J'ai lu tous les Taniguchi de la collection Ecriture et je dois dire que c'est le premier qui me déçoit vraiment.
Je pense que c'est plutôt dû au mauvais montage de la part de l'éditeur.
Tout d'abord, il y a ce couple en mal d'enfant. Dans les deux premières nouvelles, on apprend comment s'occuper d'un chien à l'agonie, qui gagnerait à ce qu'on prenne la décision de l'euthanasier, puis comment s'occuper d'une chatte angora abandonnée (quelle horreur) qui va mettre bas. Alors là, c'est vraiment le niveau zéro du roman graphique. Nos amis les bêtes, que je respecte par ailleurs, devraient rester à leur place à mon avis. Je ne comprends pas, avec toute la misère qui nous entoure, que l'on puisse dépenser autant d'argent et d'énergie pour des animaux, aussi attachants soient-ils.
La troisième nouvelle est la plus réussie, et je présume que dans l'idée des éditeurs, les deux premières nouvelles servent à introduire celle là... Mais bon, c'est un peu lourd comme construction.
Quant à la quatrième et dernière nouvelle, mais que vient elle faire là ? On y raconte une histoire d'alpinisme, qui ressemble à un coup d'essai pour Le sommet des dieux et qui n'a absolument rien à voir avec le début du recueil. A tel point qu'il m'a fallu une bonne minute pour réaliser que le "héros" avait changé, les personnages de Taniguchi se ressemblant tous un peu.
Au final, c'est la déception qui prévaut à l'issue de la lecture. A mon humble avis, cette parution surfe sur le prestige de son auteur, et ça n'est pas vraiment lui rendre service.
1er Cycle
Cette série se passe dans un monde imaginaire, relativement loufoque. Tout en haut de la montagne on trouve le cœur de la cité, c’est la partie bourgeoise du pays. Tout en bas, on trouve le fond du monde, où se regroupe le reste de la population. Les différentes classes sociales ont été réinventées, les coutumes aussi, certaines façon de parler également. L’ensemble est cohérent mais il faut que le lecteur accroche à cet univers, sinon il risque de ne pas aimer la série. Et pour moi c’est mitigé.
Quelque part ce monde me fait un peu penser à celui de la nef des fous, même si l’histoire n’a rien à voir. On suit ici les aventures de Mademoiselle H et Basile. Ce jeune homme a été « choisi » par une partie de la population pour accomplir une mission de la plus haute importance. Mission dont il ne sait rien au début et dont il va découvrir peu à peu les tenants et les aboutissants. Sans être génial, j’ai trouvé ça pas mal. Le personnage de Basile est tout à fait sympathique et attachant, on suit avec curiosité ses aventures.
2e Cycle (enfin 4e tome)
Un bien curieux démarrage pour ce 2e cycle : les personnages du 1er sont quasiment absents. On assiste pages après pages à l’étalage des différentes idées et inventions de l’auteur pour nous faire découvrir les bizarreries de ce monde imaginaire. Ce n’est pas franchement passionnant. Il y a quand même plusieurs petites histoires parallèles qui vont bien se recouper, mais absolument aucune n’a réussi à m’intéresser.
Bref je m’arrête ici en regrettant d’avoir commencer ce 2e cycle car le premier était lui pas mal…
Après la lecture de la préface d'Hermann qui explique en quelques lignes pourquoi il fait cet album, on se dit qu'on va lire quelque chose d'intéressant sur le conflit de Sarajevo puisqu'il a l'air d'y être bien impliqué. Moi qui au final ai vu le conflit d'assez loin à l'époque faisant partie du peuple français tête de veau, ou plutôt ballon de foot vu mon âge d'alors, je n'ai pas de position sur qui est le gentil et le méchant.
