Soda, une très bonne BD en passe de devenir un grand classique.
On nous propose un plan classique mais toujours très efficace quand il s'agit de suivre les tribulations d'un personnage.
D'un côté la ligne générale: c'est l'histoire d'un flic de Manhattan qui se fait passer pour un pasteur afin d'épargner le coeur fragile d'une mère qui ne sort jamais de son appartement.
A partir de cette situation de base somme toute assez originale se déroulent toutes sortes de péripéties.
Le scénariste a en effet adopté le format "un tome-une histoire". A la manière des tragédies classiques, il met en place le tryptique "unité de lieu, de temps et d'action": c'est à dire que des évènements s'enchaînent autour d'une histoire particulière, toujours au même endroit, New-York, et toujours en une journée.
Comme les tragédiens grecs avant lui, l'auteur canalise toutes les tensions dans un espace de temps et de lieu restreint, de façon à donner plus de force et d'intensité à l'(unique) intigue ainsi traitée.
De même, le souci d'une ligne directrice claire donne la priorité à la cohérence au mépris de l'encombrement, et celà pour ne pas faire perdre de vue au lecteur la menée générale de l'enquête.
Il n'empêche que les histoires sont pour la plupart d'une remarquable qualité: on arrive toujours à surprendre le lecteur.
Une autre force de cette série est que les auteurs arrivent à créer un univers propre: les personnages prennent au fil des épisodes des personnalités de plus en plus affirmées, et notons qu'on évite la caricature, même si les clichés ne sont pas évités pour autant.
En outre, les créateurs de "Soda" nous décrivent avec acuité le monde (souvent souterrain) de la grosse pomme, et parfois nous montrent de façon extraordinaire son évolution, de même que les différentes entités et populations qui la composent.
Cet aspect-là contribue à l'intérêt de cette BD, qui n'est donc pas une simple succession d'enquêtes policières sur fond d'intrigue générale.
Le dessin est très accessible, ni trop sombre, ni trop "cartoon", ni trop réaliste, c'est pour cela que l'on peut venir très tôt à cette série.
Bref, de par sa structure qui rend les histoires si excitantes comme pour des éléments plus générals sur la ville de New-York, renforcée par une réflexion sur la nature humaine, tout cela contribue à rendre cette série -qui n'est pas que policière- très accessible et très captivante.
L’oeil du diable est d’abord une bonne vieille histoire de pirates. Bien écrite et ma foi joliment dessinée, cette aventure se dévore de bout en bout.
Le dessin est une réussite, même si j’ai trouvé certaines cases ou cadrages un peu « surjoués » et les couleurs un peu trop froides... C’est dû à l’informatique, je pense. En couleurs directes, cela aurait pu vraiment donner quelque chose d’exceptionnel.
A lire, surtout si vous aimez le genre. Ca change de Barbe-Rouge...
Très bon Tezuka encore une fois pour cette histoire en 2 volumes, mais souvent "Tezuka" et "très bon" vont de pair. Barbara la souillon alcoolique et squatteuse est la muse de l'écrivain mais celui-ci l'ignore et quand il l'apprend n'y croit pas une seconde. On suit une espèce de jeu du "je t'aime / je t'aime plus". Bizarrement même si ça peut sembler pas très palpitant sur le papier, on est bien pris par le rythme de cette histoire un peu déjantée.
Bonne édition dans la lignée de Ayako avec le même style de couverture, sens de lecture japonais.
Côté dessin rien de nouveau, on aime ou pas.
La momie, celle qui fait peur comme dans le film, indestructible etc. C'est la même ici qui revient d'entre les morts, et en cela l'histoire n'est pas très palpitante. L'enquêteur enquête à la manière d'un Dylan Dog londonien sur d'étranges meurtres dont on retrouve les cadavres exsangues, et finit par remonter le fil.
L'histoire n'est pas palpitante, je n'ai pas trop accroché au dessin mais il reste très correcte. La mise en page est parfois assez éclatée et l'ordre des cases bizarroïde si bien qu'on perd parfois l'ordre de lecture.
Je ne savais pas qu'il y avait un 2ème tome, en tout cas ça se lit comme un one-shot.
Pour amateurs de Battaglia je pense.
