P'tain, quelle tristesse ce bouquin... Si vous êtes du genre émotif, nul doute que les pérégrinations mélancoliques de ce petit jouet défraîchi vous arracheront une petite larme.
Bon, moi, perso, j'ai pas d'coeur, alors ça va 8).
Cela dit, je reconnais que dans le genre "jolie petite histoire triste", c'est très mignon, assez touchant... Tenez, si je n'avais pas déjà utilisé la formule 253 fois dans mes avis précédents, je vous parlerais même de "charme délicieusement suranné".
On pourra reprocher à l'auteur de jouer la carte d'une émotion un peu facile (c'est pas très dur de faire chialer avec un gentil papy malade et un gentil jouet abandonné ; essayez la même histoire avec, je ne sais pas moi, mettons, un ancien tortionnaire d'Algérie et une gégène, vous verrez que c'est beaucoup plus dur), de donner un peu trop dans le mignon-tout-plein, mais bon, en même temps, ce genre de choses, une fois de temps en temps, ce n'est pas désagréable, d'autant que Le Pantin n'est quand même pas trop "guimauve".
Bref, voilà, c'est un p'tit album pas indispensable mais sympathique.
Bamboo étoffe son catalogue pour proposer une série à cent lieues de ses classiques bds à thème (les profs, les pompiers ou autres gendarmes, ...) tout en restant dans des prix "raisonnables". Le moins qu’on puisse dire est que le tandem Brrémaud-Reynes semble bien fonctionner car "Lola Bogota" est leur troisième série en commun après Banana fight [Paquet] et Sexy Gun [Soleil]. Brrémaud est un auteur que j’apprécie particulièrement pour son côté déjanté et bouillonnant qui marque chacun de ses récits. Il en fait parfois un peu trop mais ce n’est jamais "gavant".
Pas besoin de se plonger dans cette bd pour deviner qu’elle fait ouvertement référence aux Tontons flingueurs avec, entre autre, des pastiches de Bernard Blier et de Lino Ventura (cf. la couverture). L’histoire en tant que telle n’est pas vraiment transcendante mais reste sympathique. Les ingrédients sont dosés juste comme il faut pour fournir une bd divertissante et pas prise de tête : des filles sexy (genre "James Bond Girl des 60’s"), de l’humour (un peu) et de l’action (beaucoup).
En comparaison avec les précédentes réalisations de Reynes, on peut y déceler des personnages similaires comme les filles sexy (cf. Sexy Gun) ou encore le grand malabar (cf. Banana).
Des réalisations de ce duo, Banana garde ma préférence (dont la suite semble de plus en plus compromise). Toutefois, Lola Bogota est un ton au dessus de Sexy Gun.
La lecture du premier opus, lors de sa sortie, ne m’avait pas franchement emballé, la faute à un récit qui ne m’avait pas captivé outre mesure malgré la qualité des planches de Sorel.
Une lecture récente des deux premiers tomes m’a fait revoir mon jugement. Bigre, comment ai-je pu passé à côté d’un tel récit ? Certes, le voile n’est pas entièrement levé, le côté fantastique de l’histoire gardant une part de mystère (la signification des lapins et des pies m’a aussi échappé, tout comme Ro). Toutefois, ces non-dits ne gênent en rien le plaisir de lecture, ni la compréhension de l’histoire, centralisée sur ce curieux petit bonhomme accompagnant William. De plus, la narration est vraiment prenante. Quant aux planches, elles parlent d’elles-mêmes !
J’attends la sortie du tome 4 pour commencer le second cycle. :)
Les BDs de Cabu, très imprégnées de l’esprit de l’époque à laquelle elles ont été écrites, tombent petit à petit dans un oubli quasi-total.
