Les derniers avis (48987 avis)

Par Jeïrhk
Note: 3/5
Couverture de la série Samurai Comeback
Samurai Comeback

Franchement, j'ai passé un bon moment avec ces 4 samouraïs. L'idée de départ est sympa, j'adore les histoires de voyage dans le temps, donc il ne m'en faut pas beaucoup plus pour apprécier ce genre d'histoire. Ici, on a des samouraïs qui se retrouvent dans le futur et, un peu comme dans Les Visiteurs, on a affaire à des gars extravagants assez déjantés.. Alors certes, ce n'est pas une prouesse scénaristique, mais si vous choisissez ce manga, c'est surtout pour une lecture sans prise de tête, sans être trop exigeant, donc, choisissez bien votre moment pour le lire . C'est complètement barré, c'est marrant et c'est surtout ça qui marquera nos esprits. Il y a des scènes assez violentes donc lecture conseillé à partir de 14-15 ans, le dessin est impeccable pour un manga, les visages sont très expressifs. Je les trouve très laids mais j'adore. Bref, un bon petit manga en 5 tomes qui se lit rapidement.

15/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Multiversity présente Terre-X
Multiversity présente Terre-X

Bonne série B - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, qui ne nécessite pas de connaissance préalable des personnages. Il comprend les 12 épisodes, initialement parus en 2019/2020, écrits par Robert Venditti, dessinés par Eddy Barrows, encrés par Eber Ferreira, et mis en couleurs par Adriano Lucas pour les épisodes 1 à 6, et 8 à 12. Scott Hanna a prêté main forte pour l'encrage de l'épisode 6. L'épisode 7 a été dessiné et encré par Bruno Redondo, mis en couleurs par Lucas. Quelques planches de l'épisode 8 ont été dessinées et encrées par Jack Herbert. Les couvertures principales ont été réalisées par Barrows, Ferreira et Lucas. le recueil comprend également la couverture variante réalisée par Ben Oliver pour l'épisode 1. Le récit se déroule sur une terre alternative : Terre-X. Dans cette Histoire alternative, l'Allemagne Nazie a gagné la seconde guerre mondiale et a annexé, entre autres, les États-Unis. le 22 novembre 1963 à Dallas au Texas, un agent de la propreté est en train d'enlever une affiche de propagande qui recouvre un portrait d'Adolf Hitler peint sur le mur. Dans un des étages de la bibliothèque de l'École du Texas dont les fenêtres donnent sur cette rue et ce mur, se tient une réunion du réseau clandestin de la résistance américaine. Une dizaine de civils accueillent Black Condor (Richard Grey junior), Doll Man (Darrell Dane), Human Bomb (Roy Lincoln) et Jesse Owens. Leur réunion est interrompue par l'irruption de quatre PlaSSticMen qui massacrent les civils et qui capturent les 4 superhéros américains. Ils sont mis au pilori dans un camp militaire. Leur exécution est filmée et diffusée sur tout le territoire américain, le 25 novembre 1963. Uncle Sam regarde les images, au désespoir. Il est à son tour capturé par les quatre PlaSSticMen. Totalement neutralisé et vaincu, il semble se dissoudre et ses assaillants n'ont plus que ses vêtements dans les mains. Cinq ans plus tard, le général Salier et son aide de camp Heinrich se dirigent vers le musée de la Victoire. Sur la pelouse devant le bâtiment, des enfants sont en train de jouer au baseball. le général confisque la balle et demande à Heinrich de faire intervenir la Police Culturelle. Alors qu'ils pénètrent dans le bâtiment, Heinrich présente une tablette à son chef, pour faire le point d'avancement sur un projet génétique. le général exige que le projet avance plus rapidement. Alors que le général, son aide et le conservateur effectuent le salut nazi devant un portrait d'Hitler, il se produit une énorme déflagration dans le bâtiment. La balle que le général avait confisquée se retrouve projetée vers les enfants. Un pompier sort du bâtiment en flammes et enlève son uniforme : il s'agit de Human Bomb (David Mathis). Il est rejoint par Black Condor II (Marcus Robbins), Doll Woman (Donna Caprese), et Phantom Lady II (Sophia Becker). Ensemble, ils s'adressent aux badauds présents : ils constituent le groupe Freedom Fighters, et ils se sont donné comme objectif de faire revivre l'Amérique. Un robot géant arrive pour exterminer ces terroristes : Iron Polizist. Ce récit se rattache incidemment à l'épisode Mastermen (dessins de Jim Lee, encrage de Scott Williams) de Multiversity (2014/2015) de Grant Morrison, qu'il n'est pas indispensable d'avoir lu car la présente histoire contient les explications nécessaires pour comprendre. C'est la troisième série consacrée à cette équipe, la précédente étant Uncle Sam and the Freedom Fighters (2010/2011) par Jimmy Palmiotti, Justin Gray, et Daniel Acuña. En tant qu'équipe les Freedom Fighters ont disposé pour la première d'une série à leur nom en 1976. Mais en fait, il s'agit de personnages plus anciens, au départ publiés par Quality Comics, et rachetés par DC Comics en cours de route. À l'origine, elle se compose de Black Condor (créé en 1940 par Will Eisner & Lou Fine), Doll Man (créé en 1941 par Will Eisner), the Human Bomb (créé en 1941 par Paul Gustavson), Ray (créé en 1940 par Lou Fine), Phantom Lady (créée en 1941 par les studios Eisner & Iger, et Arthur Peddy), et Uncle Sam (créé en 1941 par Will Eisner). La présente histoire se déroule en 1968, alors qu'Adolf Hilter II, le fils du premier Führer, est au pouvoir et s'est visiblement installé aux États-Unis. Robert Venditti embrasse pleinement les conventions de série Z du postulat de départ : le Troisième Reich a domestiqué les États-Unis, les soldats en uniforme sont très présents. Il y