Là, très clairement, on est en terrain connu. Blue World (suite directe de Blue Hole) nous propose un récit catastrophe dans la grande lignée d’un Jurassic Park. Si vous êtes fan du genre, vous aurez ce que vous attendez. Sinon, vous aurez quand même ce à quoi vous vous attendez. Des personnages bien calibrés (voire ultra-stéréotypés), des dinosaures, des scènes d’actions, des explications pseudo-scientifiques, un personnage féminin dont la tenue s’amenuise au fil des chapitres, des dinosaures, de l’action, des dinosaures qui bouffent des humains, de l’aventure, des dinosaures qui bouffent d’autres dinosaures, une héroïne intrépide, un salaud de militaire, un scientifique courageux, une gamine débrouillarde et intelligente, des dinosaures, un journaliste qu’on se demande ce qu’il fout là et sa copine qu’on comprend ce qu’elle fout là vu que c’est elle qui a les vêtements qui s’atrophient au fil des chapitres, des dinosaures, une nature hostile même quand il n’y a pas de dinosaures en vue, et des dinosaures.
Alors, faut prendre la chose pour ce qu’elle est : de la grosse série B (voire C ou D), un peu dans le genre de ce qu’un Bec propose parfois en BD. C’est facile à lire, très balisé, étonnamment prenant… mais à un moment l’auteur ne peut pas s’empêcher d’en faire trop et ça sombre dans le ridicule et le grand n’importe quoi (le troisième tome est quand même très WTF mais c’est peut-être ce qui le rend si mémorable).
Côté dessin c’est du manga avec des personnages aux morphologies parfois un peu étranges et des dinosaures dessinés avec tellement de soin qu’on se demande si c’est le même auteur qui s’est chargé de tout. Globalement, à l’image du scénario, c’est efficace à défaut d’être pleinement réussi.
Petite précision : il est inutile d’avoir lu Blue Hole pour se plonger dans Blue World (c’est l’avantage de ce genre de récit dont l’intrigue tient sur un timbre poste).
Si le final avait été un peu moins grand-guignolesque (‘tain ! le vol en deltaplane, je vous dis que ça !!!) j’aurais sans doute poussé ma note à 3/5 car, il faut le reconnaitre, j’ai lu les deux premiers tomes avec un véritable entrain. Mais bon… il y a eu le troisième tome… A regret, je vais dire bof, mais c’est paradoxalement un bof enthousiaste, du genre c’est crétin, c’est stéréotypé, c’est bourré de clichés mais c’est facile à lire, c’est addictif,… C’est nul mais plaisant, comme l'image photoshoppée d'une playmate siliconée : il y a trop de tout et pourtant on regarde en bavant.
Voici un album que je voyais dans de nombreux classements mais sur lequel je ne me suis pas précipité parce que pas vraiment fan de SF en BD. Je suis resté sur un goût très mitigé.
D’un côté, le cadre est intéressant, une station spatiale où une giga entreprise règne en maître et où l’humanité, réduite à un cycle de consommation et de travail, est asservie à une technologie omniprésente. On sent l’influence de récits classiques de la SF dans cette dystopie, et les ambiances spatiales de Bablet sont magnifiques. J’ai été vraiment séduit par ces paysages.
Mais alors, le dessin des personnages… c’est la première chose qui m’a fait décrocher. Tous trop similaires, trop rigides. À chaque page, je me suis retrouvé à confondre les protagonistes, incapables de vraiment m’y attacher.
J'ai aussi eu du mal à accrocher au scénario, qui fait un peu vu et revu et qui aligne les clichés les uns après les autres. L’oppression des animoïdes, cette caste de chiens et chats humanoïdes, pas vraiment subtile tout comme la critique du consumérisme. Bablet nous rappelle constamment à quel point cette société est aliénante, avec des slogans et des références directes aux téléphones, aux marques, et à la consommation de masse. Il y a peu de place pour l’interprétation ou la réflexion. Tout est livré de manière frontale, et c’est ce qui rend l’ensemble trop caricatural pour moi. J'ai eu l'impression d'être pris par la main pour comprendre un propos pas vraiment fin ni profond. Ce manque de nuance dans la manière d’aborder un sujet pourtant pertinent finit par étouffer la profondeur recherchée. Le message, aussi pertinent soit-il, aurait mérité d’être traité avec plus de finesse et moins d’insistance
Plutôt frustrant, l'histoire avait du potentiel, avec un univers riche et des décors magnifiques, mais je me suis retrouvé bloqué par des personnages fades et une narration qui s’embourbe dans son manque de finesse.