Pour Hermann, cela semble évident d'autant qu'il a des amis bosniaques. Il fit alors cet album en 1996 alors que la fin de la guerre est toute récente en Bosnie et avant d'ultérieurs événements au Kosovo notamment. Depuis la guerre a pris fin et le procès Milosevic jamais conclu suite à la mort qu'on est en droit de penser suspecte de l'intéressé, on a donc un peu plus de recul que l'auteur à son époque.
Je m'attendais à quelque chose de plutôt réaliste, or on est face à une caricature de l'ONU retranchée dans sa tour d'emmenthal et non d'ivoire. L'organisation est taxée de complète inefficacité voire inaction et Boutros en prend pour son grade. La satire politique et son imagerie de tango est surprenante. A cela est mêlé l'histoire d'un mercenaire sur les traces d'une petite fille et d'une fin vite vue et bien mièvre.
Il ne suffit pas d'un contexte historique intéressant et d'un travail documentaire soigné pour réaliser une bonne BD, et la Malédiction d'Edgar en est un bon exemple.
Le dessin de Didier Chardez est assez moyen. Pas désagréable au premier coup d'oeil, il révèle à la lecture des personnages assez figés et des visages changeants et peu amènes. Quelques imperfections de gabarit viennent rabaisser encore ce dessin qui n'en reste pas moins de niveau acceptable. Une colorisation sympathique redore heureusement le blason de sa qualité professionnelle.
Le scénario est très intéressant dans le sens où il nous montre les rouages de la politique-business des USA du milieu du 20e siècle. Nous y découvrons des personnages tous plus pourris et détestables les uns que les autres, ces mêmes personnages qui ont pourtant tous les pouvoirs et feront accéder qui ils le désirent à la présidence. Nombre d'anecdotes et de révélations historiques sont donc intéressantes dans ce récit.
Hélas, l'adaptation en bande-dessinée est à mes yeux ratée. Nous n'avons plus droit qu'à une énumération de moments clés, de dialogues importants, chacun s'étalant sur un maximum de 4 cases. La narration est décousue au possible, le lecteur embrouillé dans un déroulement narratif dont il ne capte que quelques notions par-ci par-là. Les personnages se confondent les uns avec les autres (et le dessin n'aide pas à les reconnaître) et pas moyen de pénétrer ce récit autrement que comme une chronologie de manipulations digne d'un résumé de livre d'Histoire.
Une lecture à laquelle on a du mal à s'attacher, dont les seules qualités à mes yeux sont les informations historiques ainsi glanées, mais qui passent sans doute nettement mieux en roman qu'en BD.
Le postulat de départ m'a fait ressentir un goût de "déjà vu, déjà lu".
"Les fils de la Louve" ?... c'est l'histoire d'un voyage temporel qui, personnellement, ne renouvelle pas le genre.
Je reconnais que Patrick Weber -excellent écrivain- développe son histoire en connaissance de cause, truffant son récit de nombreuses références.
MAIS : bien que j'aime le textuel, façon Alix, il y a ici beaucoup plus de discours que d'action.
Autre "problème" aussi relevé. Pasarin, jeune dessinateur ibérique, joue un peu trop sur l'expression des visages ; semblant oublier que dans une BD il y a aussi du mouvement, des décors, des arrière-plans...
Qui plus est, il n'est pas aidé par une colorisation relativement "plate".
Ces "fils" bénéficient quand même d'une idée accrocheuse, mais le développement aurait mérité plus de personnalité.
Bien fait, c'est vrai, mais assez... fade. Mais ce n'est que mon avis.
Raaaahh mon enfance... Et les BD de mon père que je lisais tranquilou dans un coin... C'est plein de souvenirs de Spirou et Fantasio, de Natacha, de Rahan, de Mickey à travers les siècles... Et cette série fait typiquement partie de ces vieilles BD "à papa" au charme (?) désuet.
