de 3/5 seulement?
Tout simplement parce que je trouve que ça tourne assez rapidement en rond.
Pas de nouveaux personnages ou lieux (du moins dans les tomes que j'ai lu), et du coup l'auteur doit aller chercher de plus en plus loin ce qui rend le tout moins amusant.
Bref, dans le genre "comic strips" je préfère largement Mafalda.
Il est très rare qu’une adaptation parvienne à égaler l’œuvre originale dans mon appréciation personnelle. Et c’est encore plus vrai lorsque l’œuvre originale m’a marqué. Et La neige en deuil figure parmi ces romans dont la lecture m’avait été imposée durant mes années d’étude mais dont le souvenir me reste tout de même gravé de manière positive. Oui, j’avais beaucoup aimé cette étude de deux caractères opposés et cette description de la montagne et de ses dangers. La fin, sombre à souhait, est de celles que l’on n’oublie pas !
Dominique Monféry nous en livre donc sa version. Si les grandes lignes du récit sont respectées, si toutes les étapes essentielles sont bien présentes, j’ai tout de même trouvé que tout allait trop vite dans cet album. Je n’ai pas eu le temps de comprendre les personnages, de m’attacher au juste et simple Isaïe ou d’en vouloir profondément à Marcellin pour sa paresse malgré son désir d’émancipation. Là où je gardais le souvenir de personnages plus complexes qu’ils n’y paraissait de prime abord, j’ai trouvé dans cette bande dessinée que les deux étaient très manichéens.
Au niveau du dessin, Dominique Monféry nous propose des planches soignées, très travaillées mais auxquelles je reproche régulièrement un manque de précision au niveau des personnages et de leurs expressions. Attention ! C’est du beau travail et l’artiste a une patte personnelle… mais ce n’est pas le genre de dessin qui m’emporte à 100% dans l’histoire. Je dois parfois décoder ce dessin et ça m’énerve ! Que ressent le personnage dessiné ? Est-il indifférent ou furieux ? C'est parfois difficile à évaluer. Par contre, les décors sont régulièrement très beaux et certaines planches d’ambiance valent vraiment le coup d’œil.
Bon voilà, un peu déçu pour le coup même si l’auteur s’est vraiment appliqué. Si vous ne connaissez pas l’histoire, c’est peut-être une bonne occasion de la découvrir mais pour moi cette adaptation n’arrive pas au niveau de l’original.
Ce diptyque se lit facilement et rapidement. Il revient sur la trajectoire de deux jeunes Français qui, par stupidité, par orgueil bien plus que par conviction religieuse, vont s’engager aux côtés des combattants d’Al-Qaïda. L’auteur s’appuie directement sur les propos des deux acteurs principaux, qu’il rencontre à diverses occasions, ainsi que sur les témoignages d’un membre du renseignement américain.
Le récit est édifiant, tant en ce qui concerne les motivations profondes de Nizar Sassi et Mourad Benchelalli (et auxquelles je continue à ne pas comprendre grand-chose) que concernant les diverses épreuves qu’ils vont traverser.
J’ai ainsi eu l’impression qu’ils partaient en Afghanistan la fleur au fusil avec le sentiment qu’ils allaient surtout s’amuser et sont tombés des nues lorsqu’ils ont réalisé qu’ils arrivaient dans un camp d’entrainement pour djihadistes, en compagnie d’idéalistes prêts aux pires extrémités, quitte à mener des attentats suicides.
Idem lorsqu’ils sont arrêtés et surpris d’être traités comme des terroristes.
Par ailleurs, la description des conditions d’incarcération (principalement durant la période Guantanamo) fait froid dans le dos. La critique est virulente, tant au niveau du respect de la dignité humaine qu’au niveau de l’efficacité des méthodes employées.
Le témoignage s’avère donc très instructif et c’est son principal intérêt. La forme, de longs entretiens illustrés, est efficace car très facile à lire mais le dessin demeure simple et dépouillé. Ce n’est clairement pas le genre de bande dessinée qu’on lit pour la beauté de ses planches.
Je ne regrette pas d’avoir lu cette série mais il ne m’a pas apporté grand-chose de plus que ce que j’avais lu par ailleurs (notamment dans « Guantánamo Kid »). J’ai surtout une impression d’un fameux gâchis mais aussi que la menace terroriste demeurera toujours d’actualité tant que l’éducation ne sera pas une priorité à l'échelle mondiale (tant au niveau des décideurs politiques qu’au sein des cellules familiales).
