Au moment de choisir quel bouquin j’allais lire je me suis seulement fié aux dessins de Vincent Mallié, qui rentrent bien dans ma zone de confort, aux bonnes notations du site, ainsi qu’au fait que ce soit estampillé fantasy. Je dois dire que je n’ai pas été déçu.
Déjà il y aurait peut être à redire sur la qualification en fantasy, on se situe à la croisée des chemins, proche du conte, mais je chipote. Il faut dire qu’il y a pas mal d’éléments dans cette histoire qui font penser à certains mythes fondateurs : j’ai bien aimé la réinterprétation en contre-pied de l’histoire classique de la princesse en détresse à sauver d’un méchant monstre au sommet d’un donjon, beaucoup moins en revanche lorsque l’histoire tourne autour du trou de balle (avec de la subtilité cependant, il y a de la douceur, de la passion...), la guerre des sexes, etc. C’est un peu le segment sur lequel j’ai le moins accroché, mais bon, rien de négatif à redire là-dessus, c’est très bien raconté, ça ne me parle pas des masses ce genre de thématique, c’est tout. Je parlais de mythe fondateur et j’ai trouvé que Hubert jouait habilement avec les légendes européennes, des Moires grecques en passant par la geste poétique de Beowulf : la mère de Grendel, comment un héros se forge un royaume, etc. C’est l’aspect sur lequel j’ai le plus accroché.
Le dessin de Vincent Mallié lui aussi est accrocheur, il y a du Régis Loisel là-dedans, c’est indéniable. Et tout de suite à la lecture cela fait écho à un autre conte bien connu de ce dernier : Peter Pan. Vraiment une bd de bien belle facture, rehaussée par les couleurs chatoyantes de Bruno Tatti, lui aussi il faut le créditer.
C’est un peu le genre de lecture qui me divertit, où je passe un bon moment et dont le souvenir du récit demeurera quelques temps dans ma mémoire, mais dont je ne suis pas sûr d’avoir envie de me replonger dedans un jour. Un passage m’aura suffi.
Pour donner un peu plus envie aux lecteurs, je me permets de recopier une partie du quatrième de couverture qui est on ne peut plus explicite sur ce qu’on va trouver à l’intérieur du bouquin :
« Magnifié par le trait virtuose de Vincent Mallié, le scénario d’Hubert questionne le poids de l’héritage familiale et livre sous les parures du conte une réflexion intime sur nos monstres intérieurs. Ténébreuse est une ode à la rédemption où s’affronte déterminisme et libre-arbitre, portée par deux maîtres du genre fantastique ».
L’exercice du gag en une page est assez difficile, et faire preuve d’originalité l’est tout autant, étant donné le nombre de séries qui ont été publiées sur ce format.
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui semble n’avoir publié que cet album. Mais je dois dire qu’i s’en tire plutôt bien.
En effet, avec des gags très sec, la plupart du temps muets, il m’a presque toujours fait sourire. Jamais d’éclat de rire, mais le sentiment en refermant l’album (vite lu) d’avoir passé un bon moment – ce qui est l’essentiel.
On est dans la veine de Quino ou de Voutch, il n’y a rien de trash ou de rentre-dedans. Mais cet humour fonctionne assez bien, autour de sujets très variés.
Le dessin, semi caricatural, est efficace et fluide, centré sur les personnages et quelques objets, et ne développe pas trop les décors.
Un album qui ne se rencontre pas souvent, mais que j’ai trouvé sympathique. Un achat peu coûteux que je ne regrette pas du tout en tout cas.
J'ai trouvé que ce premier tome était juste correct, mais il faut dire que je ne suis pas le public-cible.
En effet, comme j'ai du l'écrit dans d'autres avis traitant de sujets similaires, le rock me laisse indifférent et cela inclus Jimi Hendrix. Alors lorsque je réussi à lire une biographie de lui sans m'ennuyer, je pense que cela veut dire que les auteurs ont du talent. J'ai trouvé plusieurs anecdotes intéressantes et j'ai bien aimé que les auteurs développent bien leur sujet. On est pas dans une énième biographie qui ne fait que 44 pages et où tous les points importants de la vie d'un personnage historique sont rapidement survolés.