Oui mais bon ce n'est quand même pas celle qui m'a le plus marqué et surtout c'est celle que je relirais le moins volontiers aujourd'hui. Car cette BD est moche tout d'abord, les personnages caricaturaux n'ont pas grand charme, les décors sont vides, aucun dynamisme... bof bof graphiquement donc. Et en plus les personnages ne dégagent aucune empathie particulière, pire : même gamin je trouvais déjà que Pim Pam et Poum étaient des têtes à claque, alors maintenant... Les gags souvent éculés et trop grossiers voire parfois méchants sont bien vite lassants.
Non vraiment, pas même pour la nostalgie je ne conseillerais cette BD.
La couverture est très jolie, sobre, poétique, une première approche qui donne envie d'ouvrir ce bouquin, d'aller plus loin...
Passons vite sur le style graphique assez vif de l'auteur, mais peu marquant, un dessin en noir et blanc correctement réalisé, sans plus ni moins.
En lisant, on constate tout d'abord une représentation de Hawaii assez inattendue, mis à part quelques scènes fleurant bon l'exotisme des lieux, l'ensemble de l'aventure se déroule de nuit, on y voit de nombreux endroits crasseux et pas mal de sites industrialisés. Loin des images d'Epinal, cela correspond plus sans doute à une certaine réalité qu'aux cartes postales...
L'intrigue proprement dite est correctement écrite, mais d'une banalité presque affligeante, le schéma est classique: Des jeunes un peu perdus, une bande de petites frappes, des remises en question pas toujours évidentes... Rien de neuf là dedans... L'aspect romantique et sentimental prédomine, le côté thriller qui aurait pu sortir cette oeuvre du lot se retrouve étouffé, Ligne de fuite est donc un roman graphique parmi tant d'autres, n'ayant guère plus d'ambition que d'offrir un cadre inédit.
Cet album n'est pas mauvais, il peut même se laisser lire si l'on y tombe dessus par hasard, de là à aller le chercher, c'est une autre histoire.
JJJ
Le graphisme est intéressant comme peut l'être une expo de peinture. Mais d'un point de vue strictement BD, j'ai trouvé ça trop mou.
Le format qui découpe chaque page en 2 cases sans aucun phylactère alourdit la lecture. Cette voix off qui raconte bêtement le dialogue intérieur d’un gars un peu paumé ralentit le rythme. D’ailleurs l’ensemble ressemble plus à un conte illustré qu’à une BD. Ce genre d’histoire devrait prendre aux tripes, obliger le lecteur à verser quelques larmes sur cette misère humaine… ou sinon, cela pourrait être la grosse claque philosophique qui bouscule nos croyances et nous éveille à une autre réalité du ‘moi’…
Mais non, ce ‘bruit du givre’ se contente de mollesse et de convenance. Dommage.
Tiens, une curiosité pour les amateurs de Blutch.
En effet, j'ai l'impression qu'il s'agit là d'une oeuvre de jeunesse, avec un personnage de femme libérée un peu artificiel, semble-t-il pour rester dans la "ligne" Fluide glacial, magazine dans lequel cette BD a été partiellement publiée...
Pour ma part je suis resté assez froid face à cette suite d'aventures rocambolesques, sans queue ni tête. Reste le dessin de Blutch, assez particulier, protéiforme et parfois difficile à décrypter, mais pétri d'un indéniable talent.
Mais c'est un peu court, jeune homme...
J'ai été assez déçue par cette histoire de zoo au milieu de nulle part, avec ses personnages aux caractères extrêmes. Il n'y a que Célestin, le propriétaire des lieux, qui soit vraiment attachant. Les autres m'ont semblé très caricaturaux : Manon la "gamine" capricieuse, Buggy l'artiste torturé, et Anna la femme effacée.
Les dessins sont jolis, les animaux magnifiques, l'histoire poétique mais au final j'ai trouvé ça vraiment creux...
J'ai dû m'accrocher pour arriver au bout des 2 tomes. Si vous avez du mal à dépasser la première moitié du tome 1, ce n'est pas la peine d'aller plus loin.
