Une très bonne bd qui sait traiter de l'homosexualité sans révolte, message ou activisme, en la montrant telle qu'elle est : une simple question d'attirance, de sentiments et de rapports humains.
Les dessins sont très agréables, simples et épurés à l'extrême mais expressifs et délicats. Contrairement à d'autres posteurs, je n'ai pas été dérangée par les scènes de sexe qui m'ont justement parues peu nombreuses et bien distillées... Comme dans n'importe quelle histoire d'amour d'adultes quoi...
Par contre, le choix d'une histoire de parents homosexuels accouchant d'une fille elle-même homo alors qu'elle ne sait rien de la sexualité de ses parents m'a paru un peu absurde à la première lecture, même si je n'y ai vu aucune ségrégation. C'est en lisant d'autres œuvres d'Ebine Yamaji que j'ai compris que, dans chaque album, elle montre une facette de l'homosexualité, et une histoire probable, chacune étant très différente des autres. A cette lumière, j'ai mieux compris ce choix.
Ce manga réussit en tout cas l'exploit de nous faire oublier, à la lecture, qu'il s'agit d'une histoire homosexuelle, tant les héroïnes sont crédibles et proches de nous. Ca fait plaisir de voir enfin une telle histoire s'éloigner du militantisme gay ou des fantasmes hétéros.
Ce manga traite avec finesse et sensibilité d'une problématique peu traitée en bande dessinée à savoir l'homosexualité féminine (ce type de manga s’appelle les « Yuri »). C'est un très beau regard sur la sexualité et les manières différentes d’aimer. Ce manga nous offre ainsi un aperçu de cette altérité et témoigne de la complexité des émotions, des sentiments, des comportements de ce type de couple. Il montre que finalement tout cela est une histoire d'amour avec ces moments de joie et de difficulté. Quant à l'écriture, elle est légère me faisant penser à certain moment à un journal intime. Le seul point qui m’a un peu irrité est cette image un peu ségrégationniste entre hétéros et homos. En effet, on a l'impression que les hétéros ne sont pas conviés et que les homos vivent de père en fille dans un univers parallèle. Bien que pouvant retranscrire une réalité, je n’aime pas cette vision et préfère souligner que c’est par le mélange et le métissage que sort le plus de richesses. Enfin au niveau dessin, le trait épuré est très agréable. C'est très stylisé et j'avoue bien aimer...
Achille Talon, c'est vraiment magnifique! Franchement je ne puis m'empêcher de m'extasier devant le délicieux et prolifique délire verbal dont nous fait part Achille Talon et tous les protagonistes, en particulier ce sacré Lefuneste ! Il y a des tirades tellement incroyables, mirifiques, avec des métaphores sorties de je ne sais où, que j'étais mort de rire ! Vraiment certains dialogues sont d'une puissance comique rare. Evidemment il ne faut pas être en froid avec la langue française. De par le vocabulaire usité et la longueur de certaines phrases, c'est du haut niveau. Mais paradoxalement c'est la principale attraction de la série car les chutes de la plupart des gags ne sont vraiment pas terribles (mis à part quelques uns qui sont géniaux !) Le dessin de Greg se prête admirablement à la série, tout en rondeur, bonhomie et générosité. Mention spéciale pour les histoires longues, dont certaines peuvent presque être classées au rang de chef-d'œuvre (et ce n'est pas un vain mot !), je pense en particulier à "l'archipel de Sanzunron".
Seule la "facilité" (pour ne pas employer le mot stupidité) de pas mal de gags sert de prétexte pour ne pas classer cette œuvre au rang de "culte".
En définitive, Achille Talon, un monument de la BD, qui devrait être nommée d'utilité publique dans les écoles!
J'ai obtenu ces BD un peu par hasard car une connaissance qui les avait prises dans une station-service me les avait gracieusement offertes. Personnellement j'étais encore assez jeune et néophyte en matière de BD, j'ai donc pris ça avec entrain. Bon, c'est vrai, le dessin n'est pas terrible, mais vraiment pas terrible ; mais ce n'est pas ignoble non plus, j'ai vu des bandes-dessinées où le dessin était immonde, une insulte pour la vue. N'exagérons donc pas sur la médiocrité du dessin, ça passe encore. Quant au scénario, c'est très classique : momie dans une pyramide, secte d'étrangleurs... Ca se tient globalement; le suspense n'est certes pas haletant, on ne peut pas dire que ce soit de la grande BD d'action, mais on ne s'ennuie presque pas. Au final, une lecture sans grande extase, mais pas déprimante non plus.