Dans cet album, Mathieu Sapin illustre les nombreux entretiens qu’il a eus avec son beau-père dans le but de retracer la vie de celui-ci. Portugais, marxiste, Edgar truffe sa biographie d’anecdotes à peines croyables telles qu’il est difficile de différencier l’affabulation de la réalité.
A titre personnel, j’ai du mal avec ce genre de personnage. Grande gueule, convaincu par sa vision politique et doté d’une vision de l’Histoire qui lui est propre, cet Edgard, en vérité, m’ennuie plus qu’il ne m’intrigue. Mais Mathieu Sapin a l’art de raconter sa vie, de telle sorte que finir cette bande dessinée n’a vraiment pas été une souffrance. Maintenant, je ne sais vraiment pas ce qu’il faut prendre pour argent comptant et ce qui n’est que pure invention. Par conséquent, je ne sais si Edgar est un personnage extraordinaire ou juste un fameux vantard. Sans doute un peu des deux… mais rien que ça, ça le discrédite à mes yeux.
Du point de vue technique, comme je le disais, Mathieu Sapin maitrise la narration graphique. Les dialogues sont très vivants, le découpage est assez brut, les décors sont immersifs même si très schématiques. Les descriptions se limitent souvent à deux trois mots surmontés d’une flèche pour mettre en évidence tel détail du décors ou pour identifier tel ou tel personnage. En clair, Mathieu Sapin ne s’encombre pas de fioritures et va à l’essentiel.
Parce que techniquement maitrisée, j’ai trouvé cette bande dessinée plutôt pas mal dans son genre, mais je ne me suis pas assez attaché au personnage d’Edgard pour aller au-delà d’un simple 3/5. Par contre, c’est un fait qu’au travers de sa trajectoire, j’en ai appris un peu plus sur l’histoire du Portugal (principalement sur la période Salazar).
Je ne suis pas franchement Manga mais je reconnais que cette adaptation du célèbre conte de Dickens est plutôt réussie.
Le scénario suit scrupuleusement le récit de Dickens avec un choix des textes très approprié pour les dialogues. Cela donne des personnages bien dans l'esprit du conte avec un Scrooge tout à fait crédible.
Les trois esprits sont bien imaginés et la tension-émotion du récit est bien restituée.
J'ai quelques réserves sur les choix graphiques. Si les personnages de Scrooge et des esprits sont très bien réalisés avec de belles expressions, les autres personnages sortent d'une banque de visages Manga que l'on voit dans toutes les séries.
Cela dévalorise beaucoup la série à mes yeux. Il en va de même pour les décors (sans neige !) parfois intéressants parfois inexistants. Cela réduit d'autant l'ambiance du récit. C'est dommage car le N&B restitue bien l'ambiance assez nocturne.
Une initiative intéressante pour les enfants européens addict de mangas afin qu'ils accèdent aux classiques ainsi que pour les petits japonais.
2.5
Décidément, j'ai un peu de difficulté avec Loyer. Ses albums parlent souvent de sujets qui m'intéressent, mais le traitement fait par l'auteur ne me captive pas.
J'avais trouvé le dessin de Loyer moyen sur un autre album Ici, c'est pas trop mal, sans doute parce que c'est en noir et blanc et qu'il y a pas de couleurs moches. Malheureusement, j'avoue que j'ai eu de la difficulté à différencier les personnages. Je pense d'ailleurs que c'est le principal défaut de cet album: les personnages. Lorsqu'on traite en fiction d'un drame, généralement cela me prends à la gorge lorsqu'on met en scène des personnages attachants. Dans cet album ,j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnages et j'ai eu de la difficulté à retenir leur noms ou leurs personnalités (je pense d'ailleurs que la plupart ont très peu de trait de caractère qui les différencies des autres).
Bref, le contexte historique est intéressant et c'est bon de rappeler les dangers qu'il y avait à être mineur, mais la partie fiction et moyenne parce que c'est un peu dur pour moi de tirer une larme si je me fiche des personnages. Le dossier à la fin m'a plus attristé que la BD !
