J'ai été immédiatement séduit par l'univers de cette série, celui de Baghdad du temps de la splendeur de l'Islam, au 9ème siècle ap. JC. C'est un contexte complètement dépaysant et original, où se croisent des croyances et des ethnies aussi différentes que surprenantes.
Sur cette toile de fond, David B. tisse avec maestria une intrigue inquiétante à la frontière du fantastique, de l'aventure et de l'ésotérique.
Les personnages du club des chercheurs de trésor sont riches et dotés de cultures et d'origines très diverses et chacun d'entre eux semble posséder une histoire propre qui ne demande qu'à être développer (même si ces deux premiers tomes sont surtout concentrés sur le bourreau juif, véritable héros de l'histoire et ne font que survoler certains des autres protagonistes dont le forgeron, le derviche et le chevalier).
L'intrigue est sinueuse et parfois un peu confuse mais elle est riche d'élements de folklore et d'enseignements sur cette période et cet univers. Il n'y a pour ainsi dire aucun temps mort et les rebondissements sont légion. Bref, on ne s'ennuie pas un seul instant.
Le trait de David B. est très, très particulier. Personnellement, j'aime beaucoup. Il est accompagné par certaines mises en page vraiment extraordinaires et très audacieuses, qui m'ont fait pensé à certaines enluminures des ouvrages musulmans de cette période.
J'attends la suite avec impatience, c'est une série intelligente et très divertissante.
Cette BD se dit être une sorte de suite de Beatifica Blues, pourtant qu'on aie lu les deux séries comme moi, ou seulement Samba Bugatti, il y a de quoi être dérouté.
Pour ceux qui ont lu Beatifica Blues, Samba Bugatti est sensé se passer bien des années après mais le décor semble au contraire plus ancien que le désert post-apocalyptique de la première série puisque nous nous retrouvons ici dans un New-York qui semble tout juste échappé d'une anticipation un peu punk et non pas rescapée d'une Terre dévastée. Et pourtant il est vrai qu'on retrouve bien des éléments et l'historique de Beatifica, notamment les personnages de Zelda Rukovski et de Beast Schubert, mais il y a un petit quelque chose d'artificiel ou d'étonnant dans la façon dont ces éléments sont... récupérés.
Quant à ceux qui n'ont pas lu cette autre série, Samba Bugatti pourra dérouter le lecteur neuf par son univers Rock, mélangeant science-fiction réaliste et une imagination pas toujours logique mais plus proche de la poésie. Comment comprendre en effet qu'un virus transforme les hommes en robots, qu'Ernest Hemingway soit devenu un androïde assassin un peu fou, qu'on puisse changer de corps en entrant dans une sorte de photomaton en ruine, que le monde sombre ainsi dans une folie douce et dangereuse... Il ne faut donc pas s'étonner de quelques personnages et situations surprenantes : l'important n'est pas de faire un thriller SF sérieux et réaliste, mais de créer un monde un peu poétique/rock où le récit prime sur la logique. En cela, Samba Bugatti est moins délirant que Beatifica Blues et cela devrait sans doute plaire davantage à ceux qui préfère un scénario "sérieux" qui se tient totalement même si l'univers de Samba en ressort comme ayant un peu moins de ce charme étrange qu'avait la série précédente.
Le dessin de Griffo est excellent. Je lui reprocherais par contre son choix de couleurs qui ne sont pas toujours à mon goût et trahissent un peu la qualité du trait à mes yeux. Néanmoins, ce sont de beaux albums.
Quant à l'histoire en elle-même, maintenant, au delà du décor et de l'originalité de l'univers imaginé, elle n'est pas mal mais je ne la trouve pas réellement prenante. Enquête, infiltration, bagarre, destruction, complot, poursuite... je n'aime pas trop ce côté thriller qui n'a pas su tellement me captiver.
Ca se lit bien, le dessin est bon, le décor original et ne manquant pas d'un certain charme, mais globalement je ne trouve pas cette série excellente ni vraiment marquante.
Quand j'ai découvert 'Blankets' à ma biblio municipale, j'étais super-content. Enfin, j'allais pouvoir découvrir ce gros pavé (presque 600 p.) dont tout le monde parle.
Eh bien, je suis très déçu.
