"Les Druides", un thriller médiéval…
L’histoire est co-scénarisée par Istin et Jigourel. Des meurtres atroces sont commis à l'intérieur de plusieurs monastères et tout porte à croire que ce sont les druides en voie de disparition qui en seraient les responsables… voilà l’intrigue est lancée. L’ambiance, les personnages, et aussi le contexte à moindre mesure, me font énormément penser à "Au nom de la Rose", ce qui est normal car les auteurs ne se cachent pas s’en être inspiré (Lamontagne sur le forum Soleil : « [...] ce roman et ce film nous a servi d'inspiration au niveau des ambiances et du rythme.»).
On sent d’ailleurs que ceux-ci se sont énormément documentés pour cette série. Le contexte historique bien que romancé est vraiment très intéressant : La montée du catholicisme au détriment des anciennes croyances. Les druides sont obligés d’aller à l’encontre de leurs coutumes en couchant sur le papier leur histoire et leur savoir pour laisser une trace de leur passage avant l’extinction. Tout ça se passe en arrière plan de l’enquête, chapeau, c’est vraiment bien foutu. Je trouve le tome 1, un peu lent pour mettre l’enquête en marche, mais le tome 2 hausse le rythme. Le scénario s’étoffe et l’intrigue avance à petits pas. Le voile commence à ce lever, quelques pistes commencent à se dégager.
Les dessins de Lamontagne sont très jolis. Ses moines ont ce que j’appelle une vraie gueule, ses paysages sont magnifiques, et la princesse Dahud est à tomber :|. Sa colorisation (informatisée) est, elle aussi, de bonne facture bien que je la trouve trop éclatante sur certains visages, ce qui les rend quelques fois un peu trop lisses et statiques à mon goût. Je trouve les couvertures magnifiques.
Difficile en effet de noter une telle série. Nicolas Poupon sort de son cadre "habituel", l'humour de situation, pour se plonger dans des récits plus intimistes, avec peut-être une part d'autobiographie. C'est une histoire attachante, avec des personnages attachants (le cochon d'inde qui devient une sorte de conscience pour Maxime...). On pourrait craindre une déviation vers le surnaturel, avec ses facilités, ses clichés... Mais ça reste digne, cohérent, sobre.
Sympathique série, en tout cas.
La série des Technopères est un peu à ma collection de BD ce que l'album d'"Alliance Ethnique" (simple et funky, simple et funky...) est à ma collec' de CD : la série qu'on a adoré dans notre jeunesse et qu'on a un peu honte de ressortir aujourd'hui (car le pire, c'est que l'on continue à l'aimer)...
Je sais que cette saga de Jodorowsky n'a pas fait que des fans (loin de là), et pourtant j'aime bien cette série... Je dirais même mieux : je préfère le scénario des Technopères à celui de La Caste des Méta-barons (du même auteur) qui a pourtant rencontré un franc succès public.
Nous voici donc en train de suivre la vie du jeune Albino, rejeté par sa mère qui le considère comme une erreur de la nature... Celui-ci rêve de devenir créateur de jeux virtuels, rêve qu'il va pouvoir commencer à entrevoir avec son entrée dans une école formatrice : la pré-école techno... Mais la création de monde virtuel semble n'avoir rien d'idyllique... Je n'en dis pas plus mais cette vision d'un monde déshumanisé (abruti par les jeux virtuels) et qui attend l'arrivée d'un messie pour le remettre dans le droit chemin m'a assez séduit.
Du côté des dessins, je dois avouer qu'à l'époque de mon achat (j'étais encore jeune et insouciant), j'ai adoré... Depuis, mon idée de "dessins sublimes" a quelque peu évoluée. Mais je ne peux m'empêcher d'aimer cet album (foutu syndrome "Alliance Ethnique").
Dans un premier temps, j'ai eu un peu peur d'acheter Quintett, car je me méfie des séries lancées à grand coup de pub (dans les magasines spécialisées, grands présentoirs sur les lieux de vente, etc.). D'ailleurs, ce n'est pas moi qui ait acheté ce tome 1, mais ma chérie... Et elle a eu drôlement raison.
Le premier tome nous raconte comment, par amour pour un aviateur, Dora Mars, jeune chanteuse de cabaret, va partir dans un camp militaire en Macédoine. Cette histoire d'amour est très plaisante à suivre, on ne s'ennuie pas, et les dessins de Bonin sont superbes. Je ne connaissais pas encore ce dessinateur et j'ai été immédiatement séduit par son univers graphique.
