Alors, que dire sur ce Trafalgar qui n'ait déjà été dit dans les précédents avis ?
Pas grand chose en toute honnêteté, car, pour l'essentiel, je rejoins en grande partie tout ce qui a pu être dit sur ce nouvel album de la collection 'Les grandes batailles navales'. La patte de JY Delitte y est immédiatement reconnaissable, c'est une garantie de sérieux historique, comme d'habitude. Cet album ne fait aucunement exception, le petit dossier historique sous forme d'addendum à la suite vient d'ailleurs (très) rapidement apporter quelques éléments de contexte, toujours utiles, surtout pour celles et ceux qui ne connaissent pas spécialement cet épisode de l'histoire de l'Empire.
L'ensemble est globalement sérieux, efficace, et bien ficelé, comme sur les quelques albums de cette collection que j'ai pu lire d'ailleurs.
On pourra en dire à peu près autant du dessin de Béchu, même si ce dernier, bien que précis et méticuleux sur le soin apporté aux détails techniques (les navires sont reproduits avec une grande fidélité, me semble-t-il, même si je ne prétend aucunement être expert en la matière), son dessin donc, n'a rien de révolutionnaire, ne possède aucune caractéristique véritablement susceptible de marquer les esprits.
La BD étant d'abord, on peut le penser, un art graphique, qui ne peut se limiter à une fonction purement pédagogique, ce dessin finalement assez neutre, probablement voulu comme tel, pourra être vu par certains comme le talon d'Achille de ce Trafalgar. On aurait pu espérer davantage de 'fougue'.
L'autre point qui peut susciter quelques débats concerne la façon dont l'histoire nous est contée.
Si le fait de faire une sorte de préambule qui ne pourra être véritablement compris qu'à la fin de la lecture est plutôt une bonne idée, on pourra cependant s'étonner des choix de narrateurs.
Nous entrons en effet pas à pas dans un contexte, dans un évènement, en suivant l'évolution d'un jeune gabier qui, à l'image du lecteur, découvre un peu ce monde des navires de guerre, et, parallèlement à cela, grâce aux conversations entre différents gradés français ( Montalembert, Deniéport, etc) qui s'agacent de l'inaction imposée par l'amiral Villeneuve.
(les auteurs ont choisi d'insister sur sa particule 'de' Villeneuve, ce qui peut surprendre, même s'il était effectivement noble, dans la mesure où la particule a souvent tendance à disparaître lorsque l'on donne un grade. Ici, l'amiral Villeneuve. Mais cela relève du détail...)
Ces deux choix, et surtout le second, s'ils sont pertinents pour nous aider à 'entrer' dans cette histoire, nous éloignent paradoxalement de la bataille elle-même. Celle-ci se limite d'ailleurs à une double page (et encore) dans l'album.
On ne nous dit rien de la brillante manoeuvre de Nelson qui se laissa volontairement 'barrer le T' (attaquer en colonne face à la ligne des bâtiments français), tactique hautement risquée, ni sur sa communication restée célèbre auprès de ses troupes (avec le message passé à tous ces hommes juste avant la bataille : 'England expects that every man will do his duty', célèbre aujourd'hui encore en Angleterre...), rien non plus sur les duels homériques entre le HMS Victory, face au Redoutable et au Bucentaure chez les français (cf les différents tableaux qui ont été faits sur ces affrontement, dont celui de Turner).
Tout cela est réglé en quelques coups de crayons, sans que l'on ne voit bien, ni ne comprenne l'importance de l'exploit : gagner avec un flotte très inférieure à la flotte française, au moins en nombre.
Au final, on a l'impression que l'on s'est beaucoup (trop ?) focalisé sur ce qui a précédé la bataille, sur certaines des raisons qui peuvent expliquer la déroute française, au détriment de ce qui pourtant devait constituer la 'pièce de résistance' de cet album, à savoir la bataille elle-même.
C'est pour moi LE principal défaut de cet album, qui, du coup, laisse comme un goût d'inachevé. Raison pour laquelle je ne monte pas au dessus de 3/5.
Bon, ben, finalement pour quelqu'un qui n'avait a priori pas grand chose à rajouter par rapport aux précédents commentaires....je me suis manifestement moi aussi laissé emporter par la houle.... ;-)
Après la claque magistrale que fut Le Loup des Mers j'ai été intéressé par les différentes BD de Riff Reb's, et "Hommes à la mer" restait dans le thème marin que j'affectionne beaucoup suite au récits de Jack London notamment.
J'ai été légèrement déçu de découvrir qu'il s'agissait de compilation de nouvelles illustrées, chacune d'une dizaines de pages seulement. Et lors de ma lecture, comme c'est souvent le cas dans des compilations BD, j'ai été plutôt déçu de la plupart d'entre elles. Il n'y en a guère que deux qui m'ont franchement plu dans leurs déroulés ou leur finalité, mais le reste m'a paru souvent très oubliable. C'est souvent ce qui m'embête dans des recueils de nouvelles en BD, qui sont assez rarement marquantes, contrairement à un recueil en livre. Peut-être parce que la BD s'inscrit plus dans une lecture sur de nombreuses pages, je ne sais pas trop.