Bref, des albums à ressortir tous les ans pour garder à l'esprit que des BD plus ou moins médiocres sont nécessaires pour pouvoir pleinement apprécier les bonnes BD...
P.S : Ces BD me tiennent quelque peu à cœur car ce sont parmi les premières que j'ai lues, elles ont donc un cachet particulier pour moi. Je suis sûr que si je lisais le troisième tome, il n'aurait pas la même saveur que les deux premiers.
Fade. Selon moi c'est le meilleur adjectif pour qualifier cet album. C'est un album qui suit le quotidien d'un couple qui en est à un moment crucial de sa vie. Même s'il y a des situations que j'ai connues, ça reste largement insipide, plat, inintéressant au possible. Difficile de se passionner pour ces personnages qui n'ont rien de particulier, qui brillent par leur banalité. Oh bien sûr, le chômage est un fléau, qui peut faire basculer quelqu'un du côté obscur, ou permettre à d'autres de rebondir et commencer une nouvelle vie... Mais là on n'accroche pas.
Reste le dessin, très proche du graphisme de Peyraud, qui allège quelque peu l'ennui qu'on ressent très vite à la lecture.
Deux épisodes phares dans la carrière du Daredevil de Miller ont été regroupés dans cette édition, sous le titre "La mort d'Elektra".
Mais la "mort" d'Elektra (il va la "résurrectionner" dans un épisode ultérieur) n'est que l'introduction de l'étape que nous propose Miller dans la saga Daredevil. Ce passage est dramatique, certes (il a d'ailleurs été repris au dialogue près dans le pourtant très moyen film "Daredevil"), mais n'est que le déclencheur du combat, physique et psychologique, que va mener DD contre son ennemi intime Bullseye.
L'apothéose étant atteinte dans le deuxième épisode "Roulette Russe", où Miller nous fait entrer dans la tête de DD, alors qu'il tient son ennemi le plus haï, celui qui a tué la femme de sa vie, à sa merci. Lors d'un long monologue, il va remettre totalement en question la place du super-héros.
Grâce à un sens de la narration et du cadrage hors pair, Miller va nous livrer là la réflexion la plus aboutie sur les super-héros.
Un must.
Stairway to heaven est une série érotique plutôt gentillette, qui n'est pas dépourvue d'humour.
L'histoire est un prétexte pour mettre en situation un univers surréaliste, et, l'auteur se régale de malmener la prude héroïne pour satisfaire le lecteur.
Le monde présenté ici est totalement farfelu, tout est permis, y compris de présenter des animaux ayant des attributs particuliers...
Le style graphique est réussi, les personnages ont des expressions exagérées au possible, tout est excessif : grands yeux, grandes bouches. Mais c'est très bien fait, les dessins sont en totale harmonie avec l'histoire. L'auteur ne se prend pas au sérieux.
Bref, j'ai plutôt été agréablement surpris, même si il est clair que cette BD n'est pas un chef-d'œuvre, elle fonctionne assez bien pour peu que l'on accepte de passer un petit moment dans cet "Enfer du plaisir".
A noter que si le premier et le second tome sont assez léger, le troisième s'intensifie au niveau de l'érotisme. Tout continuant à donner dans la loufoquerie bien sûr...
Sans être exceptionnelle, cette série m'a surpris par bien des aspects.
Déjà son dessin, qui m'a paru assez moche, aux couleurs affreuses au début du tome 1 (orange, rouge et vert ont rarement été des couleurs qui collent bien ensemble), mais qui finalement n'est pas mauvais concernant les décors même s'il est très inégal concernant les personnages (certains personnages sont franchement moches et changeants). A partir du tome 2 ou 3, le dessin devient assez bon globalement, même si les visages de certains personnages (pas tous) laissent vraiment à désirer).
Mais ensuite, la série m'a assez surpris par son personnage principal. Pour imaginer Sauveur Pagés, il faudrait trouver un juste milieu entre Buddy Longway, John Lennon (pour les lunettes et le côté hippie) et le Docteur Moreau. Si on ajoute à cela des origines Françaises de Perpignan et des souvenirs désagréables de la répression de la Commune, cela donne un personnage western assez original.
