Un huis-clos relativement classique dans ses grandes lignes : cela mêle quelques clichés du genre, avec recherches médicales de laboratoires peu scrupuleux, prison où l’on élimine des « déviants » (ici de grands criminels), avec le secret, le côté angoissant qui va avec, et les différents échelons – politiques et scientifiques – qui ne s’entendent pas forcément.
Le dessin fait bien le boulot, est lisible, mais je n’en suis pas fan (une tête un peu « petite » pour le « specimen », des traits peu détaillés).
La narration est bien huilée. Il faut dire que Hill et Matz sont des auteurs bien rodés, et qu’ils connaissent les ficelles du métier. Et là, c’est assez prenant. Surtout, la quasi absence d’explication finale n’est pas trop frustrante (cela aurait sans doute affaibli le récit je pense).
Un thriller que j’aurais davantage classé en fantastique – puisqu’au final c’est quand même ce qui domine. Une lecture plaisante.
Note réelle 3,5/5.
Une BD assez étonnante pour une sortie en 2022 ! Si je dis ça, c'est qu'il n'est pas certain que tous les lecteurs comprennent la portée critique assez drôle qui est faite du personnage principal de cet album, à savoir André Malraux. Mais si vous connaissez un peu le bonhomme, c'est franchement amusant !
La BD est dans la veine ligne claire, sans aucun doute possible, et exploite ce trait un peu vieillot pour faire ressortir l'aspect drôle de Malraux. Disons que ce personnage jamais nommé est le centre du récit : mi-guignol mi-fou, Malraux s'agite, vitupère, déclame, acclame, persifle et grogne tour à tour, alors qu'il sillonne le navire France à la recherche de sa chère Joconde.
Je connais un peu Malraux, personnage haut en couleur (notamment lorsque Frank Lepage le mentionne dans sa conférence gesticulée) mais il est franchement incroyable. Je ne doute pas que les auteurs se permettent de le brocarder un peu, notamment par quelques piques sur son engagement dans la résistance qui semble plus tardif que ses dires, ou son passé de trafic d'antiquité asiatique.
La BD est aussi drôle entre les jalousies de Malraux, ses singeries et ses délires, ses grands discours. C'est presque un portait de personnage amusant, plus qu'une BD sur l'évènement en lui-même.
Franchement drôle, la BD à comme limite de s'arrêter à la présentation de l'évènement et de se centrer sur Malraux, sans déborder de ce cadre. Une personne n'ayant pas trop d'idée du personnage serait donc face à un type étrange et rigolo, sans comprendre son importance à l'époque et surtout le portrait qui en est fait ici, bien différent de celui qu'on entend régulièrement.
Une BD drôle, assez piquante sur le sujet et qui fait passer un bon moment !
Une nouvelle série orientée dark fantasy, qui nous propose l'histoire d'une enfant sauvage, élevée par les dragons, qui est capturée par une tribu de chasseurs de dragons, et se retrouve de fait dans une position très inconfortable. Elle est en butte à la méfiance, pour de ne pas dire plus, des villageois, et confrontée à un dilemme lorsque le dragonnet capturé en même temps qu'elle doit être abattu. Au-delà de l'ambiance typiquement fantasy relative aux dragons, on a droit à des éléments de technologie comme des barges volantes ou des navires, qui amènent un petit vernis steampunk à l'ensemble. C'est assez agréable pour l'heure, l'histoire est plaisante bien que sans surprise particulière, et la fin du premier volume propose un cliffhanger en mode survival pour Nato et ses camarades.
Graphiquement Shiro Kuroi est assez convaincant dans ses designs d'engins et de dragons, c'est du bon boulot. Je suis plus réservé sur les visages de ses personnages, qui semblent un peu tous figés, éberlués, surpris, alors que ce n'est pas du tout le propos.
Je lirai la suite avec plaisir.
