De la bonne vieille BD des années 80, Ivor m'avait plu à l'époque par son style de dessin très classique et des histoires sans grande originalité mais solidement construites et parsemées d'une ou deux trouvailles originales.
Force est de reconnaître que cette série, aujourd'hui quasiment introuvable a fort mal vieilli et qu'elle ne souffre pas la comparaison avec les classiques du genre.
Bah.. Ca ne vous empêchera pas de passer un bon moment avec si vous arrivez à mettre la main dessus.
J'ai bien aimé Blacksad.
Les BD dont les protagonistes sont des animaux 'humanisés' sont certes légion mais celle servies par un tel talent dans le dessin sont beaucoup plus rares. L'idée d'y associer des histoires et une ambiance de polar US à la Chandler est effectivement brillante.
Et je dois avouer que cela a été suffisant pour me tenir en haleine dans le deux premiers tomes.
C'est pourquoi je mets 3 étoiles et je recommande à l'achat.
J'ai bien aimé Blacksad, donc, mais je suis plus réservé pour la suite.
Parce qu'il ne faut non plus se mentir. Les scénarios sont quand même franchement moyens: au mieux on est dans du ultra-classique, au pire dans de l'inexistant (prétexte à faire évoluer le personnage principal).
En bref, j'attends les auteurs de pied ferme pour la suite. Et il faudra qu'ils redressent sérieusement la barre sur le plan de l'intrigue pour que je continue à adhérer, parce que les jolis dessins sans rien derrière, moi, ça me saoulera assez rapidement.
Wait and see, donc.
S'il y a bien une chose qui m'énerve en BD (comme en littérature d'ailleurs), c'est de voir un bon sujet/thème de départ gaspillé par une mise en oeuvre foirée.
Et là, ça n'a pas loupé. Pourtant, moi j'en attendais beaucoup de cette BD. Pensez donc : la légende de la ville d'Ys (celle que ma grand mère bretonne me racontait avec une fierté toute celtique dans sa voix), si ça c'est pas un sujet en or.
Et là, qu'est ce qu'on retrouve au final ?
Un pavé proprement indigeste, dont les dessins sont certes irréprochables mais dont l'intrigue est longue, lente, confuse et soporifique à souhaits. C'est bien simple, à la fin, j'étais presque pressé que cette foutue ville soit engloutie pour que je puisse refermer ce damné bouquin !
Cerise sur le gâteau : les auteurs ont jugé bon d'en rajouter sur le thème de 'nous les pauvres bretons, asservis par un jacobisme parisien odieusement centralisateur qui détruit nos coutumes et nous empêche de vivre notre alcoolisme millénaire en paix'. Excusez moi, mais je n'ai pas compris ce que cela venait faire là dedans et ce sont donc autant de pages que j'ai allègrement sautées (et ne venez pas me traiter de parisien dédaigneux, ma famille est du Finistère).
Bref un beau fiasco, bien réalisé mais franchement plombé par sa lourdeur menhiresque.
Ma note s'approche du 3,5/5.
Car Kingdom Come a été pour moi un choc d'abord visuel. Alex Ross a un talent fou, il tient sa plume comme un dieu ! Qu'il soit amené à en illustrer (des dieux, ou des demis), n'est dès lors pas très étonnant...
Presque chaque case est une peinture d'une incroyable efficacité, photoréaliste comme l'a souligné le posteur initial, et c'est un vrai régal pour les yeux.
Au niveau de l'histoire, on a parfois un peu de mal à accrocher. Bon, c'est vrai, le retour de Superman et ses amis au premier plan n'est pas irrésistible, mais on n'en est pas loin. J'ai été un peu dérouté par la profusion des super-héros. Je suppose qu'ils viennent tous de l'univers DC, mais vu que je ne connais pas trop celui-ci... Je me suis senti un peu perdu.
Ceci dit, ce fut un excellent moment de lecture.
Un petit OVNI que cette BD (un comble quand on parle de SF, me direz vous) où Cailleteau et Vatine s'essaient à la parodie du genre qui va les rendre célèbres avec Aquablue.
