J'aime beaucoup Davodeau et habituellement, son travail, quel que soit le thème abordé. Sauf que là, les syndicats chez les bouseux, ça m'a un peu gonflée.
J'aurais dû jeter un oeil plutôt que d'acheter les yeux fermés, je n'ai pas trop vu l'intérêt du point de vue de la BD et du point de vue Histoire. C'est trop anecdotique pour être une brique de l'Histoire ; franchement, je crois qu'en roman ou biographie, ça ne serait jamais paru. C'est peu intéressant pour les gens qui ne vivent pas dans le coin, ou qui ne font pas partie de la famille.
Du point de vue BD, ça n'apporte rien non plus. Davodeau fait de beaux dessins, ok, là il dessine des gens qui racontent, des façades d'usine ou d'église, bref, on se passe du dessin, il n'apporte rien à l'histoire. Ce qui est dommage vu que c'est une BD, et, arrêtez-moi si je me trompe, la BD c'est à la fois du dessin et une histoire.
Fans de Davodeau et syndicalistes, assurez-vous que ça vous plaira avant d'acheter.
Vraiment excellent. Le scénario mérite largement son 5/5. Il nous propose une histoire de Jack l'éventreur extrêmement bien conçue et plausible dans laquelle on retrouve une peinture d'époque de l'Angleterre victorienne, éléphant man, la franc-maçonnerie, de la mythologie et de la religion, éventuellement de la folie et de l'histoire. Tout cela est si bien agencé et documenté, que l'on se demande où finit la vérité et où commence la fiction. Une histoire comme je les aime.
Le point négatif qui fait tomber ma note est le dessin. Non pas qu'il ne soit pas bon, il est tout à fait adapté à cette oeuvre dans sa noirceur. Mais il est vraiment trop imprécis, et cette imprécision diminue beaucoup sa lisibilité et le plaisir de lecture.
Cela ne suffit pourtant pas à gâcher la qualité de cette oeuvre.
Davodeau est vraiment un auteur à part dans la bande dessinée actuelle. A l'aise dans l'action, le thriller, il décide de s'intéresser aux vrais problèmes de fond, à l'évolution de notre société.
Ici, il raconte l'histoire militante de ses parents (eh oui), nés et vivant encore dans les Mauges, une petite région dans le sud-ouest du Maine-et-Loire (à l'est de Nantes, pour ceux qui ont la flemme de regarder une carte). Une région un peu tranquille, engoncée dans l'après-guerre dans sa tradition catholique, mais aussi remarquable par la grande concentration d'usines (fabrication de chaussures, en particulier).
Mais peu à peu, par le biais de l'action des J.O.C. (jeunesse Ouvrières Chrétiennes) et J.O.C.F (le pendant féminin), les ouvriers vont s'organiser, se syndiquer (imaginez ça dans une région profondément catholique !!) pour améliorer leurs conditions de travail. Les parents de Davodeau, sans être des têtes de proue, traverseront cette époque en prenant part à beaucoup d'actions militantes (naissance de la CFDT, associations de consommateurs, puis naissance du PS...). Ils donneront à leurs enfants une éducation classique, où la religion tient une grande part, même si pour eux cela ne signifiait plus grand-chose.
Alors, encore une fois, la justesse et l'exactitude avec lesquelles Davodeau raconte force le respect, on reste admiratifs devant les bons sentiments et l'honnêteté avec lesquelles ses parents ont agi. L'auteur en profite pour brosser un -rapide-portrait de la France sociale de ces années. On remarque que le livre s'arrête à l'élection de François Mitterrand à la présidence en 1981. Cet arrêt pourrait soulever pas mal de questions, car on imagine que ses parents ont continué à militer après cet événement majeur...
Je ne dirai rien sur le plan politique, mais j'aimerais bien savoir, par exemple, ce qu'il se passe dans les Mauges après 1981... Davodeau n'évoque qu'un ou deux événements, certes symboliques et forts, mais c'est un peu léger.
Moi j'aime bien Davodeau. Parce que c'est un homme qui s'intéresse à son époque, à la façon dont elle est née, et même s'il a un regard un poil bienveillant sur les personnages (réels) qu'il évoque, il effectue un travail impressionnant d'investigation, de compilation et de synthèse.
