C'est un peu raté, comme adaptation... Manara a pris comme point de départ l'une des Métamorphoses d'Apulée. Mais là où le texte du poète grec se voulait burlesque, léger, gentillet, Manara, avec son obsession pour les filles à poil, y met un peu de vulgarité pas vraiment justifiée... Certes, son dessin est magnifique, anatomiquement presque parfaits, mais l'histoire perd quand même pas mal de sa saveur en étant transposée en BD...
C'est sûr que j'ai aimé car, je dois l'avouer, je suis motocycliste moi-même et en plus récent adepte de BD.
Quand le véhicule du personnage principal de la série est une moto, cela me plait dès le départ. Cela dit, je suis mal placé pour évaluer à sa juste valeur cette série, que j'ai beaucoup aimée.
Cabanes a un talent montrueux... Ceux qui ont lu Rencontres du troisième sale type ou Contes fripons ont pu s'en rendre compte. Mais son oeuvre maîtresse est peut-être bien Dans les villages, à laquelle il offre un ultime (?) chapitre, presque 20 ans après le tome 4.
Cette série est un entrecroisement de mondes, reliés entre eux par des portes dimensionnelles et des légendes communes, incroyablement cohérentes et intelligentes. Des créatures très bien dessinées (les Anti-Jôles, par exemple), nous sont proposées dans ce bestiaire fabuleux. On ne peut pas lâcher cette série avant d'en avoir lu toutes les pages, d'en avoir scruté tous les détails, d'en avoir admiré la perfection graphique.
Au bout de 20 ans, le dessin de Cabanes a forcément évolué, et son trait est curieusement devenu trop riche, trop... compliqué ? Pour être aussi lisible qu'auparavant... Et l'histoire prend une direction totalement inattendue dans ce tome 5, comme si Cabanes avait voulu se psychanalyser lui-même au travers du personnage de Gino/Dzino...
Alors là je me suis bien marré !
Cabanes a vraiment un univers bien à lui, fait d'un téléscopage entre traditions du Sud et imaginaire échevelé, mélangeant SF, fantastique, humour... Avec un dessin vraiment incroyable, Cabanes réussit à nous faire aimer cette histoire frappadingue, où les personnages se croisent et se recroisent de la façon la plus burlesque qui soit. :)
Hum, une BD avec un gros autocollant rouge « Par le co-auteur de la série mythique Watchmen », voilà qui sent le coup de marketing pourri à pleine nez. Dave Gibbons avait déjà scénarisé ou dessiné plusieurs séries, mais c’est à ma connaissance la 1ere fois qu’il fait les deux en même temps. Et ça donne quoi ?
Et bien une BD ma foi très classique. Classique au niveau scénario déjà. Une ville vaguement futuriste, deux gangs de loubards à moto qui se font la guéguerre, un héros, une nana amoureuse du héros, et… et ben c’est tout. Si l’histoire est agréable à suivre et pleine d’action, on ne peut pas dire qu’elle soit renversante ou bouleversante. Pondre un scénario aussi plat et banal après une carrière comme celle de Dave Gibbons, ça me laisse pantois.
Le dessin non plus ne sort pas vraiment du lot. Le découpage tente vaguement d’innover, et les pages noires donnent un air classieux au bouquin, mais bon, rien de vraiment génial non plus.
Bref, une BD correcte malgré cet avis assez négatif, mais quand même un peu décevante si on considère qu’elle a été écrite par une légende vivante du comics anglo-américain. Sans compter que le prix est assez élevé.
Vraiment, j'ai passé un excellent moment avec cette BD : le talent de Riad Sattouf pour croquer ses personnages est indéniable, ils sont plus vrais que nature! Cet album est pétillant, tendre, Riad Sattouf n'a pas l'humour méchant...
Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, il ne règle aucun compte, sa vision du collège n'est jamais amère. Les souvenirs qu'il évoque de son passé d'ado ingrat par exemple ne doivent se lire qu'en miroir de la personne qu'il est devenu aujourd'hui, avec le succès que l'on sait. S'il rit de ces ados trop complexés ou trop sûrs d'eux, c'est avant tout parce qu'il sait qu'ils sont en pleine mutation! Quand il va vers eux, ce n'est pas pour les descendre, mais au contraire pour les élever, leur montrer que prendre un peu de recul par rapport à eux-même ne peux pas leur faire de mal.
Etre bien dans sa nouvelle peau d'adulte est un vrai challenge, et c'est parfois plus dur pour certains... Si l'humour n'est pas le remède au mal de vivre des uns ou à l'arrogance des autres, il peut néanmoins être un bon compagnon de route vers la maturité :)
Un avis très bref pour compléter le seul disponible actuellement : la série trouve son ton avec le temps. Rien d'original ni de transcendant, mais l'ensemble est assez sympathique. A lire (en VO) donc, si vous avez l'occasion de l'emprunter...
L'entrée en matière de cette série a le mérite de capter immédiatement l'attention. Ici et c'est tant mieux, il n'y a pas les lenteurs que l'on peut observer parfois et qui sont motivés par la nécessité de planter le décor, de présenter les personnages. L'action nous emporte très vite et avec elle, toutes les questions relatives au pourquoi des événements étranges qu'on observe.
Tout ça m'a rappelé de manière insistante "rencontre du 3eme type" de Spielberg. Apocalypse Mania fonctionne pratiquement selon les mêmes codes et plonge le lecteur dans une sorte d'incertitude qui fait mouche.
Bien sûr, il y a des ficelles un peu grosses. Le mec hyper intelligent à qui revient l'écrasante responsabilité de découvrir le sens des fameux rayons en est l'illustration la plus flagrante. Mais si l'on dépasse ces petits a priori, il n'y a pas de doute, cette série mérite le détour. Et en plus, comme elle est servie par un graphisme très maîtrisé, pourquoi se gêner. Je conseille donc avec insistance la lecture du premier cycle. L'intégrale qui vient juste de paraître et qui est très soignée, nous en donne en tous les cas l'occasion.
Cyclope est une série qui apparemment s'annonce sous les meilleurs présages et ce premier tome en est la preuve évidente.
Le scénario de Matz est très réussi. Le scénariste nous présente une vision assez sombre de notre futur, un monde où la télé-réalité et la guerre font bon ménage.
Le récit ne manque pas d'intérêt et on suit avec beaucoup d'attention le héros de cette histoire. Les dérives du pouvoir et l'abrutissement des masses sont, ici, à l'honneur et le plus marrant dans tout cela, c'est qu'à notre époque actuelle nous en sommes déjà arrivés à ce stade. On peut donc dire que sous ses abords futuristes, ce récit est plus réaliste qu'il en paraît.
Le dessin de Jacamon ne manque pas de charme. Les visages allongés et les décors finement détaillés sont vraiment réussis.
Cyclopes est une série à suivre, indiscutablement.
Je n'ai jamais beaucoup consulté le blog de Frantico : je trouvais ça plutôt marrant c'est vrai, mais lire des BDs sur un écran d'ordi, je trouve ça inconfortable. Du coup, je suis plutôt content de voir qu'Albin Michel a décidé de publier tout ça sous forme de véritable album de BD (même si maintenant je crains un peu que n'importe quel bloggeur-dessinateur prêt à tout déballer sur sa sexualité réussisse à se faire publier à son tour même s'il n'a aucun talent*).
