"Dans l'cochon, tout est bon" est une satire de notre société de tous les excès (consommation pantagruélique, pollution à tout va et autres joyeusetés). Comme le souligne Don Lope, le cadre de cette bd a donc de quoi indisposer sans pour autant paraître vulgaire ou déplacé. Dans cet univers pour le moins particulier, Mazan ancre l’histoire de Philibert dont sa vie a basculé depuis sa rencontre avec Léa. Le découpage en chapitres permet de passer d’un moment de la vie de Phil à un autre sans difficulté. Un soin particulier a été apporté aux dialogues que je trouve vraiment bon ! L’auteur nous présente un récit touchant avec un final poignant. Quant au dessin, j’apprécie ce style assez caricatural dans le ton et rehaussé par une mise en couleur qui retranscrit fort bien l’ambiance du récit.
Bref, voici une histoire fine, cachée sous un amas de chairs fétides . . . l’auteur ne s’épargne aucune difficulté !
Elle est marrante cette BD! En plus j'aime bien le dessin.
C'est vrai que les gags sont inégaux, mais j'apprécie ce genre d'humour... c'est le genre d'humour "qui tombe à plat", si vous voyez ce que je veux dire. Avec des situations cocasses, des quiproquos, des petites crises de folie (normal avec une BD sur les psys)...
Enfin voilà quoi... C'est rigolo.
Héritier de Tardi et de Jacobs, Pierre Wininger nous emmène ici sur les pas d'un journaliste intrépide féru d'Egypte antique. Bon, pour l'originalisté, on repassera. Pour le dessin aussi, car non content de faire du Tardi parfois trop évident, Wininger a du mal à développer ses personnages ; ils ont -presque- tous la même tête, et les seuls qu'on arrive à distinguer sont... tous emmitouflés derrière écharpes et grosses lunettes ! Pourtant, les décors (en particulier ceux singeant l'Egypte antique, bien sûr, mais aussi Paris il y a 80 ou 90 ans) sont assez réussis, malgré une mise en couleurs très... fade.
Quant à l'histoire... On a un peu l'impression que l'intrigue court sur trois albums de façon un peu artificielle, et le chapitre final est un grand bazar où l'on ne sait plus qui fait quoi, d'autant plus que les retournements de situations sont légion.
A réserver aux amateurs du genre...
Une véritable tornade, cette bd, rien ni personne n'y est épargné. Sous couvert d'humour, ce pastiche de Gil Jourdan de Tillieux est une critique féroce du monde de la bd et de l'édition. Des éditeurs (les frères Traknar), aux chasseurs de dédicaces ("vous pouvez me faire un dessin... c'est pour revendre... sur ebay"), aux collectionneurs prêts aux hold-up pour posséder un tirage de tête, jusqu'aux libraires ("deux albums pour le prix de trois"), bref une galerie de portraits très acide est présentée.
Mais ce qui ressort le plus du scénario c'est évidement le parallèle entre la gestion de Tintin par Moulinsart (car Nick Rodwell et Fanny Rémi n'y sont guère représentés à leurs avantages dans l'album) et celle du personnage Bibou.
Les allusions à peine dissimulées aux studios Hergé (avec Martin Braque alias Jacques Martin) m'étonnent du peu de réaction de Moulinsart sur cette BD. En effet, il ne faut pas oublier que récemment Marniquet a connu quelques déboires avec les ayant -droits de Jacobs...
Néanmoins, cet album est fort agréable à lire (et surtout à regarder) malgré un scénario parfois (euh... souvent) tiré par les cheveux et on s'attend à croiser Libellule ou Croûton au détour d'une page, tant on baigne dans l'univers de Tillieux. Un bel hommage à Maurice Tillieux, cette bd étant d'ailleurs préfacée par sa fille.
Tezuka est vraiment un auteur très prolifique ! Je répète ce qui a été dit des milliers de fois mais c'est vraiment un grand bonhomme de la bande dessinée.
