Jolies redites
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Ce tome contient une histoire complète et peut être lu sans connaissance préalable des personnages Marvel. Il contient les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2006, écrits par Paul Jenkins, dessinés, encrés et peints par Paolo Rivera qui a également réalisé les couvertures. Chaque épisode est consacré à un superhéros différent. le principe de ce recueil est que chaque épisode raconte l'origine d'un superhéros ou d'une équipe de superhéros.
Spider-Man - Peter Parker est une jeune étudiant au lycée, qu'aucune fille ne remarque. Il rentre chez sa tante et son oncle dépité par l'absence d'intérêt que lui porte la gente féminine, et s'assoit à table où sa tante May lui sert des biscuits de froment. Il regarde d'un air sceptique ces biscuits, avec son oncle Ben qui sourit en lui disant qu'effectivement ils ne sont pas très bons. Peter se plaint que sa vie n'est pas terrible. Son oncle évoque son intelligence, le fait qu'elle ne lui donne pas de pouvoir, mais qu'elle implique de la responsabilité. le lendemain, Peter se rend à une expérience scientifique à base de radiation ionisante. X-Men - À Buffalo dans l'état de New York, Erik Lehnsherr est en train de faire passer de vie à trépas trois jeunes hommes qui ont causé la mort d'une jeune mutante de 12 ans, affligée d'un troisième bras. À Salem Center dans l'état de New York, le professeur Charles Xavier écoute les informations relatives à la Loi de recensement des mutants, puis à la mort de trois jeunes hommes. Ses cinq étudiants arrivent dans son étude, et il leur indique qu'ils ont 4 minutes de retard. Il s'agit de Scott Summers, Jean Grey, Warren Worthington III, Hank McCoy et Bobby Drake. Ils vont s'entraîner dans une immense salle, tout en révisant la stratégie de Napoléon à Waterloo. Hulk - Quelque part dans le désert du Nevada, Bruce Banner se retrouve nu devant l'entrée d'une caverne. Il voit en émerger une immense créature verte qui semble agressive. La voix de Betty Ross le ramène à la réalité : ils sont en train de déjeuner ensemble dans une cafétéria à Bedrock. Ils parlent du général Ross, le père de Betty, et de l'expérience que dirige Bruce Banner avec son assistant Igor.
Ghost Rider - Quelque part sur l'autoroute I-15, 6 miles au nord de Las Vegas, deux policiers sont en train de papoter dans leur voiture de service en surveillant la route. Ils voient passer devant eux un motard dépassant largement la vitesse limite autorisée, et laissant une trace de flamme derrière lui. Ils se lancent immédiatement à sa poursuite. le policier passager n'arrive pas à convaincre la base de la réalité de ce qu'ils ont vu. Ils arrivent à la fin de la trace de flamme et le motard a mystérieusement disparu. Un peu plus loin, Johnny Blaze rentre tranquillement jusqu'au chapiteau, tout en pensant à son père Barton Blaze, puis à Roxanne Simpson. Fantastic Four - Sue Storm, Reed Richards, Johnny Storm et Ben Grimm sont assis à une table, devant des sénateurs, dans une salle d'audience. Ils ont été convoqués pour être questionnés sur ce qui s'est vraiment passé à bord de la station spatiale. Captain America - Steve Rogers repense au passé, à la blessure de son père, soldat d'infanterie, à Soissons pendant la première guerre mondiale. Il se rappelle sa jeunesse dans un quartier populaire de New York, après le décès de son père mort de la grippe en 1926, à l'âge de 33 ans. Il revoit sa mère cumulant 3 boulots pour pouvoir joindre les deux bouts, décédée alors qu'il avait à peine 18 ans. Il se revoit en train de faire des boulots manuels, alors qu'il était chétif.
Spider-Man est apparu pour la première fois en 1962, les X-Men en 1963, Hulk en 1962, Ghost Rider en 1972, Les Fantastic Four en 1961, Captain America en 1941 et rapatrié dans l'univers partagé Marvel en 1964. Depuis le temps, raconter leurs origines (dites secrètes) est devenu un (sous-)genre en soi. Il y a différentes approches possibles : raconter la même chose dans un contexte plus moderne (introduire des téléphones portables, des ordinateurs, un contexte politique moins daté) avec des dessins mis au goût du jour), ou proposer une relecture qui révèle des choses a posteriori, ou qui jette un nouvel éclairage sur la psychologie des personnages, sur leur motivation ou autre. le lecteur peut comprendre que l'éditeur ressente le besoin de disposer de récits des origines moins datés que les originaux, que ce soit sur le plan de narration visuelle ou des dialogues, moins naïfs. Il entame donc la découverte de ces nouvelles versions, avec celle relative à Spider-Man. Il retrouve le jeune Peter Parker, plus chétif que mince, dans un environnement sans téléphone portable, sans ordinateur, avec des tenues vestimentaires datées. Les dessins semblent indiquer que l'histoire se déroule effectivement en 1962. le lecteur familier de l'histoire ne découvrira rien de neuf, pas de point de vue particulier, pas d'analyse de caractère pénétrante, pas de nouvelle révélation. Il a même l'impression que l'histoire est moins dense que l'initiale.
Cette impression change un peu avec l'origine des X-Men. le lecteur retrouve bien l'école et une proto-salle des dangers, mais le rôle d'Erik Lehnsherr est plus étoffé, en particulier avec le châtiment dispensé aux trois jeunes hommes. Ensuite le scénariste a intégré un dialogue supplémentaire entre Xavier et Lehnsherr reprenant des éléments de leur relation développés par Chris Claremont, bien des années après le premier épisode de la série. Dans l'épisode consacré à Hulk, Jenkins insiste plus sur l'hostilité de Thaddeus Ross envers Bruce Banner, et sur le ressentiment de ce dernier contre l'armée qui fait tout pour transformer son invention en une arme. le lecteur s'étonne sur le choix de Ghost Rider car ce superhéros ne fait pas partie de la vague initiale de personnages cocréés par Stan Lee au début des années 1960. Il est donc possible qu'il soit moins familier avec ses origines, sinon il en retrouve les éléments classiques. Jenkins propose un point de vue différent pour les origines des Fantastic Four, racontées dans une salle d'audience, avec un changement majeur par rapport au récit de 1961 : les quatre amis travaillaient dans une station spatiale en orbite autour de la Terre. Enfin, l'origine de Captain America est sensiblement étoffée avec, en particulier, des détails sur son père qui diffèrent sensiblement en fonction des versions. le lecteur assiste bien à la rencontre entre Steve Rogers et Bucky Barnes, par contre le costume de Bucky apparaît comme par magie, sans explication quant à la mise en danger de cet adolescent sur les champs de bataille.
