L'idée est drôle mais ca tire en longueur. Je suis pourtant assez bon public quand il s'agit de Luz mais j'ai trouvé qu'il aurait pu gagner ici en faisant plus court.
C'est débile à souhait, heureux de retrouver Luz en forme mais pas son chef d'oeuvre non plus.
Je conseillerais plus les Indélébiles à ceux qui ne l'ont pas lu.
Le scénario est quand même assez léger, les blagues un peu moins mais le thème est sympa.
Certaines séquences sont quand même assez plates. Le dessin ne sauve pas vraiment l'ensemble.
Ça se laisse lire au final, mais je ne sais pas si j'en garderai un grand souvenir.
Pas une BD que je garderai en bibliothèque.
Cet album met à portée de tous un travail d'enquête ethnographique dense avec un médium plus populaire (bien joué le concept d'album ethno-graphique)
Sur le fond c'est intéressant même si je m'interroge sur la vraie dimension scientifique du travail. Si je suis d'accord avec l'auteur, ca ne m'empêche pas de trouver que cela peut manquer d'objectivité et de rigueur. Un exemple page 94, constater que le durcissement des pratiques répressives est concomitant du creusement des disparités économiques n'implique pas scientifiquement que le renforcement de l'action policière a été préféré aux mesures de justice sociale. Comparaison n'est pas raison. Avec ce type de raisonnement on pourrait aussi déduire que c'est lié à la reproduction d'un scarabée en Amerique du Sud. Je suis toujours surpris par ce manque de rigueur chez les universitaires...
Je ne suis pas un grand fan du style de dessin utilisé par Jake Raynal qui manque je trouve de précision. Ca me va dans un Fabcaro mais moins ici, compliqué de reconnaître certains protagonistes publics. La colorisation par contre, très sombre et contrastée fonctionne bien avec le sujet.
Je le conserverai dans ma bibliothèque comme le témoignage d'une époque qu'il sera intéressant de relire d'ici quelques dizaines d'années.
Les derniers jours du Silver Surfer
-
Un requiem est une messe célébrée pour prier pour les âmes des défunts et qui a lieu juste avant l'enterrement ou lors de cérémonies du souvenir. Avec un titre pareil, la fin de l'histoire est éventée : il s'agit d'assister aux derniers jours du Silver Surfer. Suite aux observations de Reed Richards, Norrin Radd apprend que sa peau métallique aux si jolis reflets est en fait un matériau technologique très avancé qui est arrivé en fin de vie, ce qui implique la mort à court terme du héros. le premier épisode se concentre sur les modalités de cette découverte et sur le soutien apporté par Reed et Sue. Dans le deuxième épisode, Silver Surfer cherche comment améliorer le sort de l'humanité et il croise une dernière fois le chemin de Spider-Man.
Dans le troisième épisode, Silver Surfer est confronté à une guerre spatiale entre 2 races d'un même système solaire. Il n'a d'autre choix que de s'immiscer dans le conflit et de prendre parti pour la paix. Dans le quatrième épisode, il est de retour sur sa planète natale pour y vivre ses dernières heures et mourir peut être en paix.
Quand j'ai découvert l'existence de cette histoire, les noms des 2 créateurs m'ont attiré. J'avais déjà lu Namor - Voyage au fond des mers, illustré par le même Esad Ribic que j'avais trouvé graphiquement intéressant. Les 4 épisodes contenus ici (initialement parus en 2007) sont antérieurs à l'histoire de Namor et j'ai eu l'impression que les illustrations sont un cran en dessous de celle de Namor. Les silhouettes des personnages présentent quelques particularités disharmonieuses (la morphologie de Ben Grimm, par exemple). La palette de couleur n'est pas aussi maîtrisée. Ribic avait déjà opté pour des teintes délavées, mais les compositions de couleurs sont moins convaincantes, moins complémentaires que celles de Voyage au fond des mers. Il reste l'aspect du Silver Surfer qui est magnifique, ainsi que sa rencontre avec Spider-Man dont la mise en scène est remarquable.
Cette histoire s'intègre dans la série de récits La fin, tels que X-Men la fin ou Fantastic Four - La fin, ou encore Marvel univers - La fin, Hulk - La fin. En scénariste aguerri, Straczynski sait aller piocher dans le mythe du Surfer pour retenir les éléments les plus significatifs. Il rend au Surfer une âme noble et désintéressé. Sous sa plume, Norrin Radd retrouve son statut d'ange, bienfaiteur de l'humanité, désintéressé et bienveillant. À plusieurs reprises, Straczynski insiste sur le fait qu'aucun être ne laisse derrière lui une somme de bonnes actions aussi imposante que Norrin Radd.
Pour être honnête, il y a des moments où cette thématique fonctionne et où le lecteur redevient un petit garçon émerveillé devant les miracles accompli par ce héros. La rencontre entre Silver Surfer et Mary Jane est chargée d'une émotion touchante. le revirement d'état d'esprit de Peter Parker confronté à la mort prochaine de cet être extraordinaire convainc complètement le lecteur.
