Deuxième album que je lis de cet auteur, l’histoire de Monty Wheeler est très fine, très subtile.
Kalesniko est toujours aussi avare de dialogues préférant suggérer les sentiments et pensées de ses personnages par des attitudes ou des regards lourds de sens. J’aime beaucoup cela, de même que le dessin, lui aussi fin et élégant, à l’image de l’héroïne, la mystérieuse Kyung Seo.
Quant au scénario : au début, cela paraît un peu cousu de fil blanc avec ce Monty, sorte de Peter Pan fossilisé dans ses préjugés, réac au possible et confondant sa femme avec le fantasme qu’il s’en est fait, réduisant celle-ci à une jolie poupée exotique. La fin, dont les indices annonciateurs sont quasi imperceptibles, est plutôt habile.
Par ailleurs, comme dans Alex, Kalesniko aborde le thème de la création artistique (photographie, théâtre) ce qui ajoute de l’intérêt à l’histoire (et quelques puces à l’oreille) et permet quelques digressions symboliques bienvenues.
J’ai toujours du mal à trancher entre oui et non, s’agissant de l’achat de ce titre, en ce qui me concerne, je me suis contentée de l’emprunter.
C'est bien parce que je ne l'ai lu qu'étant adulte et que je tente de considérer que le vrai public doit être jeune que je suis indulgent avec cette série, mais franchement je l'ai trouvée plutôt moyenne.
Le dessin est bon, de ce côté là, rien à redire. Les décors des grands arbres et des maisons des Bogros qui y sont installées sont même beaux, tout court.
Mais par contre, je n'ai accroché ni aux personnages des Bogros eux-mêmes ni au scénario de ces histoires. L'idée de rendre les Bogros peureux de tout, c'est rigolo un instant mais je m'en suis très vite lassé, et les auteurs aussi s'en sont lassés dirait-on puisque l'idée semble un peu oubliée dès la seconde histoire du tome 2. Et c'est surtout parce que je ne trouve pas tout ça vraiment drôle que je me suis plutôt ennnuyé à la lecture. Je suis dans le cas que déplore Arzak ci-dessous, j'ai reconnu une grande partie du décor des Schtroumpfs dans cette série : un village de lutins gentils mais un peu simplets, à la différence près qu'à leur tête ils ont deux "chefs", un docteur assez intelligent qui rappelle le Grand Schrtoumpf et un chef colérique et égocentrique qui lui s'éloigne du concept schtroumpf. Ensuite, il est vrai que les thèmes abordés sont parfois largement différents de ceux des histoires de Schtroumpfs, avec comme exemple flagrant l'histoire sur la sexualité des Bogros dans le tome 2, mais... je n'ai pas accroché. Je n'accroche pas à la narration encombrée de dialogues un peu longuets et je n'accroche pas à l'humour que je trouve trop prévisible, trop naïf.
Une série sans réel défaut, sympathique surtout pour la jeunesse à mon avis, mais qui ne m'a pas vraiment enthousiasmé personnellement ni par son humour ni par son originalité relative.
"Eloge de la poussière" ! Quel titre ! Il résume parfaitement le contenu de l'album. Baudoin avec son trait nerveux qui semble constamment s'effacer comme le vent emmenant avec lui des grains de sables. Un trait poussiéreux, voilà le dessin ce n'est que ça : de la poussière.
Tout comme les souvenirs... Les souvenirs qui reviennent tout à coup comme une tempête et ses rafales de vent. La mort d'un père, l'amour avec une femme, avec un corps. Un chien trouvé, puis tué avant même qu'on ne l'oublie. La poussière n'existe pas ! C'est l'homme qui la crée. Mathilde fixe du regard une vague avant qu'elle ne disparaisse à tout jamais. Ce n'est qu'en les regardant, en les écoutant tous les jours qu'elle ne mourons plus sur le sable. Elles ne seront plus du sable mais de la poussière : dans les souvenirs, sur une feuille...