Pas mal pour l'histoire. En fait on prend ça au départ comme une suite de nouvelles complètement indépendantes les unes des autres et le lien entre elles se révèle à la fin. Le tout est un peu rocambolesque, et bizarrement tourné sur le sexe, le racisme et les divers thèmes habituels de Baru.
A posteriori, on revient sur les petites histoires et on comprend, sauf pour la première dans laquelle je n'ai pas vraiment compris la place.
Détail amusant, les protagonistes se retrouvent en Bretagne, et on se sent tout bizarre devant le réalisme des dessins de Baru. La gare de Vannes par exemple est vraiment comme ça, la même couleur et tout.
Très bon album de Baru paru initialement aux éditions Albin Michel et je découvre en postant la série que c'est maintenant chez Casterman. Cela raconte l'histoire semble-t-il vraie mais ça on l'apprend à la fin d'un boxeur venu d'Algérie dans le contexte qu'on connaît dans les années 60. Il est tiraillé entre les 2 camps, récupéré, manipulé et veut garder son indépendance, ne pas répondre aux menaces du FLN.
Aidé au scénario par Jean-Marc Thévenet, Baru raconte ici une histoire qui sonne juste, prenante et sans temps mort. Le sujet en lui-même est intéressant car il couvre un pan d'histoire très récent mais encore obscur. On a parlé récemment avec le téléfilm Nuit Noire de la répression de la manifestation des Algériens dans les rues de Paris. On retrouve cet événement, ici parmi d'autres annotés avec des renvois en bas de page, bien que cet album date de 1990.
Sur un scénario qui pourra sembler similaire à un plus récent ouvrage de Baru, L'Enragé, ce petit album est une vraie réussite à mon sens aidé par l'habituel dessin réaliste.
Après avoir lu Le Journal de mon père que j'avais beaucoup apprécié je suis tombé sur ce recueil de nouvelles. Une fois de plus, Jirô Taniguchi m'a subjugué par la sensibilité qui transparaît dans ses oeuvres.
L'agonie du chien est tellement émouvante que j'en ai eu les larmes aux yeux, ce qui d'habitude ne m'arrive jamais en lisant. On se met à la place des propriétaires du chien et à celle du chien lui-même. Fabuleux!
Taniguchi prouve une fois de plus qu'il est un grand mangaka.
Je ne trouve pas que la série Ivor aie si mal vieilli que ça.
Le dessin est classique mais maîtrisé et joli. Les histoires sont réalistes et bien faites. Et surtout le personnage même d'Ivor est bien sympa car il est fort et courageux bien sûr, juste ce qu'il faut pour un personnage du journal Tintin des années 70-80 mais il est aussi assez ingénieux et surtout l'auteur n'a pas peur de lui faire jouer les anti-héros par moment. Je pense en particulier à cette petite histoire où Ivor affrontait dans un tournoi de campagne une jeune femme acrobate qui par une manoeuvre agile le faisait chuter lourdement à terre : Ivor apprenait ensuite à un enfant déçu qu'il avait été payé pour simuler sa chute et qu'il n'était pas le héros sans reproche et sans faille qu'on pouvait imaginer.
Une touche de modernité dans un personnage évoluant dans des histoires classiques mais bien sympathiques.
Grosse, grosse déception que cette BD.
Pourtant au regard du (relatif) battage médiatique qui l'avait entourée, je m'attendais franchement à quelque chose d'une autre qualité.
Mais non.
Le dessin est médiocre, mais là je ne suis pas surpris. Après tout, ce n'est pas vraiment ce que l'on vient chercher dans ce genre de bouquin qui flirte entre carnet de voyage et humour. Donc passons.
En revanche, et là c'est autre chose, je trouve le propos complètement creux et inintéressant. L'auteur nous livre une vision autant partielle que partiale des USA au travers du court séjour qu'il y a fait. Le comble c'est que son témoignage ne passe même pas par un contact direct avec des New Yorkais mais le plus souvent par de Français expatriés.
Au delà de ça, les anecdotes sont pauvres, il n'y a pas de fil directeur et c'est souvent ennuyeux.
Une contreperfomance dans un genre qui peut pourtant être très sympa.
Attention racollage manifeste !
Attention BD commerciale manifeste !
Attention roman-photo assez médiocre !