Pourtant Mon Beauf’, s’il représente clairement le Français moyen-minable de la France de De Gaulle, Pompidou et Giscard, le Dupont-Lajoie poujado des années 60-70, n’a pas tant vieilli que ça. D’ailleurs le mot lui-même, popularisé par Cabu justement, est rentré dans le français courant et s’utilise encore très couramment aujourd’hui. Et des beaufs semblables au beau-frère de Duduche, on en rencontre encore par paquets de 12 n’importe où, dans le métro, dans les troquets, dans les réunions de famille, à la télé. On les voit même fièrement relever la tête depuis quelques années, dans cette France réac qui a envoyé Le Pen au second tour des présidentielles 2002, qui mettra sans doute Sarkozy sur le trône en 2007, cette vieille France catho bien à droite qui envoie les CRS tabasser les lycéens qui manifestent, qui n’aime pas les Arabes, qui met en avant la "laïcité" quand il s'agit d'emmerder les musulmans puis, en bonne chrétienne, se prosterne officiellement quand le pape claque, qui n’aime pas les jeunes, qui aime son petit confort et sa sécurité, bref cette France qui a fini par arrêter de jouer au "pays des droits de l’Homme" pour s’assumer comme la mère-patrie des beaufs imbéciles et fachos dessinés par Cabu et chantés par Renaud.
Bref, dans le fond la France d’aujourd’hui et celle de Mon Beauf’ ne sont pas si différentes.
Du coup, la caricature vacharde (et pas toujours hyper subtile) de Cabu fait encore souvent mouche, même si depuis Cabu, le personnage du beauf a été maintes et maintes fois réutilisé en BD, à la télévision et au cinéma. Il faut néanmoins savoir que, si l’on a bien affaire à une BD d’humour et qu’il y a pas mal de bons gags bien sentis, il y a aussi quelques passages quasi "documentaires" plutôt sordides, ce qui fait qu’on ne rit pas toujours aux éclats face à Mon Beauf’. Un peu comme face à vrai beauf’ finalement : évidemment, il est si con que ça peut être drôle de l’écouter débiter ses débilités, et en même temps, c’est effrayant, parce qu’on sait que des comme lui, il y en a des millions d’autres, et que même ceux qui n’ont pas de fusil et de berger allemand chez eux ont sans doute, en revanche, une carte d’électeur.
Bref, voilà, personnellement je trouve que c’est une BD qu’il est bon de redécouvrir aujourd’hui (évidemment, c’est épuisé, pas réédité, donc il faudra fouiller chez les bouquinistes et sur le net).
Le scénario de cette BD de cul est totalement basique, du déjà-vu complet : une institution religieuse pour jeunes filles dans laquelle les filles ne manquent pas une occasion pour s'adonner aux plaisirs lesbiens ou plus si affinités. C'est le schéma classique de l'histoire érotique : une nouvelle arrivante découvre bien vite que les autres pensionnaires sont totalement dévergondées et entre dans leurs jeux sexuels, elles baisent ensemble, se font baiser par le gardien moche mais bien membré, se font baiser par les profs, et quand elles sortent de cette Institution (à partir du tome 2), elles continuent leurs expériences sexuelles à droite à gauche.
Ce scénario est tellement classique que je n'y trouve plus rien d'émoustillant. Les scènes sont pas mal foutues, assez réalistes, et les dialogues ne sont pas ridicules, mais bon... Déjà-vu...
Par contre, le dessin est excellent. A tous points de vue, décor, personnages, corps mâles et femelles : tout est vraiment bien foutu et joli à regarder.
C'est ce qui sauve cette série à mes yeux, mais elle n'en reste pas moins dispensable.
Pour commencer, le dessin de Frollo est plutôt bon. Il a une touche un peu ancienne qui colle parfaitement avec l'ambiance années 20 de cette série et ses dessins d'hommes et de femmes sont tout à fait réussis. Bref, visuellement, même si ce n'est pas le niveau de Manara, c'est une BD tout à fait acceptable voire bonne.
Quant à l'histoire, elle a l'avantage d'être crédible. Pas de femmes soumises, pas de situations rocambolesques : ce bordel ressemble à une belle maison-close, réaliste et sans rien de glauque. Les femmes y sont prêtes à toutes les aventures sexuelles mais jamais sous la soumission, en gardant le sourire. Bref, rien de sordide et que de l'agréable.