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Un autre documentaire du duo Loyer-Bétaucourt qui se passe dans le nord de la France ! Bon, le thème est un peu plus universel: les répercutions qu'ont eu l'arrivée des grandes surfaces sur les petits commerçants. Le résumé dit que les auteurs essaient d'être neutres, mais j'ai quand même eu l'impression que c'était orienté contre les hypermarchés. J'ai rien contre le fait qu'on montre les effets néfastes de ce type d'entreprise, mais là j'ai eu l'impression que les auteurs mettaient toute la faute de la montée de l'extrême-droite sur ce type de magasin ce qui m'a semblé quand même un peu gros. Je concède que les auteurs montrent aussi que tout n'est pas négatif avec les hypermarchés et que ce n'est pas totalement leur faute si les petits commerces ont peiné (la scène où le type explique que les commerçants se sont tirés dans le pied parce qu'ils étaient trop individualistes pour faire front commun est triste). Il y a un mélange de documentaire et de fiction avec des scènes se passant dans les années 70 montrant des gens qui sont contents d'avoir un hypermarché. J'avoue que j'ai moins aimé la partie fiction, mais je comprends que les auteurs voulaient montrer l'effet que ses magasins ont eu sur les consommateurs lorsqu'ils sont apparus. Au final, un documentaire pas mal, mais pas indispensable. Le dessin est correct.
Océan Express
BD concept autour d'une idée oulipienne aussi amusante que contraignante (une narration en miroir), parvenant à ce que le formalisme de l'idée ne nuise pas trop sévèrement à l'intérêt narratif propre à la fiction. Habilement, c'est via la comédie et un jeu de comparaison que s'organisent ces pérégrinations de nos gentils vacanciers. L'humour immédiatement accessible et joliment désuet est honorablement mis en valeur par un dessin "ligne claire" et la bichromie des couleurs. Rocambolesque, désuet, charmant, volontiers irrévérencieux ; pourquoi se priver ?
Le Temps des jonquilles
Retour sur le mouvement social des gilets jaunes, à travers le regard d'une apprentie dessinatrice-journaliste. L'idée forte de cette BD est de poser un regard sur le mouvement depuis un personnage extérieur (une néo-parisienne branchée mais encore sans le sou) et de montrer comment son regard évolue à mesure qu'elle surmonte ses préjugés/clichés pour les confronter à la réalité du terrain et des individus impliqués marqués par la vie. Facilité scénaristique : s'y ajoute une trajectoire personnelle de l'héroïne refoulant une enfance au sein d'un milieu rural forcément désenchanté et honteusement sous-diplômé. Le récit prend joliment le temps d'évoquer la multiplicité des revendications et la dichotomie des profils, ne cachant ni les relents racistes des uns ni la beauté de quelques perdants magnifiques rencontrés. La BD insiste sur le mépris de classe, certes de manière pataude sinon lourde, mais ne prend regrettablement pas le temps de montrer combien et pourquoi il biaise perfidement l'interprétation des événements. La fin insiste aussi de manière excessive sur cette obligation de choisir son camp, sans malheureusement parvenir à ce que ce tragique convié ne révèle hyperboliquement une beauté des sentiments et des opinions au point d'éclabousser merveilleusement le lecteur. Une BD joliment dessinée, plutôt habile scénaristiquement, n'ayant certes pas l'ampleur volontiers espérée, mais qui parvient à esquisser la complexité d'un mouvement social révélateur du désenchantement démocratique de nos sociétés libérales contemporaines.
Polina
J'ai lu plusieurs fois "Polina", tout d'abord à sa sortie où elle m'a franchement barbé, puis quelques temps plus tard, pour confirmer cette idée, et finalement me rendre compte que j'appréciais plutôt l'œuvre. Et enfin récemment par envie, pour me rendre compte que j'étais plus mitigé. Ce qui m'a rebuté à la première lecture et surtout à la seconde, c'est le dessin. Alors que j'apprécie le trait de Vivès, j'ai trouvé celui de cette BD trop marqué, notamment dans les contours des premières planches qui me semblent trop épais. Ca s'affine au fur et à mesure de la lecture mais je pense que cette première impression est ce qui m'a rebuté la première fois. Pour le reste, j'ai suivi l'histoire avec plaisir même si la danse présentée ainsi ne m'attire pas particulièrement. C'est une histoire de vie sur la danse, la découverte du métier au fur et à mesure, découverte de la difficulté, des différentes danses, l'affirmation de caractère mais aussi la vie personnelle. Bastien Vives pose un portait de personnage sympathique à suivre, sans qu'on ne sache jamais exactement ce que Polina pense. Mais c'est encore une fois dans les silences et le mouvement qu'il construit son histoire. Histoire simple et ordinaire, qui se finit sur une très belle image qui personnellement m'a marquée. Mais je suis aussi conscient que le déroulé parait parfois factice, notamment dans la gestion du temps qui étire volontairement les scènes pour accélérer parfois entre celles-ci. Sauf que je note que cette gestion fait parfois plus chaotique que maitrisée et à la relecture j'ai trouvé que le rythme était bancal. C'est lisible mais un peu trop mal maitrisé à mon gout. C'est surtout ça et le dessin d'ouverture qui me fait baisser ma note, mais globalement j'ai trouvé que c'était sympathique.
