La série « Bob et Bobette » est un exemple typique de la fracture culturelle qui peut exister en Belgique entre le nord (flamand) et le sud (francophone). Si Bruxelles et la Wallonie constituent un des épicentres de la BD européenne avec de nombreux auteurs de très haute qualité tels que Hergé, Franquin, Peyo, Tillieux, Jijé, Will, Charlier, Macherot, Schuiten, Jacobs, … pour ne citer que les plus anciens, la Flandre n’a généré que très peu d’auteurs de BD de cette envergure.
Il faut dire que, pendant très longtemps, la bande dessinée était si mal considérée en Flandre que de nombreux parents en interdisaient la lecture à leurs enfants. Certes, cela se passait il y a un demi-siècle et les temps ont maintenant changé mais le neuvième art flamand n’a toujours pas rattrapé le niveau atteint dans la partie sud du pays.
Beaucoup de séries très populaires de la BD flamande sont en fait assez comparables. Tant leur scénario que leur dessin ne cassent pas trois pattes à un canard et leur surproduction ne fait qu’en diminuer l’intérêt :
- Suske & Wiske (Bob et Bobette) : plus de 350 albums (à peu près tous traduits en français),
- FC De Kampioenen : près de 100 albums dont très peu ont été traduits,
- Jommeke (Gil et Jo) : 303 albums dont une trentaine parue en français,
- De Kiekeboes (Fanny et Cie ou Les marteaux) : 130 albums dont seuls 3 auraient été traduits en français
- Etc. etc.
Bref, la Flandre a clairement opté pour la quantité au détriment de la qualité et la série « Bob & Bobette » ne fait pas exception à la règle. Certes, il y a bien quelques albums dont le scénario était plus intéressant et m’a fait rêver il y a quelques décennies. Par exemple, je garde d’assez bons souvenirs des albums suivants : « Le fantôme espagnol », « Le trésor de Beersel », « Le mont rugissant », « La cavale d’or », « Le diamant sombre », « Les rayons zouin », « Le cygne noir », « Margot la folle », « La kermesse aux singes », etc. mais l’immense majorité de la série n’a que très peu d’intérêt du fait d’une politique éditoriale qui a privilégié (et privilégie encore puisque 7 albums sont encore sortis en 2021) la surproduction et un prix peu élevé.
Si vous voulez lire une série flamande de Willy Vandersteen, auteur originel de la série « Bob & Bobette » avec Karel Verschuere, de meilleure qualité, je vous recommande plutôt « Bessy » - en tout cas les premiers albums car, là encore, la qualité s’est très fortement dégradée avec le succès croissant de la série.
La BD flamande a donc généré davantage de succès commerciaux – succès en Flandre en tout cas – que d’histoires de qualité.
Plutôt que de parler de la bande dessinée « franco-belge », on devrait davantage parler de bande dessinée « francophone » tant la cassure est forte entre les deux régions linguistiques belges en ce qui concerne la BD.
En conclusion, je mettrai 2 pour la série « Bob & Bobette » pour les quelques albums qui sortent un peu du lot mais l’essentiel ne vaut guère mieux que 1.
L'Armée Rouge est à l'honneur et mériterait de l'être plus souvent tant elle est à part, offrant le pire comme le meilleur.
Ici le meilleur montre un solide bataillon féminin et le pire la haine les poussant au massacre.
L'immersion lors des séquences d'action est excellente, la façon dont se déplacent les soldats, le climat... on y est.
Alors pourquoi une note basse? Parce qu'on a un comics dans les mains faisant philosopher l'héroïne comme un Marv de Sin City. Parce qu'on tombe dans les clichés sur les allemands qui ne savent que crier les 3 mêmes insultes. Et cela gâche toute l'expérience, le scénariste épaulé par un passioné d'Histoire aurait fait gagner des galons à cette BD.
Une compilation de plusieurs contes japonais. Je n'ai pas aimé.
La période se situe dans le Japon médiéval avec ses démons, ses esprits et .... des extra-terrestres. Et cette modernisation ne m'a pas convaincu. Hormis cela les contes en eux-mêmes ne m'ont pas enthousiasmé, des histoires fades et niaises.
Une lecture forcée pour en arriver au bout.
Un dessin classique avec des visages se ressemblant, des décors soignés et fouillés.
C'est court mais ce manga a réduit à néant mon inspiration.
Dispensable.
L'adaptation libre d'un roman que je ne connaissais pas donc je ne peux pas comparer.
