Je ne connais pas le roman originel, donc je ne sais pas ce qui a été changé avec cette adaptation. Mais ce récit s’avère intéressant.
Il nous plonge brutalement – de plus en plus brutalement même ! – dans la violence d’un conflit qui, ces derniers temps (et dans la quasi indifférence générale, ce qui ne va faire que l’amplifier hélas) montre bien que rien n’est réglé, loin de là. Et il y a hélas fort à parier que les candidats au martyre vont être encore plus nombreux prochainement parmi les survivants des massacres en Palestine occupée.
Le héros est un Arabe israélien, médecin, qui se trouve au cœur de la tourmente après que sa femme ait été impliquée dans un attentat suicide en Israël. Nous le suivons à hauteur d’homme, chercher des réponses aux nombreuses questions qu’il se pose. Le récit évite le manichéisme, et se révèle prenant.
Souvent dans ce genre de récit le contexte, le point de vue palestinien est occulté, rendant incompréhensible une partie des actions. Ici ça n’est pas le cas, même si les réalités palestiniennes et israéliennes ne sont pas non plus hyper développées.
Un album intéressant, sur un sujet toujours brûlant.
Une lecture sympathique.
Un récit qui nous dévoile le quotidien difficile des immigrés portugais au début des années 1970. Ils fuyaient la dictature de Salazar, parce que celui-ci envoyait des soldats (conscription obligatoire) dans les colonies pour réprimer leurs velléités d'indépendance.
On va suivre le parcours de Nel le rebelle, de Mario le bon gars et de la douce Eva. Ils entrent clandestinement en France avec l'espoir d'une vie meilleure. Mais ils vont trouver une vie laborieuse dans des bidonvilles où cette communauté portugaise se fera exploiter par les entreprises du bâtiment, l'Etat français fermant les yeux, il a besoin de cette main-d'œuvre à moindre coût.
Un récit instructif mais trop classique dans sa trame, je me suis néanmoins attaché à ce petit trio.
La partie graphique fait le job, un dessin un peu brouillon parfois. Des couleurs ternes qui retranscrivent bien ces années 70.
Pas mal.
En conclusion, un bel hommage à ces milliers de portugais venus en France chercher une vie meilleure.
J’avais bien apprécié les premiers volets de cette trilogie, j’attendais donc beaucoup de cette conclusion.
J’avoue que j’en suis sorti un peu mi-figue mi-raisin. Je ne vais pas dire que je me suis ennuyé, le résultat est conforme à la franchise et s’insère plutôt habilement entre les épisodes V et VI, mais il y a un petit truc qui m’a chagriné durant ma lecture.
On s’avait déjà que les Sith sortiront vainqueurs de cet affrontement, mais j’étais curieux de voir comment ils avaient mouillé leur slip face à cette menace (Palpa devra reprendre son sabre). Et si l’idée de ce dernier arc est plutôt bonne, j’ai trouvé cette dernière ligne droite un peu molle dans sa réalisation, surtout après lecture du petit mot d’introduction qui met bien en appétit.
Le dessin, tout d’abord, pas mal mais franchement trop lambda et sage, il accompagne le récit de manière fainéante. Le tout est lisible mais manque de caractère. Le dessinateur avait déjà officié sur le 2eme chapitre de la trilogie mais ici ça m’a nettement plus sauté aux yeux.
D’autant que le scénario s’avère un peu linéaire, Qi´ra a commencé gentiment à me taper sur le système à tout savoir et prévoir (à l’image de la couverture un peu too much), et les seconds rôles m’ont paru, de façon générale, moins charismatiques.
En fait, ça retombe bien sur ses pattes mais je sais pas, ça manque un peu de souffle ou d’ambition, j’espérais un truc plus fou. J’ai quand même bien aimé l’identité (et ce qui en découle) des personnes à qui l’archiviste raconte l’histoire de cet événement.
Pas mal de petites critiques mais au final, une aventure qui respecte l’univers (sous Disney), loin d’être indispensable mais qui saura contenter les amateurs, ça démarre juste mieux que ça ne finit. (Nota : c’est plus sympa de découvrir la trilogie dans sa globalité mais les tomes peuvent s’autosuffire d’une certaine manière).
Bon c'est clair que c'est le genre d'album qui ne va parler qu'aux fans du journal de Spirou et d'ailleurs c'est recommandé de connaitre un peu l'histoire et les séries qui ont marqué le journal pour bien apprécier les nombreux clins d'oeils que les auteurs ont mis dans leur planches.
C'est donc un exercice de style où on laisse à un auteur une page à paraitre dans Spirou. Certains font un gros dessin et d'autre font une planche de BD. Il y a plusieurs types de BD que l'on retrouve dans cet album et j'ai surtout apprécié ceux qui étaient autobiographiques, plusieurs ayant la bonne idée de raconter leur rapport avec le journal lorsqu'ils étaient jeunes. Les courtes interviews sont intéressantes.