Les aventures de Stan Pulsar, archétype du héros 'à l'américaine', musclé, beau gosse, meilleur pilote de toute la flotte terrienne et un peu con sur les bords, ne sont certes pas un monument de finesse scénaristique mais se laissent lire très agréablement.
Dans le dessin de Vatine se trouvent les prémices de ses futures grandes oeuvres, tandis que les histoires de Cailleteau sont efficaces et bien cadencées.
On appréciera la petite (mais c'est toujours agréable) touche d'érotisme que les auteurs ont ajouté à leur mélange et que l'on ne retrouve plus dans leurs autres oeuvres.
A lire pour se détendre et passer un bon moment, sans plus.
BD clairement incontournable pour les amateurs de SF.
Bajram a su créé une histoire et un univers à mi-chemin entre le bon vieux Space Opera des familles (avec bande d'intrépides pilotes de l'espace et batailles intersidérales qui vont bien) et ce que la Hard Science peut produire de meilleur (accrochez vous à votre tube d'aspirine lorsque vous entrez dans la mécanique du voyage temporel). Le mélange est un vrai succès reprenant les points forts de chacun de ces sous-genres de la SF : cocktail d'action à grand spectacle et de développement scientifique comme gage de crédibilité.
Si l'auteur a bien réussi à intégrer les points forts de ces deux tendances, il n'a malheureusement pas toujours réussi à en éviter les écueils respectifs. Ainsi, la bande de héros, mélange de têtes brûlées au passé troublé, relève quand même un peu du poncif. Et pour le côté Hard Science, il est vrai que certains concepts sont un peu lourds/pointus au risque de déplaire au plus grand nombre, venu cherché de l'action avant tout.
Mais ce sont là des péchés véniels, car l'oeuvre dans son ensemble reste d'une très grande puissance. Les dessins et la colorisation sont vraiment très réussis, le design des divers engins spatiaux et décors sont fouillés et réfléchis à souhait. Et chaque tome contient la dose de suspense nécessaire pour nous faire haleter jusqu'au suivant.
Comme beaucoup d'autres, j'ai reçu une grosse baffe avec cette série. Et j'en redemande!
Ce diptyque est la suite d’une autre histoire du même auteur, Le Sursis, mais peut quand même se lire indépendamment. Je conseille toutefois la lecture de cette dernière, d’abord parce qu’elle introduit certains personnages, et ensuite parce que c’est une très bonne série !
Mais revenons à ce vol du corbeau. L’histoire est vraiment intéressante, et dépeint la vie de quelques parisiens lors de l’occupation allemande. Ces derniers participent plus ou moins à la résistance. Jeanne y participe activement en cachant du matériel chez elle, François se sert du contexte tendu pour mettre au point ses magouilles de voleur, et d'Huguette et René continuent leur vie de mariniers comme si de rien n’était. Et tout ce beau monde se retrouve embarqué dans la même galère. Un scenario plein de rebondissements, d’aventure et d’humour.
Le dessin est tout simplement magnifique. Chaque case est un tableau du Paris de l’époque, et les couleurs sont somptueuses. Jeanne est très belle, Gibrat sait dessiner les belles courbes, pas de doute là dessus.
En conclusion, si vous aimez ce que fait généralement Gibrat, et si vous avez aimé « Le Sursis », jetez-vous sur ce diptyque terriblement efficace.
C'est dommage, ça partait bien.
Le contexte (légendes indiennes) est original et la trame de départ est bien pensée (une jeune indienne partagée entre deux totems représentant bien et mal). Il y avait là de quoi construire une sérier vraiment innovante et intéressante.
Mais bon, les dessins ne m'ont pas vraiment emballé (c'est vrai que ça ressemble un peu à du Disney) et je ne les ai pas trouvés assez fouillés ni réalistes à mon goût (et qu'est ce que ça m'énerve les séries où les auteurs se sentent obligés de nous asséner des petites bestioles censément drôles et mignonnes - j'ai nommé ici les Pipintus).
Les histoires passent à côté de leur potentiel. Là où la 'schizophrénie' de Luuna aurait pu donner lieur à des développements intéressants, ou au moins à des scènes d'anthologie (notamment quand elle est possédée par sa part d'ombre), on reste face à quelque chose d'assez fade et décevant.
