Quand j'étais jeune, j'achetais régulièrement le magazine Super Hercule mais ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai eu l'occasion de relire une BD de Hercule avec des yeux d'adultes. Et... déjà jeune, je n'aimais guère ce personnage, ce n'est pas mieux en vieillissant.
Ces albums parus chez Bamboo contiennent des gags en une planche comme ceux qui servaient de 4e de couverture sur les journaux Hercule Magazine ou sur les Pif Gadget des années 80. On y retrouve Hercule, son ami Hugues et leur souffre-douleur le gardien du jardin public où ils décident le plus souvent de faire leurs... facéties.
Le dessin de Yannick est plutôt bon, y a rien à en redire. Bien colorisé, moderne pour l'époque, dynamique, il se regarde et se lit extrêmement bien et n'a surtout pas vieilli. Bon aspect visuel, donc.
Par contre, qu'est-ce que ce n'est pas drôle ! :(
Déjà, pour ma part, je trouve le personnage de Hercule assez antipathique, le gars qui s'incruste partout, vantard (c'est voulu de le faire ainsi mais il n'en reste pas moins assez détestable), de mauvaise foi et presque méchant dans son obsession à faire des blagues aux gens autour de lui et surtout à tout ce qui ressemble à un représentant de l'ordre.
Ensuite, quand les gags de ces albums ne portent pas sur une facétie envers le Gardien du parc, on retrouve Hercule n'importe où, que ce soit sur une piste de ski, sur une île déserte, à la campagne, au milieu d'une expérience scientifique, etc... Tout est prétexte à finir la planche sur un gag façon tarte à la crème.
En résumé, Hercule, c'est un peu un clown qui déteste les forces de l'ordre, et ses gags sont ceux d'un clown donc pas très drôles quand on lit ça en BD.
Ce premier album de Dumontheuil est très étrange.
A la première lecture, je dois bien avouer que je me suis ennuyé. Que de longueurs dans le récit !
Puis à la deuxième lecture, cette impression d'ennui s'est estompée pour laisser place, à la troisième lecture, à une certaine admiration pour les dialogues de ce one shot.
Vous l'aurez compris à la lecture du résumé, l'histoire n'est pas palpitante. Deux hommes errent le long d'un mur interminable afin de se donner une raison de vivre... Mais sont-ils tout simplement en vie ? Existent-ils vraiment ? Pourquoi sont-ils là ? Quels sont leurs passés ? Ce paysage désertique ne serait-il pas le lieu de la folie de l'un des deux protagonistes ? Toutes ces questions métaphysiques sont abordées par nos deux personnages, ce qui donne lieu à de nombreux dialogues intéressants par leurs absurdités, véritable force de cet album.
A noter que par la suite, Dumontheuil va se servir de cet album comme de base à toutes ses oeuvres. Ainsi, dans la femme floue, nous retrouvons le même type de questionnements, où le héro n'est pas très sûr d'exister vraiment, ni pourquoi il est là, ni d'où il vient...
Au final, l'histoire est assez linéaire puisque L'enclave est juste l'occasion de nous raconter les questionnements des deux personnages (ne vous attendez pas à de gros coups de théâtre).
Côté dessins, il faut bien avouer que le cadre choisit par Dumontheuil (monde totalement désertique mis à part le mur) n'est pas propice à faire éclater son talent. Cependant, quelques scènes (les rêves d'un des héros) nous permettent d'apprécier le coup de crayon de Dumontheuil qui s'affinera par la suite dans ces prochaines oeuvres. La couleur est assez horrible. Cela a mal vieillit, c'est très fade, presque "caca beurk" (pardon, pour les apprentis bédéphiles. Sachez que "caca-beurk" signifie dans le jargon professionnel, que c'est pas top).
Vous l'aurez compris, cet album s'adresse aux fans de Dumontheuil. Personnellement, je suis très heureux de le posséder (peut être parce que je le regarde d'un oeil plus avisé, connaissant toutes les oeuvres de l'auteur). Pour les autres, préférez les autres albums de Dumontheuil, à commencer par "Qui a tué l'idiot". Peut être par la suite, aurez-vous l'envie de venir découvrir ce premier album.
