Mon avis va -forcément, vue la note- être moins enthousiaste que celle de mes illustres devanciers, mais pour moi, Louis riel, L'Insurgé, même si cela n'a pas été pénible, est une mlecture assez mitigée. Déjà, il est vrai que l'histoire du Canada francophone est intéressante. Je ne savais pas, par exemple, qu'en dehors du Québec, il y avait eu des "poches" de résistance à l'hégémonie anglo-candienne, plus à l'ouest. Rien que pour cela, cet album vaut la peine d'être lu, pour sa précision historique probablement très pointue (je le suppose).
Mais au niveau de la réalisation, c'est un peu raté selon moi. Les personnages me semblent trop figés, trop engoncés dans un carset hergien, une ligne claire parfois poussée jusqu'au dépouillement sans que cela se justifie. Et puis surtout, j'ai trouvé ça un peu long. D'accord, l'histoire qui nous est contée s'étale sur 20 ou 25 ans... mais est-ce la peine de mettre des cases totalement muettes, répétitions des précédentes ? Je ne pense pas.
Mais malgré les défauts que j'ai énumérés plus haut, c'est tout de même une lecture intéressante, réservée malheureusement à une frange du public bédéphile...
Voilà une réédition en album intégrale qui ravira sans doute les fans de l'univers Marvel. Cet épisode de 150 pages voit en effet s'affronter et s'associer la quasi-totalité des personnages de Marvel, des plus célèbres (Spiderman, Surfer d'Argent, Thor, Hulk, ...) aux plus divinement puissants (Galactus, Eternity, la Mort, Mephisto...) : ils y sont tous, même ceux qu'on imaginait les moins être vus réunis côte à côte. L'album de cette réédition est un bel objet, solide et bien foutu : un vrai plaisir de collectionneur.
A l'intérieur, le dessin est dans la veine du comics classique et passablement désuet de nos jours : couleurs pêtantes, hommes virils et musclés au menton carré, héros en costumes à cape virevoltante, super-pouvoirs à base de jets d'energie et de lumières, etc... Tout le bonheur du bon vieux comics de super-héros façon Marvel pour ceux qui aiment.
Tout le plaisir retrouvé pour un fan des classiques Marvel.
L'ennui, maintenant, c'est que :
- je n'y connais quasiment rien à l'univers Marvel
- cette histoire n'est peut-être pas la meilleure pour pénétrer dans cet univers
- et en elle-même, je suppose que même un fan ne trouverait pas cette histoire excellente
C'est la recette de l'Armageddon universel, à la manière du Crisis on infinite Earths de DC Comics, où un ennemi puissant devient soudain encore plus puissant qu'un dieu en s'emparant d'un artefact (le Gant de l'Infini) et décide d'en faire à sa guise en n'hésitant pas à massacrer la moitié de la population de l'univers (pas juste de la Terre, hein, de l'univers entier, faut pas déconner). Et pour combattre un tel ennemi omnipotent, il faut bien sûr que l'ensemble des super-héros et personnages surnaturels de Marvel s'unissent ou se combattent permettant ainsi de ressortir TOUS les personnages de Marvels (ou presque, je suppose) dans une Méga-Histoire de la Mort qui Tue !
Mais au final, qu'est-ce que ça donne ?
Une accumulation et une surenchère de pouvoirs et d'attaques d'energie, de sortilèges magiques et de sorts divins, de personnages mis sur un pied d'égalité alors que certains sont de simples humains, d'autres des extra-terrestres, d'autres des super-héros, d'autres des magiciens, d'autres des dieux et d'autres carrément des concepts. Un fourre-tout cosmique qui se finalise, sur plusieurs chapitres entiers, par une Méga-Baston où tous doivent tenter de faire chuter Thanos, l'Omni-Potent Super-Méchant !
Malgré une fin décevante et un peu facile (quelqu'un peut m'expliquer comment ils font pour gagner à la fin, d'ailleurs ?), il y a quand même quelques bons côtés à cette BD. D'une part, elle permet de regrouper la quasi-totalité des personnages Marvel : cela offre à un néophyte en la matière un aperçu global de chacun même si on en apprend guère plus que son nom, à quoi il ressemble et ses pouvoirs principaux. D'autre part, afin d'affronter un ennemi omni-potent, il faut avouer que la préparation de la grande bataille et l'escalade successive de la puissance des personnages et des combats est assez prenante pour un amateur de personnages ultra-puissants et de combats cosmiques.