Que le contenu soit tiré de faits réels ou pas, que Frantico soit réellement un dessinateur inconnu prénommé François ou un pseudonyme de Trondheim ou autre, ce serait intéressant à savoir mais pas très important, dans le fond. Même si, comme il l'avoue lui-même, son travail a un côté "sous-Riad Sattouf et sous-Joe Matt", Frantico a quand même sa personnalité et son style à lui. "Décomplexé" n'est pas le terme que j'emploierais pour le qualifier : l'homme est au contraire bourré de complexes, trop gros, trop chauve, trop obsédé, trop minable... Alors impudique oui, mais pas décomplexé. C'est évidemment ce qui fait le charme de sa BD, qui à part ça n'est quand même pas à mourir de rire et ne raconte rien de super intéressant : pas de langue de bois chez Frantico. Il n'épargne aucun détail sordide (le doigt dans le cul pour effriter le caca quand il est constipé, clâââââsse), il se montre misanthrope, vache, n'hésite pas à taper sur ses collègues en les nommant (les derniers albums de Baudoin c'est de la merde, Sfar a des goûts de chiottes... Il se ferait des copains s'il postait des avis ici, Frantico). Il ne cherche jamais à faire le sympa, se fout de passer pour un gros con, un pervers, un goujat, un tocard, nous épargne les passages de réflexions "philosophiques" ou les leçons de politique et de morale que distillent tant d'autres bédéistes-autobiographes (genre Sfar, tiens). Bref, il a un ton à lui, qui le distingue nettement de la majorité des auteurs reconnus du monde de la BD "sérieuse-adulte-intimiste", et que personnellement, j'apprécie beaucoup.
A part ça, les dialogues sonnent juste et le dessin, comment dire... De prime abord ça a l'air sommaire, et c'est sûr que ce n'est pas "joli", et en même temps, pour illustrer des propos comme ceux-là, il est parfait.
Bref, voilà, j'ai beaucoup de sympathie pour ce gros album. Je précise quand même que c'est plutôt une BD pour mecs à mon avis, dans la mesure où les filles (dans mon entourage en tout cas) ont tendance à se lasser rapidement des histoires de branlette et de caca.
*j'ai un quota de choses négatives à dire même dans mes avis à 4 étoiles, désolé
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
L'Ane d'or (La Métamorphose de Lucius)
C'est un peu raté, comme adaptation... Manara a pris comme point de départ l'une des Métamorphoses d'Apulée. Mais là où le texte du poète grec se voulait burlesque, léger, gentillet, Manara, avec son obsession pour les filles à poil, y met un peu de vulgarité pas vraiment justifiée... Certes, son dessin est magnifique, anatomiquement presque parfaits, mais l'histoire perd quand même pas mal de sa saveur en étant transposée en BD...
Jane
C'est sûr que j'ai aimé car, je dois l'avouer, je suis motocycliste moi-même et en plus récent adepte de BD. Quand le véhicule du personnage principal de la série est une moto, cela me plait dès le départ. Cela dit, je suis mal placé pour évaluer à sa juste valeur cette série, que j'ai beaucoup aimée.
Dans les villages
Cabanes a un talent montrueux... Ceux qui ont lu Rencontres du troisième sale type ou Contes fripons ont pu s'en rendre compte. Mais son oeuvre maîtresse est peut-être bien Dans les villages, à laquelle il offre un ultime (?) chapitre, presque 20 ans après le tome 4. Cette série est un entrecroisement de mondes, reliés entre eux par des portes dimensionnelles et des légendes communes, incroyablement cohérentes et intelligentes. Des créatures très bien dessinées (les Anti-Jôles, par exemple), nous sont proposées dans ce bestiaire fabuleux. On ne peut pas lâcher cette série avant d'en avoir lu toutes les pages, d'en avoir scruté tous les détails, d'en avoir admiré la perfection graphique. Au bout de 20 ans, le dessin de Cabanes a forcément évolué, et son trait est curieusement devenu trop riche, trop... compliqué ? Pour être aussi lisible qu'auparavant... Et l'histoire prend une direction totalement inattendue dans ce tome 5, comme si Cabanes avait voulu se psychanalyser lui-même au travers du personnage de Gino/Dzino...
