Voilà une BD qui m’a, avant tout, plu par ses dessins et ses couleurs très vives aux multiples nuances de bleu. Bien sûr il faut aimer ce genre couleurs « flashy » faites par ordinateur, mais dans ce cas, c’est un vrai régale.
Le scénario est accrocheur sans être novateur. On y retrouve le jeune, beau riche héritier pris dans un complot visant à le renverser. Il est vrai que la trame de l’histoire n’est pas super originale mais l’histoire est bien menée avec du rythme et de l’intrigue et l’univers de Golden City est intéressant. On ne s’ennuie pas un seul moment.
Un beau jour, Simon Léturgie, l'auteur de Spoon & White, s'est dit que les classiques du théâtre n'étaient pas vraiment mis en valeur pour le public d'adolescents auquel on les impose. Il propose donc à son éditeur de lancer une collection dédiée à l'adaptation des plus célèbres de ces oeuvres, et d'en dessiner certaines. Léturgie a bien préparé son coup, s'entourant d'un studio, réalisant une charte graphique, un "casting" d'acteurs utilisés dans toutes les pièces, apparentant, toutes proportions gardées, son travail à celui d'un véritable metteur en scène.
Le premier album sorti est donc ce classique de Molière, en texte intégral.
On y découvre ces deux cousines, qu'on a très vite envie de baffer, sous le charme de deux valets malicieux. Si vous avez aimé la pièce, je pense que cette adaptation vous plaira, car elle est la plupart du temps légère. Mais certains dialogues, empesés, sont un peu lourds et casse-pieds. Le trait de Léturgie est toujours aussi sympathique, tout en rondeurs, dans un décor minimal.
A réserver aux amateurs de théâtre et aux curieux.
Non, franchement. C'est grâce a cette BD que j'ai vraiment découvert Larcenet (que jusque-là je ne connaissais que par Donjon Parade). Ce livre est un cocktail, juste assez d'émotions, vrai, tellement vrai, ordinaire comme le dit le titre. Vraiment... Culte. Et le dessin ! Ah vraiment, dès la fin du tome 1 et le début du tome 2, le dessin se fait remarquable, tout ces paysages, dessins réalistes... Trés beau.
Mais cette série me fait peur. Oui. Déjà, il y a pas mal de moment d'angoisse et de tension... qui mettent assez mal à l'aise...
Et s'en suit une logique que j'ai établie : on finit par comprendre, trouver, deviner que à la fin... quelquechose de trés fort se passera. Quelquechose de soit trés heureux, soit très triste. Un extrême.
Et c'est ça que j'adore.
Par contre, je trouve que les rôles de persos ne sont pas très vrais, eux... Euh... Dur à expliquer...
Par exemple, je cite le 4e de couverture "une fille patiente" : pas tellement, je trouve... Elle ne sait surtout pas se mettre à la place des autres... Et puis le coup du "Adolf", franchement je trouve ça un peu exagéré... Déjà l'orthographe la plus courante est "Adolphe", prénom courant lui aussi, donc...
Oh, et... Album a lire en écoutant de la musique.
Et' le blafard.
Enfin le quatrième et dernier volume de cette saga familiale qui nous a fait voyager dans l'Empire de sa très gracieuse majesté. Le dessin de JF Charles, en couleurs directes, est toujours aussi bon. Que de changements depuis Fox (série que je recommande) et Les pionniers du nouveau monde (série à laquelle je n'ai guère accroché). Pourtant, au delà de cette saga, je suis un peu déçu que LE politique l'emporte, dans ce dernier opus, sur l'Aventure, cela gâche quelque peu le côté romanesque et surtout romantique de cette fabuleuse histoire qui nous entraîne des années 30 à la fin des années 60, soit une éternité sur l'échelle des transformations de l'Inde. Même ici, LE complot politique, calculateur, intelligent et de long terme, certes sur fond de guerre froide, est présent.
Mais ne manquez pas cet opus, les pleines pages sont sublimes, et les auteurs, au final, nous mettent tellement le doute que l'on se demande si cette histoire en définitive n'est pas réelle. Et c'est avec tristesse que l'on quitte Kamala, Emy et Jarawal, tous trois témoins de l'histoire d'une Inde en marche vers sa modernité. (la couverture en est l'illustration : l'Inde traditionnelle en marche, et vite dépassée par l'Inde moderne sur les rails).