Cela dit je reconnais le talent dans le dessin, qui est du même niveau de ce que j'ai déjà vu de l'auteur. Là-dessus, rien à redire. En plus il ajoute quelques passages illustrés de livres d'auteurs, tous traitant de la mer aussi. C'est ce qui m'a le plus intéressé, parce qu'il y a là plusieurs styles et tons qui m'ont plu. Je vais sans doute aller en découvrir quelques uns par la suite !
Donc voila, une BD pas mauvaise mais qui a ses limites de par sa forme. Je suis clairement resté sur ma faim même cette retenue ne m'empêche pas d'en voir les qualités. Pour ma part, ça ne me refroidit pas de lire d'autres ouvrages de Riff Reb's, mais je trouve celui-là un cran en-dessous.
Série jeunesse scénarisée par Nicolas Pothier (Ratafia), les aventures de Robfox sont plaisantes et divertissantes, même une fois qu'on a dépassé le CM2. L'histoire est simple mais efficace, il y a de l'aventure, du fantastique, le tout est léger et saupoudré d'une petite touche d'humour. On a droit à quelques bons jeux de mots, notamment dans les noms de lieux ou de personnages. On reconnait la patte du scénariste :)
Coté dessin, c'est coloré et très élégant. Les personnages, comme les décors sont détaillés et soignés. Ça colle tout a fait à l'esprit fun du récit et le rendu est une réussite.
Du coup, Robfox c'est un renard affublé d'un robot qui voyage de villages en villages et qui fait toutes sortes de petits travaux. Un jour il se retrouve en charge d'un souvnhir, une petite créature étrange, qui aurait un don un peu spécial et qui va être l'objet de nombreuses convoitises. Sa mission sera semée d'embuches et remplies de méchants mal intentionnés qui convoitent la bestiole. Le coté fantaisie n'est pas désagréable, l'histoire est rythmée et les péripéties s'enchainent a grande vitesse, rendant la lecture interessante.
C'est sûr qu'avec un regard d'adulte on n'est pas trop trop inquiet pour Robfox, mais ça se laisse lire volontiers et le final a le mérite d'apporter quelques surprises. C'est de la BD jeunesse de très bonne facture, et ce ne serait pas surprenant de voir d'autres tomes racontant la suite des aventures de ce petit renard.
Je me souviens avoir vu il y a longtemps l'adaptation en anime et j'en gardais un bon souvenir.
Le manga est un peu moins mémorable, mais il se laisse lire sans problème. Les personnages sont attachants et l'univers créé par l'auteur est intéressant. J'aurais aimé que ça soit un peu plus développé, un ou deux tomes de plus n'aurait pas fait du tort. Dommage aussi que les récits présentent dans cet unique tome sont inégales, mais la plupart du temps c'est du niveau correct.
Le dessin est pas mal quoique comme c'est souvent le cas avec les mangas, les scènes d'actions sont parfois un peu dures à suivre.
Night Fever est un one shot signé par le duo Brubaker - Phillips qu'on ne présente plus. Il nous raconte ici l'histoire de Jonathan Webb, un américain en voyage d'affaire en Europe. Au gré de ses insomnies il va plonger dans le monde de la nuit de cette grande ville. Et il ne va pas forcément en voir le meilleur. Il va se lier d'amitié avec un homme curieux qui va lui servir de guide, et un peu plus. Il va l'entrainer dans un univers violent et un peu malsain.
Le début est bien construit, et l'entame est assez accrocheuse. Les prémices de cette plongée dans ce milieu de noctambules est intrigant. Par contre au fur et à mesure qu'on avance dans le récit, cette curiosité disparait peu à peu et laisse la place à un étrange sentiment. Entre violence, acte illégaux et hallucinations notre bonhomme se laisse entrainer dans une spirale sombre un peu malgré lui. Mais je n'ai pas été 100% convaincu ces péripéties, et au final j'ai eu du mal à adhérent pleinement. Le final est satisfait et met un point final à cette histoire.
Un récit qui se laisse lire, pas désagréable mais pas inoubliable. On reconnait bien la patte et le style des auteurs, mais c'est pas leur meilleure collaboration.
... Bien que l'ayant lu au moment de sa parution, nanti de son premier titre Francophone somme toute assez réussi et très en rapport avec la couverture (de l'époque !), je dois dire que j'étais un peu resté sur ma faim, moi aussi. Et pas seulement à cause de la platitude scénaristique sensée résumer la naissance d'un personnage aussi emblématique que le Joker... Plouf, donc. Sans trait d'esprit parce que c'est vraiment pas drôle !
