Un premier tome particulièrement prometteur !
Véritable enquête policière sur fond de fantastique (ou fantastique sur fond d'enquête policière ?), le mythe du vampire est ici revisité sous un tout autre angle, cet opus donnant un nouveau souffle à cet univers dans le monde de la bande dessinée.
Les différents personnages ont un profil psychologique ultra-développé, et les diverses informations qui composent leur personnalité nous sont données au compte-goutte, très efficacement.
Le scénario est d'une construction sans réelle faille, si ce n'est peut-être un petit manque de rythme, comblé toutefois par une intrigue complexe et un final, ici, vraiment très sympa. Ca promet énormément pour la suite !
Le dessin est quant à lui assez classe, très réaliste. Toutefois, j'avoue avoir eu quelques fois un peu de mal à distinguer certains personnages, tant certains peuvent se ressembler. Les couleurs, elles, sont informatiques mais très bien choisies, et mettent bien en volume le dessin.
Une bonne surprise, dont je surveillerai la suite de près...
Je serai beaucoup moins enthousiaste que les posteurs précédents, concernant ce one-shot.
Certes, l’atmosphère est là et bien là, et ce roman graphique aurait pu sortir du lot. Aurait pu, donc, car pour moi son manque d’originalité est rédhibitoire, hélas. En effet, tout cela n’est pas très nouveau…
Est-ce un mal ? En soit, non, car si l’histoire est bien menée et touchante, l’originalité d’une œuvre passe pour moi au second plan. Le problème, c’est qu’ici, rien ne me touche vraiment.. Je ne me sens pas particulièrement proche de ce pauvre petit canard au cœur brisé, et du coup, la magie n’opère pas…
Dernièrement, j’ai lu quelques romans graphiques qui m’ont particulièrement déçus (Eva aux Mains Bleues) et émerveillés (Où le regard ne porte pas..., Un peu de fumée bleue...). Du coup, peut être suis-je en train de devenir plus exigeant dans ce registre ?
Tout est il que Betty Blues ne m’a pas fait vibrer, malgré le dessin original et les belles couleurs de Mademoiselle Jouvray.
Dommage !
Exxxxcellente intégrale que nous propose Cornélius ! Big Baby représente aujourd'hui l'oeuvre la plus typique de Charles Burns, celle que je proposerais à un lecteur qui souhaiterait découvrir l'auteur, sans aucun doute.
On retrouve ici ce qui fait le succès de Black Hole, du même auteur : un dessin en noir et blanc léché, un style super glamour, genre série Z, et une narration qui elle aussi fait furieusement penser aux comics des années 50.
Au final, c’est tout simplement passionnant ! On est captivé par les aventures de ce petit garçon, on apprécie le style « mauvais acteurs » des différents personnages, persuadé que l’on est de regarder un nanar BD. Un véritable voyage, tant tout est voulu, tant, au final, la narration est efficace, particulière, et surtout diablement personnelle.
Je ne sais pas si ma lecture de BlackHole influence mon avis sur cet album. Le fait est qu’une fois le style de Burns assimilé, le reste coule de source. Son dessin joue avec brio sur les alternances noir et blanc, et les contrastes sont utilisés avec classe pour retransmettre les ambiances du récit.
Des albums comme celui-ci, moi, j’en veux tout plein. En un mot : excellent.
On va commencer par les (nombreux) points positifs de cette originale série.
C'est Beau ! Beau avec un B majuscule, tant la mise en couleur de Florence Magnin force le respect. Jeux d'ombres et de lumières envoutants, ambiances fortement suggérées par les nuances utilisées, tout concorde pour donner à cette BD une ambiance particulière, que j'ai retrouvé dans les autres travaux de l'auteur dans le monde du Jeu de Rôles, comme les illustrations de Rêve de Dragon, ou encore du jeu de cartes Citadelles.