Et à d'autres moments, l'artificialité de la perfection morale de Norrin Radd (pour être clair : sa sainteté) saute aux yeux, annihilant complètement l'effet de la séquence. Ainsi le combat opposant les 2 races du même système est d'une naïveté telle qu'il n'est pas possible de s'immerger dans le récit. Et les illustrations du vide spatial par Esad Ribic sont remplies d'effets spéciaux peu réalistes et très déconcertants.
Cette histoire de fin de vie de Norrin Radd se laisse lire. Mais la posture angélique du héros finit par lasser et les illustrations partent dans des directions un peu trop disparates.
Intéressant de découvrir le métier d'auteur avec une mise en abîme comme cela, surtout lorsqu'il est intégré dans le cadre authentique de la bande dessinée franco-belge, avec la présence d'auteurs réels, le festival Quai des Bulles etc.
Cependant, ma lecture a été quelque peu décevante, car l'histoire s'avère assez ennuyeuse. Oui OK le spleen du dessinateur de BD auquel le succès arrive enfin mais pas sur la bonne œuvre... mais c'est un peu léger quand même...
Par contre j'ai beaucoup aimé le dessin, je ne connaissais pas ce dessinateur mals belle surprise.
En résumé, sentiment mitigé alors que j'aimais le principe.
J'étais resté sur une excellente lecture de Giménez avec Les Temps Mauvais. Malheureusement je n'ai pas du tout accroché avec cette série.
J'ai trouvé les gags de deux pages d'un convenu très daté et d'une autre époque. Chaque histoire reprend des caricatures clichées usées jusqu'à la corde.
Le symbole nazi représenté presque à tous les gags tient souvent lieu d'argumentaire rapide et superficiel. Cela peut passer dans un journal ou un hebdo mais l'effet album rend les représentations redondantes et prévisibles à la longue.
Le schéma reste le même tout au long de la lecture, ce qui a provoqué chez moi une lassitude certaine et amoindrit la force du message.
Toutefois j'aime toujours le graphisme de cet auteur. Ses caricatures sont plaisantes à regarder et l'auteur y met une expressivité et un humour de haut niveau.
Comme je privilégie le plus souvent le fond sur la forme j'ai été déçu par ma lecture. 2.5
Un bon comics d'Hellblazer, mais moyen pour un Vertigo Crime
-
Ce tome fait partie des 2 premières sorties de la branche éditoriale de DC Comics baptisée Vertigo Crime (2009, en même temps que Filthy Rich / Sale fric).
John Constantine (le héros de la série Hellblazer) rentre chez lui pour trouver un producteur d'émissions de téléréalité qui souhaite l'engager. Cet homme est le producteur de l'émission la plus juteuse du moment : de jeunes adultes enfermés dans une grande demeure qui est réputée être le théâtre de manifestations surnaturelles. En fait la production de l'émission a prévu de mettre en œuvre des spectres et autres ectoplasmes générés par informatique pour flanquer les chocottes aux candidats. Mais de véritables phénomènes surnaturels se sont produits. Aussi John Constantine est embauché en tant que consultant, expert en surnaturel. Rapidement il apparaît que Constantine doit être intégré aux occupants pour pouvoir tirer cette affaire au clair.
J'ai toujours un moment de recul quand je constate que les éditeurs ont été chercher un écrivain reconnu pour écrire une bande dessinée. L'expérience a plus d'une fois montré que livre et bande dessinée sont des modes de communication différents qui reposent sur des mécanismes différents. Embaucher Ian Rankin comme scénariste relève plus du fantasme de rendre la bande dessinée légitime comme divertissement adulte que de l'assurance d'aboutir à un bon produit. Et pour Vertigo, c'est effectivement une réussite marketing majeure que de pouvoir mettre, dans les rayonnages livres, un comics format livre relié écrit par un écrivain de polars à succès.
À la lecture de Dark entries, il s'avère que mes craintes n'étaient pas justifiées. Le créateur de l'inspecteur Rebus (L'Etrangleur d'Edimbourg par exemple) s'en sort plutôt pas mal. Il prend bien soin de laisser les illustrations parler d'elles mêmes et il essaye d'éviter les scènes de dialogue interminables. L'histoire se divise en 2 parties. Pendant la première Constantine cherche ce qui se cache derrière ces apparitions de l'au-delà ; pendant la deuxième, il cherche comment échapper à ce piège. Rankin suit le schéma d'une histoire classique d'Hellblazer : Constantine se fait piéger par une entité démoniaque qui joue sur sa culpabilité, puis il retourne la situation avec un prix à payer assez élevé.
Les illustrations sont assurées par Werther Dell'Edera qui avait déjà travaillé avec Brian Azzarello dans Loveles et qui illustrera plus tard Something is killing the children (scénario de James Tynion IV). Il a un vrai défi à relever : cette histoire est en noir et blanc et dans un format qui est la moitié de celui d'un comics traditionnel. Chaque page comprend un nombre réduit de cases (4 en moyenne). Pour autant Dell'Edera réussit à planter les décors de manière satisfaisante et à créer des enchaînements de cases qui relèvent bien d'un art séquentiel. Son style est plutôt brut de décoffrage : il ne s'embarrasse pas ni de détails, ni d'exactitude photographique. Il faut un peu de temps pour s'habituer à cette esthétique un peu grossière, très éloignée des rondeurs enfantines. Par contre il n'arrive pas à trouver de solution graphique pour faire passer des dialogues parfois un peu longs (donc attention aux pages composées uniquement de têtes de personnages avec phylactère).