a une police culturelle qui semble très proche de la police secrète. Il est possible de dénoncer ses voisins pour obtenir une faveur. le pouvoir est passé d'Adolf Hitler à son fils. L'idéologie Nazi a éradiqué les valeurs américaines : la Vie, la Liberté et la poursuite du Bonheur, droits inaliénables du citoyens, inscrits dans la déclaration d'indépendance des États-Unis du 4 juillet 1776. le scénariste parsème son récit de quelques symboles discrets à commencer par la date du 22/11/63 (date de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, trente-cinquième président des États-Unis), ou encore la nouvelle version du Mémorial national du Mont Rushmore. L'intrigue repose sur une dynamique simple : 5 ans après la mise à mort des membres de l'équipe des Freeedom Fighters, 4 nouveaux superhéros font leur apparition, aidé par Cage, le pilote de leur vaisseau. Ces cinq-là vont lutter contre l'occupant et ils ont un plan pour renverser ce régime fasciste. Le lecteur sait qu'il se lance dans une aventure complète de bonne envergure, le format en douze épisodes ayant été adopté par l'éditeur DC Comics après le succès de Mister Miracle (2017/2018) de Tom King & Mitch Gerads. Dans la foulée, DC a lancé deux autres maxiséries : Martian Manhunter: Identity de Riley Rossmo & Steve Orlando (très savoureuse) et celle-ci ; d'autres ont suivi. L'engagement implicite de l'éditeur est que les douze épisodes seront réalisés par une seule et même équipe. C'est le cas ici pour scénariste, et presque pour le dessinateur. Eddy Barrows dessine dans un registre descriptif et réaliste, avec un bon niveau de détails. L'encrage d'Eber Ferreira est minutieux et précis, rendant bien compte des volumes, des textures, des aplats de noir pour rehausser le relief de chaque surface. Adriano Lucas a opté pour une palette elle aussi réaliste, un peu sombre, faisant un usage pertinent des effets pyrotechniques infographiques en les réservant aux affrontements avec utilisation de superpouvoirs, et aux explosions dévastatrices. le lecteur se fait une meilleure idée du degré de détails en comparant avec l'épisode dessiné par Bruno Redondo dont les cases sont moins fournies, moins consistantes en termes de substance. Les 3 derniers épisodes comprennent plus d'affrontement physiques et de superpouvoirs, et le lecteur attentif peut observer que les arrière-plans sont occupés par les effets spéciaux des déchainements d'énergie, et que les décors ne sont plus que rarement représentés. En ayant à l'esprit qu'il s'agit d'un récit de genre de type série B assumée, le lecteur se dit que la narration visuelle est parfaitement en phase avec cette nature. L'artiste intègre tout naturellement les éléments nazis à ses dessins, mais sans en abuser, sans chercher une authenticité historique, accommodant à sa sauce les insignes et les uniformes. Il montre les citoyens sous le joug de cette dictature, sous le choc de l'apparition de résistants, avec des visages exprimant à la fois la plus grande surprise et un espoir qui renaît, même si leur vie quotidienne n'a pas l'air malheureuse. le scénariste a choisi de faire un raccourci en montrant que la persécution s'est déplacée des juifs vers les afro-américains qui sont exploités sous une forme actualisée de l'esclavage. Jack Herbert réalise des pages saisissantes du ghetto de Chicago, et Barrows reprend cette approche. le dessinateur est tout aussi à l'aise quand le récit bascule dans le registre pur superhéros. Les explosions donnent l'impression de décoiffer le lecteur par leur souffle. Les machines de guerre nazies rappellent les bons vieux robots et autres roues géantes que pouvait combattre Captain America dans les années 1970. Il est visible que Barrows prend grand plaisir à montrer les déflagrations causées par Human Bomb utilisant son pouvoir, les acrobaties aériennes de Black Condor, et les déformations élastiques des PlaSSticMen. Il met également en œuvre quelques bonnes idées pour Doll Woman et sa petite taille. Il se lâche lorsque Uncle Sam se lance dans le combat, s'amusant bien du caractère allégorique de ce personnage qui permet des exagérations sympathiques. Robert Venditti s'amuse tout autant avec Uncle Sam et avec son récit. Il ne fait pas grand doute que les Freedom Fighters vont mettre la pâtée aux Hilter, deuxième et troisième du nom, en ravivant la flamme patriotique des américains, en défendant les valeurs de cette nation. Outre son apparence patriotique au premier degré Uncle Sam mentionne régulièrement l'esprit de 76, le zeitgeist de la révolution américaine. Sans grande surprise, le récit est bien évidemment centré sur les États-Unis, la résurgence d'Uncle Sam et de l'esprit patriotique américain finissant même par déclencher le même mouvement dans les pays occupés d'Europe. D'un autre côté, Venditti ne fait qu'être cohérent avec la nature de série B du récit. Il raconte donc le soulèvement d'une nation (c'est le titre) déclenché par des combattants de la liberté (c'est l'équipe de superhéros) pour rétablir les valeurs de la Constitution américaine, en massacrant les occupants sans remords. Cette histoire est bien construite et divertissante, assumant totalement sa nature de série B, sur la base d'un concept dystopique. Les dessins sont efficaces et bien peaufinés. le scénario est rapide et spectaculaire, avec plusieurs surprises et des combats bien menés. Avec un peu de recul, le lecteur ne méprend pas cette histoire avec une réflexion sur la guerre ou l'occupation. En revanche, il peut s'amuser à voir comment le scénariste ramène tout aux États-Unis.

