J'ai été éberlué quand j'ai entamé la lecture de ce manga. Pourquoi ? Car l'esprit même de ce manga est à l'opposé de tout ce que je connais en matière de manga !
Quand on regarde cette histoire de loin, on croit qu'on va lire une nouvelle version de Maison Ikkoku avec une romance contrariée entre un gentil étudiant un peu bêta et une belle jeune femme timide et sage. Et effectivement, on retrouve pas mal de composantes des mangas typiques de ce genre : le garçon mignon et réservé qui ne réussit pas trop dans ses études, la jolie brune dont il va se rapprocher, les amis un peu envahissants, un yakuza effrayant mais en fait gentil, et pas mal de clichés ou du moins de ce qu'on croit être des clichés au premier coup d'oeil.
Mais en fait, ce manga est à mille lieues d'un manga typique du genre.
On pourrait presque le prendre comme l'anti-thèse de Maison Ikkoku en fait.
Le garçon n'est pas amoureux de la jolie brune ou du moins passe son temps à faire comme si elle n'avait aucune importance pour lui et qu'il voulait s'en débarrasser.
La jolie brune n'a rien d'une sage femme au foyer : elle est totalement délurée voire nymphomane. Elle a une forte personnalité de même que toutes les autres femmes de ce manga qui sont toutes ou presque des femmes de tête.
Ce "couple" ne restera pas indéfiniment dans la même situation à se tourner autour en habitant l'un à côté de l'autre : la vie va les changer, ils vont déménager, mûrir, changer de travail, d'amis, etc...
Et toute l'intrigue est ainsi, tellement plus proche de la réalité ou du moins de la réalité occidentale des couples et du sexe que c'en est ahurissant venant d'un manga.
L'élément principal qui saute aux yeux, c'est que les personnages n'ont presque aucun tabou vis-à-vis du sexe. C'est bien simple, l'héroïne est dans le lit du héros dès la première page. Et tout le long de la série, le sexe vient naturellement, un peu trop souvent sans doute pour des esprits prudes mais tellement proche de la réalité d'une vie de couple ou de la vie de coureurs de jupons. Ces scènes de sexe sont présentées de manière à la fois érotiques et réalistes les rendant très bien intégrées à l'histoire mais également émoustillantes juste comme il faut aussi bien pour un lectorat d'hommes que de femmes.
Quant au reste de l'histoire, c'est pareil, il est très réaliste, abordant les sentiments amoureux sous un angle qu'on imagine pas dans un manga et surtout n'hésitant pas à considérer des relations possibles sans sentiments entre les partenaires : le sexe pour le sexe ou l'affection par pur intérêt. C'en est parfois assez dérangeant, pour quelqu'un qui s'attend à s'émouvoir et à lire une belle romance compliquée, que de découvrir que l'histoire de ce manga ne contient peut-être pas la belle histoire d'amour qu'on aimerait y voir.
C'est réaliste, c'est assez fort, mais à côté de ça, il y a quand même une bonne dose d'humour. Je l'ai trouvé moins présent que dans Maison Ikkoku ou dans F.Compo mais il est pourtant bien là et j'avoue avoir été explosé de rire à pas mal de moments, même si j'aurais aimé que ce soit plus souvent.
Les personnages sont justes et très originaux. J'ai une réelle affection pour le personnage de Aya même si jusqu'à la fin elle reste assez difficilement cernable.
Les dialogues sont excellents et, si ce n'était un certain nombre de fautes d'orthographe ou d'inattention dans l'édition que j'ai lue, je féliciterais vraiment les traducteurs.
Et je félicite aussi au passage Tonkam car l'édition qu'ils ont publiée à l'époque est excellente, avec une couverture belle et solide et des albums de 200 pages fins et denses à lire. Je ne pourrais leur faire qu'un reproche : quel dommage que la qualité de reproduction des planches des tomes 1 et 2 soit aussi mauvaise : la résolution des images est tellement mauvaise qu'elles paraissent pixellisées, comme si à l'époque elles avaient été imprimées directement depuis Internet.
