Et bien moi, je la trouve bien sympathique, cette petite BD, à l'inverse des posteurs précédents. Tout simplement parceque dans si peut de page, j'ai retrouvé un condensé de ce que j'aime chez Marc Antoine Mathieu :
- Son style graphique Noir et Blanc pur, léché, que je trouve irréprochable, et ce, depuis la couverture. L'ombre et la lumière y sont représentés avec un contraste évident, et l'ambiance qui se dégage de ce dessin, tendance "étrange obscure", me plait particulièrement.
- Une idée de base simple mais efficace. Bien entendu, on n'a pas la place dans un "pattes de mouche" de développer une trame scénaristique digne d'un album de 48 pages. Encore faut-il utiliser au mieux l'espace alloué à la créativité, ce que MAM fait parfaitement.
Au final, j'ai adoré, entre autre parceque pour moi, la relation entre l'oeuvre de cet auteur et "Les cités obscures" est évidente : même climat complètement obscurantiste, même délire léger...
Ca ne plaira pas à tout le monde, j'en suis persuadé. Mais il serait dommage de ne pas tenter la lecture de ce petit bijou...
"Un pacte avec Dieu" n'est rien de moins que le premier Roman Graphique Américain, né à une époque ou proliférait la folie "Mainstream". Rien que cela.
Ne serait-ce que pour ça, ce livre mérite donc amplement d'être lu.
Les quatres histoires, de qualités variables, sont autant de tirage de portraits sociaux, tournant autour de la vie de pauvres américains, logés dans leur cité.
Si "Un pacte avec Dieu" est une histoire pleine de sens, croustillante, Je me suis un peu ennuyé en lisant la dernière histoire, traitant des départs en vacances. Longue, sans rythme, elle conclue l'album passablement.
Toutefois, il convient de saluer la profondeur psychologique des différents personnages de l'album. Tous très réfléchis, bien pensés, ils sont avant tout criant de vérité, faibles... réels.
Et puis, de ce trait noir et blanc s'échappe de tels sentiments, de tels ambiances... Un encrage simple, mais puissant car porteur de sensations.
Au final, un album plutôt moyen, mais intéressant : malgré des histoires relativement banales se cache un univers réaliste et touchant.
Moi qui suis particulièrement intéressé par les romans et films de Samurais, je suis particulièrement content de trouver ce genre d'albums dans le monde de la bande dessinée.
Une histoire active, dynamique, laissant la part belle à l'action tout en instaurant un scénario complet et très lisible, voilà un premier opus d'une série qu'il va falloir suivre de près !
Premier tome d'un diptyque (Le cycle de l'eau), cet ouvrage nous fait découvrir les compagnons de Okko, qui ne manquent pas de caractère. Un géant Guerrier, un moine alcoolique, et un chasseur de démons : voici un groupe particulièrement original qui va se retrouver plongé malgré lui dans les miasmes du trafic de prostituées japonaises.
C'est bien écrit, mais c'est beau, surtout. Le dessin, malgré une colorisation informatique, ne manque pas de punch. C'est clair, très lisible, et dynamique.
Si vous souhaitez découvrir un ouvrage prenant lieu au Japon médiéval, beaucoup plus facile d'accès que Kaze No Sho de Tanigushi (mais aussi sacrément plus axé sur l'action !), Ce premier volume des chroniques d'Okko est fait pour vous !
Du bon vieux Van Hamme, ou comment faire du neuf avec du vieux.
Album agréable sans être fracassant, il obéit aux règles du genre sans pour autant renier les séries qui le nourrissent.
On saura aisément reconnaître les ficelles de XIII, du même auteur : Personnage principal inconnu, dont on ne sait que peu de choses - ou du moins, dont on croit savoir beaucoup, entretenus dans l'erreur par le talent du scénariste.
Reste que, une fois n'est pas coutume chez cet auteur, c'est une femme qui décroche le premier rôle de cette nouvelle super-production BD. La sensualité et la force de caractère seront donc les véritables armes de la belle, à défaut d'une force physique démesurée.
Belle ? Pas vraiment, en fait. Le dessin est sacrément daté - style année 80 - et coloré d'une manière particulièrement agressive pour la rétine. Marqué au fer rouge "BD classique", ce premier tome interpellera sûrement l'amateur des autres séries de l'auteur ; les fans de nouvelle BD et de traits jeunes et dynamiques risqueront pour leur part de faire un achat malheureux, et ce malgré un scénario correct (mais pas non plus transcendant).
