Je ne connaissais pas le trait de Ruben Pellejero, et j’avoue le trouver assez beau (même si j’ai un peu de mal avec sa mise en couleur des visages) et non sans une certaine parenté avec celui de Guibert dans Le Capitaine Ecarlate, mais je semble être la seule à le penser. Quoi qu’il en soit, certaines scènes nocturnes sont somptueuses.
Le Catalan met son talent au service d’un scénario intelligent, bien rythmé, qui alterne les flash-backs avec le présent de l’héroïne, et en fil rouge, si l’on peut dire, la fumée bleue de la cigarette et de son âme qui se consume. L’auteur est resté volontairement elliptique sur le contexte historique, même s’il semble que l’on puisse au moins dire qu’on est dans une dictature d’un pays de Est, et sur les tortures infligées aux prisonniers politiques, insistant sur les rares moments où ces derniers peuvent furtivement entrevoir leurs proches. Je trouve ce parti-pris très intéressant, car on est comme ces femmes : on ne sait rien, on ne peut qu’imaginer. La fin est à la fois fine puisqu’elle éclaire l’histoire et un peu trop facile, comme l’ont déjà dit certains. De plus, on referme l’album avec des questions qui resteront malheureusement sans réponse. Donc 3 étoiles, et pour l’achat, moi je me suis contentée de l’emprunter...
En empruntant cette BD et au vu de la couverture qui, il faut le dire, est assez moche surtout au niveau des couleurs, je m'attendais à une petite BD amateur commandée par la mairie de Limoges pour promouvoir leur ville, un truc sans grande qualité et sûrement très moche à l'intérieur. Et pourtant, au final, j'ai été agréablement surpris.
D'accord, le dessin est assez amateur, voire franchement raté concernant les visages des personnages. Mais globalement, et cela tient sans doute au fait qu'on n'a pas droit aux affreuses couleurs de la couverture à l'intérieur de la BD - et pour cause puisque c'est tout en noir et blanc -, le dessin n'est pas aussi mauvais que je le craignais. Les décors ne sont même pas si mal du tout. Et globalement, si on oublie les visages des personnages, les planches sont visuellement correctes, le niveau juste au dessus de celui d'un bon amateur, quoi.
Concernant le scénario, déjà il faut aimer l'Histoire, et c'est mon cas. Je suis assez facilement entré dans le récit qui se lit bien car l'auteur modère le didactisme de l'ouvrage en imaginant une saga familiale quasiment ininterrompue de la préhistoire jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
L'album est séparé en trois grands chapitres correspondant en gros aux périodes de la préhistoire jusqu'à la chute de l'Empire Romain, au Moyen-Age, puis à l'époque moderne de la Révolution Française jusqu'à 1945. J'ai bien apprécié la première partie car elle est claire, agréable à lire et assez intéressante par la façon dont l'auteur nous montre la "petite histoire" en s'attachant à des personnages et des conflits de personnalités. A l'inverse, j'ai un peu décroché dans le second chapitre car l'histoire moyen-âgeuse de Limoges m'a paru franchement confuse et le récit peu intéressant à suivre. Mais j'ai de nouveau assez accroché au dernier chapitre, plus agréable narrativement parlant et moins confus.
Cette BD plaira aux amateurs d'Histoire et de saga historique qui savent passer outre un petit peu d'amateurisme dans une BD et dans son dessin. Intéressante et sans prétention.
C’est un manga, avec tous les ingrédients classiques, on sera donc indulgent sur la forme (genre BD pour enfants), qui plait certainement beaucoup aux Japonais, mais qui peut facilement lasser (surtout sur 7 tomes). On peut cependant remarquer que le dessin, bien que bon, est peu lisible, ce qui gâche pas mal le plaisir de lecture ; ici la couleur manque. Le monde imaginé est plutôt bien fait et riche. Les nombreux rebondissements et détours du scénario peuvent plaire, mais là, la profusion vire à l’excès ; et puis j’en ai rapidement eu marre de cette héroïne si gentille que tout le monde adore, même ses pires ennemis, et pour qui tout le monde se sacrifie. Pour finir, c’est un peu long et, à mon avis, dur à suivre si on lit pas tout d’une traite.