Si je comprends bien, le héros, qui est traité comme un roi dans un village, s'ennuie presque tout le temps sauf lorsqu'il....Non j'en dis pas plus. En tout cas, je partage son ennui parce que cet album m'a grandement ennuyé.
Je n'ai pas aimé le dessin. Il est certes beau, mais je trouve que le dessinateur n'est pas fait pour de la BD. Pour faire des illustrations, il est parfait, mais pour raconter une histoire en mouvement c'est moyen. Tout m'a semblé figé, aucune émotion sort du dessin et les rares scènes d'actions sont molles. La narration est lourde, c'est pas raconté de manière palpitante. Je n'ai pas compris l'intérêt du récit, le héros me laisse franchement indifférent et le voir partir à la poursuite d'un serial killer et ensuite d'un loup ne m'a pas passionné. Je suis complétement passé à coté de l'album.
Shonen à succès depuis de nombreuses années, j'ai jeté quelques fois des coup d'oeil à ceux empruntés par ma fille et... soit je suis vieux et blasé soit il faut reconnaître que c'est bof-bof.
Presque tout le monde a son petit pouvoir spécial (désespérant pour les "sans-alter" de vivre leur normalité) et c'est combats, tournois, duels à go-go sans originalité. Le trait exprime du lourd dans les coups mais ça n'a finalement pas l'air de faire trop mal.
Les gros mots employés sont "catégorie moyenne" mais utilisés un peu trop souvent, ça doit être l'époque.
En positif, le nombre élevé de personnages disparates permet à chacun de se trouver un petit chouchou que l'on espérera voir grimper dans le classement des votes en fin de volume.
On a là une version décalée du genre « girly » à la mode dans les magazines. Ici ces strips étaient publiées dans La Matinale du Monde, donc on ne peut pas non plus s’attendre à ce que ce soit trop trash.
Reste que les nanas d’Antico ne sont pas des bimbos, et que les sujets de conversation (porno, godes, clopes, alcool, techniques diverses de coucheries, etc.) font un peu « osés » - dans les limites imparties par le journal.
Disons que c’est moins nunuche que la plupart des séries girly et moins rasant que certaines séries de Bretécher.
Mais de là à dire que ça m’a passionné…
Ma plus grande surprise est de voir ça publié chez L’Association. Nine Antico n’a à mon goût pas assez bouleversé (par un humour tranchant ou provocant par exemple) le cadre établi par ces discussions entre nanas.
Soulcié développe ici un certains nombres de conseils pour réussir, en tout cas pour atteindre la célébrité, après une brillante carrière d'artiste, de dessinateur (peu importe le support).
Il y a bien sûr du second degré, de l'autodérision, mais les gags ne sont pas assez percutants et, si j'ai souri, c'est rarement et insuffisamment. Il reste donc du boulot à Soulcié pour réussir à me convaincre !
Le dessin est efficace, entre la dessin de presse et la caricature franco-belge.
Petite déception me concernant.
Bon, c'est sûr, entre la rapidité de lecture, l'itération iconique et le côté totalement absurde et décalé des propos des deux personnages statiques, on peut s'attendre à ce que certains lecteurs n'y trouvent pas leur compte ! Bernstein reprend ici le même type de choses que pour Kåtalög.
On est là dans une filière brillamment illustrée ces derniers temps par Fabcaro. Ici un peu moins, c'est sûr, même si je suis quand même réceptif à ce type d'humour. Il y manque tout de même un peu de folie pour faire passer un cap. Amusant donc, mais pas assez à mon goût.
Sinon, c'est vite lu donc, dans le tout petit format de cette collection de "prêts à poster".
Note réelle 2,5/5.
Je découvre ce nouvel éditeur qui publie des bandes dessinées venues de l'Amérique latine. J'espère qu'il va marcher parce que j'aime bien ses éditeurs qui publient des bandes dessinées d'autres pays comme l'Italie, l'Espagne ou l'Argentine. Cela change des États-Unis, de l'Angleterre, de l'Europe francophone et du Japon !
Malheureusement, j'ai pas trop aimé cet album fait par deux auteurs argentins que je connais bien. Ce sont des histoires courtes noir et cyniques comme il le faisait souvent avec comme fil conducteur un détective dont la personnalité est plutôt effacé je trouve. Les récits vont de 4 à 8 pages et habituellement pour que ce genre de récits courts fonctionne et reste dans la mémoire du lecteur, il faut une fin forte. Or, il n'y a que deux histoires dont je trouve la fin pas mal. Les autres ont souvent une fin un peu convenu (un bon exemple est celle du premier récit).
