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Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Folklords
Folklords

Il était une fois… Laquelle ? - Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il contient les 5 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2019/2020, écrits par Matt Kindt, dessinés et encrés par Matt Smith, avec une mise en couleurs réalisée par Chris O'Halloran. Il était une fois, enfin, juste cette fois-à, dans un petit village campagnard, un jeune homme se préparant à sortir, avec un pantalon noir, une chemise blanche, une cravate noire au nœud mal serré, une veste noire et un cartable. Il se passe un coup de peigne, sort en courant de sa chambre, et prend au passage la tourte à la chèvre que lui tend sa mère, avant de sortir en courant. Ansel avance rapidement dans la rue du petit village évoquant le haut moyen-âge, les gens regardant d'un air navré son accoutrement, le prenant pour un adolescent un peu dérangé. Il arrive devant la rivière et s'élance sur le petit ponton en s'adressant au troll qui fait office de passeur avec sa barque à fond plat comme bac. Après quelques échanges de banalités, Ansel débarque de l'autre côté et court rejoindre ses camarades dans la maison dans les arbres, avec des passerelles d'un tronc à l'autre. le sujet du soir est de savoir s'ils ont tous choisi leur quête qu'ils doivent annoncer lors de la cérémonie du lendemain, en public, en présence des libraires. le premier indique qu'il va manger de la chair de sirène et pouvoir vivre ainsi indéfiniment. Dee indique qu'elle a déjà fait la sienne l'année passée. Archer n'a aucune idée de ce qu'il va pouvoir choisir. Quand vient son tour, Ansel déclare fièrement qu'il va aller trouver les Folklords Tout le monde se tait et le regarde fixement : c'est formellement interdit par les libraires et il faut être malade dans sa tête pour se fixer une telle quête. Ansel préfère sortir de la pièce plutôt de supporter leur regard d'incompréhension. À l'extérieur, il est rejoint par Dee qui l'interroge sur son choix, tout en pensant elle aussi que c'est idiot. Ansel finit lui expliquer que c'est parce qu'il a des visions : dans ses rêves ou parfois même éveillé, il contemple un autre monde dans lequel les maisons sont hautes comme des montagnes, il y a des vaisseaux qui volent dans les airs, des charriots qui avancent sans cheval, et, répondant à Dee, oui, les gens s'habillent comme lui dans ce monde. Dee indique qu'elle ne comprend pas et qu'elle continue de trouver son choix de quête idiot. Il répond de manière sarcastique, et elle tourne les talons, fâchée. Dans un autre monde quelqu'un tape à la machine à écrire, regarde l'heure à sa montre, pense à quelqu'un avec un masque à gaz de la première guerre mondiale, regarde par la fenêtre, prend l'avion, contemple les gratte-ciels, conduit sa voiture, pointe un revolver. La cloche sonne le lendemain, et Ansel se réveille brusquement, conscient d'être très en retard pour la cérémonie. Une histoire complète de plus parmi tant d'autres dans la production industrielle pléthorique des comics américains. Mais peut-être que le lecteur a déjà eu l'occasion d'apprécier l'écriture de Matt Kindt, ou que le décalage de ce jeune homme en uniforme d'écolier moderne dans un petit village de Fantasy attire son regard… Pourquoi pas ? le début permet au lecteur de bien comprendre l'idée des auteurs : un tout jeune homme doit accomplir son rit de passage, sa quête, et il est influencé par la civilisation urbaine moderne, alors qu'il vit dans un monde moyenâgeux avec des créatures de contes et légendes. Amusant. Matt Smith dessine de manière descriptive, avec une petite influence Mike Mignola pour les monstres. Pas désagréable, l'influence étant digérée, ni servile, ni plagiaire. Sympathique, facile à lire, bien balisé. Ça ne rate pas : dans le deuxième épisode les 2 héros (Ansel & Archer) passent par une forêt sombre et étendue et tombent d'abord sur une femme laide et forte, puis sur une fragile jeune fille, cette dernière leur parlant d'une créature qui utilisent des bonbons pour piéger les voyageurs, enfants comme adultes. Les aplats de noir se font plus denses pour invoquer la part des ténèbres. Les dessins conservent un équilibre remarquable entre description précise, et contours simplifiés. Bien sûr Ansel tombe dans le piège et doit goûter aux bonbons, son geôlier lui promettant une séance de torture dont il se souviendra, mais pas longtemps parce que la mort est assurée. Les auteurs continuent de jouer avec l'idée du monde réel influençant le monde de Fantasy, avec l'utilisation d'une perceuse bricolée avec les matériaux de l'époque, utilisée comme instrument de torture. Sympathique. Et puis… Sans trop de surprise, les apparences, en particulier des femmes, sont trompeuses