Le découpage, lui aussi, est assez excellent. Ici, un tronc d'arbre fermera la case. Là, le chapeau d'un pirate. Vraiment, du beau boulot, car l'emsemble coule de source dans la lecture, on nous mache vraiment le travail :)
L'histoire en elle-même, si elle n'est pas fracassante d'originalité, n'est pas pour autant une bête histoire de pirate. Le côté fantastique, qui peut rappeler le film Pirates des Caraïbes, tient vraiment la route et rend le récit vraiment passionnant. Rodolphe, dont je ne connaissait pas vraiment les travaux jusqu'alors, se trouve être un scénariste talentueux, doublé d'un dialoguiste de qualité. Au final, le récit semble maitrisé, on sait où l'on va, et c'est tant mieux !
Allez.. pour pinailler... Je dirai que le pendant du dessin de Florence Magnin, et qui est d'ailleurs commun à beaucoup d'oeuvres en couleurs directes, c'est avant tout un manque de pêche, de dynamisme évident. On aurait aimer assister à des combats de pirates frénétiques, à la fureur d'un abordage.. mais le tout semble au final plutot statique. Toutefois, ne boudons pas notre bonheur : Mary la Noire n'est surtout pas une BD d'action, mais bel et bien une belle histoire, maîtrisée, et magnifiquement illustrée.
A découvrir, donc, et à acheter.
Après etre passé à coté du premier ouvrage traduit en français de ce tandem (30 jours de nuit, chez Delcourt), j'attaque ce nouveau Criminal Macabre pour découvrir un album pour le moins particulier.
La narration est efficace : la traduction qui semble avoir été réalisée correctement (c'est assez rare pour être relevé) nous présente un récit introspectif, où le personnage principal nous présente les faits, à la première personne, comme souvent dans un polar. On comprend vite les enjeux et le rôle de ce type pas comme les autres, perdu au milieu de monstruosités.
On évolue en terrain connu : vampires, loups-garous, goules, les auteurs n'ont pas essayé d'innover de ce côté là. Pas la peine, la sauce prend bien, et le résultat est assez sympa, même si relativement gore parfois - mais c'est le style qui veut ça !
Au niveau graphique, je reste particulièrement indécit. On retrouve un style que l'on a déjà connu, par exemple chez Liberge et son Tonnerre Rampant : un dessin simple, qui vient en surimpression se poser sur un fond numérique, mix entre photos, textures d'ambiances, colorations floues...
Le résultat, même s'il est maîtrisé, ne me convient pas plus que ça, par contre. Pour moi, c'est un peu de l'esbrouffe, du tape-à-l'oeil. Un bon moyen pour un infographiste de faire de la BD sans avoir de réels talents en dessin, en somme..
Mais le résultat est tout de même correct.. et l'album, lui, mérite le détour. A vous de voir !
Pas fameux, en effet.
Sfar et David B. sont de très grands auteurs, par leur sens de la narration et par les sujets qu'ils abordent. Que ce soit dans des albums plus personnels, comme le petit monde de Golem (Sfar) ou l'Ascension du haut-mal (David B.) ou dans des séries beaucoup plus grand public (Donjon en tête), ils ont un don pour raconter les histoires et rendre le moindre fait passionnant.
Mais ici, force est de constater que l'association des deux auteurs n'est pas des plus heureuses.
Une sorte de cadavre exquis ? Moui, pas réellement, à mon sens. Ou alors, assez libre, un auteur ne reprenant pas vraiment l'action là où son prédecesseur l'avait laissé. Un petit plaisir perso des auteurs ? Oui, certainement. Ils se lachent dans leur deux styles dans une histoire qui doit surement beaucoup les amuser, et dans laquelle ils se permettent de sympathiques fantaisies. Mais au final, le lecteur ne sera pas transformé.