Cette histoire est agréable à lire et elle ne dépare pas dans la série Hellblazer. Je m'interroge plus sur la raison qui a poussé les éditeurs à l'inclure dans la collection Vertigo Crime (à part des raisons marketing évidentes). Il n'y a pas de crime à proprement parler et ce récit relève plus de l'horreur et du fantastique que du roman policier.
J'ai lu cette série de 120 pages en une vingtaine de minutes. C'est dire si la narration textuelle est limitée aux dialogues les plus basiques et rudimentaires.
Ces dialogues soutiennent (?) un scénario que j'ai trouvé infantile, difficilement crédible et souvent incohérent. Notre "héros" va avoir la chance de voir les difficultés s'évanouir devant lui de façon quasi miraculeuse par la grâce de scénaristes très généreux.
Après une baignade digne d'un champion olympique, il va en quelques jours profiter d'une conjonction de situations comme on n’en voit jamais. Ainsi un sosie richard sans aucune attache se fait tabasser à mort au lieu de payer ses dettes, lui confie sa CB avec code, ses papiers etc. etc.
J'ai trouvé cet enchaînement digne d'une série jeunesse avec baguette magique et gentille fée. Mais comme la fée se déshabille assez souvent pour combler les vides du scénario on reste dans la catégorie ado/adulte.
La narration est donc essentiellement graphique comme un livre d'images où j'ai tourné les pages assez rapidement. Le dessin est d'ailleurs agréable et j'ai bien aimé la mise en couleur.
Le final un peu guimauve convient parfaitement à ce récit cousu de fil blanc.
Pour finir j'ai du mal avec cette appropriation du nom de Geronimo pour un personnage aussi médiocre. Je ne vois pas du tout en lui un modèle de résistance mais plutôt de profiteur.
Une lecture sans grand intérêt pour moi.
Scénario bateau, et dessins sympathiques
-
Il s'agit d'une histoire complète parue initialement en 1997, sous la forme de 2 épisodes d'une quarantaine de pages chacun. le scénario est de Ron Marz, les dessins et l'encrage de Bernie Wrightson, et les couleurs de Matt Hollingsworth.
Batman est en train de descendre en parachute en pleine jungle à la frontière du Mexique et du Guatemala, juste à coté d'une pyramide maya. Dans sa tête il précise qu'il est sur le point d'affronter une horreur qui dépasse en intensité ce qu'il a ressenti lors de la mort de ses parents. Alors qu'il s'est débarrassé de son parachute et qu'il patauge dans l'eau jusqu'à mi-cuisse, il se retrouve face Hyatt, une femme en tenue de commando militaire, et un crocodile pas content. Une fois cette escarmouche passée, il fait connaissance avec le reste du commando : Page, Gantry, van Derpool et le capitaine Seeley (responsable de l'expédition). Il apparaît que ce commando de l'armée américaine effectue une mission clandestine pour inspecter un vaisseau spatial écrasé à coté de la pyramide. La mission de Batman est révélée plus tardivement. Bon gré, mal gré, ils vont devoir travailler ensemble pour explorer le vaisseau et découvrir ce qui a causé la mort douloureuse de l'équipage.
Pour les lecteurs les plus curieux, il existe une sorte de prologue officieux à cette histoire de 10 pages, également réalisé par Marz et Wrightson, réédité dans Aliens omnibus 5 (en anglais). Il raconte la fin de l'infestation du vaisseau et son crash sur Terre.
Après Enfer blanc (1988), c'est une nouvelle occasion pour Wrightson de revenir au personnage de Batman. La première impression est qu'i a disposé du temps nécessaire pour plus peaufiner ses dessins. En particulier son encrage est moins grossier, plus dans les détails, avec de très belles textures telles que les écailles des crocodiles, ou le feuillage de la végétation. La deuxième impression est que Wrightson a conservé la même apparence hiératique pour Batman : grande stature, oreilles de la cagoule très longue, grande cape, musculeux en particulier au niveau des biceps et des cuisses. Il en impose par sa simple présence. Grand spécialiste des monstres, Wrightson s'approprie la conception graphique des aliens avec un savoir faire consommé. La découverte de la créature qui s'agrippe au visage (facehugger) provoque un instant de dégoût avec ses pattes insectoïdes, et les apparitions des aliens sont très bien maîtrisées. Wrightson reproduit avec application les détails de leur anatomie, en les dosant en fonction de la situation (zones d'ombre plus ou moins étendues, détail de chaque module articulé de la queue, etc.). Il choisit des cadrages qui rendent compte du fait que dans un premier temps, Batman et les commandos n'ont pas la possibilité de distinguer toute la créature, ce qui renforce son mystère et sa force de terreur. Il n'y a que lors de leur dernière apparition que Wrightson donne une démarche étrange aux aliens qui évoquent alors trop fortement des tyrannosaures.
