L'enjeu de la collection Cosmo se précise avec cet album. Morvan nous livre une version futuriste de Peter Pan, les références sont assez évidentes, tout est là : Wendy et sa fratrie, le capitaine Crochet, la fée Clochette... masqués sous d'autres noms, bien sûr, mais les similitudes sauteront aux yeux de tous ceux qui connaissent au moins un peu l'oeuvre de Barrie ou ses adaptations. Ce premier tome, bien que contenant beaucoup d'action est déjà très consistant, sur le fond. On sent Morvan tout de même beaucoup plus à l'aise avec ce type de pagination que dans le format 46 planches couleur traditionnel dans lequel il a quelque peu enfermé Spirou. Le dessin du Japonais Toru Terada marie véritablement les qualités et caractéristiques de la bd européenne à celle de la bd japonaise. Le manga en grand format et en couleur, c'est pas mal, finalement...
Cela aurait pu être intéressant de voir une (nouvelle) transposition de la Commune en BD. Mais Daeninckx occulte assez rapidement cet événement pour se concentrer sur ses suites, et notamment la fuite d'un leader Communard aux Etats-Unis, avec comme "guest-stars" des peintres célèbres -et un modèle célèbre- de l'époque. Qui ne connaît pas le célèbre tableau L'origine du monde ? Si vous ne connaissez pas, recherchez, vous aurez une idée du "modèle"...
Daeninckx, aidé par le dessin classique (mais manquant un peu de maturité) de Mako, nous emmène donc sur les traces de l'Histoire, cette époque un peu méconnue de l'après-Commune. Mais on a un peu de mal à se passionner pour ces personnages, qui manquent quand même de saveur et d'épaisseur...
C'est un peu raté, comme adaptation... Manara a pris comme point de départ l'une des Métamorphoses d'Apulée. Mais là où le texte du poète grec se voulait burlesque, léger, gentillet, Manara, avec son obsession pour les filles à poil, y met un peu de vulgarité pas vraiment justifiée... Certes, son dessin est magnifique, anatomiquement presque parfaits, mais l'histoire perd quand même pas mal de sa saveur en étant transposée en BD...
C'est sûr que j'ai aimé car, je dois l'avouer, je suis motocycliste moi-même et en plus récent adepte de BD.
Quand le véhicule du personnage principal de la série est une moto, cela me plait dès le départ. Cela dit, je suis mal placé pour évaluer à sa juste valeur cette série, que j'ai beaucoup aimée.
Cabanes a un talent montrueux... Ceux qui ont lu Rencontres du troisième sale type ou Contes fripons ont pu s'en rendre compte. Mais son oeuvre maîtresse est peut-être bien Dans les villages, à laquelle il offre un ultime (?) chapitre, presque 20 ans après le tome 4.
Cette série est un entrecroisement de mondes, reliés entre eux par des portes dimensionnelles et des légendes communes, incroyablement cohérentes et intelligentes. Des créatures très bien dessinées (les Anti-Jôles, par exemple), nous sont proposées dans ce bestiaire fabuleux. On ne peut pas lâcher cette série avant d'en avoir lu toutes les pages, d'en avoir scruté tous les détails, d'en avoir admiré la perfection graphique.
Au bout de 20 ans, le dessin de Cabanes a forcément évolué, et son trait est curieusement devenu trop riche, trop... compliqué ? Pour être aussi lisible qu'auparavant... Et l'histoire prend une direction totalement inattendue dans ce tome 5, comme si Cabanes avait voulu se psychanalyser lui-même au travers du personnage de Gino/Dzino...
Alors là je me suis bien marré !