Et puis il y a cette mère malade, sans mémoire. La tête ouverte comme un fenêtre : elle laisse s'envoler les derniers souvenirs. Et son fils qui la voit déjà comme un cadavre, comme de la poussière. Pourtant elle est toujours là, elle est toujours cette femme malicieuse.
"L'éloge de la poussière" est un album bouleversant. Il nous amène à Nice, à Beyrouth, il nous fait voyager à travers les années de page en page. Ces images recomposées viennent se nicher à l’intérieur de nous. Certainement l'une des plus belles autobiographie de la bande dessinée, l’une des plus justes, qui décrit parfaitement ce qu’est la mémoire, la véritable réalité humaine. Peu importe le temps, les lieux, ce qui est beau ce sont les grains de poussières qui volent dans cet album proustien.
J'ai été agréablement surprise par le vol du corbeau. Des échos plutôt défavorables étaient parvenus à mes oreilles, et je m'attendais à être déçue. Pour moi c'est une BD qui se veut légère, il ne faut pas y voir plus qu'une "aventurette sous l'occupation". Les personnages sont moins intéressants que dans "le sursis", mais il y a par contre un plaisir palpable de l'auteur dans son dessin et surtout sa mise en couleur. L'histoire et le cadre font cliché, mais ça rajoute un charme un peu désuet je trouve.
Bref, de la bonne BD distrayante, très jolie, bien racontée, pas prise de tête. ça fait du bien de temps en temps.
Moui... Je ne suis pas fan des BDs de Servais mais celle-ci se lit assez bien.
Le dessin est sympa, toujours avec la touche spécifique du dessin de Servais que parfois je trouve un peu vieillotte mais qui ici est rehaussé par des couleurs réussies.
Quant à l'histoire, elle se lit bien. Je lui ai trouvé un peu plus de rythme et d'action que dans les autres histoires de Servais qui m'ennuient assez vite, mais il y a toujours ce rythme assez lent, ce petit quelque chose qui fait que je ne vois pas facilement le fil conducteur de la série et qui ne me donne pas vraiment envie de savoir ce qu'il va se passer ensuite. Le scénario est assez bon mais je ne me suis pas attaché aux personnages et surtout pas à la Belle Coquetière elle-même que je trouve presque désagréable par son obsession idiote pour le cruel Gilles le blond. En outre, beaucoup de choses sont assez prévisibles dans ce scénario finalement.
Une BD assez jolie qui se lit plutôt bien mais qui ne m'a pas captivé et ne marquera pas mes esprits.
Après deuxième lecture, j'ai enfin pu appréhender la complexité de ce récit. Non pas qu'il soit très complexe par son sujet mais la narration est d'un ton très soutenu qui vous perd avec ses belles phrases.
Les Blancs ont perdu leur emprise sur le monde par leur propre faute, et les actuels pays du sud, et anciens colonisés voire anciens esclaves, prennent leur place. Ceci n'est pas du goût de tous. Des contestataires entrent en jeu au sein du parti de la Légitimité Blanche, et une communauté sous-jacente l'hydre qui tente de déstabiliser le pouvoir. Ca sent fortement les partis d'extrême droite qu'on connait, en plus extrême encore, solution finale et tout le tralala. Dans tout cela Malcom Lean rejoint sa petite famille qu'il n'a pas vu depuis des années pour une mission sous la couverture de journaliste. La métaphore du jeu d'échecs est une toile de fond bien réaliste, avec cette lutte noirs contre blancs.
Quelques idées sont bien vues pour un récit écrit en 1987. C'est assez prenant, on suit l'enquête de Malcom en essayant de dénouer les noeuds des relations et du rôle de chaque personnage.
Je conseille de bien lire l'arbre généalogique donné en début d'album et de s'y référer dans la lecture pour bien comprendre.
