Les derniers avis (20733 avis)

Par Josq
Note: 2/5
Couverture de la série Le Lièvre de Mars
Le Lièvre de Mars

Etonné par la moyenne de cette série, intrigué par son concept, et séduit par le dessin de Parras, j'ai essayé de me lancer dans Le Lièvre de Mars. Et je ne l'ai pas regretté au début... Le premier cycle est génial. J'ai vraiment adoré cette fuite permanente, certes sans réponses (c'est normal jusque-là), mais haletante à souhait. Certes, l'auteur a recours à quelques péripéties rocambolesques, mais dans l'ensemble, c'est très correct, le rythme est absolument excellent, et on se prend facilement à cette traque hitchcockienne. Beaucoup de lecteurs reprochent des invraisemblances majeures, mais je suis globalement en désaccord. Evidemment qu'il y en a ! Mais pas spécialement plus que dans d'autres récits policiers ou d'espionnage du même style, et ça fait partie du jeu. Cothias instaure dès le début ce côté à la Tom Cruise où le héros traverse des embûches pires les unes que les autres et s'en sort sans une égratignure. S'il ne subsistait quelques facilités qui restent effectivement dommageables (la chirurgie esthétique ou l'aveugle qui retrouve miraculeusement la vue), je dirais que Le Lièvre de Mars est vraiment une excellente saga sur son premier cycle. Le tome 4 amorce déjà la baisse de qualité, mais globalement, jusqu'ici, c'est plus qu'agréable à lire, un vrai plaisir. Le tome 5 se tient encore mais la traversée de l'Atlantique a déjà ouvert une porte qui ne se refermera plus. A partir de là, la saga commence à devenir grandiloquente, et à force de s'amuser à multiplier les invraisemblances, celles-ci commencent à prendre le pas sur le scénario. Ce qui pouvait passer plus pour un clin d'œil amusé de l'auteur à un lecteur indulgent commence à se muer en paresse ou en laxisme dangereux pour le qualité du récit. Mais ce n'est pas encore le pire... Ce qui était formidable dans le premier cycle, c'était cette ambiguïté sur la folie du personnage. Le fait de rester dans un registre d'une SF "réaliste" (sans créature et superpouvoirs étranges) garantissait une tonalité incroyablement accrocheuse aux premiers tomes. Mais quand Cothias commence à entrouvrir le voile posé sur la véritable nature de son intrigue, c'est une catastrophe... L'arrivée du personnage de Burg et ses transformations rocambolesques en tyrannosaure spatial font plonger ce qui était une agréable série B d'espionnage et de SF en atroce série Z qui ne sait pas où elle va. A partir de là, l'auteur multiplie les détours scénaristiques débiles et les incohérences majeures, en se laissant dépasser par une intrigue qu'il ne maîtrise plus et qui semble se dérouler toute seule, sans aucune intervention humaine. Et le dessin de Parras a beau être agréable, et bénéficier d'une mise en scène exceptionnelle, c'est fini. Le Lièvre de Mars est relégué au rang de sous-produit fait à la va-vite et incapable de fournir le moindre confort de lecture à un lecteur un peu soucieux de ce qu'il lit. L'estocade finale est portée par le changement de dessinateur, apportant un changement graphique absolument dévastateur, qui nous fait perdre la dernière chose capable de nous garder attentif. Et quand on arrive au tome 9, dont presque la moitié reprend MOT POUR MOT un flashback qui a déjà été raconté INTEGRALEMENT dans le tome 2, on comprend que ça y est : Cothias se fout ouvertement de notre gueule. Et il est désormais impossible de faire preuve de la moindre indulgence face à une série qui avait pourtant posé des bases extraordinaires. Franchement, beaucoup de sagas m'ont déçue, mais je crois que Le Lièvre de Mars reste - et restera pour longtemps - la pire déception que j'aurais eue en ouvrant une nouvelle saga de bande dessinée.