Cabanes a vraiment un univers bien à lui, fait d'un téléscopage entre traditions du Sud et imaginaire échevelé, mélangeant SF, fantastique, humour... Avec un dessin vraiment incroyable, Cabanes réussit à nous faire aimer cette histoire frappadingue, où les personnages se croisent et se recroisent de la façon la plus burlesque qui soit. :)
Hum, une BD avec un gros autocollant rouge « Par le co-auteur de la série mythique Watchmen », voilà qui sent le coup de marketing pourri à pleine nez. Dave Gibbons avait déjà scénarisé ou dessiné plusieurs séries, mais c’est à ma connaissance la 1ere fois qu’il fait les deux en même temps. Et ça donne quoi ?
Et bien une BD ma foi très classique. Classique au niveau scénario déjà. Une ville vaguement futuriste, deux gangs de loubards à moto qui se font la guéguerre, un héros, une nana amoureuse du héros, et… et ben c’est tout. Si l’histoire est agréable à suivre et pleine d’action, on ne peut pas dire qu’elle soit renversante ou bouleversante. Pondre un scénario aussi plat et banal après une carrière comme celle de Dave Gibbons, ça me laisse pantois.
Le dessin non plus ne sort pas vraiment du lot. Le découpage tente vaguement d’innover, et les pages noires donnent un air classieux au bouquin, mais bon, rien de vraiment génial non plus.
Bref, une BD correcte malgré cet avis assez négatif, mais quand même un peu décevante si on considère qu’elle a été écrite par une légende vivante du comics anglo-américain. Sans compter que le prix est assez élevé.
Vraiment, j'ai passé un excellent moment avec cette BD : le talent de Riad Sattouf pour croquer ses personnages est indéniable, ils sont plus vrais que nature! Cet album est pétillant, tendre, Riad Sattouf n'a pas l'humour méchant...
Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, il ne règle aucun compte, sa vision du collège n'est jamais amère. Les souvenirs qu'il évoque de son passé d'ado ingrat par exemple ne doivent se lire qu'en miroir de la personne qu'il est devenu aujourd'hui, avec le succès que l'on sait. S'il rit de ces ados trop complexés ou trop sûrs d'eux, c'est avant tout parce qu'il sait qu'ils sont en pleine mutation! Quand il va vers eux, ce n'est pas pour les descendre, mais au contraire pour les élever, leur montrer que prendre un peu de recul par rapport à eux-même ne peux pas leur faire de mal.
Etre bien dans sa nouvelle peau d'adulte est un vrai challenge, et c'est parfois plus dur pour certains... Si l'humour n'est pas le remède au mal de vivre des uns ou à l'arrogance des autres, il peut néanmoins être un bon compagnon de route vers la maturité :)
Un avis très bref pour compléter le seul disponible actuellement : la série trouve son ton avec le temps. Rien d'original ni de transcendant, mais l'ensemble est assez sympathique. A lire (en VO) donc, si vous avez l'occasion de l'emprunter...
L'entrée en matière de cette série a le mérite de capter immédiatement l'attention. Ici et c'est tant mieux, il n'y a pas les lenteurs que l'on peut observer parfois et qui sont motivés par la nécessité de planter le décor, de présenter les personnages. L'action nous emporte très vite et avec elle, toutes les questions relatives au pourquoi des événements étranges qu'on observe.
Tout ça m'a rappelé de manière insistante "rencontre du 3eme type" de Spielberg. Apocalypse Mania fonctionne pratiquement selon les mêmes codes et plonge le lecteur dans une sorte d'incertitude qui fait mouche.
Bien sûr, il y a des ficelles un peu grosses. Le mec hyper intelligent à qui revient l'écrasante responsabilité de découvrir le sens des fameux rayons en est l'illustration la plus flagrante. Mais si l'on dépasse ces petits a priori, il n'y a pas de doute, cette série mérite le détour. Et en plus, comme elle est servie par un graphisme très maîtrisé, pourquoi se gêner. Je conseille donc avec insistance la lecture du premier cycle. L'intégrale qui vient juste de paraître et qui est très soignée, nous en donne en tous les cas l'occasion.
