J'avoue que cela ne casse pas vraiment des briques. Nous avons pourtant un monde qui est soigneusement copié sur le Seigneur des anneaux avec sa cartographie et ses codes. Question originalité, il faudra repasser. C'est pourtant inspiré d'un roman de fantasy à succès.
Notre héroïne est Nihal, une demi-elfe du monde émergé qui va faire face à un sanguinaire tyran qui a exterminé toute sa race. On va avoir droit à de petites histoires dissiminées au cours de son parcours dans sa lutte contre le mal.
Le graphisme est assuré par des dessinateurs au style totalement différent (l'un manga et l'autre comics). Je n'ai pas trop apprécié cette diversité.
Au final, ce n'est pas très palpitant. On pourra aisément passer à autre chose.
J'étais intéressé par cette mini-série parce que j'avais bien aimé Mister Miracle dans les histoires que j'avais lues de lui et puis parce que je trouvais ça intéressant de voir un comics de super-héros traiter de la dépression.
Bien sur, il y a déjà eu des super-héros qui ont eu une dépression (un des exemples les plus connus est Daredevil après la mort d'Electra dans les vieux épisodes de Frank Miller), mais ici le traitement de la dépression est traité de manière un peu plus réaliste et plus psychologique que d'habitude. Malheureusement, je n'ai pas trop accroché. À force de voir le héros avec sa gueule de dépressif, j'ai fini par m'ennuyer. Surtout qu'il y avait pas grand chose dans le scénario qui m'a intéressé.
La relation entre Scott Free et sa femme donne des moments touchants, sauf que ça ne m'a pas touché, notamment à cause du dessin qui est froid comme la plupart des comics de super-héros modernes. La phrase 'Darkseid est' qui revient souvent dans le récit devient vite horripilante. Tom King essaie de faire comme Alan Moore et il rate. Les meilleurs moments selon moi sont les scènes avec Funky Flashman qui m'ont fait sourire.
Un album que je ne considérerais pas comme mauvais, mais qui n'était pas pour moi en fin de compte.
Idée originale que de présenter deux biographies en une.
La première partie de cet album raconte le destin de Jack Johnson, boxeur noir qui se bat pour se faire une place dans le monde raciste de la boxe américaine et atteindre le titre de véritable Champion du Monde et non pas seulement celui de sa "race". Très fort, il a une confiance méritée dans son grand talent et aime aussi à provoquer le public et tout le monde autour de lui, comme un enragé décidé à montrer qu'il peut tout faire comme un blanc, les belles choses comme les plus méprisables.
Nous suivrons ainsi son apogée puis la descente de sa carrière jusqu'à ce match un peu fantoche et plutôt orienté vers le spectacle qu'il mènera contre Arthur Cravan.
Et c'est à ce moment là, à la moitié de l'album, que nous allons changer de sujet de biographie et relater ce qu'il va advenir ensuite de ce fameux poète-boxeur ayant fui la France et l'enrôlement dans l'armée au début de la première guerre mondiale. Celui-ci est encore pire provocateur que ne l'était Jack Johnson et passera une vie d'artiste échevelée en Europe puis en Amérique, séduisant les uns par ses idées et son audace autant qu'il se fera détester par les autres par son comportement séditieux et offensant.
Ayant lu il y a un peu plus d'un an la BD Arthur Cravan, je connaissais déjà bien le personnage. A l'inverse, je ne connaissais pas du tout Jack Johnson. J'ai plutôt apprécié la première moitié de l'album qui raconte la vie de celui-ci car elle est claire et instructive. Son combat pour trouver sa place de Champion du Monde et combattre par la provocation et son talent brut de boxeur le racisme ambiant à l'époque est bien mis en scène et assez prenant.
A l'inverse, la seconde moitié sur Cravan m'a paru trop embrouillée. Déjà que je n'apprécie pas le personnage en lui-même, de le suivre dans une narration confuse et peu engageante m'a été un peu pénible et m'a ennuyé. Je ne me suis vraiment pas attaché à ce récit et à son sujet.