Étrange et originale cette histoire ! Mais qu’elle est creuse et décevante aussi, hélas.
Un jeune homme drague – maladroitement, lourdement sa copine/femme (je n’ai pas trop saisi), lui demandant régulièrement des bisous – ce qu’il n’obtient pas à chaque fois. Et notre dame se fait draguer dans un bar – par un chien qui parle en plus…
En parallèle, nous suivons une autre histoire d’amour, entre Spandy, le chat du jeune homme et un oiseau ! (Ce dernier étant aimé d’un autre oiseau, mais le piaf préfère le chat).
Un canevas un peu foutraque, mais qui peine à intéresser. L’histoire est creuse et monotone – passée la surprise des animaux qui parlent et qui développent des amours étonnantes.
Quant au dessin, s’il est lisible et dynamique, il est aussi minimaliste (ce qui accentue l’impression de vacuité de l’ensemble), et je n’ai pas trop aimé les visages des deux personnages principaux (le jeune homme a deux dents proéminentes, la jeune femme des oreilles pointues ?).
Originale, bizarre, mais ça m’a laissé froid.
Mouais, je suis un peu du même avis que Blue Boy. Appels en absence est un petit bidule sincère, mais qui manque clairement de gras. On reste un peu à la surface des choses, et l'ensemble est noyé dans une humeur adolescente un peu gnangnante. On peine vraiment à terminer la lecture parce qu'on attend que ça décolle enfin, mais Anne ma sœur Anne, on ne voit jamais rien venir. Il y avait pourtant matière à faire quelque chose de vraiment bien. Là, on en vient même à douter de ce dont l'autrice parle. Est-ce bien l'attentat commis par Anders Breivik dont il est question ici ? Ce n'est jamais dit clairement... Encore une fois, le tout baigne dans une espèce de candeur adolescente un peu chiante quand nos vingt ans sont loin derrière nous. Nora Dasnes saupoudre ça d'un peu d'amourette à l'eau de rose. La sauce ne prend pas vraiment. En plus de ça, le dessin n'est pas extraordinaire, si bien qu'on n'a même pas la possibilité de se raccrocher aux branches. Et j'ajoute que pour couronner le tout, c'est long à lire ! Pas à cause d'un texte conséquent, non, mais bien parce que c'est chiant, on va le dire franco. Un vrai Bof, sans plus !
Ce que je sais avec Pedrosa, c'est que je ne sais pas. Autant je peux beaucoup aimer des albums comme Trois ombres, autant je peux passer complètement à côté comme avec Auto Bio. Les critiques étaient assez bonnes ici, j'ai tenté le coup.
Commençons par les bons côtés, j'ai retrouvé le style de dessin que j'ai aimé dans Trois ombres.
Des couleurs douces, presque cotonneuses, donnent une atmosphère propice à la rêverie. C’est fluide, vivant, parfois juste esquissé, mais toujours expressif. Les cases se succèdent comme des moments capturés sur le vif, et ça fonctionne.
Mais le scénario… là, c’est plus compliqué. Simon, le héros, végète, se pose des questions existentielles et part au Portugal, un peu par hasard, pour renouer avec ses origines. Le problème, c’est que ça manque de rythme. On suit ses errances, ses rencontres, ses réflexions, mais j’ai eu du mal à me sentir concerné. Tout cela reste très personnel, presque introspectif, et, même si je comprends l’idée d’explorer les racines et les questionnements identitaires, je suis resté en dehors.
Le Portugal, finalement, n’est qu’un décor. C’est plus une toile de fond qu’un véritable sujet. Et ça peut frustrer quand on s’attend à un vrai retour aux sources, avec une plongée dans la culture ou l’histoire du pays. Ici, tout est centré sur les émotions de Simon, ses doutes, ses relations familiales, et j’ai eu l’impression que l’histoire tournait un peu en rond.
Il y a des passages réussis, touchants même, mais aussi des longueurs qui m’ont parfois fait décrocher.