Dans un premier temps, le lecteur se demande s'il est possible de parler d'actualisation de la narration visuelle. Elle est moins tassée que celle d'origine, avec des dessins moins naïfs. D'un point de vue descriptif, les cases ne comprennent pas un plus haut niveau de détails, en termes de contours encrés. Par contre la mise en couleur relève de la couleur directe, avec une technique beaucoup plus sophistiquée que celle des comics des années 1960. du coup cette mise en couleurs directe apporte plus de texture, des ambiances lumineuses plus sophistiquées, des personnages plus consistants et plus complexes, et souvent des environnements plus denses. Par exemple, l'artiste prend grand plaisir à dessiner une échelle de secours en façade, les gratte-ciels de New York, la salle d'entraînement des X-Men, la roulotte de Johnny Blaze, le bar qu'il fréquente, le vide de l'espace avec le bleu de la Terre en arrière-plan, ou encore les différents champs de bataille où se trouve Captain America. Cela n'empêche pas Rivera de mettre en œuvre la technique qui consiste à nourrir un fond de case d'un camaïeu, sans rien y représenter, en particulier lors de l'affrontement entre les X-Men et Magneto, ou lorsque Hulk se déchaîne. le lecteur remarque également que de temps à autre une proportion anatomique semble un peu gauche.
Le lecteur se rend également compte que Paolo Rivera parvient à conférer une qualité intemporelle à la majeure partie des apparitions des superhéros, un peu comme Alex Ross a pu le faire dans Marvel, la prestance en moins. Ça commence avec Spider-Man pour lequel l'artiste a conservé une partie de la bizarrerie présente dans les dessins de Steve Ditko, avec une silhouette beaucoup plus humaine que d'habitude, moins parfaitement musclée, ce qui rend Spider-Man d'autant plus étrange. Dans l'épisode suivant, Erik Lehnsherr vole visuellement la vedette aux X-Men et au professeur Xavier. Il reste dans une sorte de pénombre qui mange les détails de ses traits et de sa silhouette flottant à quelques centimètres au-dessus du sol, un être différent, déjà un peu éloigné de la simple humanité. Hulk est massif à souhait, avec cette boîte crânienne un peu carrée qui lui donne un air néandertalien. On ne voit quasiment pas les Fantastic Four utiliser leur pouvoir, leur apparence civile évoquant à nouveau les années 1960. Captain America est bondissant à souhait, l'artiste rendant sciemment hommage à Jack Kirby et Joe Simon, les cocréateurs du personnage. le plus impressionnant est sans nul doute Ghost Rider, avec son crâne grimaçant et sa moto enflammée.
Au final, le lecteur s'interroge sur le public visé par ce projet. Même si Paolo Rivera est encore relativement débutant, il réalise des planches plastiquement intéressantes, à l'ambiance vaguement surannée, mais avec des superhéros proches du mythe. Paul Jenkins donne l'impression de s'en tenir à une approche scolaire, très respectueuse de l'origine originelle, n'apportant presqu'aucun élément neuf, se limitant à intégrer des apports ultérieurs sur les personnages (la relation Xavier / Lehnsherr) en nombre très limité. Il n'y a que pour Captain America qu'il réalise un vrai récit avec un point de vue sur la valeur des soldats américains. du coup, ces mises à jour d'origines (secrètes) s'adressent avant tout à des lecteurs novices en superhéros Marvel, même s'il manque le clinquant spectaculaire propre au genre, plus qu'à des lecteurs familiers de ces histoires pour qui le seul attrait réside dans la narration visuelle dotée d'un charme bien réel.
Le titre de ce webtoon est trompeur. En guise de marionnette, il ne s'agit que d'une femme qui a été manipulée. Et en guise de méchante, ce n'est que cette femme qui cherche à éviter de subir un mauvais sort et profite de ses connaissances pour quelques manipulations stratégiques à son tour. Guère de méchanceté, même si un peu de machiavélisme malgré tout.
C'est un isekai un peu particulier. Cette fois l'héroïne est réincarnée non pas dans un monde parallèle mais de l'intrigue de son livre de chevet. Elle prend en effet le rôle de la belle princesse d'un roman qu'elle connait par cœur et dont elle sait que ce personnage, futile et mauvais, sera trahi par son frère, le futur empereur. Forte de ses connaissances de l'univers du roman et de ses personnages, elle va faire en sorte de changer la donne par des manœuvres stratégiques et diplomatiques dont l'intelligence contraste avec l'ignorance du personnage qu'elle remplace.
L'intrigue tient à la fois du roman à l'eau de rose et des intrigues de palais au sein d'une cour impériale.
Le graphisme, très shojo, éclate de teintes roses et pastelles, et fait admirer les chatoyantes toilettes des dames de la cour et des beaux prétendants. Comme nombre de webtoons, ce dessin se focalise sur les personnages au détriment de décors souvent inexistants, mais ces personnages sont soigneusement réalisés, de même que leurs costumes. Il y a un vrai boulot à ce niveau là ainsi que dans le travail des couleurs et de la mise en scène.
Le début de l'histoire est un peu confus : il faut quelques chapitres avant que les choses se mettent en place et que l'intrigue se fasse plus linéaire. Une fois engagée, celle-ci prend la forme des manœuvres stratégiques de l'héroïne pour mettre en place son plan pour sauver le personnage dont elle a pris le rôle. Elle flatte les uns, piège les autres, favorise des alliances, en affaiblit d'autres, pousse les uns dans les bras des autres, etc. Si les ambitions exactes de l'héroïne restent un peu floues et que les choses se font parfois facilement, en particulier parce qu'elle est tout de même la troisième personne la plus puissante de l'empire, j'en suis venu assez vite à apprécier ce jeu intellectuel et à vouloir voir comment il allait évoluer. A cela s'associe également une touche romantique un peu plus à l'eau de rose. On notera en particulier sa relation avec un beau jeune duc que l'ancienne princesse harcelait vainement, et que l'héroïne va désormais plutôt tenter de marier à une autre noble, attirant soudain sa véritable attention devant un tel changement de comportement et dont on sent bien qu'il sera le principal intérêt romantique de la suite de l'histoire.