Les 7 Portes est une BD destinée à la jeunesse publiée par une toute jeune maison d'édition qui a l'air bien décidée à promouvoir de jeunes talents et des auteurs BDs encore débutants. Quand on voit cela, ça donne envie d'être indulgent et de considérer cette BD avec un oeil favorable, et ce fut le cas pour moi... Mais franchement, j'en suis navré mais je n'ai vraiment guère apprécié ma lecture.
Physiquement, l'album est beau. Solide (bien cartonné), gros (près d'une centaine de pages), net, rien à redire. La maison d'édition ne se moque pas de ses auteurs.
Mais passé cela, que ce soit au niveau du dessin ou du scénario, cela ne suit vraiment pas.
Le dessin me fait penser aux vieilles BDs de qualité approximative qui paraissaient dans les journaux de BD "éducatives" pour adolescents, le genre Okapi par exemple même si de belles BDs sont sorties de ce magazine. Le dessinateur y parait à mi-chemin entre l'amateurisme et un professionalisme encore loin d'être maîtrisé. Beaucoup de ratés, de dessins approximatifs, des couleurs moyennes, le tout fait vraiment preuve d'un manque de technique. Malgré cela, ça reste regardable et lisible.
Quant au scénario, il faut savoir qu'il semble avoir été inspiré par un magazine scientifique destiné à la jeunesse Cosinus et a donc un but précis : parler de l'Alchimie et de la Chimie aux jeunes lecteurs. Pour cela, l'auteur utilise une trame de scénario ultra-classique : un jeune homme hérite de la maison d'un oncle mystérieux et, avec des proches, ils vont se lancer dans une chasse aux trésors à base d'énigmes portant sur l'Alchimie, tandis que le méchant directeur d'une société corrompue et criminelle tente de leur mettre des batons dans les roues pour s'emparer du trésor à leur place. La quasi-totalité du scénario est totalement convenue et sans surprise, à tel point que, d'avoir fait tenir le tout sur près d'une centaine de pages de BD, ça laisse largement le temps au lecteur de se lasser.
D'autant plus que ce qui fait la spécificité de cette oeuvre, ce sont les quelques informations assez superficielles sur l'Alchimie et surtout la résolution des 7 énigmes, mais ces énigmes ont des composantes soit totalement triviales (du style de nos héros qui perdent une journée à réfléchir sur une phrase "codée" sans réaliser du premier coup d'oeil qu'elle est simplement écrite à l'envers) soit résolues par des Deus Ex-Machina absolument illogiques quand on n'a pas exactement la même façon de penser que l'auteur ou quand on n'a pas envie d'admettre que la solution brille soudain sur le mur de la chambre où dorment nos héros quand la nuit tombe.
Sans surprise, frustrante ou décevante par la résolution de ses énigmes, cette BD ne m'a franchement guère appris sur l'alchimie et quand elle essaie d'entrer plus avant dans le sujet, je doute qu'elle ne largue pas aussi sec le public "jeunesse" qu'elle est sensée viser.
Je n'aime pas rabaisser une jeune maison d'éditions et de auteurs débutants mais là, il y a quand même beaucoup de progrès à faire, surtout s'il s'agit de vendre des BDs à ce prix assez élevé.
L’idée de départ est plutôt accrocheuse, raconter la vie d’un tueur de manière autobiographique; mais j’ai tout de même l’impression qu’il manque un quelque chose.
Par certains moments la psychologie est simpliste, ça manque en général de profondeur.
Sinon l’ambiance est plutôt réussie, le noir et blanc rend bien, même si les personnages de Moynot ont parfois un physique bizarre, raté presque et que certaines cases sont pas terrible.
Un one-shot qui a de l’ambition, dommage que la formule n’ait pas marché.
Le grand avantage de ce manga, c'est qu'il est illustré de main de maître par Masakazu Katsura, les dessins sont sublimes, un véritable régal pour les yeux!