Sinon, le dessin représente ce que je reproche souvent au réalisme dans la BD à savoir que si on prends les cases séparément, cela donne des jolies illustrations, mais lorsqu'on les mets ensembles cela donne une BD qui manque un peu de dynamisme dans la narration. Cela dit j'ai déjà vu pire et le dessinateur a au moins une patte contrairement à d'autres qui ont un style complètement dénué de personnalités.
Donc voilà l'album ne m'a pas trop enthousiasmé, mais il faut dire que le sujet lui-même ne m'enthousiasme pas trop. Alors courez le lire si vous être fan de rock et d'Hendrix !
J’ai lu la première édition française chez Reporter. La couverture était presque la même, mais les deux propositions du titre étaient inversées. Je ne sais pas si d’autres choses ont été changées ou ajoutées par la suite dans l’album d’Urban Comics.
Quant au contenu donc, disons que je suis sorti de cette lecture avec un sentiment mitigé. J’ai été touché par la sorte de bric-à-brac qui sert parfois d’illustration, avec des photos, des objets divers et variés, le tout dégageant une certaine poésie. J’adore les collages, et les travaux d’artistes comme Svankmajer, qui travaille sur du stop-motion à partir de poupées et d’objets récupérés et détournés, et certaines pages m’ont donné l’impression d’une inspiration commune.
L’intrigue elle-même doit recéler des passages allégoriques, je ne sais pas. Il y a de la mélancolie, un peu de nostalgie dans ces souvenirs de gamins, qui se rappelle certaines personnes de sa famille, des moments passés en commun, des non-dits/mal compris, etc.
Mais c’est parfois obscur, et il y a clairement des longueurs. Et l’alternance des modes d’illustration, ainsi qu’une narration saccadée, ne fluidifient pas toujours la lecture.
Note réelle 2,5/5.
Cet album rassemble une série d’histoires courtes, et l’ensemble est de bonne facture.
Sur les deux premiers tiers de l’album, le dessin est assez classique, mais sur les dernières histoires, on retrouve le trait caricatural, voire outrancier qui le caractérise sur pas mal de séries. Un trait gras, avec des personnages bien en chair le plus souvent. Son dessin est très reconnaissable, et je l’aime bien.
Les thématiques sexuelles – souvent fortes chez cet auteur – sont très présentes, de nombreuses perversions sexuelles sont même illustrées, Crumb adaptant des récits du XVIIIème siècle comme des rapports de médecins (cela donne parfois un texte abondant – un peu trop lourd je trouve).
Dans la deuxième moitié de l’album, il adapte « La nausée » de Sartre (dans une version très personnelle), et rend un hommage surprenant à Bécassine !
Dans la dernière – et plus longue – histoire, « Bad Karma » (dans laquelle intervient, dans un interlude volontairement abscons, un des personnages fétiches de Crumb, Mr Natural), on retrouve le style bien plus trash et caricatural, voire grotesque de l’auteur, avec là aussi certaines obsessions (comme les grosses fesses, les grosses cuisses), et un érotisme, voire du porno très présent, même si la relation sexuelle entre Le Crétin et la gironde de Marraine la fée font dévier le porno en un délire où tout est exagéré. J’ai bien aimé cette histoire assez déjantée.
Une autre série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et en plus c'est dans l'univers de Spirou. On pourrait pas avoir un truc de Spirou qui se passe dans les années 70 ou 80, pour changer un peu?
Ce premier tome est correct, mais pour le moment rien ne le fait sortir du lot. En série jeunesse, Les Enfants de la Résistance m'avait plus séduit. Ce qui m'a un peu déstabilisé est que c'est basé sur une histoire vraie et donc qu'il y a des moments tragiques, mais la plupart du temps le ton est très léger comme si on était dans un épisode de La Ribambelle. Bref, j'aurais préféré un ton plus sérieux comme dans Les Enfants de la Résistance parce que pour le moment, lorsque les héros affrontent des collabos, on se croirait plus dans La Grande Vadrouille.
Le dessin est correct. C'est du franco-belge comique sans le génie des meilleurs dessinateurs de l'école Marcinelle.
Aristote et ses potes est une série née chez Spirou en 1985. Elle met en scène Aristote (Ari) dont les amis sont des animaux anthropomorphiques (un bouc, un cochon, une vache, une poule et un canard) qui louent une maison où les animaux sont interdits et décident d'ouvrir un restaurant végétarien afin de pouvoir payer le loyer.
