En préambule, je dois bien avouer que j’avais un énorme à priori, celui de penser que Casterman puisse se dire "Tiens, mais c’est pas si mal ce que fait le petit Craig, on va pouvoir en faire de l’argent". Je craignais effectivement que la publication de ce carnet de voyage, non destiné à cette fin à l’origine, soit "forcée" par l’éditeur pour des raisons d’ordre financier (au vu du succès de Blankets), risquant ainsi de fausser les propos de son auteur. Cette réaction épidermique s’explique par ma méconnaissance de ce type d’oeuvres. J’étais dans le faux, je le reconnais (mea culpa). En effet, à la lecture, on ne peut douter de la sincérité de l’auteur, à la fois si forte, si touchante et si "vraie".
Ce carnet de voyage s’est tout simplement révélé passionnant ! Il permet de suivre Craig, débarquant de son Midwest et découvrant l’Europe et le Maroc à l'occasion de la tournée promotionnelle de "Blankets". Cet auteur est un boulimique du crayon, croquant sur le vif tout ce qui l’entoure (et avec quel talent !). Ces instantanés témoignent de sa passion pour les choses simples de la vie. Cela m’a permis aussi de mieux appréhender la personnalité de cet auteur, confronté à d’autres cultures (marocaine en particulier). Malgré que rien ne lui soit épargné en tant que touriste, il a la volonté d’aller vers les gens, de s’immiscer dans le quotidien d’inconnus. Ses rencontres ne sont d’ailleurs pas toujours heureuses. Je me suis un peu retrouvé lorsqu’il aborde le passage relatif à la visite des souks plutôt chahutée, ayant vécu à peu près la même chose dans un autre pays. Comme le souligne Craig, il est sans doute bon de rappeler que les endroits les plus touristiques ne sont pas propices pour se faire une idée vraie de l’hospitalité de la population.
Craig aborde aussi son "obsession de la religion" durant son enfance, sans doute influencée par l'éducation fondamentaliste reçue, ainsi que ses déceptions amoureuses . . . éléments centraux sur lesquels repose la trame de son oeuvre autobiographique. Ainsi, je vois Blankets avec un regard neuf et plus éclairé.
Sa propension à s’intéresser aux autres cultures que la sienne fait incontestablement de Craig un américain pas comme les autres.
Pour conclure, je dirais que si cette initiative de l’éditeur n’avait pas vu jour, de nombreux lecteurs auraient été privés de ce superbe ouvrage.
... et puis merci à Elveen qui, en me faisant découvrir d’autres styles narratifs, permet d’élargir mon champs de lecture (très limité il est vrai).
Tsai Chih Chung a, selon l'auteur, une longue carrière d'adaptation et d'illustration des auteurs chinois anciens. En France, peu de ses oeuvres ont véritablement vécu. Pourtant, plus de 3000 contes fantastiques ont pu être préservés. C'est donc une fraction infime de la littérature du début de notre ère qui nous est livrée.
Cet album regroupe 19 contes de longueur variable (1 à 10 pages). Ceux-ci sont assez plaisants, tournant autour de quelques éléments récurrents : des hommes se transformant en animaux (et inversement), des jeunes gens affrontant des monstres ou des démons, des fantômes, des animaux amoureux d'humains...
Tout cela donne un (très bref) aperçu des croyances visiblement fortement ancrées dans les traditions locales. Le dessin de Tsai Chih Chung paraît très enfantin, ce qui convient bien à ce type d'histoires, qui se terminent souvent par une maxime.
Ca se laisse lire, mais un peu rapidement.
En 1992 paraissait Harlem, recueil des croquis et planches de Crumb. Cornélius réédite ces dessins, augmentés par ceux de son voyage en Bulgarie.
L'ensemble se veut un témoignage de son époque, à la fois truculent, bienveillant, féroce, dénonciateur et drôle. Je n'étais pas là en 1964-65, lorsque la revue Help a publié ces dessins, mais une chose est sûre, en 2005, aucun de ces objectifs n'a subsisté. Bien souvent les scènes décrites sont banales, l'originalité venant de l'accent des Noirs de Harlem, et du côté pathétiquement drôle de certaines scènes.
