Les BDs de Cabu, très imprégnées de l’esprit de l’époque à laquelle elles ont été écrites, tombent petit à petit dans un oubli quasi-total.
Pourtant Mon Beauf’, s’il représente clairement le Français moyen-minable de la France de De Gaulle, Pompidou et Giscard, le Dupont-Lajoie poujado des années 60-70, n’a pas tant vieilli que ça. D’ailleurs le mot lui-même, popularisé par Cabu justement, est rentré dans le français courant et s’utilise encore très couramment aujourd’hui. Et des beaufs semblables au beau-frère de Duduche, on en rencontre encore par paquets de 12 n’importe où, dans le métro, dans les troquets, dans les réunions de famille, à la télé. On les voit même fièrement relever la tête depuis quelques années, dans cette France réac qui a envoyé Le Pen au second tour des présidentielles 2002, qui mettra sans doute Sarkozy sur le trône en 2007, cette vieille France catho bien à droite qui envoie les CRS tabasser les lycéens qui manifestent, qui n’aime pas les Arabes, qui met en avant la "laïcité" quand il s'agit d'emmerder les musulmans puis, en bonne chrétienne, se prosterne officiellement quand le pape claque, qui n’aime pas les jeunes, qui aime son petit confort et sa sécurité, bref cette France qui a fini par arrêter de jouer au "pays des droits de l’Homme" pour s’assumer comme la mère-patrie des beaufs imbéciles et fachos dessinés par Cabu et chantés par Renaud.
Bref, dans le fond la France d’aujourd’hui et celle de Mon Beauf’ ne sont pas si différentes.
Du coup, la caricature vacharde (et pas toujours hyper subtile) de Cabu fait encore souvent mouche, même si depuis Cabu, le personnage du beauf a été maintes et maintes fois réutilisé en BD, à la télévision et au cinéma. Il faut néanmoins savoir que, si l’on a bien affaire à une BD d’humour et qu’il y a pas mal de bons gags bien sentis, il y a aussi quelques passages quasi "documentaires" plutôt sordides, ce qui fait qu’on ne rit pas toujours aux éclats face à Mon Beauf’. Un peu comme face à vrai beauf’ finalement : évidemment, il est si con que ça peut être drôle de l’écouter débiter ses débilités, et en même temps, c’est effrayant, parce qu’on sait que des comme lui, il y en a des millions d’autres, et que même ceux qui n’ont pas de fusil et de berger allemand chez eux ont sans doute, en revanche, une carte d’électeur.
Bref, voilà, personnellement je trouve que c’est une BD qu’il est bon de redécouvrir aujourd’hui (évidemment, c’est épuisé, pas réédité, donc il faudra fouiller chez les bouquinistes et sur le net).
Le scénario de cette BD de cul est totalement basique, du déjà-vu complet : une institution religieuse pour jeunes filles dans laquelle les filles ne manquent pas une occasion pour s'adonner aux plaisirs lesbiens ou plus si affinités. C'est le schéma classique de l'histoire érotique : une nouvelle arrivante découvre bien vite que les autres pensionnaires sont totalement dévergondées et entre dans leurs jeux sexuels, elles baisent ensemble, se font baiser par le gardien moche mais bien membré, se font baiser par les profs, et quand elles sortent de cette Institution (à partir du tome 2), elles continuent leurs expériences sexuelles à droite à gauche.
Ce scénario est tellement classique que je n'y trouve plus rien d'émoustillant. Les scènes sont pas mal foutues, assez réalistes, et les dialogues ne sont pas ridicules, mais bon... Déjà-vu...
Par contre, le dessin est excellent. A tous points de vue, décor, personnages, corps mâles et femelles : tout est vraiment bien foutu et joli à regarder.
C'est ce qui sauve cette série à mes yeux, mais elle n'en reste pas moins dispensable.