Calvin et Hobbes
Le concept de départ est intéressant et permet d'imaginer toutes sortes de scénarii. Calvin est un gamin espiègle qui aime inventer des histoires abracadabrantesques qu'il vit avec son doudou (prenant alors vie dans son esprit). C'est drôle, bien fait et assez rafraichissant sur le thème...mais alors, pourquoi cette note de 3/5 seulement? Tout simplement parce que je trouve que ça tourne assez rapidement en rond. Pas de nouveaux personnages ou lieux (du moins dans les tomes que j'ai lu), et du coup l'auteur doit aller chercher de plus en plus loin ce qui rend le tout moins amusant. Bref, dans le genre "comic strips" je préfère largement Mafalda.
La Neige en deuil
Il est très rare qu’une adaptation parvienne à égaler l’œuvre originale dans mon appréciation personnelle. Et c’est encore plus vrai lorsque l’œuvre originale m’a marqué. Et La neige en deuil figure parmi ces romans dont la lecture m’avait été imposée durant mes années d’étude mais dont le souvenir me reste tout de même gravé de manière positive. Oui, j’avais beaucoup aimé cette étude de deux caractères opposés et cette description de la montagne et de ses dangers. La fin, sombre à souhait, est de celles que l’on n’oublie pas ! Dominique Monféry nous en livre donc sa version. Si les grandes lignes du récit sont respectées, si toutes les étapes essentielles sont bien présentes, j’ai tout de même trouvé que tout allait trop vite dans cet album. Je n’ai pas eu le temps de comprendre les personnages, de m’attacher au juste et simple Isaïe ou d’en vouloir profondément à Marcellin pour sa paresse malgré son désir d’émancipation. Là où je gardais le souvenir de personnages plus complexes qu’ils n’y paraissait de prime abord, j’ai trouvé dans cette bande dessinée que les deux étaient très manichéens. Au niveau du dessin, Dominique Monféry nous propose des planches soignées, très travaillées mais auxquelles je reproche régulièrement un manque de précision au niveau des personnages et de leurs expressions. Attention ! C’est du beau travail et l’artiste a une patte personnelle… mais ce n’est pas le genre de dessin qui m’emporte à 100% dans l’histoire. Je dois parfois décoder ce dessin et ça m’énerve ! Que ressent le personnage dessiné ? Est-il indifférent ou furieux ? C'est parfois difficile à évaluer. Par contre, les décors sont régulièrement très beaux et certaines planches d’ambiance valent vraiment le coup d’œil. Bon voilà, un peu déçu pour le coup même si l’auteur s’est vraiment appliqué. Si vous ne connaissez pas l’histoire, c’est peut-être une bonne occasion de la découvrir mais pour moi cette adaptation n’arrive pas au niveau de l’original.
Le Jour où j'ai rencontré Ben Laden
Ce diptyque se lit facilement et rapidement. Il revient sur la trajectoire de deux jeunes Français qui, par stupidité, par orgueil bien plus que par conviction religieuse, vont s’engager aux côtés des combattants d’Al-Qaïda. L’auteur s’appuie directement sur les propos des deux acteurs principaux, qu’il rencontre à diverses occasions, ainsi que sur les témoignages d’un membre du renseignement américain. Le récit est édifiant, tant en ce qui concerne les motivations profondes de Nizar Sassi et Mourad Benchelalli (et auxquelles je continue à ne pas comprendre grand-chose) que concernant les diverses épreuves qu’ils vont traverser. J’ai ainsi eu l’impression qu’ils partaient en Afghanistan la fleur au fusil avec le sentiment qu’ils allaient surtout s’amuser et sont tombés des nues lorsqu’ils ont réalisé qu’ils arrivaient dans un camp d’entrainement pour djihadistes, en compagnie d’idéalistes prêts aux pires extrémités, quitte à mener des attentats suicides. Idem lorsqu’ils sont arrêtés et surpris d’être traités comme des terroristes. Par ailleurs, la description des conditions d’incarcération (principalement durant la période Guantanamo) fait froid dans le dos. La critique est virulente, tant au niveau du respect de la dignité humaine qu’au niveau de l’efficacité des méthodes employées. Le témoignage s’avère donc très instructif et c’est son principal intérêt. La forme, de longs entretiens illustrés, est efficace car très facile à lire mais le dessin demeure simple et dépouillé. Ce n’est clairement pas le genre de bande dessinée qu’on lit pour la beauté de ses planches. Je ne regrette pas d’avoir lu cette série mais il ne m’a pas apporté grand-chose de plus que ce que j’avais lu par ailleurs (notamment dans « Guantánamo Kid »). J’ai surtout une impression d’un fameux gâchis mais aussi que la menace terroriste demeurera toujours d’actualité tant que l’éducation ne sera pas une priorité à l'échelle mondiale (tant au niveau des décideurs politiques qu’au sein des cellules familiales).
