Les derniers avis (20993 avis)

Couverture de la série Les Perles de l'Amour
Les Perles de l'Amour

Voilà un album sur lequel j’aurais pu m’acharner et ne mettre qu’une étoile, tant certains aspects sombrent dans une forme de ridicule involontairement humoristique. Mais je vais être indulgent, pour plusieurs raisons. D’abord – et essentiellement – à cause du dessin de Levis. Son travail au lavis est excellent sur la forme. Même si je trouve bien plus sensuel (et je préfère) son trait plus fin sur d’autres de ses œuvres érotiques, le rendu est quand même très agréable. Il y a dans son dessin quelque chose de classique et « sage » (il a illustré pas mal de romans pour de plus jeunes lecteurs – sous un autre nom), cette « sagesse » même est pour partie du potentiel érotique de son dessin, lorsqu’il place les héroïnes dans des situations scabreuses. Même si la plupart du temps ça reste quand même assez soft, il y a quelques scènes qui tendent vers le SM. Le dessin au lavis des seins de Levis (on me pardonnera cet amusement) donne en tout cas un rendu qui fait penser à un roman photo vieillot. Je ne sais pas si c’était volontaire, mais le rendu, les postures m’y ont fortement renvoyé. Et ce d’autant plus que le scénario, et surtout les dialogues de Francis Leroi font aussi penser à ce type de chose (ou à des romans du style Arlequin – du moins dans l’image que je m’en fais, n’en ayant lu que quelques extraits ou vu que des couvertures – et celle de Levis ne dépareillerait pas sur ce type de bouquin !). En effet, l’histoire, se déroulant dans une Inde de pacotille au XXème siècle, durant la colonisation anglaise, n’est franchement pas folichonne. Le scénario multiplie les facilités, les raccourcis improbables, accumulant les scènes d’aventure exotique dans lesquelles plusieurs femmes (deux anglaises et une indienne) subissent moult violences, et se battent pour le bel officier anglais qui tour à tour les sauve du machiavélique rajah. C’est déjà assez cliché et kitsch comme ça, mais Francis Leroi (plutôt habitué des scénarios porno chic sans réel profondeur ou intérêt dans les années 1980) y ajoute des dialogues qu’on croirait parodiques tant ils sont outranciers dans leur formulation, les envolées pseudo lyriques, avec force descriptions, adjectifs grandiloquents, et surtout romantisme artificiel à deux balles. C’est vraiment gratiné. Ridicule donc, mais tellement au bout d’un moment que j’ai pris le parti de lire ça comme du Fabcaro érotique – et là ça passe un peu mieux. Les deux dernières pages atteignent des sommets du genre, avec happy end improbables et postures et dialogues ridicules. Par contre, si vous ne cherchez que du cul et/ou un scénario et des dialogues chiadés, alors oubliez cet album.

31/08/2025 (modifier)
Par Creamy
Note: 2/5
Couverture de la série Le Cabaret des Muses (Le Bordel des Muses)
Le Cabaret des Muses (Le Bordel des Muses)

Je n'ai lu que les 2 premiers tomes, qui proposent une série de saynètes loufoques sans souci de vraisemblance ni de continuité. Autour du peintre Toulouse-Lautrec, Smudja convoque une galerie de personnalités de la fin du XIXe siècle, notamment des icônes du Moulin Rouge. On y croise aussi Audrey Hepburn, sous une autre identité. C'est parfois amusant et une certaine poésie se dégage de l'ensemble. Toutefois, la lecture manque singulièrement de fluidité. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la page 2 du tome 1 proposée dans la galerie. Je vous mets au défi de comprendre du premier coup l'enchainement des actions dans les 3 premières cases et la manœuvre de ce poivrot de Toulouse-Lautrec. L'absence de fil conducteur et de réflexion suivie achèvent de rendre la lecture fastidieuse. Dommage car les peintures sont d'une grande finesse.

