Plus de 18 mois après son décès, voici le dernier album de François Corteggiani, grand scénariste acclamé pour sa verve et son humour, qui s'était attaqué ici à des histoires traditionnelles de sa Provence adorée.
Avec le soutien de son complice Herlé, qui signe d'ailleurs le scénario de trois récits, il nous raconte donc la naissance du Mistral, ce vent si doux qu'il caresse le maquis, l'origine du lion de mer et du lion de terre, ces deux rochers situés face à saint-Raphaël, l'histoire singulière de la Pierre de la fée, et quelques autres, une dizaine au total. Le tout encapsulé dans une situation, celle d'une arrière-grand-mère qui raconte ces légendes à ses arrières-petits-enfants, pour les détourner des omniprésents écrans.
C'est plutôt rigolo dans l'ensemble, Cortegghiani et Herlé insufflant des références contemporaines dans leurs histoires, avec une gouaille qui réussit à se renouveler à chaque histoire, et une Église qui en prend un peu pour son grade en passant. le dessinateur-caricaturiste s'y montre au mieux de sa forme, mention spéciale à cette hallucinante scène d'un curé pris par le démon de la dive bouteille en pleine messe de minuit.
Chabouté nous immerge ici dans un New York qu’on observe depuis la banquette d’un taxi jaune, à hauteur d’homme, ou plutôt à hauteur de chauffeur. Comme toujours, le dessin de Chabouté est impeccable : noir, contrasté, plein de détails. Il capte l’essence même de la ville, ses rues, ses passants, ses atmosphères, avec une finesse qui rend la lecture immersive. On sent que le trait est maîtrisé, chaque case est un tableau en soi. Mais au-delà du dessin, l’histoire, elle, manque de relief.
Le point de départ est pourtant prometteur. On suit le quotidien d’un écrivain français qui, en quête d’inspiration, décide de devenir chauffeur de taxi à New York. Il y a là une idée séduisante : découvrir la ville à travers le regard de ceux qui la traversent sans s’y arrêter, capter des fragments de vies en mouvement. Et Chabouté fait bien ressentir cette atmosphère d’attente, de flottement, d’observations furtives. Les dialogues sont brefs, les scènes souvent silencieuses, on est dans un rythme lent, presque contemplatif.
Mais c’est peut-être là que le bât blesse. Si le style de Chabouté sert parfaitement cette ambiance de pause, d’observation, il y a un manque d’intensité dans le récit. On s’attend à ce que l’histoire décolle, à ce que le personnage principal vive des moments marquants ou entre dans une relation plus profonde avec la ville et ses passagers. Mais au final, tout reste en surface. Les rencontres s’enchaînent, certaines touchent du doigt quelque chose de plus profond, mais cela ne dure jamais. On passe d’une scène à l’autre sans jamais ressentir de véritable progression, ni d’émotion marquante.
C’est agréable à lire, indéniablement, mais on a l’impression que l’histoire ne va pas assez loin. On reste dans un registre presque documentaire, sans jamais plonger dans quelque chose de plus personnel ou poignant. Le livre est bien fait, bien dessiné, mais une fois la dernière page tournée, il manque ce petit quelque chose qui donne envie d’y revenir, de se replonger dedans pour redécouvrir des détails ou revivre certaines émotions.
En résumé, c'est visuellement réussi, mais cet album souffre d’un manque de profondeur narrative. L’immersion est plaisante, mais l’histoire, trop sage, ne laisse pas un souvenir impérissable. Une lecture agréable, sans plus.
Un ouvrage qui se distingue par la richesse de son contenu documentaire. Le sujet, d’une gravité et d’une importance indéniables, est abordé avec rigueur et précision. Les auteurs s’appuient sur une enquête approfondie pour éclairer les mécanismes derrière les attaques, et cela se ressent tout au long de la lecture. Les faits sont exposés de manière claire, ce qui en fait une œuvre informative et intéressante pour quiconque souhaite mieux comprendre les événements tragiques de cette nuit.