Un scénario trop personnel et introspectif qui m'a laissé un peu au bord de la route.
Locust fait référence au criquet, tel dans Kafka les humains se métamorphosent à la suite de l'apparition d'un nouveau virus ravageur. Les auteurs font ouvertement part de leurs inspirations, les films de zombies de Romero, Cronenberg et la mouche entre autres.
Cela reste du post-apo de zombies sans grande subtilité avec des méchants très méchants, menés par Ford l'illuminé fanatique et sa clique, de la baston et du gore à éviter pour ceux qui craignent la vue du sang et des boyaux. Face à cela Max chaperonne la jeune Stella à l'instar de La route de McCarthy et lui fait des pancakes.
Le dessin aux contours épais et sa colorisation n'ont rien d'extraordinaire, l'auteur doit avoir du mal à faire les mains car il leur met souvent que 4 doigts. Ajoutons à cela les aller-retours temporels dans la narration qui ne sont pas toujours limpides, c'est en me forçant que je suis allé au bout des 200 pages.
J'abonde dans le sens de Ro.
Anna et Arlette vivent des péripéties souvent vues dans d'autres oeuvres sur la seconde guerre mondiale.
Il y a un côté pot-pourri qui enlève de la crédibilité au récit : les fêtes sous l'occupation, les bombardements, le trafic de faux-papiers...
En plus, il y a des facilités scénaristiques. En vrac :
- nos héroïnes se retrouvent bien facilement à faire le service pour des officiers allemands.
- le coup du sort improbable en fin de deuxième tome. Sa résolution tout aussi improbable.
Après, Arlette est attachante et il y a des passages qui m'ont plu (l'éviction du bistrot, la rencontre avec le vieux couple juif, ...).
Le dessin aussi souffle le chaud et le froid. Il y a de belles cases et d'autres où les visages sont plus approximatifs, avec beaucoup de silhouettes noyées dans le noir. La lisibilité en pâtit.
Tout se déroule-t-il vraiment en une seule nuit ? Il y a trop d'évènements pour qu'on puisse le croire. Même si nos deux héroïnes sont sans domicile, elles ont plusieurs occasions de loger chez l'habitant. Ne serait-il pas plus aisé pour elles de circuler de jour que de braver le couvre-feu et le froid ?
Au final, ce "Deux passantes dans la nuit" m'a paru plutôt anecdotique.
Je rejoins Mac Arthur dans son analyse. Une BD que j’ai lue il y a quelques temps et sans relire le résumé, j’aurais été bien incapable de me rappeler de quoi ça parlait.
Une note qui peut paraître un peu dure, je ne reproche pas grand chose à la réalisation. Le dessin est un peu dans la veine de celui de Frederic Peeters mais sans le petit plus, du coup il manque un peu de personnalité.
L’histoire n’est pas mauvaise juste qu’elle ne m’a pas passionné. Dans le même genre (récit d’anticipation IA), ça m’a fait penser à Le Syndrome de l’Iceberg qui m’a plus convaincu (sans non plus m’emballer).
Donc voilà c’est pas mauvais mais ça me semble trop anecdotique dans l’idée explorée ou la dénonciation. Ce style de récit me fait penser à Bienvenue à Gattaca (que j’adore) mais sans en atteindre le niveau ou la portée. Il y un truc qui coince et qui me fait dire que tout n’est pas exploré/exploité.
Une BD sur un sujet brûlant qui fait l'actualité, le conflit israélo-palestinien.
Je vais commencer par le début d'une chanson de Pierre Perret : "Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux".
L'auteur, Mohammad Sabaaneh, raconte son emprisonnement dans les geôles israéliennes, il est palestinien. Et pour s'évader de ces quatre murs, il va imaginer une cage où se trouve un piaf et il va lui ouvrir la porte pour qu'il retrouve sa liberté et ainsi lui rapporter des histoires. Des histoires de son peuple opprimé par l'occupant que l'auteur va ainsi pouvoir dessiner. Des récits qui relatent effectivement une grande injustice, des récits qui jouent sur la corde sensible mais des récits qui ne m'ont pas touché, trop tape-à-l'œil. Je comprends la position de Mohammad de vouloir montrer la souffrance de son peuple et j'en suis révolté, mais faire un résumé avec d'un côté les gentils palestiniens et de l'autre les méchants israéliens, je trouve ça réducteur.