Bastons, couleurs flashy, jets d'energie, tours de magie : tout une époque de comics de super-héros.
A même de satisfaire un fan du genre et de Marvel mais peut-être pas le lecteur lambda même si ça se lit assez bien malgré tout.
Un premier tome particulièrement prometteur !
Véritable enquête policière sur fond de fantastique (ou fantastique sur fond d'enquête policière ?), le mythe du vampire est ici revisité sous un tout autre angle, cet opus donnant un nouveau souffle à cet univers dans le monde de la bande dessinée.
Les différents personnages ont un profil psychologique ultra-développé, et les diverses informations qui composent leur personnalité nous sont données au compte-goutte, très efficacement.
Le scénario est d'une construction sans réelle faille, si ce n'est peut-être un petit manque de rythme, comblé toutefois par une intrigue complexe et un final, ici, vraiment très sympa. Ca promet énormément pour la suite !
Le dessin est quant à lui assez classe, très réaliste. Toutefois, j'avoue avoir eu quelques fois un peu de mal à distinguer certains personnages, tant certains peuvent se ressembler. Les couleurs, elles, sont informatiques mais très bien choisies, et mettent bien en volume le dessin.
Une bonne surprise, dont je surveillerai la suite de près...
Je serai beaucoup moins enthousiaste que les posteurs précédents, concernant ce one-shot.
Certes, l’atmosphère est là et bien là, et ce roman graphique aurait pu sortir du lot. Aurait pu, donc, car pour moi son manque d’originalité est rédhibitoire, hélas. En effet, tout cela n’est pas très nouveau…
Est-ce un mal ? En soit, non, car si l’histoire est bien menée et touchante, l’originalité d’une œuvre passe pour moi au second plan. Le problème, c’est qu’ici, rien ne me touche vraiment.. Je ne me sens pas particulièrement proche de ce pauvre petit canard au cœur brisé, et du coup, la magie n’opère pas…
Dernièrement, j’ai lu quelques romans graphiques qui m’ont particulièrement déçus (Eva aux Mains Bleues) et émerveillés (Où le regard ne porte pas..., Un peu de fumée bleue...). Du coup, peut être suis-je en train de devenir plus exigeant dans ce registre ?
Tout est il que Betty Blues ne m’a pas fait vibrer, malgré le dessin original et les belles couleurs de Mademoiselle Jouvray.
Dommage !
Exxxxcellente intégrale que nous propose Cornélius ! Big Baby représente aujourd'hui l'oeuvre la plus typique de Charles Burns, celle que je proposerais à un lecteur qui souhaiterait découvrir l'auteur, sans aucun doute.
On retrouve ici ce qui fait le succès de Black Hole, du même auteur : un dessin en noir et blanc léché, un style super glamour, genre série Z, et une narration qui elle aussi fait furieusement penser aux comics des années 50.
Au final, c’est tout simplement passionnant ! On est captivé par les aventures de ce petit garçon, on apprécie le style « mauvais acteurs » des différents personnages, persuadé que l’on est de regarder un nanar BD. Un véritable voyage, tant tout est voulu, tant, au final, la narration est efficace, particulière, et surtout diablement personnelle.
Je ne sais pas si ma lecture de BlackHole influence mon avis sur cet album. Le fait est qu’une fois le style de Burns assimilé, le reste coule de source. Son dessin joue avec brio sur les alternances noir et blanc, et les contrastes sont utilisés avec classe pour retransmettre les ambiances du récit.
Des albums comme celui-ci, moi, j’en veux tout plein. En un mot : excellent.
On va commencer par les (nombreux) points positifs de cette originale série.
C'est Beau ! Beau avec un B majuscule, tant la mise en couleur de Florence Magnin force le respect. Jeux d'ombres et de lumières envoutants, ambiances fortement suggérées par les nuances utilisées, tout concorde pour donner à cette BD une ambiance particulière, que j'ai retrouvé dans les autres travaux de l'auteur dans le monde du Jeu de Rôles, comme les illustrations de Rêve de Dragon, ou encore du jeu de cartes Citadelles.
