Les derniers avis (48438 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Évaporés
Les Évaporés

Les Évaporés est l'adaptation plus ou moins libre en bande dessinée d'un roman de Thomas B. Reverdy. Si elle en garde l'essentiel du fond et du message, elle modifie un peu les personnages, transformant notamment l'héroïne et son amant détective venus tous deux de San Francisco en une héroïne venue de France et un détective japonais. Pour le reste, l'histoire est globalement identique. C'est celle d'un homme dans la soixantaine qui abandonne son foyer en pleine nuit pour disparaitre complètement, se réfugiant dans un quartier populaire de Tokyo réputé pour accueillir d'autres "évaporés" comme lui, désireux de couper les ponts avec leur ancienne vie et d'y chercher des petits boulots. En parallèle d'histoires de corruption et de magouilles criminelles, impliquant notamment un gamin de douze ans témoin d'un meurtre et fuyant des yakuzas, cette histoire est avant tout l'occasion d'offrir un regard original sur le Japon, celui des laissés pour compte mais aussi celui des suites de la catastrophe de Fukushima et du tsunami avec son lot de réfugiés et les tentatives gouvernementales de nettoyer les lieux. Réalisée en noir et blanc avec un dessin semi-réaliste détaillé et appréciable, cette BD brasse différents thèmes pour former une histoire originale et intéressante sur le Japon, sa culture et les conséquences de la catastrophe de 2011 dans la région de Sendai et son impact sur le reste du pays. Comme elle mélange le mystère sur les motivations du père disparu, l'enquête de sa fille pour le retrouver ainsi que deux histoires criminelles en parallèle, le lecteur est assez vite pris par la lecture et l'envie d'en savoir plus. Et c'est ce qui permet à l'auteur de placer plusieurs moments où sont décrits cet étrange phénomène sociologique que sont les évaporés, le quartier de San’ya à Tokyo qui en est venu à servir de refuge à nombre d'entre eux, le type de boulots qui leur est offert, l'influence des yakuzas, et surtout donc comme dit plus haut les suites du tsunami à l'échelle du pays et pour la région de Sendai elle-même. Pris par ma lecture, je voyais avec appréhension la fin de l'album approcher trop vite car je voyais mal comment toutes ces portes ouvertes allaient pouvoir se refermer. Et de fait, l'histoire se termine de manière plutôt ouverte, laissant le lecteur sur une demi-frustration même si la conclusion reste relativement satisfaisante. J'avoue que j'aurais aimé un développement et une fin plus concrète, notamment pour ce qui concerne la partie polar de l'histoire.

27/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Le Paris des merveilles
Le Paris des merveilles

J'avais découvert le Paris des Merveilleuses avec la série Les Artilleuses qui se déroulait dans cette capitale de la Belle Epoque peuplée de mages et autres fées. Mais c'est cette fois c'est directement l'adaptation des romans de Pierre Pevel auquel nous avons droit, à raison de 2 tomes par livre. J'ai donc été replongé dans ce Paris de fantasy qui mêle intrigues policières et politiques dans une ambiance 19e siècle et Brigades du Tigre, et aventures de light fantasy avec une cohébitation entre humains et créatures magiques avec les conflits entre chaque clan que cela peut impliquer. L'intrigue du premier diptyque, Les Enchantements d'Ambremer, comporte pas mal d'éléments en commun avec celle des Artilleuses. Toutefois le rythme un peu plus sage et une narration moins orientée vers l'action m'a davantage séduit. La relation entre le héros mage et l'héroïne fée exilée de son monde magique est assez sympathique. L'intrigue, à base une fois de plus de complots, d'espionnage et d'une quête d'artefacts mystérieux, tient assez bien la route. J'ai trouvé le rythme légerement brusque toutefois, sans doute dû au fait de devoir adapter tout un roman en moins de 96 pages de BD : ça reste compréhensible (quoique j'ai dû revenir pas mal de pages en arrière pour comprendre la raison de la vengeance exercée à la fin du tome 2) mais l'atmosphère a un peu de mal à se poser et le lecteur à savourer les lieux et l'originalité de cet univers. Et pour ce qui est du dessin, il est de bonne qualité, dynamique quand il le faut et détaillé quand l'occasion le permet. C'est une lecture divertissante dans un Paris de fantasy qui ne manque pas d'intérêt et qui promet d'autres aventures que je lirai probablement avec plaisir.