Asatte Dance se présente comme un mélange étonnant entre Maison Ikkoku et De mal en pis auxquels aurait été ajoutée une dose d'érotisme qui s'insère bien dans l'histoire et même dans l'humour. Les sentiments sont traités avec réalisme et la fin ne sera pas celle qu'attend une midinette en mal de mariage heureux.
Maintenant, je dois admettre ne pas avoir été aussi captivé par cette série que par l'intrigue de F.Compo par exemple, et surtout en fin de lecture, j'ai été largement moins ému et touché que par la fin de De mal en pis.
Il y a dans Asatte Dance quelques longueurs et moments moins plaisants que les autres. Et de même, le manque de sentiments affirmés dans ce qu'on pourrait espérer devenir une vraie romance est assez frustrant surtout vers la fin.
Cette légère déception pourrait m'amener à ne donner qu'une note de 3/5 à la série mais elle détonne tellement par son originalité par rapport aux autres mangas que je ne peux pas la laisser passer inaperçue.
Un OVNI à mes yeux dans le monde du manga, un immanquable d'une certaine manière, à lire absolument tellement c'est surprenant et différent du manga romantique typique.
Si l'on compare "Yakari" à toute une partie de la production jeunesse -je veux parler, par exemple, des "4 As" ou de Sylvain et Sylvette-, il faut bien avouer que cette BD est d'un niveau très honorable.
Certes c'est une BD qui se relit très difficilement passé le cap de l'adolescence, mais elle fourmille de qualités proprement adpatées à la classe d'âge visée.
Tout d'abord, un enfant suivra avec ravissement les aventures de ce petit indien dans les grandes plaines sauvages de l'Amérique du Nord. Cela peut lui communiquer très jeune le parfum de l'aventure.
Ensuite les scénarios sont d'assez bonne facture, de même que les dessins. C'est un bon tremplin vers le (vaste) monde de la bande-dessinée, qui attend à bras ouvert cet esprit jeune et libre.
Enfin les histoires sont très humanistes, avec un brin d'écologie, sans pour autant donner des leçons de morale. Ce sont des enseignements précieux et utiles pour réussir à l'école de la vie (en tout cas, c'est toujours mieux qu'un Titeuf).
Bref, "Yakari", même si ce n'est pas une BD jeunesse exceptionnelle comme Astérix, possède des qualités rares, et constitue de fait un très bon complément pour les enfants.
Très beau petit album en format "carte postale" que nous propose François Duprat. L’histoire est un joli clin d’oeil à St-Exupéry. Bien que courte, elle n’est reste pas moins fort agréable à lire. En outre, le style graphique de l’auteur se rapproche quelque peu de celui d’Alfred. Ce qui n’est sans doute pas un hasard puisque ce dernier à préfacé l’album. Bref, "Colombine ou les Lunes de petite Vertu" est un petit album à lire sans tarder . . .
Repéré dans la bdthèque du Spooky lorsqu’il m’avait parlé de Grivaud, j’ai fini par trouver un exemplaire de cet album en fouinant dans une librairie bien fournie en indépendants . . . Petit format paru dans la même collection que "Two Gentlemen", la couverture a la particularité de ne présenter aucune inscription à l’exception du nom des auteurs. A l’intérieur, on découvre le dessin en N&B de Grivaud qui me plaît beaucoup même s’il reste encore "perfectible". Le récit est emprunt de nostalgie et de résignations. Nikolavitch traite habilement de la situation vécue de cet indigène, délaissé par son peuple car travaillant pour les blancs et mal considéré par ces derniers car "sauvage".
A lire . . .
Histoire triste et touchante que celle de ce pantin livré à lui-même . . . A éviter de lire lorsqu’on a un coup de blues. Les dessins parlant d’eux-mêmes, nul besoin de paroles pour ce récit. Toutefois, si les couleurs sont plutôt réussies, il me tarde de trouver la version N&B parue dans la collection "Comix" du même éditeur. De plus, le prix était plus adapté au format de la bd (4 €). Mais ne gâchez pas votre plaisir et lisez "Le pantin" si ce n’est déjà fait !
Quand on est gamin, on lit vraiment n'importe quoi...
Dans la famille des BD-qui-ont-berçé-notre-enfance-mais-qui-sont-vraiment-pas-terribles, je demande les 4 As!