Cependant, malgré la qualité de l’enquête, l’exécution graphique laisse un peu à désirer. Le dessin manque de finesse, je ne suis vraiment pas fan des surimpressions sur photos, on comprend l'idée artistique mais l'exécution pèche. Les personnages sont parfois difficiles à identifier et pour moi c'est rédhibitoire. Ce manque de clarté dans le trait gêne la compréhension d’une intrigue déjà dense. La narration, elle aussi, aurait gagné à être plus fluide. Le poids des informations combiné à une mise en scène parfois statique rend la lecture un peu laborieuse, malgré l’intérêt du sujet.
En somme, voici un ouvrage précieux pour sa dimension documentaire, mais qui aurait mérité un traitement artistique plus soigné. Une lecture recommandée pour ceux qui privilégient le contenu factuel, mais qui pourrait décevoir ceux en quête d’une expérience BD.
Vraie note 3,5
Un récit qui nous amène au coeur de la vie des catholiques et protestants de l'Ulster pendant des années compliquées. Contexte intéressant comme le travail documentaire à la fin qui remet les choses en perspectives.
L'histoire est sympa même si on retombe un peu dans certains clichés, surtout à la fin.
Les couleurs à l'aquarelle servent bien l'histoire mais j'ai toujours un peu de mal quand les visages manquent de precision.
Il faudra bien que j'oublie l'histoire avant de la relire mais c'est un livre que je vais garder, trop peu de BD dans ce contexte historique.
Le dessin est vraiment magnifique et en voyant que les contes étaient écrits par Balzac, il y avait a priori ce qu'il faut pour un superbe album. Eh bien ... J'ai été déçu, par ces contes qui n'ont rien d'exceptionnel. Balzac a voulu faire dans la légèreté et c'est l'impression que ça laisse, trop léger... Aucun conte ne m'a vraiment transcendé... Reste le dessin qui est exceptionnel et très adapté à ce genre de récits. A revoir avec un bon scénario ?
Joli travail à 4 mains qui monte d’un cran à la moitié du livre dans des cases où les deux styles se mélangent.
C'est original et bien exécuté mais malheureusement le scénario peine à surprendre, on voit très vite ou cela va déboucher, d’autant que la couverture est très suggestive..
Un peu dommage, mais on gardera l'originalité
Vraie note 3,5 / 5 mais comme j'aime bien Rabaté...
Pas de doute on est dans un Rabaté, le décor est toujours planté de manière assez subtile. L'histoire est légère même si certains personnages prennent de l'épaisseur. On retrouve les pieds de nez assez chers à l'auteur a priori :)
Un peu déçu par la fin cette fois.
Un bon album de Gregory Panacionne très agréable à lire. L'histoire est plaisante, même si elle ne révolutionne pas le genre. Le personnage principal est bien construit et développé à travers son enfance et son âge adulte même si je suis un peu resté sur ma faim. Malgré quelques éléments narratifs prévisibles et un enchaînement d'événements parfois un peu forcé, la lecture est fluide et plaisante.
Le dessin de Panaccione, bien que non conventionnel, transmet parfaitement les émotions et la détresse du personnage principal, ce qui renforce bien l'immersion dans l'histoire. J'aurais apprécié une histoire un peu plus approfondie et développée, mais Grégory Panacionne a ce savoir-faire particulier de faire passer des émotions et c'est ce que je retiens au final.
Je suis bien d'accord avec Canarde, l'affiche François Morel & Pascal Rabaté a de la gueule. Deux noms qui évoquent la sensibilité et l’humour. Et sur le papier, ça fonctionne bien. L’histoire d’un adolescent fasciné par Isabelle Samain, cette figure d’idéal féminin, a tout pour être charmante. Et effectivement, le ton est léger, empreint de nostalgie, avec une certaine douceur dans la manière de raconter les premiers émois amoureux.