et la quête continue vers d'autres contrées, d'autres rencontres. Mais… le dessinateur ne cache pas son admiration pour Mike Mignola et sait en retranscrire une partie de la saveur dans ses cases. Il n'essaye pas de jouer sur l'épuration des formes, jusqu'à approcher des abstractions en déformant les silhouettes, en poussant au maximum le contraste entre zones noires et zones blanches. Il reprend plutôt des éléments de détails, tels que les créatures sans iris ni pupilles, les troncs d'arbres dépouillés, les zones noires, les créatures simiesques. D'une certaine manière, il parvient parfois à reproduire l'esprit des dessins de Mignola, ou plutôt leur ambiance caractéristique, sans faire du Mignola en moins bien, ou en catastrophique, une démarche proche de celle de Duncan Fegredo quand il avait illustré deux chapitres d'Hellboy, Smith jouant plus sur des dessins simplifiés, ce qui ne veut pas dire des cases vides. Il est évident qu'il aime bien représenter des visages en gros plans, sans en abuser, sans exagérer l'expression des visages, avec une bonne expressivité, évoquant parfois Jeff Smith (le créateur De Bone), mais là encore comme une influence affichée, sans essayer de faire du Jeff Smith (en moins bien). Mine de rien, Smith s'occupe avec habileté des costumes des personnages, avec à nouveau des représentations évidentes et simples, mais aussi une réelle variété et des tenues donnant une indication sur le caractère de leur propriétaire. La direction d'acteurs est de type naturaliste, chaque personnage adoptant des postures évidentes et expressives. S'il y prête un peu d'attention, le lecteur constate rapidement que la gestion de la représentation des décors est tout aussi élégante : ni trop, ni trop peu, avec un bon niveau de détails quand nécessaire, et un niveau pour rester à l'état d'impression générale quand une scène le requiert. L'artiste découpe ses planches également en fonction de la nature de la séquence, pouvant passer de trois cases de la largeur de la page, à une dizaine de cases pour donner un rythme plus rapide à une action. Même s'il n'est pas forcément très accroché par le récit, le lecteur se rend vite compte qu'il prend un grand plaisir à la narration visuelle, complètement en phase avec le récit, s'élevant au-dessus de la collection de clichés visuels fades et prêts à l'emploi, pour montrer des personnages uniques, et des endroits avec leur propre identité. Et puis… Il y a aussi ces éléments presque superfétatoires du récit : la voix en commentaire qui joue sur les mots, par exemple en décortiquant l'expression Il était une fois, sur un plan sémantique. Il y a cette impression qu'un auteur virtuel se mêle à la narration de l'intrigue, comme s'il y avait un personnage écrivain faisant le lien par écriture entre le monde de Fantasy d'Ansel, et celui contemporain, le premier étant réel, le second fictif. Il y a aussi ces libraires qui semblent en savoir plus sur les livres interdits qui évoquent le monde moderne, sur les Folklords pour lesquels ils proscrivent toute quête qui aurait pour objet de les rechercher, de les approcher. Les aventures d'Ansel ne se limite pas à parcourir le monde, à chercher les folklords. Sa quête gêne, remet en cause l'ordre établi. Comme à son habitude, Kindt sait montrer son plaisir d'écriture par des petits détails. Par exemple, le lecteur découvre en fin de chaque chapitre une carte du monde montrant uniquement les endroits parcourus par Ansel : un endroit s'ajoute à la fin de chaque épisode, ce qui a pour effet de montrer à quel point il n'a jamais voyagé. le lecteur se doute donc bien que le récit va basculer en mode métacommentaire à un moment, qu'il y aura peut-être un personnage d'écrivain démiurge, tenant littéralement la vie des autres personnages au bout de ses doigts, au fur et à mesure qu'il écrit des mots sur une page blanche avec sa machine à écrire. Il y a de cela, mais pas tout à fait, avec un petit décalage qui introduit du flou, une autre possibilité, une autre façon d'envisager les choses, tout en permettant aussi d'apprécier la quête et les aventures au premier degré, un équilibre élégant. Bon, c'est parti pour un récit de Fantasy, avec une petite inversion des codes, le jeune homme s'habillant comme un lycéen uniforme, avec des dessins sympathiques, sans être renversant. En fait, Matt Smith se nourrit des exemples de Mike Mignola et de Jeff Smith pour des dessins plus classiques, avec une saveur très particulière, très agréable, nourrissant le récit. En fait l'autre Matt (Kindt) raconte bien une quête avec des embûches au premier degré, mais avec des personnages pas stéréotypés, et un jeu amusé entre les réalités, élevant l'histoire au-dessus de sa condition de récit de genre, pour une expérience ludique, sans être intellectualisée ou laborieuse.