14/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série La prof et l'arabe
La prof et l'arabe

Sympathique récit de vie de ces militants de gauche qui ont vécus les années 60 et leurs suite. Si le récit parle plus de leurs enfance et leur début, c'est aussi un parcours qui est présenté et surtout la façon dont la France a évoluée durant ces années-là. Si le récit s'inspire de la vie de deux véritables personnes, ce n'est pas pour autant une biographie. On est plus dans un récit très fortement inspiré, mais ce n'est pas le plus important. L'idée est de retranscrire plusieurs ambiances : la question des partisans de gauche dans les années 60, leurs combats et leurs valeurs, la question algérienne et l'intégration des musulmans dans la France post-décolonisation, et enfin la vie de couple avec les difficultés que peuvent poser les questions précédentes. Et franchement, c'est intéressant. On voit la façon dont la question des musulmans s'est progressivement décalée vers un sujet plus clivant qui est aujourd'hui au cœur de bien trop de débat, alors que l'intégration fut même refusée à des personnes qui avaient servie dans l'armée française. Il y a aussi toute la question des "arabes" qui furent si souvent stigmatisés qu'ils en revinrent à leurs valeurs, notamment religieuse, comme une identité qui leur semblait finalement viable. Le récit comporte pas mal de point notable, entre les groupes de vacances communistes pour la jeunesse qui allait explorer Prague juste avant que les chars russes n'y pénètrent, les difficultés de couples qui arrivent alors que Saïd se tourne plus vers la religion tandis que sa femme lui rappelle qu'elle a épousé un marxiste, le théâtre comme lien qui recolle les morceaux lorsqu'il le faut ... Plein de détails font comprendre les sentiments entre les deux, mais aussi la rancœur pour celui qui se fait appeler "l'arabe" tout le temps, ou la difficulté à continuer la lutte de la gauche (celle qu'on entend plus beaucoup aujourd'hui) alors que triomphe le capitalisme et l'individualisme. Une lecture qui permet de comprendre un pan de l'Histoire française, remettant aussi en perspective comment un racisme bien trop présent à pu jouer sur les représentations aujourd'hui. Et je ne parle pas de la question de la politique ouvrière, les luttes et les glissements qui eurent lieu progressivement en politique française. Perso j'ai bien aimé !