Sous des atours très rose bonbon, on finit par découvrir une série intelligente et plutôt mature, qui donne envie de connaitre la suite et de voir où la stratégie de l'héroïne va l'amener.
Je suis quand même étonné de voir autant de « bonnes notes » pour cette série. Elle se laisse lire, mais sans plus selon moi.
La trame générale est hyper classique : une jeune femme traumatisée dans son enfance qui commence à revivre de terribles événements, et un lourd secret, partagé par plusieurs protagonistes, qui remonte à la surface. Une pincée de fantastique, du suspens constamment ajouté, avec moult rebondissements. Pas mal de personnages aussi (que parfois j’avais du mal à reconnaître d'ailleurs).
Callède use de nombreux clichés du genre, et fait pas mal de clins d’œil aux films d’horreur et de suspens. Les amateurs du genre, à défaut d’être surpris, apprécieront certainement.
Mais ça ne m’a pas enthousiasmé. D’abord parce que le dessin n’est pas trop mon truc – la colorisation, qui lisse tout encore moins – même si ça reste lisible.
Ensuite parce que l’histoire n’est pas toujours très claire (à vouloir trop alimenter le suspens on finit par embrouiller le lecteur), et elle n’est pas assez originale.
Une lecture d’emprunt, mais qui m’a laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Pas mal du tout, comme BD. J'ai lu sans trop savoir à quoi m’attendre et je pense qu'on peut parler de famille dysfonctionnelle, tant le récit est centré sur ce père, incarnation du gros con.
C'est une BD qui parle surtout de se construire quand on est jeune alors que la vie t'a mis dans les pattes d'un père alcoolique et violent, menteur et voleur (de sa propre famille) et que tu es coincé entre un frère qui tourne voyou et une mère qui subit son mari. La BD explore petit à petit les moyens de s'en sortir, entre l'amitié, les liens sociaux, la découverte d'une beauté, de l'art aussi, les évènements traumatiques. Plusieurs choses se mélangent dans la BD et c'est franchement bien amené, notamment lorsque le frère ainé revient du Vietnam. J'ai apprécié la façon dont l'histoire se construit et permet à Doug de devenir le moteur du changement dans sa famille, non pas seulement la victime de celle-ci.
Cela dit, si j'ai beaucoup apprécié l'histoire, je dois dire que le dessin m'a moins convaincu. Il m'a semblé plusieurs fois imprécis dans les détails et quelques petites choses m'ont semblé maladroites dans l’exécution. C'est vraiment ce qui m'a retenu dans toute ma lecture, et je suis sorti de la BD avec un sentiment moindre que mes camarades lecteurs, sans doute à cause de ça. Je pense qu'il s'agit d'une incompatibilité personnelle, puisque je semble être le seul à avoir été arrêté par ça.
En tout cas, pour le reste, je recommande la lecture. C'est assez violent dans le propos mais je trouve que l'ensemble se tient parfaitement bien.
Sympathique mais je trouve qu'on oscille entre le bof et le pas mal. C'est assez étonnant de voir une BD sur les nounous de l'enfant de Pablo Escobar, mais la BD n'est en fin de compte qu'une longue présentation des divers personnages. Chacun d'entre eux donne lieu à une situation différente qui présente l'ambiance très peu conventionnelle de l'enfance du narrateur.
Maintenant, au-delà de l'aspect purement étonnant, c'est malheureusement assez vite lu et sans grand intérêt. On a des portraits de personnages certes étonnant et qui collent à l'ambiance mafieuse de l'Amérique latine, mais rien de plus. Le narrateur ne dévoile pas beaucoup de choses sur son enfance et le ressenti qu'il a de tout ça aujourd'hui. Est-il encore dans l'admiration de ces personnes ? Dans un rejet ?
D'autre part, la BD se contente de faire une présentation de ces personnages avec assez peu de questionnement sur le contexte autour : comment en sont-ils arrivés là, leur rôle dans la Colombie d'alors, les problématiques politiques qu'ils vivent ... C'est assez succinct, presque comme une longue présentation servant d'introduction.
Niveau dessin, c'est pas mal. Le style de l'auteur ressort assez bien et donne quelques effets plutôt réussi dans les gueules ou les fusillades, par exemple. Mais ça ne suffit pas vraiment à faire dépasser le cadre du pas mal à cette BD qui m'a semblé trop légère, malgré son sujet.
La couverture m’a fait de l’œil mais je dois avouer être sorti un peu mitigé de ma lecture.
Alors attention le résultat est loin d’être honteux, ça se lit très facilement mais des petits détails accumulés amoindrissent mon ressenti final. Cependant ce n’est qu’une entame de série, ma note tend vers le 2,5 mais je laisse volontiers une chance à la suite, d’autant que le public visé reste les adolescents.
Derrière le pseudo de Tpiu se cache une jeune auteure française, qui depuis son plus jeune âge, rêve de devenir mangaka. Elle exerce depuis quelques temps déjà mais c’est sa première œuvre que je lis.
Le dessin se révèle plutôt agréable et conforme au sujet, l’héroïne est charismatique, de bons décors. Bref c’est fluide et lisible, j’ai quand même (rien de foncièrement méchant) un peu tiqué sur la proportion des têtes des personnages que je trouve parfois trop grosses. Sinon hormis ce détail, la partie graphique est maîtrisée.
C’est l’histoire qui m’a moins convaincu (mais c’est le vieux briscard qui vous parle), je n’y ai rien vu de vraiment novateur et je ne suis pas fan de certaines orientations ou choix (je n’aime pas trop les monstres par exemple). Ce n’est que le début, même si on n’est en terrain balisé, l’univers mis en place n’a pas tout dévoilé. Malgré des morts et une pointe de gore, de l’aventure légère où l’héroïne se forgera et grandira.
Personnellement il m’a manqué le petit plus pour vraiment succomber mais l’auteure fournit objectivement du bon boulot. Plus jeune, ça m’aurait d’avantage parlé.
Voila une série intrigante mais qui oscille entre le bon et le moyen, pour l'instant. L'auteur n'en est pas à son coup d'essai et ça se sent : il s'autorise à prendre le temps, développer dans la durée et laisser le lecteur volontairement dans le flou sur plusieurs points.