Une bd qui vaut vraiment le détour, un bon dépaysement.
Deuxième opus de la collection "Commedia", La Farce du Cuvier est l'un des coups de coeur de Simon Léturgie, initiateur de la collection et grand exécutant de celle-ci. J'ai fait des études de lettres, mais je ne connaissais pas cette farce-là, seulement celle de maître Pathelin. j'ai donc découvert cette histoire de façon complète, dans une adaptation distrayante et graphiquement très agréable (le style de Léturgie est à présent aisément reconnaissable).
Par contre, l'histoire en elle-même me semble complètement plate, mise à part la scène où le fameux cuvier joue un rôle prépondérant. Une affaire d'âge ? Peut-être, quand on sait que la collection Commedia s'adresse clairement aux adolescents qui commencent à apprendre les classiques. S'ils sont fans de Titeuf ou Yu-Gi-Oh, ça risque de ne pas trop les intéresser...
Le Gant de l'infini est une saga cosmique d'une ampleur et d'une richesse étonnante.
Starlin s'approprie Thanos de Titan le fils de Mentor, demi-dieu; amoureux de la mort; assassin et maître comploteur, pour en faire un des méchants les plus impressionnants et abouti de l'écurie Marvel.
Il faut dire que Jim Starlin a créé d'autres histoires mettant en scène Thanos avant le Gant de l'infini, la saga du cube cosmique qui nous montre le Titan voulant détruire le soleil pour prouver son amour à la mort (il sera défait par les Vengeurs, captain Marvel, l'araignée et la chose ainsi que par Adam Warlock, l'ennemi juré de Thanos) et, "Thanos", un récit qui sert de préambule au Gant de l'infini et qui nous montre comment le Titan fou s'approprie de force ou par la ruse, les gemmes de l'infini qui lui permettront d'accéder au pouvoir suprême. Ces séries antérieures valent une lecture, croyez moi! Starlin y dévellopait déja des idées intéressantes, Thanos y gagnait son épaisseur et démontrait déja ses talents de manipulateur sanguinaire.
Vient ensuite le Gant de l'infini, un morceau de choix, de nombreux personnages du Marvelverse sont présents, les super-héros basés sur Terre mais également de nombreux êtres ou entités peuplant l'univers, comme les éternels, Galactus, les Krees... la liste n'est pas exhaustive mais les citer tous ici serait fastidieux. A noter que les FF pourtant habitués aux croisades cosmiques sont les grands absents du récit.
On entre vite dans le vif du sujet et deux camps se forment, Thanos et quelques alliés (très peu en fait) contre l'univers entier...
Les séquences spectaculaires réussies alternent avec de longs moment dialogués et souvent grandiloquent quand c'est Thanos qui s'exprime, et c'est un plaisir de le voir ainsi, quel charisme! quelle force se dégage de ce personnage!
Assurément un des méchants les plus passionants chez Marvel avec Fatalis (je me répète mais j'aime beaucoup Thanos).
Le gant de l'infini offre un univers riche et conséquent, les personnages en plus d'être nombreux, se retrouvent parfois dans des lieux et des situations auxquelles ils ne sont pas habitués, cela fait porter au lecteur un autre regard sur ces héros, malgré le fait qu'ils soient surpuissants, leur impuissance est évidente, c'est déroutant pour eux et inhabituel pour nous.
Certaines alliances improbables ont lieux et c'est aussi plaisant qu'inédit.
Le Gant de l'infini est une série forte et divertissante, une réussite pour qui apprécie l'univers Marvel.
Par la suite Starlin a continué à exploiter Thanos dans des séries comme "La guerre du pouvoir" (plutôt bof), "Le gouffre d'infini" (plutôt sympa) et "Marvel La fin" (plutôt moyen).
Ces séries nous offrent d'autres facettes de la personnalité de l'inquiétant Titan, mais aucune autre série qu'elle lui soit antérieure ou postérieure n'offre le niveau de qualité et de richesse du Gant de l'infini. Si j'en parle ici c'est pour souligner combien Starlin est attaché à Thanos et de ce fait, le nourri d'une force considérable.