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Terre de rêves
J'ai lu tous les Taniguchi de la collection Ecriture et je dois dire que c'est le premier qui me déçoit vraiment. Je pense que c'est plutôt dû au mauvais montage de la part de l'éditeur. Tout d'abord, il y a ce couple en mal d'enfant. Dans les deux premières nouvelles, on apprend comment s'occuper d'un chien à l'agonie, qui gagnerait à ce qu'on prenne la décision de l'euthanasier, puis comment s'occuper d'une chatte angora abandonnée (quelle horreur) qui va mettre bas. Alors là, c'est vraiment le niveau zéro du roman graphique. Nos amis les bêtes, que je respecte par ailleurs, devraient rester à leur place à mon avis. Je ne comprends pas, avec toute la misère qui nous entoure, que l'on puisse dépenser autant d'argent et d'énergie pour des animaux, aussi attachants soient-ils. La troisième nouvelle est la plus réussie, et je présume que dans l'idée des éditeurs, les deux premières nouvelles servent à introduire celle là... Mais bon, c'est un peu lourd comme construction. Quant à la quatrième et dernière nouvelle, mais que vient elle faire là ? On y raconte une histoire d'alpinisme, qui ressemble à un coup d'essai pour Le sommet des dieux et qui n'a absolument rien à voir avec le début du recueil. A tel point qu'il m'a fallu une bonne minute pour réaliser que le "héros" avait changé, les personnages de Taniguchi se ressemblant tous un peu. Au final, c'est la déception qui prévaut à l'issue de la lecture. A mon humble avis, cette parution surfe sur le prestige de son auteur, et ça n'est pas vraiment lui rendre service.
Le Fond du Monde
1er Cycle
Cette série se passe dans un monde imaginaire, relativement loufoque. Tout en haut de la montagne on trouve le cœur de la cité, c’est la partie bourgeoise du pays. Tout en bas, on trouve le fond du monde, où se regroupe le reste de la population. Les différentes classes sociales ont été réinventées, les coutumes aussi, certaines façon de parler également. L’ensemble est cohérent mais il faut que le lecteur accroche à cet univers, sinon il risque de ne pas aimer la série. Et pour moi c’est mitigé.
Quelque part ce monde me fait un peu penser à celui de la nef des fous, même si l’histoire n’a rien à voir. On suit ici les aventures de Mademoiselle H et Basile. Ce jeune homme a été « choisi » par une partie de la population pour accomplir une mission de la plus haute importance. Mission dont il ne sait rien au début et dont il va découvrir peu à peu les tenants et les aboutissants. Sans être génial, j’ai trouvé ça pas mal. Le personnage de Basile est tout à fait sympathique et attachant, on suit avec curiosité ses aventures.
2e Cycle (enfin 4e tome)
Un bien curieux démarrage pour ce 2e cycle : les personnages du 1er sont quasiment absents. On assiste pages après pages à l’étalage des différentes idées et inventions de l’auteur pour nous faire découvrir les bizarreries de ce monde imaginaire. Ce n’est pas franchement passionnant. Il y a quand même plusieurs petites histoires parallèles qui vont bien se recouper, mais absolument aucune n’a réussi à m’intéresser.
Bref je m’arrête ici en regrettant d’avoir commencer ce 2e cycle car le premier était lui pas mal…
Sarajevo-Tango
Après la lecture de la préface d'Hermann qui explique en quelques lignes pourquoi il fait cet album, on se dit qu'on va lire quelque chose d'intéressant sur le conflit de Sarajevo puisqu'il a l'air d'y être bien impliqué. Moi qui au final ai vu le conflit d'assez loin à l'époque faisant partie du peuple français tête de veau, ou plutôt ballon de foot vu mon âge d'alors, je n'ai pas de position sur qui est le gentil et le méchant. Pour Hermann, cela semble évident d'autant qu'il a des amis bosniaques. Il fit alors cet album en 1996 alors que la fin de la guerre est toute récente en Bosnie et avant d'ultérieurs événements au Kosovo notamment. Depuis la guerre a pris fin et le procès Milosevic jamais conclu suite à la mort qu'on est en droit de penser suspecte de l'intéressé, on a donc un peu plus de recul que l'auteur à son époque. Je m'attendais à quelque chose de plutôt réaliste, or on est face à une caricature de l'ONU retranchée dans sa tour d'emmenthal et non d'ivoire. L'organisation est taxée de complète inefficacité voire inaction et Boutros en prend pour son grade. La satire politique et son imagerie de tango est surprenante. A cela est mêlé l'histoire d'un mercenaire sur les traces d'une petite fille et d'une fin vite vue et bien mièvre.