Comme cité précédemment, l'histoire, à part dans ses scènes de violence gratuites (c'était quand même un peu expéditif de se débarrasser comme ça de Batgirl juste parce que le concept n'a jamais tenu la route !), se déroule sans vraie originalité ni réelle tension ; et seul le dessin très figuratif de Brian Bolland donne de la puissance au propos -et pourtant, je ne suis pas fan ! Berk : il est incapable de traduire une émotion sans enlaidir un visage. Comme quoi la virtuosité académique n'est pas tout dans ce domaine incroyablement riche de possibilités d'expression qu'est la Bande Dessinée. Ce qui n'enlève rien, surtout à l'époque, à la rareté -et donc l'attrait- de la rigueur "réaliste" de son style. Le résultat est une traduction très crue des scènes (Barbara, encore une fois ! Insupportable, on se croirait au journal télévisé !) et cela a sans aucun doute beaucoup contribué au succès des ventes.
Un des premiers essais aux commandes d'une franchise célèbre du sinon (d'habitude ?!) très créatif Alan Moore qui, peut-être, s'est senti obligé d'y aller fort dans la torture "psychologique" (à l'Américaine, hein !) et le racolage, pour être sûr de marquer les esprits et faire son trou outre-Atlantique.
Pari (facile) gagné.
Je ne sais pas si mon avis va aller à l'encontre des précédents, mais loin d'être très positif, il surnage pour moi un peu au-dessus de la moyenne.
Le premier tome ne m'a pas vraiment plu. Certes, il y avait une recherche de réalisme formel, de vraisemblance dans le récit, les thématiques, et les armements présentés. Un réalisme qui pour moi a été un peu sabordé par les dessins. Oh bien sûr, Renaud Garetta propose des scènes aériennes très réussies, avec des avions parfaitement dessinés. Mais les autres scènes, quelle catastrophe. Les personnages sont bourrés d'erreurs morphologiques, on a même du mal à reconnaître certains d'entre eux... Et les couleurs sont juste horribles. Sans parler de la mise en scène de certaines séquences, à la limite de la lisibilité. Si le design des personnages s'améliore au fil des tomes, la mise en scène reste foutraque de bout en bout. L'histoire n'est pas désagréable en soi, mais elle pâtit de ce niveau graphique insuffisant. J'imagine cependant que les férus d'aéronautique y trouveront leur compte, et c'est tant mieux. Les tomes 2 et 3, s'ils embrayent directement sur la fin du 1er, forment un récit presque à part entière, et je trouve qu'ils sont pas inintéressants, même si je trouve que le scénario franche par moments. Et la fin, finalement. Pourquoi pas, ça m'a franchement cueilli.
C'est grâce à cette fin et à des scenarii qui tient globalement la route que Fox One obtient, à mes yeux, la moyenne.
Encore une nouvelle BD post-apocalyptique me direz-vous.
Oui, mais elle réussit à trouver sa propre identité.
Dans un futur proche, une épidémie détruit les métaux, sauf le cuivre, et transforme lentement l'humanité en mutants. Certains affublés de facultés particulières, mais pas tous. Une nouvelle structure féodale s'est mise en place, et une nouvelle église traque de son côté les humains encore sains et leurs enfants afin de perpétuer l'espèce. Au milieu se trouve le convoyeur, étrange homme barbu aux yeux rouges, ayant la faculté d'absorber les pouvoirs de ses adversaires. Sa mission : convoyer / ramener biens et personnes, en échange de quoi le commanditaire avale un étrange œuf translucide ressemblant à celui d'un poisson.
Le premier tome prend tout le temps de poser son univers, ses personnages, est très bien écrit, et laisse la porte ouverte à beaucoup de question : quelle est la fonction des œufs? Et quelle est cette mystérieuse personne qui traque le convoyeur, et tue ses anciens clients, avec lesquels il semble avoir établi un lien psychique une fois l’œuf avalé?
Après effectivement l'univers décrit est assez glauque et dénué d'espoirs. Mais c'est ce réalisme qui fait sa force.
Le second tome se concentre sur la nature du convoyeur, et les motivations de la chasseuse. Beaucoup de réponses, assez terrifiantes, nous sont fournies, mais plusieurs zones d'ombres persistent, et donc donnent vraiment envie de découvrir les autres tomes à venir : au départ prévu comme une trilogie, ce sera finalement une quadrilogie vu le succès rencontré par le premier opus. Jusqu'ici c'est un quasi sans-fautes.
Edit 04/07/2022 : tome 03. On se replonge avec plaisir dans l'univers du convoyeur, toutefois on ne peut s'empêcher d'éprouver une forme de déception. Si l'intrigue continue à progresser, et donne de plus en plus de réponses terrifiantes quant à la nature du convoyeur et la tragédie ayant frappé l'un des personnages principaux, on a un peu le sentiment que ce qui a été traité en 54 planches aurait pu l'être en seulement 20. On ignore en effet toujours absolument tout de la nature véritable du convoyeur et des motivations de la créature qui l'a engendré, ainsi que ses origines. Je peux comprendre la volonté des auteurs de faire durer le suspens, mais là ce n'est pas justifié, j'espère juste que cette tactique de faire traîner en longueur ne sera pas reprise dans les dernier tome.