Superbe album de Simon Hureau, de ceux qui vous touchent vraiment.
Pourtant, tout peu sembler ultra-caricatural, à l'extrême : issue d'une famille d'"animaux" (La horde) ou violence, sexe et avilissement fait partie du quotidien, la petite Colombe, maltraitée, se retrouve à 3 ans dans une famille qui la surcouve au point de l'empêcher clairement de s'ouvrir au monde.
Ultra-naïve et candide, elle se plait à vendre son pain, avec pour seul rêve celui de pouvoir s'échapper, loin...
Simon Hureau, que je ne connaissais pas avant la lecture de cet album, frappe très fort, malgré cette vision caricaturale évidente. On se surprend à rire, mais aussi à endurer certaines images fortes, comme le retour "parmi les siens", vraiment effrayant, réellement dur.
Son dessin, tout en monochromie, sait souligner la dureté du récit, mais aussi le rendre léger quand l'heure est à la paix. Les encrages sont très séduisants, le trait régulier et propre, mais aussi typique de la bande dessinée indépendante.
On ne peut pas rester insensible à cet album, surtout lorsque l'on sait qu'il est inspiré d'un fait réel. Toutefois, attention à la fin qui n'est pas rose...
Un très bel album, que je vous recommande particulièrement.
Belle suprise, enprunt d'une poésie qui ne vous laissera pas indifférent. Le scénario d'Isabelle Dethan y est certes pour beaucoup, mais c'est surtout le dessin de Daphné Collignon qui a fait mouche, me concernant.
Cette excursion archéologique, à première vue fantastique, est un superbe voyage dans un pays où la dessinatrice n'a pas hésité à se rendre, afin de nous absorber encore plus dans sa mise en couleur chaude et élégante.
On y découvre des personnages aux personnalités convainquantes, pas du tout manichéennes, et qui forge le contexte réaliste de l'histoire. Celle-ci, pourtant diablement classique, rend la lecture agréable - si l'on omet le dénouement, sous la forme d'un dialogue sur plusieurs pages, qui peut sembler un peu décousu à la première lecture. C'est attirant et élégant. Mais plus qu'un premier tome, c'est aussi un album que l'on peut lire comme un One-Shot, et qui se suffit bien à lui même.
reste que j'attends avec impatience la suite de cette histoire, qui espérons-le, sera moins classique, plus novatrice.
Et bien, je ne serai pas aussi enthousiaste que Kael, pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, parce que j'ai lu et aimé Pyongyang et Shenzhen, de Delisle. Pour moi, comme carnets de voyages témoins de la culture asiatique en bande dessinée, difficile de trouver mieux que ces deux albums là.
En effet, je trouve Simon Hureau beaucoup moins apte à rendre son quotidien, finalement assez banal, passionnant.
Pourtant, on pourrait croire le contraire : là où Delisle ne faisait que partir bosser dans un studio d'animation, Simon Hureau, lui est un aventurier. Il part coucher dans des temples khmers, nuit... après nuit... après nuit.... et finalement, ne renouvelle pas tant que ça son récit.
Mais aussi parce que la narration de Simon Hureau semble particulièrement décousue dans certaines parties de son histoire. Les dialogues s'enchaînent parfois sans queue ni tête, et au final, on apprend bien peu de choses de ce pays khmer. Juste des impressions, des sentiments... Pas très enrichissant, tout ça.
Alors, OUI, c'est un album à lire car dépaysant et original. Mais NON, vous ne tenez pas une perle (malgré son prix élevé) entre les mains. Juste un album sympa, à la narration un peu brouillonne, mais au dessin assez séduisant.
Sympa !
Même si finalement l'ensemble reste anecdotique et sans réel intérêt (certains passages peuvent en effet sembler assez long), la lecture de cette ouvrage est distrayante.
Lorsque comme moi on est Lyonnais, que l'on connait la librairie Expérience dont il est question dans l'album, ainsi que la libraire Agathe, et que l'on a visité Barcelone une semaine durant, on trouve en effet bien des références personnelles dans cet album :) Mais j'ai bien peur que le seul réel attrait de ce livre soit celui-ci, mon concernant.
Finalement, les divers entretiens qu'il a eu avec d'autres grands noms de la BD (Blutch, Trondheim, Burns (argh !!)) sont tellement vite traités qu'il n'en ressort hélas pas grand chose.