Pour commencer, le dessin de Frollo est plutôt bon. Il a une touche un peu ancienne qui colle parfaitement avec l'ambiance années 20 de cette série et ses dessins d'hommes et de femmes sont tout à fait réussis. Bref, visuellement, même si ce n'est pas le niveau de Manara, c'est une BD tout à fait acceptable voire bonne.
Quant à l'histoire, elle a l'avantage d'être crédible. Pas de femmes soumises, pas de situations rocambolesques : ce bordel ressemble à une belle maison-close, réaliste et sans rien de glauque. Les femmes y sont prêtes à toutes les aventures sexuelles mais jamais sous la soumission, en gardant le sourire. Bref, rien de sordide et que de l'agréable.
Et malgré ou grâce à cela, certaines scènes sont nettement émoustillantes tant il est plus excitant de voir des femmes se donner sincèrement à la chose plutôt que des potiches ou des femmes violées comme dans d'autres BDs de cul.
Une BD pornographique de qualité.
J'ai lu dans un journal ( dont je ne sais plus le nom) que l'on retrouvait l'esprit des Sextraordinaires aventures de Zizi et Peter Panpan, dans l'esprit, le cynisme, l'humour... Pas du tout!!
Je trouve qu'on en est bien loin... Le scénario est creux, vide sans sens... Le final, bien que non téléphoné, n'apporte vraiment pas grand chose - et ce d'autant plus qu'il n'y a vraiment aucun suspens dans cette BD...
Je trouve que le thème est racoleur, et mélange sexe, paillettes pour permettre de critiquer la "jet-set", tout en jouant sur le côté "on vous montre tout ce qu'est la jet set" et donc en participant quel que peu renforcer la position d'éloignement que l'on peut éprouver face à "ce monde"...
C'est donc un gala mais sans le côté marrant et ragoteur de gala, qui amuse 30 secondes... C'est donc l'ennui total cette BD.
Peut-être peut-on trouver un intérêt dans le dessin qui a certes ses qualités, mais qui ne colle vraiment pas avec le côté provocateur de la BD... Malgré ses qualités, il participe à ce sentiment d'ennui...
Alors je ne sais si cette BD est de l'humour ou de la satyre sociale, mais sa lecture est à proscrire dans tous les cas... Sa seule utilité dans ma bibliothèque (on me l'a offerte) est de me servir de support pour écrire...
En règle générale, je ne suis pas hyper-fan de BD-documentaires. Je suis même souvent très agacé par les consensus autour de BD "sérieuses" comme Rural ! ou Pilules bleues, persuadé que les gens les encensent non pas pour récompenser leur qualité, mais simplement pour témoigner leur sympathie à la cause traitée dans ces albums.
C'est donc avec un a priori plutôt négatif que j'ai ouvert Le Photographe (je précise néanmoins que je ne suis pas maso et que je n'ai pas décidé de le lire pour le plaisir de me faire du mal : c'était une obligation professionnelle).
J'ai été agréablement surpris, et j'ai dévoré les 2 tomes sans m'arrêter, comme une passionnante série d'aventures.
Le dessin de Guibert et les photos se complètent parfaitement. Le propos est intelligent, instructif, lucide, jamais larmoyant, ne verse pas dans la glorification à outrance des héros-qui-vouent-leur-vie-à-aider-les-autres.
Le périple de cette caravane se suit avec intérêt, on ne s'ennuie pas un instant. Bref, j'ai hâte que le tome 3 sorte.
Voilà une BD bien drôle comme je les aime... Se moquer gentiment des altermondialistes sans tomber dans une lourde parodie tout juste bonne à faire rire le MEDEF et les lecteurs du Figaro, telle est la grande réussite de cet album.
La caricature est franchement bien vue, certains gags m'ont carrément fait éclater de rire (la mascotte du mouvement ATTAC, l'arme absolue de José Bové, la visite à la boutique altermondialiste...), bref j'ai passé un très bon moment avec cette BD.
Après avoir lu Baker Street, je cherchais une série similaire pour me replonger dans cette ambiance victorienne qui inspire tellement d'auteurs et qui me séduirait tout autant. J'ai été comblé avec Green Manor qui est une série tout à fait réussie.
