Les derniers avis (114262 avis)

Par Gevaudan
Note: 4/5
Couverture de la série Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)

Comme beaucoup ci-dessous, j'ai découvert ce petit bijou grâce à BDT et il est vrai que sans les critiques des plus flatteuses dont il a fait l'objet, je ne m'y serai probablement pas attardé (d'autant plus que le Soleil des Loups ne m'avait pas franchement emballé). Bon, ben pas de doute, hein, c'est très très sympa. Comme tout ou presque a déjà été dit, je me contenterai de souligner que moi, ce qui m'a avant tout frappé dans les aventures érotico-cosmico-trash de Lola, c'est l'énergie et le rythme qui s'en dégagent. Les couleurs flashy, les styles de dessin changeants, les mises en page délirantes sont autant d'éléments qui font de ce bouquin un concentré d'action/aventures/humour ultra-speed et décapant. L'histoire pour ne rien gâcher est assez originale, louchant parfois du côté de la parodie mais dotée d'une armature SF de très bonne facture (avec quelques trouvailles vraiment intéressantes, dont entre autres, la technique de combat développée par Lola). Le sexe est certes très présent, c'est bien mais ce n'est clairement pas le but premier de cette BD (me semble-t-il). Je l'ai plutôt vu comme une petite touche supplémentaire de politiquement incorrect. La suite, car je n'ose imaginer que suite il n'y ait pas, est attendue avec impatience.

01/07/2005 (modifier)
Par Gevaudan
Note: 4/5
Couverture de la série Le Mur de Pan
Le Mur de Pan

Voilà ce que l'on peut appeler une oeuvre originale. Le dessin très fouillé et particulier, mis en page dans un découpage par petites cases, chacune d'entre elles ciselée comme un petit bijou, est quelque chose de vraiment unique. La monochromie du début s'enrichit peu à peu d'une lumière et de teintes très particulières qui donnent à l'ensemble une texture et une densité très fortes. L'histoire ensuite. Que dire? Le Mur de Pan est un livre univers. J'entends par là que l'auteur semble s'être livré à une démarche structurée de création d'un monde qui en dépit de ses particularismes fantastiques (dont le Mur n'est pas des moindres) reste cohérent et riche. Page après page, tome après tome, le lecteur en découvre de nouvelles facettes sous la forme de races, de lieux ou de croyances qui le plongent de surprise en surprise. L'ensemble est donc extrêmement riche mais aussi complexe. Lire le Mur de Pan n'est pas facile et nécessite souvent un effort. Mais pour ceux qui se donnent la peine, c'est vraiment une expérience mémorable.

01/07/2005 (modifier)
Par Gevaudan
Note: 2/5
Couverture de la série Carnet de voyage (Un américain en balade)
Carnet de voyage (Un américain en balade)

Je n'ai vraiment pas été emballé par cette BD (d'ailleurs est-ce vraiment une BD?). Le carnet de voyage de Thompson est, ai-je trouvé, paradoxalement peu tourné sur le voyage mais surtout centré sur sa propre personne et ses petites contrariétés. C'est dommage, d'abord parce que lorsque l'auteur s'attache à décrire les paysages et gens qu'il voit, c'est souvent très beau (je pense notamment à certains croquis sur le Maroc), et surtout c'est dommmage parce qu'à l'inverse ses jérémiades constantes sur (je cite, en vrac et de façon non exhaustive) sa main qui lui fait mal (pauvre chéri), sa tourista, sa copine qui est partie, son éducation religieuse, ses crises d'angoisse, le décalage horaire ou encore les gens qui sont plus heureux que lui; c'est très, très lassant. A force j'avais vraiment envie de lui mettre des coups de pied dans le fondement. Reste un talent de dessinateur indéniable et pour l'anecdote des rencontres avec nos Trondheim et Blutch nationaux qui sont toujours amusants à découvrir sous un autre angle.

01/07/2005 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Les Héritiers du soleil
Les Héritiers du soleil