13/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Sophie (Sophie comics)
Sophie (Sophie comics)

Décidément, j’ai beaucoup de mal avec ce duo d’auteurs argentins, et je sors une nouvelle fois dépité de ma lecture. J’aime bien le traitement très tranché du Noir et Blanc de Munoz, avec un trait gras. Mais par contre je n’aime pas son dessin, avec des personnages au corps un peu dégingandé, et des visages – l’héroïne la première – plutôt moches. J’ajoute que certains passages ne sont pas très clairs (surtout dans la première partie de l’album, se déroulant à New-York). Mais l’histoire aussi m’a laissé sur le côté. Dans la première partie de ce qui ressemble à un spin-off de la série Alack Sinner, nous suivons Sophie, une jeune femme vaguement anar, écorchée vive rejetant toute autorité (les flics, les mecs) et un peu nihiliste. Pourquoi pas ? Mais je n’ai rien compris à la moitié des pages que je lisais. Dans la seconde moitié de l’album, Sophie se rend au Mexique, et là certains aspects fantastiques (avec des morts/squelettes d’anciens guérilléros tout juste sortis d’une fête des morts) ont pu un temps redonner de l’intérêt à ma lecture (et justifient que je ne donne pas la note minimale). Mais, las, j’ai une nouvelle fois perdu le fil d’une intrigue que j’ai survolé dans les dernières pages. Je n’avais pas les codes je pense.

12/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Un monde normaux
Un monde normaux

Visuellement (et aussi en partie au niveau de l’humour développé), on est assez proche de ce qu’a pu faire Fabcaro (et beaucoup d’autres qui se sont engouffrés dans cette grosse brèche). En effet, c’est un humour totalement absurde et parfois abscons, avec des dialogues décalés prononcés par des personnages statiques. L’auteur use et abuse de l’itération iconique – même si son talent graphique n’est pas en jeu (les personnages « historiques » – Macron en tête – sont reconnaissables). Un style en passe de devenir classique donc, mais une veine humoristique encombrée, et du coup l’effet de surprise – essentiel dans ce type d’humour, joue moins. Et là, la majorité des strips m’ont laissé un peu de côté. En tout cas ne m’ont pas follement amusé. Mais il y a quand même quelques petites idées et dialogues bien cons et parfois, même quand je ne trouvais pas ça drôle, je trouvais intéressant et un peu poétiquement con certaines situations. Suffisant pour avoir envie de tourner les pages. Mais pas assez pour avoir celle d'y revenir. Note réelle 2,5/5.

12/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Dédale et Icare
Dédale et Icare

J’ai un petit problème avec cet album. Ça démarre plutôt pas mal pourtant, les auteurs s’attardent bien sur l’histoire Crétoise. Le lecteur possédera toutes les clés du pourquoi du Minotaure, du labyrinthe, des sacrifices … en plus d’en connaître plus sur la personnalité de Dédale, génie mais aussi meurtrier. Tout ça est plutôt bien remis en contexte. Par contre j’ai peu goûté à la partie graphique, assez lambda et à la tournure/représentation de certains événements qui m’ont un chouïa énervé. L’aventure Ariane/Thésée n’est qu’une anecdote ici. Icare y est trop sacrifié au profit de son père Dédale, et à aucun moment je n’ai eu d’empathie pour les protagonistes. Mais le pire reste la représentation du labyrinthe complètement loupée, voir ridicule. Des éléments essentiels au mythe sur lesquels il ne fallait pas se louper, du coup la morale perd de sa superbe. Pas un mauvais album pour le coté éducatif mais j’en suis sorti déçu, ça manque cruellement de force pour une telle histoire.