A cela s'ajoute un dessin que je n'aime pas du tout. C'est un noir et blanc au trait brouillon, avec nombre de visages franchement laids et des planches aux allures bâclées. Grégoire Carlé était capable d'un dessin bien plus agréable dans Baku notamment et il y a quelques cases de cet album qui sont plus jolies que les autres, comme ce paysage de tempête de sable, donc j'en déduis que c'est probablement un choix esthétique que d'offrir des planches ainsi dessinées mais c'est un choix qui ne me plait vraiment pas et me rend réticent à la lecture.
Dans cet album au format relativement petit, Johnny Ryan empile les parodies de personnages de cartoon ou de comics (plus d’une centaine, chacun ayant droit à sa page).
Contrairement à d’autres (comme avec Brunel et ses Pastiches ou Voss et ses « Parodies » par exemple), Ryan ne cherche pas (volonté ou incapacité – je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse) à copier le style graphique de l’auteur parodié. On reste dans un dessin underground, parfois fanzine (et plutôt moche) – même s’il reste lisible et que les personnages d’origine sont le plus souvent grossièrement reconnaissables.
Autre différence avec les références déjà citées : Ryan se concentre uniquement sur le domaine anglo-saxon, américain en grande majorité (seules exceptions repérées, « Persepolis » ou « Astérix » et « Tintin », seules séries d’Europe continentale dont la renommée a donc traversé l’Atlantique).
Quelques rares références m’ont échappé, sans doute liées à des strips parus uniquement dans la presse américaine, je ne sais pas. Mais pour le reste, on retrouve la quasi-totalité des personnages de strips anglo-saxons, ou d’autres séries (les super-héros sont en minorité, même s’ils passent aussi à la moulinette de l’auteur), parfois très anciennes, pastichés, parodiés, même si ce n’est pas aussi nihiliste que le titre pouvait sembler le laisser envisager : il ne s’agit pas de brûler tous les héros !
Gros dézinguage annoncé ! Et donc me voilà intéressé, moi qui adore l’humour noir et trash, la parodie. Ma déception n’en a été que plus grande.
En effet, si le côté noir et trash est bien omniprésent, ce défouloir de potache manque cruellement d’humour – et disons-le, de talent.
Les historiettes sont très courtes, assez linéaires, la chute n’étant pas forcément constituée, et n’étant généralement jamais drôle. Les personnages (dont les noms sont eux-aussi parodiés) enchaînent les saillies grossières, vulgaires, le pipi caca dominant : on pète, on chie (beaucoup !), on éjacule, le scato et le sexe gore occupant l’essentiel des dialogues – et des actes.
Comprenons-nous bien, ce n’est pas par pruderie que je critique le contenu de cet album. C’est juste qu’en l’état, pas drôle et basiquement vulgaire, même la volonté de choquer – peut-être à la base du travail de Ryan, perd tout effet avec la répétition sans nuance, cela anesthésie le lecteur.
Et surtout, faute d’humour, on reste au niveau des vannes de cours de récréation, à peine rehaussées par des termes et des images qui font pencher vers une production pour adultes (mais alors pas exigeants !).
Bref, un ou deux sourires, mais pour le reste, c’est une grosse déception : cette provoc sans idée s’est enfermée dans une surenchère de merde, et a fini par ne pas en sortir.
Cette série joue dans la cour des récits de Space Opera et de Space Fantasy avec de fortes influences de Star Wars, des récits Marvel, mais aussi quelques accointances avec la série Saga pour cet univers galactique assez hétéroclite et échevelé. Mais en comparaison avec ces références là, Empress se révèle sans saveur ni odeur. C'est du divertissement très basique, sans aucune surprise, et qui s'oublie sitôt terminé.
C'est donc l'histoire de l'épouse d'un empereur galactique aussi tyrannique que brutal qui s'enfuit avec ses enfants pour échapper à sa violence. Elle est accompagnée pour cela d'un fidèle capitaine de sa garde qui va leur servir de super garde du corps dans les péripéties qu'ils vont affronter dans leur fuite. Quant à ses enfants, il y a le jeune garçon intello et capable de construire un vaisseau spatial à partir de déchets, et l'adolescente en pleine crise qui n'est pas heureuse de voir sa mère chercher à l'éloigner de son père et la soupçonne de vouloir coucher avec leur garde du corps. Et tout le récit se borne à raconter leur fuite en avant, d'une planète à une autre, jusqu'à une confrontation finale qui révèle tout de même enfin un petit retournement de situation mais celui-ci se révèle assez ridicule et sans crédibilité.