J'ai un peu de peine à enregistrer cette BD ici tant son contenu, sa couverture, sa format, tout est sans aucun détour synonyme de racollage actif et de marketing aigu.
En plus, elle ne contient pas de vrais dessins mais juste des photos largement retouchées à l'informatique. Jim nous avait déjà fait le coup avec On éteint la lumière, on se dit tout où les dessins n'étaient rien d'autre que des cases intégralement noires. Ici ce sont des photos de jolies filles bronzées en bikinis avec moultes zooms sur les fesses dès que l'occasion se présente.
Alors voilà exactement le but avoué de cette BD : permettre aux mecs de mater des jolies filles en bikini ! Ben oui, ça aurait été des dessins à la place, ça aurait largement moins vendeur, eh, coco ! Et faut avouer que c'est assez joli à regarder (sauf quand le gag porte exprès sur une grosse moche poilue qui a dû être particulièrement heureuse de voir ses photos utilisées pour un gag la mettant si bien... en valeur...). Le traitement photonumérique est assez joli et les couleurs bien chaudes et agréables à regarder (un peu comme les filles de la Bd, tiens...).
Maintenant, pour le reste, ce sont les gags ultra-typiques de Jim, ceux qu'on retrouvait déjà dans pas mal de ses autres BDs. Un petit mix de tout ce qu'il a déjà fait, le plus mauvais comme le moyennement drôle, le tout remis au goût de l'été chaud qui s'annonce et qui va permettre de mettre cette BD bien en vue dans les bacs des librairies et autres centres commerciaux. C'est vraiment rarement drôle, je le dis tout net, je doute avoir ri une seule fois.
C'est le genre de BD que je feuillette sans jamais réussir à la lire pour de vrai. Mais c'est sans doute l'objectif de cette BD puisque les filles y sont si jolies à regarder.
Joli même si ce n'est pas du vrai dessin, juste assez original pour ne pas mériter une note minable, mais pas drôle. Et puis il y a plein de pages mais ça coûte vraiment cher pour ce que c'est : sans doute pour payer les mannequins...
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Soda
Soda, une très bonne BD en passe de devenir un grand classique. On nous propose un plan classique mais toujours très efficace quand il s'agit de suivre les tribulations d'un personnage. D'un côté la ligne générale: c'est l'histoire d'un flic de Manhattan qui se fait passer pour un pasteur afin d'épargner le coeur fragile d'une mère qui ne sort jamais de son appartement. A partir de cette situation de base somme toute assez originale se déroulent toutes sortes de péripéties. Le scénariste a en effet adopté le format "un tome-une histoire". A la manière des tragédies classiques, il met en place le tryptique "unité de lieu, de temps et d'action": c'est à dire que des évènements s'enchaînent autour d'une histoire particulière, toujours au même endroit, New-York, et toujours en une journée. Comme les tragédiens grecs avant lui, l'auteur canalise toutes les tensions dans un espace de temps et de lieu restreint, de façon à donner plus de force et d'intensité à l'(unique) intigue ainsi traitée. De même, le souci d'une ligne directrice claire donne la priorité à la cohérence au mépris de l'encombrement, et celà pour ne pas faire perdre de vue au lecteur la menée générale de l'enquête. Il n'empêche que les histoires sont pour la plupart d'une remarquable qualité: on arrive toujours à surprendre le lecteur. Une autre force de cette série est que les auteurs arrivent à créer un univers propre: les personnages prennent au fil des épisodes des personnalités de plus en plus affirmées, et notons qu'on évite la caricature, même si les clichés ne sont pas évités pour autant. En outre, les créateurs de "Soda" nous décrivent avec acuité le monde (souvent souterrain) de la grosse pomme, et parfois nous montrent de façon extraordinaire son évolution, de même que les différentes entités et populations qui la composent. Cet aspect-là contribue à l'intérêt de cette BD, qui n'est donc pas une simple succession d'enquêtes policières sur fond d'intrigue générale. Le dessin est très accessible, ni trop sombre, ni trop "cartoon", ni trop réaliste, c'est pour cela que l'on peut venir très tôt à cette série. Bref, de par sa structure qui rend les histoires si excitantes comme pour des éléments plus générals sur la ville de New-York, renforcée par une réflexion sur la nature humaine, tout cela contribue à rendre cette série -qui n'est pas que policière- très accessible et très captivante.