Dès l’entame de la série, j’ai été bluffé par le dessin de Moreno. Avec des décors grandioses, impressionnants (il y a du Fritz Lang dans certains décors urbains !). Et surtout cet habillage steampunk franchement réussi, emballant ! Et des femmes très sexy, tendance SM (un peu ce que fait Tacito sur 666, mais en bien mieux, avec des tenues en cuir moulantes sans doute plus sexy que pratiques !). La colorisation est, elle aussi, très agréable. Bref, un travail graphique qui m’a plu et m’a permis d’entrer facilement dans cette histoire.
Quelques approximations parfois (comme dans le troisième tome, où Hestia, grièvement blessée au bras gauche, qu’elle porte en écharpe, se hisse la case suivante à la force de ses bras au sommet d’une pièce (sans écharpe ni trace de blessure) … Un troisième tome qui est moins réussi et intéressant que les deux tomes précédents (franchement très captivants et beaux). Le dessin est moins détaillé, moins de décors grandioses, les personnages (visages surtout) sont moins travaillés.
Et puis l’histoire et clairement moins intéressante dans ce tome, avec des scènes de baston qui prennent trop de place – sans réel intérêt.
Et je trouve que ce troisième album a un peu cassé la mécanique. Car, si le dessin s’améliore par la suite, je le trouve encore irrégulier et je n’ai pas retrouvé l’excellence des deux premiers tomes. Idem pour l’intrigue, clairement moins attirante, la baston domine trop, je ne suis pas fan des méchas et autres bestioles qui prennent le dessus.
Ça reste quand même pas désagréable à regarder, mais le début en fanfare – pour lequel j’étais prêt à mettre une étoile de plus – m’a fait davantage ressentir une déception dans les derniers albums. L’impression d’un matériau un peu gâché. Ou alors que l’intrigue s’est diluée, au fur et à mesure qu’elle se développait (Corbeyran avait-il d’emblée idée de la fin et du nombre de tomes) ?
Un polar classique mais efficace. Je connais l'auteur dont j'ai déjà lu le "Zulu" qui avait fait grand bruit à sa sortie, et ce polar reste dans la même veine. Sur fond de Sida et de violence sociale, on suit une enquête qui explore quelques branches de la culture Zoulou et sud-africaine.
Si vous êtes allergique au polar classique, je vous déconseille. Les scènes sont plus branchées grand spectacle qu'introspection réfléchie à la Sherlock Holmes, et les grands sentiments côtoient les personnages bien rangés dans leurs clichés. Si vous arrivez à passer outre, c'est franchement bien fait. Plusieurs intrigues se mélangent, même si elles ne sont finalement pas rattachées entre elle, ce qui est un peu dommage. D'autre part, et je rejoins l'avis de bamiléké là dessus, il y a des passages qui sentent tout de même l'avis politique simpliste entre blanc conservateurs et noirs révolutionnaires, sans parler des clichés sur les ghettos de l’Afrique du sud. D'ailleurs je comprends totalement que ça suffise à faire un blocage complet de l'histoire, c'est pourquoi je vous invite à le lire si vous hésitez. Mais pour un blanc européen comme moi qui n'a jamais mis les pieds au sud de la Méditerranée, il est sans doute bien plus simple de passer outre.
C'est le genre de polar que j'apprécie de lire sans l'avoir acheté et que j'oublierai sans doute ensuite. Mais c'est un bon moment de lecture que je recommande aux personnes intéressées.
Ah, la jeunesse ! Cette petite histoire nous replonge dans de nombreux souvenirs d'enfance, comme les rencontres éphémères avec des filles en colonie, en vacances, chez les amis de nos parents, ou ailleurs. Ici, l'histoire se déroule dans une belle demeure où une ado, quelque peu superficielle, n'a pas pu partir en vacances où elle le souhaitait et se retrouve chez l'amie de sa mère. Peu à peu, elle se lie d'amitié avec le jeune Antoine, fils modèle.
Tout change lorsque le grand frère perturbateur fait son apparition, attirant toute l'attention et transformant l'ambiance paisible en quelque chose de bien plus agité.