D'autant plus original que le récit mêle allègrement la science-fiction et le fantastique dans son univers western : Sauveur est en effet un tel biologiste qu'il est capable de créer une femme-loup intelligente et belle ou de faire pousser des "monstroplantes" (ou presque) pour combattre ses ennemis. Bon, cet aspect un peu SF s'estompe assez vite après le premier tome pour ne garder qu'une grande affinité de Sauveur avec les animaux et surtout en gardant Eve, la femme-loup. Mais il a de quoi vraiment surprendre quand on entame la lecture de la série et qu'on voit soudain débarquer de tels éléments fantastiques sans plus d'explications logiques. Cet aspect, un peu naïf dans le premier tome, est assez bien utilisé ensuite au cours de la série.
Chaque tome est composé d'une histoire plus ou moins indépendante et chaque album bénéficie de scénarios qui, s'ils ne sont pas totalement innovants et prenants, sont différents les uns des autres et assez bien foutus en même temps que relativement originaux.
S'il fallait faire des reproches à cette série, ils tiendraient surtout dans l'aspect un peu amateur du scénario initial : ça sent la vieille série naïve pour le premier tome, avec énormément d'influences hippies et non-violentes dignes des années 70 qui ont vu naître la série, mais aussi dans la narration qui est parfois franchement confuse et pas vraiment au point dans les premiers tomes.
On notera également quelques incohérences qui semblent à nouveau rappeler un manque de professionnalisme des auteurs (Sauveur se déclare soudain géologue alors qu'au tome précédent il affirmait ne pas l'être, un certain Abel se fait appeler Samson 2 pages plus tard puis revient à Abel etc...).
Et le tout parait parfois assez naïf dans les personnages : la petite fille de sauveur, gros bébé au sourire permanent qui fait "papa papa", les juifs assez caricaturaux persécutés dans le tome 2, les trappeurs visages-pâles brutaux et poivrots, les méchants blancs prêts à lyncher tous ceux qui sont différents d'eux, etc... A nouveau, cette naïveté s'estompe au fil des tomes et c'est tant mieux.
On retiendra donc, malgré quelques défauts dans la forme, un fond original et parfois surprenant, des scénarios pas mauvais et une série qui mérite d'être lue par curiosité.
Cette BD me fait franchement penser à La Vie est courte de Thiriet et Larcenet : c'est la même forme de gags en une image avec légende et un humour assez proche.
Le dessin est tout en rondeur, clair et agréable à lire : j'aime assez et je le trouve assez efficace pour l'humour.
Quant à l'humour, justement, certains gags sont bien marrants. Il n'y en a pas eu durant ma lecture de l'album qui m'ait vraiment fait éclater de rire, mais pour beaucoup je les ai pris avec le sourire ou avec un petit rire sincère, trouvant le tout sympa et pas prise de tête. Cependant, il y en a aussi beaucoup que j'ai trouvé assez basiques et pas vraiment drôles. Un peu trop de gags jouent par exemple sur une simple expression de la langue française mise en image en la prenant au pied de la lettre ou de manière décalée, et la plupart de ces gags m'ont laissé assez froid.
Et puis il y a aussi le prix de l'album que je trouve hélas bien trop cher pour un recueil de gags en couverture souple de jeunes auteurs qui sont sympathiques mais pas toujours vraiment hilarants.
Sympa mais je ne peux pas vraiment en conseiller l'achat.
Je suis amateur du style de l’auteur, emprunt d’onirisme et de surréalisme. Le jeu de couleurs pastelles apporte une touche particulière et si caractéristique aux planches. C’est beau et très coloré. Malheureusement, les histoires contenues dans ce recueil sont fort hermétiques. Seule la première m’a séduite, la deuxième est trop courte (2 pages), la troisième est très particulière (tout en pleines pages) et la dernière est trop obscure. Mon principal grief à l’encontre de Mattotti est cette impression de talent gâché par des scénarii pas vraiment à la hauteur. Dommage car visuellement, c’est toujours aussi réussi !
A réserver aux inconditionnels de l’auteur.