12/12/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Abbé Pierre - Une vie pour les autres
L'Abbé Pierre - Une vie pour les autres

Biographie à l'ancienne, avec des chapitres chronologiques revenant sur certains événements marquants de la vie de l'abbé Pierre. La pagination assez réduite de la bande dessinée et le dessin très accessible d'Abdel de Bruxelles me semblent destiner l'objet plutôt à un jeune public, pour qui celui-ci pourrait constituer une bonne première approche. Mais si vous espérez trouver ici un récit original qui vous sortirait des poncifs, vous risquez d'être déçus. A titre personnel, je n'ai pas le sentiment d'avoir appris quoi que ce soit (et pourtant je suis loin d'être un spécialiste en la matière). Plus grave encore, je trouve que ce récit ne parvient pas à restituer l'impact que les paroles de l'abbé Pierre ont pu avoir à l'époque. Je n'ai pas ressenti la puissance de ses coups de gueule, tout est trop lisse, trop gentil à mon goût. Pour moi, clairement, sinon pour servir de première approche de la vie et des combats de l'abbé Pierre, cet album est trop léger pour en justifier l'achat.

11/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Troubles fêtes
Troubles fêtes

J'ai trouvé cette série très ennuyeuse. D'ailleurs s'agit-il vraiment d'une BD ? Perso j'en doute. L'adjonction d'un texte assez lénifiant au style assez pesant avec des illustrations assez brouillonnes n'a pas fait mon bonheur. Il ne suffit pas de mettre le nom d'un auteur prestigieux qui surfait à l'époque sur le succès de sa série culte pour me convaincre. J'ai vite laissé tomber la lecture pseudo érotique et j'ai même trouvé les héroïnes avec un air de Miss Piggy des Muppets (c'était l'époque). Très bof voire moins.

11/12/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 2/5
Couverture de la série Avant Blake et Mortimer (Le Rayon U)
Avant Blake et Mortimer (Le Rayon U)

Une ébauche de Blake et Mortimer qui ne m’avait pas laissé un grand souvenir et à la relecture, je comprends pourquoi. Le style Blake et Mortimer est déjà là : les hors textes redondants par rapport aux dessins, des personnages qui ont un air de famille avec les héros de B&M, un scénario mêlant agents étrangers, scientifiques en danger, cités perdues et un soupçon de science-fiction. Les rebondissements s’enchaînent mécaniquement trahissant un assemblage d’épisodes tous construits de la même façon. Les personnages semblent juste là pour animer l’aventure, mais sans réelle épaisseur. Il est difficile de juger avec justesse un album sorti du contexte de sa création et de son époque. Ce n’est pas un chef d’œuvre mais c’est à lire quand on s’intéresse à l’œuvre de Jacobs et à l’histoire de la bande dessinée.

10/12/2023 (modifier)
Par Antoine
Note: 2/5
Couverture de la série Not All Robots
Not All Robots

C'est la couverture qui m'a attirée. Je la trouve franchement réussie. Cette reprise du tableau de Grant Wood "American Gothic" est superbe. Cela a suffi à me faire sortir la carte bancaire. La quatrième de couverture est réussie elle aussi. Joli packaging. Mais oui, vous me voyez venir. Ce n'est pas parce que l'emballage est joli que le contenu est au même niveau. Et là, c'est le cas. Quelle déception. Je n'ai pas compris le pourquoi du comment de ce comics. On veut nous dire quoi en somme ? Que la robotisation à l'extrême de notre société est un danger ? Oui, merci. On est bien d'accord. Mais c'est tout de même un peu plus complexe que cela non ? Que l'arrivée de l'intelligence artificielle est elle aussi un danger ? Oui, merci. On est bien d'accord. Mais c'est tout de même un peu plus complexe que cela non ? On navigue tout au long de notre lecture entre humains et robots. Humains qui semble-t-il ont perdu toute intelligence véritable, qui se laissent aller et qui se laissent diriger. Pourquoi pas, cela peut à la limite faire écho à notre société ultra capitaliste où l'on ne cherche finalement que plaisir et moindre effort tout en se laissant manipuler par la publicité et le consumérisme. Mais non, là, il y a quelque chose qui cloche. Et ce qui cloche, ce sont les "personnages" robots en fait. Créés à l'image de ce qui est dénoncé - si cela est une dénonciation ? - à travers ces humains sans vie, sans réactions, ces derniers n'en sont pas plus intéressants finalement. Ils travaillent. Ils se plaignent de leur travail. Ils sont seuls. Ok... Et donc ? C'est absurde. Et encore plus encore. Je ne peux pas en dire plus parce que cela dévoilerait la fin de l'intrigue mais la conclusion est idiote. Tout ça pour ça ? Non, j'ai pas vraiment aimé ce comics malgré un dessin plutôt joli (je mets deux étoiles pour ça ainsi que pour la couverture). Le pire vient finalement de la postface, absolument ridicule. Je rejoins en cela Alix. C'est incompréhensible. Presque malvenu en réalité. Comme si l'auteur s'était dépêché d'écrire cette dernière pour surfer sur la vague #metoo. Beurk !