Edit 27/10/2023: après avoir lu le quatrième et dernier tome, je reste un peu sur ma faim. En effet, si il y a bien un duel final entre la chasseuse qui pourchassait le convoyeur et ce dernier, ou du moins son incarnation, beaucoup de questions demeurent sans réponse: on en sait pas plus ni sur l'origine, ni sur le but poursuivi par la mystérieuse créature à l'origine du convoyeur, et on nous pond une classique mais fatigante dernière page semblant remettre en question ce qui s'est passé juste avant. J'ai comme un sentiment de gâchis, et je rabaisse ma note de 4 à 3 étoiles du coup.
Les Évaporés est l'adaptation plus ou moins libre en bande dessinée d'un roman de Thomas B. Reverdy. Si elle en garde l'essentiel du fond et du message, elle modifie un peu les personnages, transformant notamment l'héroïne et son amant détective venus tous deux de San Francisco en une héroïne venue de France et un détective japonais.
Pour le reste, l'histoire est globalement identique.
C'est celle d'un homme dans la soixantaine qui abandonne son foyer en pleine nuit pour disparaitre complètement, se réfugiant dans un quartier populaire de Tokyo réputé pour accueillir d'autres "évaporés" comme lui, désireux de couper les ponts avec leur ancienne vie et d'y chercher des petits boulots. En parallèle d'histoires de corruption et de magouilles criminelles, impliquant notamment un gamin de douze ans témoin d'un meurtre et fuyant des yakuzas, cette histoire est avant tout l'occasion d'offrir un regard original sur le Japon, celui des laissés pour compte mais aussi celui des suites de la catastrophe de Fukushima et du tsunami avec son lot de réfugiés et les tentatives gouvernementales de nettoyer les lieux.
Réalisée en noir et blanc avec un dessin semi-réaliste détaillé et appréciable, cette BD brasse différents thèmes pour former une histoire originale et intéressante sur le Japon, sa culture et les conséquences de la catastrophe de 2011 dans la région de Sendai et son impact sur le reste du pays. Comme elle mélange le mystère sur les motivations du père disparu, l'enquête de sa fille pour le retrouver ainsi que deux histoires criminelles en parallèle, le lecteur est assez vite pris par la lecture et l'envie d'en savoir plus. Et c'est ce qui permet à l'auteur de placer plusieurs moments où sont décrits cet étrange phénomène sociologique que sont les évaporés, le quartier de San’ya à Tokyo qui en est venu à servir de refuge à nombre d'entre eux, le type de boulots qui leur est offert, l'influence des yakuzas, et surtout donc comme dit plus haut les suites du tsunami à l'échelle du pays et pour la région de Sendai elle-même.
Pris par ma lecture, je voyais avec appréhension la fin de l'album approcher trop vite car je voyais mal comment toutes ces portes ouvertes allaient pouvoir se refermer. Et de fait, l'histoire se termine de manière plutôt ouverte, laissant le lecteur sur une demi-frustration même si la conclusion reste relativement satisfaisante. J'avoue que j'aurais aimé un développement et une fin plus concrète, notamment pour ce qui concerne la partie polar de l'histoire.
J'avais découvert le Paris des Merveilleuses avec la série Les Artilleuses qui se déroulait dans cette capitale de la Belle Epoque peuplée de mages et autres fées. Mais c'est cette fois c'est directement l'adaptation des romans de Pierre Pevel auquel nous avons droit, à raison de 2 tomes par livre. J'ai donc été replongé dans ce Paris de fantasy qui mêle intrigues policières et politiques dans une ambiance 19e siècle et Brigades du Tigre, et aventures de light fantasy avec une cohébitation entre humains et créatures magiques avec les conflits entre chaque clan que cela peut impliquer.
L'intrigue du premier diptyque, Les Enchantements d'Ambremer, comporte pas mal d'éléments en commun avec celle des Artilleuses. Toutefois le rythme un peu plus sage et une narration moins orientée vers l'action m'a davantage séduit. La relation entre le héros mage et l'héroïne fée exilée de son monde magique est assez sympathique. L'intrigue, à base une fois de plus de complots, d'espionnage et d'une quête d'artefacts mystérieux, tient assez bien la route. J'ai trouvé le rythme légerement brusque toutefois, sans doute dû au fait de devoir adapter tout un roman en moins de 96 pages de BD : ça reste compréhensible (quoique j'ai dû revenir pas mal de pages en arrière pour comprendre la raison de la vengeance exercée à la fin du tome 2) mais l'atmosphère a un peu de mal à se poser et le lecteur à savourer les lieux et l'originalité de cet univers. Et pour ce qui est du dessin, il est de bonne qualité, dynamique quand il le faut et détaillé quand l'occasion le permet.
C'est une lecture divertissante dans un Paris de fantasy qui ne manque pas d'intérêt et qui promet d'autres aventures que je lirai probablement avec plaisir.