Velhmann nous offre un scénario très plaisant où l'humour parfois glauque est omniprésent. Ces histoires de meurtres ne manquent pas d'originalité. Certaines d'entres elles sont même très recherchées dans leur conception. Bien sûr, l'ambiance générale du récit est axée sur la dérision et c'est franchement convaincant.
Le dessin de Bodart est, lui aussi, très réussi. Son trait met bien en valeur le scénario.
En résumé, Green Manor est une série qui mérite d'être suivie.
A conseiller !
Le Capitaine Ecarlate est un album surréaliste, surprenant et un peu déconcertant. Pourtant, sans être transcendant, j'ai trouvé la lecture de cet album très agréable.
Je ne connaissais pas David B. et c'est avec beaucoup de joie que j'ai découvert sa vision un peu décalée de la bd.
Le récit se lit donc assez facilement. A condition, bien sûr, d'accepter le fait qu'un bateau pirate sème la terreur sur Paris en volant au dessus des toits. Il est clair qu'on est, ici, plongé dans un conte et à partir de là, on peut se permettre beaucoup de choses. A noter que grâce à cet album, j'ai découvert un écrivain que je ne connaissais absolument pas : Marcel Schwob. Le Capitaine Ecarlate est inspiré d'une de ces nouvelles. Me voilà plus malin !
J'aime beaucoup Emmanuel Guibert et une fois de plus, je n'ai pas été déçu par son graphisme de toute beauté. Les traits doux et délicats de ses personnages sont vraiment très beaux. Ce dessinateur a vraiment beaucoup de talent !
Ce one-shot est un album curieux. Je ne dirais pas qu'il est à conseiller mais plutôt à essayer.
A vous de voir !
C'est un bon début, mais l'histoire n'est pas assez développée à mon goût pour que j'aie eu le temps de vraiment l'apprécier et elle ne m'a pas marquée non plus. On nous présente quasiment que quelques personnages plus ou moins sympathiques.
Le dessin est plutôt agréable, du moins il paraît adapté à ce genre d'histoire un peu enfantine.
A suivre pour voir comment ça se goupille
Cet album a un premier gros défaut qu'on ne peut que constater au premier coup d'oeil : sa couverture, sur le coup je me suis demandé si ce n'était pas l'adaptation en BD du nanarifique Barb Wire...
En feuilletant j'ai trouvé les dessins plutôt réussis, en voyant que c'était Rucka au scénario et vu que j'ai trouvé son Queen & Country plutôt sympa, j'ai lu cet album.
Alors niveau scénar, c'est nul il n'y a rien à sauver, l'histoire sent le réchauffé et on se demande bien ce que cette embrouille abracadabrante peut avoir comme intérêt pour l'apprentie Veuve ou ses supérieurs.
Aux dessins le travail de Kordey est correct, j'aime bien la mise en case et les couleurs sont "ambiance", c'est le côté positif de l'album.
Mais ! Comme ce ne sont pas non plus des chefs d'œuvres et que le "fan service" dégouline de partout (les plans sur les seins ou le cul de l'héroïne sont nombreux), cela ne suffit pas à sauver l'album du ratage complet.
Reste ensuite les deux histoires avec l'autre Veuve (Natasha qui se dandine aux côtés de Fury, des vengeurs, d'œil de faucon... bref qui sert de personnage secondaire un peu partout chez Marvel depuis 20 ans), toutes deux creuses et sans intérêt.
Des histoires bouches trous qui ne révèlent rien sur le personnage de la Veuve, qui n'ont aucun lien entre elles et qui n'ont aucun lien non plus avec l'histoire principale.
Et ce n'est pas parce que DD se balance sous la pluie et que le punisher vient donner un coup de flingue que cela va changer grand chose.
Un album très très mauvais, à éviter !