A noter cependant, le rebondissement à la toute fin du tome 3 pourrait signifier que la série prend un nouveau virage plus sérieux et moins gentillet. A voir ..
Qu'il est difficile de donner un avis sur cette BD.
Peut-on rire de tout ?
Je suis prêt à le penser, oui, et j'ai vraiment lu cette BD par curiosité en me disant que traiter un sujet aussi polémique et sensible pouvait faire ressortir quelque chose de vraiment original, fort voire marrant. Je me sentais assez distant du sujet, assez insensible pour ne pas sombrer du tout dans la polémique, pour n'être choqué par rien et rigoler de voir le tabou se faire littéralement exploser par la plume trash et acide de Vuillemin et Gourion.
Et effectivement, j'ai été soufflé par l'audace des premières pages de l'album, par la première image même qui montre la photo d'un déporté maigre et pitoyable grimé avec une mèche et une moustache à la Hitler. Je me suis dit : "Oupf ! Hé beh ! Si ça commence comme ça, ça va être fort !".
Quand j'ai lu ensuite le petit roman photo où le professeur Choron et d'autres de sa bande jouent le rôle d'officiers nazis qui critiquent la BD Hitler=SS elle-même ou la complimentent par moments, je trouvais ça drôle aussi.
Mais c'est ensuite que la BD démarre pour de bon.
Ce sont des gags ou histoires courtes dessinées par Vuillemin pour la plupart, à l'exception de quelques gags en une image qu'il n'a pas dessinés et qui n'ont pas le même humour aussi trash.
Car c'est trash : les nazis y sont représentés en glorieux cons, les juifs en victimes naïves et torturables à loisir, les homosexuels en obsédés dégueus et dignes d'être lynchés par les autres prisonniers, les déportés dans leur ensemble sont vus comme une bande de lâches idiots prêts à s'entretuer par connerie et par haine de leur prochain, les français ou autres pays conquis sont des collabos, dénonciateurs, lâches et salopards, et partout des profiteurs, des salauds, des connards plus écoeurants les uns que les autres.
Certains gags m'ont fait rire par leur incorrection politique totale et leur audace dans la manière dont les auteurs font croire qu'ils se placent du côté des nazis. Pour l'exemple, l'image de la galerie demande "pourquoi ?" en montrant les monceaux de cadavres des camps, et la page suivante, imprimée par les imprimeries Goebbels répond : "Parce que !!" avec un nazi glorieux et combattant. Ou encore un petit jeu en une image représentant un aryen beau et fort placé à côté d'une foule de déportés où la légende dit : "Il y a 6 millions d'erreurs dans cette image, saurez-vous les trouver et les éliminer ?".
Nul anti-semitisme ni anti-homosexualité dans tout cela à mes yeux, les auteurs traitent de la torture en général, de l'horreur de la guerre et de l'extermination en général et ces gags auraient pour la plupart pu aussi bien se placer dans les camps Khmers Rouges ou les Goulags de Staline.
Néanmoins, je suis ressorti de ma lecture avec un véritable malaise. Je ne suis pas aussi insensible que je le pensais. Il y a une telle accumulation d'horreur, de trash, de violence, de monstruosité humaine qui est représentée dans ces "gags" que c'en est... écoeurant. La dénonciation par le politiquement incorrect a marché d'une certaine manière lors de ma lecture. C'est une BD assez forte et qui fonctionne sur ce plan là.
Par contre... par contre, j'ai trop vite retrouvé l'humour typique de Vuillemin, cet humour crade, souvent scato, violent, dégueu. Certains gags n'ont même rien à voir avec le décor nazi qu'est sensée représenter la BD, comme par exemple le gag avec les mouches dont une mouche à merde.
De même, je n'ai guère rigolé à la plupart des histoires que j'ai trouvées lourdes et pas vraiment drôles.
Certaines images, certains gags sont forts et audacieux mais beaucoup sont assez mauvais, voire redondants avec d'autres gags de Vuillemin dans ses autres BDs qui n'ont rien à voir avec le sujet.