30/08/2025 (modifier)
Par Cacal69
Note: 2/5
Couverture de la série Les Incroyables Aventures de Gribouillis
Les Incroyables Aventures de Gribouillis

J'aime beaucoup La Nef des fous de Turf, mais à part cette série je dois avouer être creux sur l'auteur. Je me suis donc plongé dans "Les Incroyables Aventures de Gribouillis". J'en ressors globalement déçu. S'il y a bien une chose qui ne m'a pas déçu, c'est le dessin de Turf. Un superbe noir et blanc au trait fin, lisible et expressif. La représentation de la fiancée est particulièrement réussie. Une mise en page académique rehaussée de quelques trouvailles graphiques. Par contre l'histoire en elle-même m'a laissé sur le carreau. L'idée de départ était intéressante avec ce Gribouillis abandonné sur un catalogue de vente. Un Gribouillis qui prend vie et va se transformer en brave toutou naïf, incapable de communiquer avec les différents articles (appareils de chauffage, poupées, draps de lit...). Une succession de scènes loufoques dans ce monde absurde. L'apparition du diablotin et de sa fiancée n'ont pas suffi à me rendre intéressante cette balade de page en page de ce fameux catalogue. Je n'ai pas trouvé la fin triste, puisque les personnages m'ont apparu fades et stéréotypés. J'ai juste esquissé un sourire de temps en temps. Un récit qui n'aura pas réussi à me transporter dans cet ailleurs délirant. Note réelle : 2,5 (merci au dessin)

29/08/2025 (modifier)
Par Chrys
Note: 2/5
Couverture de la série Le Cahier à fleurs
Le Cahier à fleurs

Les dessins, pas du tout à mon goût, auraient suffit à ne pas me donner envie de lire ce diptyque. Mais sachant que cette BD traitait du génocide arménien, et n'ayant jamais rien lu sur ce sujet, je me suis dit que c'était l'occasion d'apprendre quelque chose sur cette période méconnue de l'histoire. Le scénario est sacrément bien ficelé. Tellement bien qu'on se sent en pleine fiction pendant notre lecture, et que par conséquent il manque cruellement un dossier historique à la fin pour nous éclairer sur ce qui est historiquement avéré et ce qui est pure invention afin de faire un bon scenario. Car la somme des horreurs et injustices racontées ici ressemble en tous points au scénario type de la BD adulte d'aventure.

28/08/2025 (modifier)
Par grogro
Note: 2/5
Couverture de la série Impénétrable
Impénétrable

Je ne savais pas trop de quoi causait cette BD. J'avais bien entendu parler d'Alix Garin avec Ne m'oublie pas, qui fut assez bien accueillie. J'ai donc découvert le vaginisme, sujet qui ne manque pas d'intérêt, que l'on soit un homme ou une femme d'ailleurs. Concernant les femmes, la chose parait évidente, et concernant les hommes, cela va dans le sens d'une meilleure compréhension/entente mutuelle... Bref ! J'ai entamé ma lecture avec le sentiment que j'allais être un peu moins con en sortant... Mais je suis de l'avis de Cleck : Impénétrable est une BD très autocentrée qui raconte un quotidien sans grand intérêt pour le commun, et qui ne nous en apprendra pas plus sur ce trouble. Le dessin est honnête, mais manque de détails, les personnages flottant souvent sur des fonds vides. Et puis de trop nombreuses pages me semblent n'être que du remplissage graphique. En effet, c'est une grosse BD bien lourde, mais très vite lue, ce qui vient entériner cette impression désagréable. Je suis convaincu qu'Alix Garin doit être une chouette personne et que ce qu'elle a vécu a dû être assez duraille, mais je suis désolé car sa manière d'aborder le sujet m'a laissé à la porte.

28/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série L'Île aux remords
L'Île aux remords