Au fil des planches, Wrightson s'économise sur les décors (scènes de discussion entre les personnages dépourvues de tout arrière plan) mais lorsqu'ils sont présents, ils sont de qualité, que ce soit les murs de la pyramide, ou la végétation de la jungle. Il offre en particulier au lecteur une magnifique double page avec des chutes souterraines. Pour cette histoire, il bénéficie d'un metteur en couleurs moins criard que sur Enfer blanc, plus nuancé, mais avec une prédilection un peu envahissante pour le marron, l'acajou, l'auburn, le brou de noix, et autres rouge Bismarck. Wrightson s'en sort un peu moins bien quand il essaye de faire croire qu'un être humain peut résister lors d'un combat à main nue contre un alien. Au vu de la puissance et de la dangerosité de ces bestioles, le lecteur éprouve la sensation que tout individu enserré dans cette queue tranchante n'a aucun espoir de se sortir de cette prise. Et pourtant affrontement après affrontement, l'étreinte des aliens semble particulièrement inefficace. L'autre aspect visuel qui ne convainc pas est la présence de Batman dans cet environnement issu des pulps. Par contraste avec les commandos et les vieilles pierres, Batman apparaît comme une pièce rapportée, pas du tout à sa place dans la jungle.
Il faut dire que Wrightson ne fait que suivre le scénario qui insiste lourdement sur l'inadéquation du personnage dans un tel environnement. le lecteur finit par avoir l'impression que Marz fait exprès d'insister sur l'inadaptation de Batman à une telle situation, en le faisant apparaître en plein jour à coté d'éléments réalistes, en rabâchant le fait qu'il ne tue pas face à des créatures que seule l'extermination brutale peut arrêter, en refusant d'employer une arme à feu (pour plutôt se servir de son lance-grappin face à un alien, crédibilité zéro). Pour le reste, Marz plonge Batman dans une aventure à grand spectacle, sur une trame très classique pour les aliens (découverte de cadavres, course-poursuite avec les aliens, extermination des uns et des autres), au milieu d'un temple maya propice aux recoins.
Ron Marz a concocté une histoire basique de chasse à l'alien, en plongeant Batman dans un environnement qui met en évidence à chaque scène que ce personnage n'a rien à faire dans une histoire de ce type. 2 étoiles pour le scénario. Bernie Wrightson effectue un bon travail d'illustration qui se révèle à la hauteur de l'horreur des aliens, sans retrouver son niveau d'excellence passé. 4 étoiles pour les dessins. Pour ceux qui veulent plus de crossovers improbables de ce type, il existe une deuxième rencontre entre Batman et les aliens : Batman Aliens, tome 2 d'Ian Edginton (scénario), Staz Johnson (dessins) et James Hodgkins (encrage) en 2003. Superman a dû lui aussi affronter les xénomorphes : Superman Aliens de Dan Jurgens et Kevin Nowlan. Et si vous n'avez pas peur de l'overdose : Superman & Batman versus Aliens & Predator de Mark Schultz et Ariel Olivetti.
Une galerie de personnages d'origines diverses, un peu paumés et à la vie médiocre, s'incrivent à un cours de théâtre. Leur professeur va leur présenter sa méthode plutôt originale, basée sur l'improvisation et la mise en scène des apprentis-acteurs dans des saynettes qu'ils ont pour charge de s'imaginer eux-mêmes, jouant des rôles qui vont peu à peu se confondre avec la réalité. A tel point qu'au fil des cours, la majorité d'entre eux va perdre pied et ne plus savoir distinguer leur monde imaginaire d'une réalité qui devient de moins en moins discernable.
Acting class est un gros bouquin. Pas tant par sa taille au format moyen et presque carré, ni par son nombre de pages, quand même presque 300, mais parce qu'il est long à lire... peut-être en grande partie parce qu'il est ennuyeux.
Le graphisme de Nick Drnaso n'est pas attirant du tout. Sa ligne est claire mais son trait est moche, à l'instar de ses personnages inexpressifs aux faciès tous identiques. On dirait le même personnage reproduit en multiples exemplaires, avec une perruque différente sur la tête pour vaguement les différencier, même si ça ne marche pas toujours bien. Même distinguer un homme d'une femme est parfois impossible, et ce n'est qu'aux dialogues qu'on constate, pas toujours tout de suite, si il ou elle parle au féminin ou pas.
Le récit insiste sur la psychologie de ses personnages, exposant leurs vies exiguës, leurs petits traumatismes, leurs malaises et leur besoin de changement, de soutien ou d'affection. Mais la narration le fait à un rythme lent qui plonge le lecteur dans cette médiocrité durant de longues pages soporifiques, dévoilant des pans de vie sans intérêt hormis peut-être pour un sociologue ou un psychologue curieux de voir ce que l'auteur a en tête.
Quant à toute l'histoire autour de ces cours d'acting et ses improvisations imaginaires, le lecteur est rapidement perdu entre ce qui est du rôle ou des situations réelles. L'auteur joue sur cela pour montrer que ses personnages eux aussi finissent par s'y perdre, s'inventant un nouveau monde qu'ils vont finalement partager dans une sorte d'hypnose commune, avec le doute sur une éventuelle part de fantastique ou une sorte de mouvement sectaire.