Personnellement, les jeux de la série Metal Gear Solid me gonflent. Je trouve le gameplay relativement pauvre et trop peu réaliste pour un jeu de ce type, mais surtout, je trouve les dialogues soporifiques et trop surjoués ("UNE CAMERA DE SURVEILLANCE ?!?!?" oh là oui, c'est surprenant une caméra de surveillance dans une base top-secrète, t'as raison de sauter au plafond comme ça quand tu en voies une, Snake), le scénario trop embrouillé et gavant... En plus, les plans genre "5 minutes de temps de jeu effectif, puis une demi-heure de blabla avant de rejouer", merci bien. Bref, je ne suis pas fan de MGS ; je sais que la série a des milliers de fans qui la considèrent comme un chef-d'oeuvre ultime, mais moi, j'aime pas. Cela étant dit, on n'est pas là pour parler des jeux, mais de la BD, alors parlons-en.
Eh ben, le problème, c'est que la BD est une adaptation très fidèle du 1er épisode de Metal Gear Solid sorti sur PlayStation. Même scénario, mêmes personnages, mêmes scènes et mêmes dialogues, sauf qu'ici on ne joue JAMAIS, même pas 5 minutes entre d'interminable réflexions philosophico-mystiques sur la guerre, l'humanité, l'écologie et tout le tintouin.
Là où c'est fort (enfin, façon de parler), c'est que le scénariste va jusqu'à reprendre les dialogues de la partie "didacticielle" du jeu, ceux où le colonel explique à Snake qu'il doit planquer les corps des ennemis vaincus pour ne pas se faire repérer, ou ramasser un maximum d'armes sur son chemin. Dans un jeu vidéo, c'est normal, il faut bien expliquer au joueur ce qu'il est censé faire. Dans une BD, c'est débile, parce qu'un super-soldat comme Snake n'a pas besoin qu'on lui ré-explique à distance le B.A.-BA de son métier d'agent secret. Pour un peu, on s'attendrait à lire des répliques du genre "Pour faire défiler ton inventraire, utilise les touches L et R".
Dans le même genre, un ninja invisible, un zombie volant qui lit dans les pensées, un soldat-sorcier qui invoque des corbeaux, tout ça, dans un jeu vidéo, ça passe, ça fait des boss originaux à combattre à la fin des niveaux. Mais dans une BD, par contre, ça fait con.
J'ajouterai à cela que je n'aime pas le dessin, signé par l'auteur de HellSpawn, qui visiblement aurait bien aimé être Bill Sienkiewicz mais n'est qu'une sorte de sous-Templesmith. Retoucher des artworks et des screenshots du jeu par ordinateur, j'appelle pas ça faire de la BD. Je trouve ça moche, ça rend les scènes d'action confuses, bref, c'est beurk.
Bref, voilà, si j'étais méchant je dirais que c'est une merde, mais comme je suis gentil, je dirais juste que c'est un produit commercial sans intérêt à réserver aux fans qui collectionnent tout ce qui se rapporte à Metal Gear.
Une bd correcte, un dessin correct, un scénario correct, voilà ce que j’ai retenu d’« une mansarde à Paris ».
Sergio Mélia nous conte les retrouvailles entre une femme et un homme dont ils se sont connus au lycée et avaient perdu de vue depuis plus de trois mois. La jeune femme s’installera chez l’appartement de son amant et cherchera à lui dissimuler son passé…
J’ai aimé le dessin de Sergio Mélia inspiré de la ligne claire. La mise en couleurs est agréable avec l’utilisation de tons pastels qui renforce le côté glamour de cette histoire. La mise en situation dans les années 50 de « une mansarde à Paris » n’est pas franchement son point fort puisque la majeure partie de l’histoire se passe dans un huis-clos. Cette bd m’a semblé manquer de tensions surtout lors des scènes dramatiques, j’aurais bien voulu aussi que Gloria dévoile avec encore plus de difficultés son passé.
Néanmoins, dans l’ensemble, « une mansarde à Paris » est une bd agréable à lire.
Mais quelle beauté !
Alim le Tanneur est sans doute une des plus belles surprises de l'année !
Des dessins sublimes, d'une grande maîtrise, proches du dessin animé mais néanmoins très personnel... Un découpage aéré qui plonge immédiatement dans ce monde d'une grande beauté... Et ces couleurs ! Une pure merveille !