Le dessin de Rochette qu'on connaît aussi pour la série Le Transperceneige est bon, j'aime bien ce dessin noir et blanc.
Bref récit assez ardu mais bien pensé, très bon dessin. Avis aux amateurs d'anticipation.
Je me rattache à l'avis de Ro sur cet album.
La vie de ce jeune garçon n'est pas franchement passionnante même si je l'ai suivi avec un certain plaisir. Les petites aventures qui lui arrivent sont sympas mais je me suis demandé quel était le but de cet album.
En fait je crois qu'il n'y en pas, ou alors c'est raté, en tout cas on suit Paul à la fin de ses études et au début de sa vie active, son premier amour, mais en refermant l'album je me suis dit "bon ben voila quoi, c'est lu." Ya pas grand chose qui reste en mémoire.
Le dessin est gentillet, ça glisse tout seul, au fond c'est la seule chose que je retiendrai vraiment.
"Pas mal" ça convient bien à cet album, trop léger sûrement.
Deuxième série que je lis de Sfar après l'excellent Chat du rabbin.
Les histoires de ce professeur sont complètement décalées. Il n’y a aucune explication donnée ou même recherchée à ces phénomènes fantastiques et tant mieux, ça plomberait le récit.
Là on se laisse guider, j’ai suivi avec joie le professeur et ses amis dans leurs aventures, l’humour est présent, les personnages sont attachants, que du bon quoi.
Bon, le dessin de Sfar on n’accroche ou on n’accroche pas, il est très singulier, baroque, moi ça m’a pas posé de problèmes, il convient bien à ce genre de récit et à ses péripéties. J’ai pas noté trop de différences au changement de dessinateur, Tanquerelle reprend le style de Sfar.
La narration est originale, Sfar joue avec les personnages et leur point de vue, leur investissement dans l’histoire, comme avec Eliphas ou la fille de Humpty Dumpty.
Les 3 premiers tomes se valent et sont très différents, le quatrième est en dessous niveau scénar, il se passe presque rien.
Une bonne série, pleines de qualités, j’attends les autres tomes !
Ah oui, j'aimais beaucoup cette BD, que je n'ai lue que partiellement quand elle paraissait dans Okapi. C'était bien fait et pour la bonne cause, et très agréable à lire. Par contre, sur le moment ça me semblait assez anecdotique comme BD, et ça m'a beaucoup amusée de me rendre compte des années plus tard que c'étaient Gibrat et Guy Vidal qui étaient derrière !
Le scénario est effectivement un peu naïf, mais ça sert le sujet je pense, vu le public auquel cette série était destinée. Quant au dessin, il est moins léché que ce que fait Gibrat aujourd'hui, mais il avait un certain charme et de la spontanéité.
J'ai hésité à poster cette série, vu que j'ai lu les histoires 3,4 et 5, et que seules les trois premières sont sorties en albums, plus édités qui plus est.
Mais bon, le dessinateur n'est pas n'importe qui, et puis j'avais vraiment aimé quand je lisais ça dans Okapi.
Christinne est une héroïne sympathique, toujours prête à secourir ceux qui ont besoin d'elle, tout en restant assez humaine, crevée et effrayée quand ça tourne mal. Bref, elle est presque parvenue à me donner la vocation pour être médecin.
Dans les deux dernières histoires (celles qui n'ont pas été publiées donc), il y a une dimension romantique que je trouve trop naïve aujourd'hui mais qui m'avait bien plu quand j'étais ado.
Le dessin de Gibrat, s'il rappelle inévitablement le Sursis, n'est que l'ébauche de ce qu'il deviendra. Les proportions des personnages en particulier sont parfois un peu étranges.