Par faute de rythme, déjà. L'ensemble ne semble vraiment pas structurée, et nous fait vite décrocher. Dommage ! Mais aussi concernant le sujet lui-même : pour ma part, je ne suis pas vraiment certain de la finalité vers laquelle les auteurs souhaitent nous emmener. Peut être aurons nous plus d'éclaircissement dans un second tome..
Reste que j'aime les deux styles graphiques des auteurs. Les visages féminins de Sfar m'ont toujours envouté, que ce soit ici par le biais d'Europe, ou dans Donjon (la princesse). Mais comme le dit JBT900, cet album aurait franchement gagné à être en noir et blanc et dans un format different des classiques 46 planches.
Le nouveau trait Italien est particulièrement séduisant, et les coloristes de cette nouvelles générations savent créer des ambiances particulières et très réussies. En France, Sky Doll a ouvert la voie à toute une pléthore de graphistes Milanais, pour la plupart issue de Disney Italia, et édités chez Soleil, mais aussi les humanos, par exemple.
Complètement sous le charme du duo d'auteurs de Sky Doll, et du travail de toute la team de Monster Allergy, je me devais donc de lire cet album mis en image par Donald, un autre "pote" de ce groupe de graphistes surdoués.
En effet, le trait est assez classe. Pas du niveau de celui de Barbucci (beaucoup moins dynamique et fin, par exemple, malgré l'action quasi-constante de ce premier tome), mais offrant parfois des planches vraiment bien senties, très propres. La mise en couleur, elle aussi, est de qualité. On sent vraiment l'influence qu'a eu Canepa sur la coloriste, qui la remercie d'ailleurs d'entrée de jeu. Il faut rendre à césar ce qui appartient à César ;)
Mais alors, pourquoi ma note moyenne ? Tout simplement parceque, et cela même si le récit possède un sacré potentiel, une impression de bordel m'assaille à la lecture de cet album. Ca saute dans tous les sens, ça hurle, c'est vraiment fun durant quelques pages, mais devient fatigant sur la longueur, hélas.
Rien de bien grave, bien sûr. Le monde est mis en place, les personnages nous sont présentés et sont assez sympathiques... juste ce sentiment de bazarre qui revient régulièrement... dommage.
Allez ! Je lirai le tome 2, qui je n'en doute pas sera meilleur sur tous les plans. Manque peut être un tout petit peu de maturité, tout simplement...
Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits...
La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun.
On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens.
Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondément bouleverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque.
Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations.
Tristesse, peine, joie, rire, vous connaîtrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.
j'ai lu Criminal Macabre (des mêmes auteurs, chez Carabas) avant de m'atteler à la lecture de ce One Shot, que certains de mes proches trouvaient inférieur. Pour ma part, je le trouve meilleur pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, pour le scénario lui-même. Moins complexe que CM, il n'en est pas moins beaucoup plus attractif et attirant, très "Survival horror", et diablement bien rythmé. Comme le dit Coeurdepat, 0 temps mort ici. Tout s'enchaîne très bien, et la lecture de cet album est particulièrement rapide, même pour un escargot de la lecture comme moi.
Puis, pour les personnages. Leur personnalité, qui peut sembler moins poussée que dans CM, me semble aussi beaucoup plus adaptée à la situation. Les victimes sont dépassées, ne comprennent rien, on sent bien l'état de survie psychique dans lequel la plupart d'entre elles se trouvent. Les vampires, quant à eux, d'aspect particulièrement brutal, sont relativement effrayant, entre autre grâce au traitement graphique de ben Templesmith.
Ce dessin, parlons-en. Lors de ma lecture de CM, je n'avais pas vraiment apprécié le traitement. Un peu tape à l'oeil, assez vide, bien foutu, certes, mais qui ne me plaisait pas. Ici, tout va mieux : le choix des teintes est vraiment pertinent, on distingue l'action, les personnages... vraiment, je préfère (sans pour autant adorer).
Enfin, la fin de cet album est très bien vue. Noire, certes, mais... hum, je n'en dit pas plus, lisez le donc
En bref, un album très correct, parfait pour passer un bon moment de lecture.