La Malédiction d'Edgar
Il ne suffit pas d'un contexte historique intéressant et d'un travail documentaire soigné pour réaliser une bonne BD, et la Malédiction d'Edgar en est un bon exemple. Le dessin de Didier Chardez est assez moyen. Pas désagréable au premier coup d'oeil, il révèle à la lecture des personnages assez figés et des visages changeants et peu amènes. Quelques imperfections de gabarit viennent rabaisser encore ce dessin qui n'en reste pas moins de niveau acceptable. Une colorisation sympathique redore heureusement le blason de sa qualité professionnelle. Le scénario est très intéressant dans le sens où il nous montre les rouages de la politique-business des USA du milieu du 20e siècle. Nous y découvrons des personnages tous plus pourris et détestables les uns que les autres, ces mêmes personnages qui ont pourtant tous les pouvoirs et feront accéder qui ils le désirent à la présidence. Nombre d'anecdotes et de révélations historiques sont donc intéressantes dans ce récit. Hélas, l'adaptation en bande-dessinée est à mes yeux ratée. Nous n'avons plus droit qu'à une énumération de moments clés, de dialogues importants, chacun s'étalant sur un maximum de 4 cases. La narration est décousue au possible, le lecteur embrouillé dans un déroulement narratif dont il ne capte que quelques notions par-ci par-là. Les personnages se confondent les uns avec les autres (et le dessin n'aide pas à les reconnaître) et pas moyen de pénétrer ce récit autrement que comme une chronologie de manipulations digne d'un résumé de livre d'Histoire. Une lecture à laquelle on a du mal à s'attacher, dont les seules qualités à mes yeux sont les informations historiques ainsi glanées, mais qui passent sans doute nettement mieux en roman qu'en BD.
Les Fils de la Louve
Le postulat de départ m'a fait ressentir un goût de "déjà vu, déjà lu". "Les fils de la Louve" ?... c'est l'histoire d'un voyage temporel qui, personnellement, ne renouvelle pas le genre. Je reconnais que Patrick Weber -excellent écrivain- développe son histoire en connaissance de cause, truffant son récit de nombreuses références. MAIS : bien que j'aime le textuel, façon Alix, il y a ici beaucoup plus de discours que d'action. Autre "problème" aussi relevé. Pasarin, jeune dessinateur ibérique, joue un peu trop sur l'expression des visages ; semblant oublier que dans une BD il y a aussi du mouvement, des décors, des arrière-plans... Qui plus est, il n'est pas aidé par une colorisation relativement "plate". Ces "fils" bénéficient quand même d'une idée accrocheuse, mais le développement aurait mérité plus de personnalité. Bien fait, c'est vrai, mais assez... fade. Mais ce n'est que mon avis.
Pim Pam Poum
Raaaahh mon enfance... Et les BD de mon père que je lisais tranquilou dans un coin... C'est plein de souvenirs de Spirou et Fantasio, de Natacha, de Rahan, de Mickey à travers les siècles... Et cette série fait typiquement partie de ces vieilles BD "à papa" au charme (?) désuet. Oui mais bon ce n'est quand même pas celle qui m'a le plus marqué et surtout c'est celle que je relirais le moins volontiers aujourd'hui. Car cette BD est moche tout d'abord, les personnages caricaturaux n'ont pas grand charme, les décors sont vides, aucun dynamisme... bof bof graphiquement donc. Et en plus les personnages ne dégagent aucune empathie particulière, pire : même gamin je trouvais déjà que Pim Pam et Poum étaient des têtes à claque, alors maintenant... Les gags souvent éculés et trop grossiers voire parfois méchants sont bien vite lassants. Non vraiment, pas même pour la nostalgie je ne conseillerais cette BD.