Une BD qui nous en apprend peu sur ce conflit, par contre un dossier intéressant en fin d'album.
Je fais peut-être mon sans cœur, mais une lecture rapide qui ne me restera pas en mémoire, dommage.
J'ai beaucoup aimé la partie graphique dans un beau noir et blanc immersif réalisé en linogravure.
Très beau.
Note réelle : 2,5.
Tiens Clamp, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un de leurs mangas.
Je me souviens avoir lu l'adaptation en anime il y a très longtemps et d'avoir bien aimé. En tout cas, plus que le manga ce qui est d'ailleurs une habitude avec Clamp qui a de bonnes idées de départ, mais qui ne savent pas les exécuter.
C'est une de leurs premières œuvres et cela se voit dans le dessin qui manque un peu de maitrise, surtout dans les premiers tomes. La narration est souvent confuse et il y a des cases surchargées. En fait, cette œuvre annonce toutes ses shojos de la seconde moitié des années 90-début des années 2000 que je trouve tout simplement illisible alors que je prends un certain plaisir à regarder leurs versions en anime.
Quant au scénario, il mélange les magicals girls et le RPG. C'était l'époque où avoir des personnages qui se font envoyer dans un autre monde était quelque chose d'original dans le monde du manga et depuis on a fait bien mieux. On retrouve les défauts de Clamp : il y a des bonnes idées, mais tout est mal développé et le rythme va trop vite. L'univers n'est pas bien développé. Par exemple, on dirait qu'il y a juste 10 personnes qui vivent dans ce monde alors c'est assez dur de se sentir concerné par le sort d'un monde qui semble désert.
La série est composé de deux cycles qui durent chacun 3 tomes. J'ai abandonné au début du tome 4 et feuilleté le reste. Je ne vois pas trop qui pourrait s'intéresser à cette série de nos jours en dehors des gros fans de Clamp et les nostalgique des années 90.
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Blue World
Là, très clairement, on est en terrain connu. Blue World (suite directe de Blue Hole) nous propose un récit catastrophe dans la grande lignée d’un Jurassic Park. Si vous êtes fan du genre, vous aurez ce que vous attendez. Sinon, vous aurez quand même ce à quoi vous vous attendez. Des personnages bien calibrés (voire ultra-stéréotypés), des dinosaures, des scènes d’actions, des explications pseudo-scientifiques, un personnage féminin dont la tenue s’amenuise au fil des chapitres, des dinosaures, de l’action, des dinosaures qui bouffent des humains, de l’aventure, des dinosaures qui bouffent d’autres dinosaures, une héroïne intrépide, un salaud de militaire, un scientifique courageux, une gamine débrouillarde et intelligente, des dinosaures, un journaliste qu’on se demande ce qu’il fout là et sa copine qu’on comprend ce qu’elle fout là vu que c’est elle qui a les vêtements qui s’atrophient au fil des chapitres, des dinosaures, une nature hostile même quand il n’y a pas de dinosaures en vue, et des dinosaures. Alors, faut prendre la chose pour ce qu’elle est : de la grosse série B (voire C ou D), un peu dans le genre de ce qu’un Bec propose parfois en BD. C’est facile à lire, très balisé, étonnamment prenant… mais à un moment l’auteur ne peut pas s’empêcher d’en faire trop et ça sombre dans le ridicule et le grand n’importe quoi (le troisième tome est quand même très WTF mais c’est peut-être ce qui le rend si mémorable). Côté dessin c’est du manga avec des personnages aux morphologies parfois un peu étranges et des dinosaures dessinés avec tellement de soin qu’on se demande si c’est le même auteur qui s’est chargé de tout. Globalement, à l’image du scénario, c’est efficace à défaut d’être pleinement réussi. Petite précision : il est inutile d’avoir lu Blue Hole pour se plonger dans Blue World (c’est l’avantage de ce genre de récit dont l’intrigue tient sur un timbre poste). Si le final avait été un peu moins grand-guignolesque (‘tain ! le vol en deltaplane, je vous dis que ça !!!) j’aurais sans doute poussé ma note à 3/5 car, il faut le reconnaitre, j’ai lu les deux premiers tomes avec un véritable entrain. Mais bon… il y a eu le troisième tome… A regret, je vais dire bof, mais c’est paradoxalement un bof enthousiaste, du genre c’est crétin, c’est stéréotypé, c’est bourré de clichés mais c’est facile à lire, c’est addictif,… C’est nul mais plaisant, comme l'image photoshoppée d'une playmate siliconée : il y a trop de tout et pourtant on regarde en bavant.