Le découpage, lui aussi, est assez excellent. Ici, un tronc d'arbre fermera la case. Là, le chapeau d'un pirate. Vraiment, du beau boulot, car l'emsemble coule de source dans la lecture, on nous mache vraiment le travail :)
L'histoire en elle-même, si elle n'est pas fracassante d'originalité, n'est pas pour autant une bête histoire de pirate. Le côté fantastique, qui peut rappeler le film Pirates des Caraïbes, tient vraiment la route et rend le récit vraiment passionnant. Rodolphe, dont je ne connaissait pas vraiment les travaux jusqu'alors, se trouve être un scénariste talentueux, doublé d'un dialoguiste de qualité. Au final, le récit semble maitrisé, on sait où l'on va, et c'est tant mieux !
Allez.. pour pinailler... Je dirai que le pendant du dessin de Florence Magnin, et qui est d'ailleurs commun à beaucoup d'oeuvres en couleurs directes, c'est avant tout un manque de pêche, de dynamisme évident. On aurait aimer assister à des combats de pirates frénétiques, à la fureur d'un abordage.. mais le tout semble au final plutot statique. Toutefois, ne boudons pas notre bonheur : Mary la Noire n'est surtout pas une BD d'action, mais bel et bien une belle histoire, maîtrisée, et magnifiquement illustrée.
A découvrir, donc, et à acheter.
Après etre passé à coté du premier ouvrage traduit en français de ce tandem (30 jours de nuit, chez Delcourt), j'attaque ce nouveau Criminal Macabre pour découvrir un album pour le moins particulier.
La narration est efficace : la traduction qui semble avoir été réalisée correctement (c'est assez rare pour être relevé) nous présente un récit introspectif, où le personnage principal nous présente les faits, à la première personne, comme souvent dans un polar. On comprend vite les enjeux et le rôle de ce type pas comme les autres, perdu au milieu de monstruosités.
On évolue en terrain connu : vampires, loups-garous, goules, les auteurs n'ont pas essayé d'innover de ce côté là. Pas la peine, la sauce prend bien, et le résultat est assez sympa, même si relativement gore parfois - mais c'est le style qui veut ça !
Au niveau graphique, je reste particulièrement indécit. On retrouve un style que l'on a déjà connu, par exemple chez Liberge et son Tonnerre Rampant : un dessin simple, qui vient en surimpression se poser sur un fond numérique, mix entre photos, textures d'ambiances, colorations floues...
Le résultat, même s'il est maîtrisé, ne me convient pas plus que ça, par contre. Pour moi, c'est un peu de l'esbrouffe, du tape-à-l'oeil. Un bon moyen pour un infographiste de faire de la BD sans avoir de réels talents en dessin, en somme..
Mais le résultat est tout de même correct.. et l'album, lui, mérite le détour. A vous de voir !
Pas fameux, en effet.
Sfar et David B. sont de très grands auteurs, par leur sens de la narration et par les sujets qu'ils abordent. Que ce soit dans des albums plus personnels, comme le petit monde de Golem (Sfar) ou l'Ascension du haut-mal (David B.) ou dans des séries beaucoup plus grand public (Donjon en tête), ils ont un don pour raconter les histoires et rendre le moindre fait passionnant.
Mais ici, force est de constater que l'association des deux auteurs n'est pas des plus heureuses.
Une sorte de cadavre exquis ? Moui, pas réellement, à mon sens. Ou alors, assez libre, un auteur ne reprenant pas vraiment l'action là où son prédecesseur l'avait laissé. Un petit plaisir perso des auteurs ? Oui, certainement. Ils se lachent dans leur deux styles dans une histoire qui doit surement beaucoup les amuser, et dans laquelle ils se permettent de sympathiques fantaisies. Mais au final, le lecteur ne sera pas transformé.
Par faute de rythme, déjà. L'ensemble ne semble vraiment pas structurée, et nous fait vite décrocher. Dommage ! Mais aussi concernant le sujet lui-même : pour ma part, je ne suis pas vraiment certain de la finalité vers laquelle les auteurs souhaitent nous emmener. Peut être aurons nous plus d'éclaircissement dans un second tome..