14/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Pour une nuit - Fantasmes au féminin
Pour une nuit - Fantasmes au féminin

Un album pour adultes qui s’est révélé bien plus agréable que je ne le pensais. La faute a une couverture qui me laissait imaginer une BD cul vraiment pas bien profonde et dans la veine de nombreux titres du genre (ex : Parallèles, Une journée bien remplie …). Et honnêtement, il y a un peu de ça mais l’histoire ajoute un autre ingrédient, à savoir un soupçon de la classe d’Amabilia. Le scénariste a pris le parti de mettre en scène quelques fantasmes parmi les plus répandus chez la gente féminine. J’ai bien aimé la construction de l’album qui ne fait pas trop artificiel (je vous renvoie au résumé pour l’histoire), de même pour les scènes hot, relativement classiques, mais avec une sensualité bienvenue. Tout se passe lors d’une nuit où « l’héroïne » explorera sa sexualité. La fin sans être follement originale est bien trouvée. L’autre bonne idée, est de donner les pinceaux à Chola, une auteure que je découvre pour l’occasion. Son style se rapproche fortement de celui du manga mais fait preuve d’une belle élégance, hormis cette couverture que je trouve très moyenne. Dommage que l’auteur n’aille pas jusqu’au bout de la psychologie de ses personnages, mais en aussi peu de pages, le résultat est plus qu’honnête. En tout cas, une BD tout à fait recommandable dans le genre.

14/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Papyrus
Papyrus

Je ne me vois pas mettre 4* à cette série mais je trouve sa moyenne bien basse par rapport au plaisir qu’elle m’a donné plus jeune. Avis nostalgique donc. Je ne connais que sa première moitié et j’en garde de très bons souvenirs, je lisais systématiquement chaque été l’intégralité des tomes chez mon cousin. Alors c’est clair que les aventures avaient un goût de copier/coller à force, mais gamin j’adorais ses histoires au temps des pharaons. Il est vrai que j’ai eu ma petite période égyptologue (après celle des dinosaures et bien d’autres ^^). Bref j’ai beaucoup de sympathie pour cet univers et je trouve que les récits, bien que naïfs, utilisent bien ce microscome. Graphiquement ça part maladroit (mais j’aimais bien) avant que le trait trouve son rythme de croisière. Quelques proportions encore parfois hasardeuses mais un style lisible qui illustre parfaitement l’époque (costumes, décors…). Le duo formait par Papyrus et Théti-Chéri est attachant, à un moment j’ai même dû être amoureux de cette dernière. Un peu répétitif à force et trop lisse pour les adultes mais les premiers tomes me semblent parfaits pour intéresser les plus jeunes.

14/07/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Enquête en eau trouble
Enquête en eau trouble

Une BD faites pour conscientiser les jeunes sur les problèmes de l'environnement et aussi de faire entendre leurs voix dans un monde d'adultes. L'album s'adresse clairement aux jeunes donc un adulte risque de s'ennuyer face à un scénario un peu convenu. Il y a quelques surprises comme le fait qu'une sous-intrigue qui ne semble pas très importante va au contraire être capitale pour aider l'héroïne dans son enquête, mais la plupart du temps on dirait le genre de scénario que j'ai vu ou lu des dizaines de fois lorsque j'étais jeunes. Mais bon pour un jeune c'est bien fait. L'héroïne est attachante on explique bien les enjeux écologies que causent la pollution de l'eau, l'intrigue étant basé sur ce qui est vraiment arrivé dans une ville américaine qui s'est retrouvé avec de l'eau pollué. Le dessin est sympathique. En gros, si vous avez des jeunes de 10-14 ans qui commence à se politiser et à prendre conscience des problèmes du monde, c'est le genre d'album à emprunter sans problème de la bibliothèque.