Aux dessins Perez assure, en fait son style dans la série est assez proche de celui de Starlin (il est aussi dessinateur), les personnages sont représentés conformément au style de l'époque. Le tout est classique et bien réalisé.
Même si il y a certainement un peu de nostalgie dans mon ressenti envers cette série, ses qualités restent évidentes, j'en conseille donc la lecture mais pas l'achat, l'album est trop cher et le format n'est pas des plus adaptés.
Les quatres albums originels parus chez Semic regroupant la série se dénichent parfois avec un peu de chance et de patience à un bien meilleur prix.
A vous de voir...
Encore une nouvelle série pour Arleston, qui prend petit à petit l'habitude de proposer des albums sans goût, à l'humour douteux, et ce à toutes les sauces.
"Les naufragés d'Ythaq"... tout un programme. Similaire à Lanfeust des étoiles dans son univers (c'est à dire un faux univers de science fiction complètement cadré Heroic Fantasy.. les guerriers se battent à la hache, montent des créatures épiques, protégées par d'épaisses armures de bronze, le matos futuriste des héros ne fonctionne pas...), cet album possède tout de même un avantage de taille par rapport à la série best-seller du moment d'Arleston : ici, pas de jeu de mot merdeux sur 3 pages (le coup de "ta E.T. douche", je m'en rappellerai... longtemps), mais un humour plus fin (mais pas plus drôle), distillé au fil des pages.
On retrouve toujours et encore les mêmes personnages : L'héroïne possède un pouvoir inconnu qu'elle contrôle encore mal. Accompagnée d'un benêt au grand coeur, elle doit aussi supporter une des passagères du "Brume de comète", qui n'est finalement qu'un pâle reflet de Cixi : la belle brune machiavélique et espiègle, désagréable mais aussi exaspérante, hélas.
L'histoire en elle-même n'est pas des plus complexes, mais ne fonctionne pas si mal que ça. En reprenant encore et encore ce qui a fait le succès de ses albums passés, Arleston ne prend donc aucun risque ici... sauf celui de se répéter...
Au chapitre des gros hics de la série, nous pourrons donc relever :
- Les banfoos : race indigène d'Ythaq de morses ventripotents, qui ont la disgracieuse habitude de "fofotter" à cause de leur défense (et ce durant la moitié de l'album), afin d'asséner au lecteur leur humour catastrophique.
"V'ignore de quoi fous parlez. Les prévenus ne doifent de toute fafon avoir de contacts avec perfonne avant l'iffue du profès. Et les aftroporcs font vos complifes ? Etes-vous des aftrotruies ?". C'est vraiment insoutenable sur 20 pages.
- Des dialogues toujours aussi "rigolos" :
- "C'est pas le vert, c'est le rouge ! Je les confonds toujours, ça se ressemble tellement..."
- "Mon pied dans les fesses, tu ne le confondras pas ! Dépêche !"
Poilant.
Vous comprendrez aisément que tout ce qui peut sauver cet album, c'est finalement le dessin de Floch, assez sympa même si ultra formaté soleil. Il y a eu pas mal de travail sur les décors et les personnages (certaines planches sont vraiment chouettes), même si le design des véhicules n'est pas toujours terrible (le "Brume de comète" ressemble plus à un fer à repasser qu'à un vaisseau spatial).
De plus, la mise en couleur est tout à fait correcte, donnant pas mal de relief au dessin.
Vous l'aurez compris, ce n'est pas avec cet album que vous trouverez la paix intérieure.
J'ai lu le tome 1 en écoutant le premier épisode "radiophonique". C'est sûr, ça na pas la même saveur, on perd pas mal en ambiance, en gouaille, etc. Mais l'adaptation dessinée reste toutefois très plaisante, avec le dessin de Marion Poinsot assez sympathique, tout en rondeur. Mais par contre, je ne comprends pas pourquoi tous les personnages ont des pupilles de taille inégale... Ils sont assez catastrophiques comme ça, pourquoi rajouter ce détail "idiot" ?
Mais sinon, l'histoire est marrante, elle éveillera des échos chez les amateurs de jeux de rôles connus. Chez les autres, certains apprécieront, d'autres, allergiques à cet univers, passeront leur chemin.
Je suis très sensible à l'humour de Binet et j'aime bien son dessin même si je le trouve loin d'être très beau.