Reste que j'aime les deux styles graphiques des auteurs. Les visages féminins de Sfar m'ont toujours envouté, que ce soit ici par le biais d'Europe, ou dans Donjon (la princesse). Mais comme le dit JBT900, cet album aurait franchement gagné à être en noir et blanc et dans un format different des classiques 46 planches.
Le nouveau trait Italien est particulièrement séduisant, et les coloristes de cette nouvelles générations savent créer des ambiances particulières et très réussies. En France, Sky Doll a ouvert la voie à toute une pléthore de graphistes Milanais, pour la plupart issue de Disney Italia, et édités chez Soleil, mais aussi les humanos, par exemple.
Complètement sous le charme du duo d'auteurs de Sky Doll, et du travail de toute la team de Monster Allergy, je me devais donc de lire cet album mis en image par Donald, un autre "pote" de ce groupe de graphistes surdoués.
En effet, le trait est assez classe. Pas du niveau de celui de Barbucci (beaucoup moins dynamique et fin, par exemple, malgré l'action quasi-constante de ce premier tome), mais offrant parfois des planches vraiment bien senties, très propres. La mise en couleur, elle aussi, est de qualité. On sent vraiment l'influence qu'a eu Canepa sur la coloriste, qui la remercie d'ailleurs d'entrée de jeu. Il faut rendre à césar ce qui appartient à César ;)
Mais alors, pourquoi ma note moyenne ? Tout simplement parceque, et cela même si le récit possède un sacré potentiel, une impression de bordel m'assaille à la lecture de cet album. Ca saute dans tous les sens, ça hurle, c'est vraiment fun durant quelques pages, mais devient fatigant sur la longueur, hélas.
Rien de bien grave, bien sûr. Le monde est mis en place, les personnages nous sont présentés et sont assez sympathiques... juste ce sentiment de bazarre qui revient régulièrement... dommage.
Allez ! Je lirai le tome 2, qui je n'en doute pas sera meilleur sur tous les plans. Manque peut être un tout petit peu de maturité, tout simplement...
Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits...
La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun.
On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens.
Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondément bouleverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque.
Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations.
Tristesse, peine, joie, rire, vous connaîtrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.
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Louis Riel - L'Insurgé
Mon avis va -forcément, vue la note- être moins enthousiaste que celle de mes illustres devanciers, mais pour moi, Louis riel, L'Insurgé, même si cela n'a pas été pénible, est une mlecture assez mitigée. Déjà, il est vrai que l'histoire du Canada francophone est intéressante. Je ne savais pas, par exemple, qu'en dehors du Québec, il y avait eu des "poches" de résistance à l'hégémonie anglo-candienne, plus à l'ouest. Rien que pour cela, cet album vaut la peine d'être lu, pour sa précision historique probablement très pointue (je le suppose). Mais au niveau de la réalisation, c'est un peu raté selon moi. Les personnages me semblent trop figés, trop engoncés dans un carset hergien, une ligne claire parfois poussée jusqu'au dépouillement sans que cela se justifie. Et puis surtout, j'ai trouvé ça un peu long. D'accord, l'histoire qui nous est contée s'étale sur 20 ou 25 ans... mais est-ce la peine de mettre des cases totalement muettes, répétitions des précédentes ? Je ne pense pas. Mais malgré les défauts que j'ai énumérés plus haut, c'est tout de même une lecture intéressante, réservée malheureusement à une frange du public bédéphile...