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Trafalgar
Alors, que dire sur ce Trafalgar qui n'ait déjà été dit dans les précédents avis ? Pas grand chose en toute honnêteté, car, pour l'essentiel, je rejoins en grande partie tout ce qui a pu être dit sur ce nouvel album de la collection 'Les grandes batailles navales'. La patte de JY Delitte y est immédiatement reconnaissable, c'est une garantie de sérieux historique, comme d'habitude. Cet album ne fait aucunement exception, le petit dossier historique sous forme d'addendum à la suite vient d'ailleurs (très) rapidement apporter quelques éléments de contexte, toujours utiles, surtout pour celles et ceux qui ne connaissent pas spécialement cet épisode de l'histoire de l'Empire. L'ensemble est globalement sérieux, efficace, et bien ficelé, comme sur les quelques albums de cette collection que j'ai pu lire d'ailleurs. On pourra en dire à peu près autant du dessin de Béchu, même si ce dernier, bien que précis et méticuleux sur le soin apporté aux détails techniques (les navires sont reproduits avec une grande fidélité, me semble-t-il, même si je ne prétend aucunement être expert en la matière), son dessin donc, n'a rien de révolutionnaire, ne possède aucune caractéristique véritablement susceptible de marquer les esprits. La BD étant d'abord, on peut le penser, un art graphique, qui ne peut se limiter à une fonction purement pédagogique, ce dessin finalement assez neutre, probablement voulu comme tel, pourra être vu par certains comme le talon d'Achille de ce Trafalgar. On aurait pu espérer davantage de 'fougue'. L'autre point qui peut susciter quelques débats concerne la façon dont l'histoire nous est contée. Si le fait de faire une sorte de préambule qui ne pourra être véritablement compris qu'à la fin de la lecture est plutôt une bonne idée, on pourra cependant s'étonner des choix de narrateurs. Nous entrons en effet pas à pas dans un contexte, dans un évènement, en suivant l'évolution d'un jeune gabier qui, à l'image du lecteur, découvre un peu ce monde des navires de guerre, et, parallèlement à cela, grâce aux conversations entre différents gradés français ( Montalembert, Deniéport, etc) qui s'agacent de l'inaction imposée par l'amiral Villeneuve. (les auteurs ont choisi d'insister sur sa particule 'de' Villeneuve, ce qui peut surprendre, même s'il était effectivement noble, dans la mesure où la particule a souvent tendance à disparaître lorsque l'on donne un grade. Ici, l'amiral Villeneuve. Mais cela relève du détail...) Ces deux choix, et surtout le second, s'ils sont pertinents pour nous aider à 'entrer' dans cette histoire, nous éloignent paradoxalement de la bataille elle-même. Celle-ci se limite d'ailleurs à une double page (et encore) dans l'album. On ne nous dit rien de la brillante manoeuvre de Nelson qui se laissa volontairement 'barrer le T' (attaquer en colonne face à la ligne des bâtiments français), tactique hautement risquée, ni sur sa communication restée célèbre auprès de ses troupes (avec le message passé à tous ces hommes juste avant la bataille : 'England expects that every man will do his duty', célèbre aujourd'hui encore en Angleterre...), rien non plus sur les duels homériques entre le HMS Victory, face au Redoutable et au Bucentaure chez les français (cf les différents tableaux qui ont été faits sur ces affrontement, dont celui de Turner). Tout cela est réglé en quelques coups de crayons, sans que l'on ne voit bien, ni ne comprenne l'importance de l'exploit : gagner avec un flotte très inférieure à la flotte française, au moins en nombre. Au final, on a l'impression que l'on s'est beaucoup (trop ?) focalisé sur ce qui a précédé la bataille, sur certaines des raisons qui peuvent expliquer la déroute française, au détriment de ce qui pourtant devait constituer la 'pièce de résistance' de cet album, à savoir la bataille elle-même. C'est pour moi LE principal défaut de cet album, qui, du coup, laisse comme un goût d'inachevé. Raison pour laquelle je ne monte pas au dessus de 3/5. Bon, ben, finalement pour quelqu'un qui n'avait a priori pas grand chose à rajouter par rapport aux précédents commentaires....je me suis manifestement moi aussi laissé emporter par la houle.... ;-)
Hommes à la mer
Après la claque magistrale que fut Le Loup des Mers j'ai été intéressé par les différentes BD de Riff Reb's, et "Hommes à la mer" restait dans le thème marin que j'affectionne beaucoup suite au récits de Jack London notamment. J'ai été légèrement déçu de découvrir qu'il s'agissait de compilation de nouvelles illustrées, chacune d'une dizaines de pages seulement. Et lors de ma lecture, comme c'est souvent le cas dans des compilations BD, j'ai été plutôt déçu de la plupart d'entre elles. Il n'y en a guère que deux qui m'ont franchement plu dans leurs déroulés ou leur finalité, mais le reste m'a paru souvent très oubliable. C'est souvent ce qui m'embête dans des recueils de nouvelles en BD, qui sont assez rarement marquantes, contrairement à un recueil en livre. Peut-être parce que la BD s'inscrit plus dans une lecture sur de nombreuses pages, je ne sais pas trop. Cela dit je reconnais le talent dans le dessin, qui est du même niveau de ce que j'ai déjà vu de l'auteur. Là-dessus, rien à redire. En plus il ajoute quelques passages illustrés de livres d'auteurs, tous traitant de la mer aussi. C'est ce qui m'a le plus intéressé, parce qu'il y a là plusieurs styles et tons qui m'ont plu. Je vais sans doute aller en découvrir quelques uns par la suite ! Donc voila, une BD pas mauvaise mais qui a ses limites de par sa forme. Je suis clairement resté sur ma faim même cette retenue ne m'empêche pas d'en voir les qualités. Pour ma part, ça ne me refroidit pas de lire d'autres ouvrages de Riff Reb's, mais je trouve celui-là un cran en-dessous.