Mais voilà, malgré les qualités évidentes de l’album, je suis resté sur ma faim. C’est comme si l’ensemble ne décollait jamais vraiment. La narration est plaisante, avec un François Morel qui sait manier le verbe et un Pascal Rabaté qui maîtrise son trait. Il y a des trouvailles graphiques intéressantes, comme ce dédoublement du personnage principal ou les superpositions de cases d’une page à l’autre, qui montrent bien la confusion intérieure de cet adolescent. On reconnaît la patte de Rabaté, toujours précise et expressive.
Cependant, au-delà de cette surface séduisante, il m'a manqué quelque chose en termes de contenu. L’histoire, si elle se lit avec plaisir, reste finalement assez légère, presque anecdotique. Je ne me suis pas vraiment attaché à cette obsession pour Isabelle Samain, et suis de fait resté en retrait face aux émotions du jeune narrateur. À la fin, il y a cette petite frustration, comme si on avait survolé l’adolescence sans vraiment plonger dedans. C’est joli, bien fait, mais un peu trop sage pour véritablement marquer.
3.5
Une belle histoire de solitude et d'évasion par l'imagination.
Mais à l'inverse du trépidant Papillon, prisonnier du bagne de Cayenne, l'enferement a l'air ici plus volontaire. A l'étroit dans ce phare austère, l'univers de notre freak s'étend très largement à l'ouverture de son dictionnaire et d'objets divers.
Un livre bien épais pour une histoire se déroulant dans un phare dans un très beau noir&blanc. Plus de 300 pages mais se lisant assez vite en l'absence de petites cases et de longs textes. Le rythme imposé convient parfaitement au cadre et au sujet du récit.
Pas grand chose à redire, ma note penche vers le 3 pour la bête raison que je ne suis pas assez sensibles aux oeuvres poétiques. Mais j'aime Chabouté donc cela ne me refroidit de loin pas à lire ses prochaines oeuvres.
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Contes et légendes de Provence
Plus de 18 mois après son décès, voici le dernier album de François Corteggiani, grand scénariste acclamé pour sa verve et son humour, qui s'était attaqué ici à des histoires traditionnelles de sa Provence adorée. Avec le soutien de son complice Herlé, qui signe d'ailleurs le scénario de trois récits, il nous raconte donc la naissance du Mistral, ce vent si doux qu'il caresse le maquis, l'origine du lion de mer et du lion de terre, ces deux rochers situés face à saint-Raphaël, l'histoire singulière de la Pierre de la fée, et quelques autres, une dizaine au total. Le tout encapsulé dans une situation, celle d'une arrière-grand-mère qui raconte ces légendes à ses arrières-petits-enfants, pour les détourner des omniprésents écrans. C'est plutôt rigolo dans l'ensemble, Cortegghiani et Herlé insufflant des références contemporaines dans leurs histoires, avec une gouaille qui réussit à se renouveler à chaque histoire, et une Église qui en prend un peu pour son grade en passant. le dessinateur-caricaturiste s'y montre au mieux de sa forme, mention spéciale à cette hallucinante scène d'un curé pris par le démon de la dive bouteille en pleine messe de minuit.