Le style graphique n'a rien d'extraordinaire, même si je dois reconnaître que Thompson a quelques traits de génie et que certains portraits, certaines planches sont vraiment éblouissantes de simplicité et de beauté (certains dessins de Raina notamment).
L'histoire, en revanche, au delà de son aspect profondément nombriliste (comme souvent dans les romans graphiques) n'a qu'un intérêt très, très limité. Les déboires/affres/interrogations sentimentalo/sexuello/mystiques de cet ado américain entravé par son éducation religieuse m'ont plutôt barbé.
On est là tout bêtement devant une histoire un peu neu-neu d'amourette de jeunesse, qui n'aboutit à rien et qui reste sans lendemain. Je pense que les situations sont retranscrits avec réalisme et énormément de finesse et d'intelligence, mais il n'en demeure pas moins que le propos dans son ensemble m'a paru vide et insipide.
Je reconnais néanmoins à l'auteur un véritable talent narratif. En dépit des travers que je viens d'énumérer, les centaines de pages passent sans que l'on sans rende compte et le tout est parfaitement digeste.
J'aurais quand même préféré que cela ait un peu plus de saveur.
Violine était une nouvelle série très prometteuse, et il est regrettable qu'elle soit tombée aux oubliettes.
Le dessin est parfois succinct mais toujours très dynamique, jusque dans le découpage des planches. Les expressions sont particulièrement bien choisies et bien rendues.
Le scénario, pour sa part, est riche, original, et parvient à installer une atmosphère intéressante. Les personnages sont attachants.
A quand une reprise, M. Dupuis ?
J'ai été emballé par cette série. D'une étonnante maîtrise graphique et scénaristique, l'histoire est un mélange réussi entre romantisme et fantastique, entre philosophie et aventure. Sans rien dévoiler de la trame et surtout de la fin, je voudrais juste préciser que l'ensemble est incroyablement original et qu'il débouche sur de vraies questions et au bout du compte, sur une véritable mélancolie. Personnellement, j'ai adoré ce parti pris de Thierry Robin. Voila un auteur qui pour sa première oeuvre importante, choisit des voies bien loin des canons dictées par les stratégies commerciales, vantant dans la bd comme ailleurs, les vertus du happy end.
Je ne saurais donc que conseiller aux indécis de se lancer dans l'aventure. Le voyage en vaut la peine.
Taniguchi est un auteur qui n'est plus à présenter. A chacune de ces nouvelles publications, on retrouve la même sensibilité qui est, on peut le dire, sa marque de fabrique.
Terre de Rêve ne faillit pas à la règle. Excepté pour la dernière histoire, l'auteur s'attarde sur un sujet qui est relativement banal, c'est à dire l'animal domestique.
Evidement, l'auteur nous présente cela sur un jour très réaliste. Par exemple, la première histoire met en valeur ce qu'on peut ressentir quand notre animal de compagnie est sur le point de mourir. Et franchement, le résultat est vraiment réaliste. Personnellement, j'adore les animaux mais je suis contre le fait d'en avoir chez soi. Après avoir lu cet ouvrage, vous comprendrez pourquoi.
Une fois de plus, j'ai été touché une oeuvre de ce grand mangaka. C'est toujours un plaisir de pénétrer dans ces univers.
Merci pour tant d'émotions !
A lire !
3ème série de Dorison que je lis et 3ème série qui me laisse sur ma faim.
Le scénario à la base aurait pu me plaire mais c'est traité de manière tellement superficielle - Franchement, y en a qui ont réussi à s'attacher à l'un des personnages de l'équipe? - que je n'ai pu retenir un soupir de soulagement en voyant arriver le mot fin.
Non seulement c'est tape à l'œil mais c'est parfois hyper compliqué à suivre! Que les scènes s'enchaînent très rapidement, un peu à la manière d'un montage à la Tony Scott, je veux bien. Mais que les scènes d'actions en elles même soient si difficiles à comprendre, moi je crie au mauvais découpage.
Un problème que j'avais déjà décelé dans "sanctuaire".
Je n'ai pas pu m'empêcher de compare la scène finale du tome 2, fusillade inutilement compliquée à la fin de l'excellent "Angel Face". Et la est peut être la qualité de West... m'avoir redonné l'envie de me plonger dans un bon Blueberry.