26/10/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série L'Homme étoilé (A la vie ! / Je serai là !)
L'Homme étoilé (A la vie ! / Je serai là !)

L'auteur est infirmier en soins palliatifs et, après avoir simplement raconté des anecdotes touchantes ou amusantes sur son métier sur Instagram et dans son premier tome, il raconte ensuite son parcours d'étudiant infirmier, comment il en est venu à se spécialiser dans le domaine des soins palliatifs et aussi en quoi ce choix est probablement lié à un évènement de son passé. Malgré le sujet théoriquement lourd, le ton reste léger. L'auteur le précise justement : pour lui, les soins palliatifs, c'est apporter de la vie aux derniers jours des patients, se comporter avec eux en être humain, les écouter, illuminer ces derniers pour une fin plus apaisée pour eux et pour leur proches. C'est donc dans une ambiance rock et l'esprit ouvert qu'il s'intéresse sincèrement à ses patients. Et pourtant il en a vu des cas, dans ces fameux soins palliatifs mais aussi avant dans d'autres départements hospitaliers. Certains font froid dans le dos, d'autres au contraire remplissent d'une joie simple ou de satisfaction. C'est intéressant, bien raconté, facile à la lire grâce à une structure en chapitres courts presque indépendants. Le dessin est du dessin de blog BD, souple, propre et agréable. En résumé, c'est une bonne série sur le métier d'infirmier et le sujet de la fin de vie abordé avec humanité et une bonne humeur qui contraste avec l'idée qu'on se fait de ce domaine.

26/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Allumeuse
L'Allumeuse

Un peu moins sévère que Ro, même si je partage plusieurs de ses points négatifs sur la BD. En effet, comme souvent dans les BD pornographique japonaise, c'est un dessin qui exagère "légèrement" les poitrines des femmes, floute les organes génitales et insiste "un peu" trop sur la transpiration dans l'acte en lui-même (ou alors les japonais mettent toujours le chauffage à fond, je ne sais pas je n'y suis jamais allé). Les scènes en elle-même sont nombreuses, souvent parasitant le récit d'ailleurs. L'histoire en elle-même est simple, puisqu'il s'agit d'un jeune homme découvrant que sa collègue d'université couche avec un prof marié. Alors qu'il lui déclare tout savoir et fait en même temps une maladroite déclaration d'amour (dans laquelle je n'ai pas cru d'ailleurs), il commence une relation avec elle tout en découvrant une collègue mignonne et sympathique, qui partage ses gouts. Vous l'aurez compris, c'est avant tout une histoire d'amour en triangle amoureux, où les questions seront bien plus autour du sentiment envers chacun et la question de l'adultère. Maintenant le développement ne m'a pas vraiment surpris et le héros n'était pas assez intéressant à mes yeux pour que je m'investisse émotionnellement parlant dedans. Quelques passages sympathiques rehaussent l'ensemble, apportant des précisions que j'ai apprécié sur la question de la sexualité ou des relations. J'ajouterais que j'ai eu du mal avec le personnage principal qui se fait des fantasmes bien rétrogrades au début de la BD, précisions qui ne reviendra jamais ensuite et qui me semble assez mal le caractériser. L'auteur a peut-être eu envie de montrer les tendances qu'ont les jeunes hommes vierges à considérer négativement les femmes ? En tout cas ça dénote surtout que c'est en ouverture. Je ne pense pas revenir vers cette BD un jour mais elle a quelques intérêts, mineurs tout de même. J'ai lu mieux en terme de manga X et mieux en terme de comédie amoureuse autour de trois personnes. C'est intéressant sans être immanquable.

26/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Les Butineuses
Les Butineuses

J'aime plutôt bien les BD de Giuseppe Manunta, son trait est sympathique à l'œil même s'il n'est pas franchement érotique et qu'il a une façon de croquer les morphologies plutôt particulière, mais dans la globalité c'est agréable à lire. Les histoires courtes sont à chutes, pas forcément toujours aussi réussies mais certaines d'entre elles m'ont fait pouffer. C'est parfois un peu trop visible à mon gout mais on est pas non plus dans une demande d'originalité folle. Au moins Manunta essaye de varier les idées autour du sexe et ne se contente pas de gags poncifs, sexistes ou vulgaires. C'est une proposition qui a du charme, sans être follement original ou drôle. C'est ce que j'appelle de la lecture détente, on ne se prend pas la tête, on rigole un peu, c'est plaisant tout du long et on referme la BD sur une impression satisfaisante. Personnellement je n'en demande pas beaucoup plus et la BD reste dans cette zone de confort. Une lecture agréable, n'en demandons pas trop.