Évidemment, c'est pas facile de faire un truc mémorable en seulement une page et la plupart du temps c'est sympathique sans plus. Il y a du bon et du moins bon et sans surprise 'ai surtout aimé les planches faites par des auteurs que je connaissais déjà et dont j'apprécie la production.
Un gros album pas très indispensable à moins d'être un gros fan du Journal de Spirou.
Je cherchais quelque chose qui se lit rapidement sans prise de tête et je suis bien tombé. Le dessin m'a tout de suite attiré. J'aime bien ce style arrondi et la colorisation est très jolie, la texture au fusain rend très bien. J'aime beaucoup. C'est le genre de BD où il me suffit de feuilleter 1 ou 2 pages pour me dire -OK, je prends-.
J'ai bien aimé la lecture du journal intime du grand-père chaque fin de journée, c'est original.
Les 3/4 de l'histoire m'ont bien emballé, mais la dernière partie un peu moins. Je ne m'attendais pas à cette révélation, et peut-être que la rapidité de l'intrigue dans cette dernière partie a joué sur le fait que je n'ai pas accroché. Cela dit, ça reste une bonne lecture qui maintient la curiosité tout du long.
Pas grand-chose à ajouter à ce qu'a dit Yann135. Merci de m'avoir donné envie de lire cette version de La Planète des Singes. C'est très bon. Malgré la centaine de pages, tout m'a semblé aller un peu trop vite, c'est mon seul regret. Je suis tellement friand de ce genre que j'aurais voulu que chaque partie dure bien plus longtemps pour savourer encore plus ma lecture.
Désinhibées
-
Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre et il contient une saison complète. Il comprend les 6 épisodes de la première minisérie, initialement parus en 1994, écrits par Elaine Lee, dessinés et encrés par Will Simpson, et mis en couleurs par Stuart Chaifetz, avec des couvertures de Brian Bolland. Cette histoire a été rééditée avec Hollywood & Vein (1996, 6 épisodes), et Pumpkin Time (1999, 3 épisodes) dans une intégrale en VO.
Quelque part dans une zone rurale de la Caroline du nord, cinq bikers ont pris chacun une dame à l'arrière de leur bécane et elles leur indiquent la route à suivre. Elles leur montrent une route secondaire et ils arrivent dans une clairière. L'un d'eux demande où se trouve la maison. Il n'y en a pas, il s'agit d'une surprise : un homme bondit sur eux et attaque un motard à la gorge. Les femmes maîtrisent les quatre autres, en attendant que Dave ait fini de se repaître du sang de sa victime. Lorsqu'il a fini, il est dans un état second, enivré par le sang. Les cinq femmes vampires se jettent sur lui et attachent chacun de ses membres avec une chaîne qu'elles accrochent chacune à une moto. Elles écartèlent Dave jusqu'à lui arracher ses quatre membres. Puis Howler (Jezz Davison) lui enfonce un pieu dans le cœur. Enfin Dave se tait et ses soubresauts s'arrêtent. Les vampires constatent qu'un des motards est en train d'essayer de s'enfuir. Elles ont tôt fait de le rattraper et de sauter sur lui. L'une d'elles lui demande s'il n'a jamais rêvé d'avoir 5 femmes pour lui tout seul. Elles enterrent les cadavres et prennent bien soin de séparer les membres de Dave pour éviter qu'il ne revienne encore une fois d'entre les morts. Puis elles repartent à moto : Howler (Jezz Davison), Screech, Mink, Whipsnake et Skeeter.
Les cinq vampires doublent un énorme camion et le chauffeur les interpelle en demandant à l'une d'elle si elle ne veut pas faire un tour en cabine. Elle lui demande ce qu'il transporte et s'il a de la place pour les motos à l'arrière. le chauffeur répond qu'il transporte de la viande, qu'il a de la place, tout en enlevant subrepticement son alliance. Après avoir roulé toute la nuit, il passe la frontière de l'Alabama, et s'arrête. Il va ouvrir sa remorque et il y trouve chacune des femmes suspendues la tête en bas dans une carcasse. Elles se réveillent et quatre d'entre elles se nourrissent, la dernière remettant son repas à plus tard pour être sûre que l'un d'elle garde la tête froide, malgré les douleurs au ventre de la privation. Puis elles réenfourchent leur moto et s'arrêtent dans un bar. Skeeter attire l'attention des consommateurs avec sa robe très courte, et en acceptant un défi de consommation de margarita. L'attention des clients étant ainsi focalisée sur Skeeter, Howler flirte discrètement avec un homme qui accepte de sortir pour aller manger un morceau ailleurs. Les quatre autres finissent par sortir de l'établissement, reprennent leur moto et rejoignent Howler alors qu'elle est en train de boire le sang du jeune homme. Elles décident d'aller faire un tour à Las Vegas. Hank Galagher, un détective privé, a été engagé par le frère du chauffeur pour retrouver son meurtrier.