Ça commence par un métamorphe qui semble attiré par un jeune homme, mais l'histoire se construit autour de plusieurs points. C'est avant tout le personnage de Ambroise qui est central au récit, il est mystérieux et mutique, n'aimant pas parler de lui. Le récit le dévoile progressivement, tandis que le métamorphe creuse sa vie et rentre en contact avec lui par plusieurs biais. C'est assez bien mené, avec une progression en tension dramatique qui installe l'univers.
Je dirais qu'on est sur la corde raide entre le bien et le moins bien parce que l'auteur garde volontairement des zones d'ombres. Par exemple sur la volonté exacte du métamorphe, même si quelques pistes semblent se dessiner, sur le côté fortuné et excentrique de ces riches toujours prompt à inventer des jeux malsains. Mais surtout, même si plusieurs sujets sont mis en avant (identité, quête existentielle, genre ...) je trouve que rien de concret n'est encore palpable à ce niveau. J'ai un peu peur que l'auteur reste flou dessus et ne vienne jamais creuser ces sujets, ce qui serait dommage.
La BD est servie par le dessin de Boucher, impeccable et renforcé par la colorisation au poil, qui accentue l'effet lent et peu bavard de l'ensemble. La lente montée de l'histoire culmine sur des dernières planches qui donnent à penser que la suite sera assez différente, mais l'ensemble prend le temps d'installer l'ambiance et les petits détails. C'est bien présenté et la lecture fut prenante pour ma part. Maintenant, j'attends la suite qui peut soit confirmer l'intérêt que j'ai, soit reste dans le même genre et risque de donner un ensemble trop fade.
Je reste sur un 3* prudent, mais j'ai bien envie de découvrir la suite !
Une BD qui ne m'a pas complètement convaincu.
Une jeune femme, Camille, retourne sur les terres de son enfance à la mort de son père. Elle y retrouve Hassan, un ex petit ami, il est devenu journaliste et lui demande d'infiltrer une organisation - les Blanchistes - où son père était le représentant le plus important. Et le moment est parfait, c'est l'heure de la Grande Battue annuelle qui va permettre de sélectionner les futurs membres des Blanchistes. Une battue avec des règles particulières. Il faut évidemment être un pro de la gâchette mais aussi du survivalisme. .
Un récit qui reste obscur, je ne comprends pas bien où a voulu en venir Marine Levéel. Alors oui elle nous fait un portrait peu flatteur de cette joyeuse bande de tarés qui prônent le régionalisme, mais je trouve que ça reste superficiel, les motivations sont floues et la conclusion me laisse perplexe.
Le dessin de Lilian Coquillaud a d'indéniables qualités, la mise en couleur directe dans les tons roses, mauves et oranges apportent une touche d'originalité. Une colorisation qui dégage une ambiance singulière. J'aime beaucoup.
Un dessin qui joue un rôle narratif important, un exemple : dans la scène où l'oncle de Camille passe en revue les participants à la battue, Coquillaud floute certains visages sur une case, puis d'autres visages sur la suivante et ce n'est pas anodin. Une mise en scène maîtrisée.
Du bon boulot.
3 étoiles de justesse.
Adapter un roman n’est pas chose aisée. Bien souvent, je sens à la lecture soit de grosses coupures soit des raccourcis, l’un comme l’autre, réalisés dans le but de tout faire tenir dans un récit forcément plus condensé que l’œuvre originale. Et dans le cas présent, j’ai ressenti les unes et les autres.
L’intrigue avance trop vite, sans laisser aux personnages le temps de se développer. A un point tel que l’une d’entre eux (la fille du personnage central du récit) finit par être totalement inutile à l’histoire alors qu’elle occupe le devant de la scène au début du récit. Là, j’ai l’impression que plusieurs passages qui la concernaient sont purement et simplement passés à la trappe, faute d’espace.
Certaines situations fonctionnent mal avec des heureux hasards un peu trop fréquents à mon goût. Là encore, l’histoire avance trop vite, c’est trop ‘facile’. C’est dans ces moments-là que je me dis que l’auteur a utilisé des raccourcis, histoire de simplifier une transition ou d’expliquer un comportement.
Je ne fais que critiquer jusqu’à présent. Pourtant je trouve que ce récit dispose aussi de grandes qualités. J’ai, par exemple, beaucoup aimé son sujet, celui des laissés pour compte japonais de la crise économique (crise encore amplifiée par le tsunami de 2011). J’ai aimé comment sont abordées les répercussions de l’accident nucléaire de Fukushima comme les conséquences de la crise économique. Ça casse vraiment cette image d’un Japon où il fait bon vivre, avec des politiques responsables qui assumeraient les conséquences de leurs actes, avec une population heureuse de son sort, avec une criminalité marginale et presque élégante (l’image des Yakuzas et de la pègre japonaise dans le cinéma occidental comme dans les mangas me dérange souvent car je la trouve presque idéalisée). J’ai également bien aimé la toute fin du récit alors même que l’histoire semble se terminer en eau de boudin. Ce renoncement m’a paru beau et touchant. J’ai aimé le dessin en noir et blanc et le découpage aéré qui favorisent tous deux une lecture ‘facile’ dans laquelle il est à la fois aisé de suivre les personnages et de s’attarder à l’occasion sur l’une ou l’autre grande illustration.
En fait, j’ai aimé tellement d’éléments que mon regret n’en est que plus grand. Ç’aurait pu être un très bel album mais, à cause des problèmes d’adaptation, je reste sur un petit « pas mal ».
Un écrivain se trouve embarqué dans une enquête pour écrire un livre en collaboration avec une dame qui, en phase terminale du cancer, « vide son sac » : elle a été au cœur de grosses magouilles financières impliquant beaucoup d’hommes politiques et d’industriels en vue.
Le dessin de Thomas Clément, simple et moderne, est agréable à suivre. Et la narration de Denis est fluide, même si ça avance lentement et manque de rythme – ce qui est un comble pour ce genre d’intrigue ! Cela devait sans doute s’accélérer par la suite, mais semble-t-il la série s’est arrêtée sur ce tome inaugural, ce qui lui enlève pas mal d’intérêt.
Denis Robert a beaucoup publié d’enquêtes très intéressante sur les magouilles financières (sans qu’hélas le système ne change fondamentalement, ni que les principaux protagonistes ne finissent en prison – faut pas rêver quand même !). En particulier son enquête publiée en BD, L'Affaire des affaires est intéressante – plus que ce roman graphique inachevé.
Note réelle 2,5/5.