Dommage que le reste ne soit pas à la hauteur...
L'humour scatologique de cette série est franchement lourdingue, il est plus exaspérant que drôle...
L'histoire est assez confuse et traîne en longueur...
J'ai particulièrement détesté le volume 3 qui tourne en dérision de manière ratée Dragon Ball Z, il était plus rasoir qu'autre chose...
Un manga mineur dans la carrière de Katsura...
Il n'a d'ailleurs pas remporté le succès escompté au pays du Soleil Levant...
Préférez lui Vidéo Girl Aï et I's qui sont de superbes comédies sentimentales drôles et touchantes, ainsi que l'excellent Shadow Lady hilarant et palpitant!!!
Bon, ok, c'est une BD pour enfants. Bon, ok, l'objet est plutôt joli, petit mais mignon et solide. Bon, ok, le dessin est plutôt bon (c'est marrant, les visages des animaux notamment des chats et lapins me rappellent le style actuel de Munuera). Bon, ok, ça se lit assez bien.
Mais qu'est-ce que ça se lit vite !
Si encore ça avait été une BD vraiment drôle en quelques pages, ou alors garnie d'idées vraiment originales. Mais non, c'est une histoire très classique de super-héros "rigolo" qui est appelé à la rescousse pour retrouver le nounours de monsieur Eléphant, et pour le retrouver d'une manière qui puisse se faire en cinq pages en gros.
En tant qu'adulte, bien sûr, c'est le genre de BD qui se lit en 30 secondes puis se repose aussi vite sur l'étal. Alors j'ai essayé de l'imaginer lue par ma fille (enfin, quand elle saura lire) ou alors si je la lui lisais moi-même, mais bof également... Pourquoi pas, d'accord, mais je doute que cela marque vraiment son esprit et son interêt. Et à ce prix-là, sincèrement, je préfère lui acheter un beau livre d'images ou de contes pour enfants.
C'est le premier manga que j'ai lu. Atypique, mais très bien pour entrer en douceur dans cet univers dont j'avais jusque-là une vision étriquée et déformée. C'est donc un recueil de trois contes, où il est question d'amour éternel, de séparation et de mort, sur lesquels plane la figure légendaire de Shirahime Syo, la princesse blanche dont les larmes sont les flocons de neige.
Dans la première histoire, une jeune fille part dans la montagne enneigée, chasser le loup qui a tué son père, et fait une rencontre surprenante. La seconde, nous conte le serment d'amour d'une jeune femme à son fiancé qui part à la guerre. Il est encore question d'amour et de séparation dans le troisième conte, qui met en scène un jeune guerrier et un couple de hérons. La présence de Shirahime Syo, comme en filigrane, surplombe et sert de fil rouge à ce recueil, extrêmement poétique, mais hélas, peu palpitant.
Ces histoires font en effet la part belle au romantisme, au détriment de la tension narrative. C'est très beau mais dans le genre "...je vous attendrai, quitte à devenir moi aussi une fleur" c'est un peu too much, c'est vite lu et, au final donc, assez ennuyeux.
Le dessin, quant à lui, est assez élégant mais pas extraordinaire non plus.
En avant-propos, J-P Duffour explique que le projet initial consistait en un recueil de 80 pages environ, en noir et blanc, pour l'éditeur japonais Kodansha. Le principe était de raconter une série de courtes histoires ayant pour cadre les différents étages d'un gratte-ciel. Mais finalement, l'éditeur jugera ces histoires trop noires et trop peu logiques, et le projet tournera court.
En fait, il y a bien une logique à ces courts récits, celle des rêves, ce qui les rend plutôt attachants. En particulier, L'Escalier maudit m'a évoqué des souvenirs de mes propres rêves. Malheureusement, c'est trop court, toutes les nouvelles ne sont pas du même niveau, et le dessin de Duffour, pour une fois en couleur, et dans lequel j'ai relevé un clin d'oeil à Spiegelman, n'apporte pas ce petit grain de folie qui aurait rendu cet album carrément sympa. Je ne regrette pas mon achat, mais je reste tout de même sur ma faim.