C'est simple, ça se lit vite. Les plus grands retrouveront quelques souvenirs familiaux et amoureux, tandis que les plus jeunes se sentiront concernés par les événements. Une histoire courte pour un moment court.
Rien d'extraordinaire, mais agréable à lire.
Rui Tenreiro est un auteur mozambicain, il est né à Maputo et il réside actuellement à Oslo. Cette BD est sa troisième publication.
Il revisite le conte japonais "la lanterne pivoine" (Botan Doro), mais en y incluant la fête finlandaise Kekri et des noms nigérians pour les lieux et les personnages. Un joyeux melting-pot.
Peu de personnages, Ozioma le narrateur, Igwe la jeune fille, Okoye l'entraîneur de crabe, Obaid le serviteur, Efe l'adversaire d'Okoye et Asagwara le crabe d'Okoye.
Un triangle amoureux bien singulier (Okoye, Efe et Asagwara), avec une touche de fantastique, qui va mal se terminer, rien de transcendant lors de ma première lecture. Par contre j'ai activé le code QR donnant accès à la bande son (lien ci-dessus) pour ma seconde lecture, et là, même si toujours rien de transcendant, j'ai été plongé dans ce Japon médiéval avec cette musique dépaysante où les percussions sont reines. La musique ne gêne pas la lecture, de nombreuses planches sans texte.
Un dessin au design japonisant superbement mis en valeur par un choix judicieux des couleurs.
Des personnages aux visages expressifs à la limite de la caricature, aux corps légèrement figés pour un rendu très agréable à regarder.
Une curiosité.
Une équipe de scientifiques recherche, au plus profond de cette immense forêt dite vierge, des traces d’anciennes civilisations qui auraient occupé les lieux. Équipe pluridisciplinaire – géologues, biologistes, topographes, archéologues…– qui regroupe et croise les compétences de chacun pour traquer les traces laissées par des précolombiens anciens et recouvertes par la végétation.
Suivre une telle mission pourrait paraître aride mais une dessinatrice a été associée au projet. Elle a ainsi suivi l’expédition au coeur de la forêt guyanaise, là où les relevés satellites indiquaient des spots potentiellement intéressants. Elle a croqué l’environnement et les scientifiques en action, expliquant pourquoi, la présence de telle ou telle espèce peut être un signe d’une occupation humaine antérieure.
C’est intéressant et l’ensemble est plutôt équilibré. La vie quotidienne du camp alterne avec les explications. Et il y a un challenge à relever, donc un peu de suspense.
Un léger regret toutefois, les protagonistes ne sont désignés que par leur spécialité, sans prénom, ce qui m’a donné l’impression d’un rendu un peu impersonnel. J’ai craint qu’on n’en sache pas plus sur eux. Ils sont finalement présentés mais dans les dernières pages, j’ai trouvé ça un peu dommage.
Joli dessin, animaux et végétaux dans de belles illustrations naturalistes, plus relâché sur les humains. Et deux espèces «bd-morphes » jouent les candides et apportent un peu d’humour.
Didactique et pas mal du tout.
Sympa, ça fait du bien parfois ce genre de lecture avec un dessin et une narration minimalistes. C'est fluide, sans temps mort, on ne s'ennuie pas du tout. Les personnages sont attachants, particulièrement l'un d'entre eux qui apporte un peu de tendresse dans cette fuite intense de la mère et son fils. Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire. Le découpage des cases et la mise en page sont agréables et parfaitement adaptés à ce type de dessin.
Je suis resté un peu sur ma faim, m'attendant à plus d'intrigue et de développement des personnages. Bref, un peu plus de tout aurait rendu ce récit bien plus marquant. J'ai passé un bon moment, mais ça sera vite oublié.
Cycle terminé, j'ai passé un très bon moment. J'attendrai le cycle suivant pour ajuster ma note si nécessaire.