Bon point pour la réflexion qu’on trouve ici, c’est si rare de nos jours (même si ça vire trop au mélodrame).
D’emblée, je dois dire que le style d’Andreas si caractéristique me plait assez. Graphiquement, c’est donc superbe (tant au niveau du dessin que du découpage). J’ai entamé l’oeuvre de cet auteur par l’intégrale de Cyrrus-Mil en me disant qu’elle serait plus aisée à aborder qu’une série au nombre de tomes plus conséquent telle que Arq, Rock ou Capricorne. Comme quoi l’erreur est humaine puisque tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il s’agit de l’œuvre la plus difficile à appréhender de Andreas. Et je veux bien le croire vu qu’à la première lecture, j’ai pas compris grand-chose. Deux autres lectures de l’album de l’auteur m’ont aidé à y voir plus clair (même si des zones d’ombre subsistent). Je salue l’intelligence et la cohérence du scénario mais je trouve cette série un brin trop alambiqué que pour être conseillée à l’achat. Mais si l’occasion de la lire se présente à vous . . . pourquoi pas ? ;)
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer…
Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux.
C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga.
A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
Un peu déçu par cet album. Keiko Ichiguchi était annoncée par "la plus européenne des mangakas" (oui, c'est une femme). Par le fait qu'elle vive en Italie depuis près de dix ans, mais aussi par le choix du sujet de ses bouquins.
Il est vrai que réaliser un manga sur la Seconde Guerre, vue du côté allemand, est un peu inattendu de la part d'un auteur nippon, dont la famille a elle-même connu la guerre du côté de l'Axe. Mais l'originalité de ce choix s'efface vite derrière la beauté formelle du manga. Ichiguchi a un style élégant, fragile mais pas éthéré, un certain charme se dégage de ses planches. Elle instille dans son histoire toute sa sensibilité de femme, mais aussi de nipponne, si différentes d'un gros niais tel que moi. Et le charme agit. Jusqu'à un certain point.
Jusqu'à la rencontre du second personnage masculin de l'histoire. Qui ressemble furieusement au premier. Et au troisième aussi. Cela gêne vraiment la lecture, d'autant plus que dans une longue scène, ces deux personnages masculins sont ensemble, casqués, et qu'on ne sait plus qui est qui, à moins de zieuter les galons sur les uniformes.
Du coup, la compréhension d'une telle histoire, qui introduit beaucoup de sentiments au coeur d'un événement (la guerre) où l'on n'en fait pas, est carrément torpillée. Et les personnages manquent quand même cruellement de saveur, de profondeur.
Et c'est dommage, parce que 1945 aurait pu être une BD passionnante, nous emmenant dans le labyrinthe des sentiments en des temps troublés.
Notons quand même l'arrivée d'une nouvelle auteure à suivre.
J'ai vraiment adoré ce bouquin, premier du genre que je lisais.
Au niveau du dessin, Thompson fait beaucoup avec pas grand chose. En à peine quelques traits, il arrive à composer des planches de toute beauté (voir tout simplement la galerie).
Le thème peut paraître parfaitement banal (l'histoire d'un ado, ses amours, son rapport à la religion) mais le récit ravive aussi quelques souvenirs, pas très lointains en ce qui me concerne ; ainsi, on est vite proche de Craig, quand bien même la religion catholique nous est Terra Incognita.
A posséder et à lire absolument.
En terme d'épaisseur, De mal en pis est à la bande dessinée ce que Guerre et Paix est à la littérature : un vrai pavé. Avec le même inconvénient qu'à la longue, on a parfois un peu de mal à se passionner pour certains personnages: ici, c'est Sherman, pourtant personnage central de l'histoire, que j'ai tendance à trouver agaçant sur la durée.
Il n'empêche que « De mal en pis » est une galerie de personnages plus ou moins réalistes, mais tous intéressants par certains aspects de leur personnalité : Dorothy Lestrade, enquiquineuse notoire et colocataire insupportable au point de ne jamais rester bien longtemps dans le même appartement, Irving Flavor, vieil aigri qui s'avère pourtant parfois touchant...
