Les derniers avis (20780 avis)

Couverture de la série La Nuit
La Nuit

Une tristesse infinie, une révolte désespérée, une colère noire qui emporte tout… Lorsque Philippe Druillet réalise cet album, il vient de perdre son épouse, fauchée par le cancer. Sa préface laisse d’ailleurs peu de doute sur son état d’esprit. « La Nuit » est un défouloir, un moyen d’exorciser la douleur encore vive. Le monde décrit est futuriste, décadent et apocalyptique. Une sorte de « Mad Max : Fury Road » rétro à la sauce psychédélique 70’s. Le scénario est à la fois simple et complexe. Simple dans son déchaînement de violence et la succession d’affrontements entre bandes rivales. Complexe dans la difficulté à y voir autre chose qu’un défouloir brouillon, sans queue ni tête. Druillet a semble-t-il laissé aller le crayon, comme Frederick Peeters l’a fait dans Saccage. Quant aux dialogues, si on peut appeler ça comme ça, ils consistent en réalité en une suite de mots violents, balancés dans le même chaos que ce futur pessimiste. À ce tarif, mieux aurait-il fallu réaliser un album muet. Graphiquement, on peut ne pas aimer, ou trouver les couleurs criardes. Mais difficile de contester le talent de l’auteur. Les planches, relativement classiques au début, deviennent folles grâce à une multitude de détails, des variations dans l’orientation des pages et un découpage audacieux. Rappelons tout de même que l’album est publié en 1975 ! À l’époque, cela devait être totalement révolutionnaire. Je serai plus réservé sur les planches intégrant l’effigie de la femme de Druillet, qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. Dans un sens, l’auteur me fait penser à Picasso, dont le talent est indéniable mais les choix artistiques critiquables, selon les goûts de chacun. Vient alors le dilemme… comment noter un tel album ? Objectivement, le travail est énorme, puissant et marquant. Cela suffit-il ? Pas vraiment. Une note doit surtout traduire le plaisir de la lecture, pas uniquement récompenser l’audace créatrice ou le concept. Malgré la note, qui n’engage que moi, « La Nuit » est un album marquant dont je me rappellerai et qui vaut la peine d’être découvert.

26/08/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 2/5
Couverture de la série J’adore ce passage
J’adore ce passage

Tillie Walden croque les aléas d’une relation amoureuse adolescente entre deux jeunes femmes qui se cherchent, qui doutent beaucoup, qui ont peur du regard des autres. La narration est très légère (peu de textes, passages muets, 64 pages à peine). L’album se lit en 5-10 minutes (selon le temps que vous passerez sur les dessins), et montre des petits moments intimes, mais aussi des échanges qui montrent la fragilité de la relation. J’aime beaucoup le fait que les personnages apparaissent « géants » dans les moments de bonheur, j’ai vu ça comme une représentation de ce que l’on peut ressentir quand on est amoureux (« on top of the world » comme on dit en anglais). Un album juste et rempli de tendresse, mais trop léger, trop court, et qui ne m’a pas touché plus que ça. Je ne suis peut-être pas le public cible (trop vieux !)

25/08/2020 (modifier)
Par AlainM
Note: 2/5
Couverture de la série Traducteurs afghans - Une trahison française
Traducteurs afghans - Une trahison française

Décidément, il est loin le temps des « petits miquets » où la BD, qui ne portait pas encore ce nom, était purement récréative. « Traducteurs afghans » est non seulement un témoignage mais aussi un outil de revendication pour interpeller les autorités françaises et alerter l’opinion publique sur la façon apparemment scandaleuse dont l’armée a traité ses traducteurs indigènes en Afghanistan. Personnellement, je ne connais ce dossier qu’au travers cette BD et n’ai pas vocation à prendre position sur le sujet. Je vais simplement donner un avis sur la manière dont le sujet est traité. Au niveau du dessin, c’est assez sommaire et fait un peu penser à celui de Nicolas Wild dans « Kaboul Disco » (tiens, c’est aussi en Afghanistan !) : très peu de décor, physionomie très simple des personnages, en noir et blanc, bref, le dessin n’est pas le point fort de cet album. Au niveau du scénario, c’est un témoignage de la vie de trois traducteurs et de leurs difficultés à vivre en Afghanistan après le départ des troupes françaises pour lesquelles ils ont travaillé et à obtenir de la France la protection et l’accueil qu’ils estiment mériter. On apprend certes pas mal de choses en lisant cette BD mais on ne peut pas dire que cela soit très passionnant. En lisant « Traducteurs afghans », j’ai plus eu l’impression d’être le témoin d’un différend entre ces traducteurs et l’administration française que d’être un lecteur d’une œuvre artistique, littéraire ou simplement divertissante. Le plus surprenant est de voir apparaître dans cette BD le nom et le mail d’un fonctionnaire français qui semble être responsable du dossier des traducteurs. Est-ce pour faire pression sur lui par ce medium original qu’est une bande dessinée ? Peut-être… On est donc très loin de la BD traditionnelle et on se rapproche fort de la philosophie de la « Revue dessinée » qui publie des reportages sur des sujets divers et variés, généralement très sérieux. Mais faut-il coter une BD sur le sérieux de son sujet ? Personnellement, j’ai dû un peu me forcer pour finir sa lecture…