Dans sa postface, Elaine Lee indique que c'est une série qui a divisé le lectorat à l'époque de sa parution, mais qui a connu de bons chiffres de vente. Cette créatrice est une actrice, réalisatrice et auteure de comics, essentiellement connue pour sa collaboration avec Mike Kaluta dans ce dernier domaine : Starstruck, suivi par ou précédé (c'est compliqué) par Starstruck: Old Proldiers Never Die. La première séquence ne fait pas dans la dentelle : les cinq vampires ont rabattu cinq motards pour leur chef de meurtre, puis elles le démembrent, et enfin elles boivent le sang de la dernière victime, l'une d'elle suçant directement à son entrejambe. Elaine Lee développe une version de vampire femme, en conservant toute la charge érotique : boire le sang d'une victime s'apparente à un viol. le lecteur découvre donc les lois qui régissent les vampires dans ce récit : ils doivent boire du sang chaque nuit, ils ne supportent pas la lumière du soleil et préfèrent dormir dans des tombes à même le sol, ils ne se reflètent pas dans les miroirs, et ils sont capables d'hypnotiser leurs victimes. Bien sûr, chaque vampire bénéficie d'une paire de canines plus longues et plus acérées que la normale. Enfin, ils jouissent d'une force supérieure à celle d'un être humain normal. Ces cinq femmes assument pleinement leur condition : sortir et faire la fête quand bon leur semble, boire le sang de personnes qu'elles tuent sans une once de remord, voler ce dont elles ont besoin (souvent des motos) et laisser des cadavres derrière elles. Un détective privé les suit à la trace, aidé par Jenny Davison, la sœur de Howler.
Rapidement, le lecteur se désintéresse du folklore associé aux vampires. Certes la scénariste fait un petit effort avec les signes religieux, en indiquant qu'il faut que celui qui le porte ait la foi, sinon ça ne marche pas. Il y a un passage amusant où un individu a placé sa foi dans un symbole inattendu. Mais il ne faut pas que le lecteur commence à se poser des questions sur le nombre de cadavres, ou la possibilité de se cacher dans une grande ville pour dormir tranquille pendant la journée. Au vu de la première séquence, il se dit qu'il y a une forme de message féministe dans le fait d'avoir des vampires femmes qui se conduisent aussi librement que des vampires hommes, sans souci des conséquences. de ce qu'en dit Elaine Lee, c'est ce qui a divisé le lectorat. D'un côté, certains y ont vu une forme de libération, une égalité de traitement jamais vue auparavant dans la littérature de vampire. de l'autre côté, certains n'y ont vu que des femmes se conduisant comme des traînées, c'est-à-dire un avilissement de l'image de la femme. Avec les années passées, le comportement des 5 vampires continue de sortir de l'ordinaire, à la fois pour leur liberté sexuelle, à la fois pour leur absence totale de responsabilité. Il s'agit d'un récit libérateur, une fiction défoulatoire. Il y a bien une intrigue qui court tout le long des 6 épisodes : à la fois la traque menée par Hank Gallagher (accompagnée par Jenny Davison), à la fois la volonté de Howler de revoir son fils, et de se venger des gens qui lui ont retiré.
Pour illustrer cette équipée sauvage, les responsables éditoriaux ont choisi Will Simpson, artiste anglais qui avait déjà collaboré avec Garth Ennis pour Hellblazer: Dangerous Habits (1991). Il dessine dans un registre réaliste et descriptif, avec des traits de contours assez fins. Les cinq jeunes femmes méritent leur qualificatif de vamp : elles sont belles, plutôt jeunes (moins de 30 ans), bien faites de leur personne, et figées par le vampirisme dans leur corps jeune au moment de leur mort. Elles s'habillent avec des vêtements près du corps, moulants, souvent très courts, et elles changent de tenue plusieurs fois au cours de ces 6 épisodes. Elles n'hésitent pas à mettre en avant leur poitrine pour séduire les gogos qu'elles vont saigner. Il est visible que l'artiste a également passé du temps pour dessiner les bécanes, fidèles à la réalité avec un bon niveau de détail. Simpson sait mettre en valeur ces femmes, souvent dans des plans taille ou des plans poitrine. le lecteur peut voir leur rage animale quand elles sautent sur une victime, peut lire à quel point elles sont assoiffées quand elles s'éveillent. Elles ont quelque chose de bestial quand elles ouvrent la bouche pour mordre le cou, ou une autre partie de l'anatomie. Il n'en fait pas de jolies poupées Barbie inoffensives, tout le temps bien maquillées.
Au vu de la nature explicite des relations sexuelles, Will Simpson ne joue pas trop sur la nudité, juste une ou deux paires de sein à l'air au cours de ces six épisodes. Il préfère rester avec des personnages habillés, pour éviter de donner l'impression de réduire ces vampires à des objets, ce qui aurait été un contresens par rapport à l'intention de la scénariste. D'un point de vue narration visuelle, le lecteur peut regretter que l'artiste se désintéresse régulièrement des arrière-plans, ce qui diminue d'autant le degré d'immersion dans le récit quand les personnages donnent l'impression d'évoluer sur une immense scène vide. En outre, ses cases donnent parfois l'impression d'être un peu encombrées. Stuart Chaifetz effectue un bon travail de mise en couleurs, avec une technologie encore en transition vers l'infographie, entre aplats unis, et utilisation de dégradés encore un peu simplistes.