Le Gant de l'Infini - Le Défi de Thanos
Voilà une réédition en album intégrale qui ravira sans doute les fans de l'univers Marvel. Cet épisode de 150 pages voit en effet s'affronter et s'associer la quasi-totalité des personnages de Marvel, des plus célèbres (Spiderman, Surfer d'Argent, Thor, Hulk, ...) aux plus divinement puissants (Galactus, Eternity, la Mort, Mephisto...) : ils y sont tous, même ceux qu'on imaginait les moins être vus réunis côte à côte. L'album de cette réédition est un bel objet, solide et bien foutu : un vrai plaisir de collectionneur. A l'intérieur, le dessin est dans la veine du comics classique et passablement désuet de nos jours : couleurs pêtantes, hommes virils et musclés au menton carré, héros en costumes à cape virevoltante, super-pouvoirs à base de jets d'energie et de lumières, etc... Tout le bonheur du bon vieux comics de super-héros façon Marvel pour ceux qui aiment. Tout le plaisir retrouvé pour un fan des classiques Marvel. L'ennui, maintenant, c'est que : - je n'y connais quasiment rien à l'univers Marvel - cette histoire n'est peut-être pas la meilleure pour pénétrer dans cet univers - et en elle-même, je suppose que même un fan ne trouverait pas cette histoire excellente C'est la recette de l'Armageddon universel, à la manière du Crisis on infinite Earths de DC Comics, où un ennemi puissant devient soudain encore plus puissant qu'un dieu en s'emparant d'un artefact (le Gant de l'Infini) et décide d'en faire à sa guise en n'hésitant pas à massacrer la moitié de la population de l'univers (pas juste de la Terre, hein, de l'univers entier, faut pas déconner). Et pour combattre un tel ennemi omnipotent, il faut bien sûr que l'ensemble des super-héros et personnages surnaturels de Marvel s'unissent ou se combattent permettant ainsi de ressortir TOUS les personnages de Marvels (ou presque, je suppose) dans une Méga-Histoire de la Mort qui Tue ! Mais au final, qu'est-ce que ça donne ? Une accumulation et une surenchère de pouvoirs et d'attaques d'energie, de sortilèges magiques et de sorts divins, de personnages mis sur un pied d'égalité alors que certains sont de simples humains, d'autres des extra-terrestres, d'autres des super-héros, d'autres des magiciens, d'autres des dieux et d'autres carrément des concepts. Un fourre-tout cosmique qui se finalise, sur plusieurs chapitres entiers, par une Méga-Baston où tous doivent tenter de faire chuter Thanos, l'Omni-Potent Super-Méchant ! Malgré une fin décevante et un peu facile (quelqu'un peut m'expliquer comment ils font pour gagner à la fin, d'ailleurs ?), il y a quand même quelques bons côtés à cette BD. D'une part, elle permet de regrouper la quasi-totalité des personnages Marvel : cela offre à un néophyte en la matière un aperçu global de chacun même si on en apprend guère plus que son nom, à quoi il ressemble et ses pouvoirs principaux. D'autre part, afin d'affronter un ennemi omni-potent, il faut avouer que la préparation de la grande bataille et l'escalade successive de la puissance des personnages et des combats est assez prenante pour un amateur de personnages ultra-puissants et de combats cosmiques. Bastons, couleurs flashy, jets d'energie, tours de magie : tout une époque de comics de super-héros. A même de satisfaire un fan du genre et de Marvel mais peut-être pas le lecteur lambda même si ça se lit assez bien malgré tout.
Je suis légion
Un premier tome particulièrement prometteur ! Véritable enquête policière sur fond de fantastique (ou fantastique sur fond d'enquête policière ?), le mythe du vampire est ici revisité sous un tout autre angle, cet opus donnant un nouveau souffle à cet univers dans le monde de la bande dessinée. Les différents personnages ont un profil psychologique ultra-développé, et les diverses informations qui composent leur personnalité nous sont données au compte-goutte, très efficacement. Le scénario est d'une construction sans réelle faille, si ce n'est peut-être un petit manque de rythme, comblé toutefois par une intrigue complexe et un final, ici, vraiment très sympa. Ca promet énormément pour la suite ! Le dessin est quant à lui assez classe, très réaliste. Toutefois, j'avoue avoir eu quelques fois un peu de mal à distinguer certains personnages, tant certains peuvent se ressembler. Les couleurs, elles, sont informatiques mais très bien choisies, et mettent bien en volume le dessin. Une bonne surprise, dont je surveillerai la suite de près...
Betty Blues
Je serai beaucoup moins enthousiaste que les posteurs précédents, concernant ce one-shot. Certes, l’atmosphère est là et bien là, et ce roman graphique aurait pu sortir du lot. Aurait pu, donc, car pour moi son manque d’originalité est rédhibitoire, hélas. En effet, tout cela n’est pas très nouveau… Est-ce un mal ? En soit, non, car si l’histoire est bien menée et touchante, l’originalité d’une œuvre passe pour moi au second plan. Le problème, c’est qu’ici, rien ne me touche vraiment.. Je ne me sens pas particulièrement proche de ce pauvre petit canard au cœur brisé, et du coup, la magie n’opère pas… Dernièrement, j’ai lu quelques romans graphiques qui m’ont particulièrement déçus (Eva aux Mains Bleues) et émerveillés (Où le regard ne porte pas..., Un peu de fumée bleue...). Du coup, peut être suis-je en train de devenir plus exigeant dans ce registre ? Tout est il que Betty Blues ne m’a pas fait vibrer, malgré le dessin original et les belles couleurs de Mademoiselle Jouvray. Dommage !