14/07/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Antonio
Antonio

2.5 L'autrice rend hommage à son arrière-grand père Antonio qui l'a fascinée petite avec ses histoires qui se sont révélées par la suite être de gros mensonges. Heureusement qu'elle a eu accès aux archives familiales pour pouvoir démêler le vrai du faux. On va donc suivre les grands moments de la vie d'Antonio. Ce qui est bien c'est que le type a voyagé et habité dans plusieurs pays. On va donc voir Constantinople dans les dernières années de l'empire Ottoman et lorsque l'empire s'effondre et la ville autrefois cosmopolite devenir de plus en plus turque ainsi que le Beyrouth d'avant la guerre civile qui a ensanglanté le Liban. C'est vraiment ce que j'ai surtout apprécié dans l'album parce que le personnage d'Antonio est tout de même présenté comme quelqu'un qui m'a semblé antipathique Je comprends que lorsqu'on est enfant il a l'air d'un arrière-grand père formidable qui semble avoir tout fait, mais avec des yeux d'adultes il semble plus être un mythomane un peu minable. Il y a quand même de bons passages, mais j'ai vraiment eu de la difficulté à trouver sa vie captivante à suivre. J’ai l’impression qu’il me manque des connaissances historiques pour bien apprécier l’album. Par exemple, je ne savais pas qu’il avait eu une guerre entre l’Italie et l’empire Ottoman en 1911 et on explique même pas pourquoi !

14/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Gilgamesh (Harder)
Gilgamesh (Harder)

Le Gilgamesh de Jens Harder est une lecture exigeante et presque du domaine de l'académique. Je partage l'avis de Noirdésir sur le travail proposé par l'auteur mais ma note est plus réduite car je n'ai pas trouvé de plaisir ni d'émotion dans ma lecture. En fait seul le dossier final sur la genèse de l'ouvrage m'a vraiment intéressé. La structure du récit construit autour des douze tablettes retrouvées et traduites propose une narration exclusivement off sous forme de versets comme pour tout texte sacré. Perso je n'ai pas besoin d'images quand je lis ce type de textes très introspectifs. J'ai assez vite décroché d'une épopée mythologique de Gilgamesh et de son alter ego Endiku qui ne me parlait pas. Comme l'explique l'auteur, le graphisme essaye de s'affranchir de la troisième dimension pour revenir aux modèles des bas-reliefs mésopotamiens. C'est donc très statique et ressemble à la visite d'un musée. Malgré ma curiosité je ne suis pas rentré dans l'ouvrage. Une lecture qui demande à mon avis un moment de réception favorable pour s'y plonger. Ce n'était pas mon cas mais je reconnais un travail original et très sérieux.

13/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Hypnos
Hypnos

J'ai apprécié la lecture du premier tome de cette série moins le tome 2. Une lecture détente qui utilise la thématique de l'hypnose. Cela donne une héroïne attachante même si ses motivations initiales sont très convenues. La principale difficulté avec l'hypnose est que cette thématique permet toutes les facilités scénaristiques. C'est encore le cas même si je trouve que les auteurs se débrouillent bien en passant par un personnage annexe pour faire progresser l'intrigue. J'ai bien aimé le graphisme semi réaliste de Futaki qui rappelle un peu celui de Monin avec qui Galandon a aussi travaillé. Les décors extérieurs sont bien travaillés ce qui donne une ambiance agréable et crédible pour soutenir le récit. Une lecture plaisante même si elle présente quelques faiblesses sur la durée.

13/07/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série N°1 with a bullet
N°1 with a bullet