En fait, j'ai tout aimé dans cette série : le style de dessin, la colorisation, l'époque choisie, l'originalité du scénario, le caractère de chaque protagoniste, les scènes d'action et le rythme. On ne s'ennuie dans aucun des trois tomes. Tout est très bien. Rien d'extraordinaire non plus, c'est pourquoi je mets seulement 3 étoiles pour l'instant. C'est original, mais il y a des petits détails qui, sans vraiment me déranger, m'ont semblé trop faciles. Certains choix scénaristiques suivent un schéma classique qu'on peut voir ailleurs, enlevant le côté inattendu que j'aurais aimé voir.
[SPOIL] Le méchant qu'on laisse en vie alors qu'elles viennent de tuer tous les autres, juste pour bien montrer que la chasse continuera... Ce même méchant sans scrupule, qu'on voit tuer de sang-froid des innocents, devient indulgent plus tard quand il peut éliminer au moins l'une d'elles, soi-disant parce qu'il n'est là que pour la jeune fille et qu'elles seules savent où elle se trouve. Oui, enfin, elles sont 4 quoi...
[FIN du SPOIL]
Au final, je trouve l'auteur un peu trop gentillet et classique pour ce qu'il nous propose, qui aurait pu être encore plus original pour se démarquer des autres. On est dans une époque western, assez cruelle, mais parfois on a l'impression d'être au 21e siècle concernant certaines propositions de l'intrigue. Aussi, ça manque un peu de sauvagerie. Le ton est là dès le début, autant pousser l'idée jusqu'au bout dans le réalisme de cette époque. Je ne dis pas qu'il faut voir des viols en action, mais la facilité qu'elles ont à échapper à cela malgré plusieurs situations où elles se trouvent en plein dedans (que l'auteur ne manque pas de nous faire comprendre à plusieurs reprises) me donne l'impression qu'il est trop réservé sur ces points. Du moins, il aurait pu trouver des solutions bien plus crédible. Parfois on dirait qu'il ne sait pas à quel public s'adresser et qu'il a le cul entre deux chaises.
Mise à part ça, c'est une très bonne série que je suivrai de près et que je recommanderais également.
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Le Spécimen
Un huis-clos relativement classique dans ses grandes lignes : cela mêle quelques clichés du genre, avec recherches médicales de laboratoires peu scrupuleux, prison où l’on élimine des « déviants » (ici de grands criminels), avec le secret, le côté angoissant qui va avec, et les différents échelons – politiques et scientifiques – qui ne s’entendent pas forcément. Le dessin fait bien le boulot, est lisible, mais je n’en suis pas fan (une tête un peu « petite » pour le « specimen », des traits peu détaillés). La narration est bien huilée. Il faut dire que Hill et Matz sont des auteurs bien rodés, et qu’ils connaissent les ficelles du métier. Et là, c’est assez prenant. Surtout, la quasi absence d’explication finale n’est pas trop frustrante (cela aurait sans doute affaibli le récit je pense). Un thriller que j’aurais davantage classé en fantastique – puisqu’au final c’est quand même ce qui domine. Une lecture plaisante. Note réelle 3,5/5.
Le Ministre & la Joconde
Une BD assez étonnante pour une sortie en 2022 ! Si je dis ça, c'est qu'il n'est pas certain que tous les lecteurs comprennent la portée critique assez drôle qui est faite du personnage principal de cet album, à savoir André Malraux. Mais si vous connaissez un peu le bonhomme, c'est franchement amusant ! La BD est dans la veine ligne claire, sans aucun doute possible, et exploite ce trait un peu vieillot pour faire ressortir l'aspect drôle de Malraux. Disons que ce personnage jamais nommé est le centre du récit : mi-guignol mi-fou, Malraux s'agite, vitupère, déclame, acclame, persifle et grogne tour à tour, alors qu'il sillonne le navire France à la recherche de sa chère Joconde. Je connais un peu Malraux, personnage haut en couleur (notamment lorsque Frank Lepage le mentionne dans sa conférence gesticulée) mais il est franchement incroyable. Je ne doute pas que les auteurs se permettent de le brocarder un peu, notamment par quelques piques sur son engagement dans la résistance qui semble plus tardif que ses dires, ou son passé de trafic d'antiquité asiatique. La BD est aussi drôle entre les jalousies de Malraux, ses singeries et ses délires, ses grands discours. C'est presque un portait de personnage amusant, plus qu'une BD sur l'évènement en lui-même. Franchement drôle, la BD à comme limite de s'arrêter à la présentation de l'évènement et de se centrer sur Malraux, sans déborder de ce cadre. Une personne n'ayant pas trop d'idée du personnage serait donc face à un type étrange et rigolo, sans comprendre son importance à l'époque et surtout le portrait qui en est fait ici, bien différent de celui qu'on entend régulièrement. Une BD drôle, assez piquante sur le sujet et qui fait passer un bon moment !