Note approximative : 2.5/5 Je me sens obligé de considérer cette série de 2 manières différentes : d'une manière objective en prenant en compte ses qualités concrètes, mais aussi de manière subjective car je ne l'ai pas ressentie exactement comme ses qualités pouvaient le laisser espérer. Objectivement, le dessin de Convard est bon. Il est très maîtrisé et même si je n'aime pas vraiment son traitement des couleurs, je trouve que ces albums sont graphiquement bons. Le dessin évolue d'ailleurs car le premier tome de la série donne l'impression d'un dessin très classique, presque ligne claire (j'ai un moment fait le rapprochement entre ce dessin du tome 1 et le dessin d'une série classique comme Alix). Mais très vite, au fil des tomes, le dessin devient plus dynamique, plus moderne. Et à partir du 6e tome, Convard laisse la main à Frédéric Bihel qui reprend ce style plus moderne et dynamique pour donner au dessin une touche très actuelle. Je le répête, je n'aime pas vraiment la colorisation de Convard (ni celle de Bihel après en fait), mais globalement je trouve la série bien dessinée aussi bien dans son style classique du début que dans le style plus moderne de la fin. Quant au scénario, il nous présente une Egypte très réaliste à une époque originale : la série prend place entre l'époque où Moïse a lancé ses Plaies sur l'Egypte et une vingtaine d'années après le départ des Hébreux vers la Terre Promise. A ce décor réaliste de l'Egypte telle qu'elle aurait vraiment pu l'être à l'époque va se substituer au fil des tomes une intrigue un peu plus fantastique portant sur l'affrontement entre les Dieux d'Egypte et le Dieu des Hébreux, les uns et l'autre se battant pour la survie de leur croyance par l'intermédiaire des enfants de Néphérouré. Ce scénario est donc assez original et utilise un décor original et bien foutu. L'ennui, maintenant, c'est que je n'ai pas accroché à ce récit. L'intrigue met vraiment longtemps à se mettre en place. Il faut bien 5 tomes pour servir d'introduction à ce conflit entre dieux et entre civilisations qui va devenir le fil conducteur de la série. Le premier tome par exemple, hormis un rêve prémonitoire un peu lourdingue, semble être une banale enquête dans un décor égyptien réaliste. Le deuxième tome met en place une petite partie de l'intrigue, le suivant encore un peu, le 4e rentre un peu dans le vif du sujet, et enfin le 5e tome explique vraiment toute l'intrigue concernant les dieux et leur conflit. Et ce n'est qu'ensuite, à partir du 6e tome, que les enfants de Néphérouré sont nés et qu'on va abandonner Néthi et Néphérouré pour prendre ces enfants pour personnages principaux. Le fil rouge de la série s'étire donc vraiment en longueur dans cette série. Ce qui donne des albums s'attardant sur des intrigues autres, plus attachés aux détails et au déroulement souvent lent et réaliste, donc guère prenants. Et c'est bien ça le soucis : je me suis ennuyé à la lecture de quasiment chaque tome car aucune intrigue spécifique à ces tomes ne m'a vraiment captivé. Le trop plein de textes, de dialogues, de recherche de réalisme et de détail dans le récit m'a assez vite ennuyé et donné l'envie de feuilleter les pages plutôt que de m'attacher à une action assez prévisible. Seule l'intrigue Fil Rouge de l'histoire, avec ce conflit entre dieux, m'a relativement intéressé, mais pour le reste, je dois dire que les albums de cette série ne sont guère captivants à mon goût.

01/07/2005 (modifier)
Par Spooky
Note: 2/5
Couverture de la série Le Roi des Mouches
Le Roi des Mouches

C'est une BD assez étrange... Empreinte d'un pessimisme incroyablement profond, elle nous montre plusieurs personnages (Eric et Sal vont se séparer, puis se recroiser avec d'autres personnes) qui semblent ne pas vraiment contrôler leur vie, subir une espèce de fatalité un peu cruelle parfois. Les moments d'étrangeté sont entrecoupés de traits d'humour parfois bien vus, mais j'ai du mal à accrocher. Le dessin de Mezzo est maîtrisé, mais un peu trop statique à mon goût. Il me fait penser à celui de certains auteurs underground américains qui s'enferment un peu dans un style. Ca tourne en rond, même si les couleurs de Ruby essaient de réhausser l'ensemble.

01/07/2005 (modifier)
Par Manu Temj
Note: 5/5
Couverture de la série Les enfants
Les enfants

Si les bandes dessinées dont l'action se déroule en Afrique sont nombreuses, celles qui parlent de l'Afrique sub-saharienne avec justesse sont rares. Les Enfants, peut-être encore plus que Deogratias, est au premier rang de celles-là. Evidemment, qui est allé traîner son sac sur ce continent, sait combien l'Afrique peut être complexe, diverse et riche, et que parler de "l'Afrique" comme d'un tout n'est pas plus simple que d'identifier l'identité européenne ou asiatique. Trop souvent l'Afrique noire est décrite comme un bloc uniforme, tragique portrait post-colonial empreint d'idées reçues, d'un fond de condescendance et d'un zest de carte postale. Rien de tout ça dans Les Enfants. Stassen s'essaie à présenter un pays d'Afrique indéterminé, à la fois unique et panafricain, quelque part entre le golfe de Guinée et le grand rift. Une forme de réalité africaine, générale, cruelle et pessimiste. C'est dire si l'exercice est difficile. Il est réussi aves maestria. Les portraits des coopérants blancs, toujours plus ou moins guettés par le néo-colonialisme, comme ceux des populations locales sont sans consession. Vous reconnaîtrez ces figures de bon samaritains incapables d'appréhender la réalité de leurs "amis" africains malgré toute leur bonne volonté (je fût de ceux-là), de jeunes africains fanfarons et afabulateurs, de chefs locaux respectés mais corrompus naturellement... Si vous ne connaissez pas même un tout petit bout d'Afrique, croyez ce que vous écrit Stassen et laissez aux placards les fables hollywoodiennes et les historiettes pour enfants. Bien-sûr cet album n'a pas le suspens, la construction implacable, la force allégorique ou le couperet final morbide de Deogratias, mais si le récit est plus filant, plus terne, il l'est à dessein, pour un résultat certainement encore plus abouti. On pourra évidemment critiquer le pessimisme de Stassen. Le débat est ouvert. Mais si vous vous intéressez un tant soit peu à la vie du monde qui nous entoure, ne ratez pas Les Enfants ! Faites-en le point d'orgue de la plus implacable, juste et édifiante trilogie africaine de la bande dessinée : Deogratias-Pawa-Les Enfants