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Mythos
Jolies redites - Ce tome contient une histoire complète et peut être lu sans connaissance préalable des personnages Marvel. Il contient les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2006, écrits par Paul Jenkins, dessinés, encrés et peints par Paolo Rivera qui a également réalisé les couvertures. Chaque épisode est consacré à un superhéros différent. le principe de ce recueil est que chaque épisode raconte l'origine d'un superhéros ou d'une équipe de superhéros. Spider-Man - Peter Parker est une jeune étudiant au lycée, qu'aucune fille ne remarque. Il rentre chez sa tante et son oncle dépité par l'absence d'intérêt que lui porte la gente féminine, et s'assoit à table où sa tante May lui sert des biscuits de froment. Il regarde d'un air sceptique ces biscuits, avec son oncle Ben qui sourit en lui disant qu'effectivement ils ne sont pas très bons. Peter se plaint que sa vie n'est pas terrible. Son oncle évoque son intelligence, le fait qu'elle ne lui donne pas de pouvoir, mais qu'elle implique de la responsabilité. le lendemain, Peter se rend à une expérience scientifique à base de radiation ionisante. X-Men - À Buffalo dans l'état de New York, Erik Lehnsherr est en train de faire passer de vie à trépas trois jeunes hommes qui ont causé la mort d'une jeune mutante de 12 ans, affligée d'un troisième bras. À Salem Center dans l'état de New York, le professeur Charles Xavier écoute les informations relatives à la Loi de recensement des mutants, puis à la mort de trois jeunes hommes. Ses cinq étudiants arrivent dans son étude, et il leur indique qu'ils ont 4 minutes de retard. Il s'agit de Scott Summers, Jean Grey, Warren Worthington III, Hank McCoy et Bobby Drake. Ils vont s'entraîner dans une immense salle, tout en révisant la stratégie de Napoléon à Waterloo. Hulk - Quelque part dans le désert du Nevada, Bruce Banner se retrouve nu devant l'entrée d'une caverne. Il voit en émerger une immense créature verte qui semble agressive. La voix de Betty Ross le ramène à la réalité : ils sont en train de déjeuner ensemble dans une cafétéria à Bedrock. Ils parlent du général Ross, le père de Betty, et de l'expérience que dirige Bruce Banner avec son assistant Igor. Ghost Rider - Quelque part sur l'autoroute I-15, 6 miles au nord de Las Vegas, deux policiers sont en train de papoter dans leur voiture de service en surveillant la route. Ils voient passer devant eux un motard dépassant largement la vitesse limite autorisée, et laissant une trace de flamme derrière lui. Ils se lancent immédiatement à sa poursuite. le policier passager n'arrive pas à convaincre la base de la réalité de ce qu'ils ont vu. Ils arrivent à la fin de la trace de flamme et le motard a mystérieusement disparu. Un peu plus loin, Johnny Blaze rentre tranquillement jusqu'au chapiteau, tout en pensant à son père Barton Blaze, puis à Roxanne Simpson. Fantastic Four - Sue Storm, Reed Richards, Johnny Storm et Ben Grimm sont assis à une table, devant des sénateurs, dans une salle d'audience. Ils ont été convoqués pour être questionnés sur ce qui s'est vraiment passé à bord de la station spatiale. Captain America - Steve Rogers repense au passé, à la blessure de son père, soldat d'infanterie, à Soissons pendant la première guerre mondiale. Il se rappelle sa jeunesse dans un quartier populaire de New York, après le décès de son père mort de la grippe en 1926, à l'âge de 33 ans. Il revoit sa mère cumulant 3 boulots pour pouvoir joindre les deux bouts, décédée alors qu'il avait à peine 18 ans. Il se revoit en train de faire des boulots manuels, alors qu'il était chétif. Spider-Man est apparu pour la première fois en 1962, les X-Men en 1963, Hulk en 1962, Ghost Rider en 1972, Les Fantastic Four en 1961, Captain America en 1941 et rapatrié dans l'univers partagé Marvel en 1964. Depuis le temps, raconter leurs origines (dites secrètes) est devenu un (sous-)genre en soi. Il y a différentes approches possibles : raconter la même chose dans un contexte plus moderne (introduire des téléphones portables, des ordinateurs, un contexte politique moins daté) avec des dessins mis au goût du jour), ou proposer une relecture qui révèle des choses a posteriori, ou qui jette un nouvel éclairage sur la psychologie des personnages, sur leur motivation ou autre. le lecteur peut comprendre que l'éditeur ressente le besoin de disposer de récits des origines moins datés que les originaux, que ce soit sur le plan de narration visuelle ou des dialogues, moins naïfs. Il entame donc la découverte de ces nouvelles versions, avec celle relative à Spider-Man. Il retrouve le jeune Peter Parker, plus chétif que mince, dans un environnement sans téléphone portable, sans ordinateur, avec des tenues vestimentaires datées. Les dessins semblent indiquer que l'histoire se déroule effectivement en 1962. le lecteur familier de l'histoire ne découvrira rien de neuf, pas de point de vue particulier, pas d'analyse de caractère pénétrante, pas de nouvelle révélation. Il a même l'impression que l'histoire est moins dense que l'initiale. Cette impression change un peu avec l'origine des X-Men. le lecteur retrouve bien l'école et une proto-salle des dangers, mais le rôle d'Erik Lehnsherr est plus étoffé, en particulier avec le châtiment dispensé aux trois jeunes hommes. Ensuite le scénariste a intégré un dialogue supplémentaire entre Xavier et Lehnsherr reprenant des éléments de leur relation développés par Chris Claremont, bien des années après le premier épisode de la série. Dans l'épisode consacré à Hulk, Jenkins insiste plus sur l'hostilité de Thaddeus Ross envers Bruce Banner, et sur le ressentiment de ce dernier contre l'armée qui fait tout pour transformer son invention en une arme. le lecteur s'étonne sur le choix de Ghost Rider car ce superhéros ne fait pas partie de la vague initiale de personnages cocréés par Stan Lee au début des années 1960. Il est donc possible qu'il soit moins familier avec ses origines, sinon il en retrouve les éléments classiques. Jenkins propose un point de vue différent pour les origines des Fantastic Four, racontées dans une salle d'audience, avec un changement majeur par rapport au récit de 1961 : les quatre amis travaillaient dans une station spatiale en orbite autour de la Terre. Enfin, l'origine de Captain America est sensiblement étoffée avec, en particulier, des détails sur son père qui diffèrent sensiblement en fonction des versions. le lecteur assiste bien à la rencontre entre Steve Rogers et Bucky Barnes, par contre le costume