Shangri-La
Voici un album que je voyais dans de nombreux classements mais sur lequel je ne me suis pas précipité parce que pas vraiment fan de SF en BD. Je suis resté sur un goût très mitigé. D’un côté, le cadre est intéressant, une station spatiale où une giga entreprise règne en maître et où l’humanité, réduite à un cycle de consommation et de travail, est asservie à une technologie omniprésente. On sent l’influence de récits classiques de la SF dans cette dystopie, et les ambiances spatiales de Bablet sont magnifiques. J’ai été vraiment séduit par ces paysages. Mais alors, le dessin des personnages… c’est la première chose qui m’a fait décrocher. Tous trop similaires, trop rigides. À chaque page, je me suis retrouvé à confondre les protagonistes, incapables de vraiment m’y attacher. J'ai aussi eu du mal à accrocher au scénario, qui fait un peu vu et revu et qui aligne les clichés les uns après les autres. L’oppression des animoïdes, cette caste de chiens et chats humanoïdes, pas vraiment subtile tout comme la critique du consumérisme. Bablet nous rappelle constamment à quel point cette société est aliénante, avec des slogans et des références directes aux téléphones, aux marques, et à la consommation de masse. Il y a peu de place pour l’interprétation ou la réflexion. Tout est livré de manière frontale, et c’est ce qui rend l’ensemble trop caricatural pour moi. J'ai eu l'impression d'être pris par la main pour comprendre un propos pas vraiment fin ni profond. Ce manque de nuance dans la manière d’aborder un sujet pourtant pertinent finit par étouffer la profondeur recherchée. Le message, aussi pertinent soit-il, aurait mérité d’être traité avec plus de finesse et moins d’insistance Plutôt frustrant, l'histoire avait du potentiel, avec un univers riche et des décors magnifiques, mais je me suis retrouvé bloqué par des personnages fades et une narration qui s’embourbe dans son manque de finesse.
Kissers
Étrange et originale cette histoire ! Mais qu’elle est creuse et décevante aussi, hélas. Un jeune homme drague – maladroitement, lourdement sa copine/femme (je n’ai pas trop saisi), lui demandant régulièrement des bisous – ce qu’il n’obtient pas à chaque fois. Et notre dame se fait draguer dans un bar – par un chien qui parle en plus… En parallèle, nous suivons une autre histoire d’amour, entre Spandy, le chat du jeune homme et un oiseau ! (Ce dernier étant aimé d’un autre oiseau, mais le piaf préfère le chat). Un canevas un peu foutraque, mais qui peine à intéresser. L’histoire est creuse et monotone – passée la surprise des animaux qui parlent et qui développent des amours étonnantes. Quant au dessin, s’il est lisible et dynamique, il est aussi minimaliste (ce qui accentue l’impression de vacuité de l’ensemble), et je n’ai pas trop aimé les visages des deux personnages principaux (le jeune homme a deux dents proéminentes, la jeune femme des oreilles pointues ?). Originale, bizarre, mais ça m’a laissé froid.
Appels en absence
Mouais, je suis un peu du même avis que Blue Boy. Appels en absence est un petit bidule sincère, mais qui manque clairement de gras. On reste un peu à la surface des choses, et l'ensemble est noyé dans une humeur adolescente un peu gnangnante. On peine vraiment à terminer la lecture parce qu'on attend que ça décolle enfin, mais Anne ma sœur Anne, on ne voit jamais rien venir. Il y avait pourtant matière à faire quelque chose de vraiment bien. Là, on en vient même à douter de ce dont l'autrice parle. Est-ce bien l'attentat commis par Anders Breivik dont il est question ici ? Ce n'est jamais dit clairement... Encore une fois, le tout baigne dans une espèce de candeur adolescente un peu chiante quand nos vingt ans sont loin derrière nous. Nora Dasnes saupoudre ça d'un peu d'amourette à l'eau de rose. La sauce ne prend pas vraiment. En plus de ça, le dessin n'est pas extraordinaire, si bien qu'on n'a même pas la possibilité de se raccrocher aux branches. Et j'ajoute que pour couronner le tout, c'est long à lire ! Pas à cause d'un texte conséquent, non, mais bien parce que c'est chiant, on va le dire franco. Un vrai Bof, sans plus !