Je venais juste de dépasser le stade de Sylvain et Sylvette, BD niaise par excellence, que je me retrouve à dévorer les 4 As, BD non moins débile mais parfaitement adaptée à la classe d'âge visée, c'est à dire les 9-12 ans.
J'étais passionnée par les aventures de ces quatre copains complètement caricaturaux qui ne se prenaient pas du tout au sérieux. C'était sans doute cela le charme de cette série.
Mais que dire des dialogues? Et je ne vous parle pas des aventures elles-mêmes!
Cela a au moins le mérite de faire entrer les enfants que nous avons tous été dans le monde de la bande-dessinée.
Au rayon livres d'un quelconque supermarché, je tombe subitement sur un album de "Sylvain et Sylvette".
"Oh! m'écrié-je candidement, toute mon enfance!" Je feuillette rapidement les pages, et repose prestement la BD avec un amer sentiment de déception et de consternation mêlées.
"Quoi?! crie-je au désespoir en courant dans les rayons, comment ai-je pu lire une chose pareille?"
Il est vrai maintenant que cette BD m'apparaît vraiment niaise à souhait. Les gags ne font pas sourir. C'est nul, il faut bien le dire.
Impossible de relire quelque chose d'aussi indicible.
Ma note n'est justifiée que par le fait que j'ai pu apprécier cette BD étant enfant. Mais il est vrai que quand l'on est gosse, on n'est pas vraiment responsable de ses actes.
Je n'ai lu que les tomes 2, 3 et 5 de cette série mais cela me suffit à surtout en éviter l'achat.
Le tome 2 portant sur Darth Maul n'est pas mal dessiné. Rien à dire de ce côté là. Par contre l'histoire est bateau, bourrin comme peut l'être Darth Maul lui-même (qui n'est pas un fin stratégiste, c'est peu de le dire), et sa lecture s'oublie aussi vite qu'elle se fait.
Le tome 3, sur Vador, est tout simplement nul. Le dessin de Gibbons est mauvais, vraiment mauvais. Les personnages ont l'air la plupart du temps de nounours et Vador a autant de prestance qu'une poule en gelée. Quant au scénario, il ajoute son côté assez minable à ce que je considère comme une hérésie personnellement : elle insulte le personnage de Vador, le transformant en gamin puéril et névrotique alors que l'album est sensé être basé sur lui. Quel meilleur moyen de briser totalement le mythe de sombre seigneur vêtu de noir (déjà qu'on avait un peu de mal avec lui après le passage d'Hayden Christensen) ? A côté du Vador de cette BD, Darth Maul a l'air d'un gars posé et diplomate.
Quant au tome 5, lui aussi sur Vador, il est véritablement basé sur l'action, avec des histoires dont le but unique semble de ravir les fans de personnages d'action de Star Wars, comme l'histoire la plus longue de l'album qui porte globalement uniquement sur un moyen un peu bidon de faire combattre ensemble Vador et Darth Maul. Action, action, un peu de psychologie bidon de Vador, bref, rien de bien intéressant.
Tome 1 :
Tomes 2 et 3 :
Tomes 4 à 6 :
Tomes 7 et 8 :
Tome 9 :
J'ai failli noter assez sèchement cette série Star Wars car je me suis au départ arrêté au tome 3. Or ce qu'il faut savoir c'est que chaque tome est indépendant et contient une ou plusieurs histoires chacune. Ces histoires ont des dessinateurs différents et surtout 2 scénaristes principaux.
Côté dessin, cette série est la plus soignée de toutes les BDs Star Wars que j'ai lues jusqu'à présent. Dessin sans grande âme mais très maîtrisé et très bon au niveau des couleurs (à l'exception de la dernière histoire du tome 5, hideusement colorisée à l'ordinateur).
Avec l'édition Delcourt cartonnée et de belle qualité, ça fait de beaux albums que je suis heureux de posséder.