Et pour cet album, je dois dire que j'ai été éclaté de rire sur pas mal de gags sur le début de l'album. Cependant, au fil de ma lecture le nombre de gags moins drôles voire très moyens s'est fait de plus en plus grand, refroidissant ma très bonne impression du début. En résumé, j'ai bien ri au début puis lu le reste un peu comme si c'était du remplissage.
Dommage même si globalement je garde un assez bon souvenir de cette BD d'humour.
Le dessin de Barbe est bon, voire très bon, absolument rien à en redire. D'autant plus que cette BD est un exercice de style assez réussi, un travail sur l'image et le dessin en lui-même. Il y a dans ces 2 albums quelques idées vraiment excellentes, surtout pour l'époque, portant sur les enchainements d'images, les "retournements de points de vue des images" à la manière des illustrations d'Escher, les "morphings", les histoires racontées par le retour au pur art séquentiel. Techniquement et dans l'idée, il y a vraiment des choses immanquables dans cette oeuvre.
En ce qui concerne les histoires maintenant, elles sont à mi-chemin entre onirisme et érotisme, souvent sans réel scénario, juste le flux des images comme elles viennent. Et force m'est d'avouer que déjà en elles-mêmes, ces histoires courtes n'ont rien pour vraiment me captiver par leur scénario. Mais surtout j'ai assez peiné à les lire car la mise en page sous le forme de colonnes de très nombreuses petites images successives n'est pas aisée à lire pour un esprit non habitué, c'est-à-dire pour l'ensemble des lecteurs lambdas de BD en général. J'avais du mal à suivre précisément l'ensemble de l'enchainement des images, me lassant assez souvent en cours de récit et sautant quelques cases pour seulement ensuite revenir vers elles pour vérifier s'il n'y avait pas une trouvaille graphique que j'avais manquée.
Graphiquement très intéressant, si vous aviez à choisir, je vous conseillerais plutôt le premier album que le second car je trouve le tome 2 moins innovant et moins esthétique à mes yeux.
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Golden City
Voilà une BD qui m’a, avant tout, plu par ses dessins et ses couleurs très vives aux multiples nuances de bleu. Bien sûr il faut aimer ce genre couleurs « flashy » faites par ordinateur, mais dans ce cas, c’est un vrai régale. Le scénario est accrocheur sans être novateur. On y retrouve le jeune, beau riche héritier pris dans un complot visant à le renverser. Il est vrai que la trame de l’histoire n’est pas super originale mais l’histoire est bien menée avec du rythme et de l’intrigue et l’univers de Golden City est intéressant. On ne s’ennuie pas un seul moment.
Les Précieuses ridicules
Un beau jour, Simon Léturgie, l'auteur de Spoon & White, s'est dit que les classiques du théâtre n'étaient pas vraiment mis en valeur pour le public d'adolescents auquel on les impose. Il propose donc à son éditeur de lancer une collection dédiée à l'adaptation des plus célèbres de ces oeuvres, et d'en dessiner certaines. Léturgie a bien préparé son coup, s'entourant d'un studio, réalisant une charte graphique, un "casting" d'acteurs utilisés dans toutes les pièces, apparentant, toutes proportions gardées, son travail à celui d'un véritable metteur en scène. Le premier album sorti est donc ce classique de Molière, en texte intégral. On y découvre ces deux cousines, qu'on a très vite envie de baffer, sous le charme de deux valets malicieux. Si vous avez aimé la pièce, je pense que cette adaptation vous plaira, car elle est la plupart du temps légère. Mais certains dialogues, empesés, sont un peu lourds et casse-pieds. Le trait de Léturgie est toujours aussi sympathique, tout en rondeurs, dans un décor minimal. A réserver aux amateurs de théâtre et aux curieux.