Le principal problème vient du dessin de Breccia. Je suis habitué à son style spécial qui est pas très lisible sur plusieurs cases, et ici cela ne fonctionne pas. Si j'aime bien ce style pour illustrer des récits de Lovecraft ou des récits étranges comme Perramus, cela l'est moins pour des récits de polar conventionnel. Pour moi c'est comme si on avait fait dessiné 'Jérome K Jérome Bloche' par Fred ou Druillet. Le plus drôle est qu'on à droit comme bonus au croquis du dernier récit et là le dessin est beaucoup mieux pour ce genre d'histoires. Perso, j'aurais plutôt vu quelqu'un comme Eduardo Risso au dessin, mais même là cela n'aurait pas sauvé des récits qui sont la plupart du temps sans saveur.
Je suis plutôt amateur de cet auteur italien, et cherche à lire tout ce qu’il a produit. Mais là, je n’y ai pas trouvé mon compte.
Alors, certes, c’est une œuvre de jeunesse, et très ancienne (fin des années 1960). Et pour l’époque, il y a quand même des choses étonnantes. Le minimalisme des dessins, décors et personnages, et un certain absurde, du loufoque qui ont pu être modernes.
On sent aussi ce qui a pu plaire à Trondheim, avec ce dessin dans ces toute petites cases (les premières pages de l’intégrale sont à ce propos difficile à lire, avec un dessin et un texte mini mini qui font mal aux yeux !).
Mais si certains passages sont intéressants (on voit poindre l’aspect cartoon qui sera souvent présent ensuite dans l’œuvre de Mattioli), il n’y a pas le côté déjanté que j’apprécie chez cet auteur. L’ensemble est trop gentil et abscons pour me captiver sur la durée d’un album, et je me suis lassé, en ne finissant l’intégrale de L’Association qu’avec difficulté (sans doute ce genre d’œuvre ne s’apprécie-t-elle que par bribes, je ne sais pas).
Toujours est-il que je ne conserverai pas cet album.
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Bob et Bobette
La série « Bob et Bobette » est un exemple typique de la fracture culturelle qui peut exister en Belgique entre le nord (flamand) et le sud (francophone). Si Bruxelles et la Wallonie constituent un des épicentres de la BD européenne avec de nombreux auteurs de très haute qualité tels que Hergé, Franquin, Peyo, Tillieux, Jijé, Will, Charlier, Macherot, Schuiten, Jacobs, … pour ne citer que les plus anciens, la Flandre n’a généré que très peu d’auteurs de BD de cette envergure. Il faut dire que, pendant très longtemps, la bande dessinée était si mal considérée en Flandre que de nombreux parents en interdisaient la lecture à leurs enfants. Certes, cela se passait il y a un demi-siècle et les temps ont maintenant changé mais le neuvième art flamand n’a toujours pas rattrapé le niveau atteint dans la partie sud du pays. Beaucoup de séries très populaires de la BD flamande sont en fait assez comparables. Tant leur scénario que leur dessin ne cassent pas trois pattes à un canard et leur surproduction ne fait qu’en diminuer l’intérêt : - Suske & Wiske (Bob et Bobette) : plus de 350 albums (à peu près tous traduits en français), - FC De Kampioenen : près de 100 albums dont très peu ont été traduits, - Jommeke (Gil et Jo) : 303 albums dont une trentaine parue en français, - De Kiekeboes (Fanny et Cie ou Les marteaux) : 130 albums dont seuls 3 auraient été traduits en français - Etc. etc. Bref, la Flandre a clairement opté pour la quantité au détriment de la qualité et la série « Bob & Bobette » ne fait pas exception à la règle. Certes, il y a bien quelques albums dont le scénario était plus intéressant et m’a fait rêver il y a quelques décennies. Par exemple, je garde d’assez bons souvenirs des albums suivants : « Le fantôme espagnol », « Le trésor de Beersel », « Le mont rugissant », « La cavale d’or », « Le diamant sombre », « Les rayons zouin », « Le cygne noir », « Margot la folle », « La kermesse aux singes », etc. mais l’immense majorité de la série n’a que très peu d’intérêt du fait d’une politique éditoriale qui a privilégié (et privilégie encore puisque 7 albums sont encore sortis en 2021) la surproduction et un prix peu élevé. Si vous voulez lire une série flamande de Willy Vandersteen, auteur originel de la série « Bob & Bobette » avec Karel Verschuere, de meilleure qualité, je vous recommande plutôt « Bessy » - en tout cas les premiers albums car, là encore, la qualité s’est très fortement dégradée avec le succès croissant de la série. La BD flamande a donc généré davantage de succès commerciaux – succès en Flandre en tout cas – que d’histoires de qualité. Plutôt que de parler de la bande dessinée « franco-belge », on devrait davantage parler de bande dessinée « francophone » tant la cassure est forte entre les deux régions linguistiques belges en ce qui concerne la BD. En conclusion, je mettrai 2 pour la série « Bob & Bobette » pour les quelques albums qui sortent un peu du lot mais l’essentiel ne vaut guère mieux que 1.