Le premier scénariste, Blackman, a scénarisé une partie du premier tome, la quasi totalité des tomes 2 et 3, ainsi qu'une ou deux histoires courtes des tomes suivants. Et je trouve ses scénarios très moyens. C'est la guerre, la Guerre des Clones. Alors ça se bastonne, ça explose à droite, ça explose à gauche, les gens meurent, Blackman nous en présente comme étant de majestueux héros Jedis mais en fait on ne les voit que le temps de les voir mourir. Blackman reprend en outre deux méchants de la série animée Clone Wars mais ne leur ajoute quasiment aucune profondeur ni interêt. C'est du bourrin, du bourrin lisible et pas totalement désagréable mais sans grand interêt.
Par contre, le deuxième scénariste, Ostrander, à qui l'on doit déjà Star Wars - Jedi, est nettement meilleur à mon goût. Il opère sur une partie du tome 1 puis à partir du tome 4 dans cette série Clone Wars et amène des récits qui ont une réelle profondeur et un vrai interêt en comparaison des premiers tomes. On retrouve le personnage créé par Ostander, Quinlan Vos, jedi torturé qui apporte une part de reflexion sur le choix entre Côté Lumineux et Côté Obscur. Et on trouve également un Comte Dooku de premier interêt, dans des histoires avec toujours une bonne dose d'action mais également une part de reflexion et de stratégie. Pas de manichéisme dans les récits d'Ostander : les Jedis se posent des questions, le Côté Obscur présente son intelligence et son attirance, nul ne sait vraiment s'il combat dans le "camp des gentils" ou non, etc... Star Wars comme je l'apprécie, donc.
Et à côté de ces 2 scénaristes, la série propose également un certain nombre d'histoires plus courtes fournies par divers scénaristes. Ces histoires sont disséminées au fil des albums mais prennent par exemple une bonne moitié du tome 7. L'ennui avec ces histoires courtes, c'est que le scénario est souvent très moyen, voire mauvais, un peu comme un mauvais fan-art. Cela gâche à mes yeux la qualité de l'ensemble et n'apporte pas grand chose à la profondeur et à l'interêt de la série.
Sans doute la meilleure série Star Wars en BD que j'ai lue jusqu'à présent, mais néanmoins à conseiller essentiellement aux fans déjà confirmés de l'univers Star Wars car de nombreuses notions sont livrées sans aucune explication et seuls les connaisseurs de cet univers en profondeur sont en mesure d'appréhender la totalité des informations et composantes de certains scénarios.
Ce n'est que récemment que j'ai découvert que Cothias avait scénarisé pas mal de séries de jeunesse pour le magazine Okapi. Altaïr m'a permis de lire celle-ci, datant de 1982-1983, qui permet d'avoir un aperçu assez manifeste de ces "pêchés de jeunesse" (ceux de Cothias, pas d'Altaïr).
Sternis au dessin a ici un style qui n'a absolument rien à voir avec son style dans ses séries plus récentes telles que Pyrénée. Le trait est ici dans un style réaliste, pas très éloigné de la ligne claire ou du moins des BDs d'aventure "à papa". Malgré un dessin pas désagréable, les planches fourmillent de ratés et d'erreurs de jeunesse dues à un manque manifeste de maîtrise technique.
Péché de jeunesse de dessinateur, donc.
Quant au scénario, il est dans la même veine. Partant sur une base qui a de quoi captiver tout lectorat de jeune amateur de SF et de mystère, il n'est dès le départ pas exempt de défauts. Une intrigue très bateau, un mystère insondable, des monstres aquatiques, la marine militaire des Etats-Unis sur le qui-vive, des fonds marins à explorer : tout cela sent assez le gros poisson... hum, non... tout cela sent assez le déjà-vu pour un lecteur assidu de SF ou un amateur de films de SF. C'est une intrigue de science-fiction/fantastique cousue de fil blanc où ce qui prime c'est l'envie pour le lecteur de comprendre cet incroyable mystère.
Mais le mystère s'amplifie, s'intensifie, la science-fiction devient onirique-fiction voire délire totale. Et le dénouement final est non seulement ultra-cliché mais en plus très facile sur le plan scénaristique.
Pêché de jeunesse du scénariste, donc.
Une série jeunesse d'une autre époque qu'on lit avec indulgence et un sourire en coin tant le tout parait cousu de fil blanc sans être pour autant vraiment désagréable à lire.