Toutefois, on découvre l'auteur sous un nouvel angle. Mal dans sa peau la plupart du temps, mais aussi très auto-critique et adepte de l'auto-dérision, il parvient à nous peiner, nous faire sourire, nous émouvoir sur finalement pas mal de petits riens.
J'ai particulièrement aimé sa "Diarrhée du voyageur" :
1) Réveil avec le ventre en furie
2) Pepto Bismol = bonbon !
3) Aux toilettes, bruit de pipi, mais ça vient bien de mon derrière !
4) Un violent robinet anal !
Sa-vou-reux :D
Par contre, je trouve la qualité graphique impressionnante, pour un carnet de croquis. Que l'auteur prenne autant de temps sur la finition de ce genre d'ouvrages me parait presque étrange - maintenant, il savait qu'il éditerait cet album 222 pages plus tard, donc...
Bref, un ensemble qui se tient, malgré des longueurs vraiment évitables... mais c'est le lot de bien des carnets de croquis. Une seule question me travaille : au vu des quelques couplets de chansons particulièrement mal traduits que contient l'album, l'ensemble de l'ouvrage "bénéficierait"-il d'une adaptation désastreuse ? :(
Si c'est le cas, cherchez la VO, c'est mon conseil du soir.
Je ne m'attendais pas vraiment à ce type de scénario, en fait. Je le pensais beaucoup moins axé "Aventure - enquête", un peu plus "Roman intimiste".
En fait, la véritable force de cet album, c'est de savoir conjuguer ces deux aspects sans pour autant introduire de longueurs dans la narration, dans le récit.
Voici donc Yvan, écrivain en mal d'inspiration qui pour le coup devient Auteur - Investigateur. Le problème, c'est qu'il s'attaque à gros... trop gros pour lui.
Pour un premier album, chez Poisson Pilote, les deux auteurs réalisent ici une oeuvre très professionnelle. A peine peut-on reprocher peut-être un côté un peu fouilli dans la narration en début de tome, mais cette impression s'évapore bien vite pour laisser place à une histoire de qualité.
Yvan est touchant, lui et son incapacité, au final, à changer le cours des choses, concernant sa vie intime, sa vie de couple. Tout lui échappe, et on en vient à le prendre en pitié - mais ne serait-il pas lui même la cause de ses soucis sentimentaux ?
Reste que le refuge qu'il trouve dans cette enquête dans le monde des politiciens verreux et autres banquiers sans scrupule est très efficace.
Le dessin de Thomas Clément est assez particulier. En fait, c'est "un dessin en 2D qui simule un dessin en 3D avec un rendu type 2D". Ok, personne à rien compris :)
Mais regardez par exemple, le nez d'Yvan ! C'est un peu marrier un dessin qui rejète toute perspective travaillée, et un soucis de la volumétrie... un trait qui se veut sacrément paradoxal :)
Au final, l'ensemble est très efficace, à défaut d'être réellement original. L'important, c'est que ce premier tome nous donne sacrément envie de lire la suite de la série.
Je n'ai jamais été un grand fan du "vent dans les saules". S'il est clair que je ne pouvais être indifférent au style graphique jubilatoire de Plessix, j'avoue que le ton me semblait trop "enfantin", dans le sens péjoratif du terme.
J'ai lu bien des séries "Jeunesse", et j'en ai aimé grand nombres. Pour leur innocence, le plus souvent. Mais "le vent dans les Saules" avait ce côté beaucoup trop mielleux qui m'agaçait parfois (bonne série tout de même !).
Ici, Michel Plessix se sent plus libre, non "contraint" par le scénario originel d'un hypothétique roman. Seul maître à bord, il ne sacrifie pas pour autant ses petits personnages, qui restent tels qu'on les a connu auparavant : mignons, malins.. les fans de la série originelle seront aux anges.
Mais ce qui transporte, ce n'est pas seulement ce dessin superbe à en pleurer, mais aussi cette narration, cette invitation au voyage... Le nom de ce tome ne pouvait pas être mieux choisi. C'est bien simple, s'il ne tenait qu'à moi, je prendrais le premier avion pour l'aventure dès ce soir ;)
Arwen relève un détail important : la relative lourdeur de certaines cases. N'allez pas voir là un défaut du dessinateur, mais bien de la maison d'édition : imprimer un tel album sur un petit format, c'est un gachis incroyable :(
Mais bon, le grand format n'est pas adapté à la cible, paraît-il... :(
Au final, un album comme j'en lis rarement, et qui mérite amplement de faire partie de votre bibliothèque.