Cette première histoire des vamps surprend le lecteur. D'un côté, sa narration visuelle apparaît datée et un peu encombrée ; de l'autre elle donne une identité claire aux cinq vampires, sans rapport avec l'imagerie des superhéros, en montrant bien leur férocité qui s'exerce contre des civils innocents. Le scénario n'est pas très développé et plutôt linéaire, ce qui n'empêche pas Elaine Lee de donner une forte personnalité au groupe de vampires. Elles ne sont pas très développées individuellement, presque pas en fait, mais leur comportement sort de l'ordinaire policé et met en œuvre l'avidité des vampires pour le sang, ainsi que leur forme de vie décadente débarrassée de responsabilité, et du poids de se savoir mortelle.
Bon, c'est bien mais faut pas s'attendre à y apprendre beaucoup de choses si la question de la permaculture vous a déjà travaillé !
La BD présente un jeune couple qui s'intéresse à l'agriculture de leur petit bout de jardin, conscient que l'alimentation est un enjeu énorme. Très vite, ils vont faire des stages de perma-culture et démontrer que même sans avoir de bout de terrain, on peut changer nos modes de consommation, notamment avec les AMAP, les super-marchés coopératifs et plusieurs autres structures.
La BD s'oriente clairement jeunesse et découverte, avec un peu d'humour léger par dessus l'ensemble (qui fait rarement mouche, je dois dire) et une sorte de petite cartographie d'outils à nos dispositions, avec des chats qui font des rappels à la fin de chaque chapitre de ce qui a été dit ou donne quelques pistes supplémentaires.
En fait, c'est plus un petit manuel d'entrée vers la permaculture et les changements alimentaires nécessaires. Je dirais que pour ma part, ça ne m'a strictement rien appris. Mais je suis dans cette mouvance depuis dix ans, j'évite d'acheter quoi que ce soit en supermarché, je fais toutes mes courses au marché, chez des producteurs locaux, etc ... C'est donc assez redondant pour moi, mais je suis convaincu que je ne suis pas du tout le public cible, d'où ma note.
Cela dit, je ne laisse qu'un 3* parce que je trouve qu'il manque une consistance sur les raisons de faire ces choix, qui semblent ici "juste" logique par rapport à des pratiques absurdes (les fameuses tomates en hiver). J'aurais trouvé bien vu de parler de la destruction des sols, de la conséquence de l'agriculture sur des catastrophes naturelles (pollution des nappes, algues vertes, contamination des sols ...) ou encore la question de l'émission de gaz à effet de serre, évoqué en fond seulement. Bref, donner des arguments massues pour changer radicalement !
Pour découvrir les changements que l'on peut faire dans l'alimentation, cette BD permets de faire une première découverte. C'est à faire lire à ceux qui s'interrogent mais n'ont pas encore lu/vu de choses sur le sujet. Pour les autres, je pense que la BD risque vite de ne pas suffire. Probablement aussi plus destinée aux jeunes, histoire de rapidement montrer les bonnes habitudes.
Une jeune femme découvre le passé de sa mère, et retrouve par le plus grand des hasards un demi-frère dont elle ignorait l’existence. Le début me faisait craindre un roman graphique un peu trop sirupeux, manquant et de fond et de rythme, larmoyant.
Mais en fait cette première partie se laisse lire, et la seconde moitié de l’histoire voit l’intrigue partir dans une autre direction, se densifier, en collant à l’actualité et à la réalité politique et criminelle souvent attachée – à juste titre il faut le dire ! – à la Corse.
Le dessin, proche de crayonnés améliorés souvent, est plutôt agréable. Fluide, dynamique et léger, il accompagne bien cette histoire qui se révèle bien plus dramatique qu’elle n’y paraissait au départ.
Un conte animalier un peu zen mettant en scène des grenouilles dans un Japon sans âge.
C'est l'histoire d'une jeune rainette qui n'a encore jamais vu d'hiver et qui quitte son foyer pour suivre deux crapauds vagabonds décidés à rejoindre les îles tropicales où l'hiver n'existe pas. Nous les suivrons lors d'un road trip de quelques jours dans la campagne et le long des ruisseaux, avec quelques escales pour discuter avec l'esprit des arbres ou avec les animaux des habitations rencontrées.
C'est un album à l'italienne tout en longueur, avec une longue case par page, au format paysage. cela permet quelques décors contemplatifs, parfois même des dessins en double page. Cela participe à l'ambiance zen de l'ouvrage et de son histoire. Ce dessin est joli, dans un style classique s'approchant des estampes japonaises.
C'est mignon et la fin est assez douce et réconfortante. J'ai bien aimé ce petit voyage initiatique sans pour autant qu'il me marque véritablement.