Quintett commence donc de bien belle manière et j'attends avec impatience de lire la suite pour savoir comment Giroud va s'en sortir pour relier avec intérêt les 4 destins raconté dans les 4 premiers tomes. Si c'est réussi, cette série pourrait approcher l'excellence. Je mettrais alors à jour mon avis. ;)
Là-bas, écrit par Sibran et Tronchet, avait été, pour moi, un album évènement, une révélation, un coup de coeur. Je ne pouvais donc pas passer à coté de leur nouvelle collaboration même si je me doutais que renouveler cette expérience avec autant de réussite aurait été un peu difficile.
Si c'est vrai que le scénario de Ma Vie en L'air peut sembler parfois un peu décousu, l'atmosphère poétique est très riche. Cette histoire d'enfant-oiseau nous emmène dans un univers intimiste, parfois glauque mais où la sensibilité et l'intelligence sont présentes à chaque instant.
Le récit est bien raconté et la petite Ariane devient vite attachante.
Pour le graphisme, Tronchet est fidèle à lui-même, si ce n'est que j'ai trouvé son dessin parfois un peu dur par rapport aux scènes décrites dans le récit.
En résumé, Ma Vie en L'air est un album à découvrir ou du moins, à essayer !
Légère cette boite noire. L'idée de base est excellente, mais son traitement version bd est trop light... En fait, j'ai trouvé que tout arrive trop vite, les pistes qui auraient mérité d'être développées sont vite balancées, ce qui donnent le sentiment de visiter un musée en TGV.
Le traitement graphique est tout aussi discutable. Personnellement, je n'aime pas trop. Il y a de bons passages, mais globalement j'ai eu à nouveau l'impression d'un travail vite fait, mal fait.
Bref, cette histoire aurait mérité d'être davantage travaillée et surtout développée sur au moins deux tomes. C'était sans doute le minimum pour aborder un thème aussi dense et profond.
A lire tout de même par curiosité... mais de là à l'acheter...
Quand on regarde en détail le scénar, c'est vrai qu'il ne se passe rien de vraiment extraordinaire. Par contre, le traitement de l'histoire est très maîtrisé. Une fois rentré dans l'intrigue, on y reste scotché et l'ambiance noire à souhait n'en finit pas de distiller son venin de la première à la dernière page. Dans un tel univers, le graphisme de Tardi baigne comme un poisson dans l'eau. Son utilisation du noir et blanc, comme toujours très pointue, sert admirablement le propos. Comme c'était déjà le cas avec les autres adaptations de Tardi, on peut une nouvelle fois se rendre compte à quel point Tardi se met au service des grands auteurs qu'il adapte.
Inutile de préciser à quel point cet album mérite donc le détour. Pour les amateurs de Tardi bien sûr, mais de manière générale, pour tous les amateurs de polar et de thriller à l'ambiance glauque.
Le coup de patte de D'Fali, proche de celui d'un Varanda, est déjà très bon! De plus, les cadrages sont variés avec des personnages sans cesse en mouvement... exercice pas facile qui mérite d'être souligné. Par contre, l'histoire ne tient pas les promesses du dessin. Elle se résume en une course poursuite sur des pistes enneigées sans pour autant connaître les motivations réelles des tueurs : simple plaisir de tuer? Si c'est le cas, c'est un peu facile. L'auteur ne brille pas par sa plume mais son coup de crayon, lui, vaut le détour...
Sympathique que ce chat filiforme imaginé par Fabio. Cette histoire se lit rapidement et convient donc bien à la collection Patte de Mouche. On peut toutefois regretter de ne pas avoir grand chose à se mettre sous la dent si ce n'est le trait de Fabio très expressif. Album indispensable pour compléter sa collection "Patte de Mouche". Dans le cas contraire, mieux vaut s'abstenir!
Le dessin semble apparenté à la mouvance Sfar, mais s'élève bien au-delà et se rapproche plus d'un Ralph Stiedman pour la finesse et la nervosité. L'histoire est très inspirée et maîtrisée, se laisse lire facilement tout en multipliant les rebondissements de haut vol. Et grâce à l'introduction d'un conteur, le mystère de la réalité de cette histoire plane jusqu'à la fin. On peut rire, réfléchir et planer dans cet album, assurément une future valeur sure.