15/07/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Un putain de salopard
Un putain de salopard

Régis Loisel et Olivier Pont, voilà une association pleine de promesse. J'en attendais tellement que le début de la série m'a cueilli assez fraichement. Les protagonistes m’ont semblé très clichés voire sincèrement “cringe” (ex. les cris des 3C). Je ne suis donc pas entré dans l'histoire de la meilleure des manières. L’histoire, située dans les années 70 au cœur de l’Amazonie brésilienne, suit Max, un jeune homme en quête de son père inconnu. Rapidement plongé dans une série de péripéties et de rencontres improbables, Max se révèle plus complexe et attachant qu’il n’y paraît. Les décors luxuriants de l’Amazonie sont rendus avec un réalisme impressionnant. Les couleurs de François Lapierre y jouent pour beaucoup. Le scénario de Régis Loisel est dense et bien ficelé. L’intrigue avance à un rythme soutenu, avec des rebondissements qui maintiennent l’intérêt du lecteur. La quête personnelle de Max, mêlée à des éléments d’aventure et de drame humain, est bien dosée et rend la lecture prenante. Les dialogues, souvent empreints d’un humour grinçant, contribuent à l’ambiance générale de la série. Néanmoins, comme Ro, j'aimerais à présent que l'histoire sorte un peu de clichés du film d'aventure à la sauce américaine. Les scènes d’action et les révélations relancent régulièrement l’intérêt, mais j'attends plus de Régis Loisel au scénario. Note provisoire à 3 que je réhausserai avec un scénario moins cliché.

15/07/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Lore Olympus
Lore Olympus

Cette série souffle le chaud et le froid pour moi. Pour commencer, elle présente ce que je n'aime pas dans les webtoons : ce caractère feuilletonnant tout d'abord avec une intrigue qui part d'une bonne idée mais ensuite l'étale beaucoup trop dans la longueur, et ensuite un graphisme fait pour produire à grande vitesse. Pour beaucoup de webtoons, je me plains d'une focalisation sur le dessin des personnages au détriment des décors qui sont au mieux bâclés et souvent absents. Eh bien ici, j'ai eu l'impression de lire une BD sans aucun décor. Les lieux sont évoqués dans les paroles mais hormis des fonds flous et colorés, on ne voit rien derrière les personnages. Ou alors les rares fois où on devine quelque chose, les décors sont masqués derrière des effets numériques ou dans une lumière trop sombre pour distinguer quoi que ce soit. Ce défaut m'a notamment choqué sur les premiers chapitres de la série qui se déroulent de nuit et dans une boite de nuit (enfin je crois), et où on distingue à peine certains personnages, notamment Hades et Zeus qui sont bleu foncé et violet foncé sur fond noir. Idem pour les scènes dans les Enfers. Quant au dessin des personnages, il est lâché, correct mais vraiment peu soigné. La narration graphique manque de maturité et donne souvent l'impression que c'est une adolescente qui raconte une histoire. La mise en scène présente toutefois quelques éclats plus réussis : par exemple j'ai beaucoup aimé la représentation d'Artémis guerrière en protectrice des femmes contre les hommes. Mais à côté de ça, il y a l'accroche de l'idée de base. J'aime beaucoup la mythologie grecque et je me réjouis de toute histoire l'adaptation ou reprenant ses personnages. L'idée de transposer les dieux de l'Olympe dans un cadre de soap-opera contemporain et d'y rejouer l'enlèvement de Perséphone sous la forme d'une romance un peu à l'eau de rose m'a bien plu. Même si l'ambiance jet-set ne m'attire pas, j'ai apprécié d'y voir les divinités interagir en respectant les caractéristiques de leur rôle et de leurs pouvoirs. Et si au départ je n'étais guère passionné du fait des dialogues et de la narration assez adolescente, je me suis finalement bien attaché aux personnages d'Hadès et Perséphone, ainsi qu'à leurs proches, et j'ai été poussé par l'envie de voir comment leur histoire d'amour compliquée allait se développer et s'ils allaient finir heureux. Bref, il y a une bonne idée de départ, un respect assez louable des caractéristiques des personnages mythologiques tout en les transposant dans un décor très actuel, et malgré un départ un peu lent, il y a ensuite une bonne accroche. Toutefois je n'irai pas jusqu'à conseiller l'achat de cette série car déjà je trouve le graphisme certes joliment coloré mais décevant, et surtout l'intrigue se dilue et s'étale beaucoup trop en longueur.