Je me suis décidé à lire cette série, étonné que cela puisse se vendre si bien... C’est très proche de Crisse, je trouve, limite copié/collé même. Comme j’aime déjà pas particulièrement le style de Crisse, j’ai pu difficilement accrocher à ce dessin et ce côté un peu racoleur qui consiste à affubler l’héroïne de deux grosses prothèses mammaires au lieu de lui attribuer une vraie personnalité. Côté scénar, j’accrochais encore bien aux vingt premières pages... mais très vite, ça m’est complètement tombé des mains. J’ai fini le premier tome sans entrain et ai stoppé ma lecture au début du deuxième... C’est d’un barbant... Du déjà lu et relu... En même temps, je dois avouer avoir déjà lu bien plus mauvais dans le genre. Mais ce n'est pas suffisant à mes yeux que pour avoir envie de lire la suite...
Au vu des nombreux prix décernés pour cette bd et de sa nomination pour le meilleur dessin au dernier festival d’Angoulême, je m'attendais à ressentir un choc lors de ma lecture de cet album.
Ce ne fut pas le cas à cause d'un scénario classique et surtout d'un dessin que je trouve trop figé. Le ton monochrome employé par l'auteur pour cette bd ne semble pas vraiment en adéquation avec le thème, ce choix semble avoir été pris pour donner une ambiance immortalisée par les nombreux films en noir et blanc de cette époque. Et pourtant, j’aurai aimé voir plus de couleurs dans les passages où le public attend le début du spectacle dans le grand hall du théâtre, j’aurai aimé ressentir cette ambiance de fête !
De même, les séquences de fin où l’action devient conséquente sont, à mon avis, gâchées par ce dessin statique. La narration est bonne et les dialogues sont excellents mais le scénario se révèle sans surprise. Les cadrages et la mise en page sont excellents mais manquent singulièrement de fantaisie.
J'ai donc lu "la malle sanderson" avec un sentiment d’ennui…
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Hercule
Quand j'étais jeune, j'achetais régulièrement le magazine Super Hercule mais ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai eu l'occasion de relire une BD de Hercule avec des yeux d'adultes. Et... déjà jeune, je n'aimais guère ce personnage, ce n'est pas mieux en vieillissant. Ces albums parus chez Bamboo contiennent des gags en une planche comme ceux qui servaient de 4e de couverture sur les journaux Hercule Magazine ou sur les Pif Gadget des années 80. On y retrouve Hercule, son ami Hugues et leur souffre-douleur le gardien du jardin public où ils décident le plus souvent de faire leurs... facéties. Le dessin de Yannick est plutôt bon, y a rien à en redire. Bien colorisé, moderne pour l'époque, dynamique, il se regarde et se lit extrêmement bien et n'a surtout pas vieilli. Bon aspect visuel, donc. Par contre, qu'est-ce que ce n'est pas drôle ! :( Déjà, pour ma part, je trouve le personnage de Hercule assez antipathique, le gars qui s'incruste partout, vantard (c'est voulu de le faire ainsi mais il n'en reste pas moins assez détestable), de mauvaise foi et presque méchant dans son obsession à faire des blagues aux gens autour de lui et surtout à tout ce qui ressemble à un représentant de l'ordre. Ensuite, quand les gags de ces albums ne portent pas sur une facétie envers le Gardien du parc, on retrouve Hercule n'importe où, que ce soit sur une piste de ski, sur une île déserte, à la campagne, au milieu d'une expérience scientifique, etc... Tout est prétexte à finir la planche sur un gag façon tarte à la crème. En résumé, Hercule, c'est un peu un clown qui déteste les forces de l'ordre, et ses gags sont ceux d'un clown donc pas très drôles quand on lit ça en BD.