Je ne suis pas vraiment rentré dans cette BD, qui a des bonnes motivations mais un résultat que je trouve assez banal. Trop de sujets brassés sans réels résolutions, trop de bonne volonté aussi, pas assez de corps ... Cette BD est étrange, le sujet étant assez difficile à cerner. C'est une histoire de famille dans une inondation, d'un homme qui a toujours voulu voir les îles et de son fils, puis progressivement viennent les révélations des secrets de familles. Sauf que ces révélations vont s'accumuler au point que les dernières m'ont embrouillées sur la question de la filiation, tout en me faisant me demander pourquoi tout ceci n'a pas été dit de prime abord. D'autre part, le sujet des colonies et des bagnes est présent, de même que la question du racisme systémique de la France. Outre que la question est curieusement amenée, j'ai du mal à croire à ce vieux paysan impliqué dans les combats communistes mais ayant élevé cet enfant dans un racisme systémique. De fait, leurs échanges me semblaient étranges, surtout pour un vieux qui n'est jamais sorti de chez lui et lit des écrivains pas connus pour leurs idées progressistes. Le tout fini par une résolution étrangement trop facile et heureuse, notamment au vu de ce qu'il a fait. Est-ce une façon de résoudre les conflits induits dans le récit de façon "légère" ? Je ne suis pas sur, d'autant que je trouve que la fin est très complaisante envers les deux hommes, figure centrale du récit, sans jamais s'interroger sur la condition de ces femmes laissées derrière. Ce n'est pas une accusation de sexisme, mais je constate que le seul point de vue qu'on a pas dans toute la BD est celui des femmes, grande absente d'un récit qui aurait pourtant mérité un point de vue féminin, surtout au vu du sujet ... Je ne parlerais pas beaucoup du dessin, franchement bon, qui apporte un côté très lisible et clair. C'est bien emmené et il ne m'a jamais retenu une seule fois dans ma lecture. Clairement, ma note est le reflet des questions que m'a laissé le scénario, assez oubliable malheureusement, et ce que j'en ai tiré. Un détail qui m'a frappé en fermant l'album est le manque de développement de tout les sujets brassés. La question des bagnes et des colonies est évoquée à peine, ne sert que de toile de fond et n'apporte rien de bien intéressant au lecteur moyen. Pour peu qu'on ai déjà eu quelques informations à ce propos, rien de neuf n'apparait dans la lecture. Lecture décevante, donc. Je ne la conseille pas.

27/08/2025 (modifier)
Couverture de la série Autres histoires
Autres histoires

Je découvre cet auteur avec cet album, dans une collection propice à la publication de petits travaux d’auteurs pas encore confirmés ou « connus ». Si le format court est parfois frustrant – surtout qu’ici l’album concentre plusieurs histoires sur une trentaine de pages – c’est aussi un moyen de « tenter » un nouvel auteur sans se ruiner. Ce que je fais volontiers. Si l’auteur nous montre de réelles qualités, je suis pourtant sorti déçu, sur ma faim de ce recueil. Le dessin est globalement agréable. Surtout, comme je pense que nous avons là des travaux qui s’étalent dans le temps, Kim montre au travers de cet échantillon son talent graphique, qui plus est en usant de plusieurs styles assez différents, du réaliste au trait fin et agréable (avec là aussi une évolution jusqu’à la dernière histoire au trait plus affirmé) au style semi caricatural. Les histoires sont inégales, parfois clairement autobiographiques, avec un ton changeant – jusqu’au relativement trash pour l’une des histoires, alors que plusieurs d’entre elles – les premières surtout – font penser à Tomine, dans du Roman Graphique qui n’est pas forcément ma tasse de thé. Affaire de goût sans doute donc, mais je suis resté un peu en retrait de ce recueil – d’autres pouvant largement y trouver davantage leur compte. Note réelle 2,5/5.

26/08/2025 (modifier)
Par gruizzli
Note: 2/5
Couverture de la série Maudit sois-tu
Maudit sois-tu

Je vais faire ma voix dissidente mais je n'ai vraiment pas aimée cette série. Je n'ai d'ailleurs pas poursuivit au-delà du deuxième tome, dont je n'ai pas spécialement apprécié l'histoire et la direction artistique. J'ai vite tiqué sur le dessin de cette BD, avec son intention réaliste mais qui a ce défaut horrible de rendre tout le monde assez semblable. Le dessin de BD a souvent recourt à l'artifice de distinguer chaque personnage par une caractérisation physique parfois artificielle mais qui a cette avantage en terme de lisibilité de distinguer en un coup d'oeil chaque personnage. C'est souvent un détail physique ou une couleur, mais ici avec le dessin photo-réaliste, on a l'écueil de distinguer des gens "ordinaires" qui sont assez vite semblables d'autant plus quand on les voit de loin. De fait, j'étais constamment ralenti dans ma lecture par le souci de distinguer clairement ce que je voyais. Ce premier défaut -a mes yeux, bien sur- a été le premier frein à ma lecture, et le principal d'ailleurs puisque d'une page à l'autre je devais en permanence conscientiser ma lecture afin de ne pas me perdre, ce qui provoquait sans cesse des arrêts de l'immersion et me sortant complètement de l'histoire. Mais en m'accrochant j'ai fini par la suivre et la reconstituer, et elle est... appréciable. Très inspiré des films des années 30 avec des esthétiques très marquées (savant fou, chasseur morbide, écrivaine gothique ...) et par de nombreux personnages réels des années 1800, le récit recompose une histoire fantastique inspiré par ces livres, poètes et écrivaines. Le tout dans un récit à rebours qui remonte progressivement aux origines de tout ceci. C'est inspiré, je le reconnais, mais moi qui n'ait pas d'amour spécial envers ces figures ou ces périodes, je me suis senti assez peu investi dans les histoires. En fait, la lecture est distrayante et facile, avec un amour des personnes cités, des films dont il s'inspire (et ne s'en cache pas, il n'y a qu'a regarder le cahier en fin d'album), mais qui au final m'a indifféré. Je pense que c'est la combinaison du dessin que je n'aime pas du tout, vraiment pas, et de l'histoire assez classique dans le genre pulp, avec des références qui ne sont pas les miennes. Au final, je reste clairement en-dehors de la BD que je ne pense pas mauvaise, mais dont le traitement et le sujet m'intéresse peu. Ma note n'est donc pas objective (la BD mériterait un 3* je pense) mais l'appréciation que j'en ai.