Mais pour le lecteur que je suis, c'était rapidement trop pénible et c'est laborieusement que je suis allé jusqu'au bout de cet album et sa conclusion peu compréhensible, ayant du mal à me retenir de m'endormir ou de sauter de nombreuses pages par moment.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Testosterror
L'idée est drôle mais ca tire en longueur. Je suis pourtant assez bon public quand il s'agit de Luz mais j'ai trouvé qu'il aurait pu gagner ici en faisant plus court. C'est débile à souhait, heureux de retrouver Luz en forme mais pas son chef d'oeuvre non plus. Je conseillerais plus les Indélébiles à ceux qui ne l'ont pas lu.
Highland Games
Le scénario est quand même assez léger, les blagues un peu moins mais le thème est sympa. Certaines séquences sont quand même assez plates. Le dessin ne sauve pas vraiment l'ensemble. Ça se laisse lire au final, mais je ne sais pas si j'en garderai un grand souvenir. Pas une BD que je garderai en bibliothèque.
La Force de l'ordre
Cet album met à portée de tous un travail d'enquête ethnographique dense avec un médium plus populaire (bien joué le concept d'album ethno-graphique) Sur le fond c'est intéressant même si je m'interroge sur la vraie dimension scientifique du travail. Si je suis d'accord avec l'auteur, ca ne m'empêche pas de trouver que cela peut manquer d'objectivité et de rigueur. Un exemple page 94, constater que le durcissement des pratiques répressives est concomitant du creusement des disparités économiques n'implique pas scientifiquement que le renforcement de l'action policière a été préféré aux mesures de justice sociale. Comparaison n'est pas raison. Avec ce type de raisonnement on pourrait aussi déduire que c'est lié à la reproduction d'un scarabée en Amerique du Sud. Je suis toujours surpris par ce manque de rigueur chez les universitaires... Je ne suis pas un grand fan du style de dessin utilisé par Jake Raynal qui manque je trouve de précision. Ca me va dans un Fabcaro mais moins ici, compliqué de reconnaître certains protagonistes publics. La colorisation par contre, très sombre et contrastée fonctionne bien avec le sujet. Je le conserverai dans ma bibliothèque comme le témoignage d'une époque qu'il sera intéressant de relire d'ici quelques dizaines d'années.
Silver Surfer - Requiem
Les derniers jours du Silver Surfer - Un requiem est une messe célébrée pour prier pour les âmes des défunts et qui a lieu juste avant l'enterrement ou lors de cérémonies du souvenir. Avec un titre pareil, la fin de l'histoire est éventée : il s'agit d'assister aux derniers jours du Silver Surfer. Suite aux observations de Reed Richards, Norrin Radd apprend que sa peau métallique aux si jolis reflets est en fait un matériau technologique très avancé qui est arrivé en fin de vie, ce qui implique la mort à court terme du héros. le premier épisode se concentre sur les modalités de cette découverte et sur le soutien apporté par Reed et Sue. Dans le deuxième épisode, Silver Surfer cherche comment améliorer le sort de l'humanité et il croise une dernière fois le chemin de Spider-Man. Dans le troisième épisode, Silver Surfer est confronté à une guerre spatiale entre 2 races d'un même système solaire. Il n'a d'autre choix que de s'immiscer dans le conflit et de prendre parti pour la paix. Dans le quatrième épisode, il est de retour sur sa planète natale pour y vivre ses dernières heures et mourir peut être en paix. Quand j'ai découvert l'existence de cette histoire, les noms des 2 créateurs m'ont attiré. J'avais déjà lu Namor - Voyage au fond des mers, illustré par le même Esad Ribic que j'avais trouvé graphiquement intéressant. Les 4 épisodes contenus ici (initialement parus en 2007) sont antérieurs à l'histoire de Namor et j'ai eu l'impression que les illustrations sont un cran en dessous de celle de Namor. Les silhouettes des personnages présentent quelques particularités disharmonieuses (la morphologie de Ben Grimm, par exemple). La palette de couleur n'est pas aussi maîtrisée. Ribic avait déjà opté pour des teintes délavées, mais les compositions de couleurs sont moins convaincantes, moins complémentaires que celles de Voyage au fond des mers. Il reste l'aspect du Silver Surfer qui est magnifique, ainsi que sa rencontre avec Spider-Man dont la mise en scène est remarquable. Cette histoire s'intègre dans la série de récits La fin, tels que X-Men la fin ou Fantastic Four - La fin, ou encore Marvel univers - La fin, Hulk - La fin. En scénariste aguerri, Straczynski sait aller piocher dans le mythe du Surfer pour retenir les éléments les plus significatifs. Il rend au Surfer une âme noble et désintéressé. Sous sa plume, Norrin Radd retrouve son statut d'ange, bienfaiteur de l'humanité, désintéressé et bienveillant. À plusieurs reprises, Straczynski insiste sur le fait qu'aucun être ne laisse derrière lui une somme de bonnes actions aussi imposante que Norrin Radd. Pour être honnête, il y a des moments où cette thématique fonctionne et où le lecteur redevient un petit garçon émerveillé devant les miracles accompli par ce héros. La rencontre entre Silver Surfer et Mary Jane est chargée d'une émotion touchante. le revirement d'état d'esprit de Peter Parker confronté à la mort prochaine de cet être extraordinaire convainc complètement le lecteur. Et à d'autres moments, l'artificialité de la perfection morale de Norrin Radd (pour être clair : sa sainteté) saute aux yeux, annihilant complètement l'effet de la séquence. Ainsi le combat opposant les 2 races du même système est d'une naïveté telle qu'il n'est pas possible de s'immerger dans le récit. Et les illustrations du vide spatial par Esad Ribic sont remplies d'effets spéciaux peu réalistes et très déconcertants. Cette histoire de fin de vie de Norrin Radd se laisse lire. Mais la posture angélique du héros finit par lasser et les illustrations partent dans des directions un peu trop disparates.