Le combat ordinaire
Non, franchement. C'est grâce a cette BD que j'ai vraiment découvert Larcenet (que jusque-là je ne connaissais que par Donjon Parade). Ce livre est un cocktail, juste assez d'émotions, vrai, tellement vrai, ordinaire comme le dit le titre. Vraiment... Culte. Et le dessin ! Ah vraiment, dès la fin du tome 1 et le début du tome 2, le dessin se fait remarquable, tout ces paysages, dessins réalistes... Trés beau. Mais cette série me fait peur. Oui. Déjà, il y a pas mal de moment d'angoisse et de tension... qui mettent assez mal à l'aise... Et s'en suit une logique que j'ai établie : on finit par comprendre, trouver, deviner que à la fin... quelquechose de trés fort se passera. Quelquechose de soit trés heureux, soit très triste. Un extrême. Et c'est ça que j'adore. Par contre, je trouve que les rôles de persos ne sont pas très vrais, eux... Euh... Dur à expliquer... Par exemple, je cite le 4e de couverture "une fille patiente" : pas tellement, je trouve... Elle ne sait surtout pas se mettre à la place des autres... Et puis le coup du "Adolf", franchement je trouve ça un peu exagéré... Déjà l'orthographe la plus courante est "Adolphe", prénom courant lui aussi, donc... Oh, et... Album a lire en écoutant de la musique. Et' le blafard.
India Dreams
Enfin le quatrième et dernier volume de cette saga familiale qui nous a fait voyager dans l'Empire de sa très gracieuse majesté. Le dessin de JF Charles, en couleurs directes, est toujours aussi bon. Que de changements depuis Fox (série que je recommande) et Les pionniers du nouveau monde (série à laquelle je n'ai guère accroché). Pourtant, au delà de cette saga, je suis un peu déçu que LE politique l'emporte, dans ce dernier opus, sur l'Aventure, cela gâche quelque peu le côté romanesque et surtout romantique de cette fabuleuse histoire qui nous entraîne des années 30 à la fin des années 60, soit une éternité sur l'échelle des transformations de l'Inde. Même ici, LE complot politique, calculateur, intelligent et de long terme, certes sur fond de guerre froide, est présent. Mais ne manquez pas cet opus, les pleines pages sont sublimes, et les auteurs, au final, nous mettent tellement le doute que l'on se demande si cette histoire en définitive n'est pas réelle. Et c'est avec tristesse que l'on quitte Kamala, Emy et Jarawal, tous trois témoins de l'histoire d'une Inde en marche vers sa modernité. (la couverture en est l'illustration : l'Inde traditionnelle en marche, et vite dépassée par l'Inde moderne sur les rails). Une bd qui vaut vraiment le détour, un bon dépaysement.
La Farce du Cuvier
Deuxième opus de la collection "Commedia", La Farce du Cuvier est l'un des coups de coeur de Simon Léturgie, initiateur de la collection et grand exécutant de celle-ci. J'ai fait des études de lettres, mais je ne connaissais pas cette farce-là, seulement celle de maître Pathelin. j'ai donc découvert cette histoire de façon complète, dans une adaptation distrayante et graphiquement très agréable (le style de Léturgie est à présent aisément reconnaissable). Par contre, l'histoire en elle-même me semble complètement plate, mise à part la scène où le fameux cuvier joue un rôle prépondérant. Une affaire d'âge ? Peut-être, quand on sait que la collection Commedia s'adresse clairement aux adolescents qui commencent à apprendre les classiques. S'ils sont fans de Titeuf ou Yu-Gi-Oh, ça risque de ne pas trop les intéresser...