Son œuvre est riche et variée, et ses histoires même si elles ne manquent pas de complexité, se laissent lire en toute simplicité.
Parlons de Barbara. Barbara est une œuvre qui a pour cadre une certaine société plutôt permissive, les protagonistes sont pour la plupart issus d'un milieu assez aisé, sauf Barbara, la petite hippie alcoolique qui illumine cette histoire.
Tezuka met en scène avec une parfaite maîtrise une histoire violente et forte se déroulant pendant les 70'S. En fait ce sont plutôt des histoires courtes, présentées ici comme des chapitres, plus ou moins liés.
Barbara est un personnage intéressant, une muse, un vampire... qui inspire l'artiste mais détruit l'homme qu'il est. Barbara est attachante, insupportable, naïve... Barbara est surtout radieuse sous ses guenilles. Un personnage très riche, très réussi.
Les dessins de Tezuka sont un peu plus "rudes" que d'habitude mais ils ont toujours ce dynamisme si particulier. Le découpage est innovant comme dans ses autres œuvres.
Une bonne série, en deux volumes qui se lisent vite et avec plaisir, même si l'histoire est sombre et amère. C'est une réflexion d'artiste que Tezuka nous propose là, et c'est une œuvre intelligente et forte.
Surprenant !
John Romita Jr est l'un des artistes les plus connus de chez Marvel, il a travaillé sur quasiment toutes les grandes séries du célèbre éditeur, il a dessiné tous les personnages...
Zone d'ombre est une de ses idées personnelles et c'est un plaisir de voir un artiste tel que lui sortir du clivage des super-héros.
Le scénario est assez riche et complexe, il n'y a pas de temps mort sur les 100 pages de ce one-shot et l'idée de départ est bien développée.
On peut craindre à lire le résumé de Zone d'ombre, de se retrouver une fois de plus avec un anti-héros recherchant pardon et rédemption après avoir commis les pires exactions... mais non, Zone d'ombre ne manque pas d'originalité, l'histoire démarre comme un thriller banal et bascule vite dans le fantastique de façon crédible et maîtrisée, c'est du tout bon.
Comme quoi, il est possible d'utiliser un traitement intelligent pour un thème maintes fois exploité.
Les dessins de Romita Jr sont comme d'habitude : extraordinaires !
Son style très personnel, reconnaissable au premier coup d'œil est vraiment plaisant.
Pour ce qui est du choix des angles ou du découpage, c'est la classe. Côté graphique c'est une réussite totale.
Zone d'ombre est un bon album, on y retrouve un Romita Jr en forme et en totale osmose avec Glen Brunswick.
L'histoire est riche, les personnages ont de la personnalité et l'intrigue tient la route. Je ne suis pas déçu !
Petit bonus : en fin d'album on retrouve quelques crayonnés et dessins préparatoires, où l'on peut constater l'importance du travail d'encrage de Klaus Janson.
Bref, Zone d'ombre est un comic de bonne facture qui mérite une lecture.
Excellente adaptation du conte si connu de Charles Perrault. Le dessin de Loyer est épuré (mais pas trop), chatoyant grâce à de belles couleurs, et le dessin -presque- sans encrage le rend très agréable. Côté histoire, Loyer a su tirer le maximum de cette histoire toute simple mais pourtant charmante, et en restituer l'esprit. Ca se lit très vite, mais on ne boude pas son plaisir.
"Les maîtres de l'orge", j'adhère complètement ! C'est tout bonnement une des meilleures sagas familiales en bande-dessinée. Une fois le premier tome commencé, je ne pouvais plus m'arrêter.
Tout d'abord, le dessin est vraiment d'une qualité irréprochable : net, précis, clair, sans bavure. Vraiment un must. Certaines planches sont magnifiques, parmi les plus belles et les marquantes que j'ai jamais vues.
Je crois que l'avenir de la ligne claire, si caractéristique de la BD franco-belge (je pense à Tintin par exemple), se situe là. Bref, tout ça pour dire que j'aime ce dessin.