Quant à la partie consacrée à la Bulgarie, à part nous montrer que tout est verrouillé, surveillé, et que la population était relativement heureuse malgré sa grande pauvreté, Crumb ne peut pas faire grand-chose. Sur le plan graphique, on remarque déjà ce trait rond, généreux, qui fera dans les années suivantes sa marque de fabrique.
A noter que les dialogues et commentaires sont en anglais, et que Cornélius a joint à l'album un fascicule (détaché ! quel intérêt ?) avec toutes les traductions.
A réserver aux inconditionnels.
Je m'attendais à mieux.
L'intrigue - un couple mixte de détectives aux Etats-Unis dans les années 20/30, mais aussi leur histoire d'amour chaste- me semblait tout à fait originale. Malheureusement, le côté à la fois inachevé et irrégulier du trait des deux dessinateurs ne permet pas d'apprécier plus positivement cette BD cependant assez distrayante.
Notons quand même que le sujet de la prohibition et du krach de 1929 sont ici assez bien traités.
Je suis un grand fan de polars noirs - c'est l'essentiel de ma culture littéraire - et je retrouve dans Eiji tous ce que j'ai pu trouver dans ces polars.
Déjà, les meurtres sont carrément odieux - et je le pense vraiment. Les psychopathes sont de mise dans ce manga. Le scénario est en général assez bien fichu - j'ai déjà lu 6 enquêtes et je m'en porte pas plus mal... Il faut certes aimer le style mais bon, moi je trouve ça 'achement bien.
Je n'ai pas été complètement convaincu par cette série. Du même scénariste, je trouve que Silence reprend beaucoup de la structure de récit de Un Long Halloween : une fois de plus, une enquête emmène Batman à la rencontre de quasiment tous ses vieux ennemis avant d'arriver à une révélation finale. Mais autant sur le plan du dessin que sur le plan du scénario et surtout du final de l'histoire, je le dis tout net : je préfère nettement Un Long Halloween.
Jim Lee a un dessin très moderne, le style de dessin qu'on trouve dans les comics récents (un style proche de celui de Michael Turner pour Witchblade par exemple). A mes yeux, ce dessin est bon, d'accord, mais sans aucune âme et froid. Et franchement voir toutes les femmes avec le même physique de mannequin musclé et tous les hommes façon Brad Pitt ou Georges Clooney body-buildés, ça me lasse très vite. Bon, ces questions de goût étant traitées, je dois dire que visuellement, cette BD se lit bien.
Quant au scénario, il m'a fallu quelques pages pour entrer dedans car ça commence par des bastons entre Batman, KillerCroc, Catwoman, etc... Rien de bien motivant au niveau intellectuel. Mais au bout de quelque temps, j'ai commencé à vraiment bien accrocher au scénario et à l'enquête que mène Batman, et j'ai bien apprécié ma lecture tout en étant captivé jusqu'à... Eh bien, la fin m'a quand même beaucoup déçu : le dénouement final est complexe, confus et je trouve la "super explication finale" plutôt mauvaise, voire soit incohérente soit difficilement compréhensible. Rien à voir justement avec le final excellent de Un Long Halloween.
Un point amusant dans cette série tient aussi au fait que l'on va successivement rencontrer la quasi-totalité des ennemis et amis de Batman. Et pour presque chacun d'eux, un dialogue, une narration, un flash-back de souvenirs ou autre permet de bien situer qui est qui et quelles ont été ses relations passées avec Batman (ça aide quand on veut différencier les différents Robin successifs, ou savoir ce qu'il est advenu des différentes Batgirls). D'une certaine manière, pour ceux qui ne connaissent pas bien Batman, ça permet de découvrir une majorité des nombreux personnages de la série, et pour ceux qui connaissent ça permet de les resituer dans une histoire qui prend bien en compte tout l'historique "officiel" du personnage et de la série.
Parmi ces nombreux personnages, certains sont bons, mais d'autres sont quand même franchement ridicules : on retrouve Superman par exemple parmi les amis de Batman, mais aussi... Superchien... Arf ! De même, The Huntress est quand même assez nulle comme personnage, semble-t-il (je ne la connaissais pas avant, un ex-batgirl ?). Et la très rapide apparition du Joker ne le met vraiment pas en valeur pour une fois.
Ah, et puis pour les fans de Batman, il est important de noter que la relation entre Batman et Catwoman prend un tournant décisif dans Silence.