Edgar
Dans cet album, Mathieu Sapin illustre les nombreux entretiens qu’il a eus avec son beau-père dans le but de retracer la vie de celui-ci. Portugais, marxiste, Edgar truffe sa biographie d’anecdotes à peines croyables telles qu’il est difficile de différencier l’affabulation de la réalité. A titre personnel, j’ai du mal avec ce genre de personnage. Grande gueule, convaincu par sa vision politique et doté d’une vision de l’Histoire qui lui est propre, cet Edgard, en vérité, m’ennuie plus qu’il ne m’intrigue. Mais Mathieu Sapin a l’art de raconter sa vie, de telle sorte que finir cette bande dessinée n’a vraiment pas été une souffrance. Maintenant, je ne sais vraiment pas ce qu’il faut prendre pour argent comptant et ce qui n’est que pure invention. Par conséquent, je ne sais si Edgar est un personnage extraordinaire ou juste un fameux vantard. Sans doute un peu des deux… mais rien que ça, ça le discrédite à mes yeux. Du point de vue technique, comme je le disais, Mathieu Sapin maitrise la narration graphique. Les dialogues sont très vivants, le découpage est assez brut, les décors sont immersifs même si très schématiques. Les descriptions se limitent souvent à deux trois mots surmontés d’une flèche pour mettre en évidence tel détail du décors ou pour identifier tel ou tel personnage. En clair, Mathieu Sapin ne s’encombre pas de fioritures et va à l’essentiel. Parce que techniquement maitrisée, j’ai trouvé cette bande dessinée plutôt pas mal dans son genre, mais je ne me suis pas assez attaché au personnage d’Edgard pour aller au-delà d’un simple 3/5. Par contre, c’est un fait qu’au travers de sa trajectoire, j’en ai appris un peu plus sur l’histoire du Portugal (principalement sur la période Salazar).
Un Chant de Noël (Kobayashi)
Je ne suis pas franchement Manga mais je reconnais que cette adaptation du célèbre conte de Dickens est plutôt réussie. Le scénario suit scrupuleusement le récit de Dickens avec un choix des textes très approprié pour les dialogues. Cela donne des personnages bien dans l'esprit du conte avec un Scrooge tout à fait crédible. Les trois esprits sont bien imaginés et la tension-émotion du récit est bien restituée. J'ai quelques réserves sur les choix graphiques. Si les personnages de Scrooge et des esprits sont très bien réalisés avec de belles expressions, les autres personnages sortent d'une banque de visages Manga que l'on voit dans toutes les séries. Cela dévalorise beaucoup la série à mes yeux. Il en va de même pour les décors (sans neige !) parfois intéressants parfois inexistants. Cela réduit d'autant l'ambiance du récit. C'est dommage car le N&B restitue bien l'ambiance assez nocturne. Une initiative intéressante pour les enfants européens addict de mangas afin qu'ils accèdent aux classiques ainsi que pour les petits japonais.
Sang noir - La catastrophe de Courrières
2.5 Décidément, j'ai un peu de difficulté avec Loyer. Ses albums parlent souvent de sujets qui m'intéressent, mais le traitement fait par l'auteur ne me captive pas. J'avais trouvé le dessin de Loyer moyen sur un autre album Ici, c'est pas trop mal, sans doute parce que c'est en noir et blanc et qu'il y a pas de couleurs moches. Malheureusement, j'avoue que j'ai eu de la difficulté à différencier les personnages. Je pense d'ailleurs que c'est le principal défaut de cet album: les personnages. Lorsqu'on traite en fiction d'un drame, généralement cela me prends à la gorge lorsqu'on met en scène des personnages attachants. Dans cet album ,j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnages et j'ai eu de la difficulté à retenir leur noms ou leurs personnalités (je pense d'ailleurs que la plupart ont très peu de trait de caractère qui les différencies des autres). Bref, le contexte historique est intéressant et c'est bon de rappeler les dangers qu'il y avait à être mineur, mais la partie fiction et moyenne parce que c'est un peu dur pour moi de tirer une larme si je me fiche des personnages. Le dossier à la fin m'a plus attristé que la BD !