Wow... grosse claque.
Dernièrement, j'appréciais beaucoup moins les diverses réalisations de Corbeyran qui à mes yeux s'éparpillaient un peu dans des univers où il était moins à l'aise, moins original (Weena, Archipel). Mais cet album sonne comme un retour aux sources, et rappelle ses collaborations passées, avec Alfred bien sûr, mais surtout avec Bouillez sur Le phalanstère du bout du monde.
Et ce tome introductif est une sacrée réussite. Un vent de folie, qui nous rappelle l'univers déjanté de la Nef des fous, souffle sur un monde très steam-punk, ambiance dans laquelle Corbeyran travaille en terrain connu... Le régulateur, du même auteur, exploite déjà bien le filon (trouverez vous le régulateur qui se promène dans cet album ?)
Bouillez, quant à lui, nous offre un travail très précis, très propre, et mis en couleur avec brio. C’est pastel, c'est beau, séduisant, attirant. Allié aux dialogues savoureux des différents personnages, l'ensemble est de grande qualité, vraiment.
La première collaboration de ces deux auteurs m'avait vraiment enthousiasmé, mais ce nouvel album joue dans une toute autre catégorie : celle des séries cultes en devenir, si la suite tient la route, évidemment.
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Un premier tome particulièrement prometteur ! Véritable enquête policière sur fond de fantastique (ou fantastique sur fond d'enquête policière ?), le mythe du vampire est ici revisité sous un tout autre angle, cet opus donnant un nouveau souffle à cet univers dans le monde de la bande dessinée. Les différents personnages ont un profil psychologique ultra-développé, et les diverses informations qui composent leur personnalité nous sont données au compte-goutte, très efficacement. Le scénario est d'une construction sans réelle faille, si ce n'est peut-être un petit manque de rythme, comblé toutefois par une intrigue complexe et un final, ici, vraiment très sympa. Ca promet énormément pour la suite ! Le dessin est quant à lui assez classe, très réaliste. Toutefois, j'avoue avoir eu quelques fois un peu de mal à distinguer certains personnages, tant certains peuvent se ressembler. Les couleurs, elles, sont informatiques mais très bien choisies, et mettent bien en volume le dessin. Une bonne surprise, dont je surveillerai la suite de près...
Betty Blues
Je serai beaucoup moins enthousiaste que les posteurs précédents, concernant ce one-shot. Certes, l’atmosphère est là et bien là, et ce roman graphique aurait pu sortir du lot. Aurait pu, donc, car pour moi son manque d’originalité est rédhibitoire, hélas. En effet, tout cela n’est pas très nouveau… Est-ce un mal ? En soit, non, car si l’histoire est bien menée et touchante, l’originalité d’une œuvre passe pour moi au second plan. Le problème, c’est qu’ici, rien ne me touche vraiment.. Je ne me sens pas particulièrement proche de ce pauvre petit canard au cœur brisé, et du coup, la magie n’opère pas… Dernièrement, j’ai lu quelques romans graphiques qui m’ont particulièrement déçus (Eva aux Mains Bleues) et émerveillés (Où le regard ne porte pas..., Un peu de fumée bleue...). Du coup, peut être suis-je en train de devenir plus exigeant dans ce registre ? Tout est il que Betty Blues ne m’a pas fait vibrer, malgré le dessin original et les belles couleurs de Mademoiselle Jouvray. Dommage !