Dragon Hunt Tribe
Une nouvelle série orientée dark fantasy, qui nous propose l'histoire d'une enfant sauvage, élevée par les dragons, qui est capturée par une tribu de chasseurs de dragons, et se retrouve de fait dans une position très inconfortable. Elle est en butte à la méfiance, pour de ne pas dire plus, des villageois, et confrontée à un dilemme lorsque le dragonnet capturé en même temps qu'elle doit être abattu. Au-delà de l'ambiance typiquement fantasy relative aux dragons, on a droit à des éléments de technologie comme des barges volantes ou des navires, qui amènent un petit vernis steampunk à l'ensemble. C'est assez agréable pour l'heure, l'histoire est plaisante bien que sans surprise particulière, et la fin du premier volume propose un cliffhanger en mode survival pour Nato et ses camarades. Graphiquement Shiro Kuroi est assez convaincant dans ses designs d'engins et de dragons, c'est du bon boulot. Je suis plus réservé sur les visages de ses personnages, qui semblent un peu tous figés, éberlués, surpris, alors que ce n'est pas du tout le propos. Je lirai la suite avec plaisir.
Le Régulateur
Dès l’entame de la série, j’ai été bluffé par le dessin de Moreno. Avec des décors grandioses, impressionnants (il y a du Fritz Lang dans certains décors urbains !). Et surtout cet habillage steampunk franchement réussi, emballant ! Et des femmes très sexy, tendance SM (un peu ce que fait Tacito sur 666, mais en bien mieux, avec des tenues en cuir moulantes sans doute plus sexy que pratiques !). La colorisation est, elle aussi, très agréable. Bref, un travail graphique qui m’a plu et m’a permis d’entrer facilement dans cette histoire. Quelques approximations parfois (comme dans le troisième tome, où Hestia, grièvement blessée au bras gauche, qu’elle porte en écharpe, se hisse la case suivante à la force de ses bras au sommet d’une pièce (sans écharpe ni trace de blessure) … Un troisième tome qui est moins réussi et intéressant que les deux tomes précédents (franchement très captivants et beaux). Le dessin est moins détaillé, moins de décors grandioses, les personnages (visages surtout) sont moins travaillés. Et puis l’histoire et clairement moins intéressante dans ce tome, avec des scènes de baston qui prennent trop de place – sans réel intérêt. Et je trouve que ce troisième album a un peu cassé la mécanique. Car, si le dessin s’améliore par la suite, je le trouve encore irrégulier et je n’ai pas retrouvé l’excellence des deux premiers tomes. Idem pour l’intrigue, clairement moins attirante, la baston domine trop, je ne suis pas fan des méchas et autres bestioles qui prennent le dessus. Ça reste quand même pas désagréable à regarder, mais le début en fanfare – pour lequel j’étais prêt à mettre une étoile de plus – m’a fait davantage ressentir une déception dans les derniers albums. L’impression d’un matériau un peu gâché. Ou alors que l’intrigue s’est diluée, au fur et à mesure qu’elle se développait (Corbeyran avait-il d’emblée idée de la fin et du nombre de tomes) ?