Portugal
Ce que je sais avec Pedrosa, c'est que je ne sais pas. Autant je peux beaucoup aimer des albums comme Trois ombres, autant je peux passer complètement à côté comme avec Auto Bio. Les critiques étaient assez bonnes ici, j'ai tenté le coup. Commençons par les bons côtés, j'ai retrouvé le style de dessin que j'ai aimé dans Trois ombres. Des couleurs douces, presque cotonneuses, donnent une atmosphère propice à la rêverie. C’est fluide, vivant, parfois juste esquissé, mais toujours expressif. Les cases se succèdent comme des moments capturés sur le vif, et ça fonctionne. Mais le scénario… là, c’est plus compliqué. Simon, le héros, végète, se pose des questions existentielles et part au Portugal, un peu par hasard, pour renouer avec ses origines. Le problème, c’est que ça manque de rythme. On suit ses errances, ses rencontres, ses réflexions, mais j’ai eu du mal à me sentir concerné. Tout cela reste très personnel, presque introspectif, et, même si je comprends l’idée d’explorer les racines et les questionnements identitaires, je suis resté en dehors. Le Portugal, finalement, n’est qu’un décor. C’est plus une toile de fond qu’un véritable sujet. Et ça peut frustrer quand on s’attend à un vrai retour aux sources, avec une plongée dans la culture ou l’histoire du pays. Ici, tout est centré sur les émotions de Simon, ses doutes, ses relations familiales, et j’ai eu l’impression que l’histoire tournait un peu en rond. Il y a des passages réussis, touchants même, mais aussi des longueurs qui m’ont parfois fait décrocher. Un scénario trop personnel et introspectif qui m'a laissé un peu au bord de la route.
Locust
Locust fait référence au criquet, tel dans Kafka les humains se métamorphosent à la suite de l'apparition d'un nouveau virus ravageur. Les auteurs font ouvertement part de leurs inspirations, les films de zombies de Romero, Cronenberg et la mouche entre autres. Cela reste du post-apo de zombies sans grande subtilité avec des méchants très méchants, menés par Ford l'illuminé fanatique et sa clique, de la baston et du gore à éviter pour ceux qui craignent la vue du sang et des boyaux. Face à cela Max chaperonne la jeune Stella à l'instar de La route de McCarthy et lui fait des pancakes. Le dessin aux contours épais et sa colorisation n'ont rien d'extraordinaire, l'auteur doit avoir du mal à faire les mains car il leur met souvent que 4 doigts. Ajoutons à cela les aller-retours temporels dans la narration qui ne sont pas toujours limpides, c'est en me forçant que je suis allé au bout des 200 pages.
Deux passantes dans la nuit
J'abonde dans le sens de Ro. Anna et Arlette vivent des péripéties souvent vues dans d'autres oeuvres sur la seconde guerre mondiale. Il y a un côté pot-pourri qui enlève de la crédibilité au récit : les fêtes sous l'occupation, les bombardements, le trafic de faux-papiers... En plus, il y a des facilités scénaristiques. En vrac : - nos héroïnes se retrouvent bien facilement à faire le service pour des officiers allemands. - le coup du sort improbable en fin de deuxième tome. Sa résolution tout aussi improbable. Après, Arlette est attachante et il y a des passages qui m'ont plu (l'éviction du bistrot, la rencontre avec le vieux couple juif, ...). Le dessin aussi souffle le chaud et le froid. Il y a de belles cases et d'autres où les visages sont plus approximatifs, avec beaucoup de silhouettes noyées dans le noir. La lisibilité en pâtit. Tout se déroule-t-il vraiment en une seule nuit ? Il y a trop d'évènements pour qu'on puisse le croire. Même si nos deux héroïnes sont sans domicile, elles ont plusieurs occasions de loger chez l'habitant. Ne serait-il pas plus aisé pour elles de circuler de jour que de braver le couvre-feu et le froid ? Au final, ce "Deux passantes dans la nuit" m'a paru plutôt anecdotique.