L'Enclave
Ce premier album de Dumontheuil est très étrange. A la première lecture, je dois bien avouer que je me suis ennuyé. Que de longueurs dans le récit ! Puis à la deuxième lecture, cette impression d'ennui s'est estompée pour laisser place, à la troisième lecture, à une certaine admiration pour les dialogues de ce one shot. Vous l'aurez compris à la lecture du résumé, l'histoire n'est pas palpitante. Deux hommes errent le long d'un mur interminable afin de se donner une raison de vivre... Mais sont-ils tout simplement en vie ? Existent-ils vraiment ? Pourquoi sont-ils là ? Quels sont leurs passés ? Ce paysage désertique ne serait-il pas le lieu de la folie de l'un des deux protagonistes ? Toutes ces questions métaphysiques sont abordées par nos deux personnages, ce qui donne lieu à de nombreux dialogues intéressants par leurs absurdités, véritable force de cet album. A noter que par la suite, Dumontheuil va se servir de cet album comme de base à toutes ses oeuvres. Ainsi, dans la femme floue, nous retrouvons le même type de questionnements, où le héro n'est pas très sûr d'exister vraiment, ni pourquoi il est là, ni d'où il vient... Au final, l'histoire est assez linéaire puisque L'enclave est juste l'occasion de nous raconter les questionnements des deux personnages (ne vous attendez pas à de gros coups de théâtre). Côté dessins, il faut bien avouer que le cadre choisit par Dumontheuil (monde totalement désertique mis à part le mur) n'est pas propice à faire éclater son talent. Cependant, quelques scènes (les rêves d'un des héros) nous permettent d'apprécier le coup de crayon de Dumontheuil qui s'affinera par la suite dans ces prochaines oeuvres. La couleur est assez horrible. Cela a mal vieillit, c'est très fade, presque "caca beurk" (pardon, pour les apprentis bédéphiles. Sachez que "caca-beurk" signifie dans le jargon professionnel, que c'est pas top). Vous l'aurez compris, cet album s'adresse aux fans de Dumontheuil. Personnellement, je suis très heureux de le posséder (peut être parce que je le regarde d'un oeil plus avisé, connaissant toutes les oeuvres de l'auteur). Pour les autres, préférez les autres albums de Dumontheuil, à commencer par "Qui a tué l'idiot". Peut être par la suite, aurez-vous l'envie de venir découvrir ce premier album.
Les 7 portes
Les 7 Portes est une BD destinée à la jeunesse publiée par une toute jeune maison d'édition qui a l'air bien décidée à promouvoir de jeunes talents et des auteurs BDs encore débutants. Quand on voit cela, ça donne envie d'être indulgent et de considérer cette BD avec un oeil favorable, et ce fut le cas pour moi... Mais franchement, j'en suis navré mais je n'ai vraiment guère apprécié ma lecture. Physiquement, l'album est beau. Solide (bien cartonné), gros (près d'une centaine de pages), net, rien à redire. La maison d'édition ne se moque pas de ses auteurs. Mais passé cela, que ce soit au niveau du dessin ou du scénario, cela ne suit vraiment pas. Le dessin me fait penser aux vieilles BDs de qualité approximative qui paraissaient dans les journaux de BD "éducatives" pour adolescents, le genre Okapi par exemple même si de belles BDs sont sorties de ce magazine. Le dessinateur y parait à mi-chemin entre l'amateurisme et un professionalisme encore loin d'être maîtrisé. Beaucoup de ratés, de dessins approximatifs, des couleurs moyennes, le tout fait vraiment preuve d'un manque de technique. Malgré cela, ça reste regardable et lisible. Quant au scénario, il faut savoir qu'il semble avoir été inspiré par un magazine scientifique destiné à la jeunesse Cosinus et a donc un but précis : parler de l'Alchimie et de la Chimie aux jeunes lecteurs. Pour cela, l'auteur utilise une trame de scénario ultra-classique : un jeune homme hérite de la maison d'un oncle mystérieux et, avec des proches, ils vont se lancer dans une chasse aux trésors à base d'énigmes portant sur l'Alchimie, tandis que le méchant