Le scénario, quant à lui, n'est pas en reste. Malgré quelques petits classiques, notamment au niveau de l'humour, Lupano invente un univers très original et des personnages loin des caricatures souvent regrettables dans ce genre.
Une très belle bd, dont j'attends la suite avec impatience.
Road-movie nerveux (Existe-t-il des albums de Baru qui ne le sont pas ?), Cours camarade ! sonne, avec le recul, comme une répétition générale de L’Autoroute du soleil (que l'auteur considérait d'ailleurs à sa sortie comme un remake, vient-on de m'apprendre).
Tous les ingrédients sont là : une trame sociale vite brossée et désespérante, des types perdus shootés à l’adrénaline, des filles sexy, et fragiles ! Dans un format plus court que celui qu'il adoptera pour le Japon (peut être un peu trop, du coup), Baru rôde son trait si particulier, jeté nerveusement à grands coups de pinceau. Le choix peut déplaire, mais si laideur il y a, elle est volontaire : celle des visages déformés par la haine, l'effroi et la douleur, celle de l'architecture grisâtre des banlieues et des carrosseries usées.
Et puis pour terminer de vous convaincre, il y a cette case ! Une seule case, qui donne son titre à l'album, décalée et édifiante, simplement jubilatoire, avec cette incantation hurlée béatement par un personnage égarée dans son époque : « Cours camarade ! Le vieux monde est derrière toi ! »
Adrian Tomine, jeune prodige de la bande dessinée intimiste américaine voit chaque jour grossir les rangs de ses fans. Les Yeux à Vif est à mon sens le meilleur de ses volumes traduit en français ! J’avais bien aimé 'Blonde Platine' tout en déplorant un trop plein de lassitude dans la psychologie des personnages, de fait un peu trop monolithiques (même si dépeints avec grand talent). '32 histoires', recueil de planches de jeunesse valait surtout pour la genèse de l’auteur et la progression de son univers. Les récits repris dans Les Yeux à Vif sont riches, beaux, séduisants, sensibles et justes, plongeons en profondeur dans la psychologie adolescente : fragile et révoltée, méprisante et implorante.
Evidemment, point de rebondissements, de courses poursuites, de mystère ésotérique, ni de complot politico-financier dans cet album. Ce n'est pas le propos. A travers ses personnages, Tomine nous parle un peu de lui, mais aussi beaucoup de nous, ou de ce que nous avons été.
Tant pis si l’édition de Delcourt est paraît-il un peu light, le papier trop fin et les noirs pas assez noirs. Achetez ce bouquin si vous le trouvez !
On peut rendre grâce à Mourad Boudjellal d’avoir réuni les 3 volumes et réédité cette excellente série de son frérot. Si le premier des trois albums a pris un peu d’âge et pâtit à la fois de quelques maladresses de jeunesse et d’un ancrage un peu trop marqué dans la toile sociale des années 80, Farid Boudjellal trouve son rythme de croisière dès les deux suivants. Dans le portrait de la famille Slimani, immigrés algériens d’Ile de France, brossé à petites touches sensibles et humoristiques, il laisse intelligemment son intrigue de côté et parvient à trouver un très bel équilibre entre témoignage communautaire et universel familial. On se prend avec plaisir à devenir complice des facéties des plus jeunes et des coup de têtes des ados, tout en observant en écho, parfois avec effroi, la détresse intérieure des parents, qui font face, déracinés mais courageux, au gouffre qui grandit entre leurs principes éducatifs et les rêves de leurs enfants. Deux tous grands albums à multiples niveaux de lectures, qui surpassent à mon avis la trilogie Petit Polio.
Voilà une bonne vieille histoire de barbouzes !! Ca mérite le coup d'oeil et après avoir lu un tome autant se finir l'histoire avec les deux restant (de toute façon on a bien envie de voir la suite).
Graphiquement c'est moyen, mais correct, ça cadre plus ou moins avec l'époque. Les voitures elles sont réussies. Les scènes d'action sont bien, donc sans être exceptionnel, le dessin sert bien l'histoire.
Celle-ci est prenante, et vraiment haletante. Elle décrit bien cet univers sombre et secret de ces hommes violents. Bien bien... Et les personnages sont réalistes, humains.
Au final une bd prenante, originale d'une certaine façon, un polar bien ficelé.