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Asatte Dance
J'ai été éberlué quand j'ai entamé la lecture de ce manga. Pourquoi ? Car l'esprit même de ce manga est à l'opposé de tout ce que je connais en matière de manga ! Quand on regarde cette histoire de loin, on croit qu'on va lire une nouvelle version de Maison Ikkoku avec une romance contrariée entre un gentil étudiant un peu bêta et une belle jeune femme timide et sage. Et effectivement, on retrouve pas mal de composantes des mangas typiques de ce genre : le garçon mignon et réservé qui ne réussit pas trop dans ses études, la jolie brune dont il va se rapprocher, les amis un peu envahissants, un yakuza effrayant mais en fait gentil, et pas mal de clichés ou du moins de ce qu'on croit être des clichés au premier coup d'oeil. Mais en fait, ce manga est à mille lieues d'un manga typique du genre. On pourrait presque le prendre comme l'anti-thèse de Maison Ikkoku en fait. Le garçon n'est pas amoureux de la jolie brune ou du moins passe son temps à faire comme si elle n'avait aucune importance pour lui et qu'il voulait s'en débarrasser. La jolie brune n'a rien d'une sage femme au foyer : elle est totalement délurée voire nymphomane. Elle a une forte personnalité de même que toutes les autres femmes de ce manga qui sont toutes ou presque des femmes de tête. Ce "couple" ne restera pas indéfiniment dans la même situation à se tourner autour en habitant l'un à côté de l'autre : la vie va les changer, ils vont déménager, mûrir, changer de travail, d'amis, etc... Et toute l'intrigue est ainsi, tellement plus proche de la réalité ou du moins de la réalité occidentale des couples et du sexe que c'en est ahurissant venant d'un manga. L'élément principal qui saute aux yeux, c'est que les personnages n'ont presque aucun tabou vis-à-vis du sexe. C'est bien simple, l'héroïne est dans le lit du héros dès la première page. Et tout le long de la série, le sexe vient naturellement, un peu trop souvent sans doute pour des esprits prudes mais tellement proche de la réalité d'une vie de couple ou de la vie de coureurs de jupons. Ces scènes de sexe sont présentées de manière à la fois érotiques et réalistes les rendant très bien intégrées à l'histoire mais également émoustillantes juste comme il faut aussi bien pour un lectorat d'hommes que de femmes. Quant au reste de l'histoire, c'est pareil, il est très réaliste, abordant les sentiments amoureux sous un angle qu'on imagine pas dans un manga et surtout n'hésitant pas à considérer des relations possibles sans sentiments entre les partenaires : le sexe pour le sexe ou l'affection par pur intérêt. C'en est parfois assez dérangeant, pour quelqu'un qui s'attend à s'émouvoir et à lire une belle romance compliquée, que de découvrir que l'histoire de ce manga ne contient peut-être pas la belle histoire d'amour qu'on aimerait y voir. C'est réaliste, c'est assez fort, mais à côté de ça, il y a quand même une bonne dose d'humour. Je l'ai trouvé moins présent que dans Maison Ikkoku ou dans F.Compo mais il est pourtant bien là et j'avoue avoir été explosé de rire à pas mal de moments, même si j'aurais aimé que ce soit plus souvent. Les personnages sont justes et très originaux. J'ai une réelle affection pour le personnage de Aya même si jusqu'à la fin elle reste assez difficilement cernable. Les dialogues sont excellents et, si ce n'était un certain nombre de fautes d'orthographe ou d'inattention dans l'édition que j'ai lue, je féliciterais vraiment les traducteurs. Et je félicite aussi au passage Tonkam car l'édition qu'ils ont publiée à l'époque est excellente, avec une couverture belle et solide et des albums de 200 pages fins et denses à lire. Je ne pourrais leur faire qu'un reproche : quel dommage que la qualité de reproduction des planches des tomes 1 et 2 soit aussi mauvaise : la résolution des images est tellement mauvaise qu'elles paraissent pixellisées, comme si à l'époque elles avaient été imprimées directement depuis Internet. Asatte Dance se présente comme un mélange étonnant entre Maison Ikkoku et De mal en pis auxquels aurait été ajoutée une dose d'érotisme qui s'insère bien dans l'histoire et même dans l'humour. Les sentiments sont traités avec réalisme et la fin ne sera pas celle qu'attend une midinette en mal de mariage heureux. Maintenant, je dois admettre ne pas avoir été aussi captivé par cette série que par l'intrigue de F.Compo par exemple, et surtout en fin de lecture, j'ai été largement moins ému et touché que par la fin de De mal en pis. Il y a dans Asatte Dance quelques longueurs et moments moins plaisants que les autres. Et de même, le manque de sentiments affirmés dans ce qu'on pourrait espérer devenir une vraie romance est assez frustrant surtout vers la fin. Cette légère déception pourrait m'amener à ne donner qu'une note de 3/5 à la série mais elle détonne tellement par son originalité par rapport aux autres mangas que je ne peux pas la laisser passer inaperçue. Un OVNI à mes yeux dans le monde du manga, un immanquable d'une certaine manière, à lire absolument tellement c'est surprenant et différent du manga romantique typique.