directeur d'une société corrompue et criminelle tente de leur mettre des batons dans les roues pour s'emparer du trésor à leur place. La quasi-totalité du scénario est totalement convenue et sans surprise, à tel point que, d'avoir fait tenir le tout sur près d'une centaine de pages de BD, ça laisse largement le temps au lecteur de se lasser. D'autant plus que ce qui fait la spécificité de cette oeuvre, ce sont les quelques informations assez superficielles sur l'Alchimie et surtout la résolution des 7 énigmes, mais ces énigmes ont des composantes soit totalement triviales (du style de nos héros qui perdent une journée à réfléchir sur une phrase "codée" sans réaliser du premier coup d'oeil qu'elle est simplement écrite à l'envers) soit résolues par des Deus Ex-Machina absolument illogiques quand on n'a pas exactement la même façon de penser que l'auteur ou quand on n'a pas envie d'admettre que la solution brille soudain sur le mur de la chambre où dorment nos héros quand la nuit tombe. Sans surprise, frustrante ou décevante par la résolution de ses énigmes, cette BD ne m'a franchement guère appris sur l'alchimie et quand elle essaie d'entrer plus avant dans le sujet, je doute qu'elle ne largue pas aussi sec le public "jeunesse" qu'elle est sensée viser. Je n'aime pas rabaisser une jeune maison d'éditions et de auteurs débutants mais là, il y a quand même beaucoup de progrès à faire, surtout s'il s'agit de vendre des BDs à ce prix assez élevé.
Bonne Fête Maman !
L’idée de départ est plutôt accrocheuse, raconter la vie d’un tueur de manière autobiographique; mais j’ai tout de même l’impression qu’il manque un quelque chose. Par certains moments la psychologie est simpliste, ça manque en général de profondeur. Sinon l’ambiance est plutôt réussie, le noir et blanc rend bien, même si les personnages de Moynot ont parfois un physique bizarre, raté presque et que certaines cases sont pas terrible. Un one-shot qui a de l’ambition, dommage que la formule n’ait pas marché.
DNA²
Le grand avantage de ce manga, c'est qu'il est illustré de main de maître par Masakazu Katsura, les dessins sont sublimes, un véritable régal pour les yeux! Dommage que le reste ne soit pas à la hauteur... L'humour scatologique de cette série est franchement lourdingue, il est plus exaspérant que drôle... L'histoire est assez confuse et traîne en longueur... J'ai particulièrement détesté le volume 3 qui tourne en dérision de manière ratée Dragon Ball Z, il était plus rasoir qu'autre chose... Un manga mineur dans la carrière de Katsura... Il n'a d'ailleurs pas remporté le succès escompté au pays du Soleil Levant... Préférez lui Vidéo Girl Aï et I's qui sont de superbes comédies sentimentales drôles et touchantes, ainsi que l'excellent Shadow Lady hilarant et palpitant!!!
Une folle aventure de Super cochon
Bon, ok, c'est une BD pour enfants. Bon, ok, l'objet est plutôt joli, petit mais mignon et solide. Bon, ok, le dessin est plutôt bon (c'est marrant, les visages des animaux notamment des chats et lapins me rappellent le style actuel de Munuera). Bon, ok, ça se lit assez bien. Mais qu'est-ce que ça se lit vite ! Si encore ça avait été une BD vraiment drôle en quelques pages, ou alors garnie d'idées vraiment originales. Mais non, c'est une histoire très classique de super-héros "rigolo" qui est appelé à la rescousse pour retrouver le nounours de monsieur Eléphant, et pour le retrouver d'une manière qui puisse se faire en cinq pages en gros. En tant qu'adulte, bien sûr, c'est le genre de BD qui se lit en 30 secondes puis se repose aussi vite sur l'étal. Alors j'ai essayé de l'imaginer lue par ma fille (enfin, quand elle saura lire) ou alors si je la lui lisais moi-même, mais bof également... Pourquoi pas, d'accord, mais je doute que cela marque vraiment son esprit et son interêt. Et à ce prix-là, sincèrement, je préfère lui acheter un beau livre d'images ou de contes pour enfants.