Sara (Ennis/Epting)
L'Armée Rouge est à l'honneur et mériterait de l'être plus souvent tant elle est à part, offrant le pire comme le meilleur. Ici le meilleur montre un solide bataillon féminin et le pire la haine les poussant au massacre. L'immersion lors des séquences d'action est excellente, la façon dont se déplacent les soldats, le climat... on y est. Alors pourquoi une note basse? Parce qu'on a un comics dans les mains faisant philosopher l'héroïne comme un Marv de Sin City. Parce qu'on tombe dans les clichés sur les allemands qui ne savent que crier les 3 mêmes insultes. Et cela gâche toute l'expérience, le scénariste épaulé par un passioné d'Histoire aurait fait gagner des galons à cette BD.
Contes du Japon d'autrefois
Une compilation de plusieurs contes japonais. Je n'ai pas aimé. La période se situe dans le Japon médiéval avec ses démons, ses esprits et .... des extra-terrestres. Et cette modernisation ne m'a pas convaincu. Hormis cela les contes en eux-mêmes ne m'ont pas enthousiasmé, des histoires fades et niaises. Une lecture forcée pour en arriver au bout. Un dessin classique avec des visages se ressemblant, des décors soignés et fouillés. C'est court mais ce manga a réduit à néant mon inspiration. Dispensable.
Un roi sans divertissement
L'adaptation libre d'un roman que je ne connaissais pas donc je ne peux pas comparer. Si je comprends bien, le héros, qui est traité comme un roi dans un village, s'ennuie presque tout le temps sauf lorsqu'il....Non j'en dis pas plus. En tout cas, je partage son ennui parce que cet album m'a grandement ennuyé. Je n'ai pas aimé le dessin. Il est certes beau, mais je trouve que le dessinateur n'est pas fait pour de la BD. Pour faire des illustrations, il est parfait, mais pour raconter une histoire en mouvement c'est moyen. Tout m'a semblé figé, aucune émotion sort du dessin et les rares scènes d'actions sont molles. La narration est lourde, c'est pas raconté de manière palpitante. Je n'ai pas compris l'intérêt du récit, le héros me laisse franchement indifférent et le voir partir à la poursuite d'un serial killer et ensuite d'un loup ne m'a pas passionné. Je suis complétement passé à coté de l'album.
My Hero Academia
Shonen à succès depuis de nombreuses années, j'ai jeté quelques fois des coup d'oeil à ceux empruntés par ma fille et... soit je suis vieux et blasé soit il faut reconnaître que c'est bof-bof. Presque tout le monde a son petit pouvoir spécial (désespérant pour les "sans-alter" de vivre leur normalité) et c'est combats, tournois, duels à go-go sans originalité. Le trait exprime du lourd dans les coups mais ça n'a finalement pas l'air de faire trop mal. Les gros mots employés sont "catégorie moyenne" mais utilisés un peu trop souvent, ça doit être l'époque. En positif, le nombre élevé de personnages disparates permet à chacun de se trouver un petit chouchou que l'on espérera voir grimper dans le classement des votes en fin de volume.
Maléfiques
On a là une version décalée du genre « girly » à la mode dans les magazines. Ici ces strips étaient publiées dans La Matinale du Monde, donc on ne peut pas non plus s’attendre à ce que ce soit trop trash. Reste que les nanas d’Antico ne sont pas des bimbos, et que les sujets de conversation (porno, godes, clopes, alcool, techniques diverses de coucheries, etc.) font un peu « osés » - dans les limites imparties par le journal. Disons que c’est moins nunuche que la plupart des séries girly et moins rasant que certaines séries de Bretécher. Mais de là à dire que ça m’a passionné… Ma plus grande surprise est de voir ça publié chez L’Association. Nine Antico n’a à mon goût pas assez bouleversé (par un humour tranchant ou provocant par exemple) le cadre établi par ces discussions entre nanas.