10/12/2023 (modifier)
Par Antoine
Note: 2/5
Couverture de la série Alex
Alex

Je ressors déçu de ma lecture de cet ouvrage. J'en attendais pas forcément quelque chose mais j'avais cette petite intuition qu'il pourrait me correspondre, ou du moins m'intéresser. Les premières pages sont en cela intrigantes car notre "héros" débute ses aventures sur un banc, au petit matin, et l'on comprend très vite que s'il est ici, ce n'est pas parce qu'il a bu de l'eau pétillante la veille. On se dit alors, car on le comprend aussi rapidement, que nous sommes face aux déboires de l'auteur face à ses démons : syndrome de la page blanche, alcoolisme, vacuité des relations humaines ou vie bloquée dans un passé plus ou moins glorieux. Mais en fait, en dehors de discussions futiles avec son meilleur ami, de ses visites au magasin de spiritueux et de ses problèmes de transit, bah il ne se passe pas grand chose. Et encore, ce n'est pas ça que je reproche à cette bd, parce que lire quelque chose où il ne se passe rien ne me dérange pas (j'ai adoré les ouvrages d'Alex Robinson par exemple). Non, là, nous sommes face à un personnage pas vraiment attirant, limite détestable, qui se plaint tout le temps, qui ne fait aucun effort pour changer et qui se plaint encore. Et, comme si cela était une sorte d'excuses ou d'explications, la plupart des autres personnages présentés sont eux aussi dépeints comme détestables ou du moins fort peu intéressants. Le dessin n'est pas ce qui ressort non plus de cette bd. Un noir et blanc relativement maîtrisé mais un peu vide. Et je dois avouer que la tête de notre "héros" n'est pas l'idée la plus marquante que l'auteur ait pu avoir. Qu'est ce qu'il est moche ! Bref, vite lu, vite oublié. Suivante !

10/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Maîtres du temps
Les Maîtres du temps

Je suis un peu désolé de mettre une mauvaise appréciation à cette production de Laloux et Moebius, deux personnes ayant produit de belles choses, mais là, j’ai trouvé la lecture ennuyeuse, un peu absconse, et je l’ai finie en en sortant franchement déçu. C’est l’adaptation d’un roman de Wul, mais c’est surtout celle d’un dessin animé. Ça en reprend les images, mais cela donne un rendu assez moche je trouve pour les dessins (je ne sais pas si Moebius a retouché quelque chose pour le passage au format BD) – quelques maquettes se glissant parmi les dessins visiblement. Moebius a fait franchement mieux ailleurs ! Mais c’est surtout l’histoire qui m’a laissé sur ma faim. C’est lent, ennuyeux (il n’y a pas la poésie que je m’attendais à y trouver), et ça se finit un peu brutalement, sans que j’aie eu l’impression de tout comprendre aux aventures que je suivais. Le passage au format Bd a visiblement amené des coupures, je ne sais pas, mais, en l’état, l’intrigue est très peu claire et peu intéressante. Je n’ai pas vu le film, et je suis sorti de cette lecture avec l’impression de n’avoir pas compris ce que je venais de lire. Bref, une grosse déception !

10/12/2023 (modifier)