Yakari
Si l'on compare "Yakari" à toute une partie de la production jeunesse -je veux parler, par exemple, des "4 As" ou de Sylvain et Sylvette-, il faut bien avouer que cette BD est d'un niveau très honorable. Certes c'est une BD qui se relit très difficilement passé le cap de l'adolescence, mais elle fourmille de qualités proprement adpatées à la classe d'âge visée. Tout d'abord, un enfant suivra avec ravissement les aventures de ce petit indien dans les grandes plaines sauvages de l'Amérique du Nord. Cela peut lui communiquer très jeune le parfum de l'aventure. Ensuite les scénarios sont d'assez bonne facture, de même que les dessins. C'est un bon tremplin vers le (vaste) monde de la bande-dessinée, qui attend à bras ouvert cet esprit jeune et libre. Enfin les histoires sont très humanistes, avec un brin d'écologie, sans pour autant donner des leçons de morale. Ce sont des enseignements précieux et utiles pour réussir à l'école de la vie (en tout cas, c'est toujours mieux qu'un Titeuf). Bref, "Yakari", même si ce n'est pas une BD jeunesse exceptionnelle comme Astérix, possède des qualités rares, et constitue de fait un très bon complément pour les enfants.
Colombine ou les Lunes de petite Vertu
Très beau petit album en format "carte postale" que nous propose François Duprat. L’histoire est un joli clin d’oeil à St-Exupéry. Bien que courte, elle n’est reste pas moins fort agréable à lire. En outre, le style graphique de l’auteur se rapproche quelque peu de celui d’Alfred. Ce qui n’est sans doute pas un hasard puisque ce dernier à préfacé l’album. Bref, "Colombine ou les Lunes de petite Vertu" est un petit album à lire sans tarder . . .
Alcheringa
Repéré dans la bdthèque du Spooky lorsqu’il m’avait parlé de Grivaud, j’ai fini par trouver un exemplaire de cet album en fouinant dans une librairie bien fournie en indépendants . . . Petit format paru dans la même collection que "Two Gentlemen", la couverture a la particularité de ne présenter aucune inscription à l’exception du nom des auteurs. A l’intérieur, on découvre le dessin en N&B de Grivaud qui me plaît beaucoup même s’il reste encore "perfectible". Le récit est emprunt de nostalgie et de résignations. Nikolavitch traite habilement de la situation vécue de cet indigène, délaissé par son peuple car travaillant pour les blancs et mal considéré par ces derniers car "sauvage". A lire . . .
Le Pantin
Histoire triste et touchante que celle de ce pantin livré à lui-même . . . A éviter de lire lorsqu’on a un coup de blues. Les dessins parlant d’eux-mêmes, nul besoin de paroles pour ce récit. Toutefois, si les couleurs sont plutôt réussies, il me tarde de trouver la version N&B parue dans la collection "Comix" du même éditeur. De plus, le prix était plus adapté au format de la bd (4 €). Mais ne gâchez pas votre plaisir et lisez "Le pantin" si ce n’est déjà fait !