23/08/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série American Gods
American Gods

Je pense que j'ai un problème avec Neil Gaiman. Je voudrais tant adorer son travail, notamment Sandman qui est une série audacieuse remplie d'imagination, sauf que malgré tous mes efforts je n'arrive pas à rentrer totalement dans son univers. C'est encore le cas ici avec cette série qui adapte un de ses romans. On retrouve un peu l'ambiance de Sandman avec ces personnages qui font de longs discours sur divers thèmes et c'est rempli d'idées et de concepts. Encore une fois, je trouve cela intéressant et je voudrais trouver cela passionnant à lire... sauf que là je me suis ennuyé ferme et j'ai abandonné ma lecture après avoir lu les 5 premiers chapitres du premier tome, ce qui constitue plus que la moitié. Il faut dire que le personnage principal manque d’intérêt. Dans ce que j'ai lu, il passe son temps à subir l'action, à se balader à droite et à gauche et à écouter les autres. Il ne fait rien qui capte mon attention. Peut-être qu'il s'améliore ensuite, mais là je ne peux pas tenir d'avantage. J'ai eu l'impression de lire une longue introduction remplie de cours d'ésotérisme et de mythologie un peu ennuyeux à lire. Pour les fans de Gaiman.

23/08/2020 (modifier)
Par AlainM
Note: 2/5
Couverture de la série Village global
Village global

Commenter cette BD m’est un peu difficile car son scénario n’a pas vraiment pour but de divertir mais plutôt de défendre des convictions sociales et politiques d’un auteur et d’un éditeur. La maison d’éditions Steinkis, dont je n’avais jamais entendu parler avant de lire cette BD, est d’ailleurs assez claire sur ses objectifs. Sur son site, cet éditeur écrit : « [Nous avons] à cœur de construire un catalogue cohérent, singulier et reflétant nos valeurs : stimuler la curiosité intellectuelle des lecteurs, élargir les horizons, contribuer au débat tout en apportant un soin graphique et éditorial aux ouvrages. […]. Avec une prédilection pour les thèmes des relations entre les peuples, les cultures, les civilisations, les questions d’identité et d’appartenance, nos publications revêtent une dimension historique ou un enseignement, relient l’histoire à l’Histoire, transfigurent l’expérience individuelle. En accordant une grande importance au fond, à la rigueur documentaire autant qu’à la forme, le travail de nos auteurs est l’expression de ce que la bande dessinée a à apporter aux sciences humaines et sociales. Ensemble, nous proposons des livres capables d’aiguiser la réflexion et d’ouvrir l’esprit, avec le souci de mettre l’accent sur les ponts plutôt que sur les murs... ». Vu les convictions de l’éditeur, et donc de l’auteur, il n’est pas étonnant de voir dans ce documentaire-fiction sur l’immigration en France, d’un côté, des citoyens du village réacs, racistes, fachos et stupides s’opposer maladroitement à la création d’un petit centre d’accueil et, de l’autre côté, d’autres citoyens, progressistes et vertueux, accueillir les immigrés. Même si les idées défendues par cette BD semblent généreuses, le scénario frise parfois la caricature (entre autres quand le fils d’immigrés catalans d’abord fervent opposant au centre d’accueil avoue que, après tout, il est aussi issu de l’immigration). De plus, les situations sont tellement prévisibles que l'on peut se demander quel est l'intérêt de cet album, à part de fournir ci et là quelques données sur l'immigration. Le dessin est correct, sans plus. Par contre le lettrage en écriture cursive laisse parfois à désirer car j’ai eu plusieurs fois un peu de peine à déchiffrer l’un ou l’autre mot, ce qui casse le rythme de la lecture. En résumé, cette BD n'est ni vraiment passionnante ni franchement instructive. C'est un manifeste des idées d'un auteur et d'une maison d'édition. Et je ne pense pas que présenter les choses de manière aussi manichéenne (je parle ici des héros de la BD - c.-à-d. les mauvais réacs stupides et les bons progressistes ouverts - et non des informations plus générales distillées au fil de l'histoire) soit de nature à faire évoluer le débat sur l'immigration. Cela risque davantage de braquer chacun sur ses positions.