de Bucky apparaît comme par magie, sans explication quant à la mise en danger de cet adolescent sur les champs de bataille. Dans un premier temps, le lecteur se demande s'il est possible de parler d'actualisation de la narration visuelle. Elle est moins tassée que celle d'origine, avec des dessins moins naïfs. D'un point de vue descriptif, les cases ne comprennent pas un plus haut niveau de détails, en termes de contours encrés. Par contre la mise en couleur relève de la couleur directe, avec une technique beaucoup plus sophistiquée que celle des comics des années 1960. du coup cette mise en couleurs directe apporte plus de texture, des ambiances lumineuses plus sophistiquées, des personnages plus consistants et plus complexes, et souvent des environnements plus denses. Par exemple, l'artiste prend grand plaisir à dessiner une échelle de secours en façade, les gratte-ciels de New York, la salle d'entraînement des X-Men, la roulotte de Johnny Blaze, le bar qu'il fréquente, le vide de l'espace avec le bleu de la Terre en arrière-plan, ou encore les différents champs de bataille où se trouve Captain America. Cela n'empêche pas Rivera de mettre en œuvre la technique qui consiste à nourrir un fond de case d'un camaïeu, sans rien y représenter, en particulier lors de l'affrontement entre les X-Men et Magneto, ou lorsque Hulk se déchaîne. le lecteur remarque également que de temps à autre une proportion anatomique semble un peu gauche. Le lecteur se rend également compte que Paolo Rivera parvient à conférer une qualité intemporelle à la majeure partie des apparitions des superhéros, un peu comme Alex Ross a pu le faire dans Marvel, la prestance en moins. Ça commence avec Spider-Man pour lequel l'artiste a conservé une partie de la bizarrerie présente dans les dessins de Steve Ditko, avec une silhouette beaucoup plus humaine que d'habitude, moins parfaitement musclée, ce qui rend Spider-Man d'autant plus étrange. Dans l'épisode suivant, Erik Lehnsherr vole visuellement la vedette aux X-Men et au professeur Xavier. Il reste dans une sorte de pénombre qui mange les détails de ses traits et de sa silhouette flottant à quelques centimètres au-dessus du sol, un être différent, déjà un peu éloigné de la simple humanité. Hulk est massif à souhait, avec cette boîte crânienne un peu carrée qui lui donne un air néandertalien. On ne voit quasiment pas les Fantastic Four utiliser leur pouvoir, leur apparence civile évoquant à nouveau les années 1960. Captain America est bondissant à souhait, l'artiste rendant sciemment hommage à Jack Kirby et Joe Simon, les cocréateurs du personnage. le plus impressionnant est sans nul doute Ghost Rider, avec son crâne grimaçant et sa moto enflammée. Au final, le lecteur s'interroge sur le public visé par ce projet. Même si Paolo Rivera est encore relativement débutant, il réalise des planches plastiquement intéressantes, à l'ambiance vaguement surannée, mais avec des superhéros proches du mythe. Paul Jenkins donne l'impression de s'en tenir à une approche scolaire, très respectueuse de l'origine originelle, n'apportant presqu'aucun élément neuf, se limitant à intégrer des apports ultérieurs sur les personnages (la relation Xavier / Lehnsherr) en nombre très limité. Il n'y a que pour Captain America qu'il réalise un vrai récit avec un point de vue sur la valeur des soldats américains. du coup, ces mises à jour d'origines (secrètes) s'adressent avant tout à des lecteurs novices en superhéros Marvel, même s'il manque le clinquant spectaculaire propre au genre, plus qu'à des lecteurs familiers de ces histoires pour qui le seul attrait réside dans la narration visuelle dotée d'un charme bien réel.
La Méchante est une marionnette
Le titre de ce webtoon est trompeur. En guise de marionnette, il ne s'agit que d'une femme qui a été manipulée. Et en guise de méchante, ce n'est que cette femme qui cherche à éviter de subir un mauvais sort et profite de ses connaissances pour quelques manipulations stratégiques à son tour. Guère de méchanceté, même si un peu de machiavélisme malgré tout. C'est un isekai un peu particulier. Cette fois l'héroïne est réincarnée non pas dans un monde parallèle mais de l'intrigue de son livre de chevet. Elle prend en effet le rôle de la belle princesse d'un roman qu'elle connait par cœur et dont elle sait que ce personnage, futile et mauvais, sera trahi par son frère, le futur empereur. Forte de ses connaissances de l'univers du roman et de ses personnages, elle va faire en sorte de changer la donne par des manœuvres stratégiques et diplomatiques dont l'intelligence contraste avec l'ignorance du personnage qu'elle remplace. L'intrigue tient à la fois du roman à l'eau de rose et des intrigues de palais au sein d'une cour impériale. Le graphisme, très shojo, éclate de teintes roses et pastelles, et fait admirer les chatoyantes toilettes des dames de la cour et des beaux prétendants. Comme nombre de webtoons, ce dessin se focalise sur les personnages au détriment de décors souvent inexistants, mais ces personnages sont soigneusement réalisés, de même que leurs costumes. Il y a un vrai boulot à ce niveau là ainsi que dans le travail des couleurs et de la mise en scène. Le début de l'histoire est un peu confus : il faut quelques chapitres avant que les choses se mettent en place et que l'intrigue se fasse plus linéaire. Une fois engagée, celle-ci prend la forme des manœuvres stratégiques de l'héroïne pour mettre en place son plan pour sauver le personnage dont elle a pris le rôle. Elle flatte les uns, piège les autres, favorise des alliances, en affaiblit d'autres, pousse les uns dans les bras des autres, etc. Si les ambitions exactes de l'héroïne restent un peu floues et que les choses se font parfois facilement, en particulier parce qu'elle est tout de même la troisième personne la plus puissante de l'empire, j'en suis venu assez vite à apprécier ce jeu intellectuel et à vouloir voir comment il allait évoluer. A cela s'associe également une touche romantique un peu plus à l'eau de rose. On notera en particulier sa relation avec un beau jeune duc que l'ancienne princesse harcelait vainement, et que l'héroïne va désormais plutôt tenter de marier à une autre noble, attirant soudain sa véritable attention devant un tel changement de comportement et dont on sent bien qu'il sera le principal intérêt romantique de la suite de l'histoire. Sous des atours très rose bonbon, on finit par découvrir une série intelligente et plutôt mature, qui donne envie de connaitre la suite et de voir où la stratégie de l'héroïne va l'amener.