Une série en trois tomes qui se lit bien, prenante sur une bonne partie de ses pages, au dessin très correct même si sans âme, mais au scénario au final un peu trop facile et artificiel pour moi.
Quatrième tome d'Ebine Yamaji à paraître en France, Free Soul joue toujours sur une thématique commune, celle de l'homosexualité féminine. On peut donc d'abord avoir une impression de répétition par rapport aux précédents ouvrages, mais pourtant il n'en est rien. Certes le sujet de base reste le même. Mais il s'agit à chaque fois de variations, de traitements différents, intégrant des thèmes "secondaires" variés, et riches. Ici, de même que dans Indigo Blue le processus de création tient une part importante. L'auteur se met en quelque sorte en scène à travers Keito, son personnage. Keito est en effet une mangaka en devenir, et montre des relations intéressantes avec son personnage à elle, Angie. Les deux sont aussi (ir)réelles l'une que l'autre, et pourtant on fait bien la distinction... jusqu'à la fin ou un court chapitre vient brouiller/réajuster (selon la façon dont on envisage la chose) la perception du lecteur.
L'homosexualité dans tout ça n'est finalement qu'un thème parmi d'autre, une caractéristique de cette oeuvre. L'album en parle, bien sûr, mais d'une manière très naturelle, qui coule de source. Mais à vrai dire on s'en ficherait presque, puisqu'au-delà de l'aspect hétéro/bi/homosexualité, c'est bien d'amour qu'il s'agit, sous diverses formes. Amitié, attirance, amour, dépendance, illusion, rapport à ses parents, ses déclinaisons sont nombreuses.
Au final Free Soul n'est pas si facile que ça à lire. Derrière son dessin épuré, il se révèle dense et assez fouillis de prime abord. Mais justement, ce fouillis recèle une richesse intéressante, promettant une ou deux relectures riches.
Une BD que j'ai lue sans passion mais sans désintérêt non plus.
Le dessin me parait correct, voire tout juste correct. En effet, même si ses défauts ne sautent pas immédiatement aux yeux, il y a quand même pas mal de choses ratées à mes yeux, que ce soit la colorisation et l'encrage d'une part mais aussi et surtout de gros problèmes de perspectives qui enlèvent toute profondeur aux images et qui déforment pas mal de personnages et leur donne également un aspect souvent figé. Bon, dans les faits, si on ne s'y attarde pas trop, ça ne dérange pas vraiment la lecture mais il m'est difficile de dire que j'ai trouvé cette BD joliment dessinée.
Quant à l'histoire, si on résume du moins son premier cycle de 2 tomes, c'est une intrigue western assez bateau. Mais par contre j'ai trouvé non seulement originale mais assez réussie la façon dont sont intégrés dans cet univers western classique des éléments de contes pour enfants (Trois petits cochons, Chaperon Rouge, Pierre et le Loup, Chèvre de Monsieur Seguin, etc...). Cela donne une touche particulière au récit et surtout offre un deuxième niveau de lecture qui m'a assez plu, tant par la façon dont elle influe sur l'intrigue que par les dialogues qui sonnent souvent bien juste.
Par contre, je dois avouer n'avoir pas réellement été captivé par ce scénario, d'autant plus que je trouve assez artificiel le revirement total de comportement du personnage de Wolf.
Ça se laisse lire et a une certaine originalité par cette intégration du conte pour enfant dans un western classique, mais il n'y a là rien d'indispensable.
Une bd qui se veut sympathique sans pour autant promettre la lune, et qui se lit rapidement (un peu trop!).
Le personnage possède un humour complet (noir, satyrique...) qui, je pense, peut toucher un large public (à déconseiller tout de même aux enfants trop jeunes).
Juste un petit regret au niveau des dessins que je trouve un peu trop "épurés" à mon goût, et parfois pas assez travaillés.
A conseiller tout de même afin de passer un agréable moment plein de fou-rires garantis!!
Globalement, je souscris aux avis précédents. Une petite histoire de "loups-garous" traitée façon burlesque, sans trop de profondeur. C'est tout de même agréable à lire si on ne cherche pas trop la petite bête (quelques grosses ficelles, une fin un peu en queue de poisson...)
Sympathique, mais un peu léger pour que je conseille l'achat.