Comment réussir sa vie d'artiste
Soulcié développe ici un certains nombres de conseils pour réussir, en tout cas pour atteindre la célébrité, après une brillante carrière d'artiste, de dessinateur (peu importe le support). Il y a bien sûr du second degré, de l'autodérision, mais les gags ne sont pas assez percutants et, si j'ai souri, c'est rarement et insuffisamment. Il reste donc du boulot à Soulcié pour réussir à me convaincre ! Le dessin est efficace, entre la dessin de presse et la caricature franco-belge. Petite déception me concernant.
Kouchëdsoleil
Bon, c'est sûr, entre la rapidité de lecture, l'itération iconique et le côté totalement absurde et décalé des propos des deux personnages statiques, on peut s'attendre à ce que certains lecteurs n'y trouvent pas leur compte ! Bernstein reprend ici le même type de choses que pour Kåtalög. On est là dans une filière brillamment illustrée ces derniers temps par Fabcaro. Ici un peu moins, c'est sûr, même si je suis quand même réceptif à ce type d'humour. Il y manque tout de même un peu de folie pour faire passer un cap. Amusant donc, mais pas assez à mon goût. Sinon, c'est vite lu donc, dans le tout petit format de cette collection de "prêts à poster". Note réelle 2,5/5.
Un certain Daneri
Je découvre ce nouvel éditeur qui publie des bandes dessinées venues de l'Amérique latine. J'espère qu'il va marcher parce que j'aime bien ses éditeurs qui publient des bandes dessinées d'autres pays comme l'Italie, l'Espagne ou l'Argentine. Cela change des États-Unis, de l'Angleterre, de l'Europe francophone et du Japon ! Malheureusement, j'ai pas trop aimé cet album fait par deux auteurs argentins que je connais bien. Ce sont des histoires courtes noir et cyniques comme il le faisait souvent avec comme fil conducteur un détective dont la personnalité est plutôt effacé je trouve. Les récits vont de 4 à 8 pages et habituellement pour que ce genre de récits courts fonctionne et reste dans la mémoire du lecteur, il faut une fin forte. Or, il n'y a que deux histoires dont je trouve la fin pas mal. Les autres ont souvent une fin un peu convenu (un bon exemple est celle du premier récit). Le principal problème vient du dessin de Breccia. Je suis habitué à son style spécial qui est pas très lisible sur plusieurs cases, et ici cela ne fonctionne pas. Si j'aime bien ce style pour illustrer des récits de Lovecraft ou des récits étranges comme Perramus, cela l'est moins pour des récits de polar conventionnel. Pour moi c'est comme si on avait fait dessiné 'Jérome K Jérome Bloche' par Fred ou Druillet. Le plus drôle est qu'on à droit comme bonus au croquis du dernier récit et là le dessin est beaucoup mieux pour ce genre d'histoires. Perso, j'aurais plutôt vu quelqu'un comme Eduardo Risso au dessin, mais même là cela n'aurait pas sauvé des récits qui sont la plupart du temps sans saveur.
Vermetto Sigh
Je suis plutôt amateur de cet auteur italien, et cherche à lire tout ce qu’il a produit. Mais là, je n’y ai pas trouvé mon compte. Alors, certes, c’est une œuvre de jeunesse, et très ancienne (fin des années 1960). Et pour l’époque, il y a quand même des choses étonnantes. Le minimalisme des dessins, décors et personnages, et un certain absurde, du loufoque qui ont pu être modernes. On sent aussi ce qui a pu plaire à Trondheim, avec ce dessin dans ces toute petites cases (les premières pages de l’intégrale sont à ce propos difficile à lire, avec un dessin et un texte mini mini qui font mal aux yeux !). Mais si certains passages sont intéressants (on voit poindre l’aspect cartoon qui sera souvent présent ensuite dans l’œuvre de Mattioli), il n’y a pas le côté déjanté que j’apprécie chez cet auteur. L’ensemble est trop gentil et abscons pour me captiver sur la durée d’un album, et je me suis lassé, en ne finissant l’intégrale de L’Association qu’avec difficulté (sans doute ce genre d’œuvre ne s’apprécie-t-elle que par bribes, je ne sais pas). Toujours est-il que je ne conserverai pas cet album.