Heureusement que le dessin est correct et qu'il permet de lire l'ensemble sans s'ennuyer. Mais il ne suffit pas à faire de cet ouvrage un bon comics.
Quand j'ai entamé cette série, j'ai cru que j'allais faire un rejet complet. Car les premières planches sont complètement abstraites, de la poésie artistique où le lecteur doit ressentir et comprendre les intentions de l'auteur, le message secret qu'il tente de passer par son art. C'est une suite de saynètes sans queue ni tête, de récits symboliques et de planches en majorité muettes où l'auteur semble se laisser aller à ses envies de dessiner comme ça lui vient.
Car le dessin est ici très particulier, très minimaliste. Guillaume Chauchat esquisse ses personnages et ses rares décors en quelques courbes et circonvolutions qui forment des gens, des objets et des bulles de dialogues. C'est un style épuré et personnel dont je ne suis vraiment pas friand.
Mais contrairement à ce que je craignais au départ, une histoire se met tout de même en place. Elle reste très abstraite, d'inspiration poétique moderne, mais effectivement, comme le titre l'indique, il finit par se passer des choses qui peuvent tenir vaguement l'intérêt d'un lecteur qui n'aurait pas été touché par la poésie artistique des autres planches plus absconses. Mais elle est racontée avec un tel détachement, un tel soucis de la mise en scène artistique au détriment de la narration elle-même, qu'il est bien difficile de s'y attacher et d'être intéressé pour de bon.
Pour faire simple, pour quelqu'un comme moi qui n'a pas su être touché par sa fibre artistique, cette BD m'a ennuyé.
Cette épopée moyenageuse dans la France de Charlemagne avait un potentiel pour m'intéresser, j'aime bien le Haut Moyen Age, et les récits en BD sur cette période carolingienne sont plutôt rares. Seulement voila, malgré le talent graphique de Civiello qui sur Korrigans avait réussi à installer une ambiance féerique, je trouve cette épopée très singulière et vraiment peu passionnante ; je me demande si un Américain comme Jerome Charyn était le meilleur choix sur cette histoire, pas sûr qu'il ait su capter l'esprit de cette période historique déjà assez obscure pour nous Français.
Le résultat c'est qu'on est face à un récit décousu, où certaines situations sont curieuses, des scènes sont confuses et parfois peu utiles, l'ensemble contient des aberrations, et les personnages ne sont pas intéressants. De plus la colorisation de Civiello est assez sombre, même s'il réussit quelques belles images. Au final, je m'attendais à nettement mieux, il y avait matière à broder une histoire beaucoup plus passionnante, en l'état, elle me laisse indifférent.
Selon le dicton, qui trop embrasse mal étreint, et cet album en est le parfait exemple. Trois thématiques sont au menu de ce récit puisque nous débutons avec le naufrage de la Méduse, enchaînons avec la traite des Noirs au Sénégal puis la lutte contre l’esclavagisme sur l’île Bourbon et enfin l’album nous en apprend un peu sur les débuts de la culture assistée de la vanille. Mais ces trois thématiques ne s’imbriquent pas et nous sautons régulièrement du coq à l’âne… C’est extrêmement décevant, peu clair, très syncopé, mal développé, mal expliqué, avec des ellipses faciles et des descriptifs... qui ne décrivent rien.
Ajoutez à cela qu’il s’agit d’une fiction qui nous met dans la roue d’un jeune homme qui de mousse de la Méduse deviendra un acteur engagé dans la lutte contre l’esclavagisme et un témoin privilégié de la culture de la vanille. C’est vraiment trop pour un seul homme, d’autant plus que ce dernier est dépourvu de tout charisme.
Reste le dessin d’Adriano Fruch pour que j’accorde autre chose qu’un 1/5 à cet album. Un dessin certes parfois encore un peu raide et maladroit mais qui offre aussi de belles cases contemplatives, qui a le mérite de bien typer les différents personnages et qui est bien valorisé par une colorisation soignée.