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L'Attentat
Je ne connais pas le roman originel, donc je ne sais pas ce qui a été changé avec cette adaptation. Mais ce récit s’avère intéressant. Il nous plonge brutalement – de plus en plus brutalement même ! – dans la violence d’un conflit qui, ces derniers temps (et dans la quasi indifférence générale, ce qui ne va faire que l’amplifier hélas) montre bien que rien n’est réglé, loin de là. Et il y a hélas fort à parier que les candidats au martyre vont être encore plus nombreux prochainement parmi les survivants des massacres en Palestine occupée. Le héros est un Arabe israélien, médecin, qui se trouve au cœur de la tourmente après que sa femme ait été impliquée dans un attentat suicide en Israël. Nous le suivons à hauteur d’homme, chercher des réponses aux nombreuses questions qu’il se pose. Le récit évite le manichéisme, et se révèle prenant. Souvent dans ce genre de récit le contexte, le point de vue palestinien est occulté, rendant incompréhensible une partie des actions. Ici ça n’est pas le cas, même si les réalités palestiniennes et israéliennes ne sont pas non plus hyper développées. Un album intéressant, sur un sujet toujours brûlant.
Les Portugais
Une lecture sympathique. Un récit qui nous dévoile le quotidien difficile des immigrés portugais au début des années 1970. Ils fuyaient la dictature de Salazar, parce que celui-ci envoyait des soldats (conscription obligatoire) dans les colonies pour réprimer leurs velléités d'indépendance. On va suivre le parcours de Nel le rebelle, de Mario le bon gars et de la douce Eva. Ils entrent clandestinement en France avec l'espoir d'une vie meilleure. Mais ils vont trouver une vie laborieuse dans des bidonvilles où cette communauté portugaise se fera exploiter par les entreprises du bâtiment, l'Etat français fermant les yeux, il a besoin de cette main-d'œuvre à moindre coût. Un récit instructif mais trop classique dans sa trame, je me suis néanmoins attaché à ce petit trio. La partie graphique fait le job, un dessin un peu brouillon parfois. Des couleurs ternes qui retranscrivent bien ces années 70. Pas mal. En conclusion, un bel hommage à ces milliers de portugais venus en France chercher une vie meilleure.
Star Wars - Hidden Empire
J’avais bien apprécié les premiers volets de cette trilogie, j’attendais donc beaucoup de cette conclusion. J’avoue que j’en suis sorti un peu mi-figue mi-raisin. Je ne vais pas dire que je me suis ennuyé, le résultat est conforme à la franchise et s’insère plutôt habilement entre les épisodes V et VI, mais il y a un petit truc qui m’a chagriné durant ma lecture. On s’avait déjà que les Sith sortiront vainqueurs de cet affrontement, mais j’étais curieux de voir comment ils avaient mouillé leur slip face à cette menace (Palpa devra reprendre son sabre). Et si l’idée de ce dernier arc est plutôt bonne, j’ai trouvé cette dernière ligne droite un peu molle dans sa réalisation, surtout après lecture du petit mot d’introduction qui met bien en appétit. Le dessin, tout d’abord, pas mal mais franchement trop lambda et sage, il accompagne le récit de manière fainéante. Le tout est lisible mais manque de caractère. Le dessinateur avait déjà officié sur le 2eme chapitre de la trilogie mais ici ça m’a nettement plus sauté aux yeux. D’autant que le scénario s’avère un peu linéaire, Qi´ra a commencé gentiment à me taper sur le système à tout savoir et prévoir (à l’image de la couverture un peu too much), et les seconds rôles m’ont paru, de façon générale, moins charismatiques. En fait, ça retombe bien sur ses pattes mais je sais pas, ça manque un peu de souffle ou d’ambition, j’espérais un truc plus fou. J’ai quand même bien aimé l’identité (et ce qui en découle) des personnes à qui l’archiviste raconte l’histoire de cet événement. Pas mal de petites critiques mais au final, une aventure qui respecte l’univers (sous Disney), loin d’être indispensable mais qui saura contenter les amateurs, ça démarre juste mieux que ça ne finit. (Nota : c’est plus sympa de découvrir la trilogie dans sa globalité mais les tomes peuvent s’autosuffire d’une certaine manière).
La Galerie des illustres
Bon c'est clair que c'est le genre d'album qui ne va parler qu'aux fans du journal de Spirou et d'ailleurs c'est recommandé de connaitre un peu l'histoire et les séries qui ont marqué le journal pour bien apprécier les nombreux clins d'oeils que les auteurs ont mis dans leur planches. C'est donc un exercice de style où on laisse à un auteur une page à paraitre dans Spirou. Certains font un gros dessin et d'autre font une planche de BD. Il y a plusieurs types de BD que l'on retrouve dans cet album et j'ai surtout apprécié ceux qui étaient autobiographiques, plusieurs ayant la bonne idée de raconter leur rapport avec le journal lorsqu'ils étaient jeunes. Les courtes interviews sont intéressantes. Évidemment, c'est pas facile de faire un truc mémorable en seulement une page et la plupart du temps c'est sympathique sans plus. Il y a du bon et du moins bon et sans surprise 'ai surtout aimé les planches faites par des auteurs que je connaissais déjà et dont j'apprécie la production. Un gros album pas très indispensable à moins d'être un gros fan du Journal de Spirou.