Cases blanches
Intéressant de découvrir le métier d'auteur avec une mise en abîme comme cela, surtout lorsqu'il est intégré dans le cadre authentique de la bande dessinée franco-belge, avec la présence d'auteurs réels, le festival Quai des Bulles etc. Cependant, ma lecture a été quelque peu décevante, car l'histoire s'avère assez ennuyeuse. Oui OK le spleen du dessinateur de BD auquel le succès arrive enfin mais pas sur la bonne œuvre... mais c'est un peu léger quand même... Par contre j'ai beaucoup aimé le dessin, je ne connaissais pas ce dessinateur mals belle surprise. En résumé, sentiment mitigé alors que j'aimais le principe.
Coco, Facho and Co.
J'étais resté sur une excellente lecture de Giménez avec Les Temps Mauvais. Malheureusement je n'ai pas du tout accroché avec cette série. J'ai trouvé les gags de deux pages d'un convenu très daté et d'une autre époque. Chaque histoire reprend des caricatures clichées usées jusqu'à la corde. Le symbole nazi représenté presque à tous les gags tient souvent lieu d'argumentaire rapide et superficiel. Cela peut passer dans un journal ou un hebdo mais l'effet album rend les représentations redondantes et prévisibles à la longue. Le schéma reste le même tout au long de la lecture, ce qui a provoqué chez moi une lassitude certaine et amoindrit la force du message. Toutefois j'aime toujours le graphisme de cet auteur. Ses caricatures sont plaisantes à regarder et l'auteur y met une expressivité et un humour de haut niveau. Comme je privilégie le plus souvent le fond sur la forme j'ai été déçu par ma lecture. 2.5
John Constantine Hellblazer - Dark entries
Un bon comics d'Hellblazer, mais moyen pour un Vertigo Crime - Ce tome fait partie des 2 premières sorties de la branche éditoriale de DC Comics baptisée Vertigo Crime (2009, en même temps que Filthy Rich / Sale fric). John Constantine (le héros de la série Hellblazer) rentre chez lui pour trouver un producteur d'émissions de téléréalité qui souhaite l'engager. Cet homme est le producteur de l'émission la plus juteuse du moment : de jeunes adultes enfermés dans une grande demeure qui est réputée être le théâtre de manifestations surnaturelles. En fait la production de l'émission a prévu de mettre en œuvre des spectres et autres ectoplasmes générés par informatique pour flanquer les chocottes aux candidats. Mais de véritables phénomènes surnaturels se sont produits. Aussi John Constantine est embauché en tant que consultant, expert en surnaturel. Rapidement il apparaît que Constantine doit être intégré aux occupants pour pouvoir tirer cette affaire au clair. J'ai toujours un moment de recul quand je constate que les éditeurs ont été chercher un écrivain reconnu pour écrire une bande dessinée. L'expérience a plus d'une fois montré que livre et bande dessinée sont des modes de communication différents qui reposent sur des mécanismes différents. Embaucher Ian Rankin comme scénariste relève plus du fantasme de rendre la bande dessinée légitime comme divertissement adulte que de l'assurance d'aboutir à un bon produit. Et pour Vertigo, c'est effectivement une réussite marketing majeure que de pouvoir mettre, dans les rayonnages livres, un comics format livre relié écrit par un écrivain de polars à succès. À la lecture de Dark entries, il s'avère que mes craintes n'étaient pas justifiées. Le créateur de l'inspecteur Rebus (L'Etrangleur d'Edimbourg par exemple) s'en sort plutôt pas mal. Il prend bien soin de laisser les illustrations parler d'elles mêmes et il essaye d'éviter les scènes de dialogue interminables. L'histoire se divise en 2 parties. Pendant la première Constantine cherche ce qui se cache derrière ces apparitions de l'au-delà ; pendant la deuxième, il cherche comment échapper à ce piège. Rankin suit le schéma d'une histoire classique d'Hellblazer : Constantine se fait piéger par une entité démoniaque qui joue sur sa culpabilité, puis il retourne la situation avec un prix à payer assez élevé. Les illustrations sont assurées par Werther Dell'Edera qui avait déjà travaillé avec Brian Azzarello dans Loveles et qui illustrera plus tard Something is killing the children (scénario de James Tynion IV). Il a un vrai défi à relever : cette histoire est en noir et blanc et dans un format qui est la moitié de celui d'un comics traditionnel. Chaque page comprend un nombre réduit de cases (4 en moyenne). Pour autant Dell'Edera réussit à planter les décors de manière satisfaisante et à créer des enchaînements de cases qui relèvent bien d'un art séquentiel. Son style est plutôt brut de décoffrage : il ne s'embarrasse pas ni de détails, ni d'exactitude photographique. Il faut un peu de temps pour s'habituer à cette esthétique un peu grossière, très éloignée des rondeurs enfantines. Par contre il n'arrive pas à trouver de solution graphique pour faire passer des dialogues parfois un peu longs (donc attention aux pages composées uniquement de têtes de personnages avec phylactère). Cette histoire est agréable à lire et elle ne dépare pas dans la série Hellblazer. Je m'interroge plus sur la raison qui a poussé les éditeurs à l'inclure dans la collection Vertigo Crime (à part des raisons marketing évidentes). Il n'y a pas de crime à proprement parler et ce récit relève plus de l'horreur et du fantastique que du roman policier.