Yellow Cab
Chabouté nous immerge ici dans un New York qu’on observe depuis la banquette d’un taxi jaune, à hauteur d’homme, ou plutôt à hauteur de chauffeur. Comme toujours, le dessin de Chabouté est impeccable : noir, contrasté, plein de détails. Il capte l’essence même de la ville, ses rues, ses passants, ses atmosphères, avec une finesse qui rend la lecture immersive. On sent que le trait est maîtrisé, chaque case est un tableau en soi. Mais au-delà du dessin, l’histoire, elle, manque de relief. Le point de départ est pourtant prometteur. On suit le quotidien d’un écrivain français qui, en quête d’inspiration, décide de devenir chauffeur de taxi à New York. Il y a là une idée séduisante : découvrir la ville à travers le regard de ceux qui la traversent sans s’y arrêter, capter des fragments de vies en mouvement. Et Chabouté fait bien ressentir cette atmosphère d’attente, de flottement, d’observations furtives. Les dialogues sont brefs, les scènes souvent silencieuses, on est dans un rythme lent, presque contemplatif. Mais c’est peut-être là que le bât blesse. Si le style de Chabouté sert parfaitement cette ambiance de pause, d’observation, il y a un manque d’intensité dans le récit. On s’attend à ce que l’histoire décolle, à ce que le personnage principal vive des moments marquants ou entre dans une relation plus profonde avec la ville et ses passagers. Mais au final, tout reste en surface. Les rencontres s’enchaînent, certaines touchent du doigt quelque chose de plus profond, mais cela ne dure jamais. On passe d’une scène à l’autre sans jamais ressentir de véritable progression, ni d’émotion marquante. C’est agréable à lire, indéniablement, mais on a l’impression que l’histoire ne va pas assez loin. On reste dans un registre presque documentaire, sans jamais plonger dans quelque chose de plus personnel ou poignant. Le livre est bien fait, bien dessiné, mais une fois la dernière page tournée, il manque ce petit quelque chose qui donne envie d’y revenir, de se replonger dedans pour redécouvrir des détails ou revivre certaines émotions. En résumé, c'est visuellement réussi, mais cet album souffre d’un manque de profondeur narrative. L’immersion est plaisante, mais l’histoire, trop sage, ne laisse pas un souvenir impérissable. Une lecture agréable, sans plus.
La Cellule - Enquête sur les attentats du 13 novembre 2015
Un ouvrage qui se distingue par la richesse de son contenu documentaire. Le sujet, d’une gravité et d’une importance indéniables, est abordé avec rigueur et précision. Les auteurs s’appuient sur une enquête approfondie pour éclairer les mécanismes derrière les attaques, et cela se ressent tout au long de la lecture. Les faits sont exposés de manière claire, ce qui en fait une œuvre informative et intéressante pour quiconque souhaite mieux comprendre les événements tragiques de cette nuit. Cependant, malgré la qualité de l’enquête, l’exécution graphique laisse un peu à désirer. Le dessin manque de finesse, je ne suis vraiment pas fan des surimpressions sur photos, on comprend l'idée artistique mais l'exécution pèche. Les personnages sont parfois difficiles à identifier et pour moi c'est rédhibitoire. Ce manque de clarté dans le trait gêne la compréhension d’une intrigue déjà dense. La narration, elle aussi, aurait gagné à être plus fluide. Le poids des informations combiné à une mise en scène parfois statique rend la lecture un peu laborieuse, malgré l’intérêt du sujet. En somme, voici un ouvrage précieux pour sa dimension documentaire, mais qui aurait mérité un traitement artistique plus soigné. Une lecture recommandée pour ceux qui privilégient le contenu factuel, mais qui pourrait décevoir ceux en quête d’une expérience BD.
Coupures irlandaises
Vraie note 3,5 Un récit qui nous amène au coeur de la vie des catholiques et protestants de l'Ulster pendant des années compliquées. Contexte intéressant comme le travail documentaire à la fin qui remet les choses en perspectives. L'histoire est sympa même si on retombe un peu dans certains clichés, surtout à la fin. Les couleurs à l'aquarelle servent bien l'histoire mais j'ai toujours un peu de mal quand les visages manquent de precision. Il faudra bien que j'oublie l'histoire avant de la relire mais c'est un livre que je vais garder, trop peu de BD dans ce contexte historique.
Les Contes Drolatiques
Le dessin est vraiment magnifique et en voyant que les contes étaient écrits par Balzac, il y avait a priori ce qu'il faut pour un superbe album. Eh bien ... J'ai été déçu, par ces contes qui n'ont rien d'exceptionnel. Balzac a voulu faire dans la légèreté et c'est l'impression que ça laisse, trop léger... Aucun conte ne m'a vraiment transcendé... Reste le dessin qui est exceptionnel et très adapté à ce genre de récits. A revoir avec un bon scénario ?