Honnêtement, cet album m’a dissuadé d’acheter voire même de lire un autre album de Sabine Thirel… désolé, mais c’est vraiment trop décousu et mal raconté.
Plutôt adepte de l'humour absurde j'avoue pourtant ne pas être rentré du tout dans cet album. Traiter de l'actualité et des envoyés spéciaux qui interviennent sur tous les fronts de manière décalée, moi je dis banco !, encore faut-il que j'y trouve mon compte. Et là, bof, bof...
L'album nous propose en effet une suite de gags en une page essentiellement construits sur une modèle gaufrier en 6 cases. Mais au bout des 70 pages qui composent cette BD j'avoue n'avoir souri que quelques fois, quand la majorité des gags m'aura laissé de marbre.
Si le graphisme minimaliste colorisé d'un pale sépia réhaussé de quelques trames de points rouges ne m'a pas dérangé, c'est plus l'humour proposé par Caloucalou auquel je n'ai pas adhéré.
D'autres y trouveront peu-être leur compte, mais ça sera sans moi.
Je suis plutôt bon public pour ce genre d'aventure mais là, j'ai remarqué que cela ne le fait pas. Pourtant, nous avons des auteurs de renom aux commandes. Il y a quelque chose qui ne va pas dans la mise en place puis dans la mise en scène. Les personnages manquent réellement d'épaisseur pour qu'on accroche vraiment. Et puis, il y a ces dialogues qui sonnent totalement faux.
Tout les ingrédients étaient plutôt réunis: une adolescente de 13 ans en phase avec son époque et qui découvre qu'elle a de super pouvoirs. Sa vie bascule dans l'aventure. La base est tellement classique qu'il n'y a plus vraiment de surprise et de suspense.
J'avoue m'être un peu ennuyé lors de cette lecture. C'est encore et toujours une sorte d'ersatz au monde développé par un certain Harry Potter. N'est pas J. K. Rowling qui veut.
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Chroniques du monde émergé - Les Nouvelles Aventures de Nihal
J'avoue que cela ne casse pas vraiment des briques. Nous avons pourtant un monde qui est soigneusement copié sur le Seigneur des anneaux avec sa cartographie et ses codes. Question originalité, il faudra repasser. C'est pourtant inspiré d'un roman de fantasy à succès. Notre héroïne est Nihal, une demi-elfe du monde émergé qui va faire face à un sanguinaire tyran qui a exterminé toute sa race. On va avoir droit à de petites histoires dissiminées au cours de son parcours dans sa lutte contre le mal. Le graphisme est assuré par des dessinateurs au style totalement différent (l'un manga et l'autre comics). Je n'ai pas trop apprécié cette diversité. Au final, ce n'est pas très palpitant. On pourra aisément passer à autre chose.
Mister Miracle
J'étais intéressé par cette mini-série parce que j'avais bien aimé Mister Miracle dans les histoires que j'avais lues de lui et puis parce que je trouvais ça intéressant de voir un comics de super-héros traiter de la dépression. Bien sur, il y a déjà eu des super-héros qui ont eu une dépression (un des exemples les plus connus est Daredevil après la mort d'Electra dans les vieux épisodes de Frank Miller), mais ici le traitement de la dépression est traité de manière un peu plus réaliste et plus psychologique que d'habitude. Malheureusement, je n'ai pas trop accroché. À force de voir le héros avec sa gueule de dépressif, j'ai fini par m'ennuyer. Surtout qu'il y avait pas grand chose dans le scénario qui m'a intéressé. La relation entre Scott Free et sa femme donne des moments touchants, sauf que ça ne m'a pas touché, notamment à cause du dessin qui est froid comme la plupart des comics de super-héros modernes. La phrase 'Darkseid est' qui revient souvent dans le récit devient vite horripilante. Tom King essaie de faire comme Alan Moore et il rate. Les meilleurs moments selon moi sont les scènes avec Funky Flashman qui m'ont fait sourire. Un album que je ne considérerais pas comme mauvais, mais qui n'était pas pour moi en fin de compte.