Ensuite l'histoire. C'est une autre paire de manches. Je ne sais pas si c'est l'exacte vérité. C'est en tout cas au moins inspirée d'une histoire vraie. La bière est un prétexte, bien évidemment.
Toutefois, l'aspect romanesque, qui a été ajouté, ou pour employer le terme plus flatteur "insufflé", dans cette série est indéniable.
En fait, celle-ci est une saga, il est donc presque indispensable de lire les tomes dans l'ordre. On suit la destinée de la famille Steenfort à travers ses plus illustres représentants. Efficace. Quel charisme en effet. Julienne en particulier, est un personnage vraiment profond. Car n'oublions que l'analyse psychologique, plus important selon moi que l'aspect romanesque, est ici poussée assez loin.
Je pense que tout est fait pour rendre ces personnages les plus "humains" possible. Conséquence logique : on s'y attache.
Quelques détails qui m'ont particulièrement plu : le panorama de Dorp qui change au fil du temps et des épisodes, et les introductions qui situent efficacement le contexte, et donne une portée historique à la série.
Pour résumer, un ensemble très homogène aux dessins impeccables, très bien adaptés et parfois superbes, et qui tire sa force d'un certain "souffle" romanesque, des histoires imbriquées entre elles, et des personnages charismatiques.
Le tout est d'une cohésion remarquable.
Bref, ce n'est pas un chef-d'œuvre, cela ne marquera pas l'histoire de la bande dessinée, mais "Les maîtres de l'orge" sont d'une virtuosité technique, scénaristique -et aussi commerciale telle-, que l'on ne peut s'empêcher de se dire que Van Hamme est vraiment un sacré malin...
Une des meilleures BD pour la jeunesse, tout simplement. Un graphisme attachant, pas prise de tête, mais qui ne verse pas dans le naïf non plus: du pur Peyo. De très bonnes histoires, bien pensées, Peyo ne prenait manifestement pas son public pour un imbécile! Et point d'orgue: une des rares bandes-dessinées qui se laisse relire bien des années après l'enfance! Personnellement, quand je finis un "Johan et Pirlouit", il ressort toujours cet espèce d'optimisme si caractéristique des BD de Peyo.
En définitive, un classique incontournable de la BD jeunesse que je conseille à tout le monde, et particulièrement à la classe d'âge des 7-13 ans à qui cette série est évidemment destinée !
Pour cette nouvelle série de Civiello scénarisée par Hélène Herbeau, Manu abandonne ses tonnes de couleurs pour un dessin aquarellé à dominante brune.
Le résultat donne de belles planches très détaillées (les vues sur Los-Angeles de l’époque sont magnifiques !), parfois trop à mon goût parce que la lisibilité n’est pas exemplaire. Je me suis senti perdu devant les nombreux détails qui noient les personnages. Des contours plus prononcés pour les personnages, des arrières plans moins chargés et un peu plus de contrastes auraient été les bienvenus à mon avis.
Le scénario est à l’image du dessin et de l’époque, c’est à dire que c’est une sympathique histoire bordélique d’un apprenti gangster prénommé Vini sur fond de mafia hollywoodienne.
Malheureusement, la narration manque de fluidité, de nombreux flash-backs parsèment l’histoire et la compliquent finalement même si l’album est décomposé en plusieurs chapitres !
Une deuxième lecture s’impose pour bien comprendre cette histoire.
En conclusion, l’ensemble laisse un sentiment mitigé, je pense que le scénario est trop condensé. L’histoire aurait mérité un tome de plus pour privilégier la fluidité de la narration et pour que le lecteur puisse s’attacher un peu plus au personnage de Vini et à son entourage. Bien que j’apprécie énormément le talent de Civiello, j’avoue objectivement que son travail sur « Mamma Mia » m’a moyennement convaincu.