Shirahime Syo
C'est le premier manga que j'ai lu. Atypique, mais très bien pour entrer en douceur dans cet univers dont j'avais jusque-là une vision étriquée et déformée. C'est donc un recueil de trois contes, où il est question d'amour éternel, de séparation et de mort, sur lesquels plane la figure légendaire de Shirahime Syo, la princesse blanche dont les larmes sont les flocons de neige. Dans la première histoire, une jeune fille part dans la montagne enneigée, chasser le loup qui a tué son père, et fait une rencontre surprenante. La seconde, nous conte le serment d'amour d'une jeune femme à son fiancé qui part à la guerre. Il est encore question d'amour et de séparation dans le troisième conte, qui met en scène un jeune guerrier et un couple de hérons. La présence de Shirahime Syo, comme en filigrane, surplombe et sert de fil rouge à ce recueil, extrêmement poétique, mais hélas, peu palpitant. Ces histoires font en effet la part belle au romantisme, au détriment de la tension narrative. C'est très beau mais dans le genre "...je vous attendrai, quitte à devenir moi aussi une fleur" c'est un peu too much, c'est vite lu et, au final donc, assez ennuyeux. Le dessin, quant à lui, est assez élégant mais pas extraordinaire non plus.
Le Robinet récalcitrant
En avant-propos, J-P Duffour explique que le projet initial consistait en un recueil de 80 pages environ, en noir et blanc, pour l'éditeur japonais Kodansha. Le principe était de raconter une série de courtes histoires ayant pour cadre les différents étages d'un gratte-ciel. Mais finalement, l'éditeur jugera ces histoires trop noires et trop peu logiques, et le projet tournera court. En fait, il y a bien une logique à ces courts récits, celle des rêves, ce qui les rend plutôt attachants. En particulier, L'Escalier maudit m'a évoqué des souvenirs de mes propres rêves. Malheureusement, c'est trop court, toutes les nouvelles ne sont pas du même niveau, et le dessin de Duffour, pour une fois en couleur, et dans lequel j'ai relevé un clin d'oeil à Spiegelman, n'apporte pas ce petit grain de folie qui aurait rendu cet album carrément sympa. Je ne regrette pas mon achat, mais je reste tout de même sur ma faim.
Marlysa
Je me suis décidé à lire cette série, étonné que cela puisse se vendre si bien... C’est très proche de Crisse, je trouve, limite copié/collé même. Comme j’aime déjà pas particulièrement le style de Crisse, j’ai pu difficilement accrocher à ce dessin et ce côté un peu racoleur qui consiste à affubler l’héroïne de deux grosses prothèses mammaires au lieu de lui attribuer une vraie personnalité. Côté scénar, j’accrochais encore bien aux vingt premières pages... mais très vite, ça m’est complètement tombé des mains. J’ai fini le premier tome sans entrain et ai stoppé ma lecture au début du deuxième... C’est d’un barbant... Du déjà lu et relu... En même temps, je dois avouer avoir déjà lu bien plus mauvais dans le genre. Mais ce n'est pas suffisant à mes yeux que pour avoir envie de lire la suite...
La Malle Sanderson
Au vu des nombreux prix décernés pour cette bd et de sa nomination pour le meilleur dessin au dernier festival d’Angoulême, je m'attendais à ressentir un choc lors de ma lecture de cet album. Ce ne fut pas le cas à cause d'un scénario classique et surtout d'un dessin que je trouve trop figé. Le ton monochrome employé par l'auteur pour cette bd ne semble pas vraiment en adéquation avec le thème, ce choix semble avoir été pris pour donner une ambiance immortalisée par les nombreux films en noir et blanc de cette époque. Et pourtant, j’aurai aimé voir plus de couleurs dans les passages où le public attend le début du spectacle dans le grand hall du théâtre, j’aurai aimé ressentir cette ambiance de fête ! De même, les séquences de fin où l’action devient conséquente sont, à mon avis, gâchées par ce dessin statique. La narration est bonne et les dialogues sont excellents mais le scénario se révèle sans surprise. Les cadrages et la mise en page sont excellents mais manquent singulièrement de fantaisie. J'ai donc lu "la malle sanderson" avec un sentiment d’ennui…