C'est une série sympa, un peu naïve et pédagogique mais qui se lit sans problème, et dont le dessin amusera les fans de Gibrat. Plutôt pour pré-ados quand même.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Mariée par correspondance
Deuxième album que je lis de cet auteur, l’histoire de Monty Wheeler est très fine, très subtile. Kalesniko est toujours aussi avare de dialogues préférant suggérer les sentiments et pensées de ses personnages par des attitudes ou des regards lourds de sens. J’aime beaucoup cela, de même que le dessin, lui aussi fin et élégant, à l’image de l’héroïne, la mystérieuse Kyung Seo. Quant au scénario : au début, cela paraît un peu cousu de fil blanc avec ce Monty, sorte de Peter Pan fossilisé dans ses préjugés, réac au possible et confondant sa femme avec le fantasme qu’il s’en est fait, réduisant celle-ci à une jolie poupée exotique. La fin, dont les indices annonciateurs sont quasi imperceptibles, est plutôt habile. Par ailleurs, comme dans Alex, Kalesniko aborde le thème de la création artistique (photographie, théâtre) ce qui ajoute de l’intérêt à l’histoire (et quelques puces à l’oreille) et permet quelques digressions symboliques bienvenues. J’ai toujours du mal à trancher entre oui et non, s’agissant de l’achat de ce titre, en ce qui me concerne, je me suis contentée de l’emprunter.
Les Bogros
C'est bien parce que je ne l'ai lu qu'étant adulte et que je tente de considérer que le vrai public doit être jeune que je suis indulgent avec cette série, mais franchement je l'ai trouvée plutôt moyenne. Le dessin est bon, de ce côté là, rien à redire. Les décors des grands arbres et des maisons des Bogros qui y sont installées sont même beaux, tout court. Mais par contre, je n'ai accroché ni aux personnages des Bogros eux-mêmes ni au scénario de ces histoires. L'idée de rendre les Bogros peureux de tout, c'est rigolo un instant mais je m'en suis très vite lassé, et les auteurs aussi s'en sont lassés dirait-on puisque l'idée semble un peu oubliée dès la seconde histoire du tome 2. Et c'est surtout parce que je ne trouve pas tout ça vraiment drôle que je me suis plutôt ennnuyé à la lecture. Je suis dans le cas que déplore Arzak ci-dessous, j'ai reconnu une grande partie du décor des Schtroumpfs dans cette série : un village de lutins gentils mais un peu simplets, à la différence près qu'à leur tête ils ont deux "chefs", un docteur assez intelligent qui rappelle le Grand Schrtoumpf et un chef colérique et égocentrique qui lui s'éloigne du concept schtroumpf. Ensuite, il est vrai que les thèmes abordés sont parfois largement différents de ceux des histoires de Schtroumpfs, avec comme exemple flagrant l'histoire sur la sexualité des Bogros dans le tome 2, mais... je n'ai pas accroché. Je n'accroche pas à la narration encombrée de dialogues un peu longuets et je n'accroche pas à l'humour que je trouve trop prévisible, trop naïf. Une série sans réel défaut, sympathique surtout pour la jeunesse à mon avis, mais qui ne m'a pas vraiment enthousiasmé personnellement ni par son humour ni par son originalité relative.
Eloge de la poussière
"Eloge de la poussière" ! Quel titre ! Il résume parfaitement le contenu de l'album. Baudoin avec son trait nerveux qui semble constamment s'effacer comme le vent emmenant avec lui des grains de sables. Un trait poussiéreux, voilà le dessin ce n'est que ça : de la poussière. Tout comme les souvenirs... Les souvenirs qui reviennent tout à coup comme une tempête et ses rafales de vent. La mort d'un père, l'amour avec une femme, avec un corps. Un chien trouvé, puis tué avant même qu'on ne l'oublie. La poussière n'existe pas ! C'est l'homme qui la crée. Mathilde fixe du regard une vague avant qu'elle ne disparaisse à tout jamais. Ce n'est qu'en les regardant, en les écoutant tous les jours qu'elle ne mourons plus sur le sable. Elles ne seront plus du sable mais de la poussière : dans les souvenirs, sur une feuille... Et puis il y a cette mère malade, sans mémoire. La tête ouverte comme un fenêtre : elle laisse s'envoler les derniers souvenirs. Et son fils qui la voit déjà comme un cadavre, comme de la poussière. Pourtant elle est toujours là, elle est toujours cette femme malicieuse. "L'éloge de la poussière" est un album bouleversant. Il nous amène à Nice, à Beyrouth, il nous fait voyager à travers les années de page en page. Ces images recomposées viennent se nicher à l’intérieur de nous. Certainement l'une des plus belles autobiographie de la bande dessinée, l’une des plus justes, qui décrit parfaitement ce qu’est la mémoire, la véritable réalité humaine. Peu importe le temps, les lieux, ce qui est beau ce sont les grains de poussières qui volent dans cet album proustien.