Il s'appelait Geronimo
J'ai lu cette série de 120 pages en une vingtaine de minutes. C'est dire si la narration textuelle est limitée aux dialogues les plus basiques et rudimentaires. Ces dialogues soutiennent (?) un scénario que j'ai trouvé infantile, difficilement crédible et souvent incohérent. Notre "héros" va avoir la chance de voir les difficultés s'évanouir devant lui de façon quasi miraculeuse par la grâce de scénaristes très généreux. Après une baignade digne d'un champion olympique, il va en quelques jours profiter d'une conjonction de situations comme on n’en voit jamais. Ainsi un sosie richard sans aucune attache se fait tabasser à mort au lieu de payer ses dettes, lui confie sa CB avec code, ses papiers etc. etc. J'ai trouvé cet enchaînement digne d'une série jeunesse avec baguette magique et gentille fée. Mais comme la fée se déshabille assez souvent pour combler les vides du scénario on reste dans la catégorie ado/adulte. La narration est donc essentiellement graphique comme un livre d'images où j'ai tourné les pages assez rapidement. Le dessin est d'ailleurs agréable et j'ai bien aimé la mise en couleur. Le final un peu guimauve convient parfaitement à ce récit cousu de fil blanc. Pour finir j'ai du mal avec cette appropriation du nom de Geronimo pour un personnage aussi médiocre. Je ne vois pas du tout en lui un modèle de résistance mais plutôt de profiteur. Une lecture sans grand intérêt pour moi.
Batman / Aliens
Scénario bateau, et dessins sympathiques - Il s'agit d'une histoire complète parue initialement en 1997, sous la forme de 2 épisodes d'une quarantaine de pages chacun. le scénario est de Ron Marz, les dessins et l'encrage de Bernie Wrightson, et les couleurs de Matt Hollingsworth. Batman est en train de descendre en parachute en pleine jungle à la frontière du Mexique et du Guatemala, juste à coté d'une pyramide maya. Dans sa tête il précise qu'il est sur le point d'affronter une horreur qui dépasse en intensité ce qu'il a ressenti lors de la mort de ses parents. Alors qu'il s'est débarrassé de son parachute et qu'il patauge dans l'eau jusqu'à mi-cuisse, il se retrouve face Hyatt, une femme en tenue de commando militaire, et un crocodile pas content. Une fois cette escarmouche passée, il fait connaissance avec le reste du commando : Page, Gantry, van Derpool et le capitaine Seeley (responsable de l'expédition). Il apparaît que ce commando de l'armée américaine effectue une mission clandestine pour inspecter un vaisseau spatial écrasé à coté de la pyramide. La mission de Batman est révélée plus tardivement. Bon gré, mal gré, ils vont devoir travailler ensemble pour explorer le vaisseau et découvrir ce qui a causé la mort douloureuse de l'équipage. Pour les lecteurs les plus curieux, il existe une sorte de prologue officieux à cette histoire de 10 pages, également réalisé par Marz et Wrightson, réédité dans Aliens omnibus 5 (en anglais). Il raconte la fin de l'infestation du vaisseau et son crash sur Terre. Après Enfer blanc (1988), c'est une nouvelle occasion pour Wrightson de revenir au personnage de Batman. La première impression est qu'i a disposé du temps nécessaire pour plus peaufiner ses dessins. En particulier son encrage est moins grossier, plus dans les détails, avec de très belles textures telles que les écailles des crocodiles, ou le feuillage de la végétation. La deuxième impression est que Wrightson a conservé la même apparence hiératique pour Batman : grande stature, oreilles de la cagoule très longue, grande cape, musculeux en particulier au niveau des biceps et des cuisses. Il en impose par sa simple présence. Grand spécialiste des monstres, Wrightson s'approprie la conception graphique des aliens avec un savoir faire consommé. La découverte de la créature qui s'agrippe au visage (facehugger) provoque un instant de dégoût avec ses pattes insectoïdes, et les apparitions des aliens sont très bien maîtrisées. Wrightson reproduit avec application les détails de leur anatomie, en les dosant en fonction de la situation (zones d'ombre plus ou moins étendues, détail de chaque module articulé de la queue, etc.). Il choisit des cadrages qui rendent compte du fait que dans un premier temps, Batman et les commandos n'ont pas la possibilité de distinguer toute la créature, ce qui renforce son mystère et sa force de terreur. Il n'y a que lors de leur dernière apparition que Wrightson donne une démarche étrange aux aliens qui évoquent alors trop fortement des tyrannosaures. Au fil des planches, Wrightson s'économise sur les décors (scènes de discussion entre les personnages dépourvues de tout arrière plan) mais lorsqu'ils sont présents, ils sont de qualité, que ce soit les murs de la pyramide, ou la végétation de la jungle. Il offre en particulier au lecteur une magnifique double page avec des chutes souterraines. Pour cette histoire, il bénéficie d'un metteur en couleurs moins criard que sur Enfer blanc, plus nuancé, mais avec une prédilection