Au premier abord, je vous avoue que j'étais assez réticent à l'idée d'acheter cette bd. La raison était simple : le dessin ne m'emballait pas plus que ça.
Et puis, en voyant les avis très positifs exprimés sur cette bd (merci Kaël et ThePat ;)), j'ai outrepassé mes appréhensions et je dois dire que je ne le regrette pas !
L'auteur, Arthur Qwak nous offre une histoire passionnante qui met en scène une prostituée qui va être enlevée par des extra-terrestres. A partir de là, la tournure des événements va évoluer pour nous donner ainsi une histoire palpitante et non dénuée d'humour. Le début du récit m'a semblé un peu confus mais après quelques pages, la trame devient beaucoup plus claire. Très intelligemment écrite, cette bd ne manque pas d'originalité. On suit les aventures de Lola avec beaucoup de plaisir et je dois dire qu'en fermant l'album, j'étais un peu triste que ce soit terminé. La narration est parfois un peu crue mais vu la profession de notre héroïne, c'est tout à fait logique.
On ne peut pas dire que le dessin d' Arthur Qwak soit laid bien au contraire, certaines planches sont vraiment superbes.
Je dirais plutôt que son graphisme est déroutant. Je pense que cela est dû au fait que l'auteur utilise plusieurs techniques différentes pour réaliser ses dessins.
Mais bon, j'ai pu constater que l'on s'habitue très vite à sa manière de travailler. Une chose est sûre : Lola est très jolie, un vrai régal pour les yeux.
La singularité de ce one-shot est évidente. Grâce à cet album, on peut dire que du sang frais coule dans les veines de la bd !
Laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas !
C'est à suivre ................. sans attendre !
Mais que cette BD est noire ! Mais qu'elle est noire !
Et c'est bien ça l'ennui, je n'aime pas les histoires aussi sombres.
Physiquement, c'est un très bel album, notamment par sa couverture et la qualité de son papier.
Graphiquement, c'est pas mal. Après la superbe dédicace que m'a faite Cazaux, je serais bien en mal de critiquer son dessin, même si j'ai le sentiment qu'il s'est nettement amélioré depuis l'époque où il a dessiné Mémoires d'un incapable (paru en 98 ) et qu'à l'époque, tout n'était pas excellent. Je trouve notamment le visage "toutes dents dehors et air furibond" d'Albert et de son alter ego un peu trop forcé, trop rapidement utilisé. Un petit manque de finesse dans la façon dont les expressions du visage sont utilisées, donc, à mon goût.
Quant au scénario, il faut admettre à sa décharge qu'il prend aux tripes. J'ai lu la BD avec les yeux légèrement écarquillés tant je l'ai trouvée dure et forte par moments. Il y a bien des passages qui font vraiment mal, notamment quand Albert revoit sa famille et demande pardon à sa femme et ses enfants.
Mais passé cela, tout n'est que descente aux enfers, combat mental d'un homme contre ce qu'il hait le plus en lui-même et dans les autres, errements dans les affres de sa folie. C'est bien fait sur ce point, même si je reproche à nouveau un certain manque de finesse, de caricature dans les personnages qui entourent Albert et dans sa propre réaction.
Mais c'est noir, c'est tellement noir. Ca m'en a déprimé une portion de ma soirée et de ma nuit. Et outre ce sentiment sordide, je n'ai guère retiré grand chose de plus de ma lecture, hélas.
C'est pourquoi malgré ma superbe dédicace, malgré la force du récit par endroits, malgré la beauté de l'album en tant qu'objet, je regrette un peu mon achat et ne saurait vraiment vous le conseiller.
Je m'attendais à ce que ce soit mieux quand même, parce que les petites histoires sont franchement légères.
Comme le dit Ro, le dessin est très sympa, mais ce n'est pas exactement ce style qu'on attend d'une BD pour adultes. C'est très moyennement excitant... Heureusement, ce n'est pas du gros Hard, et ça reste assez gentillet (tout en restant du X) parce que ça aurait frisé le ridicule.
J'ai pourtant trouvé un côté bien fun à cette BD. C'est bon esprit, ça ne se prend pas la tête et c'est bel et bien ça le point fort de la BD, et non pas le côté porno.