Big Baby
Exxxxcellente intégrale que nous propose Cornélius ! Big Baby représente aujourd'hui l'oeuvre la plus typique de Charles Burns, celle que je proposerais à un lecteur qui souhaiterait découvrir l'auteur, sans aucun doute. On retrouve ici ce qui fait le succès de Black Hole, du même auteur : un dessin en noir et blanc léché, un style super glamour, genre série Z, et une narration qui elle aussi fait furieusement penser aux comics des années 50. Au final, c’est tout simplement passionnant ! On est captivé par les aventures de ce petit garçon, on apprécie le style « mauvais acteurs » des différents personnages, persuadé que l’on est de regarder un nanar BD. Un véritable voyage, tant tout est voulu, tant, au final, la narration est efficace, particulière, et surtout diablement personnelle. Je ne sais pas si ma lecture de BlackHole influence mon avis sur cet album. Le fait est qu’une fois le style de Burns assimilé, le reste coule de source. Son dessin joue avec brio sur les alternances noir et blanc, et les contrastes sont utilisés avec classe pour retransmettre les ambiances du récit. Des albums comme celui-ci, moi, j’en veux tout plein. En un mot : excellent.
Mary la Noire
On va commencer par les (nombreux) points positifs de cette originale série. C'est Beau ! Beau avec un B majuscule, tant la mise en couleur de Florence Magnin force le respect. Jeux d'ombres et de lumières envoutants, ambiances fortement suggérées par les nuances utilisées, tout concorde pour donner à cette BD une ambiance particulière, que j'ai retrouvé dans les autres travaux de l'auteur dans le monde du Jeu de Rôles, comme les illustrations de Rêve de Dragon, ou encore du jeu de cartes Citadelles. Le découpage, lui aussi, est assez excellent. Ici, un tronc d'arbre fermera la case. Là, le chapeau d'un pirate. Vraiment, du beau boulot, car l'emsemble coule de source dans la lecture, on nous mache vraiment le travail :) L'histoire en elle-même, si elle n'est pas fracassante d'originalité, n'est pas pour autant une bête histoire de pirate. Le côté fantastique, qui peut rappeler le film Pirates des Caraïbes, tient vraiment la route et rend le récit vraiment passionnant. Rodolphe, dont je ne connaissait pas vraiment les travaux jusqu'alors, se trouve être un scénariste talentueux, doublé d'un dialoguiste de qualité. Au final, le récit semble maitrisé, on sait où l'on va, et c'est tant mieux ! Allez.. pour pinailler... Je dirai que le pendant du dessin de Florence Magnin, et qui est d'ailleurs commun à beaucoup d'oeuvres en couleurs directes, c'est avant tout un manque de pêche, de dynamisme évident. On aurait aimer assister à des combats de pirates frénétiques, à la fureur d'un abordage.. mais le tout semble au final plutot statique. Toutefois, ne boudons pas notre bonheur : Mary la Noire n'est surtout pas une BD d'action, mais bel et bien une belle histoire, maîtrisée, et magnifiquement illustrée. A découvrir, donc, et à acheter.
Criminal Macabre
Après etre passé à coté du premier ouvrage traduit en français de ce tandem (30 jours de nuit, chez Delcourt), j'attaque ce nouveau Criminal Macabre pour découvrir un album pour le moins particulier. La narration est efficace : la traduction qui semble avoir été réalisée correctement (c'est assez rare pour être relevé) nous présente un récit introspectif, où le personnage principal nous présente les faits, à la première personne, comme souvent dans un polar. On comprend vite les enjeux et le rôle de ce type pas comme les autres, perdu au milieu de monstruosités. On évolue en terrain connu : vampires, loups-garous, goules, les auteurs n'ont pas essayé d'innover de ce côté là. Pas la peine, la sauce prend bien, et le résultat est assez sympa, même si relativement gore parfois - mais c'est le style qui veut ça ! Au niveau graphique, je reste particulièrement indécit. On retrouve un style que l'on a déjà connu, par exemple chez Liberge et son Tonnerre Rampant : un dessin simple, qui vient en surimpression se poser sur un fond numérique, mix entre photos, textures d'ambiances, colorations floues... Le résultat, même s'il est maîtrisé, ne me convient pas plus que ça, par contre. Pour moi, c'est un peu de l'esbrouffe, du tape-à-l'oeil. Un bon moyen pour un infographiste de faire de la BD sans avoir de réels talents en dessin, en somme.. Mais le résultat est tout de même correct.. et l'album, lui, mérite le détour. A vous de voir !