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La mutation
Et bien moi, je la trouve bien sympathique, cette petite BD, à l'inverse des posteurs précédents. Tout simplement parceque dans si peut de page, j'ai retrouvé un condensé de ce que j'aime chez Marc Antoine Mathieu : - Son style graphique Noir et Blanc pur, léché, que je trouve irréprochable, et ce, depuis la couverture. L'ombre et la lumière y sont représentés avec un contraste évident, et l'ambiance qui se dégage de ce dessin, tendance "étrange obscure", me plait particulièrement. - Une idée de base simple mais efficace. Bien entendu, on n'a pas la place dans un "pattes de mouche" de développer une trame scénaristique digne d'un album de 48 pages. Encore faut-il utiliser au mieux l'espace alloué à la créativité, ce que MAM fait parfaitement. Au final, j'ai adoré, entre autre parceque pour moi, la relation entre l'oeuvre de cet auteur et "Les cités obscures" est évidente : même climat complètement obscurantiste, même délire léger... Ca ne plaira pas à tout le monde, j'en suis persuadé. Mais il serait dommage de ne pas tenter la lecture de ce petit bijou...
Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)
"Un pacte avec Dieu" n'est rien de moins que le premier Roman Graphique Américain, né à une époque ou proliférait la folie "Mainstream". Rien que cela. Ne serait-ce que pour ça, ce livre mérite donc amplement d'être lu. Les quatres histoires, de qualités variables, sont autant de tirage de portraits sociaux, tournant autour de la vie de pauvres américains, logés dans leur cité. Si "Un pacte avec Dieu" est une histoire pleine de sens, croustillante, Je me suis un peu ennuyé en lisant la dernière histoire, traitant des départs en vacances. Longue, sans rythme, elle conclue l'album passablement. Toutefois, il convient de saluer la profondeur psychologique des différents personnages de l'album. Tous très réfléchis, bien pensés, ils sont avant tout criant de vérité, faibles... réels. Et puis, de ce trait noir et blanc s'échappe de tels sentiments, de tels ambiances... Un encrage simple, mais puissant car porteur de sensations. Au final, un album plutôt moyen, mais intéressant : malgré des histoires relativement banales se cache un univers réaliste et touchant.
Okko
Moi qui suis particulièrement intéressé par les romans et films de Samurais, je suis particulièrement content de trouver ce genre d'albums dans le monde de la bande dessinée. Une histoire active, dynamique, laissant la part belle à l'action tout en instaurant un scénario complet et très lisible, voilà un premier opus d'une série qu'il va falloir suivre de près ! Premier tome d'un diptyque (Le cycle de l'eau), cet ouvrage nous fait découvrir les compagnons de Okko, qui ne manquent pas de caractère. Un géant Guerrier, un moine alcoolique, et un chasseur de démons : voici un groupe particulièrement original qui va se retrouver plongé malgré lui dans les miasmes du trafic de prostituées japonaises. C'est bien écrit, mais c'est beau, surtout. Le dessin, malgré une colorisation informatique, ne manque pas de punch. C'est clair, très lisible, et dynamique. Si vous souhaitez découvrir un ouvrage prenant lieu au Japon médiéval, beaucoup plus facile d'accès que Kaze No Sho de Tanigushi (mais aussi sacrément plus axé sur l'action !), Ce premier volume des chroniques d'Okko est fait pour vous !
Lady S.
Du bon vieux Van Hamme, ou comment faire du neuf avec du vieux. Album agréable sans être fracassant, il obéit aux règles du genre sans pour autant renier les séries qui le nourrissent. On saura aisément reconnaître les ficelles de XIII, du même auteur : Personnage principal inconnu, dont on ne sait que peu de choses - ou du moins, dont on croit savoir beaucoup, entretenus dans l'erreur par le talent du scénariste. Reste que, une fois n'est pas coutume chez cet auteur, c'est une femme qui décroche le premier rôle de cette nouvelle super-production BD. La sensualité et la force de caractère seront donc les véritables armes de la belle, à défaut d'une force physique démesurée. Belle ? Pas vraiment, en fait. Le dessin est sacrément daté - style année 80 - et coloré d'une manière particulièrement agressive pour la rétine. Marqué au fer rouge "BD classique", ce premier tome interpellera sûrement l'amateur des autres séries de l'auteur ; les fans de nouvelle BD et de traits jeunes et dynamiques risqueront pour leur part de faire un achat malheureux, et ce malgré un scénario correct (mais pas non plus transcendant).