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Les Aventures de Philibert
"Dans l'cochon, tout est bon" est une satire de notre société de tous les excès (consommation pantagruélique, pollution à tout va et autres joyeusetés). Comme le souligne Don Lope, le cadre de cette bd a donc de quoi indisposer sans pour autant paraître vulgaire ou déplacé. Dans cet univers pour le moins particulier, Mazan ancre l’histoire de Philibert dont sa vie a basculé depuis sa rencontre avec Léa. Le découpage en chapitres permet de passer d’un moment de la vie de Phil à un autre sans difficulté. Un soin particulier a été apporté aux dialogues que je trouve vraiment bon ! L’auteur nous présente un récit touchant avec un final poignant. Quant au dessin, j’apprécie ce style assez caricatural dans le ton et rehaussé par une mise en couleur qui retranscrit fort bien l’ambiance du récit. Bref, voici une histoire fine, cachée sous un amas de chairs fétides . . . l’auteur ne s’épargne aucune difficulté !
Les Psy
Elle est marrante cette BD! En plus j'aime bien le dessin. C'est vrai que les gags sont inégaux, mais j'apprécie ce genre d'humour... c'est le genre d'humour "qui tombe à plat", si vous voyez ce que je veux dire. Avec des situations cocasses, des quiproquos, des petites crises de folie (normal avec une BD sur les psys)... Enfin voilà quoi... C'est rigolo.
Les Aventures de Victor Billetdoux
Héritier de Tardi et de Jacobs, Pierre Wininger nous emmène ici sur les pas d'un journaliste intrépide féru d'Egypte antique. Bon, pour l'originalisté, on repassera. Pour le dessin aussi, car non content de faire du Tardi parfois trop évident, Wininger a du mal à développer ses personnages ; ils ont -presque- tous la même tête, et les seuls qu'on arrive à distinguer sont... tous emmitouflés derrière écharpes et grosses lunettes ! Pourtant, les décors (en particulier ceux singeant l'Egypte antique, bien sûr, mais aussi Paris il y a 80 ou 90 ans) sont assez réussis, malgré une mise en couleurs très... fade. Quant à l'histoire... On a un peu l'impression que l'intrigue court sur trois albums de façon un peu artificielle, et le chapitre final est un grand bazar où l'on ne sait plus qui fait quoi, d'autant plus que les retournements de situations sont légion. A réserver aux amateurs du genre...
Les Aventures de Simon Nian
Une véritable tornade, cette bd, rien ni personne n'y est épargné. Sous couvert d'humour, ce pastiche de Gil Jourdan de Tillieux est une critique féroce du monde de la bd et de l'édition. Des éditeurs (les frères Traknar), aux chasseurs de dédicaces ("vous pouvez me faire un dessin... c'est pour revendre... sur ebay"), aux collectionneurs prêts aux hold-up pour posséder un tirage de tête, jusqu'aux libraires ("deux albums pour le prix de trois"), bref une galerie de portraits très acide est présentée. Mais ce qui ressort le plus du scénario c'est évidement le parallèle entre la gestion de Tintin par Moulinsart (car Nick Rodwell et Fanny Rémi n'y sont guère représentés à leurs avantages dans l'album) et celle du personnage Bibou. Les allusions à peine dissimulées aux studios Hergé (avec Martin Braque alias Jacques Martin) m'étonnent du peu de réaction de Moulinsart sur cette BD. En effet, il ne faut pas oublier que récemment Marniquet a connu quelques déboires avec les ayant -droits de Jacobs... Néanmoins, cet album est fort agréable à lire (et surtout à regarder) malgré un scénario parfois (euh... souvent) tiré par les cheveux et on s'attend à croiser Libellule ou Croûton au détour d'une page, tant on baigne dans l'univers de Tillieux. Un bel hommage à Maurice Tillieux, cette bd étant d'ailleurs préfacée par sa fille.