Et malgré ou grâce à cela, certaines scènes sont nettement émoustillantes tant il est plus excitant de voir des femmes se donner sincèrement à la chose plutôt que des potiches ou des femmes violées comme dans d'autres BDs de cul.
Une BD pornographique de qualité.
J'ai lu dans un journal ( dont je ne sais plus le nom) que l'on retrouvait l'esprit des Sextraordinaires aventures de Zizi et Peter Panpan, dans l'esprit, le cynisme, l'humour... Pas du tout!!
Je trouve qu'on en est bien loin... Le scénario est creux, vide sans sens... Le final, bien que non téléphoné, n'apporte vraiment pas grand chose - et ce d'autant plus qu'il n'y a vraiment aucun suspens dans cette BD...
Je trouve que le thème est racoleur, et mélange sexe, paillettes pour permettre de critiquer la "jet-set", tout en jouant sur le côté "on vous montre tout ce qu'est la jet set" et donc en participant quel que peu renforcer la position d'éloignement que l'on peut éprouver face à "ce monde"...
C'est donc un gala mais sans le côté marrant et ragoteur de gala, qui amuse 30 secondes... C'est donc l'ennui total cette BD.
Peut-être peut-on trouver un intérêt dans le dessin qui a certes ses qualités, mais qui ne colle vraiment pas avec le côté provocateur de la BD... Malgré ses qualités, il participe à ce sentiment d'ennui...
Alors je ne sais si cette BD est de l'humour ou de la satyre sociale, mais sa lecture est à proscrire dans tous les cas... Sa seule utilité dans ma bibliothèque (on me l'a offerte) est de me servir de support pour écrire...
En règle générale, je ne suis pas hyper-fan de BD-documentaires. Je suis même souvent très agacé par les consensus autour de BD "sérieuses" comme Rural ! ou Pilules bleues, persuadé que les gens les encensent non pas pour récompenser leur qualité, mais simplement pour témoigner leur sympathie à la cause traitée dans ces albums.
C'est donc avec un a priori plutôt négatif que j'ai ouvert Le Photographe (je précise néanmoins que je ne suis pas maso et que je n'ai pas décidé de le lire pour le plaisir de me faire du mal : c'était une obligation professionnelle).
J'ai été agréablement surpris, et j'ai dévoré les 2 tomes sans m'arrêter, comme une passionnante série d'aventures.
Le dessin de Guibert et les photos se complètent parfaitement. Le propos est intelligent, instructif, lucide, jamais larmoyant, ne verse pas dans la glorification à outrance des héros-qui-vouent-leur-vie-à-aider-les-autres.
Le périple de cette caravane se suit avec intérêt, on ne s'ennuie pas un instant. Bref, j'ai hâte que le tome 3 sorte.
Voilà une BD bien drôle comme je les aime... Se moquer gentiment des altermondialistes sans tomber dans une lourde parodie tout juste bonne à faire rire le MEDEF et les lecteurs du Figaro, telle est la grande réussite de cet album.
La caricature est franchement bien vue, certains gags m'ont carrément fait éclater de rire (la mascotte du mouvement ATTAC, l'arme absolue de José Bové, la visite à la boutique altermondialiste...), bref j'ai passé un très bon moment avec cette BD.
Après avoir lu Baker Street, je cherchais une série similaire pour me replonger dans cette ambiance victorienne qui inspire tellement d'auteurs et qui me séduirait tout autant. J'ai été comblé avec Green Manor qui est une série tout à fait réussie.
Velhmann nous offre un scénario très plaisant où l'humour parfois glauque est omniprésent. Ces histoires de meurtres ne manquent pas d'originalité. Certaines d'entres elles sont même très recherchées dans leur conception. Bien sûr, l'ambiance générale du récit est axée sur la dérision et c'est franchement convaincant.
Le dessin de Bodart est, lui aussi, très réussi. Son trait met bien en valeur le scénario.
En résumé, Green Manor est une série qui mérite d'être suivie.