Cette BD a joué sur le côté choc de son sujet et de la façon dont elle le traite avec dérision et le désir de choquer, mais passé la surprise et le choc, elle devient rapidement écoeurante et assez peu drôle. Alors à ce prix là, et même si c'est une BD rare car interdite en France par la censure, je trouve qu'elle ne vaut pas tant que ça la peine d'être lue.
Mon avis ne porte que sur la Ligne de Front.
Bon ben, j'ai pas trouvé ça terrible.
Le ton général de l'album hésite entre l'humour délirant que Larcenet sait mettre en oeuvre avec brio et le tragique dans son aspect réquisitoire contre la guerre.
Je n'ai rien contre le mélange des genres mais je trouve ici que la mayonnaise ne prend pas et l'ensemble m'a déconcerté plus qu'autre chose.
Par ailleurs le couplet anti-militariste de Larcenet, je l'ai trouvé très convenu et un peu facile dans son propos. Dans la série la guerre c'est moche, les politiciens sont des salauds, l'herbe est verte et l'eau ça mouille, Larcenet joue une partition des plus classiques que d'autres ont d'ailleurs orchestré avec beaucoup plus de talent sur le même thème (je pense bien sûr à Tardi). Il n'apporte rien de véritablement nouveau au sujet (ah si, le truc des engoulevents, c'est plutôt bien trouvé) et verse parfois un peu dans le grotesque quand il va voir du côté du mystico-fumeux (le passage sur la mère des bombes m'a franchement gavé).
En résumé, les politiques et les généraux sont tous des lâches et des ordures, les soldats sont tous des braves types au grand coeur, et rien mais alors vraiment rien ne saurait justifier qu'on fasse la guerre parce que c'est vraiment trop moche.
Désolé ce genre de platitudes, ça me laisse froid et je trouve ça extrêmement simpliste.
A lire uniquement pour le comique de certaines scènes et dialogues, pour le reste on peut facilement trouver mieux sur le même thème.
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Ivor
De la bonne vieille BD des années 80, Ivor m'avait plu à l'époque par son style de dessin très classique et des histoires sans grande originalité mais solidement construites et parsemées d'une ou deux trouvailles originales. Force est de reconnaître que cette série, aujourd'hui quasiment introuvable a fort mal vieilli et qu'elle ne souffre pas la comparaison avec les classiques du genre. Bah.. Ca ne vous empêchera pas de passer un bon moment avec si vous arrivez à mettre la main dessus.
Blacksad
J'ai bien aimé Blacksad. Les BD dont les protagonistes sont des animaux 'humanisés' sont certes légion mais celle servies par un tel talent dans le dessin sont beaucoup plus rares. L'idée d'y associer des histoires et une ambiance de polar US à la Chandler est effectivement brillante. Et je dois avouer que cela a été suffisant pour me tenir en haleine dans le deux premiers tomes. C'est pourquoi je mets 3 étoiles et je recommande à l'achat. J'ai bien aimé Blacksad, donc, mais je suis plus réservé pour la suite. Parce qu'il ne faut non plus se mentir. Les scénarios sont quand même franchement moyens: au mieux on est dans du ultra-classique, au pire dans de l'inexistant (prétexte à faire évoluer le personnage principal). En bref, j'attends les auteurs de pied ferme pour la suite. Et il faudra qu'ils redressent sérieusement la barre sur le plan de l'intrigue pour que je continue à adhérer, parce que les jolis dessins sans rien derrière, moi, ça me saoulera assez rapidement. Wait and see, donc.