Barbara
Tezuka est vraiment un auteur très prolifique ! Je répète ce qui a été dit des milliers de fois mais c'est vraiment un grand bonhomme de la bande dessinée. Son œuvre est riche et variée, et ses histoires même si elles ne manquent pas de complexité, se laissent lire en toute simplicité. Parlons de Barbara. Barbara est une œuvre qui a pour cadre une certaine société plutôt permissive, les protagonistes sont pour la plupart issus d'un milieu assez aisé, sauf Barbara, la petite hippie alcoolique qui illumine cette histoire. Tezuka met en scène avec une parfaite maîtrise une histoire violente et forte se déroulant pendant les 70'S. En fait ce sont plutôt des histoires courtes, présentées ici comme des chapitres, plus ou moins liés. Barbara est un personnage intéressant, une muse, un vampire... qui inspire l'artiste mais détruit l'homme qu'il est. Barbara est attachante, insupportable, naïve... Barbara est surtout radieuse sous ses guenilles. Un personnage très riche, très réussi. Les dessins de Tezuka sont un peu plus "rudes" que d'habitude mais ils ont toujours ce dynamisme si particulier. Le découpage est innovant comme dans ses autres œuvres. Une bonne série, en deux volumes qui se lisent vite et avec plaisir, même si l'histoire est sombre et amère. C'est une réflexion d'artiste que Tezuka nous propose là, et c'est une œuvre intelligente et forte. Surprenant !
Zone d'ombre
John Romita Jr est l'un des artistes les plus connus de chez Marvel, il a travaillé sur quasiment toutes les grandes séries du célèbre éditeur, il a dessiné tous les personnages... Zone d'ombre est une de ses idées personnelles et c'est un plaisir de voir un artiste tel que lui sortir du clivage des super-héros. Le scénario est assez riche et complexe, il n'y a pas de temps mort sur les 100 pages de ce one-shot et l'idée de départ est bien développée. On peut craindre à lire le résumé de Zone d'ombre, de se retrouver une fois de plus avec un anti-héros recherchant pardon et rédemption après avoir commis les pires exactions... mais non, Zone d'ombre ne manque pas d'originalité, l'histoire démarre comme un thriller banal et bascule vite dans le fantastique de façon crédible et maîtrisée, c'est du tout bon. Comme quoi, il est possible d'utiliser un traitement intelligent pour un thème maintes fois exploité. Les dessins de Romita Jr sont comme d'habitude : extraordinaires ! Son style très personnel, reconnaissable au premier coup d'œil est vraiment plaisant. Pour ce qui est du choix des angles ou du découpage, c'est la classe. Côté graphique c'est une réussite totale. Zone d'ombre est un bon album, on y retrouve un Romita Jr en forme et en totale osmose avec Glen Brunswick. L'histoire est riche, les personnages ont de la personnalité et l'intrigue tient la route. Je ne suis pas déçu ! Petit bonus : en fin d'album on retrouve quelques crayonnés et dessins préparatoires, où l'on peut constater l'importance du travail d'encrage de Klaus Janson. Bref, Zone d'ombre est un comic de bonne facture qui mérite une lecture.
Le Chat Botté
Excellente adaptation du conte si connu de Charles Perrault. Le dessin de Loyer est épuré (mais pas trop), chatoyant grâce à de belles couleurs, et le dessin -presque- sans encrage le rend très agréable. Côté histoire, Loyer a su tirer le maximum de cette histoire toute simple mais pourtant charmante, et en restituer l'esprit. Ca se lit très vite, mais on ne boude pas son plaisir.