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Le Pantin
P'tain, quelle tristesse ce bouquin... Si vous êtes du genre émotif, nul doute que les pérégrinations mélancoliques de ce petit jouet défraîchi vous arracheront une petite larme. Bon, moi, perso, j'ai pas d'coeur, alors ça va 8). Cela dit, je reconnais que dans le genre "jolie petite histoire triste", c'est très mignon, assez touchant... Tenez, si je n'avais pas déjà utilisé la formule 253 fois dans mes avis précédents, je vous parlerais même de "charme délicieusement suranné". On pourra reprocher à l'auteur de jouer la carte d'une émotion un peu facile (c'est pas très dur de faire chialer avec un gentil papy malade et un gentil jouet abandonné ; essayez la même histoire avec, je ne sais pas moi, mettons, un ancien tortionnaire d'Algérie et une gégène, vous verrez que c'est beaucoup plus dur), de donner un peu trop dans le mignon-tout-plein, mais bon, en même temps, ce genre de choses, une fois de temps en temps, ce n'est pas désagréable, d'autant que Le Pantin n'est quand même pas trop "guimauve". Bref, voilà, c'est un p'tit album pas indispensable mais sympathique.
Lola Bogota
Bamboo étoffe son catalogue pour proposer une série à cent lieues de ses classiques bds à thème (les profs, les pompiers ou autres gendarmes, ...) tout en restant dans des prix "raisonnables". Le moins qu’on puisse dire est que le tandem Brrémaud-Reynes semble bien fonctionner car "Lola Bogota" est leur troisième série en commun après Banana fight [Paquet] et Sexy Gun [Soleil]. Brrémaud est un auteur que j’apprécie particulièrement pour son côté déjanté et bouillonnant qui marque chacun de ses récits. Il en fait parfois un peu trop mais ce n’est jamais "gavant". Pas besoin de se plonger dans cette bd pour deviner qu’elle fait ouvertement référence aux Tontons flingueurs avec, entre autre, des pastiches de Bernard Blier et de Lino Ventura (cf. la couverture). L’histoire en tant que telle n’est pas vraiment transcendante mais reste sympathique. Les ingrédients sont dosés juste comme il faut pour fournir une bd divertissante et pas prise de tête : des filles sexy (genre "James Bond Girl des 60’s"), de l’humour (un peu) et de l’action (beaucoup). En comparaison avec les précédentes réalisations de Reynes, on peut y déceler des personnages similaires comme les filles sexy (cf. Sexy Gun) ou encore le grand malabar (cf. Banana). Des réalisations de ce duo, Banana garde ma préférence (dont la suite semble de plus en plus compromise). Toutefois, Lola Bogota est un ton au dessus de Sexy Gun.
Algernon Woodcock
La lecture du premier opus, lors de sa sortie, ne m’avait pas franchement emballé, la faute à un récit qui ne m’avait pas captivé outre mesure malgré la qualité des planches de Sorel. Une lecture récente des deux premiers tomes m’a fait revoir mon jugement. Bigre, comment ai-je pu passé à côté d’un tel récit ? Certes, le voile n’est pas entièrement levé, le côté fantastique de l’histoire gardant une part de mystère (la signification des lapins et des pies m’a aussi échappé, tout comme Ro). Toutefois, ces non-dits ne gênent en rien le plaisir de lecture, ni la compréhension de l’histoire, centralisée sur ce curieux petit bonhomme accompagnant William. De plus, la narration est vraiment prenante. Quant aux planches, elles parlent d’elles-mêmes ! J’attends la sortie du tome 4 pour commencer le second cycle. :)
Mon Beauf'