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Carnet de voyage (Un américain en balade)
En préambule, je dois bien avouer que j’avais un énorme à priori, celui de penser que Casterman puisse se dire "Tiens, mais c’est pas si mal ce que fait le petit Craig, on va pouvoir en faire de l’argent". Je craignais effectivement que la publication de ce carnet de voyage, non destiné à cette fin à l’origine, soit "forcée" par l’éditeur pour des raisons d’ordre financier (au vu du succès de Blankets), risquant ainsi de fausser les propos de son auteur. Cette réaction épidermique s’explique par ma méconnaissance de ce type d’oeuvres. J’étais dans le faux, je le reconnais (mea culpa). En effet, à la lecture, on ne peut douter de la sincérité de l’auteur, à la fois si forte, si touchante et si "vraie". Ce carnet de voyage s’est tout simplement révélé passionnant ! Il permet de suivre Craig, débarquant de son Midwest et découvrant l’Europe et le Maroc à l'occasion de la tournée promotionnelle de "Blankets". Cet auteur est un boulimique du crayon, croquant sur le vif tout ce qui l’entoure (et avec quel talent !). Ces instantanés témoignent de sa passion pour les choses simples de la vie. Cela m’a permis aussi de mieux appréhender la personnalité de cet auteur, confronté à d’autres cultures (marocaine en particulier). Malgré que rien ne lui soit épargné en tant que touriste, il a la volonté d’aller vers les gens, de s’immiscer dans le quotidien d’inconnus. Ses rencontres ne sont d’ailleurs pas toujours heureuses. Je me suis un peu retrouvé lorsqu’il aborde le passage relatif à la visite des souks plutôt chahutée, ayant vécu à peu près la même chose dans un autre pays. Comme le souligne Craig, il est sans doute bon de rappeler que les endroits les plus touristiques ne sont pas propices pour se faire une idée vraie de l’hospitalité de la population. Craig aborde aussi son "obsession de la religion" durant son enfance, sans doute influencée par l'éducation fondamentaliste reçue, ainsi que ses déceptions amoureuses . . . éléments centraux sur lesquels repose la trame de son oeuvre autobiographique. Ainsi, je vois Blankets avec un regard neuf et plus éclairé. Sa propension à s’intéresser aux autres cultures que la sienne fait incontestablement de Craig un américain pas comme les autres. Pour conclure, je dirais que si cette initiative de l’éditeur n’avait pas vu jour, de nombreux lecteurs auraient été privés de ce superbe ouvrage. ... et puis merci à Elveen qui, en me faisant découvrir d’autres styles narratifs, permet d’élargir mon champs de lecture (très limité il est vrai).
Rencontres fantastiques
Tsai Chih Chung a, selon l'auteur, une longue carrière d'adaptation et d'illustration des auteurs chinois anciens. En France, peu de ses oeuvres ont véritablement vécu. Pourtant, plus de 3000 contes fantastiques ont pu être préservés. C'est donc une fraction infime de la littérature du début de notre ère qui nous est livrée. Cet album regroupe 19 contes de longueur variable (1 à 10 pages). Ceux-ci sont assez plaisants, tournant autour de quelques éléments récurrents : des hommes se transformant en animaux (et inversement), des jeunes gens affrontant des monstres ou des démons, des fantômes, des animaux amoureux d'humains... Tout cela donne un (très bref) aperçu des croyances visiblement fortement ancrées dans les traditions locales. Le dessin de Tsai Chih Chung paraît très enfantin, ce qui convient bien à ce type d'histoires, qui se terminent souvent par une maxime. Ca se laisse lire, mais un peu rapidement.
Sketchbook reports
En 1992 paraissait Harlem, recueil des croquis et planches de Crumb. Cornélius réédite ces dessins, augmentés par ceux de son voyage en Bulgarie. L'ensemble se veut un témoignage de son époque, à la fois truculent, bienveillant, féroce, dénonciateur et drôle. Je n'étais pas là en 1964-65, lorsque la revue Help a publié ces dessins, mais une chose est sûre, en 2005, aucun de ces objectifs n'a subsisté. Bien souvent les scènes décrites sont banales, l'originalité venant de l'accent des Noirs de Harlem, et du côté pathétiquement drôle de certaines scènes. Quant à la partie consacrée à la Bulgarie, à part nous montrer que tout est verrouillé, surveillé, et que la population était relativement heureuse malgré sa grande pauvreté, Crumb ne peut pas faire grand-chose. Sur le plan graphique, on remarque déjà ce trait rond, généreux, qui fera dans les années suivantes sa marque de fabrique. A noter que les dialogues et commentaires sont en anglais, et que Cornélius a joint à l'album un fascicule (détaché ! quel intérêt ?) avec toutes les traductions. A réserver aux inconditionnels.