Colombe et la Horde
Superbe album de Simon Hureau, de ceux qui vous touchent vraiment. Pourtant, tout peu sembler ultra-caricatural, à l'extrême : issue d'une famille d'"animaux" (La horde) ou violence, sexe et avilissement fait partie du quotidien, la petite Colombe, maltraitée, se retrouve à 3 ans dans une famille qui la surcouve au point de l'empêcher clairement de s'ouvrir au monde. Ultra-naïve et candide, elle se plait à vendre son pain, avec pour seul rêve celui de pouvoir s'échapper, loin... Simon Hureau, que je ne connaissais pas avant la lecture de cet album, frappe très fort, malgré cette vision caricaturale évidente. On se surprend à rire, mais aussi à endurer certaines images fortes, comme le retour "parmi les siens", vraiment effrayant, réellement dur. Son dessin, tout en monochromie, sait souligner la dureté du récit, mais aussi le rendre léger quand l'heure est à la paix. Les encrages sont très séduisants, le trait régulier et propre, mais aussi typique de la bande dessinée indépendante. On ne peut pas rester insensible à cet album, surtout lorsque l'on sait qu'il est inspiré d'un fait réel. Toutefois, attention à la fin qui n'est pas rose... Un très bel album, que je vous recommande particulièrement.
Le Rêve de pierres
Belle suprise, enprunt d'une poésie qui ne vous laissera pas indifférent. Le scénario d'Isabelle Dethan y est certes pour beaucoup, mais c'est surtout le dessin de Daphné Collignon qui a fait mouche, me concernant. Cette excursion archéologique, à première vue fantastique, est un superbe voyage dans un pays où la dessinatrice n'a pas hésité à se rendre, afin de nous absorber encore plus dans sa mise en couleur chaude et élégante. On y découvre des personnages aux personnalités convainquantes, pas du tout manichéennes, et qui forge le contexte réaliste de l'histoire. Celle-ci, pourtant diablement classique, rend la lecture agréable - si l'on omet le dénouement, sous la forme d'un dialogue sur plusieurs pages, qui peut sembler un peu décousu à la première lecture. C'est attirant et élégant. Mais plus qu'un premier tome, c'est aussi un album que l'on peut lire comme un One-Shot, et qui se suffit bien à lui même. reste que j'attends avec impatience la suite de cette histoire, qui espérons-le, sera moins classique, plus novatrice.
Palaces
Et bien, je ne serai pas aussi enthousiaste que Kael, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, parce que j'ai lu et aimé Pyongyang et Shenzhen, de Delisle. Pour moi, comme carnets de voyages témoins de la culture asiatique en bande dessinée, difficile de trouver mieux que ces deux albums là. En effet, je trouve Simon Hureau beaucoup moins apte à rendre son quotidien, finalement assez banal, passionnant. Pourtant, on pourrait croire le contraire : là où Delisle ne faisait que partir bosser dans un studio d'animation, Simon Hureau, lui est un aventurier. Il part coucher dans des temples khmers, nuit... après nuit... après nuit.... et finalement, ne renouvelle pas tant que ça son récit. Mais aussi parce que la narration de Simon Hureau semble particulièrement décousue dans certaines parties de son histoire. Les dialogues s'enchaînent parfois sans queue ni tête, et au final, on apprend bien peu de choses de ce pays khmer. Juste des impressions, des sentiments... Pas très enrichissant, tout ça. Alors, OUI, c'est un album à lire car dépaysant et original. Mais NON, vous ne tenez pas une perle (malgré son prix élevé) entre les mains. Juste un album sympa, à la narration un peu brouillonne, mais au dessin assez séduisant.