Le Gant de l'Infini - Le Défi de Thanos
Le Gant de l'infini est une saga cosmique d'une ampleur et d'une richesse étonnante. Starlin s'approprie Thanos de Titan le fils de Mentor, demi-dieu; amoureux de la mort; assassin et maître comploteur, pour en faire un des méchants les plus impressionnants et abouti de l'écurie Marvel. Il faut dire que Jim Starlin a créé d'autres histoires mettant en scène Thanos avant le Gant de l'infini, la saga du cube cosmique qui nous montre le Titan voulant détruire le soleil pour prouver son amour à la mort (il sera défait par les Vengeurs, captain Marvel, l'araignée et la chose ainsi que par Adam Warlock, l'ennemi juré de Thanos) et, "Thanos", un récit qui sert de préambule au Gant de l'infini et qui nous montre comment le Titan fou s'approprie de force ou par la ruse, les gemmes de l'infini qui lui permettront d'accéder au pouvoir suprême. Ces séries antérieures valent une lecture, croyez moi! Starlin y dévellopait déja des idées intéressantes, Thanos y gagnait son épaisseur et démontrait déja ses talents de manipulateur sanguinaire. Vient ensuite le Gant de l'infini, un morceau de choix, de nombreux personnages du Marvelverse sont présents, les super-héros basés sur Terre mais également de nombreux êtres ou entités peuplant l'univers, comme les éternels, Galactus, les Krees... la liste n'est pas exhaustive mais les citer tous ici serait fastidieux. A noter que les FF pourtant habitués aux croisades cosmiques sont les grands absents du récit. On entre vite dans le vif du sujet et deux camps se forment, Thanos et quelques alliés (très peu en fait) contre l'univers entier... Les séquences spectaculaires réussies alternent avec de longs moment dialogués et souvent grandiloquent quand c'est Thanos qui s'exprime, et c'est un plaisir de le voir ainsi, quel charisme! quelle force se dégage de ce personnage! Assurément un des méchants les plus passionants chez Marvel avec Fatalis (je me répète mais j'aime beaucoup Thanos). Le gant de l'infini offre un univers riche et conséquent, les personnages en plus d'être nombreux, se retrouvent parfois dans des lieux et des situations auxquelles ils ne sont pas habitués, cela fait porter au lecteur un autre regard sur ces héros, malgré le fait qu'ils soient surpuissants, leur impuissance est évidente, c'est déroutant pour eux et inhabituel pour nous. Certaines alliances improbables ont lieux et c'est aussi plaisant qu'inédit. Le Gant de l'infini est une série forte et divertissante, une réussite pour qui apprécie l'univers Marvel. Par la suite Starlin a continué à exploiter Thanos dans des séries comme "La guerre du pouvoir" (plutôt bof), "Le gouffre d'infini" (plutôt sympa) et "Marvel La fin" (plutôt moyen). Ces séries nous offrent d'autres facettes de la personnalité de l'inquiétant Titan, mais aucune autre série qu'elle lui soit antérieure ou postérieure n'offre le niveau de qualité et de richesse du Gant de l'infini. Si j'en parle ici c'est pour souligner combien Starlin est attaché à Thanos et de ce fait, le nourri d'une force considérable. Aux dessins Perez assure, en fait son style dans la série est assez proche de celui de Starlin (il est aussi dessinateur), les personnages sont représentés conformément au style de l'époque. Le tout est classique et bien réalisé. Même si il y a certainement un peu de nostalgie dans mon ressenti envers cette série, ses qualités restent évidentes, j'en conseille donc la lecture mais pas l'achat, l'album est trop cher et le format n'est pas des plus adaptés. Les quatres albums originels parus chez Semic regroupant la série se dénichent parfois avec un peu de chance et de patience à un bien meilleur prix. A vous de voir...
Les Naufragés d'Ythaq
Encore une nouvelle série pour Arleston, qui prend petit à petit l'habitude de proposer des albums sans goût, à l'humour douteux, et ce à toutes les sauces. "Les naufragés d'Ythaq"... tout un programme. Similaire à Lanfeust des étoiles dans son univers (c'est à dire un faux univers de science fiction complètement cadré Heroic Fantasy.. les guerriers se battent à la hache, montent des créatures épiques, protégées par d'épaisses armures de bronze, le matos futuriste des héros ne fonctionne pas...), cet album possède tout de même un avantage de taille par rapport à la série best-seller du moment d'Arleston : ici, pas de jeu de mot merdeux sur 3 pages (le coup de "ta E.T. douche", je m'en rappellerai... longtemps), mais un humour plus fin (mais pas plus drôle), distillé au fil des pages. On retrouve toujours et encore les mêmes personnages : L'héroïne possède un pouvoir inconnu qu'elle contrôle encore