25/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Les Aventures de Huckleberry Finn
Les Aventures de Huckleberry Finn

Je ne connais pas l'auteur, qui semble avoir sorti plus de BD depuis cette œuvre de jeunesse. Par contre j'avais bien envie de lire celle-ci, BD s'inscrivant dans la continuité des aventures de Tom Sawyer dont j'ai entendu longuement parler enfant dans plusieurs adaptations différentes. Le personnage de Huck m'est donc connu mais je ne savais pas qu'il avait un roman à part, contant ses propres aventures dans l'Amérique du XIXe. La Bd raconte une histoire assez peu pour enfant, puisqu'on découvre l'alcoolisme, la violence envers les enfants, les querelles de familles et les meurtres arbitraires. Et l'ensemble est franchement teinté du racisme ordinaire du vieux sud des Amériques, avec ce noir fuyant son esclavage en compagnie de Huck. Le récit explore la rivière du Mississipi que nos deux compères descendent en radeau, progressivement. En se posant à différents points au bord du fleuve, on découvre différents aspects de cette Amérique là. Entre les villages où des familles se détestent, des clochards mythomanes qui arnaquent les gens en vendant du rêve, les chasseurs de "nègres en fuite" … C'est franchement un beau morceau de connerie humaine qui défile devant nos yeux ! Le tout est traversé par Huck, enfant orphelin de mère et dont le père est un alcoolique violent. Son périple est avant tout un moyen d'échapper à l'école et à son éducation qu'il appelle "civilisation". J'aime bien le parallèle entre la proposition de civilisation qui agace le jeune homme qui aime la nature, l'extérieur et l'absence de règles, tandis que le monde civilisé s'oppose au monde Sauvage de ces blancs qui semblent presque tout cinglés. Le gros hic que j'ai, c'est le dessin. Je ne sais pas si c'est dû à sa jeunesse, et je note que d'autres posteurs l'ont sacrément bien aimé, mais pour ma part j'ai trouvé ce côté très souple dans les corps assez dérangeant. Je pense que c'est principalement une question de goût. Pour moi, la représentation et la façon dont le dessin traite les corps me parait souvent trop artificiel et forcé, notamment lors des scènes de tensions. C'est dommage, parce que le récit est plutôt bon, mélange de jeunesse impertinente et de bêtises crasses. Amusant et choquant (sans doute plus qu'à l'époque), le récit est un bon rappel de ce qu'a pu être la vie en Amérique, bien loin des images d'Epinal des grandes villes que l'on a souvent en tête.

25/10/2023 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Une fantaisie du docteur Ox
Une fantaisie du docteur Ox

Une fantaisie du docteur Ox est une adaptation de M. Sapin d'une nouvelle de Jules Verne que je ne connaissais pas. C'est loin d'être un des chefs d'oeuvre de ce dernier et c'est plutôt destiné à un jeune public par la relative simplicité de sa trame narrative et ses personnages. Le dessin de M. Sapin est tout à fait adapté au style de l'histoire. On se situe dans un village où tous les habitants sont très aimables les uns envers les autres, et c'est ici que le docteur Ox et son fidèle assistant Ygène mettent au point un gaz qui va mettre un peu d'animation. Une jeune fille venue de la ville qui a plus de vivacité que les locaux va mener l'enquête et remettre tout cela dans l'ordre.

24/10/2023 (modifier)
Par GREG
Note: 3/5
Couverture de la série Omula et Rema
Omula et Rema

Je ne sais trop quoi penser. On a deux histoires parallèles : d'un côté un peuple vivant de l'autre côté de la galaxie, qui a semble-t-il fui la terre en proie à une catastrophe naturelle. Ces humains avancés font face à un problème de surpopulation et envoient une expédition vers leur planète d'origine, afin de vérifier si elle est de nouveau habitable et donc la coloniser. Les humains partent en petit équipage, mais avec 2 clones pour chacun censés servir de réserve d'organe ou de substitut en cas de coup dur. Une catastrophe se produit, seuls survivront au voyage une petite fille et un de ses clones, qui vont devoir s'adapter à la vie terrestre. De l'autre, on suit les péripéties de plusieurs acteurs autour de la cité italienne antique d'Albalonga. Leur histoire est une adaptation plus ou moins fidèle du mythe de Romulus et Remus. Reste à savoir comment ces deux petites filles vont s'y insérer, Romulus et Remus étant à priori morts, et les deux gamines vont semble-t-il prendre leur place. Une étrangeté : la couverture nous montre les deux filles adultes, alors que à la conclusion du tome 1, ce sont toujours des enfants. Je suis assez perplexe devant ce choix.