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Mon Beauf'
Les BDs de Cabu, très imprégnées de l’esprit de l’époque à laquelle elles ont été écrites, tombent petit à petit dans un oubli quasi-total. Pourtant Mon Beauf’, s’il représente clairement le Français moyen-minable de la France de De Gaulle, Pompidou et Giscard, le Dupont-Lajoie poujado des années 60-70, n’a pas tant vieilli que ça. D’ailleurs le mot lui-même, popularisé par Cabu justement, est rentré dans le français courant et s’utilise encore très couramment aujourd’hui. Et des beaufs semblables au beau-frère de Duduche, on en rencontre encore par paquets de 12 n’importe où, dans le métro, dans les troquets, dans les réunions de famille, à la télé. On les voit même fièrement relever la tête depuis quelques années, dans cette France réac qui a envoyé Le Pen au second tour des présidentielles 2002, qui mettra sans doute Sarkozy sur le trône en 2007, cette vieille France catho bien à droite qui envoie les CRS tabasser les lycéens qui manifestent, qui n’aime pas les Arabes, qui met en avant la "laïcité" quand il s'agit d'emmerder les musulmans puis, en bonne chrétienne, se prosterne officiellement quand le pape claque, qui n’aime pas les jeunes, qui aime son petit confort et sa sécurité, bref cette France qui a fini par arrêter de jouer au "pays des droits de l’Homme" pour s’assumer comme la mère-patrie des beaufs imbéciles et fachos dessinés par Cabu et chantés par Renaud. Bref, dans le fond la France d’aujourd’hui et celle de Mon Beauf’ ne sont pas si différentes. Du coup, la caricature vacharde (et pas toujours hyper subtile) de Cabu fait encore souvent mouche, même si depuis Cabu, le personnage du beauf a été maintes et maintes fois réutilisé en BD, à la télévision et au cinéma. Il faut néanmoins savoir que, si l’on a bien affaire à une BD d’humour et qu’il y a pas mal de bons gags bien sentis, il y a aussi quelques passages quasi "documentaires" plutôt sordides, ce qui fait qu’on ne rit pas toujours aux éclats face à Mon Beauf’. Un peu comme face à vrai beauf’ finalement : évidemment, il est si con que ça peut être drôle de l’écouter débiter ses débilités, et en même temps, c’est effrayant, parce qu’on sait que des comme lui, il y en a des millions d’autres, et que même ceux qui n’ont pas de fusil et de berger allemand chez eux ont sans doute, en revanche, une carte d’électeur. Bref, voilà, personnellement je trouve que c’est une BD qu’il est bon de redécouvrir aujourd’hui (évidemment, c’est épuisé, pas réédité, donc il faudra fouiller chez les bouquinistes et sur le net).
L'Institution Marie-Madeleine
Le scénario de cette BD de cul est totalement basique, du déjà-vu complet : une institution religieuse pour jeunes filles dans laquelle les filles ne manquent pas une occasion pour s'adonner aux plaisirs lesbiens ou plus si affinités. C'est le schéma classique de l'histoire érotique : une nouvelle arrivante découvre bien vite que les autres pensionnaires sont totalement dévergondées et entre dans leurs jeux sexuels, elles baisent ensemble, se font baiser par le gardien moche mais bien membré, se font baiser par les profs, et quand elles sortent de cette Institution (à partir du tome 2), elles continuent leurs expériences sexuelles à droite à gauche. Ce scénario est tellement classique que je n'y trouve plus rien d'émoustillant. Les scènes sont pas mal foutues, assez réalistes, et les dialogues ne sont pas ridicules, mais bon... Déjà-vu... Par contre, le dessin est excellent. A tous points de vue, décor, personnages, corps mâles et femelles : tout est vraiment bien foutu et joli à regarder. C'est ce qui sauve cette série à mes yeux, mais elle n'en reste pas moins dispensable.