Miss
Je m'attendais à mieux. L'intrigue - un couple mixte de détectives aux Etats-Unis dans les années 20/30, mais aussi leur histoire d'amour chaste- me semblait tout à fait originale. Malheureusement, le côté à la fois inachevé et irrégulier du trait des deux dessinateurs ne permet pas d'apprécier plus positivement cette BD cependant assez distrayante. Notons quand même que le sujet de la prohibition et du krach de 1929 sont ici assez bien traités.
Psychometrer Eiji
Je suis un grand fan de polars noirs - c'est l'essentiel de ma culture littéraire - et je retrouve dans Eiji tous ce que j'ai pu trouver dans ces polars. Déjà, les meurtres sont carrément odieux - et je le pense vraiment. Les psychopathes sont de mise dans ce manga. Le scénario est en général assez bien fichu - j'ai déjà lu 6 enquêtes et je m'en porte pas plus mal... Il faut certes aimer le style mais bon, moi je trouve ça 'achement bien.
Batman - Silence
Je n'ai pas été complètement convaincu par cette série. Du même scénariste, je trouve que Silence reprend beaucoup de la structure de récit de Un Long Halloween : une fois de plus, une enquête emmène Batman à la rencontre de quasiment tous ses vieux ennemis avant d'arriver à une révélation finale. Mais autant sur le plan du dessin que sur le plan du scénario et surtout du final de l'histoire, je le dis tout net : je préfère nettement Un Long Halloween. Jim Lee a un dessin très moderne, le style de dessin qu'on trouve dans les comics récents (un style proche de celui de Michael Turner pour Witchblade par exemple). A mes yeux, ce dessin est bon, d'accord, mais sans aucune âme et froid. Et franchement voir toutes les femmes avec le même physique de mannequin musclé et tous les hommes façon Brad Pitt ou Georges Clooney body-buildés, ça me lasse très vite. Bon, ces questions de goût étant traitées, je dois dire que visuellement, cette BD se lit bien. Quant au scénario, il m'a fallu quelques pages pour entrer dedans car ça commence par des bastons entre Batman, KillerCroc, Catwoman, etc... Rien de bien motivant au niveau intellectuel. Mais au bout de quelque temps, j'ai commencé à vraiment bien accrocher au scénario et à l'enquête que mène Batman, et j'ai bien apprécié ma lecture tout en étant captivé jusqu'à... Eh bien, la fin m'a quand même beaucoup déçu : le dénouement final est complexe, confus et je trouve la "super explication finale" plutôt mauvaise, voire soit incohérente soit difficilement compréhensible. Rien à voir justement avec le final excellent de Un Long Halloween. Un point amusant dans cette série tient aussi au fait que l'on va successivement rencontrer la quasi-totalité des ennemis et amis de Batman. Et pour presque chacun d'eux, un dialogue, une narration, un flash-back de souvenirs ou autre permet de bien situer qui est qui et quelles ont été ses relations passées avec Batman (ça aide quand on veut différencier les différents Robin successifs, ou savoir ce qu'il est advenu des différentes Batgirls). D'une certaine manière, pour ceux qui ne connaissent pas bien Batman, ça permet de découvrir une majorité des nombreux personnages de la série, et pour ceux qui connaissent ça permet de les resituer dans une histoire qui prend bien en compte tout l'historique "officiel" du personnage et de la série. Parmi ces nombreux personnages, certains sont bons, mais d'autres sont quand même franchement ridicules : on retrouve Superman par exemple parmi les amis de Batman, mais aussi... Superchien... Arf ! De même, The Huntress est quand même assez nulle comme personnage, semble-t-il (je ne la connaissais pas avant, un ex-batgirl ?). Et la très rapide apparition du Joker ne le met vraiment pas en valeur pour une fois. Ah, et puis pour les fans de Batman, il est important de noter que la relation entre Batman et Catwoman prend un tournant décisif dans Silence. Une série en trois tomes qui se lit bien, prenante sur une bonne partie de ses pages, au dessin très correct même si sans âme, mais au scénario au final un peu trop facile et artificiel pour moi.