Il était 2 fois Arthur
Idée originale que de présenter deux biographies en une. La première partie de cet album raconte le destin de Jack Johnson, boxeur noir qui se bat pour se faire une place dans le monde raciste de la boxe américaine et atteindre le titre de véritable Champion du Monde et non pas seulement celui de sa "race". Très fort, il a une confiance méritée dans son grand talent et aime aussi à provoquer le public et tout le monde autour de lui, comme un enragé décidé à montrer qu'il peut tout faire comme un blanc, les belles choses comme les plus méprisables. Nous suivrons ainsi son apogée puis la descente de sa carrière jusqu'à ce match un peu fantoche et plutôt orienté vers le spectacle qu'il mènera contre Arthur Cravan. Et c'est à ce moment là, à la moitié de l'album, que nous allons changer de sujet de biographie et relater ce qu'il va advenir ensuite de ce fameux poète-boxeur ayant fui la France et l'enrôlement dans l'armée au début de la première guerre mondiale. Celui-ci est encore pire provocateur que ne l'était Jack Johnson et passera une vie d'artiste échevelée en Europe puis en Amérique, séduisant les uns par ses idées et son audace autant qu'il se fera détester par les autres par son comportement séditieux et offensant. Ayant lu il y a un peu plus d'un an la BD Arthur Cravan, je connaissais déjà bien le personnage. A l'inverse, je ne connaissais pas du tout Jack Johnson. J'ai plutôt apprécié la première moitié de l'album qui raconte la vie de celui-ci car elle est claire et instructive. Son combat pour trouver sa place de Champion du Monde et combattre par la provocation et son talent brut de boxeur le racisme ambiant à l'époque est bien mis en scène et assez prenant. A l'inverse, la seconde moitié sur Cravan m'a paru trop embrouillée. Déjà que je n'apprécie pas le personnage en lui-même, de le suivre dans une narration confuse et peu engageante m'a été un peu pénible et m'a ennuyé. Je ne me suis vraiment pas attaché à ce récit et à son sujet. A cela s'ajoute un dessin que je n'aime pas du tout. C'est un noir et blanc au trait brouillon, avec nombre de visages franchement laids et des planches aux allures bâclées. Grégoire Carlé était capable d'un dessin bien plus agréable dans Baku notamment et il y a quelques cases de cet album qui sont plus jolies que les autres, comme ce paysage de tempête de sable, donc j'en déduis que c'est probablement un choix esthétique que d'offrir des planches ainsi dessinées mais c'est un choix qui ne me plait vraiment pas et me rend réticent à la lecture.
The Comic Book Holocaust
Dans cet album au format relativement petit, Johnny Ryan empile les parodies de personnages de cartoon ou de comics (plus d’une centaine, chacun ayant droit à sa page). Contrairement à d’autres (comme avec Brunel et ses Pastiches ou Voss et ses « Parodies » par exemple), Ryan ne cherche pas (volonté ou incapacité – je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse) à copier le style graphique de l’auteur parodié. On reste dans un dessin underground, parfois fanzine (et plutôt moche) – même s’il reste lisible et que les personnages d’origine sont le plus souvent grossièrement reconnaissables. Autre différence avec les références déjà citées : Ryan se concentre uniquement sur le domaine anglo-saxon, américain en grande majorité (seules exceptions repérées, « Persepolis » ou « Astérix » et « Tintin », seules séries d’Europe continentale dont la renommée a donc traversé l’Atlantique). Quelques rares références m’ont échappé, sans doute liées à des strips parus uniquement dans la presse américaine, je ne sais pas. Mais pour le reste, on retrouve la quasi-totalité des personnages de strips anglo-saxons, ou d’autres séries (les super-héros sont en minorité, même s’ils passent aussi à la moulinette de l’auteur), parfois très anciennes, pastichés, parodiés, même si ce n’est pas aussi nihiliste que le titre pouvait sembler le laisser envisager : il ne s’agit pas de brûler tous les héros ! Gros dézinguage annoncé ! Et donc me voilà intéressé, moi qui adore l’humour noir et trash, la parodie. Ma déception n’en a été que plus grande. En effet, si le côté noir et trash est bien omniprésent, ce défouloir de potache manque cruellement d’humour – et disons-le, de talent. Les historiettes sont très courtes, assez linéaires, la chute n’étant pas forcément constituée, et n’étant généralement jamais drôle. Les personnages (dont les noms sont eux-aussi parodiés) enchaînent les saillies grossières, vulgaires, le pipi caca dominant : on pète, on chie (beaucoup !), on éjacule, le scato et le sexe gore occupant l’essentiel des dialogues – et des actes. Comprenons-nous bien, ce n’est pas par pruderie que je critique le contenu de cet album. C’est juste qu’en l’état, pas drôle et basiquement vulgaire, même la volonté de choquer – peut-être à la base du travail de Ryan, perd tout effet avec la répétition sans nuance, cela anesthésie le lecteur. Et surtout, faute d’humour, on reste au niveau des vannes de cours de récréation, à peine rehaussées par des termes et des images qui font pencher vers une production pour adultes (mais alors pas exigeants !). Bref, un ou deux sourires, mais pour le reste, c’est une grosse déception : cette provoc sans idée s’est enfermée dans une surenchère de merde, et a fini par ne pas en sortir.