26/08/2025 (modifier)
Couverture de la série Elisabeth Bathory - La Comtesse sanglante
Elisabeth Bathory - La Comtesse sanglante

Je me suis à plusieurs reprises fait la remarque que plusieurs des reines évoquées dans cette collection n’avaient pas été si « sanglantes » que ça. Et voici une femme qui est connue pour l’avoir été – mais qui n’était pas reine… Le point positif de cet album – et pour tout dire le seul qui m’ait un tant soit peu satisfait – c’est le dessin de Pilipovic. Un beau rendu (et la colorisation de Fabris est, elle aussi, très agréable). Un trait réaliste et classique, dynamique, très plaisant donc. Il tombe par contre dans certains travers, avec des femmes qui sont toutes des bombasses à la poitrine opulente. Pas désagréable pour les yeux, mais ça fait un peu cliché. Et cela renforce aussi certains défauts du récit de Pécau, qui multiplie les scènes déshabillées, voire d’orgie, qui font un peu prétexte et n’apportent pas toujours quelque chose au récit. Erzsebet Bathory a déjà donné lieu à pas mal de bouquins, et de nombreuses séries BD (voir le thème dédié), et je dois dire que l’album de Pécau m’a franchement déçu. J’ai souvent trouvé que ça n’était qu’un assemblage d’anecdotes, de passages mal liés, et le personnage même d’Erzsebet/Elisabeth Bathory n’en sort pas ici très « éclairci ». Sa tante dans le premier tiers de l’album, un de ses oncles ambitieux et manipulateur ensuite l’éclipsent même parfois. Et la chute est un peu expédiée et brutale. Du coup, on survole un personnage et une famille sans trop en savoir plus au final – mise à part sa plastique. L’autre sanguinaire des Carpates, dont la légende a alimenté l’imagination de pas mal de monde depuis des siècles, est mal servie avec cet album.

26/08/2025 (modifier)
Couverture de la série La Vallée des Mutants
La Vallée des Mutants

J’ai emprunté ces deux albums au hasard. Il faut dire qu’à défaut de sortir du lot, ils sortaient franchement des bacs où je les ai rencontrés, tant le format est vraiment très grand et surprenant (275 x 383 mm quand même) ! Un format qui a priori permet de mettre en valeur le dessinateur. Et c’est vrai que Di Filadoro au dessin et Amici aux couleurs ont du talent. J’ai juste trouvé un peu bizarre le rendu parfois, avec certaines parties des cases aux contours précis, d’autres plus floues, certains passages plus détaillés que d’autres. Je ne suis pas fan du mélange des styles (en particulier avec ces fantômes colorés qui tranchent par rapport au décor). Certaines planches tiennent plus de l’illustration que de la BD parfois. Si le dessin des personnages n’est pas forcément mon truc, l’aspect graphique est globalement bon. C’est plutôt l’intrigue qui m’a laissé sur ma faim. En effet, il y a des longueurs, et l’histoire n’est pas emballante. J’attendais plus du second tome, pour dynamiser l’histoire. Mais j’ai trouvé que ça restait ronronnant, assez – trop – basique, dans les dialogues et l’histoire elle-même, alors que certains passages sont plutôt obscurs. Original au niveau éditorial et graphique, mais décevant au niveau narratif.

26/08/2025 (modifier)