Robfox et le Voyage du Souvnhir
Série jeunesse scénarisée par Nicolas Pothier (Ratafia), les aventures de Robfox sont plaisantes et divertissantes, même une fois qu'on a dépassé le CM2. L'histoire est simple mais efficace, il y a de l'aventure, du fantastique, le tout est léger et saupoudré d'une petite touche d'humour. On a droit à quelques bons jeux de mots, notamment dans les noms de lieux ou de personnages. On reconnait la patte du scénariste :) Coté dessin, c'est coloré et très élégant. Les personnages, comme les décors sont détaillés et soignés. Ça colle tout a fait à l'esprit fun du récit et le rendu est une réussite. Du coup, Robfox c'est un renard affublé d'un robot qui voyage de villages en villages et qui fait toutes sortes de petits travaux. Un jour il se retrouve en charge d'un souvnhir, une petite créature étrange, qui aurait un don un peu spécial et qui va être l'objet de nombreuses convoitises. Sa mission sera semée d'embuches et remplies de méchants mal intentionnés qui convoitent la bestiole. Le coté fantaisie n'est pas désagréable, l'histoire est rythmée et les péripéties s'enchainent a grande vitesse, rendant la lecture interessante. C'est sûr qu'avec un regard d'adulte on n'est pas trop trop inquiet pour Robfox, mais ça se laisse lire volontiers et le final a le mérite d'apporter quelques surprises. C'est de la BD jeunesse de très bonne facture, et ce ne serait pas surprenant de voir d'autres tomes racontant la suite des aventures de ce petit renard.
Dominion
Je me souviens avoir vu il y a longtemps l'adaptation en anime et j'en gardais un bon souvenir. Le manga est un peu moins mémorable, mais il se laisse lire sans problème. Les personnages sont attachants et l'univers créé par l'auteur est intéressant. J'aurais aimé que ça soit un peu plus développé, un ou deux tomes de plus n'aurait pas fait du tort. Dommage aussi que les récits présentent dans cet unique tome sont inégales, mais la plupart du temps c'est du niveau correct. Le dessin est pas mal quoique comme c'est souvent le cas avec les mangas, les scènes d'actions sont parfois un peu dures à suivre.
Night Fever
Night Fever est un one shot signé par le duo Brubaker - Phillips qu'on ne présente plus. Il nous raconte ici l'histoire de Jonathan Webb, un américain en voyage d'affaire en Europe. Au gré de ses insomnies il va plonger dans le monde de la nuit de cette grande ville. Et il ne va pas forcément en voir le meilleur. Il va se lier d'amitié avec un homme curieux qui va lui servir de guide, et un peu plus. Il va l'entrainer dans un univers violent et un peu malsain. Le début est bien construit, et l'entame est assez accrocheuse. Les prémices de cette plongée dans ce milieu de noctambules est intrigant. Par contre au fur et à mesure qu'on avance dans le récit, cette curiosité disparait peu à peu et laisse la place à un étrange sentiment. Entre violence, acte illégaux et hallucinations notre bonhomme se laisse entrainer dans une spirale sombre un peu malgré lui. Mais je n'ai pas été 100% convaincu ces péripéties, et au final j'ai eu du mal à adhérent pleinement. Le final est satisfait et met un point final à cette histoire. Un récit qui se laisse lire, pas désagréable mais pas inoubliable. On reconnait bien la patte et le style des auteurs, mais c'est pas leur meilleure collaboration.
Killing Joke (Batman - The Killing Joke/Rire et Mourir/Souriez !)