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Le Petit Monde
L'enjeu de la collection Cosmo se précise avec cet album. Morvan nous livre une version futuriste de Peter Pan, les références sont assez évidentes, tout est là : Wendy et sa fratrie, le capitaine Crochet, la fée Clochette... masqués sous d'autres noms, bien sûr, mais les similitudes sauteront aux yeux de tous ceux qui connaissent au moins un peu l'oeuvre de Barrie ou ses adaptations. Ce premier tome, bien que contenant beaucoup d'action est déjà très consistant, sur le fond. On sent Morvan tout de même beaucoup plus à l'aise avec ce type de pagination que dans le format 46 planches couleur traditionnel dans lequel il a quelque peu enfermé Spirou. Le dessin du Japonais Toru Terada marie véritablement les qualités et caractéristiques de la bd européenne à celle de la bd japonaise. Le manga en grand format et en couleur, c'est pas mal, finalement...
Texas Exil (Bravado)
Cela aurait pu être intéressant de voir une (nouvelle) transposition de la Commune en BD. Mais Daeninckx occulte assez rapidement cet événement pour se concentrer sur ses suites, et notamment la fuite d'un leader Communard aux Etats-Unis, avec comme "guest-stars" des peintres célèbres -et un modèle célèbre- de l'époque. Qui ne connaît pas le célèbre tableau L'origine du monde ? Si vous ne connaissez pas, recherchez, vous aurez une idée du "modèle"... Daeninckx, aidé par le dessin classique (mais manquant un peu de maturité) de Mako, nous emmène donc sur les traces de l'Histoire, cette époque un peu méconnue de l'après-Commune. Mais on a un peu de mal à se passionner pour ces personnages, qui manquent quand même de saveur et d'épaisseur...
L'Ane d'or (La Métamorphose de Lucius)
C'est un peu raté, comme adaptation... Manara a pris comme point de départ l'une des Métamorphoses d'Apulée. Mais là où le texte du poète grec se voulait burlesque, léger, gentillet, Manara, avec son obsession pour les filles à poil, y met un peu de vulgarité pas vraiment justifiée... Certes, son dessin est magnifique, anatomiquement presque parfaits, mais l'histoire perd quand même pas mal de sa saveur en étant transposée en BD...
Jane
C'est sûr que j'ai aimé car, je dois l'avouer, je suis motocycliste moi-même et en plus récent adepte de BD. Quand le véhicule du personnage principal de la série est une moto, cela me plait dès le départ. Cela dit, je suis mal placé pour évaluer à sa juste valeur cette série, que j'ai beaucoup aimée.
Dans les villages
Cabanes a un talent montrueux... Ceux qui ont lu Rencontres du troisième sale type ou Contes fripons ont pu s'en rendre compte. Mais son oeuvre maîtresse est peut-être bien Dans les villages, à laquelle il offre un ultime (?) chapitre, presque 20 ans après le tome 4. Cette série est un entrecroisement de mondes, reliés entre eux par des portes dimensionnelles et des légendes communes, incroyablement cohérentes et intelligentes. Des créatures très bien dessinées (les Anti-Jôles, par exemple), nous sont proposées dans ce bestiaire fabuleux. On ne peut pas lâcher cette série avant d'en avoir lu toutes les pages, d'en avoir scruté tous les détails, d'en avoir admiré la perfection graphique. Au bout de 20 ans, le dessin de Cabanes a forcément évolué, et son trait est curieusement devenu trop riche, trop... compliqué ? Pour être aussi lisible qu'auparavant... Et l'histoire prend une direction totalement inattendue dans ce tome 5, comme si Cabanes avait voulu se psychanalyser lui-même au travers du personnage de Gino/Dzino...