Le Vol du Corbeau
J'ai été agréablement surprise par le vol du corbeau. Des échos plutôt défavorables étaient parvenus à mes oreilles, et je m'attendais à être déçue. Pour moi c'est une BD qui se veut légère, il ne faut pas y voir plus qu'une "aventurette sous l'occupation". Les personnages sont moins intéressants que dans "le sursis", mais il y a par contre un plaisir palpable de l'auteur dans son dessin et surtout sa mise en couleur. L'histoire et le cadre font cliché, mais ça rajoute un charme un peu désuet je trouve. Bref, de la bonne BD distrayante, très jolie, bien racontée, pas prise de tête. ça fait du bien de temps en temps.
La Belle Coquetière
Moui... Je ne suis pas fan des BDs de Servais mais celle-ci se lit assez bien. Le dessin est sympa, toujours avec la touche spécifique du dessin de Servais que parfois je trouve un peu vieillotte mais qui ici est rehaussé par des couleurs réussies. Quant à l'histoire, elle se lit bien. Je lui ai trouvé un peu plus de rythme et d'action que dans les autres histoires de Servais qui m'ennuient assez vite, mais il y a toujours ce rythme assez lent, ce petit quelque chose qui fait que je ne vois pas facilement le fil conducteur de la série et qui ne me donne pas vraiment envie de savoir ce qu'il va se passer ensuite. Le scénario est assez bon mais je ne me suis pas attaché aux personnages et surtout pas à la Belle Coquetière elle-même que je trouve presque désagréable par son obsession idiote pour le cruel Gilles le blond. En outre, beaucoup de choses sont assez prévisibles dans ce scénario finalement. Une BD assez jolie qui se lit plutôt bien mais qui ne m'a pas captivé et ne marquera pas mes esprits.
Requiem blanc
Après deuxième lecture, j'ai enfin pu appréhender la complexité de ce récit. Non pas qu'il soit très complexe par son sujet mais la narration est d'un ton très soutenu qui vous perd avec ses belles phrases. Les Blancs ont perdu leur emprise sur le monde par leur propre faute, et les actuels pays du sud, et anciens colonisés voire anciens esclaves, prennent leur place. Ceci n'est pas du goût de tous. Des contestataires entrent en jeu au sein du parti de la Légitimité Blanche, et une communauté sous-jacente l'hydre qui tente de déstabiliser le pouvoir. Ca sent fortement les partis d'extrême droite qu'on connait, en plus extrême encore, solution finale et tout le tralala. Dans tout cela Malcom Lean rejoint sa petite famille qu'il n'a pas vu depuis des années pour une mission sous la couverture de journaliste. La métaphore du jeu d'échecs est une toile de fond bien réaliste, avec cette lutte noirs contre blancs. Quelques idées sont bien vues pour un récit écrit en 1987. C'est assez prenant, on suit l'enquête de Malcom en essayant de dénouer les noeuds des relations et du rôle de chaque personnage. Je conseille de bien lire l'arbre généalogique donné en début d'album et de s'y référer dans la lecture pour bien comprendre. Le dessin de Rochette qu'on connaît aussi pour la série Le Transperceneige est bon, j'aime bien ce dessin noir et blanc. Bref récit assez ardu mais bien pensé, très bon dessin. Avis aux amateurs d'anticipation.