Les BDs de Cabu, très imprégnées de l’esprit de l’époque à laquelle elles ont été écrites, tombent petit à petit dans un oubli quasi-total. Pourtant Mon Beauf’, s’il représente clairement le Français moyen-minable de la France de De Gaulle, Pompidou et Giscard, le Dupont-Lajoie poujado des années 60-70, n’a pas tant vieilli que ça. D’ailleurs le mot lui-même, popularisé par Cabu justement, est rentré dans le français courant et s’utilise encore très couramment aujourd’hui. Et des beaufs semblables au beau-frère de Duduche, on en rencontre encore par paquets de 12 n’importe où, dans le métro, dans les troquets, dans les réunions de famille, à la télé. On les voit même fièrement relever la tête depuis quelques années, dans cette France réac qui a envoyé Le Pen au second tour des présidentielles 2002, qui mettra sans doute Sarkozy sur le trône en 2007, cette vieille France catho bien à droite qui envoie les CRS tabasser les lycéens qui manifestent, qui n’aime pas les Arabes, qui met en avant la "laïcité" quand il s'agit d'emmerder les musulmans puis, en bonne chrétienne, se prosterne officiellement quand le pape claque, qui n’aime pas les jeunes, qui aime son petit confort et sa sécurité, bref cette France qui a fini par arrêter de jouer au "pays des droits de l’Homme" pour s’assumer comme la mère-patrie des beaufs imbéciles et fachos dessinés par Cabu et chantés par Renaud. Bref, dans le fond la France d’aujourd’hui et celle de Mon Beauf’ ne sont pas si différentes. Du coup, la caricature vacharde (et pas toujours hyper subtile) de Cabu fait encore souvent mouche, même si depuis Cabu, le personnage du beauf a été maintes et maintes fois réutilisé en BD, à la télévision et au cinéma. Il faut néanmoins savoir que, si l’on a bien affaire à une BD d’humour et qu’il y a pas mal de bons gags bien sentis, il y a aussi quelques passages quasi "documentaires" plutôt sordides, ce qui fait qu’on ne rit pas toujours aux éclats face à Mon Beauf’. Un peu comme face à vrai beauf’ finalement : évidemment, il est si con que ça peut être drôle de l’écouter débiter ses débilités, et en même temps, c’est effrayant, parce qu’on sait que des comme lui, il y en a des millions d’autres, et que même ceux qui n’ont pas de fusil et de berger allemand chez eux ont sans doute, en revanche, une carte d’électeur. Bref, voilà, personnellement je trouve que c’est une BD qu’il est bon de redécouvrir aujourd’hui (évidemment, c’est épuisé, pas réédité, donc il faudra fouiller chez les bouquinistes et sur le net).
L'Institution Marie-Madeleine
Le scénario de cette BD de cul est totalement basique, du déjà-vu complet : une institution religieuse pour jeunes filles dans laquelle les filles ne manquent pas une occasion pour s'adonner aux plaisirs lesbiens ou plus si affinités. C'est le schéma classique de l'histoire érotique : une nouvelle arrivante découvre bien vite que les autres pensionnaires sont totalement dévergondées et entre dans leurs jeux sexuels, elles baisent ensemble, se font baiser par le gardien moche mais bien membré, se font baiser par les profs, et quand elles sortent de cette Institution (à partir du tome 2), elles continuent leurs expériences sexuelles à droite à gauche. Ce scénario est tellement classique que je n'y trouve plus rien d'émoustillant. Les scènes sont pas mal foutues, assez réalistes, et les dialogues ne sont pas ridicules, mais bon... Déjà-vu... Par contre, le dessin est excellent. A tous points de vue, décor, personnages, corps mâles et femelles : tout est vraiment bien foutu et joli à regarder. C'est ce qui sauve cette série à mes yeux, mais elle n'en reste pas moins dispensable.
Casino
Pour commencer, le dessin de Frollo est plutôt bon. Il a une touche un peu ancienne qui colle parfaitement avec l'ambiance années 20 de cette série et ses dessins d'hommes et de femmes sont tout à fait réussis. Bref, visuellement, même si ce n'est pas le niveau de Manara, c'est une BD tout à fait acceptable voire bonne. Quant à l'histoire, elle a l'avantage d'être crédible. Pas de femmes soumises, pas de situations rocambolesques : ce bordel ressemble à une belle maison-close, réaliste et sans rien de glauque. Les femmes y sont prêtes à toutes les aventures sexuelles mais jamais sous la soumission, en gardant le sourire. Bref, rien de sordide et que de l'agréable. Et malgré ou grâce à cela, certaines scènes sont nettement émoustillantes tant il est plus excitant de voir des femmes se donner sincèrement à la chose plutôt que des potiches ou des femmes violées comme dans d'autres BDs de cul. Une BD pornographique de qualité.