Il s'agit de pages de gags, réunies dans un total de 9 albums sortis jusqu'en 1995. Chaque album est thématisé autour d'un sujet central, qui change au suivant: ce ne sont pas des gags isolés, mais bien une trame que l'on suit avec amusement.
Effectivement c'est engagé : pro-végétarien, anti-pollution, même si parfois c'est un message un peu lourd, on passe malgré tout un bon moment.
Le seul vrai bémol concerne le graphisme: celui-ci s'appauvrit d'albums en albums, se simplifie mais pas dans le bon sens du terme. Comparer le premier et le dernier tome fait particulièrement mal. C'est surtout frappant pour le dessin du personnage d'Aristote, qui devient de plus en plus petit et de plus en plus simpliste.
Quand Christophe Bec est aux manettes d’un album, que ce soit lorsqu’il est scénariste ou du côté dessinateur, je me les procure presque les yeux fermés car je ne suis jamais déçu. Je suis un admirateur de ses atmosphères souvent noires avec du fantastique et souvent avec un brin de paranormal. C’est prodigieux et j’en redemande encore et encore.
Bon d’accord ses albums ne sont pas tous au même niveau. On fleurte avec du très très bon et de temps en temps avec du bon tendance moyen. Ce one shot est dans cette dernière catégorie. Ça sent bon l’apocalypse mais cela ne suffit pas pour tirer vers le haut le scénario même si tous les éléments du genre sont réunis. L'antéchrist, le héros solitaire en quête de la vérité, la religion, le Vatican, la mort… tout ça dans une ambiance bien poisseuse. Cela donne surtout l’impression de déjà-vu. Je ne me suis pas ennuyé mais je n’ai pas été surpris par la fin que l’on voit venir dès les premières pages.
J’apprécie d’habitude le trait d’Andréa Mutti mais sur ce coup là je le trouve un peu trop fondu, pas assez précis. Peut-être est-ce fait exprès … pour rendre l’ambiance générale plus sombre. En tout cas me concernant, j’ai moins kiffé que d’habitude.
Je recommande cependant cet album mais uniquement pour les amateurs du genre et en emprunt à la médiathèque de votre village.
Note réelle entre bof et pas mal.
Nouvelle adaptation en BD de ces romans jeunesse, cette série m'a fait réaliser que j'avais lu dans ma jeunesse essentiellement des romans de la traductrice française Claude Voilier qui avait repris la série plutôt que ceux que de l'autrice initiale, Enid Blyton. Et ce sont bien ceux là qui sont adaptés ici, les premiers romans qui nous décrivent la rencontre entre les quatre cousins ainsi que le chien Dagobert, puis leurs aventures dont les premières se déroulent en majorité autour de la villa des mouettes et de l'île de Kernach, propice à l'évasion et à l'imagination.
C'est une adaptation à la fois classique et moderne.
Moderne par son graphisme qui est une ligne claire dynamique et soignée. C'est un dessin très agréable et bénéficiant d'une mise en scène claire et fluide. On ne sent pas du tout les possibles lourdeurs d'une adaptation de roman et le rythme est prenant.
Classique car elle est respectueuse des romans initiaux et de l'esprit d'Enid Blyton. Elle met notamment bien en scène les caractères des jeunes héros, et notamment le côté garçon manqué très affirmé de Claudine/Claude. Certains éléments peuvent un peu surprendre un lecteur adulte tel que moi qui n'avait pas réalisé quand il était jeune le comportement parfois un peu étrange des jeunes héros qui ont tendance à très vite cataloguer les méchants et à se méfier d'eux alors même qu'ils n'ont encore rien fait de répréhensible. Cela m'a par exemple choqué dans le premier tome quand Claude laisse Dagobert attaquer un inconnu juste parce qu'il ne lui revient pas, ou quand les enfants estiment que les méchants sont des méchants parce qu'ils ont le toupet d'avoir acheté l'île que possède la visiblement aristocratique famille de Claude et de vouloir s'emparer du trésor qu'il contient. Mais s'ils l'ont acheté, en quoi est-ce que ça fait d'eux des escrocs ? Le caractère acariâtre du père de Claude ne m'avait pas non plus autant marqué qu'à la lecture de cette BD.