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Les Druides
"Les Druides", un thriller médiéval… L’histoire est co-scénarisée par Istin et Jigourel. Des meurtres atroces sont commis à l'intérieur de plusieurs monastères et tout porte à croire que ce sont les druides en voie de disparition qui en seraient les responsables… voilà l’intrigue est lancée. L’ambiance, les personnages, et aussi le contexte à moindre mesure, me font énormément penser à "Au nom de la Rose", ce qui est normal car les auteurs ne se cachent pas s’en être inspiré (Lamontagne sur le forum Soleil : « [...] ce roman et ce film nous a servi d'inspiration au niveau des ambiances et du rythme.»). On sent d’ailleurs que ceux-ci se sont énormément documentés pour cette série. Le contexte historique bien que romancé est vraiment très intéressant : La montée du catholicisme au détriment des anciennes croyances. Les druides sont obligés d’aller à l’encontre de leurs coutumes en couchant sur le papier leur histoire et leur savoir pour laisser une trace de leur passage avant l’extinction. Tout ça se passe en arrière plan de l’enquête, chapeau, c’est vraiment bien foutu. Je trouve le tome 1, un peu lent pour mettre l’enquête en marche, mais le tome 2 hausse le rythme. Le scénario s’étoffe et l’intrigue avance à petits pas. Le voile commence à ce lever, quelques pistes commencent à se dégager. Les dessins de Lamontagne sont très jolis. Ses moines ont ce que j’appelle une vraie gueule, ses paysages sont magnifiques, et la princesse Dahud est à tomber :|. Sa colorisation (informatisée) est, elle aussi, de bonne facture bien que je la trouve trop éclatante sur certains visages, ce qui les rend quelques fois un peu trop lisses et statiques à mon goût. Je trouve les couvertures magnifiques.
Super sensible
Difficile en effet de noter une telle série. Nicolas Poupon sort de son cadre "habituel", l'humour de situation, pour se plonger dans des récits plus intimistes, avec peut-être une part d'autobiographie. C'est une histoire attachante, avec des personnages attachants (le cochon d'inde qui devient une sorte de conscience pour Maxime...). On pourrait craindre une déviation vers le surnaturel, avec ses facilités, ses clichés... Mais ça reste digne, cohérent, sobre. Sympathique série, en tout cas.
Les Technopères
La série des Technopères est un peu à ma collection de BD ce que l'album d'"Alliance Ethnique" (simple et funky, simple et funky...) est à ma collec' de CD : la série qu'on a adoré dans notre jeunesse et qu'on a un peu honte de ressortir aujourd'hui (car le pire, c'est que l'on continue à l'aimer)... Je sais que cette saga de Jodorowsky n'a pas fait que des fans (loin de là), et pourtant j'aime bien cette série... Je dirais même mieux : je préfère le scénario des Technopères à celui de La Caste des Méta-barons (du même auteur) qui a pourtant rencontré un franc succès public. Nous voici donc en train de suivre la vie du jeune Albino, rejeté par sa mère qui le considère comme une erreur de la nature... Celui-ci rêve de devenir créateur de jeux virtuels, rêve qu'il va pouvoir commencer à entrevoir avec son entrée dans une école formatrice : la pré-école techno... Mais la création de monde virtuel semble n'avoir rien d'idyllique... Je n'en dis pas plus mais cette vision d'un monde déshumanisé (abruti par les jeux virtuels) et qui attend l'arrivée d'un messie pour le remettre dans le droit chemin m'a assez séduit. Du côté des dessins, je dois avouer qu'à l'époque de mon achat (j'étais encore jeune et insouciant), j'ai adoré... Depuis, mon idée de "dessins sublimes" a quelque peu évoluée. Mais je ne peux m'empêcher d'aimer cet album (foutu syndrome "Alliance Ethnique").