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Love My Life
Une très bonne bd qui sait traiter de l'homosexualité sans révolte, message ou activisme, en la montrant telle qu'elle est : une simple question d'attirance, de sentiments et de rapports humains. Les dessins sont très agréables, simples et épurés à l'extrême mais expressifs et délicats. Contrairement à d'autres posteurs, je n'ai pas été dérangée par les scènes de sexe qui m'ont justement parues peu nombreuses et bien distillées... Comme dans n'importe quelle histoire d'amour d'adultes quoi... Par contre, le choix d'une histoire de parents homosexuels accouchant d'une fille elle-même homo alors qu'elle ne sait rien de la sexualité de ses parents m'a paru un peu absurde à la première lecture, même si je n'y ai vu aucune ségrégation. C'est en lisant d'autres œuvres d'Ebine Yamaji que j'ai compris que, dans chaque album, elle montre une facette de l'homosexualité, et une histoire probable, chacune étant très différente des autres. A cette lumière, j'ai mieux compris ce choix. Ce manga réussit en tout cas l'exploit de nous faire oublier, à la lecture, qu'il s'agit d'une histoire homosexuelle, tant les héroïnes sont crédibles et proches de nous. Ca fait plaisir de voir enfin une telle histoire s'éloigner du militantisme gay ou des fantasmes hétéros.
Love My Life
Ce manga traite avec finesse et sensibilité d'une problématique peu traitée en bande dessinée à savoir l'homosexualité féminine (ce type de manga s’appelle les « Yuri »). C'est un très beau regard sur la sexualité et les manières différentes d’aimer. Ce manga nous offre ainsi un aperçu de cette altérité et témoigne de la complexité des émotions, des sentiments, des comportements de ce type de couple. Il montre que finalement tout cela est une histoire d'amour avec ces moments de joie et de difficulté. Quant à l'écriture, elle est légère me faisant penser à certain moment à un journal intime. Le seul point qui m’a un peu irrité est cette image un peu ségrégationniste entre hétéros et homos. En effet, on a l'impression que les hétéros ne sont pas conviés et que les homos vivent de père en fille dans un univers parallèle. Bien que pouvant retranscrire une réalité, je n’aime pas cette vision et préfère souligner que c’est par le mélange et le métissage que sort le plus de richesses. Enfin au niveau dessin, le trait épuré est très agréable. C'est très stylisé et j'avoue bien aimer...
Achille Talon
Achille Talon, c'est vraiment magnifique! Franchement je ne puis m'empêcher de m'extasier devant le délicieux et prolifique délire verbal dont nous fait part Achille Talon et tous les protagonistes, en particulier ce sacré Lefuneste ! Il y a des tirades tellement incroyables, mirifiques, avec des métaphores sorties de je ne sais où, que j'étais mort de rire ! Vraiment certains dialogues sont d'une puissance comique rare. Evidemment il ne faut pas être en froid avec la langue française. De par le vocabulaire usité et la longueur de certaines phrases, c'est du haut niveau. Mais paradoxalement c'est la principale attraction de la série car les chutes de la plupart des gags ne sont vraiment pas terribles (mis à part quelques uns qui sont géniaux !) Le dessin de Greg se prête admirablement à la série, tout en rondeur, bonhomie et générosité. Mention spéciale pour les histoires longues, dont certaines peuvent presque être classées au rang de chef-d'œuvre (et ce n'est pas un vain mot !), je pense en particulier à "l'archipel de Sanzunron". Seule la "facilité" (pour ne pas employer le mot stupidité) de pas mal de gags sert de prétexte pour ne pas classer cette œuvre au rang de "culte". En définitive, Achille Talon, un monument de la BD, qui devrait être nommée d'utilité publique dans les écoles!