un peu envahissante pour le marron, l'acajou, l'auburn, le brou de noix, et autres rouge Bismarck. Wrightson s'en sort un peu moins bien quand il essaye de faire croire qu'un être humain peut résister lors d'un combat à main nue contre un alien. Au vu de la puissance et de la dangerosité de ces bestioles, le lecteur éprouve la sensation que tout individu enserré dans cette queue tranchante n'a aucun espoir de se sortir de cette prise. Et pourtant affrontement après affrontement, l'étreinte des aliens semble particulièrement inefficace. L'autre aspect visuel qui ne convainc pas est la présence de Batman dans cet environnement issu des pulps. Par contraste avec les commandos et les vieilles pierres, Batman apparaît comme une pièce rapportée, pas du tout à sa place dans la jungle. Il faut dire que Wrightson ne fait que suivre le scénario qui insiste lourdement sur l'inadéquation du personnage dans un tel environnement. le lecteur finit par avoir l'impression que Marz fait exprès d'insister sur l'inadaptation de Batman à une telle situation, en le faisant apparaître en plein jour à coté d'éléments réalistes, en rabâchant le fait qu'il ne tue pas face à des créatures que seule l'extermination brutale peut arrêter, en refusant d'employer une arme à feu (pour plutôt se servir de son lance-grappin face à un alien, crédibilité zéro). Pour le reste, Marz plonge Batman dans une aventure à grand spectacle, sur une trame très classique pour les aliens (découverte de cadavres, course-poursuite avec les aliens, extermination des uns et des autres), au milieu d'un temple maya propice aux recoins. Ron Marz a concocté une histoire basique de chasse à l'alien, en plongeant Batman dans un environnement qui met en évidence à chaque scène que ce personnage n'a rien à faire dans une histoire de ce type. 2 étoiles pour le scénario. Bernie Wrightson effectue un bon travail d'illustration qui se révèle à la hauteur de l'horreur des aliens, sans retrouver son niveau d'excellence passé. 4 étoiles pour les dessins. Pour ceux qui veulent plus de crossovers improbables de ce type, il existe une deuxième rencontre entre Batman et les aliens : Batman Aliens, tome 2 d'Ian Edginton (scénario), Staz Johnson (dessins) et James Hodgkins (encrage) en 2003. Superman a dû lui aussi affronter les xénomorphes : Superman Aliens de Dan Jurgens et Kevin Nowlan. Et si vous n'avez pas peur de l'overdose : Superman & Batman versus Aliens & Predator de Mark Schultz et Ariel Olivetti.
Acting class
Une galerie de personnages d'origines diverses, un peu paumés et à la vie médiocre, s'incrivent à un cours de théâtre. Leur professeur va leur présenter sa méthode plutôt originale, basée sur l'improvisation et la mise en scène des apprentis-acteurs dans des saynettes qu'ils ont pour charge de s'imaginer eux-mêmes, jouant des rôles qui vont peu à peu se confondre avec la réalité. A tel point qu'au fil des cours, la majorité d'entre eux va perdre pied et ne plus savoir distinguer leur monde imaginaire d'une réalité qui devient de moins en moins discernable. Acting class est un gros bouquin. Pas tant par sa taille au format moyen et presque carré, ni par son nombre de pages, quand même presque 300, mais parce qu'il est long à lire... peut-être en grande partie parce qu'il est ennuyeux. Le graphisme de Nick Drnaso n'est pas attirant du tout. Sa ligne est claire mais son trait est moche, à l'instar de ses personnages inexpressifs aux faciès tous identiques. On dirait le même personnage reproduit en multiples exemplaires, avec une perruque différente sur la tête pour vaguement les différencier, même si ça ne marche pas toujours bien. Même distinguer un homme d'une femme est parfois impossible, et ce n'est qu'aux dialogues qu'on constate, pas toujours tout de suite, si il ou elle parle au féminin ou pas. Le récit insiste sur la psychologie de ses personnages, exposant leurs vies exiguës, leurs petits traumatismes, leurs malaises et leur besoin de changement, de soutien ou d'affection. Mais la narration le fait à un rythme lent qui plonge le lecteur dans cette médiocrité durant de longues pages soporifiques, dévoilant des pans de vie sans intérêt hormis peut-être pour un sociologue ou un psychologue curieux de voir ce que l'auteur a en tête. Quant à toute l'histoire autour de ces cours d'acting et ses improvisations imaginaires, le lecteur est rapidement perdu entre ce qui est du rôle ou des situations réelles. L'auteur joue sur cela pour montrer que ses personnages eux aussi finissent par s'y perdre, s'inventant un nouveau monde qu'ils vont finalement partager dans une sorte d'hypnose commune, avec le doute sur une éventuelle part de fantastique ou une sorte de mouvement sectaire. Mais pour le lecteur que je suis, c'était rapidement trop pénible et c'est laborieusement que je suis allé jusqu'au bout de cet album et sa conclusion peu compréhensible, ayant du mal à me retenir de m'endormir ou de sauter de nombreuses pages par moment.