Empress
Cette série joue dans la cour des récits de Space Opera et de Space Fantasy avec de fortes influences de Star Wars, des récits Marvel, mais aussi quelques accointances avec la série Saga pour cet univers galactique assez hétéroclite et échevelé. Mais en comparaison avec ces références là, Empress se révèle sans saveur ni odeur. C'est du divertissement très basique, sans aucune surprise, et qui s'oublie sitôt terminé. C'est donc l'histoire de l'épouse d'un empereur galactique aussi tyrannique que brutal qui s'enfuit avec ses enfants pour échapper à sa violence. Elle est accompagnée pour cela d'un fidèle capitaine de sa garde qui va leur servir de super garde du corps dans les péripéties qu'ils vont affronter dans leur fuite. Quant à ses enfants, il y a le jeune garçon intello et capable de construire un vaisseau spatial à partir de déchets, et l'adolescente en pleine crise qui n'est pas heureuse de voir sa mère chercher à l'éloigner de son père et la soupçonne de vouloir coucher avec leur garde du corps. Et tout le récit se borne à raconter leur fuite en avant, d'une planète à une autre, jusqu'à une confrontation finale qui révèle tout de même enfin un petit retournement de situation mais celui-ci se révèle assez ridicule et sans crédibilité. Heureusement que le dessin est correct et qu'il permet de lire l'ensemble sans s'ennuyer. Mais il ne suffit pas à faire de cet ouvrage un bon comics.
Il se passe des choses
Quand j'ai entamé cette série, j'ai cru que j'allais faire un rejet complet. Car les premières planches sont complètement abstraites, de la poésie artistique où le lecteur doit ressentir et comprendre les intentions de l'auteur, le message secret qu'il tente de passer par son art. C'est une suite de saynètes sans queue ni tête, de récits symboliques et de planches en majorité muettes où l'auteur semble se laisser aller à ses envies de dessiner comme ça lui vient. Car le dessin est ici très particulier, très minimaliste. Guillaume Chauchat esquisse ses personnages et ses rares décors en quelques courbes et circonvolutions qui forment des gens, des objets et des bulles de dialogues. C'est un style épuré et personnel dont je ne suis vraiment pas friand. Mais contrairement à ce que je craignais au départ, une histoire se met tout de même en place. Elle reste très abstraite, d'inspiration poétique moderne, mais effectivement, comme le titre l'indique, il finit par se passer des choses qui peuvent tenir vaguement l'intérêt d'un lecteur qui n'aurait pas été touché par la poésie artistique des autres planches plus absconses. Mais elle est racontée avec un tel détachement, un tel soucis de la mise en scène artistique au détriment de la narration elle-même, qu'il est bien difficile de s'y attacher et d'être intéressé pour de bon. Pour faire simple, pour quelqu'un comme moi qui n'a pas su être touché par sa fibre artistique, cette BD m'a ennuyé.