Sangoma - Les Damnés de Cape Town
Un polar classique mais efficace. Je connais l'auteur dont j'ai déjà lu le "Zulu" qui avait fait grand bruit à sa sortie, et ce polar reste dans la même veine. Sur fond de Sida et de violence sociale, on suit une enquête qui explore quelques branches de la culture Zoulou et sud-africaine. Si vous êtes allergique au polar classique, je vous déconseille. Les scènes sont plus branchées grand spectacle qu'introspection réfléchie à la Sherlock Holmes, et les grands sentiments côtoient les personnages bien rangés dans leurs clichés. Si vous arrivez à passer outre, c'est franchement bien fait. Plusieurs intrigues se mélangent, même si elles ne sont finalement pas rattachées entre elle, ce qui est un peu dommage. D'autre part, et je rejoins l'avis de bamiléké là dessus, il y a des passages qui sentent tout de même l'avis politique simpliste entre blanc conservateurs et noirs révolutionnaires, sans parler des clichés sur les ghettos de l’Afrique du sud. D'ailleurs je comprends totalement que ça suffise à faire un blocage complet de l'histoire, c'est pourquoi je vous invite à le lire si vous hésitez. Mais pour un blanc européen comme moi qui n'a jamais mis les pieds au sud de la Méditerranée, il est sans doute bien plus simple de passer outre. C'est le genre de polar que j'apprécie de lire sans l'avoir acheté et que j'oublierai sans doute ensuite. Mais c'est un bon moment de lecture que je recommande aux personnes intéressées.
Antoine et la fille trop bien
Ah, la jeunesse ! Cette petite histoire nous replonge dans de nombreux souvenirs d'enfance, comme les rencontres éphémères avec des filles en colonie, en vacances, chez les amis de nos parents, ou ailleurs. Ici, l'histoire se déroule dans une belle demeure où une ado, quelque peu superficielle, n'a pas pu partir en vacances où elle le souhaitait et se retrouve chez l'amie de sa mère. Peu à peu, elle se lie d'amitié avec le jeune Antoine, fils modèle. Tout change lorsque le grand frère perturbateur fait son apparition, attirant toute l'attention et transformant l'ambiance paisible en quelque chose de bien plus agité. C'est simple, ça se lit vite. Les plus grands retrouveront quelques souvenirs familiaux et amoureux, tandis que les plus jeunes se sentiront concernés par les événements. Une histoire courte pour un moment court.
Les Lanternes de Nedzu
Rien d'extraordinaire, mais agréable à lire. Rui Tenreiro est un auteur mozambicain, il est né à Maputo et il réside actuellement à Oslo. Cette BD est sa troisième publication. Il revisite le conte japonais "la lanterne pivoine" (Botan Doro), mais en y incluant la fête finlandaise Kekri et des noms nigérians pour les lieux et les personnages. Un joyeux melting-pot. Peu de personnages, Ozioma le narrateur, Igwe la jeune fille, Okoye l'entraîneur de crabe, Obaid le serviteur, Efe l'adversaire d'Okoye et Asagwara le crabe d'Okoye. Un triangle amoureux bien singulier (Okoye, Efe et Asagwara), avec une touche de fantastique, qui va mal se terminer, rien de transcendant lors de ma première lecture. Par contre j'ai activé le code QR donnant accès à la bande son (lien ci-dessus) pour ma seconde lecture, et là, même si toujours rien de transcendant, j'ai été plongé dans ce Japon médiéval avec cette musique dépaysante où les percussions sont reines. La musique ne gêne pas la lecture, de nombreuses planches sans texte. Un dessin au design japonisant superbement mis en valeur par un choix judicieux des couleurs. Des personnages aux visages expressifs à la limite de la caricature, aux corps légèrement figés pour un rendu très agréable à regarder. Une curiosité.