Big Baby
Exxxxcellente intégrale que nous propose Cornélius ! Big Baby représente aujourd'hui l'oeuvre la plus typique de Charles Burns, celle que je proposerais à un lecteur qui souhaiterait découvrir l'auteur, sans aucun doute. On retrouve ici ce qui fait le succès de Black Hole, du même auteur : un dessin en noir et blanc léché, un style super glamour, genre série Z, et une narration qui elle aussi fait furieusement penser aux comics des années 50. Au final, c’est tout simplement passionnant ! On est captivé par les aventures de ce petit garçon, on apprécie le style « mauvais acteurs » des différents personnages, persuadé que l’on est de regarder un nanar BD. Un véritable voyage, tant tout est voulu, tant, au final, la narration est efficace, particulière, et surtout diablement personnelle. Je ne sais pas si ma lecture de BlackHole influence mon avis sur cet album. Le fait est qu’une fois le style de Burns assimilé, le reste coule de source. Son dessin joue avec brio sur les alternances noir et blanc, et les contrastes sont utilisés avec classe pour retransmettre les ambiances du récit. Des albums comme celui-ci, moi, j’en veux tout plein. En un mot : excellent.
Mary la Noire
On va commencer par les (nombreux) points positifs de cette originale série. C'est Beau ! Beau avec un B majuscule, tant la mise en couleur de Florence Magnin force le respect. Jeux d'ombres et de lumières envoutants, ambiances fortement suggérées par les nuances utilisées, tout concorde pour donner à cette BD une ambiance particulière, que j'ai retrouvé dans les autres travaux de l'auteur dans le monde du Jeu de Rôles, comme les illustrations de Rêve de Dragon, ou encore du jeu de cartes Citadelles. Le découpage, lui aussi, est assez excellent. Ici, un tronc d'arbre fermera la case. Là, le chapeau d'un pirate. Vraiment, du beau boulot, car l'emsemble coule de source dans la lecture, on nous mache vraiment le travail :) L'histoire en elle-même, si elle n'est pas fracassante d'originalité, n'est pas pour autant une bête histoire de pirate. Le côté fantastique, qui peut rappeler le film Pirates des Caraïbes, tient vraiment la route et rend le récit vraiment passionnant. Rodolphe, dont je ne connaissait pas vraiment les travaux jusqu'alors, se trouve être un scénariste talentueux, doublé d'un dialoguiste de qualité. Au final, le récit semble maitrisé, on sait où l'on va, et c'est tant mieux ! Allez.. pour pinailler... Je dirai que le pendant du dessin de Florence Magnin, et qui est d'ailleurs commun à beaucoup d'oeuvres en couleurs directes, c'est avant tout un manque de pêche, de dynamisme évident. On aurait aimer assister à des combats de pirates frénétiques, à la fureur d'un abordage.. mais le tout semble au final plutot statique. Toutefois, ne boudons pas notre bonheur : Mary la Noire n'est surtout pas une BD d'action, mais bel et bien une belle histoire, maîtrisée, et magnifiquement illustrée. A découvrir, donc, et à acheter.
Criminal Macabre
Après etre passé à coté du premier ouvrage traduit en français de ce tandem (30 jours de nuit, chez Delcourt), j'attaque ce nouveau Criminal Macabre pour découvrir un album pour le moins particulier. La narration est efficace : la traduction qui semble avoir été réalisée correctement (c'est assez rare pour être relevé) nous présente un récit introspectif, où le personnage principal nous présente les faits, à la première personne, comme souvent dans un polar. On comprend vite les enjeux et le rôle de ce type pas comme les autres, perdu au milieu de monstruosités. On évolue en terrain connu : vampires, loups-garous, goules, les auteurs n'ont pas essayé d'innover de ce côté là. Pas la peine, la sauce prend bien, et le résultat est assez sympa, même si relativement gore parfois - mais c'est le style qui veut ça ! Au niveau graphique, je reste particulièrement indécit. On retrouve un style que l'on a déjà connu, par exemple chez Liberge et son Tonnerre Rampant : un dessin simple, qui vient en surimpression se poser sur un fond numérique, mix entre photos, textures d'ambiances, colorations floues... Le résultat, même s'il est maîtrisé, ne me convient pas plus que ça, par contre. Pour moi, c'est un peu de l'esbrouffe, du tape-à-l'oeil. Un bon moyen pour un infographiste de faire de la BD sans avoir de réels talents en dessin, en somme.. Mais le résultat est tout de même correct.. et l'album, lui, mérite le détour. A vous de voir !