Bran Ruz
S'il y a bien une chose qui m'énerve en BD (comme en littérature d'ailleurs), c'est de voir un bon sujet/thème de départ gaspillé par une mise en oeuvre foirée. Et là, ça n'a pas loupé. Pourtant, moi j'en attendais beaucoup de cette BD. Pensez donc : la légende de la ville d'Ys (celle que ma grand mère bretonne me racontait avec une fierté toute celtique dans sa voix), si ça c'est pas un sujet en or. Et là, qu'est ce qu'on retrouve au final ? Un pavé proprement indigeste, dont les dessins sont certes irréprochables mais dont l'intrigue est longue, lente, confuse et soporifique à souhaits. C'est bien simple, à la fin, j'étais presque pressé que cette foutue ville soit engloutie pour que je puisse refermer ce damné bouquin ! Cerise sur le gâteau : les auteurs ont jugé bon d'en rajouter sur le thème de 'nous les pauvres bretons, asservis par un jacobisme parisien odieusement centralisateur qui détruit nos coutumes et nous empêche de vivre notre alcoolisme millénaire en paix'. Excusez moi, mais je n'ai pas compris ce que cela venait faire là dedans et ce sont donc autant de pages que j'ai allègrement sautées (et ne venez pas me traiter de parisien dédaigneux, ma famille est du Finistère). Bref un beau fiasco, bien réalisé mais franchement plombé par sa lourdeur menhiresque.
Kingdom Come
Ma note s'approche du 3,5/5. Car Kingdom Come a été pour moi un choc d'abord visuel. Alex Ross a un talent fou, il tient sa plume comme un dieu ! Qu'il soit amené à en illustrer (des dieux, ou des demis), n'est dès lors pas très étonnant... Presque chaque case est une peinture d'une incroyable efficacité, photoréaliste comme l'a souligné le posteur initial, et c'est un vrai régal pour les yeux. Au niveau de l'histoire, on a parfois un peu de mal à accrocher. Bon, c'est vrai, le retour de Superman et ses amis au premier plan n'est pas irrésistible, mais on n'en est pas loin. J'ai été un peu dérouté par la profusion des super-héros. Je suppose qu'ils viennent tous de l'univers DC, mais vu que je ne connais pas trop celui-ci... Je me suis senti un peu perdu. Ceci dit, ce fut un excellent moment de lecture.
Stan Pulsar - L'As des astres
Un petit OVNI que cette BD (un comble quand on parle de SF, me direz vous) où Cailleteau et Vatine s'essaient à la parodie du genre qui va les rendre célèbres avec Aquablue. Les aventures de Stan Pulsar, archétype du héros 'à l'américaine', musclé, beau gosse, meilleur pilote de toute la flotte terrienne et un peu con sur les bords, ne sont certes pas un monument de finesse scénaristique mais se laissent lire très agréablement. Dans le dessin de Vatine se trouvent les prémices de ses futures grandes oeuvres, tandis que les histoires de Cailleteau sont efficaces et bien cadencées. On appréciera la petite (mais c'est toujours agréable) touche d'érotisme que les auteurs ont ajouté à leur mélange et que l'on ne retrouve plus dans leurs autres oeuvres. A lire pour se détendre et passer un bon moment, sans plus.
Universal War One
BD clairement incontournable pour les amateurs de SF. Bajram a su créé une histoire et un univers à mi-chemin entre le bon vieux Space Opera des familles (avec bande d'intrépides pilotes de l'espace et batailles intersidérales qui vont bien) et ce que la Hard Science peut produire de meilleur (accrochez vous à votre tube d'aspirine lorsque vous entrez dans la mécanique du voyage temporel). Le mélange est un vrai succès reprenant les points forts de chacun de ces sous-genres de la SF : cocktail d'action à grand spectacle et de développement scientifique comme gage de crédibilité. Si l'auteur a bien réussi à intégrer les points forts de ces deux tendances, il n'a malheureusement pas toujours réussi à en éviter les écueils respectifs. Ainsi, la bande de héros, mélange de têtes brûlées au passé troublé, relève quand même un peu du poncif. Et pour le côté Hard Science, il est vrai que certains concepts sont un peu lourds/pointus au risque de déplaire au plus grand nombre, venu cherché de l'action avant tout. Mais ce sont là des péchés véniels, car l'oeuvre dans son ensemble reste d'une très grande puissance. Les dessins et la colorisation sont vraiment très réussis, le design des divers engins spatiaux et décors sont fouillés et réfléchis à souhait. Et chaque tome contient la dose de suspense nécessaire pour nous faire haleter jusqu'au suivant. Comme beaucoup d'autres, j'ai reçu une grosse baffe avec cette série. Et j'en redemande!