... Bien que l'ayant lu au moment de sa parution, nanti de son premier titre Francophone somme toute assez réussi et très en rapport avec la couverture (de l'époque !), je dois dire que j'étais un peu resté sur ma faim, moi aussi. Et pas seulement à cause de la platitude scénaristique sensée résumer la naissance d'un personnage aussi emblématique que le Joker... Plouf, donc. Sans trait d'esprit parce que c'est vraiment pas drôle ! Comme cité précédemment, l'histoire, à part dans ses scènes de violence gratuites (c'était quand même un peu expéditif de se débarrasser comme ça de Batgirl juste parce que le concept n'a jamais tenu la route !), se déroule sans vraie originalité ni réelle tension ; et seul le dessin très figuratif de Brian Bolland donne de la puissance au propos -et pourtant, je ne suis pas fan ! Berk : il est incapable de traduire une émotion sans enlaidir un visage. Comme quoi la virtuosité académique n'est pas tout dans ce domaine incroyablement riche de possibilités d'expression qu'est la Bande Dessinée. Ce qui n'enlève rien, surtout à l'époque, à la rareté -et donc l'attrait- de la rigueur "réaliste" de son style. Le résultat est une traduction très crue des scènes (Barbara, encore une fois ! Insupportable, on se croirait au journal télévisé !) et cela a sans aucun doute beaucoup contribué au succès des ventes. Un des premiers essais aux commandes d'une franchise célèbre du sinon (d'habitude ?!) très créatif Alan Moore qui, peut-être, s'est senti obligé d'y aller fort dans la torture "psychologique" (à l'Américaine, hein !) et le racolage, pour être sûr de marquer les esprits et faire son trou outre-Atlantique. Pari (facile) gagné.
Fox One
Je ne sais pas si mon avis va aller à l'encontre des précédents, mais loin d'être très positif, il surnage pour moi un peu au-dessus de la moyenne. Le premier tome ne m'a pas vraiment plu. Certes, il y avait une recherche de réalisme formel, de vraisemblance dans le récit, les thématiques, et les armements présentés. Un réalisme qui pour moi a été un peu sabordé par les dessins. Oh bien sûr, Renaud Garetta propose des scènes aériennes très réussies, avec des avions parfaitement dessinés. Mais les autres scènes, quelle catastrophe. Les personnages sont bourrés d'erreurs morphologiques, on a même du mal à reconnaître certains d'entre eux... Et les couleurs sont juste horribles. Sans parler de la mise en scène de certaines séquences, à la limite de la lisibilité. Si le design des personnages s'améliore au fil des tomes, la mise en scène reste foutraque de bout en bout. L'histoire n'est pas désagréable en soi, mais elle pâtit de ce niveau graphique insuffisant. J'imagine cependant que les férus d'aéronautique y trouveront leur compte, et c'est tant mieux. Les tomes 2 et 3, s'ils embrayent directement sur la fin du 1er, forment un récit presque à part entière, et je trouve qu'ils sont pas inintéressants, même si je trouve que le scénario franche par moments. Et la fin, finalement. Pourquoi pas, ça m'a franchement cueilli. C'est grâce à cette fin et à des scenarii qui tient globalement la route que Fox One obtient, à mes yeux, la moyenne.
Le Convoyeur
Encore une nouvelle BD post-apocalyptique me direz-vous. Oui, mais elle réussit à trouver sa propre identité. Dans un futur proche, une épidémie détruit les métaux, sauf le cuivre, et transforme lentement l'humanité en mutants. Certains affublés de facultés particulières, mais pas tous. Une nouvelle structure féodale s'est mise en place, et une nouvelle église traque de son côté les humains encore sains et leurs enfants afin de perpétuer l'espèce. Au milieu se trouve le convoyeur, étrange homme barbu aux yeux rouges, ayant la faculté d'absorber les pouvoirs de ses adversaires. Sa mission : convoyer / ramener biens et personnes, en échange de quoi le commanditaire avale un étrange œuf translucide ressemblant à celui d'un poisson. Le premier tome prend tout le temps de poser son univers, ses personnages, est très bien écrit, et laisse la porte ouverte à beaucoup de question : quelle est la fonction des œufs? Et quelle est cette mystérieuse personne qui traque le convoyeur, et tue ses anciens clients, avec lesquels il semble avoir établi un lien psychique une fois l’œuf avalé? Après effectivement l'univers décrit est assez glauque et dénué d'espoirs. Mais c'est ce réalisme qui fait sa force. Le second tome se concentre sur la nature du convoyeur, et les motivations de la chasseuse. Beaucoup de réponses, assez terrifiantes, nous sont fournies, mais plusieurs zones d'ombres persistent, et donc donnent vraiment envie de découvrir les autres tomes à venir : au départ prévu comme une trilogie, ce sera finalement une quadrilogie vu le succès rencontré par le premier opus. Jusqu'ici c'est un quasi sans-fautes. Edit 04/07/2022 : tome 03. On se replonge avec plaisir dans l'univers du convoyeur, toutefois on ne peut s'empêcher d'éprouver une forme de déception. Si l'intrigue continue à progresser, et donne de plus en plus de réponses terrifiantes quant à la nature du convoyeur et la tragédie ayant frappé l'un des personnages principaux, on a un peu le sentiment que ce qui a été traité en 54 planches aurait pu l'être en seulement 20. On ignore en effet toujours absolument tout de la nature véritable du convoyeur et des motivations de la créature qui l'a engendré, ainsi que ses origines. Je peux comprendre la volonté des auteurs de faire durer le suspens, mais là ce n'est pas justifié, j'espère juste que cette tactique de faire traîner en longueur ne sera pas reprise dans les dernier tome. Edit 27/10/2023: après avoir lu le quatrième et dernier tome, je reste un peu sur ma faim. En effet, si il y a bien un duel final entre la chasseuse qui pourchassait le convoyeur et ce dernier, ou du moins son incarnation, beaucoup de questions demeurent sans réponse: on en sait pas plus ni sur l'origine, ni sur le but poursuivi par la mystérieuse créature à l'origine du convoyeur, et on nous pond une classique mais fatigante dernière page semblant remettre en question ce qui s'est passé juste avant. J'ai comme un sentiment de gâchis, et je rabaisse ma note de 4 à 3 étoiles du coup.