Rencontres du 3e sale type
Alors là je me suis bien marré ! Cabanes a vraiment un univers bien à lui, fait d'un téléscopage entre traditions du Sud et imaginaire échevelé, mélangeant SF, fantastique, humour... Avec un dessin vraiment incroyable, Cabanes réussit à nous faire aimer cette histoire frappadingue, où les personnages se croisent et se recroisent de la façon la plus burlesque qui soit. :)
Originals
Hum, une BD avec un gros autocollant rouge « Par le co-auteur de la série mythique Watchmen », voilà qui sent le coup de marketing pourri à pleine nez. Dave Gibbons avait déjà scénarisé ou dessiné plusieurs séries, mais c’est à ma connaissance la 1ere fois qu’il fait les deux en même temps. Et ça donne quoi ? Et bien une BD ma foi très classique. Classique au niveau scénario déjà. Une ville vaguement futuriste, deux gangs de loubards à moto qui se font la guéguerre, un héros, une nana amoureuse du héros, et… et ben c’est tout. Si l’histoire est agréable à suivre et pleine d’action, on ne peut pas dire qu’elle soit renversante ou bouleversante. Pondre un scénario aussi plat et banal après une carrière comme celle de Dave Gibbons, ça me laisse pantois. Le dessin non plus ne sort pas vraiment du lot. Le découpage tente vaguement d’innover, et les pages noires donnent un air classieux au bouquin, mais bon, rien de vraiment génial non plus. Bref, une BD correcte malgré cet avis assez négatif, mais quand même un peu décevante si on considère qu’elle a été écrite par une légende vivante du comics anglo-américain. Sans compter que le prix est assez élevé.
Retour au collège
Vraiment, j'ai passé un excellent moment avec cette BD : le talent de Riad Sattouf pour croquer ses personnages est indéniable, ils sont plus vrais que nature! Cet album est pétillant, tendre, Riad Sattouf n'a pas l'humour méchant... Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, il ne règle aucun compte, sa vision du collège n'est jamais amère. Les souvenirs qu'il évoque de son passé d'ado ingrat par exemple ne doivent se lire qu'en miroir de la personne qu'il est devenu aujourd'hui, avec le succès que l'on sait. S'il rit de ces ados trop complexés ou trop sûrs d'eux, c'est avant tout parce qu'il sait qu'ils sont en pleine mutation! Quand il va vers eux, ce n'est pas pour les descendre, mais au contraire pour les élever, leur montrer que prendre un peu de recul par rapport à eux-même ne peux pas leur faire de mal. Etre bien dans sa nouvelle peau d'adulte est un vrai challenge, et c'est parfois plus dur pour certains... Si l'humour n'est pas le remède au mal de vivre des uns ou à l'arrogance des autres, il peut néanmoins être un bon compagnon de route vers la maturité :)
Transmetropolitan
Un avis très bref pour compléter le seul disponible actuellement : la série trouve son ton avec le temps. Rien d'original ni de transcendant, mais l'ensemble est assez sympathique. A lire (en VO) donc, si vous avez l'occasion de l'emprunter...
Apocalypse Mania
L'entrée en matière de cette série a le mérite de capter immédiatement l'attention. Ici et c'est tant mieux, il n'y a pas les lenteurs que l'on peut observer parfois et qui sont motivés par la nécessité de planter le décor, de présenter les personnages. L'action nous emporte très vite et avec elle, toutes les questions relatives au pourquoi des événements étranges qu'on observe. Tout ça m'a rappelé de manière insistante "rencontre du 3eme type" de Spielberg. Apocalypse Mania fonctionne pratiquement selon les mêmes codes et plonge le lecteur dans une sorte d'incertitude qui fait mouche. Bien sûr, il y a des ficelles un peu grosses. Le mec hyper intelligent à qui revient l'écrasante responsabilité de découvrir le sens des fameux rayons en est l'illustration la plus flagrante. Mais si l'on dépasse ces petits a priori, il n'y a pas de doute, cette série mérite le détour. Et en plus, comme elle est servie par un graphisme très maîtrisé, pourquoi se gêner. Je conseille donc avec insistance la lecture du premier cycle. L'intégrale qui vient juste de paraître et qui est très soignée, nous en donne en tous les cas l'occasion.