Les Chats
Je cherchais quelque chose qui se lit rapidement sans prise de tête et je suis bien tombé. Le dessin m'a tout de suite attiré. J'aime bien ce style arrondi et la colorisation est très jolie, la texture au fusain rend très bien. J'aime beaucoup. C'est le genre de BD où il me suffit de feuilleter 1 ou 2 pages pour me dire -OK, je prends-. J'ai bien aimé la lecture du journal intime du grand-père chaque fin de journée, c'est original. Les 3/4 de l'histoire m'ont bien emballé, mais la dernière partie un peu moins. Je ne m'attendais pas à cette révélation, et peut-être que la rapidité de l'intrigue dans cette dernière partie a joué sur le fait que je n'ai pas accroché. Cela dit, ça reste une bonne lecture qui maintient la curiosité tout du long.
La Planète des singes par Rod Serling
Pas grand-chose à ajouter à ce qu'a dit Yann135. Merci de m'avoir donné envie de lire cette version de La Planète des Singes. C'est très bon. Malgré la centaine de pages, tout m'a semblé aller un peu trop vite, c'est mon seul regret. Je suis tellement friand de ce genre que j'aurais voulu que chaque partie dure bien plus longtemps pour savourer encore plus ma lecture.
Vamps
Désinhibées - Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre et il contient une saison complète. Il comprend les 6 épisodes de la première minisérie, initialement parus en 1994, écrits par Elaine Lee, dessinés et encrés par Will Simpson, et mis en couleurs par Stuart Chaifetz, avec des couvertures de Brian Bolland. Cette histoire a été rééditée avec Hollywood & Vein (1996, 6 épisodes), et Pumpkin Time (1999, 3 épisodes) dans une intégrale en VO. Quelque part dans une zone rurale de la Caroline du nord, cinq bikers ont pris chacun une dame à l'arrière de leur bécane et elles leur indiquent la route à suivre. Elles leur montrent une route secondaire et ils arrivent dans une clairière. L'un d'eux demande où se trouve la maison. Il n'y en a pas, il s'agit d'une surprise : un homme bondit sur eux et attaque un motard à la gorge. Les femmes maîtrisent les quatre autres, en attendant que Dave ait fini de se repaître du sang de sa victime. Lorsqu'il a fini, il est dans un état second, enivré par le sang. Les cinq femmes vampires se jettent sur lui et attachent chacun de ses membres avec une chaîne qu'elles accrochent chacune à une moto. Elles écartèlent Dave jusqu'à lui arracher ses quatre membres. Puis Howler (Jezz Davison) lui enfonce un pieu dans le cœur. Enfin Dave se tait et ses soubresauts s'arrêtent. Les vampires constatent qu'un des motards est en train d'essayer de s'enfuir. Elles ont tôt fait de le rattraper et de sauter sur lui. L'une d'elles lui demande s'il n'a jamais rêvé d'avoir 5 femmes pour lui tout seul. Elles enterrent les cadavres et prennent bien soin de séparer les membres de Dave pour éviter qu'il ne revienne encore une fois d'entre les morts. Puis elles repartent à moto : Howler (Jezz Davison), Screech, Mink, Whipsnake et Skeeter. Les cinq vampires doublent un énorme camion et le chauffeur les interpelle en demandant à l'une d'elle si elle ne veut pas faire un tour en cabine. Elle lui demande ce qu'il transporte et s'il a de la place pour les motos à l'arrière. le chauffeur répond qu'il transporte de la viande, qu'il a de la place, tout en enlevant subrepticement son alliance. Après avoir roulé toute la nuit, il passe la frontière de l'Alabama, et s'arrête. Il va ouvrir sa remorque et il y trouve chacune des femmes suspendues la tête en bas dans une carcasse. Elles se réveillent et quatre d'entre elles se nourrissent, la dernière remettant son repas à plus tard pour être sûre que l'un d'elle garde la tête froide, malgré les douleurs au ventre de la privation. Puis elles réenfourchent leur moto et s'arrêtent dans un bar. Skeeter attire l'attention des consommateurs avec sa robe très courte, et en acceptant un défi de consommation de margarita. L'attention des clients étant ainsi focalisée sur Skeeter, Howler flirte discrètement avec un homme qui accepte de sortir pour aller manger un morceau ailleurs. Les quatre autres finissent par sortir de l'établissement, reprennent leur moto et rejoignent Howler alors qu'elle est en train de boire le sang du jeune homme. Elles décident d'aller faire un tour à Las Vegas. Hank Galagher, un détective privé, a été engagé par le frère du chauffeur pour retrouver son meurtrier. Dans sa postface, Elaine Lee indique que c'est une série qui a divisé le lectorat à l'époque de sa parution, mais qui a connu de bons chiffres de vente. Cette créatrice est une actrice, réalisatrice et auteure de comics, essentiellement connue pour sa collaboration avec Mike Kaluta dans ce dernier domaine : Starstruck, suivi par ou précédé (c'est compliqué) par Starstruck: Old Proldiers Never Die. La première séquence ne fait pas dans la dentelle : les cinq vampires ont rabattu cinq motards pour leur chef de meurtre, puis elles le démembrent, et enfin elles boivent le sang de la dernière victime, l'une d'elle suçant directement à son entrejambe. Elaine Lee développe une version de vampire femme, en conservant toute la charge érotique : boire le sang d'une victime s'apparente à un viol. le lecteur découvre donc les lois qui régissent les vampires dans ce récit : ils doivent boire du sang chaque nuit, ils ne supportent pas la lumière du soleil et préfèrent dormir dans des tombes à même le sol, ils ne se reflètent pas dans les miroirs, et ils sont capables d'hypnotiser leurs victimes. Bien sûr, chaque vampire bénéficie d'une paire de canines plus longues et plus acérées que la normale. Enfin, ils jouissent d'une force supérieure à celle d'un être humain normal. Ces cinq femmes assument pleinement leur condition : sortir et faire la fête quand bon leur semble, boire le sang de personnes qu'elles tuent sans une once de remord, voler ce dont elles ont besoin (souvent des motos) et laisser des cadavres derrière elles. Un détective privé les suit à la trace, aidé par Jenny Davison, la sœur de Howler. Rapidement, le lecteur se désintéresse du folklore associé aux vampires. Certes la scénariste fait un petit effort avec les signes religieux, en indiquant qu'il faut que celui qui le porte ait la foi, sinon ça ne marche pas. Il y a un passage amusant où un individu a placé sa foi dans un symbole inattendu. Mais il ne faut pas que le lecteur commence à se poser des questions sur le nombre de cadavres, ou la possibilité de se cacher dans une grande ville pour dormir tranquille pendant la journée. Au vu de la première séquence, il se dit qu'il y a une forme de message féministe dans le fait d'avoir des vampires femmes qui se conduisent aussi librement que des vampires hommes, sans souci des conséquences. de ce qu'en dit Elaine Lee, c'est ce qui a divisé le lectorat. D'un côté, certains y ont vu une forme de libération, une égalité de traitement jamais vue auparavant dans la littérature de vampire. de l'autre côté, certains n'y ont vu que des femmes se conduisant comme des traînées, c'est-à-dire un avilissement de l'image de la femme. Avec les années passées, le comportement des 5 vampires continue de sortir de l'ordinaire, à la fois pour leur liberté sexuelle, à la fois pour leur absence totale de responsabilité. Il s'agit d'un récit libérateur, une fiction défoulatoire. Il y a bien une intrigue qui court tout le long des 6 épisodes : à la fois la traque menée par Hank Gallagher (accompagnée par Jenny Davison), à la fois la volonté de Howler de revoir son fils, et de se venger des gens qui lui ont retiré. Pour illustrer cette équipée sauvage, les responsables éditoriaux ont choisi Will Simpson, artiste anglais qui avait déjà collaboré avec Garth Ennis pour Hellblazer: Dangerous Habits (1991). Il dessine dans un registre réaliste et descriptif, avec des traits de contours assez fins. Les cinq jeunes femmes méritent leur qualificatif de vamp : elles sont belles, plutôt jeunes (moins de 30 ans), bien faites de leur personne, et figées par le vampirisme dans leur corps jeune au moment de leur mort. Elles s'habillent avec des vêtements près du corps, moulants, souvent très courts, et elles changent de tenue plusieurs fois au cours de ces 6 épisodes. Elles n'hésitent pas à mettre en avant leur poitrine pour séduire les gogos qu'elles vont saigner. Il est visible que l'artiste a également passé du temps pour dessiner les bécanes, fidèles à la réalité avec un bon niveau de détail. Simpson sait mettre en valeur ces femmes, souvent dans des plans taille ou des plans poitrine. le lecteur peut voir leur rage animale quand elles sautent sur une victime, peut lire à quel point elles sont assoiffées quand elles s'éveillent. Elles ont quelque chose de bestial quand elles ouvrent la bouche pour mordre le cou, ou une autre partie de l'anatomie. Il n'en fait pas de jolies poupées Barbie inoffensives, tout le temps bien maquillées. Au vu de la nature explicite des relations sexuelles, Will Simpson ne joue pas trop sur la nudité, juste une ou deux paires de sein à l'air au cours de ces six épisodes. Il préfère rester avec des personnages habillés, pour éviter de donner l'impression de réduire ces vampires à des objets, ce qui aurait été un contresens par rapport à l'intention de la scénariste. D'un point de vue narration visuelle, le lecteur peut regretter que l'artiste se désintéresse régulièrement des arrière-plans, ce qui diminue d'autant le degré d'immersion dans le récit quand les personnages donnent l'impression d'évoluer sur une immense scène vide. En outre, ses cases donnent parfois l'impression d'être un peu encombrées. Stuart Chaifetz effectue un bon travail de mise en couleurs, avec une technologie encore en transition vers l'infographie, entre aplats unis, et utilisation de dégradés encore un peu simplistes. Cette première histoire des vamps surprend le lecteur. D'un côté, sa narration visuelle apparaît datée et un peu encombrée ; de l'autre elle donne une identité claire aux cinq vampires, sans rapport avec l'imagerie des superhéros, en montrant bien leur férocité qui s'exerce contre des civils innocents. Le scénario n'est pas très développé et plutôt linéaire, ce qui n'empêche pas Elaine Lee de donner une forte personnalité au groupe de vampires. Elles ne sont pas très développées individuellement, presque pas en fait, mais leur comportement sort de l'ordinaire policé et met en œuvre l'avidité des vampires pour le sang, ainsi que leur forme de vie décadente débarrassée de responsabilité, et du poids de se savoir mortelle.