Avenir
Je rejoins Mac Arthur dans son analyse. Une BD que j’ai lue il y a quelques temps et sans relire le résumé, j’aurais été bien incapable de me rappeler de quoi ça parlait. Une note qui peut paraître un peu dure, je ne reproche pas grand chose à la réalisation. Le dessin est un peu dans la veine de celui de Frederic Peeters mais sans le petit plus, du coup il manque un peu de personnalité. L’histoire n’est pas mauvaise juste qu’elle ne m’a pas passionné. Dans le même genre (récit d’anticipation IA), ça m’a fait penser à Le Syndrome de l’Iceberg qui m’a plus convaincu (sans non plus m’emballer). Donc voilà c’est pas mauvais mais ça me semble trop anecdotique dans l’idée explorée ou la dénonciation. Ce style de récit me fait penser à Bienvenue à Gattaca (que j’adore) mais sans en atteindre le niveau ou la portée. Il y un truc qui coince et qui me fait dire que tout n’est pas exploré/exploité.
Je ne partirai pas - Mon histoire est celle de la Palestine
Une BD sur un sujet brûlant qui fait l'actualité, le conflit israélo-palestinien. Je vais commencer par le début d'une chanson de Pierre Perret : "Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux". L'auteur, Mohammad Sabaaneh, raconte son emprisonnement dans les geôles israéliennes, il est palestinien. Et pour s'évader de ces quatre murs, il va imaginer une cage où se trouve un piaf et il va lui ouvrir la porte pour qu'il retrouve sa liberté et ainsi lui rapporter des histoires. Des histoires de son peuple opprimé par l'occupant que l'auteur va ainsi pouvoir dessiner. Des récits qui relatent effectivement une grande injustice, des récits qui jouent sur la corde sensible mais des récits qui ne m'ont pas touché, trop tape-à-l'œil. Je comprends la position de Mohammad de vouloir montrer la souffrance de son peuple et j'en suis révolté, mais faire un résumé avec d'un côté les gentils palestiniens et de l'autre les méchants israéliens, je trouve ça réducteur. Une BD qui nous en apprend peu sur ce conflit, par contre un dossier intéressant en fin d'album. Je fais peut-être mon sans cœur, mais une lecture rapide qui ne me restera pas en mémoire, dommage. J'ai beaucoup aimé la partie graphique dans un beau noir et blanc immersif réalisé en linogravure. Très beau. Note réelle : 2,5.
Magic knight Rayearth
Tiens Clamp, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un de leurs mangas. Je me souviens avoir lu l'adaptation en anime il y a très longtemps et d'avoir bien aimé. En tout cas, plus que le manga ce qui est d'ailleurs une habitude avec Clamp qui a de bonnes idées de départ, mais qui ne savent pas les exécuter. C'est une de leurs premières œuvres et cela se voit dans le dessin qui manque un peu de maitrise, surtout dans les premiers tomes. La narration est souvent confuse et il y a des cases surchargées. En fait, cette œuvre annonce toutes ses shojos de la seconde moitié des années 90-début des années 2000 que je trouve tout simplement illisible alors que je prends un certain plaisir à regarder leurs versions en anime. Quant au scénario, il mélange les magicals girls et le RPG. C'était l'époque où avoir des personnages qui se font envoyer dans un autre monde était quelque chose d'original dans le monde du manga et depuis on a fait bien mieux. On retrouve les défauts de Clamp : il y a des bonnes idées, mais tout est mal développé et le rythme va trop vite. L'univers n'est pas bien développé. Par exemple, on dirait qu'il y a juste 10 personnes qui vivent dans ce monde alors c'est assez dur de se sentir concerné par le sort d'un monde qui semble désert. La série est composé de deux cycles qui durent chacun 3 tomes. J'ai abandonné au début du tome 4 et feuilleté le reste. Je ne vois pas trop qui pourrait s'intéresser à cette série de nos jours en dehors des gros fans de Clamp et les nostalgique des années 90.