Les 4 As
Quand on est gamin, on lit vraiment n'importe quoi... Dans la famille des BD-qui-ont-berçé-notre-enfance-mais-qui-sont-vraiment-pas-terribles, je demande les 4 As! Je venais juste de dépasser le stade de Sylvain et Sylvette, BD niaise par excellence, que je me retrouve à dévorer les 4 As, BD non moins débile mais parfaitement adaptée à la classe d'âge visée, c'est à dire les 9-12 ans. J'étais passionnée par les aventures de ces quatre copains complètement caricaturaux qui ne se prenaient pas du tout au sérieux. C'était sans doute cela le charme de cette série. Mais que dire des dialogues? Et je ne vous parle pas des aventures elles-mêmes! Cela a au moins le mérite de faire entrer les enfants que nous avons tous été dans le monde de la bande-dessinée.
Sylvain et Sylvette
Au rayon livres d'un quelconque supermarché, je tombe subitement sur un album de "Sylvain et Sylvette". "Oh! m'écrié-je candidement, toute mon enfance!" Je feuillette rapidement les pages, et repose prestement la BD avec un amer sentiment de déception et de consternation mêlées. "Quoi?! crie-je au désespoir en courant dans les rayons, comment ai-je pu lire une chose pareille?" Il est vrai maintenant que cette BD m'apparaît vraiment niaise à souhait. Les gags ne font pas sourir. C'est nul, il faut bien le dire. Impossible de relire quelque chose d'aussi indicible. Ma note n'est justifiée que par le fait que j'ai pu apprécier cette BD étant enfant. Mais il est vrai que quand l'on est gosse, on n'est pas vraiment responsable de ses actes.
Star Wars - Le Côté Obscur
Je n'ai lu que les tomes 2, 3 et 5 de cette série mais cela me suffit à surtout en éviter l'achat. Le tome 2 portant sur Darth Maul n'est pas mal dessiné. Rien à dire de ce côté là. Par contre l'histoire est bateau, bourrin comme peut l'être Darth Maul lui-même (qui n'est pas un fin stratégiste, c'est peu de le dire), et sa lecture s'oublie aussi vite qu'elle se fait. Le tome 3, sur Vador, est tout simplement nul. Le dessin de Gibbons est mauvais, vraiment mauvais. Les personnages ont l'air la plupart du temps de nounours et Vador a autant de prestance qu'une poule en gelée. Quant au scénario, il ajoute son côté assez minable à ce que je considère comme une hérésie personnellement : elle insulte le personnage de Vador, le transformant en gamin puéril et névrotique alors que l'album est sensé être basé sur lui. Quel meilleur moyen de briser totalement le mythe de sombre seigneur vêtu de noir (déjà qu'on avait un peu de mal avec lui après le passage d'Hayden Christensen) ? A côté du Vador de cette BD, Darth Maul a l'air d'un gars posé et diplomate. Quant au tome 5, lui aussi sur Vador, il est véritablement basé sur l'action, avec des histoires dont le but unique semble de ravir les fans de personnages d'action de Star Wars, comme l'histoire la plus longue de l'album qui porte globalement uniquement sur un moyen un peu bidon de faire combattre ensemble Vador et Darth Maul. Action, action, un peu de psychologie bidon de Vador, bref, rien de bien intéressant.
Star Wars - La Guerre des Clones (Clone Wars)
Tome 1 :
Tomes 2 et 3 :
Tomes 4 à 6 :
Tomes 7 et 8 :
Tome 9 :
J'ai failli noter assez sèchement cette série Star Wars car je me suis au départ arrêté au tome 3. Or ce qu'il faut savoir c'est que chaque tome est indépendant et contient une ou plusieurs histoires chacune. Ces histoires ont des dessinateurs différents et surtout 2 scénaristes principaux.
Côté dessin, cette série est la plus soignée de toutes les BDs Star Wars que j'ai lues jusqu'à présent. Dessin sans grande âme mais très maîtrisé et très bon au niveau des couleurs (à l'exception de la dernière histoire du tome 5, hideusement colorisée à l'ordinateur).
Avec l'édition Delcourt cartonnée et de belle qualité, ça fait de beaux albums que je suis heureux de posséder.