Indiana Jones
J'ai obtenu ces BD un peu par hasard car une connaissance qui les avait prises dans une station-service me les avait gracieusement offertes. Personnellement j'étais encore assez jeune et néophyte en matière de BD, j'ai donc pris ça avec entrain. Bon, c'est vrai, le dessin n'est pas terrible, mais vraiment pas terrible ; mais ce n'est pas ignoble non plus, j'ai vu des bandes-dessinées où le dessin était immonde, une insulte pour la vue. N'exagérons donc pas sur la médiocrité du dessin, ça passe encore. Quant au scénario, c'est très classique : momie dans une pyramide, secte d'étrangleurs... Ca se tient globalement; le suspense n'est certes pas haletant, on ne peut pas dire que ce soit de la grande BD d'action, mais on ne s'ennuie presque pas. Au final, une lecture sans grande extase, mais pas déprimante non plus. Bref, des albums à ressortir tous les ans pour garder à l'esprit que des BD plus ou moins médiocres sont nécessaires pour pouvoir pleinement apprécier les bonnes BD... P.S : Ces BD me tiennent quelque peu à cœur car ce sont parmi les premières que j'ai lues, elles ont donc un cachet particulier pour moi. Je suis sûr que si je lisais le troisième tome, il n'aurait pas la même saveur que les deux premiers.
Breakfast after noon
Fade. Selon moi c'est le meilleur adjectif pour qualifier cet album. C'est un album qui suit le quotidien d'un couple qui en est à un moment crucial de sa vie. Même s'il y a des situations que j'ai connues, ça reste largement insipide, plat, inintéressant au possible. Difficile de se passionner pour ces personnages qui n'ont rien de particulier, qui brillent par leur banalité. Oh bien sûr, le chômage est un fléau, qui peut faire basculer quelqu'un du côté obscur, ou permettre à d'autres de rebondir et commencer une nouvelle vie... Mais là on n'accroche pas. Reste le dessin, très proche du graphisme de Peyraud, qui allège quelque peu l'ennui qu'on ressent très vite à la lecture.
DareDevil - La Mort d'Elektra
Deux épisodes phares dans la carrière du Daredevil de Miller ont été regroupés dans cette édition, sous le titre "La mort d'Elektra". Mais la "mort" d'Elektra (il va la "résurrectionner" dans un épisode ultérieur) n'est que l'introduction de l'étape que nous propose Miller dans la saga Daredevil. Ce passage est dramatique, certes (il a d'ailleurs été repris au dialogue près dans le pourtant très moyen film "Daredevil"), mais n'est que le déclencheur du combat, physique et psychologique, que va mener DD contre son ennemi intime Bullseye. L'apothéose étant atteinte dans le deuxième épisode "Roulette Russe", où Miller nous fait entrer dans la tête de DD, alors qu'il tient son ennemi le plus haï, celui qui a tué la femme de sa vie, à sa merci. Lors d'un long monologue, il va remettre totalement en question la place du super-héros. Grâce à un sens de la narration et du cadrage hors pair, Miller va nous livrer là la réflexion la plus aboutie sur les super-héros. Un must.
Stairway to heaven
Stairway to heaven est une série érotique plutôt gentillette, qui n'est pas dépourvue d'humour. L'histoire est un prétexte pour mettre en situation un univers surréaliste, et, l'auteur se régale de malmener la prude héroïne pour satisfaire le lecteur. Le monde présenté ici est totalement farfelu, tout est permis, y compris de présenter des animaux ayant des attributs particuliers... Le style graphique est réussi, les personnages ont des expressions exagérées au possible, tout est excessif : grands yeux, grandes bouches. Mais c'est très bien fait, les dessins sont en totale harmonie avec l'histoire. L'auteur ne se prend pas au sérieux. Bref, j'ai plutôt été agréablement surpris, même si il est clair que cette BD n'est pas un chef-d'œuvre, elle fonctionne assez bien pour peu que l'on accepte de passer un petit moment dans cet "Enfer du plaisir". A noter que si le premier et le second tome sont assez léger, le troisième s'intensifie au niveau de l'érotisme. Tout continuant à donner dans la loufoquerie bien sûr...