Toujours est-il que j'ai pris plaisir à lire ou relire ces aventures de ce Club des Cinq qui avait accompagné mes lectures de jeunesse. Graphisme et narration fonctionnent bien, les histoires sont simples mais prenantes et bien racontées, et on s'attache assez bien à ces jeunes héros. Ce sont des albums à mettre entre toutes les mains.
Jean Teulé, je l'ai adoré dans Je, François Villon, dans Charly 9 (surtout le roman) et dans "Monsieur de Montespan".
Ici j'accroche moins, mais c'est peut-être parce que cela détruit l'image que je garde de Baudelaire. Et aussi cela le rend presque inhumain, dans une violence contre l'ordre établi qui ne fait jamais de pas en arrière, cela détruit la vraisemblance au point qu'on n'y prête moins attention. Comme pour le Dali de Birmant et Oubrerie, mais presque plus encore parce que le dessin et la colorisation sont à la limite de l'abstraction par moment, et toujours dans un contraste exagéré avec beaucoup de noir dans les pages. Le propos et le dessin sont dans le même ton provocant et jusqu'auboutiste.
Alors que si on lit des articles de Baudelaire dans la presse, il sait se contenir dans une prose tout simplement bourgeoise. C'est un peu pour ça que le parti pris de Jean Teulé ne me convainc pas. Pour les trois autres opus cités , l'idée de départ n'est pas très vraisemblable non plus, mais la construction de l'histoire, l'épaisseur des personnages secondaires réussissent à conforter le scénario.
Mais je dois reconnaître que j'ai été séduite par les moments où les poèmes arrivent, et viennent reformuler une situation de la vie de leur auteur. On ressent le travail de Teulé qui reconstitue une situation, imaginée à partir des ambiguïtés du poème, et fait entrer tout ça dans une fiction à laquelle il essaie de donner une cohérence dans son scénario, sans réellement y parvenir.
L'album est donc une rencontre entre deux grands personnages, pas toujours agréable mais malgré tout fascinante.
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Ténébreuse
Au moment de choisir quel bouquin j’allais lire je me suis seulement fié aux dessins de Vincent Mallié, qui rentrent bien dans ma zone de confort, aux bonnes notations du site, ainsi qu’au fait que ce soit estampillé fantasy. Je dois dire que je n’ai pas été déçu. Déjà il y aurait peut être à redire sur la qualification en fantasy, on se situe à la croisée des chemins, proche du conte, mais je chipote. Il faut dire qu’il y a pas mal d’éléments dans cette histoire qui font penser à certains mythes fondateurs : j’ai bien aimé la réinterprétation en contre-pied de l’histoire classique de la princesse en détresse à sauver d’un méchant monstre au sommet d’un donjon, beaucoup moins en revanche lorsque l’histoire tourne autour du trou de balle (avec de la subtilité cependant, il y a de la douceur, de la passion...), la guerre des sexes, etc. C’est un peu le segment sur lequel j’ai le moins accroché, mais bon, rien de négatif à redire là-dessus, c’est très bien raconté, ça ne me parle pas des masses ce genre de thématique, c’est tout. Je parlais de mythe fondateur et j’ai trouvé que Hubert jouait habilement avec les légendes européennes, des Moires grecques en passant par la geste poétique de Beowulf : la mère de Grendel, comment un héros se forge un royaume, etc. C’est l’aspect sur lequel j’ai le plus accroché. Le dessin de Vincent Mallié lui aussi est accrocheur, il y a du Régis Loisel là-dedans, c’est indéniable. Et tout de suite à la lecture cela fait écho à un autre conte bien connu de ce dernier : Peter Pan. Vraiment une bd de bien belle facture, rehaussée par les couleurs chatoyantes de Bruno Tatti, lui aussi il faut le créditer. C’est un peu le genre de lecture qui me divertit, où je passe un bon moment et dont le souvenir du récit demeurera quelques temps dans ma mémoire, mais dont je ne suis pas sûr d’avoir envie de me replonger dedans un jour. Un passage m’aura suffi. Pour donner un peu plus envie aux lecteurs, je me permets de recopier une partie du quatrième de couverture qui est on ne peut plus explicite sur ce qu’on va trouver à l’intérieur du bouquin : « Magnifié par le trait virtuose de Vincent Mallié, le scénario d’Hubert questionne le poids de l’héritage familiale et livre sous les parures du conte une réflexion intime sur nos monstres intérieurs. Ténébreuse est une ode à la rédemption où s’affronte déterminisme et libre-arbitre, portée par deux maîtres du genre fantastique ».