Lignes de fuite
La couverture est très jolie, sobre, poétique, une première approche qui donne envie d'ouvrir ce bouquin, d'aller plus loin... Passons vite sur le style graphique assez vif de l'auteur, mais peu marquant, un dessin en noir et blanc correctement réalisé, sans plus ni moins. En lisant, on constate tout d'abord une représentation de Hawaii assez inattendue, mis à part quelques scènes fleurant bon l'exotisme des lieux, l'ensemble de l'aventure se déroule de nuit, on y voit de nombreux endroits crasseux et pas mal de sites industrialisés. Loin des images d'Epinal, cela correspond plus sans doute à une certaine réalité qu'aux cartes postales... L'intrigue proprement dite est correctement écrite, mais d'une banalité presque affligeante, le schéma est classique: Des jeunes un peu perdus, une bande de petites frappes, des remises en question pas toujours évidentes... Rien de neuf là dedans... L'aspect romantique et sentimental prédomine, le côté thriller qui aurait pu sortir cette oeuvre du lot se retrouve étouffé, Ligne de fuite est donc un roman graphique parmi tant d'autres, n'ayant guère plus d'ambition que d'offrir un cadre inédit. Cet album n'est pas mauvais, il peut même se laisser lire si l'on y tombe dessus par hasard, de là à aller le chercher, c'est une autre histoire. JJJ
Le Bruit du givre
Le graphisme est intéressant comme peut l'être une expo de peinture. Mais d'un point de vue strictement BD, j'ai trouvé ça trop mou. Le format qui découpe chaque page en 2 cases sans aucun phylactère alourdit la lecture. Cette voix off qui raconte bêtement le dialogue intérieur d’un gars un peu paumé ralentit le rythme. D’ailleurs l’ensemble ressemble plus à un conte illustré qu’à une BD. Ce genre d’histoire devrait prendre aux tripes, obliger le lecteur à verser quelques larmes sur cette misère humaine… ou sinon, cela pourrait être la grosse claque philosophique qui bouscule nos croyances et nous éveille à une autre réalité du ‘moi’… Mais non, ce ‘bruit du givre’ se contente de mollesse et de convenance. Dommage.
Sunnymoon
Tiens, une curiosité pour les amateurs de Blutch. En effet, j'ai l'impression qu'il s'agit là d'une oeuvre de jeunesse, avec un personnage de femme libérée un peu artificiel, semble-t-il pour rester dans la "ligne" Fluide glacial, magazine dans lequel cette BD a été partiellement publiée... Pour ma part je suis resté assez froid face à cette suite d'aventures rocambolesques, sans queue ni tête. Reste le dessin de Blutch, assez particulier, protéiforme et parfois difficile à décrypter, mais pétri d'un indéniable talent. Mais c'est un peu court, jeune homme...
Zoo
J'ai été assez déçue par cette histoire de zoo au milieu de nulle part, avec ses personnages aux caractères extrêmes. Il n'y a que Célestin, le propriétaire des lieux, qui soit vraiment attachant. Les autres m'ont semblé très caricaturaux : Manon la "gamine" capricieuse, Buggy l'artiste torturé, et Anna la femme effacée. Les dessins sont jolis, les animaux magnifiques, l'histoire poétique mais au final j'ai trouvé ça vraiment creux... J'ai dû m'accrocher pour arriver au bout des 2 tomes. Si vous avez du mal à dépasser la première moitié du tome 1, ce n'est pas la peine d'aller plus loin.