Les Maîtres de l'Orge
"Les maîtres de l'orge", j'adhère complètement ! C'est tout bonnement une des meilleures sagas familiales en bande-dessinée. Une fois le premier tome commencé, je ne pouvais plus m'arrêter. Tout d'abord, le dessin est vraiment d'une qualité irréprochable : net, précis, clair, sans bavure. Vraiment un must. Certaines planches sont magnifiques, parmi les plus belles et les marquantes que j'ai jamais vues. Je crois que l'avenir de la ligne claire, si caractéristique de la BD franco-belge (je pense à Tintin par exemple), se situe là. Bref, tout ça pour dire que j'aime ce dessin. Ensuite l'histoire. C'est une autre paire de manches. Je ne sais pas si c'est l'exacte vérité. C'est en tout cas au moins inspirée d'une histoire vraie. La bière est un prétexte, bien évidemment. Toutefois, l'aspect romanesque, qui a été ajouté, ou pour employer le terme plus flatteur "insufflé", dans cette série est indéniable. En fait, celle-ci est une saga, il est donc presque indispensable de lire les tomes dans l'ordre. On suit la destinée de la famille Steenfort à travers ses plus illustres représentants. Efficace. Quel charisme en effet. Julienne en particulier, est un personnage vraiment profond. Car n'oublions que l'analyse psychologique, plus important selon moi que l'aspect romanesque, est ici poussée assez loin. Je pense que tout est fait pour rendre ces personnages les plus "humains" possible. Conséquence logique : on s'y attache. Quelques détails qui m'ont particulièrement plu : le panorama de Dorp qui change au fil du temps et des épisodes, et les introductions qui situent efficacement le contexte, et donne une portée historique à la série. Pour résumer, un ensemble très homogène aux dessins impeccables, très bien adaptés et parfois superbes, et qui tire sa force d'un certain "souffle" romanesque, des histoires imbriquées entre elles, et des personnages charismatiques. Le tout est d'une cohésion remarquable. Bref, ce n'est pas un chef-d'œuvre, cela ne marquera pas l'histoire de la bande dessinée, mais "Les maîtres de l'orge" sont d'une virtuosité technique, scénaristique -et aussi commerciale telle-, que l'on ne peut s'empêcher de se dire que Van Hamme est vraiment un sacré malin...
Johan et Pirlouit
Une des meilleures BD pour la jeunesse, tout simplement. Un graphisme attachant, pas prise de tête, mais qui ne verse pas dans le naïf non plus: du pur Peyo. De très bonnes histoires, bien pensées, Peyo ne prenait manifestement pas son public pour un imbécile! Et point d'orgue: une des rares bandes-dessinées qui se laisse relire bien des années après l'enfance! Personnellement, quand je finis un "Johan et Pirlouit", il ressort toujours cet espèce d'optimisme si caractéristique des BD de Peyo. En définitive, un classique incontournable de la BD jeunesse que je conseille à tout le monde, et particulièrement à la classe d'âge des 7-13 ans à qui cette série est évidemment destinée !
Mamma Mia
Pour cette nouvelle série de Civiello scénarisée par Hélène Herbeau, Manu abandonne ses tonnes de couleurs pour un dessin aquarellé à dominante brune. Le résultat donne de belles planches très détaillées (les vues sur Los-Angeles de l’époque sont magnifiques !), parfois trop à mon goût parce que la lisibilité n’est pas exemplaire. Je me suis senti perdu devant les nombreux détails qui noient les personnages. Des contours plus prononcés pour les personnages, des arrières plans moins chargés et un peu plus de contrastes auraient été les bienvenus à mon avis. Le scénario est à l’image du dessin et de l’époque, c’est à dire que c’est une sympathique histoire bordélique d’un apprenti gangster prénommé Vini sur fond de mafia hollywoodienne. Malheureusement, la narration manque de fluidité, de nombreux flash-backs parsèment l’histoire et la compliquent finalement même si l’album est décomposé en plusieurs chapitres ! Une deuxième lecture s’impose pour bien comprendre cette histoire. En conclusion, l’ensemble laisse un sentiment mitigé, je pense que le scénario est trop condensé. L’histoire aurait mérité un tome de plus pour privilégier la fluidité de la narration et pour que le lecteur puisse s’attacher un peu plus au personnage de Vini et à son entourage. Bien que j’apprécie énormément le talent de Civiello, j’avoue objectivement que son travail sur « Mamma Mia » m’a moyennement convaincu.