La Ville des mauvais rêves - Urani
Pas fameux, en effet. Sfar et David B. sont de très grands auteurs, par leur sens de la narration et par les sujets qu'ils abordent. Que ce soit dans des albums plus personnels, comme le petit monde de Golem (Sfar) ou l'Ascension du haut-mal (David B.) ou dans des séries beaucoup plus grand public (Donjon en tête), ils ont un don pour raconter les histoires et rendre le moindre fait passionnant. Mais ici, force est de constater que l'association des deux auteurs n'est pas des plus heureuses. Une sorte de cadavre exquis ? Moui, pas réellement, à mon sens. Ou alors, assez libre, un auteur ne reprenant pas vraiment l'action là où son prédecesseur l'avait laissé. Un petit plaisir perso des auteurs ? Oui, certainement. Ils se lachent dans leur deux styles dans une histoire qui doit surement beaucoup les amuser, et dans laquelle ils se permettent de sympathiques fantaisies. Mais au final, le lecteur ne sera pas transformé. Par faute de rythme, déjà. L'ensemble ne semble vraiment pas structurée, et nous fait vite décrocher. Dommage ! Mais aussi concernant le sujet lui-même : pour ma part, je ne suis pas vraiment certain de la finalité vers laquelle les auteurs souhaitent nous emmener. Peut être aurons nous plus d'éclaircissement dans un second tome.. Reste que j'aime les deux styles graphiques des auteurs. Les visages féminins de Sfar m'ont toujours envouté, que ce soit ici par le biais d'Europe, ou dans Donjon (la princesse). Mais comme le dit JBT900, cet album aurait franchement gagné à être en noir et blanc et dans un format different des classiques 46 planches.
Aliénor
Le nouveau trait Italien est particulièrement séduisant, et les coloristes de cette nouvelles générations savent créer des ambiances particulières et très réussies. En France, Sky Doll a ouvert la voie à toute une pléthore de graphistes Milanais, pour la plupart issue de Disney Italia, et édités chez Soleil, mais aussi les humanos, par exemple. Complètement sous le charme du duo d'auteurs de Sky Doll, et du travail de toute la team de Monster Allergy, je me devais donc de lire cet album mis en image par Donald, un autre "pote" de ce groupe de graphistes surdoués. En effet, le trait est assez classe. Pas du niveau de celui de Barbucci (beaucoup moins dynamique et fin, par exemple, malgré l'action quasi-constante de ce premier tome), mais offrant parfois des planches vraiment bien senties, très propres. La mise en couleur, elle aussi, est de qualité. On sent vraiment l'influence qu'a eu Canepa sur la coloriste, qui la remercie d'ailleurs d'entrée de jeu. Il faut rendre à césar ce qui appartient à César ;) Mais alors, pourquoi ma note moyenne ? Tout simplement parceque, et cela même si le récit possède un sacré potentiel, une impression de bordel m'assaille à la lecture de cet album. Ca saute dans tous les sens, ça hurle, c'est vraiment fun durant quelques pages, mais devient fatigant sur la longueur, hélas. Rien de bien grave, bien sûr. Le monde est mis en place, les personnages nous sont présentés et sont assez sympathiques... juste ce sentiment de bazarre qui revient régulièrement... dommage. Allez ! Je lirai le tome 2, qui je n'en doute pas sera meilleur sur tous les plans. Manque peut être un tout petit peu de maturité, tout simplement...