Le premier scénariste, Blackman, a scénarisé une partie du premier tome, la quasi totalité des tomes 2 et 3, ainsi qu'une ou deux histoires courtes des tomes suivants. Et je trouve ses scénarios très moyens. C'est la guerre, la Guerre des Clones. Alors ça se bastonne, ça explose à droite, ça explose à gauche, les gens meurent, Blackman nous en présente comme étant de majestueux héros Jedis mais en fait on ne les voit que le temps de les voir mourir. Blackman reprend en outre deux méchants de la série animée Clone Wars mais ne leur ajoute quasiment aucune profondeur ni interêt. C'est du bourrin, du bourrin lisible et pas totalement désagréable mais sans grand interêt.
Par contre, le deuxième scénariste, Ostrander, à qui l'on doit déjà Star Wars - Jedi, est nettement meilleur à mon goût. Il opère sur une partie du tome 1 puis à partir du tome 4 dans cette série Clone Wars et amène des récits qui ont une réelle profondeur et un vrai interêt en comparaison des premiers tomes. On retrouve le personnage créé par Ostander, Quinlan Vos, jedi torturé qui apporte une part de reflexion sur le choix entre Côté Lumineux et Côté Obscur. Et on trouve également un Comte Dooku de premier interêt, dans des histoires avec toujours une bonne dose d'action mais également une part de reflexion et de stratégie. Pas de manichéisme dans les récits d'Ostander : les Jedis se posent des questions, le Côté Obscur présente son intelligence et son attirance, nul ne sait vraiment s'il combat dans le "camp des gentils" ou non, etc... Star Wars comme je l'apprécie, donc.
Et à côté de ces 2 scénaristes, la série propose également un certain nombre d'histoires plus courtes fournies par divers scénaristes. Ces histoires sont disséminées au fil des albums mais prennent par exemple une bonne moitié du tome 7. L'ennui avec ces histoires courtes, c'est que le scénario est souvent très moyen, voire mauvais, un peu comme un mauvais fan-art. Cela gâche à mes yeux la qualité de l'ensemble et n'apporte pas grand chose à la profondeur et à l'interêt de la série.
Sans doute la meilleure série Star Wars en BD que j'ai lue jusqu'à présent, mais néanmoins à conseiller essentiellement aux fans déjà confirmés de l'univers Star Wars car de nombreuses notions sont livrées sans aucune explication et seuls les connaisseurs de cet univers en profondeur sont en mesure d'appréhender la totalité des informations et composantes de certains scénarios.
Snark saga
Ce n'est que récemment que j'ai découvert que Cothias avait scénarisé pas mal de séries de jeunesse pour le magazine Okapi. Altaïr m'a permis de lire celle-ci, datant de 1982-1983, qui permet d'avoir un aperçu assez manifeste de ces "pêchés de jeunesse" (ceux de Cothias, pas d'Altaïr). Sternis au dessin a ici un style qui n'a absolument rien à voir avec son style dans ses séries plus récentes telles que Pyrénée. Le trait est ici dans un style réaliste, pas très éloigné de la ligne claire ou du moins des BDs d'aventure "à papa". Malgré un dessin pas désagréable, les planches fourmillent de ratés et d'erreurs de jeunesse dues à un manque manifeste de maîtrise technique. Péché de jeunesse de dessinateur, donc. Quant au scénario, il est dans la même veine. Partant sur une base qui a de quoi captiver tout lectorat de jeune amateur de SF et de mystère, il n'est dès le départ pas exempt de défauts. Une intrigue très bateau, un mystère insondable, des monstres aquatiques, la marine militaire des Etats-Unis sur le qui-vive, des fonds marins à explorer : tout cela sent assez le gros poisson... hum, non... tout cela sent assez le déjà-vu pour un lecteur assidu de SF ou un amateur de films de SF. C'est une intrigue de science-fiction/fantastique cousue de fil blanc où ce qui prime c'est l'envie pour le lecteur de comprendre cet incroyable mystère. Mais le mystère s'amplifie, s'intensifie, la science-fiction devient onirique-fiction voire délire totale. Et le dénouement final est non seulement ultra-cliché mais en plus très facile sur le plan scénaristique. Pêché de jeunesse du scénariste, donc. Une série jeunesse d'une autre époque qu'on lit avec indulgence et un sourire en coin tant le tout parait cousu de fil blanc sans être pour autant vraiment désagréable à lire.