A vos râteaux !
Bon, c'est bien mais faut pas s'attendre à y apprendre beaucoup de choses si la question de la permaculture vous a déjà travaillé ! La BD présente un jeune couple qui s'intéresse à l'agriculture de leur petit bout de jardin, conscient que l'alimentation est un enjeu énorme. Très vite, ils vont faire des stages de perma-culture et démontrer que même sans avoir de bout de terrain, on peut changer nos modes de consommation, notamment avec les AMAP, les super-marchés coopératifs et plusieurs autres structures. La BD s'oriente clairement jeunesse et découverte, avec un peu d'humour léger par dessus l'ensemble (qui fait rarement mouche, je dois dire) et une sorte de petite cartographie d'outils à nos dispositions, avec des chats qui font des rappels à la fin de chaque chapitre de ce qui a été dit ou donne quelques pistes supplémentaires. En fait, c'est plus un petit manuel d'entrée vers la permaculture et les changements alimentaires nécessaires. Je dirais que pour ma part, ça ne m'a strictement rien appris. Mais je suis dans cette mouvance depuis dix ans, j'évite d'acheter quoi que ce soit en supermarché, je fais toutes mes courses au marché, chez des producteurs locaux, etc ... C'est donc assez redondant pour moi, mais je suis convaincu que je ne suis pas du tout le public cible, d'où ma note. Cela dit, je ne laisse qu'un 3* parce que je trouve qu'il manque une consistance sur les raisons de faire ces choix, qui semblent ici "juste" logique par rapport à des pratiques absurdes (les fameuses tomates en hiver). J'aurais trouvé bien vu de parler de la destruction des sols, de la conséquence de l'agriculture sur des catastrophes naturelles (pollution des nappes, algues vertes, contamination des sols ...) ou encore la question de l'émission de gaz à effet de serre, évoqué en fond seulement. Bref, donner des arguments massues pour changer radicalement ! Pour découvrir les changements que l'on peut faire dans l'alimentation, cette BD permets de faire une première découverte. C'est à faire lire à ceux qui s'interrogent mais n'ont pas encore lu/vu de choses sur le sujet. Pour les autres, je pense que la BD risque vite de ne pas suffire. Probablement aussi plus destinée aux jeunes, histoire de rapidement montrer les bonnes habitudes.
Une histoire corse
Une jeune femme découvre le passé de sa mère, et retrouve par le plus grand des hasards un demi-frère dont elle ignorait l’existence. Le début me faisait craindre un roman graphique un peu trop sirupeux, manquant et de fond et de rythme, larmoyant. Mais en fait cette première partie se laisse lire, et la seconde moitié de l’histoire voit l’intrigue partir dans une autre direction, se densifier, en collant à l’actualité et à la réalité politique et criminelle souvent attachée – à juste titre il faut le dire ! – à la Corse. Le dessin, proche de crayonnés améliorés souvent, est plutôt agréable. Fluide, dynamique et léger, il accompagne bien cette histoire qui se révèle bien plus dramatique qu’elle n’y paraissait au départ.
Une rainette en automne (et plus encore...)
Un conte animalier un peu zen mettant en scène des grenouilles dans un Japon sans âge. C'est l'histoire d'une jeune rainette qui n'a encore jamais vu d'hiver et qui quitte son foyer pour suivre deux crapauds vagabonds décidés à rejoindre les îles tropicales où l'hiver n'existe pas. Nous les suivrons lors d'un road trip de quelques jours dans la campagne et le long des ruisseaux, avec quelques escales pour discuter avec l'esprit des arbres ou avec les animaux des habitations rencontrées. C'est un album à l'italienne tout en longueur, avec une longue case par page, au format paysage. cela permet quelques décors contemplatifs, parfois même des dessins en double page. Cela participe à l'ambiance zen de l'ouvrage et de son histoire. Ce dessin est joli, dans un style classique s'approchant des estampes japonaises. C'est mignon et la fin est assez douce et réconfortante. J'ai bien aimé ce petit voyage initiatique sans pour autant qu'il me marque véritablement.