A rebrousse-poil
L’exercice du gag en une page est assez difficile, et faire preuve d’originalité l’est tout autant, étant donné le nombre de séries qui ont été publiées sur ce format. Je ne connaissais pas du tout cet auteur, qui semble n’avoir publié que cet album. Mais je dois dire qu’i s’en tire plutôt bien. En effet, avec des gags très sec, la plupart du temps muets, il m’a presque toujours fait sourire. Jamais d’éclat de rire, mais le sentiment en refermant l’album (vite lu) d’avoir passé un bon moment – ce qui est l’essentiel. On est dans la veine de Quino ou de Voutch, il n’y a rien de trash ou de rentre-dedans. Mais cet humour fonctionne assez bien, autour de sujets très variés. Le dessin, semi caricatural, est efficace et fluide, centré sur les personnages et quelques objets, et ne développe pas trop les décors. Un album qui ne se rencontre pas souvent, mais que j’ai trouvé sympathique. Un achat peu coûteux que je ne regrette pas du tout en tout cas.
Kiss the Sky
J'ai trouvé que ce premier tome était juste correct, mais il faut dire que je ne suis pas le public-cible. En effet, comme j'ai du l'écrit dans d'autres avis traitant de sujets similaires, le rock me laisse indifférent et cela inclus Jimi Hendrix. Alors lorsque je réussi à lire une biographie de lui sans m'ennuyer, je pense que cela veut dire que les auteurs ont du talent. J'ai trouvé plusieurs anecdotes intéressantes et j'ai bien aimé que les auteurs développent bien leur sujet. On est pas dans une énième biographie qui ne fait que 44 pages et où tous les points importants de la vie d'un personnage historique sont rapidement survolés. Sinon, le dessin représente ce que je reproche souvent au réalisme dans la BD à savoir que si on prends les cases séparément, cela donne des jolies illustrations, mais lorsqu'on les mets ensembles cela donne une BD qui manque un peu de dynamisme dans la narration. Cela dit j'ai déjà vu pire et le dessinateur a au moins une patte contrairement à d'autres qui ont un style complètement dénué de personnalités. Donc voilà l'album ne m'a pas trop enthousiasmé, mais il faut dire que le sujet lui-même ne m'enthousiasme pas trop. Alors courez le lire si vous être fan de rock et d'Hendrix !
La Tragédie Comique ou Comédie Tragique de Mr. Punch
J’ai lu la première édition française chez Reporter. La couverture était presque la même, mais les deux propositions du titre étaient inversées. Je ne sais pas si d’autres choses ont été changées ou ajoutées par la suite dans l’album d’Urban Comics. Quant au contenu donc, disons que je suis sorti de cette lecture avec un sentiment mitigé. J’ai été touché par la sorte de bric-à-brac qui sert parfois d’illustration, avec des photos, des objets divers et variés, le tout dégageant une certaine poésie. J’adore les collages, et les travaux d’artistes comme Svankmajer, qui travaille sur du stop-motion à partir de poupées et d’objets récupérés et détournés, et certaines pages m’ont donné l’impression d’une inspiration commune. L’intrigue elle-même doit recéler des passages allégoriques, je ne sais pas. Il y a de la mélancolie, un peu de nostalgie dans ces souvenirs de gamins, qui se rappelle certaines personnes de sa famille, des moments passés en commun, des non-dits/mal compris, etc. Mais c’est parfois obscur, et il y a clairement des longueurs. Et l’alternance des modes d’illustration, ainsi qu’une narration saccadée, ne fluidifient pas toujours la lecture. Note réelle 2,5/5.