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Les Mauvaises Gens
J'aime beaucoup Davodeau et habituellement, son travail, quel que soit le thème abordé. Sauf que là, les syndicats chez les bouseux, ça m'a un peu gonflée. J'aurais dû jeter un oeil plutôt que d'acheter les yeux fermés, je n'ai pas trop vu l'intérêt du point de vue de la BD et du point de vue Histoire. C'est trop anecdotique pour être une brique de l'Histoire ; franchement, je crois qu'en roman ou biographie, ça ne serait jamais paru. C'est peu intéressant pour les gens qui ne vivent pas dans le coin, ou qui ne font pas partie de la famille. Du point de vue BD, ça n'apporte rien non plus. Davodeau fait de beaux dessins, ok, là il dessine des gens qui racontent, des façades d'usine ou d'église, bref, on se passe du dessin, il n'apporte rien à l'histoire. Ce qui est dommage vu que c'est une BD, et, arrêtez-moi si je me trompe, la BD c'est à la fois du dessin et une histoire. Fans de Davodeau et syndicalistes, assurez-vous que ça vous plaira avant d'acheter.
From Hell
Vraiment excellent. Le scénario mérite largement son 5/5. Il nous propose une histoire de Jack l'éventreur extrêmement bien conçue et plausible dans laquelle on retrouve une peinture d'époque de l'Angleterre victorienne, éléphant man, la franc-maçonnerie, de la mythologie et de la religion, éventuellement de la folie et de l'histoire. Tout cela est si bien agencé et documenté, que l'on se demande où finit la vérité et où commence la fiction. Une histoire comme je les aime. Le point négatif qui fait tomber ma note est le dessin. Non pas qu'il ne soit pas bon, il est tout à fait adapté à cette oeuvre dans sa noirceur. Mais il est vraiment trop imprécis, et cette imprécision diminue beaucoup sa lisibilité et le plaisir de lecture. Cela ne suffit pourtant pas à gâcher la qualité de cette oeuvre.
Les Mauvaises Gens
Davodeau est vraiment un auteur à part dans la bande dessinée actuelle. A l'aise dans l'action, le thriller, il décide de s'intéresser aux vrais problèmes de fond, à l'évolution de notre société. Ici, il raconte l'histoire militante de ses parents (eh oui), nés et vivant encore dans les Mauges, une petite région dans le sud-ouest du Maine-et-Loire (à l'est de Nantes, pour ceux qui ont la flemme de regarder une carte). Une région un peu tranquille, engoncée dans l'après-guerre dans sa tradition catholique, mais aussi remarquable par la grande concentration d'usines (fabrication de chaussures, en particulier). Mais peu à peu, par le biais de l'action des J.O.C. (jeunesse Ouvrières Chrétiennes) et J.O.C.F (le pendant féminin), les ouvriers vont s'organiser, se syndiquer (imaginez ça dans une région profondément catholique !!) pour améliorer leurs conditions de travail. Les parents de Davodeau, sans être des têtes de proue, traverseront cette époque en prenant part à beaucoup d'actions militantes (naissance de la CFDT, associations de consommateurs, puis naissance du PS...). Ils donneront à leurs enfants une éducation classique, où la religion tient une grande part, même si pour eux cela ne signifiait plus grand-chose. Alors, encore une fois, la justesse et l'exactitude avec lesquelles Davodeau raconte force le respect, on reste admiratifs devant les bons sentiments et l'honnêteté avec lesquelles ses parents ont agi. L'auteur en profite pour brosser un -rapide-portrait de la France sociale de ces années. On remarque que le livre s'arrête à l'élection de François Mitterrand à la présidence en 1981. Cet arrêt pourrait soulever pas mal de questions, car on imagine que ses parents ont continué à militer après cet événement majeur... Je ne dirai rien sur le plan politique, mais j'aimerais bien savoir, par exemple, ce qu'il se passe dans les Mauges après 1981... Davodeau n'évoque qu'un ou deux événements, certes symboliques et forts, mais c'est un peu léger. Moi j'aime bien Davodeau. Parce que c'est un homme qui s'intéresse à son époque, à la façon dont elle est née, et même s'il a un regard un poil bienveillant sur les personnages (réels) qu'il évoque, il effectue un travail impressionnant d'investigation, de compilation et de synthèse.