Les Évaporés
Les Évaporés est l'adaptation plus ou moins libre en bande dessinée d'un roman de Thomas B. Reverdy. Si elle en garde l'essentiel du fond et du message, elle modifie un peu les personnages, transformant notamment l'héroïne et son amant détective venus tous deux de San Francisco en une héroïne venue de France et un détective japonais. Pour le reste, l'histoire est globalement identique. C'est celle d'un homme dans la soixantaine qui abandonne son foyer en pleine nuit pour disparaitre complètement, se réfugiant dans un quartier populaire de Tokyo réputé pour accueillir d'autres "évaporés" comme lui, désireux de couper les ponts avec leur ancienne vie et d'y chercher des petits boulots. En parallèle d'histoires de corruption et de magouilles criminelles, impliquant notamment un gamin de douze ans témoin d'un meurtre et fuyant des yakuzas, cette histoire est avant tout l'occasion d'offrir un regard original sur le Japon, celui des laissés pour compte mais aussi celui des suites de la catastrophe de Fukushima et du tsunami avec son lot de réfugiés et les tentatives gouvernementales de nettoyer les lieux. Réalisée en noir et blanc avec un dessin semi-réaliste détaillé et appréciable, cette BD brasse différents thèmes pour former une histoire originale et intéressante sur le Japon, sa culture et les conséquences de la catastrophe de 2011 dans la région de Sendai et son impact sur le reste du pays. Comme elle mélange le mystère sur les motivations du père disparu, l'enquête de sa fille pour le retrouver ainsi que deux histoires criminelles en parallèle, le lecteur est assez vite pris par la lecture et l'envie d'en savoir plus. Et c'est ce qui permet à l'auteur de placer plusieurs moments où sont décrits cet étrange phénomène sociologique que sont les évaporés, le quartier de San’ya à Tokyo qui en est venu à servir de refuge à nombre d'entre eux, le type de boulots qui leur est offert, l'influence des yakuzas, et surtout donc comme dit plus haut les suites du tsunami à l'échelle du pays et pour la région de Sendai elle-même. Pris par ma lecture, je voyais avec appréhension la fin de l'album approcher trop vite car je voyais mal comment toutes ces portes ouvertes allaient pouvoir se refermer. Et de fait, l'histoire se termine de manière plutôt ouverte, laissant le lecteur sur une demi-frustration même si la conclusion reste relativement satisfaisante. J'avoue que j'aurais aimé un développement et une fin plus concrète, notamment pour ce qui concerne la partie polar de l'histoire.
Le Paris des merveilles
J'avais découvert le Paris des Merveilleuses avec la série Les Artilleuses qui se déroulait dans cette capitale de la Belle Epoque peuplée de mages et autres fées. Mais c'est cette fois c'est directement l'adaptation des romans de Pierre Pevel auquel nous avons droit, à raison de 2 tomes par livre. J'ai donc été replongé dans ce Paris de fantasy qui mêle intrigues policières et politiques dans une ambiance 19e siècle et Brigades du Tigre, et aventures de light fantasy avec une cohébitation entre humains et créatures magiques avec les conflits entre chaque clan que cela peut impliquer. L'intrigue du premier diptyque, Les Enchantements d'Ambremer, comporte pas mal d'éléments en commun avec celle des Artilleuses. Toutefois le rythme un peu plus sage et une narration moins orientée vers l'action m'a davantage séduit. La relation entre le héros mage et l'héroïne fée exilée de son monde magique est assez sympathique. L'intrigue, à base une fois de plus de complots, d'espionnage et d'une quête d'artefacts mystérieux, tient assez bien la route. J'ai trouvé le rythme légerement brusque toutefois, sans doute dû au fait de devoir adapter tout un roman en moins de 96 pages de BD : ça reste compréhensible (quoique j'ai dû revenir pas mal de pages en arrière pour comprendre la raison de la vengeance exercée à la fin du tome 2) mais l'atmosphère a un peu de mal à se poser et le lecteur à savourer les lieux et l'originalité de cet univers. Et pour ce qui est du dessin, il est de bonne qualité, dynamique quand il le faut et détaillé quand l'occasion le permet. C'est une lecture divertissante dans un Paris de fantasy qui ne manque pas d'intérêt et qui promet d'autres aventures que je lirai probablement avec plaisir.