Comptine d'Halloween
Je suis quand même étonné de voir autant de « bonnes notes » pour cette série. Elle se laisse lire, mais sans plus selon moi. La trame générale est hyper classique : une jeune femme traumatisée dans son enfance qui commence à revivre de terribles événements, et un lourd secret, partagé par plusieurs protagonistes, qui remonte à la surface. Une pincée de fantastique, du suspens constamment ajouté, avec moult rebondissements. Pas mal de personnages aussi (que parfois j’avais du mal à reconnaître d'ailleurs). Callède use de nombreux clichés du genre, et fait pas mal de clins d’œil aux films d’horreur et de suspens. Les amateurs du genre, à défaut d’être surpris, apprécieront certainement. Mais ça ne m’a pas enthousiasmé. D’abord parce que le dessin n’est pas trop mon truc – la colorisation, qui lisse tout encore moins – même si ça reste lisible. Ensuite parce que l’histoire n’est pas toujours très claire (à vouloir trop alimenter le suspens on finit par embrouiller le lecteur), et elle n’est pas assez originale. Une lecture d’emprunt, mais qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Jusqu'ici tout va bien (Pitz)
Pas mal du tout, comme BD. J'ai lu sans trop savoir à quoi m’attendre et je pense qu'on peut parler de famille dysfonctionnelle, tant le récit est centré sur ce père, incarnation du gros con. C'est une BD qui parle surtout de se construire quand on est jeune alors que la vie t'a mis dans les pattes d'un père alcoolique et violent, menteur et voleur (de sa propre famille) et que tu es coincé entre un frère qui tourne voyou et une mère qui subit son mari. La BD explore petit à petit les moyens de s'en sortir, entre l'amitié, les liens sociaux, la découverte d'une beauté, de l'art aussi, les évènements traumatiques. Plusieurs choses se mélangent dans la BD et c'est franchement bien amené, notamment lorsque le frère ainé revient du Vietnam. J'ai apprécié la façon dont l'histoire se construit et permet à Doug de devenir le moteur du changement dans sa famille, non pas seulement la victime de celle-ci. Cela dit, si j'ai beaucoup apprécié l'histoire, je dois dire que le dessin m'a moins convaincu. Il m'a semblé plusieurs fois imprécis dans les détails et quelques petites choses m'ont semblé maladroites dans l’exécution. C'est vraiment ce qui m'a retenu dans toute ma lecture, et je suis sorti de la BD avec un sentiment moindre que mes camarades lecteurs, sans doute à cause de ça. Je pense qu'il s'agit d'une incompatibilité personnelle, puisque je semble être le seul à avoir été arrêté par ça. En tout cas, pour le reste, je recommande la lecture. C'est assez violent dans le propos mais je trouve que l'ensemble se tient parfaitement bien.
Escobar - Une éducation criminelle
Sympathique mais je trouve qu'on oscille entre le bof et le pas mal. C'est assez étonnant de voir une BD sur les nounous de l'enfant de Pablo Escobar, mais la BD n'est en fin de compte qu'une longue présentation des divers personnages. Chacun d'entre eux donne lieu à une situation différente qui présente l'ambiance très peu conventionnelle de l'enfance du narrateur. Maintenant, au-delà de l'aspect purement étonnant, c'est malheureusement assez vite lu et sans grand intérêt. On a des portraits de personnages certes étonnant et qui collent à l'ambiance mafieuse de l'Amérique latine, mais rien de plus. Le narrateur ne dévoile pas beaucoup de choses sur son enfance et le ressenti qu'il a de tout ça aujourd'hui. Est-il encore dans l'admiration de ces personnes ? Dans un rejet ? D'autre part, la BD se contente de faire une présentation de ces personnages avec assez peu de questionnement sur le contexte autour : comment en sont-ils arrivés là, leur rôle dans la Colombie d'alors, les problématiques politiques qu'ils vivent ... C'est assez succinct, presque comme une longue présentation servant d'introduction. Niveau dessin, c'est pas mal. Le style de l'auteur ressort assez bien et donne quelques effets plutôt réussi dans les gueules ou les fusillades, par exemple. Mais ça ne suffit pas vraiment à faire dépasser le cadre du pas mal à cette BD qui m'a semblé trop légère, malgré son sujet.
Les Héritiers d'Agïone
La couverture m’a fait de l’œil mais je dois avouer être sorti un peu mitigé de ma lecture. Alors attention le résultat est loin d’être honteux, ça se lit très facilement mais des petits détails accumulés amoindrissent mon ressenti final. Cependant ce n’est qu’une entame de série, ma note tend vers le 2,5 mais je laisse volontiers une chance à la suite, d’autant que le public visé reste les adolescents. Derrière le pseudo de Tpiu se cache une jeune auteure française, qui depuis son plus jeune âge, rêve de devenir mangaka. Elle exerce depuis quelques temps déjà mais c’est sa première œuvre que je lis. Le dessin se révèle plutôt agréable et conforme au sujet, l’héroïne est charismatique, de bons décors. Bref c’est fluide et lisible, j’ai quand même (rien de foncièrement méchant) un peu tiqué sur la proportion des têtes des personnages que je trouve parfois trop grosses. Sinon hormis ce détail, la partie graphique est maîtrisée. C’est l’histoire qui m’a moins convaincu (mais c’est le vieux briscard qui vous parle), je n’y ai rien vu de vraiment novateur et je ne suis pas fan de certaines orientations ou choix (je n’aime pas trop les monstres par exemple). Ce n’est que le début, même si on n’est en terrain balisé, l’univers mis en place n’a pas tout dévoilé. Malgré des morts et une pointe de gore, de l’aventure légère où l’héroïne se forgera et grandira. Personnellement il m’a manqué le petit plus pour vraiment succomber mais l’auteure fournit objectivement du bon boulot. Plus jeune, ça m’aurait d’avantage parlé.