mal. Accompagnée d'un benêt au grand coeur, elle doit aussi supporter une des passagères du "Brume de comète", qui n'est finalement qu'un pâle reflet de Cixi : la belle brune machiavélique et espiègle, désagréable mais aussi exaspérante, hélas. L'histoire en elle-même n'est pas des plus complexes, mais ne fonctionne pas si mal que ça. En reprenant encore et encore ce qui a fait le succès de ses albums passés, Arleston ne prend donc aucun risque ici... sauf celui de se répéter... Au chapitre des gros hics de la série, nous pourrons donc relever : - Les banfoos : race indigène d'Ythaq de morses ventripotents, qui ont la disgracieuse habitude de "fofotter" à cause de leur défense (et ce durant la moitié de l'album), afin d'asséner au lecteur leur humour catastrophique. "V'ignore de quoi fous parlez. Les prévenus ne doifent de toute fafon avoir de contacts avec perfonne avant l'iffue du profès. Et les aftroporcs font vos complifes ? Etes-vous des aftrotruies ?". C'est vraiment insoutenable sur 20 pages. - Des dialogues toujours aussi "rigolos" : - "C'est pas le vert, c'est le rouge ! Je les confonds toujours, ça se ressemble tellement..." - "Mon pied dans les fesses, tu ne le confondras pas ! Dépêche !" Poilant. Vous comprendrez aisément que tout ce qui peut sauver cet album, c'est finalement le dessin de Floch, assez sympa même si ultra formaté soleil. Il y a eu pas mal de travail sur les décors et les personnages (certaines planches sont vraiment chouettes), même si le design des véhicules n'est pas toujours terrible (le "Brume de comète" ressemble plus à un fer à repasser qu'à un vaisseau spatial). De plus, la mise en couleur est tout à fait correcte, donnant pas mal de relief au dessin. Vous l'aurez compris, ce n'est pas avec cet album que vous trouverez la paix intérieure.
Le Donjon de Naheulbeuk
J'ai lu le tome 1 en écoutant le premier épisode "radiophonique". C'est sûr, ça na pas la même saveur, on perd pas mal en ambiance, en gouaille, etc. Mais l'adaptation dessinée reste toutefois très plaisante, avec le dessin de Marion Poinsot assez sympathique, tout en rondeur. Mais par contre, je ne comprends pas pourquoi tous les personnages ont des pupilles de taille inégale... Ils sont assez catastrophiques comme ça, pourquoi rajouter ce détail "idiot" ? Mais sinon, l'histoire est marrante, elle éveillera des échos chez les amateurs de jeux de rôles connus. Chez les autres, certains apprécieront, d'autres, allergiques à cet univers, passeront leur chemin.
Forum
Je suis très sensible à l'humour de Binet et j'aime bien son dessin même si je le trouve loin d'être très beau. Et pour cet album, je dois dire que j'ai été éclaté de rire sur pas mal de gags sur le début de l'album. Cependant, au fil de ma lecture le nombre de gags moins drôles voire très moyens s'est fait de plus en plus grand, refroidissant ma très bonne impression du début. En résumé, j'ai bien ri au début puis lu le reste un peu comme si c'était du remplissage. Dommage même si globalement je garde un assez bon souvenir de cette BD d'humour.
Cinéma
Le dessin de Barbe est bon, voire très bon, absolument rien à en redire. D'autant plus que cette BD est un exercice de style assez réussi, un travail sur l'image et le dessin en lui-même. Il y a dans ces 2 albums quelques idées vraiment excellentes, surtout pour l'époque, portant sur les enchainements d'images, les "retournements de points de vue des images" à la manière des illustrations d'Escher, les "morphings", les histoires racontées par le retour au pur art séquentiel. Techniquement et dans l'idée, il y a vraiment des choses immanquables dans cette oeuvre. En ce qui concerne les histoires maintenant, elles sont à mi-chemin entre onirisme et érotisme, souvent sans réel scénario, juste le flux des images comme elles viennent. Et force m'est d'avouer que déjà en elles-mêmes, ces histoires courtes n'ont rien pour vraiment me captiver par leur scénario. Mais surtout j'ai assez peiné à les lire car la mise en page sous le forme de colonnes de très nombreuses petites images successives n'est pas aisée à lire pour un esprit non habitué, c'est-à-dire pour l'ensemble des lecteurs lambdas de BD en général. J'avais du mal à suivre précisément l'ensemble de l'enchainement des images, me lassant assez souvent en cours de récit et sautant quelques cases pour seulement ensuite revenir vers elles pour vérifier s'il n'y avait pas une trouvaille graphique que j'avais manquée. Graphiquement très intéressant, si vous aviez à choisir, je vous conseillerais plutôt le premier album que le second car je trouve le tome 2 moins innovant et moins esthétique à mes yeux.