Harcèlement - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il regroupe les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2017/2018, écrits par Jacob Semahn, dessinés et encrés par Jorge Corona, et mis en couleurs par Jen Hickman. Le tome se termine avec 5 articles relatifs au harcèlement en ligne, rédigés par Tini Howard, Sara Charles, Jayinee Basu, Alexis Liistro, Leah Smith. L'actrice Vanessa Green rentre chez elle, après une mauvaise journée où des reporters lui ont posé des questions insistantes sur ses déclarations en ligne sur les réseaux sociaux. Elle est dans sa splendide demeure, en train de téléphoner à son avocat. Elle raccroche, voit qu'on parle d'elle en mal à la télé, entend du bruit. Elle pense que c'est peut-être son fils qui est de retour, mais non parce qu'il a laissé un message sur son téléphone et qu'il est chez des copains pour y passer la nuit. Il y a un intrus chez elle. Elle appelle la police. L'intrus se présente comme étant Bryan, son fan numéro Un. Il porte un pistolet à sa tempe et se fait sauter la cervelle sous ses yeux. Dans une émission de téléréalité, il y a du sang sur les murs. Il s'agit d'une enquête menée par une animatrice, avec un point de vue subjectif donné par ses lentilles de contact qui font également office de caméra. Elle met les pieds dans une mare de sang. Elle trouve le cadavre de Jad Davies (son employeur dans la vraie vie, le producteur de l'émission). Le direct se termine et elle peut enlever ses lentilles caméra. Davies est en train de jouer au baseball avec un employé dans la cour. Voyant passer Nash Huang, il lui demande de déposer le livre d'histoire de son fils chez Cynthia Davies, son ex-femme. Nash ne le remercie pas du cadeau car Cynthia la terrifie. Effectivement l'accueil est glacial, mais de courte durée. Une fois acquittée de sa tâche, Nash Huang rentre chez elle, où l'attend sa compagne Violet Reynolds. Nash va se servir dans le frigo pour un plat froid, puis elles s'installent sur le canapé pour regarder Les dents de la mer. En fait, Nash est surtout sur son téléphone pour entretenir sa visibilité sur les réseaux sociaux, et s'assurer qu'elle jouit toujours d'une popularité satisfaisante. Une fois la nuit tombée, elles passent au lit et font l'amour. Le lendemain, Nash Huang reprend sa vie d'assistante stagiaire pour Jad Davies : acheter un paquet de donuts pour le bureau, aller chercher une perruque chez le perruquier qui n'a pas commandé la bonne teinte, passer au pressing pour récupérer les costumes. Le soir elle peut enfin se détendre en allant prendre un verre avec deux amis Sarah et Rigo, dans une terrasse de bar sur un toit. La conversation finit par dévier sur ce qui est arrivé à Vanessa Green, à son tweet raciste qui n'est en fait qu'une blague pas terrible mais qui s'est retrouvée sur les réseaux sociaux. Alors que la conversation s'échauffe, un homme approche et déclare à Nash qu'il est désolé, qu'il lui demande pardon. Il recule en bafouillant des propos inaudibles et finit par basculer par-dessus le muret et tomber dans le vide. Le thème principal est vite annoncé par les auteurs : le harcèlement sur les réseaux sociaux, avec des répercussions dans la vie réelle. Cela commence avec le fan qui s'introduit chez une actrice, ça continue avec celui qui tombe à la renverse sous les yeux de Nash Huang. Ça culmine avec la mise en ligne d'une vidéo où Nash est filmée en plan subjectif par son partenaire lors d'un rapport sexuel. S'il éprouve encore un doute, arrivé à la fin, le lecteur se plonge dans le témoignage de 5 jeunes femmes sur des formes de harcèlements ordinaires, bien réels, et réellement éprouvant. Pour autant, le récit ne prend pas la forme d'une ode aux réseaux sociaux, la principale protagoniste ne montrant pas de signe d'addiction. Elle est plutôt en bute aux réactions négatives, aux commentaires dépourvus de compassion ou d'empathie, aux remarques crues et sans filtre favorisées par l'anonymat des réseaux sociaux et leur impunité. Le lecteur peut donc aborder ce récit avec ce regard et relever l'omniprésence du téléphone portable permettant d'être connecté partout, les tweets, les selfies, les textos. Pour autant, la narration ne se complaît pas dans la description d'une appli ou d'une autre (ce qui lui évitera d'être obsolète dans cinq ans) et ne montre pas des gens qui ne font que ça de leur journée. C'est juste une réalité de la vie quotidienne qui est montrée de temps à autre, sans caractère obsessionnel ou compulsif. L'artiste réalise des pages dans un registre descriptif et réaliste, avec une exagération des expressions de visage, et des morphologies un peu appuyées, pas caricaturales, mais pas naturalistes. De ce fait, le lecteur identifie chaque personnage du