15/07/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série La Terre des fils
La Terre des fils

Deuxième album de Gipi que je lis alors qu'il est seul au scénario. Et je trouve à nouveau qu'il y a un truc qui ne va pas dans le récit. Le récit post-apocalyptique se concentrant sur deux jeunes hommes m'a rappelé Notes pour une histoire de guerre qui abordait les mêmes sujets mais pas les mêmes thématiques. Mais justement, les thématiques de la transmission, de la famille et de ce qu'on laisse sont présentes dans la BD, je trouve que peu de choses autres ressortent de cette BD assez dense mais finalement vite lue. Beaucoup de moments sans paroles laissent planer une tension permanente dans un monde où le danger semble roder partout, et pourtant je trouve qu'il manque quelque chose de concret pour que tout ça ressorte véritablement. La BD traite explicitement de la filiation et de la transmission, ce qu'on donne aux enfants qu'on laisse derrière nous lorsqu'on disparait. Mais si je comprends le propos tenu, que je trouve intéressant mais sans être sur d'être d'accord avec l'auteur (l'histoire semblant donner tort au père et ses méthodes), l'ensemble m'a surtout semblé trop long et vide. Les deux frères ne m'ont pas semblé sympathique, avec leur caractère violent et impulsif, malgré une fin qui semble privilégier les liens sociaux. Ce sont deux personnages que je n'ai pas aimé, et je pense que ça joue beaucoup dans mon ressenti. Avec son trait caractéristique, Gipi représente un monde post-apocalyptique dont le peu qu'on voit laisse place à bon nombre de spéculation. L'auteur ne cherche pas à expliquer celui-ci ni le décortiquer, il s'en sert juste comme toile de fond pour parler d'autre chose. C'est un choix qui se tient, mais du coup, n'étant pas très intéressé par l'histoire principale, je reste assez neutre devant cette BD. Pas mauvaise, même si j'ai du mal à être convaincu par le message, pas inoubliable surtout, "La terre des fils" m'a fait un peu le même effet que Notes pour une histoire de guerre. Je ne pense pas que je relirais la BD un jour.

15/07/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série La Curée
La Curée

Je ne me prononcerai pas sur le côté "adaptation" puisque c'est l'adaptation en bande dessinée de “La Curée” d’Émile Zola, que je n'ai pas lu. Les illustrations détaillées nous plongent directement dans le Paris du Second Empire, avec ses fastes et ses excès. Les dessins rendent parfaitement l’ambiance luxueuse et décadente des salons parisiens, ainsi que la frénésie de la spéculation immobilière. Les personnages sont bien dessinés, avec des expressions qui reflètent bien leurs ambitions et leurs tourments. Le choix des couleurs et le jeu des ombres ajoutent une dimension dramatique aux scènes, renforçant l’atmosphère du récit. Le rythme de l’histoire est bien maintenu, même si certaines transitions entre les scènes peuvent sembler abruptes. J'imagine que cela vient de la nécessité de condenser un roman complexe en un format plus court et c'est ce qui me fait passer de 4 à 3 étoiles, je pense que cette BD aurait gagné à être plus longue pour éviter les transitions trop brusques. Malgré cela, les moments forts de l’intrigue sont bien mis en valeur, et l’adaptation réussit à conserver l'aspect critique sociale. Il y a donc du fond et de la forme dans cette BD, j'ai passé un très bon moment de lecture.