Le Vol du Corbeau
Ce diptyque est la suite d’une autre histoire du même auteur, Le Sursis, mais peut quand même se lire indépendamment. Je conseille toutefois la lecture de cette dernière, d’abord parce qu’elle introduit certains personnages, et ensuite parce que c’est une très bonne série ! Mais revenons à ce vol du corbeau. L’histoire est vraiment intéressante, et dépeint la vie de quelques parisiens lors de l’occupation allemande. Ces derniers participent plus ou moins à la résistance. Jeanne y participe activement en cachant du matériel chez elle, François se sert du contexte tendu pour mettre au point ses magouilles de voleur, et d'Huguette et René continuent leur vie de mariniers comme si de rien n’était. Et tout ce beau monde se retrouve embarqué dans la même galère. Un scenario plein de rebondissements, d’aventure et d’humour. Le dessin est tout simplement magnifique. Chaque case est un tableau du Paris de l’époque, et les couleurs sont somptueuses. Jeanne est très belle, Gibrat sait dessiner les belles courbes, pas de doute là dessus. En conclusion, si vous aimez ce que fait généralement Gibrat, et si vous avez aimé « Le Sursis », jetez-vous sur ce diptyque terriblement efficace.
Luuna
C'est dommage, ça partait bien. Le contexte (légendes indiennes) est original et la trame de départ est bien pensée (une jeune indienne partagée entre deux totems représentant bien et mal). Il y avait là de quoi construire une sérier vraiment innovante et intéressante. Mais bon, les dessins ne m'ont pas vraiment emballé (c'est vrai que ça ressemble un peu à du Disney) et je ne les ai pas trouvés assez fouillés ni réalistes à mon goût (et qu'est ce que ça m'énerve les séries où les auteurs se sentent obligés de nous asséner des petites bestioles censément drôles et mignonnes - j'ai nommé ici les Pipintus). Les histoires passent à côté de leur potentiel. Là où la 'schizophrénie' de Luuna aurait pu donner lieur à des développements intéressants, ou au moins à des scènes d'anthologie (notamment quand elle est possédée par sa part d'ombre), on reste face à quelque chose d'assez fade et décevant. A noter cependant, le rebondissement à la toute fin du tome 3 pourrait signifier que la série prend un nouveau virage plus sérieux et moins gentillet. A voir ..
Hitler=SS
Qu'il est difficile de donner un avis sur cette BD. Peut-on rire de tout ? Je suis prêt à le penser, oui, et j'ai vraiment lu cette BD par curiosité en me disant que traiter un sujet aussi polémique et sensible pouvait faire ressortir quelque chose de vraiment original, fort voire marrant. Je me sentais assez distant du sujet, assez insensible pour ne pas sombrer du tout dans la polémique, pour n'être choqué par rien et rigoler de voir le tabou se faire littéralement exploser par la plume trash et acide de Vuillemin et Gourion. Et effectivement, j'ai été soufflé par l'audace des premières pages de l'album, par la première image même qui montre la photo d'un déporté maigre et pitoyable grimé avec une mèche et une moustache à la Hitler. Je me suis dit : "Oupf ! Hé beh ! Si ça commence comme ça, ça va être fort !". Quand j'ai lu ensuite le petit roman photo où le professeur Choron et d'autres de sa bande jouent le rôle d'officiers nazis qui critiquent la BD Hitler=SS elle-même ou la complimentent par moments, je trouvais ça drôle aussi. Mais c'est ensuite que la BD démarre pour de bon. Ce sont des gags ou histoires courtes dessinées par Vuillemin pour la plupart, à l'exception de quelques gags en une image qu'il n'a pas dessinés et qui n'ont pas le même humour aussi trash. Car c'est trash : les nazis y sont représentés en glorieux cons, les juifs en victimes naïves et torturables à loisir, les homosexuels en obsédés dégueus et dignes d'être lynchés par les autres prisonniers, les déportés dans leur ensemble sont vus comme une bande de lâches idiots prêts à s'entretuer par connerie et par haine de leur prochain, les français ou autres pays conquis