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Les Chercheurs de trésor
J'ai été immédiatement séduit par l'univers de cette série, celui de Baghdad du temps de la splendeur de l'Islam, au 9ème siècle ap. JC. C'est un contexte complètement dépaysant et original, où se croisent des croyances et des ethnies aussi différentes que surprenantes. Sur cette toile de fond, David B. tisse avec maestria une intrigue inquiétante à la frontière du fantastique, de l'aventure et de l'ésotérique. Les personnages du club des chercheurs de trésor sont riches et dotés de cultures et d'origines très diverses et chacun d'entre eux semble posséder une histoire propre qui ne demande qu'à être développer (même si ces deux premiers tomes sont surtout concentrés sur le bourreau juif, véritable héros de l'histoire et ne font que survoler certains des autres protagonistes dont le forgeron, le derviche et le chevalier). L'intrigue est sinueuse et parfois un peu confuse mais elle est riche d'élements de folklore et d'enseignements sur cette période et cet univers. Il n'y a pour ainsi dire aucun temps mort et les rebondissements sont légion. Bref, on ne s'ennuie pas un seul instant. Le trait de David B. est très, très particulier. Personnellement, j'aime beaucoup. Il est accompagné par certaines mises en page vraiment extraordinaires et très audacieuses, qui m'ont fait pensé à certaines enluminures des ouvrages musulmans de cette période. J'attends la suite avec impatience, c'est une série intelligente et très divertissante.
Samba Bugatti
Cette BD se dit être une sorte de suite de Beatifica Blues, pourtant qu'on aie lu les deux séries comme moi, ou seulement Samba Bugatti, il y a de quoi être dérouté. Pour ceux qui ont lu Beatifica Blues, Samba Bugatti est sensé se passer bien des années après mais le décor semble au contraire plus ancien que le désert post-apocalyptique de la première série puisque nous nous retrouvons ici dans un New-York qui semble tout juste échappé d'une anticipation un peu punk et non pas rescapée d'une Terre dévastée. Et pourtant il est vrai qu'on retrouve bien des éléments et l'historique de Beatifica, notamment les personnages de Zelda Rukovski et de Beast Schubert, mais il y a un petit quelque chose d'artificiel ou d'étonnant dans la façon dont ces éléments sont... récupérés. Quant à ceux qui n'ont pas lu cette autre série, Samba Bugatti pourra dérouter le lecteur neuf par son univers Rock, mélangeant science-fiction réaliste et une imagination pas toujours logique mais plus proche de la poésie. Comment comprendre en effet qu'un virus transforme les hommes en robots, qu'Ernest Hemingway soit devenu un androïde assassin un peu fou, qu'on puisse changer de corps en entrant dans une sorte de photomaton en ruine, que le monde sombre ainsi dans une folie douce et dangereuse... Il ne faut donc pas s'étonner de quelques personnages et situations surprenantes : l'important n'est pas de faire un thriller SF sérieux et réaliste, mais de créer un monde un peu poétique/rock où le récit prime sur la logique. En cela, Samba Bugatti est moins délirant que Beatifica Blues et cela devrait sans doute plaire davantage à ceux qui préfère un scénario "sérieux" qui se tient totalement même si l'univers de Samba en ressort comme ayant un peu moins de ce charme étrange qu'avait la série précédente. Le dessin de Griffo est excellent. Je lui reprocherais par contre son choix de couleurs qui ne sont pas toujours à mon goût et trahissent un peu la qualité du trait à mes yeux. Néanmoins, ce sont de beaux albums. Quant à l'histoire en elle-même, maintenant, au delà du décor et de l'originalité de l'univers imaginé, elle n'est pas mal mais je ne la trouve pas réellement prenante. Enquête, infiltration, bagarre, destruction, complot, poursuite... je n'aime pas trop ce côté thriller qui n'a pas su tellement me captiver. Ca se lit bien, le dessin est bon, le décor original et ne manquant pas d'un certain charme, mais globalement je ne trouve pas cette série excellente ni vraiment marquante.