Rester Normal
J'ai lu dans un journal ( dont je ne sais plus le nom) que l'on retrouvait l'esprit des Sextraordinaires aventures de Zizi et Peter Panpan, dans l'esprit, le cynisme, l'humour... Pas du tout!! Je trouve qu'on en est bien loin... Le scénario est creux, vide sans sens... Le final, bien que non téléphoné, n'apporte vraiment pas grand chose - et ce d'autant plus qu'il n'y a vraiment aucun suspens dans cette BD... Je trouve que le thème est racoleur, et mélange sexe, paillettes pour permettre de critiquer la "jet-set", tout en jouant sur le côté "on vous montre tout ce qu'est la jet set" et donc en participant quel que peu renforcer la position d'éloignement que l'on peut éprouver face à "ce monde"... C'est donc un gala mais sans le côté marrant et ragoteur de gala, qui amuse 30 secondes... C'est donc l'ennui total cette BD. Peut-être peut-on trouver un intérêt dans le dessin qui a certes ses qualités, mais qui ne colle vraiment pas avec le côté provocateur de la BD... Malgré ses qualités, il participe à ce sentiment d'ennui... Alors je ne sais si cette BD est de l'humour ou de la satyre sociale, mais sa lecture est à proscrire dans tous les cas... Sa seule utilité dans ma bibliothèque (on me l'a offerte) est de me servir de support pour écrire...
Le Photographe
En règle générale, je ne suis pas hyper-fan de BD-documentaires. Je suis même souvent très agacé par les consensus autour de BD "sérieuses" comme Rural ! ou Pilules bleues, persuadé que les gens les encensent non pas pour récompenser leur qualité, mais simplement pour témoigner leur sympathie à la cause traitée dans ces albums. C'est donc avec un a priori plutôt négatif que j'ai ouvert Le Photographe (je précise néanmoins que je ne suis pas maso et que je n'ai pas décidé de le lire pour le plaisir de me faire du mal : c'était une obligation professionnelle). J'ai été agréablement surpris, et j'ai dévoré les 2 tomes sans m'arrêter, comme une passionnante série d'aventures. Le dessin de Guibert et les photos se complètent parfaitement. Le propos est intelligent, instructif, lucide, jamais larmoyant, ne verse pas dans la glorification à outrance des héros-qui-vouent-leur-vie-à-aider-les-autres. Le périple de cette caravane se suit avec intérêt, on ne s'ennuie pas un instant. Bref, j'ai hâte que le tome 3 sorte.
Il faut tuer José Bové
Voilà une BD bien drôle comme je les aime... Se moquer gentiment des altermondialistes sans tomber dans une lourde parodie tout juste bonne à faire rire le MEDEF et les lecteurs du Figaro, telle est la grande réussite de cet album. La caricature est franchement bien vue, certains gags m'ont carrément fait éclater de rire (la mascotte du mouvement ATTAC, l'arme absolue de José Bové, la visite à la boutique altermondialiste...), bref j'ai passé un très bon moment avec cette BD.
Green Manor
Après avoir lu Baker Street, je cherchais une série similaire pour me replonger dans cette ambiance victorienne qui inspire tellement d'auteurs et qui me séduirait tout autant. J'ai été comblé avec Green Manor qui est une série tout à fait réussie. Velhmann nous offre un scénario très plaisant où l'humour parfois glauque est omniprésent. Ces histoires de meurtres ne manquent pas d'originalité. Certaines d'entres elles sont même très recherchées dans leur conception. Bien sûr, l'ambiance générale du récit est axée sur la dérision et c'est franchement convaincant. Le dessin de Bodart est, lui aussi, très réussi. Son trait met bien en valeur le scénario. En résumé, Green Manor est une série qui mérite d'être suivie. A conseiller !