sont des collabos, dénonciateurs, lâches et salopards, et partout des profiteurs, des salauds, des connards plus écoeurants les uns que les autres. Certains gags m'ont fait rire par leur incorrection politique totale et leur audace dans la manière dont les auteurs font croire qu'ils se placent du côté des nazis. Pour l'exemple, l'image de la galerie demande "pourquoi ?" en montrant les monceaux de cadavres des camps, et la page suivante, imprimée par les imprimeries Goebbels répond : "Parce que !!" avec un nazi glorieux et combattant. Ou encore un petit jeu en une image représentant un aryen beau et fort placé à côté d'une foule de déportés où la légende dit : "Il y a 6 millions d'erreurs dans cette image, saurez-vous les trouver et les éliminer ?". Nul anti-semitisme ni anti-homosexualité dans tout cela à mes yeux, les auteurs traitent de la torture en général, de l'horreur de la guerre et de l'extermination en général et ces gags auraient pour la plupart pu aussi bien se placer dans les camps Khmers Rouges ou les Goulags de Staline. Néanmoins, je suis ressorti de ma lecture avec un véritable malaise. Je ne suis pas aussi insensible que je le pensais. Il y a une telle accumulation d'horreur, de trash, de violence, de monstruosité humaine qui est représentée dans ces "gags" que c'en est... écoeurant. La dénonciation par le politiquement incorrect a marché d'une certaine manière lors de ma lecture. C'est une BD assez forte et qui fonctionne sur ce plan là. Par contre... par contre, j'ai trop vite retrouvé l'humour typique de Vuillemin, cet humour crade, souvent scato, violent, dégueu. Certains gags n'ont même rien à voir avec le décor nazi qu'est sensée représenter la BD, comme par exemple le gag avec les mouches dont une mouche à merde. De même, je n'ai guère rigolé à la plupart des histoires que j'ai trouvées lourdes et pas vraiment drôles. Certaines images, certains gags sont forts et audacieux mais beaucoup sont assez mauvais, voire redondants avec d'autres gags de Vuillemin dans ses autres BDs qui n'ont rien à voir avec le sujet. Cette BD a joué sur le côté choc de son sujet et de la façon dont elle le traite avec dérision et le désir de choquer, mais passé la surprise et le choc, elle devient rapidement écoeurante et assez peu drôle. Alors à ce prix là, et même si c'est une BD rare car interdite en France par la censure, je trouve qu'elle ne vaut pas tant que ça la peine d'être lue.
Une aventure rocambolesque de...
Mon avis ne porte que sur la Ligne de Front. Bon ben, j'ai pas trouvé ça terrible. Le ton général de l'album hésite entre l'humour délirant que Larcenet sait mettre en oeuvre avec brio et le tragique dans son aspect réquisitoire contre la guerre. Je n'ai rien contre le mélange des genres mais je trouve ici que la mayonnaise ne prend pas et l'ensemble m'a déconcerté plus qu'autre chose. Par ailleurs le couplet anti-militariste de Larcenet, je l'ai trouvé très convenu et un peu facile dans son propos. Dans la série la guerre c'est moche, les politiciens sont des salauds, l'herbe est verte et l'eau ça mouille, Larcenet joue une partition des plus classiques que d'autres ont d'ailleurs orchestré avec beaucoup plus de talent sur le même thème (je pense bien sûr à Tardi). Il n'apporte rien de véritablement nouveau au sujet (ah si, le truc des engoulevents, c'est plutôt bien trouvé) et verse parfois un peu dans le grotesque quand il va voir du côté du mystico-fumeux (le passage sur la mère des bombes m'a franchement gavé). En résumé, les politiques et les généraux sont tous des lâches et des ordures, les soldats sont tous des braves types au grand coeur, et rien mais alors vraiment rien ne saurait justifier qu'on fasse la guerre parce que c'est vraiment trop moche. Désolé ce genre de platitudes, ça me laisse froid et je trouve ça extrêmement simpliste. A lire uniquement pour le comique de certaines scènes et dialogues, pour le reste on peut facilement trouver mieux sur le même thème.