Rencontres du 3e sale type
Alors là je me suis bien marré ! Cabanes a vraiment un univers bien à lui, fait d'un téléscopage entre traditions du Sud et imaginaire échevelé, mélangeant SF, fantastique, humour... Avec un dessin vraiment incroyable, Cabanes réussit à nous faire aimer cette histoire frappadingue, où les personnages se croisent et se recroisent de la façon la plus burlesque qui soit. :)
Originals
Hum, une BD avec un gros autocollant rouge « Par le co-auteur de la série mythique Watchmen », voilà qui sent le coup de marketing pourri à pleine nez. Dave Gibbons avait déjà scénarisé ou dessiné plusieurs séries, mais c’est à ma connaissance la 1ere fois qu’il fait les deux en même temps. Et ça donne quoi ? Et bien une BD ma foi très classique. Classique au niveau scénario déjà. Une ville vaguement futuriste, deux gangs de loubards à moto qui se font la guéguerre, un héros, une nana amoureuse du héros, et… et ben c’est tout. Si l’histoire est agréable à suivre et pleine d’action, on ne peut pas dire qu’elle soit renversante ou bouleversante. Pondre un scénario aussi plat et banal après une carrière comme celle de Dave Gibbons, ça me laisse pantois. Le dessin non plus ne sort pas vraiment du lot. Le découpage tente vaguement d’innover, et les pages noires donnent un air classieux au bouquin, mais bon, rien de vraiment génial non plus. Bref, une BD correcte malgré cet avis assez négatif, mais quand même un peu décevante si on considère qu’elle a été écrite par une légende vivante du comics anglo-américain. Sans compter que le prix est assez élevé.
Retour au collège
Vraiment, j'ai passé un excellent moment avec cette BD : le talent de Riad Sattouf pour croquer ses personnages est indéniable, ils sont plus vrais que nature! Cet album est pétillant, tendre, Riad Sattouf n'a pas l'humour méchant... Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, il ne règle aucun compte, sa vision du collège n'est jamais amère. Les souvenirs qu'il évoque de son passé d'ado ingrat par exemple ne doivent se lire qu'en miroir de la personne qu'il est devenu aujourd'hui, avec le succès que l'on sait. S'il rit de ces ados trop complexés ou trop sûrs d'eux, c'est avant tout parce qu'il sait qu'ils sont en pleine mutation! Quand il va vers eux, ce n'est pas pour les descendre, mais au contraire pour les élever, leur montrer que prendre un peu de recul par rapport à eux-même ne peux pas leur faire de mal. Etre bien dans sa nouvelle peau d'adulte est un vrai challenge, et c'est parfois plus dur pour certains... Si l'humour n'est pas le remède au mal de vivre des uns ou à l'arrogance des autres, il peut néanmoins être un bon compagnon de route vers la maturité :)
Transmetropolitan
Un avis très bref pour compléter le seul disponible actuellement : la série trouve son ton avec le temps. Rien d'original ni de transcendant, mais l'ensemble est assez sympathique. A lire (en VO) donc, si vous avez l'occasion de l'emprunter...
Apocalypse Mania
L'entrée en matière de cette série a le mérite de capter immédiatement l'attention. Ici et c'est tant mieux, il n'y a pas les lenteurs que l'on peut observer parfois et qui sont motivés par la nécessité de planter le décor, de présenter les personnages. L'action nous emporte très vite et avec elle, toutes les questions relatives au pourquoi des événements étranges qu'on observe. Tout ça m'a rappelé de manière insistante "rencontre du 3eme type" de Spielberg. Apocalypse Mania fonctionne pratiquement selon les mêmes codes et plonge le lecteur dans une sorte d'incertitude qui fait mouche. Bien sûr, il y a des ficelles un peu grosses. Le mec hyper intelligent à qui revient l'écrasante responsabilité de découvrir le sens des fameux rayons en est l'illustration la plus flagrante. Mais si l'on dépasse ces petits a priori, il n'y a pas de doute, cette série mérite le détour. Et en plus, comme elle est servie par un graphisme très maîtrisé, pourquoi se gêner. Je conseille donc avec insistance la lecture du premier cycle. L'intégrale qui vient juste de paraître et qui est très soignée, nous en donne en tous les cas l'occasion.