Casino
Pour commencer, le dessin de Frollo est plutôt bon. Il a une touche un peu ancienne qui colle parfaitement avec l'ambiance années 20 de cette série et ses dessins d'hommes et de femmes sont tout à fait réussis. Bref, visuellement, même si ce n'est pas le niveau de Manara, c'est une BD tout à fait acceptable voire bonne. Quant à l'histoire, elle a l'avantage d'être crédible. Pas de femmes soumises, pas de situations rocambolesques : ce bordel ressemble à une belle maison-close, réaliste et sans rien de glauque. Les femmes y sont prêtes à toutes les aventures sexuelles mais jamais sous la soumission, en gardant le sourire. Bref, rien de sordide et que de l'agréable. Et malgré ou grâce à cela, certaines scènes sont nettement émoustillantes tant il est plus excitant de voir des femmes se donner sincèrement à la chose plutôt que des potiches ou des femmes violées comme dans d'autres BDs de cul. Une BD pornographique de qualité.
Rester Normal
J'ai lu dans un journal ( dont je ne sais plus le nom) que l'on retrouvait l'esprit des Sextraordinaires aventures de Zizi et Peter Panpan, dans l'esprit, le cynisme, l'humour... Pas du tout!! Je trouve qu'on en est bien loin... Le scénario est creux, vide sans sens... Le final, bien que non téléphoné, n'apporte vraiment pas grand chose - et ce d'autant plus qu'il n'y a vraiment aucun suspens dans cette BD... Je trouve que le thème est racoleur, et mélange sexe, paillettes pour permettre de critiquer la "jet-set", tout en jouant sur le côté "on vous montre tout ce qu'est la jet set" et donc en participant quel que peu renforcer la position d'éloignement que l'on peut éprouver face à "ce monde"... C'est donc un gala mais sans le côté marrant et ragoteur de gala, qui amuse 30 secondes... C'est donc l'ennui total cette BD. Peut-être peut-on trouver un intérêt dans le dessin qui a certes ses qualités, mais qui ne colle vraiment pas avec le côté provocateur de la BD... Malgré ses qualités, il participe à ce sentiment d'ennui... Alors je ne sais si cette BD est de l'humour ou de la satyre sociale, mais sa lecture est à proscrire dans tous les cas... Sa seule utilité dans ma bibliothèque (on me l'a offerte) est de me servir de support pour écrire...
Le Photographe
En règle générale, je ne suis pas hyper-fan de BD-documentaires. Je suis même souvent très agacé par les consensus autour de BD "sérieuses" comme Rural ! ou Pilules bleues, persuadé que les gens les encensent non pas pour récompenser leur qualité, mais simplement pour témoigner leur sympathie à la cause traitée dans ces albums. C'est donc avec un a priori plutôt négatif que j'ai ouvert Le Photographe (je précise néanmoins que je ne suis pas maso et que je n'ai pas décidé de le lire pour le plaisir de me faire du mal : c'était une obligation professionnelle). J'ai été agréablement surpris, et j'ai dévoré les 2 tomes sans m'arrêter, comme une passionnante série d'aventures. Le dessin de Guibert et les photos se complètent parfaitement. Le propos est intelligent, instructif, lucide, jamais larmoyant, ne verse pas dans la glorification à outrance des héros-qui-vouent-leur-vie-à-aider-les-autres. Le périple de cette caravane se suit avec intérêt, on ne s'ennuie pas un instant. Bref, j'ai hâte que le tome 3 sorte.
Il faut tuer José Bové
Voilà une BD bien drôle comme je les aime... Se moquer gentiment des altermondialistes sans tomber dans une lourde parodie tout juste bonne à faire rire le MEDEF et les lecteurs du Figaro, telle est la grande réussite de cet album. La caricature est franchement bien vue, certains gags m'ont carrément fait éclater de rire (la mascotte du mouvement ATTAC, l'arme absolue de José Bové, la visite à la boutique altermondialiste...), bref j'ai passé un très bon moment avec cette BD.