La Ville des mauvais rêves - Urani
Pas fameux, en effet. Sfar et David B. sont de très grands auteurs, par leur sens de la narration et par les sujets qu'ils abordent. Que ce soit dans des albums plus personnels, comme le petit monde de Golem (Sfar) ou l'Ascension du haut-mal (David B.) ou dans des séries beaucoup plus grand public (Donjon en tête), ils ont un don pour raconter les histoires et rendre le moindre fait passionnant. Mais ici, force est de constater que l'association des deux auteurs n'est pas des plus heureuses. Une sorte de cadavre exquis ? Moui, pas réellement, à mon sens. Ou alors, assez libre, un auteur ne reprenant pas vraiment l'action là où son prédecesseur l'avait laissé. Un petit plaisir perso des auteurs ? Oui, certainement. Ils se lachent dans leur deux styles dans une histoire qui doit surement beaucoup les amuser, et dans laquelle ils se permettent de sympathiques fantaisies. Mais au final, le lecteur ne sera pas transformé. Par faute de rythme, déjà. L'ensemble ne semble vraiment pas structurée, et nous fait vite décrocher. Dommage ! Mais aussi concernant le sujet lui-même : pour ma part, je ne suis pas vraiment certain de la finalité vers laquelle les auteurs souhaitent nous emmener. Peut être aurons nous plus d'éclaircissement dans un second tome.. Reste que j'aime les deux styles graphiques des auteurs. Les visages féminins de Sfar m'ont toujours envouté, que ce soit ici par le biais d'Europe, ou dans Donjon (la princesse). Mais comme le dit JBT900, cet album aurait franchement gagné à être en noir et blanc et dans un format different des classiques 46 planches.
Aliénor
Le nouveau trait Italien est particulièrement séduisant, et les coloristes de cette nouvelles générations savent créer des ambiances particulières et très réussies. En France, Sky Doll a ouvert la voie à toute une pléthore de graphistes Milanais, pour la plupart issue de Disney Italia, et édités chez Soleil, mais aussi les humanos, par exemple. Complètement sous le charme du duo d'auteurs de Sky Doll, et du travail de toute la team de Monster Allergy, je me devais donc de lire cet album mis en image par Donald, un autre "pote" de ce groupe de graphistes surdoués. En effet, le trait est assez classe. Pas du niveau de celui de Barbucci (beaucoup moins dynamique et fin, par exemple, malgré l'action quasi-constante de ce premier tome), mais offrant parfois des planches vraiment bien senties, très propres. La mise en couleur, elle aussi, est de qualité. On sent vraiment l'influence qu'a eu Canepa sur la coloriste, qui la remercie d'ailleurs d'entrée de jeu. Il faut rendre à césar ce qui appartient à César ;) Mais alors, pourquoi ma note moyenne ? Tout simplement parceque, et cela même si le récit possède un sacré potentiel, une impression de bordel m'assaille à la lecture de cet album. Ca saute dans tous les sens, ça hurle, c'est vraiment fun durant quelques pages, mais devient fatigant sur la longueur, hélas. Rien de bien grave, bien sûr. Le monde est mis en place, les personnages nous sont présentés et sont assez sympathiques... juste ce sentiment de bazarre qui revient régulièrement... dommage. Allez ! Je lirai le tome 2, qui je n'en doute pas sera meilleur sur tous les plans. Manque peut être un tout petit peu de maturité, tout simplement...
Pyongyang
Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits... La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun. On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens. Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondément bouleverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque. Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations. Tristesse, peine, joie, rire, vous connaîtrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.