15/07/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Les Pizzlys
Les Pizzlys

C'est un livre qui est tombé sur ma pile à lire car offert. Je ne suis pas sur que j'y serais allé spontanément. Comme Ro dans les avis précédents, c'est le dessin qui aurait pu être rédhibitoire de prime abord. J'ai aimé le dessin de Jérémie Moreau dans Le Singe de Hartlepool mais ici, je n'ai pas vraiment accroché avec les regards vides et bouches noires... L’histoire gagne en profondeur lorsqu’elle transporte les protagonistes, Nathan, Zoé et Étienne, en Alaska. Leur départ soudain avec une inconnue peut sembler peu crédible, mais il sert de point de départ à une exploration des thèmes de la déconnexion urbaine et de la reconnexion avec la nature. La bande dessinée met en lumière les effets du réchauffement climatique sur les paysages et les modes de vie en Alaska, tout en dénonçant nos dépendances technologiques de manière parfois caricaturale. En Alaska, les personnages s’adaptent à leur nouvel environnement, ce qui permet de découvrir des aspects intéressants de leurs personnalités. La critique des modes de vie modernes et l’impact du changement climatique sur les traditions locales sont bien traités. Contrairement à d'autres, les éléments shamanistes de l’histoire m'ont paru cohérents avec le reste de l’intrigue. Les séquences muettes et les grandes images déployant les paysages monumentaux d’Alaska sont visuellement impressionnantes. Moreau utilise des couleurs vibrantes et des moments de calme pour créer une atmosphère immersive et poétique. La conclusion du récit m’a laissé sur ma faim. J’aurais apprécié une fin plus développée pour clore cette aventure de manière satisfaisante. Malgré cela, "Les Pizzlys" reste une lecture enrichissante, offrant une réflexion intéressante sur l’adaptation humaine face aux changements environnementaux et sociaux. En somme, c'est une œuvre intrigante qui, malgré ses imperfections, mérite d’être découverte pour son originalité et la richesse de ses thèmes. Une lecture qui provoque la réflexion et offre une immersion captivante dans les paysages sauvages de l’Alaska.

15/07/2024 (modifier)
Par Emka
Note: 3/5
Couverture de la série Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)

J'ai pris du temps avant d'écrire cette critique car j'ai un avis un peu mitigé sur cette BD. Dans les plus, j'ai bien aimé la narration de ce polar qui se fait sur 3 plans : la séance chez le psy, les flashbacks de la semaine passée et l'histoire de ces femmes de la famille d'Eva qui l'accompagnent dans ses pensées et décisions. Ca peut être un jeu dangereux de complexifier ainsi la narration mais tout se passe ici très bien, c'est fluide et soutenu, et la narration déroule bien la pelote de manière subtile. Le dessin de Mako, avec son trait précis et ses couleurs douces, atténue la noirceur des situations souvent sordides. Les touches d’humour et le décalage de certaines scènes apportent une légèreté bienvenue, rendant la lecture agréable malgré la densité du sujet. Dans les moins, j'ai vraiment du mal à ne pas trouver le personnage d'Eva trop cliché (la HPI hyperactive et insolente que rien n'arrête...), je trouve qu'elle aurait gagné en profondeur en étant un peu plus complexe que cela, où alors je n'ai pas su saisir ce qui en fait la complexité. En somme, “Je suis leur silence” est une œuvre bien réalisée, offrant une lecture agréable et réfléchie. Sans être révolutionnaire, cette BD m'a quand même laissé une bonne impression grâce à cette structure scénaristique habilement mise en oeuvre.

15/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Mauvaise Réputation - La Véritable Histoire d'Emmett Dalton
Mauvaise Réputation - La Véritable Histoire d'Emmett Dalton