Nausea
Cet album rassemble une série d’histoires courtes, et l’ensemble est de bonne facture. Sur les deux premiers tiers de l’album, le dessin est assez classique, mais sur les dernières histoires, on retrouve le trait caricatural, voire outrancier qui le caractérise sur pas mal de séries. Un trait gras, avec des personnages bien en chair le plus souvent. Son dessin est très reconnaissable, et je l’aime bien. Les thématiques sexuelles – souvent fortes chez cet auteur – sont très présentes, de nombreuses perversions sexuelles sont même illustrées, Crumb adaptant des récits du XVIIIème siècle comme des rapports de médecins (cela donne parfois un texte abondant – un peu trop lourd je trouve). Dans la deuxième moitié de l’album, il adapte « La nausée » de Sartre (dans une version très personnelle), et rend un hommage surprenant à Bécassine ! Dans la dernière – et plus longue – histoire, « Bad Karma » (dans laquelle intervient, dans un interlude volontairement abscons, un des personnages fétiches de Crumb, Mr Natural), on retrouve le style bien plus trash et caricatural, voire grotesque de l’auteur, avec là aussi certaines obsessions (comme les grosses fesses, les grosses cuisses), et un érotisme, voire du porno très présent, même si la relation sexuelle entre Le Crétin et la gironde de Marraine la fée font dévier le porno en un délire où tout est exagéré. J’ai bien aimé cette histoire assez déjantée.
Les Amis de Spirou
Une autre série qui se passe durant la seconde guerre mondiale et en plus c'est dans l'univers de Spirou. On pourrait pas avoir un truc de Spirou qui se passe dans les années 70 ou 80, pour changer un peu? Ce premier tome est correct, mais pour le moment rien ne le fait sortir du lot. En série jeunesse, Les Enfants de la Résistance m'avait plus séduit. Ce qui m'a un peu déstabilisé est que c'est basé sur une histoire vraie et donc qu'il y a des moments tragiques, mais la plupart du temps le ton est très léger comme si on était dans un épisode de La Ribambelle. Bref, j'aurais préféré un ton plus sérieux comme dans Les Enfants de la Résistance parce que pour le moment, lorsque les héros affrontent des collabos, on se croirait plus dans La Grande Vadrouille. Le dessin est correct. C'est du franco-belge comique sans le génie des meilleurs dessinateurs de l'école Marcinelle.
Aristote et ses potes
Aristote et ses potes est une série née chez Spirou en 1985. Elle met en scène Aristote (Ari) dont les amis sont des animaux anthropomorphiques (un bouc, un cochon, une vache, une poule et un canard) qui louent une maison où les animaux sont interdits et décident d'ouvrir un restaurant végétarien afin de pouvoir payer le loyer. Il s'agit de pages de gags, réunies dans un total de 9 albums sortis jusqu'en 1995. Chaque album est thématisé autour d'un sujet central, qui change au suivant: ce ne sont pas des gags isolés, mais bien une trame que l'on suit avec amusement. Effectivement c'est engagé : pro-végétarien, anti-pollution, même si parfois c'est un message un peu lourd, on passe malgré tout un bon moment. Le seul vrai bémol concerne le graphisme: celui-ci s'appauvrit d'albums en albums, se simplifie mais pas dans le bon sens du terme. Comparer le premier et le dernier tome fait particulièrement mal. C'est surtout frappant pour le dessin du personnage d'Aristote, qui devient de plus en plus petit et de plus en plus simpliste.
Le Fils de la Perdition
Quand Christophe Bec est aux manettes d’un album, que ce soit lorsqu’il est scénariste ou du côté dessinateur, je me les procure presque les yeux fermés car je ne suis jamais déçu. Je suis un admirateur de ses atmosphères souvent noires avec du fantastique et souvent avec un brin de paranormal. C’est prodigieux et j’en redemande encore et encore. Bon d’accord ses albums ne sont pas tous au même niveau. On fleurte avec du très très bon et de temps en temps avec du bon tendance moyen. Ce one shot est dans cette dernière catégorie. Ça sent bon l’apocalypse mais cela ne suffit pas pour tirer vers le haut le scénario même si tous les éléments du genre sont réunis. L'antéchrist, le héros solitaire en quête de la vérité, la religion, le Vatican, la mort… tout ça dans une ambiance bien poisseuse. Cela donne surtout l’impression de déjà-vu. Je ne me suis pas ennuyé mais je n’ai pas été surpris par la fin que l’on voit venir dès les premières pages. J’apprécie d’habitude le trait d’Andréa Mutti mais sur ce coup là je le trouve un peu trop fondu, pas assez précis. Peut-être est-ce fait exprès … pour rendre l’ambiance générale plus sombre. En tout cas me concernant, j’ai moins kiffé que d’habitude. Je recommande cependant cet album mais uniquement pour les amateurs du genre et en emprunt à la médiathèque de votre village. Note réelle entre bof et pas mal.