La Fille dans l'écran
Joli travail à 4 mains qui monte d’un cran à la moitié du livre dans des cases où les deux styles se mélangent. C'est original et bien exécuté mais malheureusement le scénario peine à surprendre, on voit très vite ou cela va déboucher, d’autant que la couverture est très suggestive.. Un peu dommage, mais on gardera l'originalité
Le Petit Rien tout neuf avec un ventre jaune
Vraie note 3,5 / 5 mais comme j'aime bien Rabaté... Pas de doute on est dans un Rabaté, le décor est toujours planté de manière assez subtile. L'histoire est légère même si certains personnages prennent de l'épaisseur. On retrouve les pieds de nez assez chers à l'auteur a priori :) Un peu déçu par la fin cette fois.
Quelqu'un à qui parler
Un bon album de Gregory Panacionne très agréable à lire. L'histoire est plaisante, même si elle ne révolutionne pas le genre. Le personnage principal est bien construit et développé à travers son enfance et son âge adulte même si je suis un peu resté sur ma faim. Malgré quelques éléments narratifs prévisibles et un enchaînement d'événements parfois un peu forcé, la lecture est fluide et plaisante. Le dessin de Panaccione, bien que non conventionnel, transmet parfaitement les émotions et la détresse du personnage principal, ce qui renforce bien l'immersion dans l'histoire. J'aurais apprécié une histoire un peu plus approfondie et développée, mais Grégory Panacionne a ce savoir-faire particulier de faire passer des émotions et c'est ce que je retiens au final.
C'est aujourd'hui que je vous aime
Je suis bien d'accord avec Canarde, l'affiche François Morel & Pascal Rabaté a de la gueule. Deux noms qui évoquent la sensibilité et l’humour. Et sur le papier, ça fonctionne bien. L’histoire d’un adolescent fasciné par Isabelle Samain, cette figure d’idéal féminin, a tout pour être charmante. Et effectivement, le ton est léger, empreint de nostalgie, avec une certaine douceur dans la manière de raconter les premiers émois amoureux. Mais voilà, malgré les qualités évidentes de l’album, je suis resté sur ma faim. C’est comme si l’ensemble ne décollait jamais vraiment. La narration est plaisante, avec un François Morel qui sait manier le verbe et un Pascal Rabaté qui maîtrise son trait. Il y a des trouvailles graphiques intéressantes, comme ce dédoublement du personnage principal ou les superpositions de cases d’une page à l’autre, qui montrent bien la confusion intérieure de cet adolescent. On reconnaît la patte de Rabaté, toujours précise et expressive. Cependant, au-delà de cette surface séduisante, il m'a manqué quelque chose en termes de contenu. L’histoire, si elle se lit avec plaisir, reste finalement assez légère, presque anecdotique. Je ne me suis pas vraiment attaché à cette obsession pour Isabelle Samain, et suis de fait resté en retrait face aux émotions du jeune narrateur. À la fin, il y a cette petite frustration, comme si on avait survolé l’adolescence sans vraiment plonger dedans. C’est joli, bien fait, mais un peu trop sage pour véritablement marquer.
Tout seul
3.5 Une belle histoire de solitude et d'évasion par l'imagination. Mais à l'inverse du trépidant Papillon, prisonnier du bagne de Cayenne, l'enferement a l'air ici plus volontaire. A l'étroit dans ce phare austère, l'univers de notre freak s'étend très largement à l'ouverture de son dictionnaire et d'objets divers. Un livre bien épais pour une histoire se déroulant dans un phare dans un très beau noir&blanc. Plus de 300 pages mais se lisant assez vite en l'absence de petites cases et de longs textes. Le rythme imposé convient parfaitement au cadre et au sujet du récit. Pas grand chose à redire, ma note penche vers le 3 pour la bête raison que je ne suis pas assez sensibles aux oeuvres poétiques. Mais j'aime Chabouté donc cela ne me refroidit de loin pas à lire ses prochaines oeuvres.