Metal Gear Solid
Personnellement, les jeux de la série Metal Gear Solid me gonflent. Je trouve le gameplay relativement pauvre et trop peu réaliste pour un jeu de ce type, mais surtout, je trouve les dialogues soporifiques et trop surjoués ("UNE CAMERA DE SURVEILLANCE ?!?!?" oh là oui, c'est surprenant une caméra de surveillance dans une base top-secrète, t'as raison de sauter au plafond comme ça quand tu en voies une, Snake), le scénario trop embrouillé et gavant... En plus, les plans genre "5 minutes de temps de jeu effectif, puis une demi-heure de blabla avant de rejouer", merci bien. Bref, je ne suis pas fan de MGS ; je sais que la série a des milliers de fans qui la considèrent comme un chef-d'oeuvre ultime, mais moi, j'aime pas. Cela étant dit, on n'est pas là pour parler des jeux, mais de la BD, alors parlons-en. Eh ben, le problème, c'est que la BD est une adaptation très fidèle du 1er épisode de Metal Gear Solid sorti sur PlayStation. Même scénario, mêmes personnages, mêmes scènes et mêmes dialogues, sauf qu'ici on ne joue JAMAIS, même pas 5 minutes entre d'interminable réflexions philosophico-mystiques sur la guerre, l'humanité, l'écologie et tout le tintouin. Là où c'est fort (enfin, façon de parler), c'est que le scénariste va jusqu'à reprendre les dialogues de la partie "didacticielle" du jeu, ceux où le colonel explique à Snake qu'il doit planquer les corps des ennemis vaincus pour ne pas se faire repérer, ou ramasser un maximum d'armes sur son chemin. Dans un jeu vidéo, c'est normal, il faut bien expliquer au joueur ce qu'il est censé faire. Dans une BD, c'est débile, parce qu'un super-soldat comme Snake n'a pas besoin qu'on lui ré-explique à distance le B.A.-BA de son métier d'agent secret. Pour un peu, on s'attendrait à lire des répliques du genre "Pour faire défiler ton inventraire, utilise les touches L et R". Dans le même genre, un ninja invisible, un zombie volant qui lit dans les pensées, un soldat-sorcier qui invoque des corbeaux, tout ça, dans un jeu vidéo, ça passe, ça fait des boss originaux à combattre à la fin des niveaux. Mais dans une BD, par contre, ça fait con. J'ajouterai à cela que je n'aime pas le dessin, signé par l'auteur de HellSpawn, qui visiblement aurait bien aimé être Bill Sienkiewicz mais n'est qu'une sorte de sous-Templesmith. Retoucher des artworks et des screenshots du jeu par ordinateur, j'appelle pas ça faire de la BD. Je trouve ça moche, ça rend les scènes d'action confuses, bref, c'est beurk. Bref, voilà, si j'étais méchant je dirais que c'est une merde, mais comme je suis gentil, je dirais juste que c'est un produit commercial sans intérêt à réserver aux fans qui collectionnent tout ce qui se rapporte à Metal Gear.
Une mansarde à Paris
Une bd correcte, un dessin correct, un scénario correct, voilà ce que j’ai retenu d’« une mansarde à Paris ». Sergio Mélia nous conte les retrouvailles entre une femme et un homme dont ils se sont connus au lycée et avaient perdu de vue depuis plus de trois mois. La jeune femme s’installera chez l’appartement de son amant et cherchera à lui dissimuler son passé… J’ai aimé le dessin de Sergio Mélia inspiré de la ligne claire. La mise en couleurs est agréable avec l’utilisation de tons pastels qui renforce le côté glamour de cette histoire. La mise en situation dans les années 50 de « une mansarde à Paris » n’est pas franchement son point fort puisque la majeure partie de l’histoire se passe dans un huis-clos. Cette bd m’a semblé manquer de tensions surtout lors des scènes dramatiques, j’aurais bien voulu aussi que Gloria dévoile avec encore plus de difficultés son passé. Néanmoins, dans l’ensemble, « une mansarde à Paris » est une bd agréable à lire.
Alim le tanneur
Mais quelle beauté ! Alim le Tanneur est sans doute une des plus belles surprises de l'année ! Des dessins sublimes, d'une grande maîtrise, proches du dessin animé mais néanmoins très personnel... Un découpage aéré qui plonge immédiatement dans ce monde d'une grande beauté... Et ces couleurs ! Une pure merveille ! Le scénario, quant à lui, n'est pas en reste. Malgré quelques petits classiques, notamment au niveau de l'humour, Lupano invente un univers très original et des personnages loin des caricatures souvent regrettables dans ce genre. Une très belle bd, dont j'attends la suite avec impatience.