Free Soul
Quatrième tome d'Ebine Yamaji à paraître en France, Free Soul joue toujours sur une thématique commune, celle de l'homosexualité féminine. On peut donc d'abord avoir une impression de répétition par rapport aux précédents ouvrages, mais pourtant il n'en est rien. Certes le sujet de base reste le même. Mais il s'agit à chaque fois de variations, de traitements différents, intégrant des thèmes "secondaires" variés, et riches. Ici, de même que dans Indigo Blue le processus de création tient une part importante. L'auteur se met en quelque sorte en scène à travers Keito, son personnage. Keito est en effet une mangaka en devenir, et montre des relations intéressantes avec son personnage à elle, Angie. Les deux sont aussi (ir)réelles l'une que l'autre, et pourtant on fait bien la distinction... jusqu'à la fin ou un court chapitre vient brouiller/réajuster (selon la façon dont on envisage la chose) la perception du lecteur. L'homosexualité dans tout ça n'est finalement qu'un thème parmi d'autre, une caractéristique de cette oeuvre. L'album en parle, bien sûr, mais d'une manière très naturelle, qui coule de source. Mais à vrai dire on s'en ficherait presque, puisqu'au-delà de l'aspect hétéro/bi/homosexualité, c'est bien d'amour qu'il s'agit, sous diverses formes. Amitié, attirance, amour, dépendance, illusion, rapport à ses parents, ses déclinaisons sont nombreuses. Au final Free Soul n'est pas si facile que ça à lire. Derrière son dessin épuré, il se révèle dense et assez fouillis de prime abord. Mais justement, ce fouillis recèle une richesse intéressante, promettant une ou deux relectures riches.
Règlement de contes
Une BD que j'ai lue sans passion mais sans désintérêt non plus. Le dessin me parait correct, voire tout juste correct. En effet, même si ses défauts ne sautent pas immédiatement aux yeux, il y a quand même pas mal de choses ratées à mes yeux, que ce soit la colorisation et l'encrage d'une part mais aussi et surtout de gros problèmes de perspectives qui enlèvent toute profondeur aux images et qui déforment pas mal de personnages et leur donne également un aspect souvent figé. Bon, dans les faits, si on ne s'y attarde pas trop, ça ne dérange pas vraiment la lecture mais il m'est difficile de dire que j'ai trouvé cette BD joliment dessinée. Quant à l'histoire, si on résume du moins son premier cycle de 2 tomes, c'est une intrigue western assez bateau. Mais par contre j'ai trouvé non seulement originale mais assez réussie la façon dont sont intégrés dans cet univers western classique des éléments de contes pour enfants (Trois petits cochons, Chaperon Rouge, Pierre et le Loup, Chèvre de Monsieur Seguin, etc...). Cela donne une touche particulière au récit et surtout offre un deuxième niveau de lecture qui m'a assez plu, tant par la façon dont elle influe sur l'intrigue que par les dialogues qui sonnent souvent bien juste. Par contre, je dois avouer n'avoir pas réellement été captivé par ce scénario, d'autant plus que je trouve assez artificiel le revirement total de comportement du personnage de Wolf. Ça se laisse lire et a une certaine originalité par cette intégration du conte pour enfant dans un western classique, mais il n'y a là rien d'indispensable.
Le Petit emmerdeur
Une bd qui se veut sympathique sans pour autant promettre la lune, et qui se lit rapidement (un peu trop!). Le personnage possède un humour complet (noir, satyrique...) qui, je pense, peut toucher un large public (à déconseiller tout de même aux enfants trop jeunes). Juste un petit regret au niveau des dessins que je trouve un peu trop "épurés" à mon goût, et parfois pas assez travaillés. A conseiller tout de même afin de passer un agréable moment plein de fou-rires garantis!!
Le Jour du Loup
Globalement, je souscris aux avis précédents. Une petite histoire de "loups-garous" traitée façon burlesque, sans trop de profondeur. C'est tout de même agréable à lire si on ne cherche pas trop la petite bête (quelques grosses ficelles, une fin un peu en queue de poisson...) Sympathique, mais un peu léger pour que je conseille l'achat.