Green Manor
Après avoir lu Baker Street, je cherchais une série similaire pour me replonger dans cette ambiance victorienne qui inspire tellement d'auteurs et qui me séduirait tout autant. J'ai été comblé avec Green Manor qui est une série tout à fait réussie. Velhmann nous offre un scénario très plaisant où l'humour parfois glauque est omniprésent. Ces histoires de meurtres ne manquent pas d'originalité. Certaines d'entres elles sont même très recherchées dans leur conception. Bien sûr, l'ambiance générale du récit est axée sur la dérision et c'est franchement convaincant. Le dessin de Bodart est, lui aussi, très réussi. Son trait met bien en valeur le scénario. En résumé, Green Manor est une série qui mérite d'être suivie. A conseiller !
Le Capitaine Ecarlate
Le Capitaine Ecarlate est un album surréaliste, surprenant et un peu déconcertant. Pourtant, sans être transcendant, j'ai trouvé la lecture de cet album très agréable. Je ne connaissais pas David B. et c'est avec beaucoup de joie que j'ai découvert sa vision un peu décalée de la bd. Le récit se lit donc assez facilement. A condition, bien sûr, d'accepter le fait qu'un bateau pirate sème la terreur sur Paris en volant au dessus des toits. Il est clair qu'on est, ici, plongé dans un conte et à partir de là, on peut se permettre beaucoup de choses. A noter que grâce à cet album, j'ai découvert un écrivain que je ne connaissais absolument pas : Marcel Schwob. Le Capitaine Ecarlate est inspiré d'une de ces nouvelles. Me voilà plus malin ! J'aime beaucoup Emmanuel Guibert et une fois de plus, je n'ai pas été déçu par son graphisme de toute beauté. Les traits doux et délicats de ses personnages sont vraiment très beaux. Ce dessinateur a vraiment beaucoup de talent ! Ce one-shot est un album curieux. Je ne dirais pas qu'il est à conseiller mais plutôt à essayer. A vous de voir !
Salvatore
C'est un bon début, mais l'histoire n'est pas assez développée à mon goût pour que j'aie eu le temps de vraiment l'apprécier et elle ne m'a pas marquée non plus. On nous présente quasiment que quelques personnages plus ou moins sympathiques. Le dessin est plutôt agréable, du moins il paraît adapté à ce genre d'histoire un peu enfantine. A suivre pour voir comment ça se goupille
Veuve noire - Double jeu
Cet album a un premier gros défaut qu'on ne peut que constater au premier coup d'oeil : sa couverture, sur le coup je me suis demandé si ce n'était pas l'adaptation en BD du nanarifique Barb Wire... En feuilletant j'ai trouvé les dessins plutôt réussis, en voyant que c'était Rucka au scénario et vu que j'ai trouvé son Queen & Country plutôt sympa, j'ai lu cet album. Alors niveau scénar, c'est nul il n'y a rien à sauver, l'histoire sent le réchauffé et on se demande bien ce que cette embrouille abracadabrante peut avoir comme intérêt pour l'apprentie Veuve ou ses supérieurs. Aux dessins le travail de Kordey est correct, j'aime bien la mise en case et les couleurs sont "ambiance", c'est le côté positif de l'album. Mais ! Comme ce ne sont pas non plus des chefs d'œuvres et que le "fan service" dégouline de partout (les plans sur les seins ou le cul de l'héroïne sont nombreux), cela ne suffit pas à sauver l'album du ratage complet. Reste ensuite les deux histoires avec l'autre Veuve (Natasha qui se dandine aux côtés de Fury, des vengeurs, d'œil de faucon... bref qui sert de personnage secondaire un peu partout chez Marvel depuis 20 ans), toutes deux creuses et sans intérêt. Des histoires bouches trous qui ne révèlent rien sur le personnage de la Veuve, qui n'ont aucun lien entre elles et qui n'ont aucun lien non plus avec l'histoire principale. Et ce n'est pas parce que DD se balance sous la pluie et que le punisher vient donner un coup de flingue que cela va changer grand chose. Un album très très mauvais, à éviter !