Cyclopes
Cyclope est une série qui apparemment s'annonce sous les meilleurs présages et ce premier tome en est la preuve évidente. Le scénario de Matz est très réussi. Le scénariste nous présente une vision assez sombre de notre futur, un monde où la télé-réalité et la guerre font bon ménage. Le récit ne manque pas d'intérêt et on suit avec beaucoup d'attention le héros de cette histoire. Les dérives du pouvoir et l'abrutissement des masses sont, ici, à l'honneur et le plus marrant dans tout cela, c'est qu'à notre époque actuelle nous en sommes déjà arrivés à ce stade. On peut donc dire que sous ses abords futuristes, ce récit est plus réaliste qu'il en paraît. Le dessin de Jacamon ne manque pas de charme. Les visages allongés et les décors finement détaillés sont vraiment réussis. Cyclopes est une série à suivre, indiscutablement.
Le Blog de Frantico
Je n'ai jamais beaucoup consulté le blog de Frantico : je trouvais ça plutôt marrant c'est vrai, mais lire des BDs sur un écran d'ordi, je trouve ça inconfortable. Du coup, je suis plutôt content de voir qu'Albin Michel a décidé de publier tout ça sous forme de véritable album de BD (même si maintenant je crains un peu que n'importe quel bloggeur-dessinateur prêt à tout déballer sur sa sexualité réussisse à se faire publier à son tour même s'il n'a aucun talent*). Que le contenu soit tiré de faits réels ou pas, que Frantico soit réellement un dessinateur inconnu prénommé François ou un pseudonyme de Trondheim ou autre, ce serait intéressant à savoir mais pas très important, dans le fond. Même si, comme il l'avoue lui-même, son travail a un côté "sous-Riad Sattouf et sous-Joe Matt", Frantico a quand même sa personnalité et son style à lui. "Décomplexé" n'est pas le terme que j'emploierais pour le qualifier : l'homme est au contraire bourré de complexes, trop gros, trop chauve, trop obsédé, trop minable... Alors impudique oui, mais pas décomplexé. C'est évidemment ce qui fait le charme de sa BD, qui à part ça n'est quand même pas à mourir de rire et ne raconte rien de super intéressant : pas de langue de bois chez Frantico. Il n'épargne aucun détail sordide (le doigt dans le cul pour effriter le caca quand il est constipé, clâââââsse), il se montre misanthrope, vache, n'hésite pas à taper sur ses collègues en les nommant (les derniers albums de Baudoin c'est de la merde, Sfar a des goûts de chiottes... Il se ferait des copains s'il postait des avis ici, Frantico). Il ne cherche jamais à faire le sympa, se fout de passer pour un gros con, un pervers, un goujat, un tocard, nous épargne les passages de réflexions "philosophiques" ou les leçons de politique et de morale que distillent tant d'autres bédéistes-autobiographes (genre Sfar, tiens). Bref, il a un ton à lui, qui le distingue nettement de la majorité des auteurs reconnus du monde de la BD "sérieuse-adulte-intimiste", et que personnellement, j'apprécie beaucoup. A part ça, les dialogues sonnent juste et le dessin, comment dire... De prime abord ça a l'air sommaire, et c'est sûr que ce n'est pas "joli", et en même temps, pour illustrer des propos comme ceux-là, il est parfait. Bref, voilà, j'ai beaucoup de sympathie pour ce gros album. Je précise quand même que c'est plutôt une BD pour mecs à mon avis, dans la mesure où les filles (dans mon entourage en tout cas) ont tendance à se lasser rapidement des histoires de branlette et de caca. *j'ai un quota de choses négatives à dire même dans mes avis à 4 étoiles, désolé