Blankets - Manteau de neige
Quand j'ai découvert 'Blankets' à ma biblio municipale, j'étais super-content. Enfin, j'allais pouvoir découvrir ce gros pavé (presque 600 p.) dont tout le monde parle. Eh bien, je suis très déçu. Le style graphique n'a rien d'extraordinaire, même si je dois reconnaître que Thompson a quelques traits de génie et que certains portraits, certaines planches sont vraiment éblouissantes de simplicité et de beauté (certains dessins de Raina notamment). L'histoire, en revanche, au delà de son aspect profondément nombriliste (comme souvent dans les romans graphiques) n'a qu'un intérêt très, très limité. Les déboires/affres/interrogations sentimentalo/sexuello/mystiques de cet ado américain entravé par son éducation religieuse m'ont plutôt barbé. On est là tout bêtement devant une histoire un peu neu-neu d'amourette de jeunesse, qui n'aboutit à rien et qui reste sans lendemain. Je pense que les situations sont retranscrits avec réalisme et énormément de finesse et d'intelligence, mais il n'en demeure pas moins que le propos dans son ensemble m'a paru vide et insipide. Je reconnais néanmoins à l'auteur un véritable talent narratif. En dépit des travers que je viens d'énumérer, les centaines de pages passent sans que l'on sans rende compte et le tout est parfaitement digeste. J'aurais quand même préféré que cela ait un peu plus de saveur.
Violine
Violine était une nouvelle série très prometteuse, et il est regrettable qu'elle soit tombée aux oubliettes. Le dessin est parfois succinct mais toujours très dynamique, jusque dans le découpage des planches. Les expressions sont particulièrement bien choisies et bien rendues. Le scénario, pour sa part, est riche, original, et parvient à installer une atmosphère intéressante. Les personnages sont attachants. A quand une reprise, M. Dupuis ?
Rouge de Chine
J'ai été emballé par cette série. D'une étonnante maîtrise graphique et scénaristique, l'histoire est un mélange réussi entre romantisme et fantastique, entre philosophie et aventure. Sans rien dévoiler de la trame et surtout de la fin, je voudrais juste préciser que l'ensemble est incroyablement original et qu'il débouche sur de vraies questions et au bout du compte, sur une véritable mélancolie. Personnellement, j'ai adoré ce parti pris de Thierry Robin. Voila un auteur qui pour sa première oeuvre importante, choisit des voies bien loin des canons dictées par les stratégies commerciales, vantant dans la bd comme ailleurs, les vertus du happy end. Je ne saurais donc que conseiller aux indécis de se lancer dans l'aventure. Le voyage en vaut la peine.
Terre de rêves
Taniguchi est un auteur qui n'est plus à présenter. A chacune de ces nouvelles publications, on retrouve la même sensibilité qui est, on peut le dire, sa marque de fabrique. Terre de Rêve ne faillit pas à la règle. Excepté pour la dernière histoire, l'auteur s'attarde sur un sujet qui est relativement banal, c'est à dire l'animal domestique. Evidement, l'auteur nous présente cela sur un jour très réaliste. Par exemple, la première histoire met en valeur ce qu'on peut ressentir quand notre animal de compagnie est sur le point de mourir. Et franchement, le résultat est vraiment réaliste. Personnellement, j'adore les animaux mais je suis contre le fait d'en avoir chez soi. Après avoir lu cet ouvrage, vous comprendrez pourquoi. Une fois de plus, j'ai été touché une oeuvre de ce grand mangaka. C'est toujours un plaisir de pénétrer dans ces univers. Merci pour tant d'émotions ! A lire !
W.E.S.T
3ème série de Dorison que je lis et 3ème série qui me laisse sur ma faim. Le scénario à la base aurait pu me plaire mais c'est traité de manière tellement superficielle - Franchement, y en a qui ont réussi à s'attacher à l'un des personnages de l'équipe? - que je n'ai pu retenir un soupir de soulagement en voyant arriver le mot fin. Non seulement c'est tape à l'œil mais c'est parfois hyper compliqué à suivre! Que les scènes s'enchaînent très rapidement, un peu à la manière d'un montage à la Tony Scott, je veux bien. Mais que les scènes d'actions en elles même soient si difficiles à comprendre, moi je crie au mauvais découpage. Un problème que j'avais déjà décelé dans "sanctuaire". Je n'ai pas pu m'empêcher de compare la scène finale du tome 2, fusillade inutilement compliquée à la fin de l'excellent "Angel Face". Et la est peut être la qualité de West... m'avoir redonné l'envie de me plonger dans un bon Blueberry.