Pyongyang
Un très bon album, en effet. Après Shenzhen, l'auteur part diriger une équipe d'animateurs de Corée du Nord, et nous fait découvrir par l'intermédiaire de ce carnet de voyage l'univers très particulier de ce pays privé de bien des droits... La narration est géniale. Delisle, comme d'autres auteurs du même éditeur, a cette force lui permettant de rendre tout sujet complètement fascinant, en dépit de son aspect banal et commun. On découvre petit à petit ce monde que l'on imagine à peine, cette pauvreté latente, et ce lavage de cerveau à l'échelle nationale que subissent les Nord-Coréens. Mais ce voyage, qui semble avoir parfois profondément bouleverser l'auteur, ces deux mois qui lui ont paru interminables, Guy Delisle nous le présente avec un humour tel que la lecture en devient géniale, fluide, agréable. Pourtant, PyongYang est un sacré pavé. Oui, mais un pavé qui se lit aussi simplement que Blankets pour moi, à l'époque. Le dessin, dans son genre, est particulièrement maîtrisé, et ajoute beaucoup au côté parfois comique des situations. Tristesse, peine, joie, rire, vous connaîtrez bien des émotions à la lecture de ce petit bijou. Indispensable, tout simplement.
30 jours de nuit
j'ai lu Criminal Macabre (des mêmes auteurs, chez Carabas) avant de m'atteler à la lecture de ce One Shot, que certains de mes proches trouvaient inférieur. Pour ma part, je le trouve meilleur pour plusieurs raisons. Tout d'abord, pour le scénario lui-même. Moins complexe que CM, il n'en est pas moins beaucoup plus attractif et attirant, très "Survival horror", et diablement bien rythmé. Comme le dit Coeurdepat, 0 temps mort ici. Tout s'enchaîne très bien, et la lecture de cet album est particulièrement rapide, même pour un escargot de la lecture comme moi. Puis, pour les personnages. Leur personnalité, qui peut sembler moins poussée que dans CM, me semble aussi beaucoup plus adaptée à la situation. Les victimes sont dépassées, ne comprennent rien, on sent bien l'état de survie psychique dans lequel la plupart d'entre elles se trouvent. Les vampires, quant à eux, d'aspect particulièrement brutal, sont relativement effrayant, entre autre grâce au traitement graphique de ben Templesmith. Ce dessin, parlons-en. Lors de ma lecture de CM, je n'avais pas vraiment apprécié le traitement. Un peu tape à l'oeil, assez vide, bien foutu, certes, mais qui ne me plaisait pas. Ici, tout va mieux : le choix des teintes est vraiment pertinent, on distingue l'action, les personnages... vraiment, je préfère (sans pour autant adorer). Enfin, la fin de cet album est très bien vue. Noire, certes, mais... hum, je n'en dit pas plus, lisez le donc En bref, un album très correct, parfait pour passer un bon moment de lecture.
Pest
Wow... grosse claque. Dernièrement, j'appréciais beaucoup moins les diverses réalisations de Corbeyran qui à mes yeux s'éparpillaient un peu dans des univers où il était moins à l'aise, moins original (Weena, Archipel). Mais cet album sonne comme un retour aux sources, et rappelle ses collaborations passées, avec Alfred bien sûr, mais surtout avec Bouillez sur Le phalanstère du bout du monde. Et ce tome introductif est une sacrée réussite. Un vent de folie, qui nous rappelle l'univers déjanté de la Nef des fous, souffle sur un monde très steam-punk, ambiance dans laquelle Corbeyran travaille en terrain connu... Le régulateur, du même auteur, exploite déjà bien le filon (trouverez vous le régulateur qui se promène dans cet album ?) Bouillez, quant à lui, nous offre un travail très précis, très propre, et mis en couleur avec brio. C’est pastel, c'est beau, séduisant, attirant. Allié aux dialogues savoureux des différents personnages, l'ensemble est de grande qualité, vraiment. La première collaboration de ces deux auteurs m'avait vraiment enthousiasmé, mais ce nouvel album joue dans une toute autre catégorie : celle des séries cultes en devenir, si la suite tient la route, évidemment.