21/08/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Babylon Berlin
Babylon Berlin

C'est l'adaptation d'un roman provenant d'une série qui a été adaptée sur Netflix apparemment. Je connaissais pas du tout et le pitch de la série m'intéressait. On va donc suivre un inspecteur qui va découvrir le côté sombre du Berlin des années 20. Je pense que le but principal des auteurs est de montrer un monde tellement glauque et corrompu qu'on comprend comment la démocratie a fini par ficher le camp et que les Nazis sont arrivés au pouvoir. Malheureusement, j'ai vite trouvé que c'était assez ennuyeux à lire. Le rythme est trop lent et le scénario un peu brouillon. Il y a une enquête un peu captivante, mais les auteurs sont trop occupés à décrire les mœurs du Berlin des années folles et cela devient vite chiant. Il faut dire que le personnage principal manque de charisme et que je me foutais un peu de ce qui lui arrivait. J'ai fini en milieu d'album par feuilleter les pages et donc je ne saurai jamais vraiment la solution au mystère et franchement je m'en fous. Un bon point cependant pour le scénario : pour une adaptation d'un roman, ce n'est pas trop bavard. Il y a des encadrés explicatifs, mais ce n'est pas envahissant comme dans certaines adaptations de romans qui donnent presque l'impression qu'on lit le roman avec des illustrations. Le dessin est plutôt bon.

20/08/2020 (modifier)
Par AlainM
Note: 2/5
Couverture de la série Poissons violents
Poissons violents

Du fond de l’océan, un poisson (André) incite ses congénères à se révolter contre les humains, à les envahir et à les réduire en esclavage. Tous sont d’accord avec lui mais aucun n’accepte de le suivre sauf Thierry – qui n’est pas volontaire mais qui a un bras-nageoire bloqué vers le haut faisant croire qu’il est d’accord avec André - et Jean-Michel, frère d’André et espèce de Géo Trouvetou, qui n’ose rien refuser à son frère. Les voilà donc partis à la conquête du monde dans une aventure pleine d’humour et de situations absurdes. Au niveau scénario, certaines scènes font un peu penser à du Tex Avery ou à Bip-Bip et le Coyote. BD sans autre prétention que de divertir qui atteint bien son objectif grâce au rythme effréné de l’histoire et aux caractères très différents des trois principaux héros. Cependant, au bout d’un moment, les situations loufoques deviennent un peu répétitives et le scénario s’essouffle. La fin du premier tome finit un peu … en queue de poissons et on peut se demander si un deuxième tome verra jamais le jour. Pour la note, je mettrai 2,5 si cela était possible. Vu l'essoufflement final et l'absence d'un second tome, je diminue à 2.

18/08/2020 (modifier)
Couverture de la série Les Mentors
Les Mentors

Je découvre avec cette série une nouvelle production du très prolifique Zidrou. Qui joue ici sur un registre quand même moins sucré et “gentil” que sur la plupart de ses autres series. Mais je n’ai pas été totalement convaincu par les deux premiers tomes. D’une part parce qu’ils ne livrent pas beaucoup d’enseignements. Albums d’une longue exposition, peut-être, mais du coup c’est un peu creux. Vite lu, sur un rythme pas désagréable il est vrai, et avec une petite rousse (même si dans le deuxième album sa plastique disparait sous les bandages!) elle aussi pas désagréable – à regarder en tout cas, car pour le reste, c’est une égoïste assez dangereuse, mais vite oublié aussi. Il faut dire qu'en plus l’intrigue, en l’état, ne m’a pas spécialement emballé. A voir ce que Zidrou en fera par la suite, mais ces deux albums ne m’ont pas captivé outre mesure, et je ne sais pas si je ferai des efforts pour connaître le développement/dénouement d’une histoire où une certaine SF semble s’inviter dans une ambiance polar, sans qu'aucun de ces aspects ne soit réellement accrocheur. En fait, le dessin bien fichu, mais impersonnel, et une histoire très lisible mais qui manque de densité, me laissent pour le moment sur ma faim. Affaire de goût peut-être. Note réelle 2,5/5.

18/08/2020 (modifier)
Par AlainM
Note: 2/5
Couverture de la série Le Jour le plus con
Le Jour le plus con

Le bon côté de cette série est qu’elle traite de l’horreur et la bêtise de la guerre. Par contre, je ne suis pas sûr que cette forme d’humour noir, rarement original, souvent scatologique et toujours sanguinolent ait une quelconque influence sur le développement de la paix dans le monde ou sur la diminution de la connerie humaine. Le dessin, assez minimaliste (peu de décors, beaucoup de têtes en gros plan), ne rattrape pas la piètre qualité du scénario. Je n’ai lu que le premier tome de la série et ai eu la très nette impression d’avoir perdu mon temps. Je mets néanmoins 2 et non la cote minimale pour la tentative de montrer à quel point la guerre est absurde et détestable.

17/08/2020 (modifier)
Par AlainM
Note: 2/5
Couverture de la série Les Farces de Mr Lambique
Les Farces de Mr Lambique

Cette série a le charme des vieilles séries des années cinquante qui nous replongent dans une époque révolue où tout semblait plus simple qu'aujourd'hui. Mais la plupart des gags de cette série, que certains qualifieraient de truculents, sont particulièrement au ras des pâquerettes et reposent sur l’immense bêtise de Mr Lambique et de son assistant. Il est à noter que au moins deux gags ont inspiré plus tard l'immense Franquin qui les réutilisera l'un dans Modeste & Pompon, et l'autre dans Spirou & Fantasio.

17/08/2020 (modifier)