Quintett
Dans un premier temps, j'ai eu un peu peur d'acheter Quintett, car je me méfie des séries lancées à grand coup de pub (dans les magasines spécialisées, grands présentoirs sur les lieux de vente, etc.). D'ailleurs, ce n'est pas moi qui ait acheté ce tome 1, mais ma chérie... Et elle a eu drôlement raison. Le premier tome nous raconte comment, par amour pour un aviateur, Dora Mars, jeune chanteuse de cabaret, va partir dans un camp militaire en Macédoine. Cette histoire d'amour est très plaisante à suivre, on ne s'ennuie pas, et les dessins de Bonin sont superbes. Je ne connaissais pas encore ce dessinateur et j'ai été immédiatement séduit par son univers graphique. Quintett commence donc de bien belle manière et j'attends avec impatience de lire la suite pour savoir comment Giroud va s'en sortir pour relier avec intérêt les 4 destins raconté dans les 4 premiers tomes. Si c'est réussi, cette série pourrait approcher l'excellence. Je mettrais alors à jour mon avis. ;)
Ma Vie en l'air
Là-bas, écrit par Sibran et Tronchet, avait été, pour moi, un album évènement, une révélation, un coup de coeur. Je ne pouvais donc pas passer à coté de leur nouvelle collaboration même si je me doutais que renouveler cette expérience avec autant de réussite aurait été un peu difficile. Si c'est vrai que le scénario de Ma Vie en L'air peut sembler parfois un peu décousu, l'atmosphère poétique est très riche. Cette histoire d'enfant-oiseau nous emmène dans un univers intimiste, parfois glauque mais où la sensibilité et l'intelligence sont présentes à chaque instant. Le récit est bien raconté et la petite Ariane devient vite attachante. Pour le graphisme, Tronchet est fidèle à lui-même, si ce n'est que j'ai trouvé son dessin parfois un peu dur par rapport aux scènes décrites dans le récit. En résumé, Ma Vie en L'air est un album à découvrir ou du moins, à essayer !
La Boîte noire
Légère cette boite noire. L'idée de base est excellente, mais son traitement version bd est trop light... En fait, j'ai trouvé que tout arrive trop vite, les pistes qui auraient mérité d'être développées sont vite balancées, ce qui donnent le sentiment de visiter un musée en TGV. Le traitement graphique est tout aussi discutable. Personnellement, je n'aime pas trop. Il y a de bons passages, mais globalement j'ai eu à nouveau l'impression d'un travail vite fait, mal fait. Bref, cette histoire aurait mérité d'être davantage travaillée et surtout développée sur au moins deux tomes. C'était sans doute le minimum pour aborder un thème aussi dense et profond. A lire tout de même par curiosité... mais de là à l'acheter...
Le Petit Bleu de la Côte Ouest
Quand on regarde en détail le scénar, c'est vrai qu'il ne se passe rien de vraiment extraordinaire. Par contre, le traitement de l'histoire est très maîtrisé. Une fois rentré dans l'intrigue, on y reste scotché et l'ambiance noire à souhait n'en finit pas de distiller son venin de la première à la dernière page. Dans un tel univers, le graphisme de Tardi baigne comme un poisson dans l'eau. Son utilisation du noir et blanc, comme toujours très pointue, sert admirablement le propos. Comme c'était déjà le cas avec les autres adaptations de Tardi, on peut une nouvelle fois se rendre compte à quel point Tardi se met au service des grands auteurs qu'il adapte. Inutile de préciser à quel point cet album mérite donc le détour. Pour les amateurs de Tardi bien sûr, mais de manière générale, pour tous les amateurs de polar et de thriller à l'ambiance glauque.
La Proie
Le coup de patte de D'Fali, proche de celui d'un Varanda, est déjà très bon! De plus, les cadrages sont variés avec des personnages sans cesse en mouvement... exercice pas facile qui mérite d'être souligné. Par contre, l'histoire ne tient pas les promesses du dessin. Elle se résume en une course poursuite sur des pistes enneigées sans pour autant connaître les motivations réelles des tueurs : simple plaisir de tuer? Si c'est le cas, c'est un peu facile. L'auteur ne brille pas par sa plume mais son coup de crayon, lui, vaut le détour...
Au coeur du monde
Sympathique que ce chat filiforme imaginé par Fabio. Cette histoire se lit rapidement et convient donc bien à la collection Patte de Mouche. On peut toutefois regretter de ne pas avoir grand chose à se mettre sous la dent si ce n'est le trait de Fabio très expressif. Album indispensable pour compléter sa collection "Patte de Mouche". Dans le cas contraire, mieux vaut s'abstenir!
Le Tsar Fou
Le dessin semble apparenté à la mouvance Sfar, mais s'élève bien au-delà et se rapproche plus d'un Ralph Stiedman pour la finesse et la nervosité. L'histoire est très inspirée et maîtrisée, se laisse lire facilement tout en multipliant les rebondissements de haut vol. Et grâce à l'introduction d'un conteur, le mystère de la réalité de cette histoire plane jusqu'à la fin. On peut rire, réfléchir et planer dans cet album, assurément une future valeur sure.