Le dessin colle parfaitement avec l'ambiance du récit (du moins je le trouve tel) et les pages d'annonce des nouveaux chapitres sont absolument formidables (en tout cas, quelques-unes m'ont vraiment fait marrer).
J'en conseille l'achat, mais le prix est assez élevé, surtout pour une BD de ce genre, dont on fait généralement peu de relectures.
Voilà un tome (je n'ai lu que le premier) qui ne m'a pas vraiment emballé. Sans compter que le scénario ne brille pas par son originalité, il n'a pas provoqué chez moi une suspension de la respiration lorsqu'il s'agissait de suivre Jack dans ses tribulations.
Le dessin, lui, est cependant plutôt bon, et les couleurs sympas.
A lire éventuellement si, comme moi, on le trouve chez Maxi-livres pour 3 euros en broché, entre 2 trains.
Franchement bien, oui !
Myrkos est un récit fictif dont l’univers est directement emprunté à la Grèce antique. Le terme "antic fantasy" est d’ailleurs avancé par les auteurs. Cette histoire n’est donc construite sur aucune base historique avérée. Pourtant le récit garde toute sa crédibilité. En effet, cet ornementiste qui s’oppose au conservatisme du dogme en découvrant la perspective aurait pu exister. C’est ce qui fait aussi la force de cette série : rendre vraisemblable un évènement qui ne se produira que bien après. Kraehn nous offre un scénario dense construit intelligemment sur une base solide avec une idée de départ originale et bien exploitée. Le dessin de Miguel est quant à lui soigné et correctement réalisé. On pourrait lui reprocher l’absence d’un style propre mais pour un premier album, je trouve ça pas mal. De plus, les couleurs sont judicieusement choisies pour mettre en valeur l’histoire. A suivre !
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Un peu de fumée bleue...
Je ne connaissais pas le trait de Ruben Pellejero, et j’avoue le trouver assez beau (même si j’ai un peu de mal avec sa mise en couleur des visages) et non sans une certaine parenté avec celui de Guibert dans Le Capitaine Ecarlate, mais je semble être la seule à le penser. Quoi qu’il en soit, certaines scènes nocturnes sont somptueuses. Le Catalan met son talent au service d’un scénario intelligent, bien rythmé, qui alterne les flash-backs avec le présent de l’héroïne, et en fil rouge, si l’on peut dire, la fumée bleue de la cigarette et de son âme qui se consume. L’auteur est resté volontairement elliptique sur le contexte historique, même s’il semble que l’on puisse au moins dire qu’on est dans une dictature d’un pays de Est, et sur les tortures infligées aux prisonniers politiques, insistant sur les rares moments où ces derniers peuvent furtivement entrevoir leurs proches. Je trouve ce parti-pris très intéressant, car on est comme ces femmes : on ne sait rien, on ne peut qu’imaginer. La fin est à la fois fine puisqu’elle éclaire l’histoire et un peu trop facile, comme l’ont déjà dit certains. De plus, on referme l’album avec des questions qui resteront malheureusement sans réponse. Donc 3 étoiles, et pour l’achat, moi je me suis contentée de l’emprunter...