L'Oeil du diable
L’oeil du diable est d’abord une bonne vieille histoire de pirates. Bien écrite et ma foi joliment dessinée, cette aventure se dévore de bout en bout. Le dessin est une réussite, même si j’ai trouvé certaines cases ou cadrages un peu « surjoués » et les couleurs un peu trop froides... C’est dû à l’informatique, je pense. En couleurs directes, cela aurait pu vraiment donner quelque chose d’exceptionnel. A lire, surtout si vous aimez le genre. Ca change de Barbe-Rouge...
Barbara
Très bon Tezuka encore une fois pour cette histoire en 2 volumes, mais souvent "Tezuka" et "très bon" vont de pair. Barbara la souillon alcoolique et squatteuse est la muse de l'écrivain mais celui-ci l'ignore et quand il l'apprend n'y croit pas une seconde. On suit une espèce de jeu du "je t'aime / je t'aime plus". Bizarrement même si ça peut sembler pas très palpitant sur le papier, on est bien pris par le rythme de cette histoire un peu déjantée. Bonne édition dans la lignée de Ayako avec le même style de couverture, sens de lecture japonais. Côté dessin rien de nouveau, on aime ou pas.
Les Enquêtes de l'inspecteur Coke
La momie, celle qui fait peur comme dans le film, indestructible etc. C'est la même ici qui revient d'entre les morts, et en cela l'histoire n'est pas très palpitante. L'enquêteur enquête à la manière d'un Dylan Dog londonien sur d'étranges meurtres dont on retrouve les cadavres exsangues, et finit par remonter le fil. L'histoire n'est pas palpitante, je n'ai pas trop accroché au dessin mais il reste très correcte. La mise en page est parfois assez éclatée et l'ordre des cases bizarroïde si bien qu'on perd parfois l'ordre de lecture. Je ne savais pas qu'il y avait un 2ème tome, en tout cas ça se lit comme un one-shot. Pour amateurs de Battaglia je pense.
Sur la route encore
Pas mal pour l'histoire. En fait on prend ça au départ comme une suite de nouvelles complètement indépendantes les unes des autres et le lien entre elles se révèle à la fin. Le tout est un peu rocambolesque, et bizarrement tourné sur le sexe, le racisme et les divers thèmes habituels de Baru. A posteriori, on revient sur les petites histoires et on comprend, sauf pour la première dans laquelle je n'ai pas vraiment compris la place. Détail amusant, les protagonistes se retrouvent en Bretagne, et on se sent tout bizarre devant le réalisme des dessins de Baru. La gare de Vannes par exemple est vraiment comme ça, la même couleur et tout.
Le Chemin de l'Amérique
Très bon album de Baru paru initialement aux éditions Albin Michel et je découvre en postant la série que c'est maintenant chez Casterman. Cela raconte l'histoire semble-t-il vraie mais ça on l'apprend à la fin d'un boxeur venu d'Algérie dans le contexte qu'on connaît dans les années 60. Il est tiraillé entre les 2 camps, récupéré, manipulé et veut garder son indépendance, ne pas répondre aux menaces du FLN. Aidé au scénario par Jean-Marc Thévenet, Baru raconte ici une histoire qui sonne juste, prenante et sans temps mort. Le sujet en lui-même est intéressant car il couvre un pan d'histoire très récent mais encore obscur. On a parlé récemment avec le téléfilm Nuit Noire de la répression de la manifestation des Algériens dans les rues de Paris. On retrouve cet événement, ici parmi d'autres annotés avec des renvois en bas de page, bien que cet album date de 1990. Sur un scénario qui pourra sembler similaire à un plus récent ouvrage de Baru, L'Enragé, ce petit album est une vraie réussite à mon sens aidé par l'habituel dessin réaliste.
Terre de rêves
Après avoir lu Le Journal de mon père que j'avais beaucoup apprécié je suis tombé sur ce recueil de nouvelles. Une fois de plus, Jirô Taniguchi m'a subjugué par la sensibilité qui transparaît dans ses oeuvres. L'agonie du chien est tellement émouvante que j'en ai eu les larmes aux yeux, ce qui d'habitude ne m'arrive jamais en lisant. On se met à la place des propriétaires du chien et à celle du chien lui-même. Fabuleux! Taniguchi prouve une fois de plus qu'il est un grand mangaka.