24/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Ténébreuse
Ténébreuse

Au moment de choisir quel bouquin j’allais lire je me suis seulement fié aux dessins de Vincent Mallié, qui rentrent bien dans ma zone de confort, aux bonnes notations du site, ainsi qu’au fait que ce soit estampillé fantasy. Je dois dire que je n’ai pas été déçu. Déjà il y aurait peut être à redire sur la qualification en fantasy, on se situe à la croisée des chemins, proche du conte, mais je chipote. Il faut dire qu’il y a pas mal d’éléments dans cette histoire qui font penser à certains mythes fondateurs : j’ai bien aimé la réinterprétation en contre-pied de l’histoire classique de la princesse en détresse à sauver d’un méchant monstre au sommet d’un donjon, beaucoup moins en revanche lorsque l’histoire tourne autour du trou de balle (avec de la subtilité cependant, il y a de la douceur, de la passion...), la guerre des sexes, etc. C’est un peu le segment sur lequel j’ai le moins accroché, mais bon, rien de négatif à redire là-dessus, c’est très bien raconté, ça ne me parle pas des masses ce genre de thématique, c’est tout. Je parlais de mythe fondateur et j’ai trouvé que Hubert jouait habilement avec les légendes européennes, des Moires grecques en passant par la geste poétique de Beowulf : la mère de Grendel, comment un héros se forge un royaume, etc. C’est l’aspect sur lequel j’ai le plus accroché. Le dessin de Vincent Mallié lui aussi est accrocheur, il y a du Régis Loisel là-dedans, c’est indéniable. Et tout de suite à la lecture cela fait écho à un autre conte bien connu de ce dernier : Peter Pan. Vraiment une bd de bien belle facture, rehaussée par les couleurs chatoyantes de Bruno Tatti, lui aussi il faut le créditer. C’est un peu le genre de lecture qui me divertit, où je passe un bon moment et dont le souvenir du récit demeurera quelques temps dans ma mémoire, mais dont je ne suis pas sûr d’avoir envie de me replonger dedans un jour. Un passage m’aura suffi. Pour donner un peu plus envie aux lecteurs, je me permets de recopier une partie du quatrième de couverture qui est on ne peut plus explicite sur ce qu’on va trouver à l’intérieur du bouquin : « Magnifié par le trait virtuose de Vincent Mallié, le scénario d’Hubert questionne le poids de l’héritage familiale et livre sous les parures du conte une réflexion intime sur nos monstres intérieurs. Ténébreuse est une ode à la rédemption où s’affronte déterminisme et libre-arbitre, portée par deux maîtres du genre fantastique ».

24/10/2023 (modifier)
Couverture de la série A rebrousse-poil
A rebrousse-poil

L’exercice du gag en une page est assez difficile, et faire preuve d’originalité l’est tout autant, étant donné le nombre de séries qui ont été publiées sur ce format. Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui semble n’avoir publié que cet album. Mais je dois dire qu’i s’en tire plutôt bien. En effet, avec des gags très sec, la plupart du temps muets, il m’a presque toujours fait sourire. Jamais d’éclat de rire, mais le sentiment en refermant l’album (vite lu) d’avoir passé un bon moment – ce qui est l’essentiel. On est dans la veine de Quino ou de Voutch, il n’y a rien de trash ou de rentre-dedans. Mais cet humour fonctionne assez bien, autour de sujets très variés. Le dessin, semi caricatural, est efficace et fluide, centré sur les personnages et quelques objets, et ne développe pas trop les décors. Un album qui ne se rencontre pas souvent, mais que j’ai trouvé sympathique. Un achat peu coûteux que je ne regrette pas du tout en tout cas.

24/10/2023 (modifier)