L'Indien Français
Sans être exceptionnelle, cette série m'a surpris par bien des aspects. Déjà son dessin, qui m'a paru assez moche, aux couleurs affreuses au début du tome 1 (orange, rouge et vert ont rarement été des couleurs qui collent bien ensemble), mais qui finalement n'est pas mauvais concernant les décors même s'il est très inégal concernant les personnages (certains personnages sont franchement moches et changeants). A partir du tome 2 ou 3, le dessin devient assez bon globalement, même si les visages de certains personnages (pas tous) laissent vraiment à désirer). Mais ensuite, la série m'a assez surpris par son personnage principal. Pour imaginer Sauveur Pagés, il faudrait trouver un juste milieu entre Buddy Longway, John Lennon (pour les lunettes et le côté hippie) et le Docteur Moreau. Si on ajoute à cela des origines Françaises de Perpignan et des souvenirs désagréables de la répression de la Commune, cela donne un personnage western assez original. D'autant plus original que le récit mêle allègrement la science-fiction et le fantastique dans son univers western : Sauveur est en effet un tel biologiste qu'il est capable de créer une femme-loup intelligente et belle ou de faire pousser des "monstroplantes" (ou presque) pour combattre ses ennemis. Bon, cet aspect un peu SF s'estompe assez vite après le premier tome pour ne garder qu'une grande affinité de Sauveur avec les animaux et surtout en gardant Eve, la femme-loup. Mais il a de quoi vraiment surprendre quand on entame la lecture de la série et qu'on voit soudain débarquer de tels éléments fantastiques sans plus d'explications logiques. Cet aspect, un peu naïf dans le premier tome, est assez bien utilisé ensuite au cours de la série. Chaque tome est composé d'une histoire plus ou moins indépendante et chaque album bénéficie de scénarios qui, s'ils ne sont pas totalement innovants et prenants, sont différents les uns des autres et assez bien foutus en même temps que relativement originaux. S'il fallait faire des reproches à cette série, ils tiendraient surtout dans l'aspect un peu amateur du scénario initial : ça sent la vieille série naïve pour le premier tome, avec énormément d'influences hippies et non-violentes dignes des années 70 qui ont vu naître la série, mais aussi dans la narration qui est parfois franchement confuse et pas vraiment au point dans les premiers tomes. On notera également quelques incohérences qui semblent à nouveau rappeler un manque de professionnalisme des auteurs (Sauveur se déclare soudain géologue alors qu'au tome précédent il affirmait ne pas l'être, un certain Abel se fait appeler Samson 2 pages plus tard puis revient à Abel etc...). Et le tout parait parfois assez naïf dans les personnages : la petite fille de sauveur, gros bébé au sourire permanent qui fait "papa papa", les juifs assez caricaturaux persécutés dans le tome 2, les trappeurs visages-pâles brutaux et poivrots, les méchants blancs prêts à lyncher tous ceux qui sont différents d'eux, etc... A nouveau, cette naïveté s'estompe au fil des tomes et c'est tant mieux. On retiendra donc, malgré quelques défauts dans la forme, un fond original et parfois surprenant, des scénarios pas mauvais et une série qui mérite d'être lue par curiosité.
Sans queue ni tête
Cette BD me fait franchement penser à La Vie est courte de Thiriet et Larcenet : c'est la même forme de gags en une image avec légende et un humour assez proche. Le dessin est tout en rondeur, clair et agréable à lire : j'aime assez et je le trouve assez efficace pour l'humour. Quant à l'humour, justement, certains gags sont bien marrants. Il n'y en a pas eu durant ma lecture de l'album qui m'ait vraiment fait éclater de rire, mais pour beaucoup je les ai pris avec le sourire ou avec un petit rire sincère, trouvant le tout sympa et pas prise de tête. Cependant, il y en a aussi beaucoup que j'ai trouvé assez basiques et pas vraiment drôles. Un peu trop de gags jouent par exemple sur une simple expression de la langue française mise en image en la prenant au pied de la lettre ou de manière décalée, et la plupart de ces gags m'ont laissé assez froid. Et puis il y a aussi le prix de l'album que je trouve hélas bien trop cher pour un recueil de gags en couverture souple de jeunes auteurs qui sont sympathiques mais pas toujours vraiment hilarants. Sympa mais je ne peux pas vraiment en conseiller l'achat.
Lettres d'un temps éloigné
Je suis amateur du style de l’auteur, emprunt d’onirisme et de surréalisme. Le jeu de couleurs pastelles apporte une touche particulière et si caractéristique aux planches. C’est beau et très coloré. Malheureusement, les histoires contenues dans ce recueil sont fort hermétiques. Seule la première m’a séduite, la deuxième est trop courte (2 pages), la troisième est très particulière (tout en pleines pages) et la dernière est trop obscure. Mon principal grief à l’encontre de Mattotti est cette impression de talent gâché par des scénarii pas vraiment à la hauteur. Dommage car visuellement, c’est toujours aussi réussi ! A réserver aux inconditionnels de l’auteur.