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Au premier abord, je vous avoue que j'étais assez réticent à l'idée d'acheter cette bd. La raison était simple : le dessin ne m'emballait pas plus que ça. Et puis, en voyant les avis très positifs exprimés sur cette bd (merci Kaël et ThePat ;)), j'ai outrepassé mes appréhensions et je dois dire que je ne le regrette pas ! L'auteur, Arthur Qwak nous offre une histoire passionnante qui met en scène une prostituée qui va être enlevée par des extra-terrestres. A partir de là, la tournure des événements va évoluer pour nous donner ainsi une histoire palpitante et non dénuée d'humour. Le début du récit m'a semblé un peu confus mais après quelques pages, la trame devient beaucoup plus claire. Très intelligemment écrite, cette bd ne manque pas d'originalité. On suit les aventures de Lola avec beaucoup de plaisir et je dois dire qu'en fermant l'album, j'étais un peu triste que ce soit terminé. La narration est parfois un peu crue mais vu la profession de notre héroïne, c'est tout à fait logique. On ne peut pas dire que le dessin d' Arthur Qwak soit laid bien au contraire, certaines planches sont vraiment superbes. Je dirais plutôt que son graphisme est déroutant. Je pense que cela est dû au fait que l'auteur utilise plusieurs techniques différentes pour réaliser ses dessins. Mais bon, j'ai pu constater que l'on s'habitue très vite à sa manière de travailler. Une chose est sûre : Lola est très jolie, un vrai régal pour les yeux. La singularité de ce one-shot est évidente. Grâce à cet album, on peut dire que du sang frais coule dans les veines de la bd ! Laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas ! C'est à suivre ................. sans attendre !
Mémoires d'un incapable
Mais que cette BD est noire ! Mais qu'elle est noire ! Et c'est bien ça l'ennui, je n'aime pas les histoires aussi sombres. Physiquement, c'est un très bel album, notamment par sa couverture et la qualité de son papier. Graphiquement, c'est pas mal. Après la superbe dédicace que m'a faite Cazaux, je serais bien en mal de critiquer son dessin, même si j'ai le sentiment qu'il s'est nettement amélioré depuis l'époque où il a dessiné Mémoires d'un incapable (paru en 98 ) et qu'à l'époque, tout n'était pas excellent. Je trouve notamment le visage "toutes dents dehors et air furibond" d'Albert et de son alter ego un peu trop forcé, trop rapidement utilisé. Un petit manque de finesse dans la façon dont les expressions du visage sont utilisées, donc, à mon goût. Quant au scénario, il faut admettre à sa décharge qu'il prend aux tripes. J'ai lu la BD avec les yeux légèrement écarquillés tant je l'ai trouvée dure et forte par moments. Il y a bien des passages qui font vraiment mal, notamment quand Albert revoit sa famille et demande pardon à sa femme et ses enfants. Mais passé cela, tout n'est que descente aux enfers, combat mental d'un homme contre ce qu'il hait le plus en lui-même et dans les autres, errements dans les affres de sa folie. C'est bien fait sur ce point, même si je reproche à nouveau un certain manque de finesse, de caricature dans les personnages qui entourent Albert et dans sa propre réaction. Mais c'est noir, c'est tellement noir. Ca m'en a déprimé une portion de ma soirée et de ma nuit. Et outre ce sentiment sordide, je n'ai guère retiré grand chose de plus de ma lecture, hélas. C'est pourquoi malgré ma superbe dédicace, malgré la force du récit par endroits, malgré la beauté de l'album en tant qu'objet, je regrette un peu mon achat et ne saurait vraiment vous le conseiller.
Xxxenophile
Je m'attendais à ce que ce soit mieux quand même, parce que les petites histoires sont franchement légères. Comme le dit Ro, le dessin est très sympa, mais ce n'est pas exactement ce style qu'on attend d'une BD pour adultes. C'est très moyennement excitant... Heureusement, ce n'est pas du gros Hard, et ça reste assez gentillet (tout en restant du X) parce que ça aurait frisé le ridicule. J'ai pourtant trouvé un côté bien fun à cette BD. C'est bon esprit, ça ne se prend pas la tête et c'est bel et bien ça le point fort de la BD, et non pas le côté porno.