Paul en appartement
Je me rattache à l'avis de Ro sur cet album. La vie de ce jeune garçon n'est pas franchement passionnante même si je l'ai suivi avec un certain plaisir. Les petites aventures qui lui arrivent sont sympas mais je me suis demandé quel était le but de cet album. En fait je crois qu'il n'y en pas, ou alors c'est raté, en tout cas on suit Paul à la fin de ses études et au début de sa vie active, son premier amour, mais en refermant l'album je me suis dit "bon ben voila quoi, c'est lu." Ya pas grand chose qui reste en mémoire. Le dessin est gentillet, ça glisse tout seul, au fond c'est la seule chose que je retiendrai vraiment. "Pas mal" ça convient bien à cet album, trop léger sûrement.
Professeur Bell
Deuxième série que je lis de Sfar après l'excellent Chat du rabbin. Les histoires de ce professeur sont complètement décalées. Il n’y a aucune explication donnée ou même recherchée à ces phénomènes fantastiques et tant mieux, ça plomberait le récit. Là on se laisse guider, j’ai suivi avec joie le professeur et ses amis dans leurs aventures, l’humour est présent, les personnages sont attachants, que du bon quoi. Bon, le dessin de Sfar on n’accroche ou on n’accroche pas, il est très singulier, baroque, moi ça m’a pas posé de problèmes, il convient bien à ce genre de récit et à ses péripéties. J’ai pas noté trop de différences au changement de dessinateur, Tanquerelle reprend le style de Sfar. La narration est originale, Sfar joue avec les personnages et leur point de vue, leur investissement dans l’histoire, comme avec Eliphas ou la fille de Humpty Dumpty. Les 3 premiers tomes se valent et sont très différents, le quatrième est en dessous niveau scénar, il se passe presque rien. Une bonne série, pleines de qualités, j’attends les autres tomes !
Médecins sans Frontières
Ah oui, j'aimais beaucoup cette BD, que je n'ai lue que partiellement quand elle paraissait dans Okapi. C'était bien fait et pour la bonne cause, et très agréable à lire. Par contre, sur le moment ça me semblait assez anecdotique comme BD, et ça m'a beaucoup amusée de me rendre compte des années plus tard que c'étaient Gibrat et Guy Vidal qui étaient derrière ! Le scénario est effectivement un peu naïf, mais ça sert le sujet je pense, vu le public auquel cette série était destinée. Quant au dessin, il est moins léché que ce que fait Gibrat aujourd'hui, mais il avait un certain charme et de la spontanéité.
Médecins sans Frontières
J'ai hésité à poster cette série, vu que j'ai lu les histoires 3,4 et 5, et que seules les trois premières sont sorties en albums, plus édités qui plus est. Mais bon, le dessinateur n'est pas n'importe qui, et puis j'avais vraiment aimé quand je lisais ça dans Okapi. Christinne est une héroïne sympathique, toujours prête à secourir ceux qui ont besoin d'elle, tout en restant assez humaine, crevée et effrayée quand ça tourne mal. Bref, elle est presque parvenue à me donner la vocation pour être médecin. Dans les deux dernières histoires (celles qui n'ont pas été publiées donc), il y a une dimension romantique que je trouve trop naïve aujourd'hui mais qui m'avait bien plu quand j'étais ado. Le dessin de Gibrat, s'il rappelle inévitablement le Sursis, n'est que l'ébauche de ce qu'il deviendra. Les proportions des personnages en particulier sont parfois un peu étranges. C'est une série sympa, un peu naïve et pédagogique mais qui se lit sans problème, et dont le dessin amusera les fans de Gibrat. Plutôt pour pré-ados quand même.