Limougeauds
En empruntant cette BD et au vu de la couverture qui, il faut le dire, est assez moche surtout au niveau des couleurs, je m'attendais à une petite BD amateur commandée par la mairie de Limoges pour promouvoir leur ville, un truc sans grande qualité et sûrement très moche à l'intérieur. Et pourtant, au final, j'ai été agréablement surpris. D'accord, le dessin est assez amateur, voire franchement raté concernant les visages des personnages. Mais globalement, et cela tient sans doute au fait qu'on n'a pas droit aux affreuses couleurs de la couverture à l'intérieur de la BD - et pour cause puisque c'est tout en noir et blanc -, le dessin n'est pas aussi mauvais que je le craignais. Les décors ne sont même pas si mal du tout. Et globalement, si on oublie les visages des personnages, les planches sont visuellement correctes, le niveau juste au dessus de celui d'un bon amateur, quoi. Concernant le scénario, déjà il faut aimer l'Histoire, et c'est mon cas. Je suis assez facilement entré dans le récit qui se lit bien car l'auteur modère le didactisme de l'ouvrage en imaginant une saga familiale quasiment ininterrompue de la préhistoire jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L'album est séparé en trois grands chapitres correspondant en gros aux périodes de la préhistoire jusqu'à la chute de l'Empire Romain, au Moyen-Age, puis à l'époque moderne de la Révolution Française jusqu'à 1945. J'ai bien apprécié la première partie car elle est claire, agréable à lire et assez intéressante par la façon dont l'auteur nous montre la "petite histoire" en s'attachant à des personnages et des conflits de personnalités. A l'inverse, j'ai un peu décroché dans le second chapitre car l'histoire moyen-âgeuse de Limoges m'a paru franchement confuse et le récit peu intéressant à suivre. Mais j'ai de nouveau assez accroché au dernier chapitre, plus agréable narrativement parlant et moins confus. Cette BD plaira aux amateurs d'Histoire et de saga historique qui savent passer outre un petit peu d'amateurisme dans une BD et dans son dessin. Intéressante et sans prétention.
Nausicaä de la vallée du vent
C’est un manga, avec tous les ingrédients classiques, on sera donc indulgent sur la forme (genre BD pour enfants), qui plait certainement beaucoup aux Japonais, mais qui peut facilement lasser (surtout sur 7 tomes). On peut cependant remarquer que le dessin, bien que bon, est peu lisible, ce qui gâche pas mal le plaisir de lecture ; ici la couleur manque. Le monde imaginé est plutôt bien fait et riche. Les nombreux rebondissements et détours du scénario peuvent plaire, mais là, la profusion vire à l’excès ; et puis j’en ai rapidement eu marre de cette héroïne si gentille que tout le monde adore, même ses pires ennemis, et pour qui tout le monde se sacrifie. Pour finir, c’est un peu long et, à mon avis, dur à suivre si on lit pas tout d’une traite. Bon point pour la réflexion qu’on trouve ici, c’est si rare de nos jours (même si ça vire trop au mélodrame).
Cyrrus / Mil
D’emblée, je dois dire que le style d’Andreas si caractéristique me plait assez. Graphiquement, c’est donc superbe (tant au niveau du dessin que du découpage). J’ai entamé l’oeuvre de cet auteur par l’intégrale de Cyrrus-Mil en me disant qu’elle serait plus aisée à aborder qu’une série au nombre de tomes plus conséquent telle que Arq, Rock ou Capricorne. Comme quoi l’erreur est humaine puisque tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il s’agit de l’œuvre la plus difficile à appréhender de Andreas. Et je veux bien le croire vu qu’à la première lecture, j’ai pas compris grand-chose. Deux autres lectures de l’album de l’auteur m’ont aidé à y voir plus clair (même si des zones d’ombre subsistent). Je salue l’intelligence et la cohérence du scénario mais je trouve cette série un brin trop alambiqué que pour être conseillée à l’achat. Mais si l’occasion de la lire se présente à vous . . . pourquoi pas ? ;)
Le Maître de Jeu
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer… Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux. C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga. A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
1945
Un peu déçu par cet album. Keiko Ichiguchi était annoncée par "la plus européenne des mangakas" (oui, c'est une femme). Par le fait qu'elle vive en Italie depuis près de dix ans, mais aussi par le choix du sujet de ses bouquins. Il est vrai que réaliser un manga sur la Seconde Guerre, vue du côté allemand, est un peu inattendu de la part d'un auteur nippon, dont la famille a elle-même connu la guerre du côté de l'Axe. Mais l'originalité de ce choix s'efface vite derrière la beauté formelle du manga. Ichiguchi a un style élégant, fragile mais pas éthéré, un certain charme se dégage de ses planches. Elle instille dans son histoire toute sa sensibilité de femme, mais aussi de nipponne, si différentes d'un gros niais tel que moi. Et le charme agit. Jusqu'à un certain point. Jusqu'à la rencontre du second personnage masculin de l'histoire. Qui ressemble furieusement au premier. Et au troisième aussi. Cela gêne vraiment la lecture, d'autant plus que dans une longue scène, ces deux personnages masculins sont ensemble, casqués, et qu'on ne sait plus qui est qui, à moins de zieuter les galons sur les uniformes. Du coup, la compréhension d'une telle histoire, qui introduit beaucoup de sentiments au coeur d'un événement (la guerre) où l'on n'en fait pas, est carrément torpillée. Et les personnages manquent quand même cruellement de saveur, de profondeur. Et c'est dommage, parce que 1945 aurait pu être une BD passionnante, nous emmenant dans le labyrinthe des sentiments en des temps troublés. Notons quand même l'arrivée d'une nouvelle auteure à suivre.