N’importe quel amateur de bande dessinée a une image des Dalton façonnée par la représentation que Morris et Goscinny ont donnée… de leurs cousins. Et l’histoire des vrais Dalton méritait bien une mise au point de la part du 9ème art. Plusieurs auteurs s’y sont essayés mais c’est cette série qui, jusqu’à présent, m’a le plus convaincu. Antoine Ozanam use d’un procédé assez classique, celui de l’interview d’un des membres de la fratrie bien après les événements. Le récit s’articule donc autour de flash-backs dans lesquels Emmett Dalton reviendra sur différents faits d’arme tout en replaçant ceux-ci dans le contexte de l’époque, les justifiant tout en les regrettant. Le portrait du personnage tourne d’ailleurs beaucoup autour de ses déchirements : il regrette autant les meurtres commis que les sentiments fraternels qui l’unissaient à ses frères, autant il s’est opposé à l’injustice de cette époque, autant il regrette la liberté que sa vie de bandit a pu lui procurer. Malhonnête par obligation, il s’est racheté une conduite par sens moral, mais semble quand même éprouver quelques regrets… J’aime bien cette approche du personnage, ça le rend très humain jusque dans ses contradictions. L’histoire se nourrit également de l’amitié qui va grandir entre Emmett Dalton et John Tackett, le deuxième parvenant progressivement à apprivoiser le premier tout en le poussant à se confier. Ce lent processus permet d’encore plus humaniser Emmett Dalton, qui passe de l’être bourru et renfermé à un vieillard touchant et désabusé. Le récit se lit assez rapidement, avec une narration assez peu envahissante finalement pour ce genre de biographie (on n’est en tous les cas vraiment pas noyé sous un flux étouffant de données historiques). Le choix du style visuel nous sort de nos habitudes et permet de baigner l’ensemble du récit dans une ambiance un peu ouatée, cotonneuse. Ce n’est pas le style vers lequel je vais spontanément, mais il ne m’a pas déplu à la lecture. Au final, je trouve que c’est un bon diptyque. Pas un chef-d’œuvre mais un récit prenant et instructif qui permet d’illustrer la vie d’un personnage plus complexe que l’image que l’on en a de prime abord. Vraiment pas mal du tout.

15/07/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Pizzlys
Les Pizzlys

Ouais. J’aime beaucoup l’auteur mais cet album est celui qui m’aura le moins parlé. Déjà pas bien fan des couleurs osées et du parti pris graphique, Jeremie Moreau innove à chacune de ses productions. Mais ce coup là, j’ai vraiment pas trouvé ça esthétique, ça m’a perturbé durant toute ma lecture. Bref je n’ai créé aucun attachement avec les personnages. Et ça le fout mal quand on est dans le roman graphique. Grossièrement, une fratrie parisienne (un jeune adulte et deux jeunes dont une sœur), proche de l’explosion à la capitale, parte se ressourcer en Alaska. Sur ce postulat, l’auteur développe de nombreuses thématiques en lien avec notre société (burn out, retour à la nature, hyper connexion, réchauffement climatique ….). Son histoire tend vers la fable, en particulier avec sa fin dont je ne suis pas fan d’ailleurs. J’avoue que ça m’est passé un peu au dessus, je n’y ai jamais cru, j’ai même trouvé ça un poil naïf. Une bonne idée mais à mes yeux trop maladroite dans sa réalisation pour que ça me touche ou m’attrape. Un petit pas mal.

15/07/2024 (modifier)
Couverture de la série La Grande Odalisque
La Grande Odalisque

Une série qui se fait pas mal sabrer et je comprends tout à fait pourquoi. C’est assez particulier dans le graphisme mais surtout dans le ton, reste que sans crier au génie je passe un bon moment avec ces tomes. Il faut dire que j’ai de la sympathie pour les auteurs. Ces derniers imaginent une histoire improbable où nous suivrons un trio féminin façon drôle de dames (et même plutôt Cat’s eyes), spécialisé dans le vol d’œuvres d’art. La partie graphique est spéciale, un dessin à 6 mains, on retrouve bien la patte des auteurs, il faut aimer mais leurs styles se complètent bien. Le résultat est fluide, lisible et les couleurs rehaussent bien l’ensemble. Concernant l’histoire, chaque album va raconter le vol d’un tableau (cf les titres), c’est franchement too much dans le déroulé mais avec moi, ça passe plutôt bien. Affaire de goûts. Les scènes d’action, façon Mission impossible, sont assez ridicules mais renforcent le côté Wtf que les auteurs insufflent. Ça transparaît surtout dans les dialogues et la personnalité de nos voleuses, la palme allant à Alex (le coup du largage par sms durant un casse m’a bien amusé). Une œuvre particulière et qui ne plaira pas à tout le monde, mais pour moi les auteurs ont réussi leur pari. Pas bien profond, décomplexé mais divertissant. A noter que la BD a fait l’objet d’une adaptation par Mélanie Laurent sous le titre « Voleuses » (disponible sur une célèbre plateforme de streaming), mais j’avoue que l’univers passe bien mieux sur papier.

15/07/2024 (modifier)