À la recherche de l’Amazonie oubliée
Une équipe de scientifiques recherche, au plus profond de cette immense forêt dite vierge, des traces d’anciennes civilisations qui auraient occupé les lieux. Équipe pluridisciplinaire – géologues, biologistes, topographes, archéologues…– qui regroupe et croise les compétences de chacun pour traquer les traces laissées par des précolombiens anciens et recouvertes par la végétation. Suivre une telle mission pourrait paraître aride mais une dessinatrice a été associée au projet. Elle a ainsi suivi l’expédition au coeur de la forêt guyanaise, là où les relevés satellites indiquaient des spots potentiellement intéressants. Elle a croqué l’environnement et les scientifiques en action, expliquant pourquoi, la présence de telle ou telle espèce peut être un signe d’une occupation humaine antérieure. C’est intéressant et l’ensemble est plutôt équilibré. La vie quotidienne du camp alterne avec les explications. Et il y a un challenge à relever, donc un peu de suspense. Un léger regret toutefois, les protagonistes ne sont désignés que par leur spécialité, sans prénom, ce qui m’a donné l’impression d’un rendu un peu impersonnel. J’ai craint qu’on n’en sache pas plus sur eux. Ils sont finalement présentés mais dans les dernières pages, j’ai trouvé ça un peu dommage. Joli dessin, animaux et végétaux dans de belles illustrations naturalistes, plus relâché sur les humains. Et deux espèces «bd-morphes » jouent les candides et apportent un peu d’humour. Didactique et pas mal du tout.
Bâtard
Sympa, ça fait du bien parfois ce genre de lecture avec un dessin et une narration minimalistes. C'est fluide, sans temps mort, on ne s'ennuie pas du tout. Les personnages sont attachants, particulièrement l'un d'entre eux qui apporte un peu de tendresse dans cette fuite intense de la mère et son fils. Il n'y a pas grand-chose d'autre à dire. Le découpage des cases et la mise en page sont agréables et parfaitement adaptés à ce type de dessin. Je suis resté un peu sur ma faim, m'attendant à plus d'intrigue et de développement des personnages. Bref, un peu plus de tout aurait rendu ce récit bien plus marquant. J'ai passé un bon moment, mais ça sera vite oublié.
Ladies with guns
Cycle terminé, j'ai passé un très bon moment. J'attendrai le cycle suivant pour ajuster ma note si nécessaire. En fait, j'ai tout aimé dans cette série : le style de dessin, la colorisation, l'époque choisie, l'originalité du scénario, le caractère de chaque protagoniste, les scènes d'action et le rythme. On ne s'ennuie dans aucun des trois tomes. Tout est très bien. Rien d'extraordinaire non plus, c'est pourquoi je mets seulement 3 étoiles pour l'instant. C'est original, mais il y a des petits détails qui, sans vraiment me déranger, m'ont semblé trop faciles. Certains choix scénaristiques suivent un schéma classique qu'on peut voir ailleurs, enlevant le côté inattendu que j'aurais aimé voir. [SPOIL] Le méchant qu'on laisse en vie alors qu'elles viennent de tuer tous les autres, juste pour bien montrer que la chasse continuera... Ce même méchant sans scrupule, qu'on voit tuer de sang-froid des innocents, devient indulgent plus tard quand il peut éliminer au moins l'une d'elles, soi-disant parce qu'il n'est là que pour la jeune fille et qu'elles seules savent où elle se trouve. Oui, enfin, elles sont 4 quoi... [FIN du SPOIL] Au final, je trouve l'auteur un peu trop gentillet et classique pour ce qu'il nous propose, qui aurait pu être encore plus original pour se démarquer des autres. On est dans une époque western, assez cruelle, mais parfois on a l'impression d'être au 21e siècle concernant certaines propositions de l'intrigue. Aussi, ça manque un peu de sauvagerie. Le ton est là dès le début, autant pousser l'idée jusqu'au bout dans le réalisme de cette époque. Je ne dis pas qu'il faut voir des viols en action, mais la facilité qu'elles ont à échapper à cela malgré plusieurs situations où elles se trouvent en plein dedans (que l'auteur ne manque pas de nous faire comprendre à plusieurs reprises) me donne l'impression qu'il est trop réservé sur ces points. Du moins, il aurait pu trouver des solutions bien plus crédible. Parfois on dirait qu'il ne sait pas à quel public s'adresser et qu'il a le cul entre deux chaises. Mise à part ça, c'est une très bonne série que je suivrai de près et que je recommanderais également.