premier coup d'œil même s'il ne l'a vu qu'une fois auparavant, même s'il n'a pas retenu son nom ou son prénom. Nash Huang est éminemment sympathique : de petite taille, avec une bouille un peu ronde, un postérieur charnu, des émotions franches et visibles, et de l'énergie à revendre. Sa compagne est tout de suite reconnaissable à sa coiffure et à ses grosses lunettes rondes, d'une plus grande taille et plus élancée. Dans la séquence introductive, le lecteur note immédiatement que Vanessa Green sait se mettre en valeur avec une tenue simple et chic et un port altier. Le fan d'Huang fait peine à voir, caché derrière ses lunettes rondes, avec une casquette lui masquant une bonne partie du visage, et un vêtement de sport informe et bon marché. Jad Davies possède une classe innée qui peut faire penser à Stephen Colbert version quadragénaire. L'inspecteur Grover n'évolue à l'évidence pas dans le même monde que les gens du showbiz, avec une tenue vestimentaire pragmatique et une posture efficace plutôt qu'esthétique et recherchée. L'expressivité des personnages (visage et posture) les rend très porche du lecteur qui ressent leur état d'esprit à chaque case. Jorge Corona s'investit fortement dans la représentation des différents environnements. Cela commence par la somptueuse villa de l'actrice, avec des détails sur l'aménagement intérieur et sur la décoration. Ça continue avec le sympathique pas de porte de la villa de Cynthia Davies, son carrelage et sa porte en bois massif. Par la suite, le lecteur observe le bazar dans le salon de Nash & Violet, les sofas confortables du bar en toiture, l'aménagement impersonnel des bureaux de la société de production de Jad Davies, le patio d'un bar, un musée dédié aux représentations de la mort et à sa mise en scène, etc. Le dessinateur sait aussi donner un élan dynamique régulièrement dans des scènes comme Nash en train de tituber après avoir découvert un cadavre, Nash s'écroulant dans un sofa, ou s'en prenant à des journalistes de la presse à scandale, le massacre d'une installation dans le musée, une voiture effectuant une sortie de route sur une corniche, etc. La mise en couleurs est de type naturaliste, soulignant discrètement le contraste entre des éléments visuels contigus, installant tout aussi discrètement une ambiance dans certaines scènes, avec une teinte dominante déclinée en nuances. La narration visuelle s'avère donc aussi vivante qu'agréable. Finalement, Jacob Semahn raconte avant tout une histoire plutôt que de se contenter d'un pamphlet sur les méfaits des réseaux sociaux. Il sait insuffler de la vie à ses personnages : le lecteur es tout de suite séduit par le caractère de Nash Huang, son énergie, son entrain. Il est navré pour elle que son entourage réagisse aussi mal à la mise en ligne non consentie de ses ébats (qui eux étaient consentis). Le scénariste a l'élégance de ne pas trop insister sur le fait qu'elle craque sous la pression des critiques, alors qu'elle la relativisait tant que ça ne lui était pas arrivé à elle. Le niveau d'anticipation reste très faible : uniquement ces caméras-lentilles. L'auteur sait mettre en œuvre les conventions du polar et jouer avec : les deux fans très inquiétants qui se suicident, les inscriptions laissés à la peinture sur les murs des appartements (des citations de la Bible), les amis et les employeurs qui font tout pour couper les ponts avec Nash de peur d'être entraînés à leur tour dans sa disgrâce, l'enquête qui piétine faute de piste et du fait d'entretiens oraux peu révélateurs, les personnages qui continuent d'essayer de vivre normalement tout en recherchant eux-mêmes des indices. Sans oublier le tueur mystérieux qui semble capable d'apparaître et de disparaître au moment opportun, dans l'intimité de l'appartement de sa victime. Les auteurs racontent une vraie enquête pour retrouver un harceleur fort inquiétant qui a mis en ligne une vidéo d'ébat sexuel et qui semble également prêt à faire souffrir celle à qui il voue un culte. La narration visuelle est consistante, détaillée, et met en scène des personnages riches et vraisemblables, à commencer par Nash Huang irrésistible dans son malheur comme dans ses moments plus glorieux. Alors qu'il s'attend un peu à un réquisitoire sur les dangers du harcèlement en ligne, le lecteur plonge plutôt dans un polar bien équilibré : une enquête qui permet de découvrir l'environnement social dans lequel évolue l'héroïne, ainsi que les conséquences qui découlent du fait d'avoir une image publique soumise à toutes les attaques les plus mesquines et minables possibles, et parfois dangereuses dans la vraie vie. Finalement les auteurs auraient pu se montrer plus analytiques dans la mise en œuvre des mécanismes de harcèlement.

13/07/2024 (modifier)