Cours Camarade !
Road-movie nerveux (Existe-t-il des albums de Baru qui ne le sont pas ?), Cours camarade ! sonne, avec le recul, comme une répétition générale de L’Autoroute du soleil (que l'auteur considérait d'ailleurs à sa sortie comme un remake, vient-on de m'apprendre). Tous les ingrédients sont là : une trame sociale vite brossée et désespérante, des types perdus shootés à l’adrénaline, des filles sexy, et fragiles ! Dans un format plus court que celui qu'il adoptera pour le Japon (peut être un peu trop, du coup), Baru rôde son trait si particulier, jeté nerveusement à grands coups de pinceau. Le choix peut déplaire, mais si laideur il y a, elle est volontaire : celle des visages déformés par la haine, l'effroi et la douleur, celle de l'architecture grisâtre des banlieues et des carrosseries usées. Et puis pour terminer de vous convaincre, il y a cette case ! Une seule case, qui donne son titre à l'album, décalée et édifiante, simplement jubilatoire, avec cette incantation hurlée béatement par un personnage égarée dans son époque : « Cours camarade ! Le vieux monde est derrière toi ! »
Les Yeux à vif
Adrian Tomine, jeune prodige de la bande dessinée intimiste américaine voit chaque jour grossir les rangs de ses fans. Les Yeux à Vif est à mon sens le meilleur de ses volumes traduit en français ! J’avais bien aimé 'Blonde Platine' tout en déplorant un trop plein de lassitude dans la psychologie des personnages, de fait un peu trop monolithiques (même si dépeints avec grand talent). '32 histoires', recueil de planches de jeunesse valait surtout pour la genèse de l’auteur et la progression de son univers. Les récits repris dans Les Yeux à Vif sont riches, beaux, séduisants, sensibles et justes, plongeons en profondeur dans la psychologie adolescente : fragile et révoltée, méprisante et implorante. Evidemment, point de rebondissements, de courses poursuites, de mystère ésotérique, ni de complot politico-financier dans cet album. Ce n'est pas le propos. A travers ses personnages, Tomine nous parle un peu de lui, mais aussi beaucoup de nous, ou de ce que nous avons été. Tant pis si l’édition de Delcourt est paraît-il un peu light, le papier trop fin et les noirs pas assez noirs. Achetez ce bouquin si vous le trouvez !
L'Oud
On peut rendre grâce à Mourad Boudjellal d’avoir réuni les 3 volumes et réédité cette excellente série de son frérot. Si le premier des trois albums a pris un peu d’âge et pâtit à la fois de quelques maladresses de jeunesse et d’un ancrage un peu trop marqué dans la toile sociale des années 80, Farid Boudjellal trouve son rythme de croisière dès les deux suivants. Dans le portrait de la famille Slimani, immigrés algériens d’Ile de France, brossé à petites touches sensibles et humoristiques, il laisse intelligemment son intrigue de côté et parvient à trouver un très bel équilibre entre témoignage communautaire et universel familial. On se prend avec plaisir à devenir complice des facéties des plus jeunes et des coup de têtes des ados, tout en observant en écho, parfois avec effroi, la détresse intérieure des parents, qui font face, déracinés mais courageux, au gouffre qui grandit entre leurs principes éducatifs et les rêves de leurs enfants. Deux tous grands albums à multiples niveaux de lectures, qui surpassent à mon avis la trilogie Petit Polio.
Les Ailes de Plomb
Voilà une bonne vieille histoire de barbouzes !! Ca mérite le coup d'oeil et après avoir lu un tome autant se finir l'histoire avec les deux restant (de toute façon on a bien envie de voir la suite). Graphiquement c'est moyen, mais correct, ça cadre plus ou moins avec l'époque. Les voitures elles sont réussies. Les scènes d'action sont bien, donc sans être exceptionnel, le dessin sert bien l'histoire. Celle-ci est prenante, et vraiment haletante. Elle décrit bien cet univers sombre et secret de ces hommes violents. Bien bien... Et les personnages sont réalistes, humains. Au final une bd prenante, originale d'une certaine façon, un polar bien ficelé.