47 Cordes
Voila une série intrigante mais qui oscille entre le bon et le moyen, pour l'instant. L'auteur n'en est pas à son coup d'essai et ça se sent : il s'autorise à prendre le temps, développer dans la durée et laisser le lecteur volontairement dans le flou sur plusieurs points. Ça commence par un métamorphe qui semble attiré par un jeune homme, mais l'histoire se construit autour de plusieurs points. C'est avant tout le personnage de Ambroise qui est central au récit, il est mystérieux et mutique, n'aimant pas parler de lui. Le récit le dévoile progressivement, tandis que le métamorphe creuse sa vie et rentre en contact avec lui par plusieurs biais. C'est assez bien mené, avec une progression en tension dramatique qui installe l'univers. Je dirais qu'on est sur la corde raide entre le bien et le moins bien parce que l'auteur garde volontairement des zones d'ombres. Par exemple sur la volonté exacte du métamorphe, même si quelques pistes semblent se dessiner, sur le côté fortuné et excentrique de ces riches toujours prompt à inventer des jeux malsains. Mais surtout, même si plusieurs sujets sont mis en avant (identité, quête existentielle, genre ...) je trouve que rien de concret n'est encore palpable à ce niveau. J'ai un peu peur que l'auteur reste flou dessus et ne vienne jamais creuser ces sujets, ce qui serait dommage. La BD est servie par le dessin de Boucher, impeccable et renforcé par la colorisation au poil, qui accentue l'effet lent et peu bavard de l'ensemble. La lente montée de l'histoire culmine sur des dernières planches qui donnent à penser que la suite sera assez différente, mais l'ensemble prend le temps d'installer l'ambiance et les petits détails. C'est bien présenté et la lecture fut prenante pour ma part. Maintenant, j'attends la suite qui peut soit confirmer l'intérêt que j'ai, soit reste dans le même genre et risque de donner un ensemble trop fade. Je reste sur un 3* prudent, mais j'ai bien envie de découvrir la suite !
Battue
Une BD qui ne m'a pas complètement convaincu. Une jeune femme, Camille, retourne sur les terres de son enfance à la mort de son père. Elle y retrouve Hassan, un ex petit ami, il est devenu journaliste et lui demande d'infiltrer une organisation - les Blanchistes - où son père était le représentant le plus important. Et le moment est parfait, c'est l'heure de la Grande Battue annuelle qui va permettre de sélectionner les futurs membres des Blanchistes. Une battue avec des règles particulières. Il faut évidemment être un pro de la gâchette mais aussi du survivalisme. . Un récit qui reste obscur, je ne comprends pas bien où a voulu en venir Marine Levéel. Alors oui elle nous fait un portrait peu flatteur de cette joyeuse bande de tarés qui prônent le régionalisme, mais je trouve que ça reste superficiel, les motivations sont floues et la conclusion me laisse perplexe. Le dessin de Lilian Coquillaud a d'indéniables qualités, la mise en couleur directe dans les tons roses, mauves et oranges apportent une touche d'originalité. Une colorisation qui dégage une ambiance singulière. J'aime beaucoup. Un dessin qui joue un rôle narratif important, un exemple : dans la scène où l'oncle de Camille passe en revue les participants à la battue, Coquillaud floute certains visages sur une case, puis d'autres visages sur la suivante et ce n'est pas anodin. Une mise en scène maîtrisée. Du bon boulot. 3 étoiles de justesse.
Les Évaporés
Adapter un roman n’est pas chose aisée. Bien souvent, je sens à la lecture soit de grosses coupures soit des raccourcis, l’un comme l’autre, réalisés dans le but de tout faire tenir dans un récit forcément plus condensé que l’œuvre originale. Et dans le cas présent, j’ai ressenti les unes et les autres. L’intrigue avance trop vite, sans laisser aux personnages le temps de se développer. A un point tel que l’une d’entre eux (la fille du personnage central du récit) finit par être totalement inutile à l’histoire alors qu’elle occupe le devant de la scène au début du récit. Là, j’ai l’impression que plusieurs passages qui la concernaient sont purement et simplement passés à la trappe, faute d’espace. Certaines situations fonctionnent mal avec des heureux hasards un peu trop fréquents à mon goût. Là encore, l’histoire avance trop vite, c’est trop ‘facile’. C’est dans ces moments-là que je me dis que l’auteur a utilisé des raccourcis, histoire de simplifier une transition ou d’expliquer un comportement. Je ne fais que critiquer jusqu’à présent. Pourtant je trouve que ce récit dispose aussi de grandes qualités. J’ai, par exemple, beaucoup aimé son sujet, celui des laissés pour compte japonais de la crise économique (crise encore amplifiée par le tsunami de 2011). J’ai aimé comment sont abordées les répercussions de l’accident nucléaire de Fukushima comme les conséquences de la crise économique. Ça casse vraiment cette image d’un Japon où il fait bon vivre, avec des politiques responsables qui assumeraient les conséquences de leurs actes, avec une population heureuse de son sort, avec une criminalité marginale et presque élégante (l’image des Yakuzas et de la pègre japonaise dans le cinéma occidental comme dans les mangas me dérange souvent car je la trouve presque idéalisée). J’ai également bien aimé la toute fin du récit alors même que l’histoire semble se terminer en eau de boudin. Ce renoncement m’a paru beau et touchant. J’ai aimé le dessin en noir et blanc et le découpage aéré qui favorisent tous deux une lecture ‘facile’ dans laquelle il est à la fois aisé de suivre les personnages et de s’attarder à l’occasion sur l’une ou l’autre grande illustration. En fait, j’ai aimé tellement d’éléments que mon regret n’en est que plus grand. Ç’aurait pu être un très bel album mais, à cause des problèmes d’adaptation, je reste sur un petit « pas mal ».
Tout va bien
Un écrivain se trouve embarqué dans une enquête pour écrire un livre en collaboration avec une dame qui, en phase terminale du cancer, « vide son sac » : elle a été au cœur de grosses magouilles financières impliquant beaucoup d’hommes politiques et d’industriels en vue. Le dessin de Thomas Clément, simple et moderne, est agréable à suivre. Et la narration de Denis est fluide, même si ça avance lentement et manque de rythme – ce qui est un comble pour ce genre d’intrigue ! Cela devait sans doute s’accélérer par la suite, mais semble-t-il la série s’est arrêtée sur ce tome inaugural, ce qui lui enlève pas mal d’intérêt. Denis Robert a beaucoup publié d’enquêtes très intéressante sur les magouilles financières (sans qu’hélas le système ne change fondamentalement, ni que les principaux protagonistes ne finissent en prison – faut pas rêver quand même !). En particulier son enquête publiée en BD, L'Affaire des affaires est intéressante – plus que ce roman graphique inachevé. Note réelle 2,5/5.