Carnet de voyage (Un américain en balade)
Sympa ! Même si finalement l'ensemble reste anecdotique et sans réel intérêt (certains passages peuvent en effet sembler assez long), la lecture de cette ouvrage est distrayante. Lorsque comme moi on est Lyonnais, que l'on connait la librairie Expérience dont il est question dans l'album, ainsi que la libraire Agathe, et que l'on a visité Barcelone une semaine durant, on trouve en effet bien des références personnelles dans cet album :) Mais j'ai bien peur que le seul réel attrait de ce livre soit celui-ci, mon concernant. Finalement, les divers entretiens qu'il a eu avec d'autres grands noms de la BD (Blutch, Trondheim, Burns (argh !!)) sont tellement vite traités qu'il n'en ressort hélas pas grand chose. Toutefois, on découvre l'auteur sous un nouvel angle. Mal dans sa peau la plupart du temps, mais aussi très auto-critique et adepte de l'auto-dérision, il parvient à nous peiner, nous faire sourire, nous émouvoir sur finalement pas mal de petits riens. J'ai particulièrement aimé sa "Diarrhée du voyageur" : 1) Réveil avec le ventre en furie 2) Pepto Bismol = bonbon ! 3) Aux toilettes, bruit de pipi, mais ça vient bien de mon derrière ! 4) Un violent robinet anal ! Sa-vou-reux :D Par contre, je trouve la qualité graphique impressionnante, pour un carnet de croquis. Que l'auteur prenne autant de temps sur la finition de ce genre d'ouvrages me parait presque étrange - maintenant, il savait qu'il éditerait cet album 222 pages plus tard, donc... Bref, un ensemble qui se tient, malgré des longueurs vraiment évitables... mais c'est le lot de bien des carnets de croquis. Une seule question me travaille : au vu des quelques couplets de chansons particulièrement mal traduits que contient l'album, l'ensemble de l'ouvrage "bénéficierait"-il d'une adaptation désastreuse ? :( Si c'est le cas, cherchez la VO, c'est mon conseil du soir.
Tout va bien
Je ne m'attendais pas vraiment à ce type de scénario, en fait. Je le pensais beaucoup moins axé "Aventure - enquête", un peu plus "Roman intimiste". En fait, la véritable force de cet album, c'est de savoir conjuguer ces deux aspects sans pour autant introduire de longueurs dans la narration, dans le récit. Voici donc Yvan, écrivain en mal d'inspiration qui pour le coup devient Auteur - Investigateur. Le problème, c'est qu'il s'attaque à gros... trop gros pour lui. Pour un premier album, chez Poisson Pilote, les deux auteurs réalisent ici une oeuvre très professionnelle. A peine peut-on reprocher peut-être un côté un peu fouilli dans la narration en début de tome, mais cette impression s'évapore bien vite pour laisser place à une histoire de qualité. Yvan est touchant, lui et son incapacité, au final, à changer le cours des choses, concernant sa vie intime, sa vie de couple. Tout lui échappe, et on en vient à le prendre en pitié - mais ne serait-il pas lui même la cause de ses soucis sentimentaux ? Reste que le refuge qu'il trouve dans cette enquête dans le monde des politiciens verreux et autres banquiers sans scrupule est très efficace. Le dessin de Thomas Clément est assez particulier. En fait, c'est "un dessin en 2D qui simule un dessin en 3D avec un rendu type 2D". Ok, personne à rien compris :) Mais regardez par exemple, le nez d'Yvan ! C'est un peu marrier un dessin qui rejète toute perspective travaillée, et un soucis de la volumétrie... un trait qui se veut sacrément paradoxal :) Au final, l'ensemble est très efficace, à défaut d'être réellement original. L'important, c'est que ce premier tome nous donne sacrément envie de lire la suite de la série.
Le Vent dans les Sables
Je n'ai jamais été un grand fan du "vent dans les saules". S'il est clair que je ne pouvais être indifférent au style graphique jubilatoire de Plessix, j'avoue que le ton me semblait trop "enfantin", dans le sens péjoratif du terme. J'ai lu bien des séries "Jeunesse", et j'en ai aimé grand nombres. Pour leur innocence, le plus souvent. Mais "le vent dans les Saules" avait ce côté beaucoup trop mielleux qui m'agaçait parfois (bonne série tout de même !). Ici, Michel Plessix se sent plus libre, non "contraint" par le scénario originel d'un hypothétique roman. Seul maître à bord, il ne sacrifie pas pour autant ses petits personnages, qui restent tels qu'on les a connu auparavant : mignons, malins.. les fans de la série originelle seront aux anges. Mais ce qui transporte, ce n'est pas seulement ce dessin superbe à en pleurer, mais aussi cette narration, cette invitation au voyage... Le nom de ce tome ne pouvait pas être mieux choisi. C'est bien simple, s'il ne tenait qu'à moi, je prendrais le premier avion pour l'aventure dès ce soir ;) Arwen relève un détail important : la relative lourdeur de certaines cases. N'allez pas voir là un défaut du dessinateur, mais bien de la maison d'édition : imprimer un tel album sur un petit format, c'est un gachis incroyable :( Mais bon, le grand format n'est pas adapté à la cible, paraît-il... :( Au final, un album comme j'en lis rarement, et qui mérite amplement de faire partie de votre bibliothèque.