Blankets - Manteau de neige
J'ai vraiment adoré ce bouquin, premier du genre que je lisais. Au niveau du dessin, Thompson fait beaucoup avec pas grand chose. En à peine quelques traits, il arrive à composer des planches de toute beauté (voir tout simplement la galerie). Le thème peut paraître parfaitement banal (l'histoire d'un ado, ses amours, son rapport à la religion) mais le récit ravive aussi quelques souvenirs, pas très lointains en ce qui me concerne ; ainsi, on est vite proche de Craig, quand bien même la religion catholique nous est Terra Incognita. A posséder et à lire absolument.
De mal en pis
En terme d'épaisseur, De mal en pis est à la bande dessinée ce que Guerre et Paix est à la littérature : un vrai pavé. Avec le même inconvénient qu'à la longue, on a parfois un peu de mal à se passionner pour certains personnages: ici, c'est Sherman, pourtant personnage central de l'histoire, que j'ai tendance à trouver agaçant sur la durée. Il n'empêche que « De mal en pis » est une galerie de personnages plus ou moins réalistes, mais tous intéressants par certains aspects de leur personnalité : Dorothy Lestrade, enquiquineuse notoire et colocataire insupportable au point de ne jamais rester bien longtemps dans le même appartement, Irving Flavor, vieil aigri qui s'avère pourtant parfois touchant... Le dessin colle parfaitement avec l'ambiance du récit (du moins je le trouve tel) et les pages d'annonce des nouveaux chapitres sont absolument formidables (en tout cas, quelques-unes m'ont vraiment fait marrer). J'en conseille l'achat, mais le prix est assez élevé, surtout pour une BD de ce genre, dont on fait généralement peu de relectures.
Les Livres de Vie (Le Livre de Jack / Sam)
Voilà un tome (je n'ai lu que le premier) qui ne m'a pas vraiment emballé. Sans compter que le scénario ne brille pas par son originalité, il n'a pas provoqué chez moi une suspension de la respiration lorsqu'il s'agissait de suivre Jack dans ses tribulations. Le dessin, lui, est cependant plutôt bon, et les couleurs sympas. A lire éventuellement si, comme moi, on le trouve chez Maxi-livres pour 3 euros en broché, entre 2 trains.
Myrkos
Franchement bien, oui ! Myrkos est un récit fictif dont l’univers est directement emprunté à la Grèce antique. Le terme "antic fantasy" est d’ailleurs avancé par les auteurs. Cette histoire n’est donc construite sur aucune base historique avérée. Pourtant le récit garde toute sa crédibilité. En effet, cet ornementiste qui s’oppose au conservatisme du dogme en découvrant la perspective aurait pu exister. C’est ce qui fait aussi la force de cette série : rendre vraisemblable un évènement qui ne se produira que bien après. Kraehn nous offre un scénario dense construit intelligemment sur une base solide avec une idée de départ originale et bien exploitée. Le dessin de Miguel est quant à lui soigné et correctement réalisé. On pourrait lui reprocher l’absence d’un style propre mais pour un premier album, je trouve ça pas mal. De plus, les couleurs sont judicieusement choisies pour mettre en valeur l’histoire. A suivre !