Le Club des Cinq (Nataël/Béja)
Nouvelle adaptation en BD de ces romans jeunesse, cette série m'a fait réaliser que j'avais lu dans ma jeunesse essentiellement des romans de la traductrice française Claude Voilier qui avait repris la série plutôt que ceux que de l'autrice initiale, Enid Blyton. Et ce sont bien ceux là qui sont adaptés ici, les premiers romans qui nous décrivent la rencontre entre les quatre cousins ainsi que le chien Dagobert, puis leurs aventures dont les premières se déroulent en majorité autour de la villa des mouettes et de l'île de Kernach, propice à l'évasion et à l'imagination. C'est une adaptation à la fois classique et moderne. Moderne par son graphisme qui est une ligne claire dynamique et soignée. C'est un dessin très agréable et bénéficiant d'une mise en scène claire et fluide. On ne sent pas du tout les possibles lourdeurs d'une adaptation de roman et le rythme est prenant. Classique car elle est respectueuse des romans initiaux et de l'esprit d'Enid Blyton. Elle met notamment bien en scène les caractères des jeunes héros, et notamment le côté garçon manqué très affirmé de Claudine/Claude. Certains éléments peuvent un peu surprendre un lecteur adulte tel que moi qui n'avait pas réalisé quand il était jeune le comportement parfois un peu étrange des jeunes héros qui ont tendance à très vite cataloguer les méchants et à se méfier d'eux alors même qu'ils n'ont encore rien fait de répréhensible. Cela m'a par exemple choqué dans le premier tome quand Claude laisse Dagobert attaquer un inconnu juste parce qu'il ne lui revient pas, ou quand les enfants estiment que les méchants sont des méchants parce qu'ils ont le toupet d'avoir acheté l'île que possède la visiblement aristocratique famille de Claude et de vouloir s'emparer du trésor qu'il contient. Mais s'ils l'ont acheté, en quoi est-ce que ça fait d'eux des escrocs ? Le caractère acariâtre du père de Claude ne m'avait pas non plus autant marqué qu'à la lecture de cette BD. Toujours est-il que j'ai pris plaisir à lire ou relire ces aventures de ce Club des Cinq qui avait accompagné mes lectures de jeunesse. Graphisme et narration fonctionnent bien, les histoires sont simples mais prenantes et bien racontées, et on s'attache assez bien à ces jeunes héros. Ce sont des albums à mettre entre toutes les mains.
Crénom, Baudelaire !
Jean Teulé, je l'ai adoré dans Je, François Villon, dans Charly 9 (surtout le roman) et dans "Monsieur de Montespan". Ici j'accroche moins, mais c'est peut-être parce que cela détruit l'image que je garde de Baudelaire. Et aussi cela le rend presque inhumain, dans une violence contre l'ordre établi qui ne fait jamais de pas en arrière, cela détruit la vraisemblance au point qu'on n'y prête moins attention. Comme pour le Dali de Birmant et Oubrerie, mais presque plus encore parce que le dessin et la colorisation sont à la limite de l'abstraction par moment, et toujours dans un contraste exagéré avec beaucoup de noir dans les pages. Le propos et le dessin sont dans le même ton provocant et jusqu'auboutiste. Alors que si on lit des articles de Baudelaire dans la presse, il sait se contenir dans une prose tout simplement bourgeoise. C'est un peu pour ça que le parti pris de Jean Teulé ne me convainc pas. Pour les trois autres opus cités , l'idée de départ n'est pas très vraisemblable non plus, mais la construction de l'histoire, l'épaisseur des personnages secondaires réussissent à conforter le scénario. Mais je dois reconnaître que j'ai été séduite par les moments où les poèmes arrivent, et viennent reformuler une situation de la vie de leur auteur. On ressent le travail de Teulé qui reconstitue une situation, imaginée à partir des ambiguïtés du poème, et fait entrer tout ça dans une fiction à laquelle il essaie de donner une cohérence dans son scénario, sans réellement y parvenir. L'album est donc une rencontre entre deux grands personnages, pas toujours agréable mais malgré tout fascinante.