Ivor
Je ne trouve pas que la série Ivor aie si mal vieilli que ça. Le dessin est classique mais maîtrisé et joli. Les histoires sont réalistes et bien faites. Et surtout le personnage même d'Ivor est bien sympa car il est fort et courageux bien sûr, juste ce qu'il faut pour un personnage du journal Tintin des années 70-80 mais il est aussi assez ingénieux et surtout l'auteur n'a pas peur de lui faire jouer les anti-héros par moment. Je pense en particulier à cette petite histoire où Ivor affrontait dans un tournoi de campagne une jeune femme acrobate qui par une manoeuvre agile le faisait chuter lourdement à terre : Ivor apprenait ensuite à un enfant déçu qu'il avait été payé pour simuler sa chute et qu'il n'était pas le héros sans reproche et sans faille qu'on pouvait imaginer. Une touche de modernité dans un personnage évoluant dans des histoires classiques mais bien sympathiques.
No Sex in New York
Grosse, grosse déception que cette BD. Pourtant au regard du (relatif) battage médiatique qui l'avait entourée, je m'attendais franchement à quelque chose d'une autre qualité. Mais non. Le dessin est médiocre, mais là je ne suis pas surpris. Après tout, ce n'est pas vraiment ce que l'on vient chercher dans ce genre de bouquin qui flirte entre carnet de voyage et humour. Donc passons. En revanche, et là c'est autre chose, je trouve le propos complètement creux et inintéressant. L'auteur nous livre une vision autant partielle que partiale des USA au travers du court séjour qu'il y a fait. Le comble c'est que son témoignage ne passe même pas par un contact direct avec des New Yorkais mais le plus souvent par de Français expatriés. Au delà de ça, les anecdotes sont pauvres, il n'y a pas de fil directeur et c'est souvent ennuyeux. Une contreperfomance dans un genre qui peut pourtant être très sympa.
Ibiza Club
Attention racollage manifeste ! Attention BD commerciale manifeste ! Attention roman-photo assez médiocre ! J'ai un peu de peine à enregistrer cette BD ici tant son contenu, sa couverture, sa format, tout est sans aucun détour synonyme de racollage actif et de marketing aigu. En plus, elle ne contient pas de vrais dessins mais juste des photos largement retouchées à l'informatique. Jim nous avait déjà fait le coup avec On éteint la lumière, on se dit tout où les dessins n'étaient rien d'autre que des cases intégralement noires. Ici ce sont des photos de jolies filles bronzées en bikinis avec moultes zooms sur les fesses dès que l'occasion se présente. Alors voilà exactement le but avoué de cette BD : permettre aux mecs de mater des jolies filles en bikini ! Ben oui, ça aurait été des dessins à la place, ça aurait largement moins vendeur, eh, coco ! Et faut avouer que c'est assez joli à regarder (sauf quand le gag porte exprès sur une grosse moche poilue qui a dû être particulièrement heureuse de voir ses photos utilisées pour un gag la mettant si bien... en valeur...). Le traitement photonumérique est assez joli et les couleurs bien chaudes et agréables à regarder (un peu comme les filles de la Bd, tiens...). Maintenant, pour le reste, ce sont les gags ultra-typiques de Jim, ceux qu'on retrouvait déjà dans pas mal de ses autres BDs. Un petit mix de tout ce qu'il a déjà fait, le plus mauvais comme le moyennement drôle, le tout remis au goût de l'été chaud qui s'annonce et qui va permettre de mettre cette BD bien en vue dans les bacs des librairies et autres centres commerciaux. C'est vraiment rarement drôle, je le dis tout net, je doute avoir ri une seule fois. C'est le genre de BD que je feuillette sans jamais réussir à la lire pour de vrai. Mais c'est sans doute l'objectif de cette BD puisque les filles y sont si jolies à regarder. Joli même si ce n'est pas du vrai dessin, juste assez original pour ne pas mériter une note minable, mais pas drôle. Et puis il y a plein de pages mais ça coûte vraiment cher pour ce que c'est : sans doute pour payer les mannequins...