Corb-Nez
Cette épopée moyenageuse dans la France de Charlemagne avait un potentiel pour m'intéresser, j'aime bien le Haut Moyen Age, et les récits en BD sur cette période carolingienne sont plutôt rares. Seulement voila, malgré le talent graphique de Civiello qui sur Korrigans avait réussi à installer une ambiance féerique, je trouve cette épopée très singulière et vraiment peu passionnante ; je me demande si un Américain comme Jerome Charyn était le meilleur choix sur cette histoire, pas sûr qu'il ait su capter l'esprit de cette période historique déjà assez obscure pour nous Français. Le résultat c'est qu'on est face à un récit décousu, où certaines situations sont curieuses, des scènes sont confuses et parfois peu utiles, l'ensemble contient des aberrations, et les personnages ne sont pas intéressants. De plus la colorisation de Civiello est assez sombre, même s'il réussit quelques belles images. Au final, je m'attendais à nettement mieux, il y avait matière à broder une histoire beaucoup plus passionnante, en l'état, elle me laisse indifférent.
Le Mousse de la Méduse
Selon le dicton, qui trop embrasse mal étreint, et cet album en est le parfait exemple. Trois thématiques sont au menu de ce récit puisque nous débutons avec le naufrage de la Méduse, enchaînons avec la traite des Noirs au Sénégal puis la lutte contre l’esclavagisme sur l’île Bourbon et enfin l’album nous en apprend un peu sur les débuts de la culture assistée de la vanille. Mais ces trois thématiques ne s’imbriquent pas et nous sautons régulièrement du coq à l’âne… C’est extrêmement décevant, peu clair, très syncopé, mal développé, mal expliqué, avec des ellipses faciles et des descriptifs... qui ne décrivent rien. Ajoutez à cela qu’il s’agit d’une fiction qui nous met dans la roue d’un jeune homme qui de mousse de la Méduse deviendra un acteur engagé dans la lutte contre l’esclavagisme et un témoin privilégié de la culture de la vanille. C’est vraiment trop pour un seul homme, d’autant plus que ce dernier est dépourvu de tout charisme. Reste le dessin d’Adriano Fruch pour que j’accorde autre chose qu’un 1/5 à cet album. Un dessin certes parfois encore un peu raide et maladroit mais qui offre aussi de belles cases contemplatives, qui a le mérite de bien typer les différents personnages et qui est bien valorisé par une colorisation soignée. Honnêtement, cet album m’a dissuadé d’acheter voire même de lire un autre album de Sabine Thirel… désolé, mais c’est vraiment trop décousu et mal raconté.
Scoop
Plutôt adepte de l'humour absurde j'avoue pourtant ne pas être rentré du tout dans cet album. Traiter de l'actualité et des envoyés spéciaux qui interviennent sur tous les fronts de manière décalée, moi je dis banco !, encore faut-il que j'y trouve mon compte. Et là, bof, bof... L'album nous propose en effet une suite de gags en une page essentiellement construits sur une modèle gaufrier en 6 cases. Mais au bout des 70 pages qui composent cette BD j'avoue n'avoir souri que quelques fois, quand la majorité des gags m'aura laissé de marbre. Si le graphisme minimaliste colorisé d'un pale sépia réhaussé de quelques trames de points rouges ne m'a pas dérangé, c'est plus l'humour proposé par Caloucalou auquel je n'ai pas adhéré. D'autres y trouveront peu-être leur compte, mais ça sera sans moi.
Oksa Pollock
Je suis plutôt bon public pour ce genre d'aventure mais là, j'ai remarqué que cela ne le fait pas. Pourtant, nous avons des auteurs de renom aux commandes. Il y a quelque chose qui ne va pas dans la mise en place puis dans la mise en scène. Les personnages manquent réellement d'épaisseur pour qu'on accroche vraiment. Et puis, il y a ces dialogues qui sonnent totalement faux. Tout les ingrédients étaient plutôt réunis: une adolescente de 13 ans en phase avec son époque et qui découvre qu'elle a de super pouvoirs. Sa vie bascule dans l'aventure. La base est tellement classique qu'il n'y a plus vraiment de surprise et de suspense. J'avoue m'être un peu ennuyé lors de cette lecture. C'est encore et toujours une sorte d'ersatz au monde développé par un certain Harry Potter. N'est pas J. K. Rowling qui veut.