01/07/2005 (modifier)
Par Nijal
Note: 4/5
Couverture de la série Soda
Soda

Soda, une très bonne BD en passe de devenir un grand classique. On nous propose un plan classique mais toujours très efficace quand il s'agit de suivre les tribulations d'un personnage. D'un côté la ligne générale: c'est l'histoire d'un flic de Manhattan qui se fait passer pour un pasteur afin d'épargner le coeur fragile d'une mère qui ne sort jamais de son appartement. A partir de cette situation de base somme toute assez originale se déroulent toutes sortes de péripéties. Le scénariste a en effet adopté le format "un tome-une histoire". A la manière des tragédies classiques, il met en place le tryptique "unité de lieu, de temps et d'action": c'est à dire que des évènements s'enchaînent autour d'une histoire particulière, toujours au même endroit, New-York, et toujours en une journée. Comme les tragédiens grecs avant lui, l'auteur canalise toutes les tensions dans un espace de temps et de lieu restreint, de façon à donner plus de force et d'intensité à l'(unique) intigue ainsi traitée. De même, le souci d'une ligne directrice claire donne la priorité à la cohérence au mépris de l'encombrement, et celà pour ne pas faire perdre de vue au lecteur la menée générale de l'enquête. Il n'empêche que les histoires sont pour la plupart d'une remarquable qualité: on arrive toujours à surprendre le lecteur. Une autre force de cette série est que les auteurs arrivent à créer un univers propre: les personnages prennent au fil des épisodes des personnalités de plus en plus affirmées, et notons qu'on évite la caricature, même si les clichés ne sont pas évités pour autant. En outre, les créateurs de "Soda" nous décrivent avec acuité le monde (souvent souterrain) de la grosse pomme, et parfois nous montrent de façon extraordinaire son évolution, de même que les différentes entités et populations qui la composent. Cet aspect-là contribue à l'intérêt de cette BD, qui n'est donc pas une simple succession d'enquêtes policières sur fond d'intrigue générale. Le dessin est très accessible, ni trop sombre, ni trop "cartoon", ni trop réaliste, c'est pour cela que l'on peut venir très tôt à cette série. Bref, de par sa structure qui rend les histoires si excitantes comme pour des éléments plus générals sur la ville de New-York, renforcée par une réflexion sur la nature humaine, tout cela contribue à rendre cette série -qui n'est pas que policière- très accessible et très captivante.

01/07/2005 (modifier)
Par ArzaK
Note: 3/5
Couverture de la série L'Oeil du diable
L'Oeil du diable

L’oeil du diable est d’abord une bonne vieille histoire de pirates. Bien écrite et ma foi joliment dessinée, cette aventure se dévore de bout en bout. Le dessin est une réussite, même si j’ai trouvé certaines cases ou cadrages un peu « surjoués » et les couleurs un peu trop froides... C’est dû à l’informatique, je pense. En couleurs directes, cela aurait pu vraiment donner quelque chose d’exceptionnel. A lire, surtout si vous aimez le genre. Ca change de Barbe-Rouge...

30/06/2005 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Barbara
Barbara

Très bon Tezuka encore une fois pour cette histoire en 2 volumes, mais souvent "Tezuka" et "très bon" vont de pair. Barbara la souillon alcoolique et squatteuse est la muse de l'écrivain mais celui-ci l'ignore et quand il l'apprend n'y croit pas une seconde. On suit une espèce de jeu du "je t'aime / je t'aime plus". Bizarrement même si ça peut sembler pas très palpitant sur le papier, on est bien pris par le rythme de cette histoire un peu déjantée. Bonne édition dans la lignée de Ayako avec le même style de couverture, sens de lecture japonais. Côté dessin rien de nouveau, on aime ou pas.

30/06/2005 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Les Enquêtes de l'inspecteur Coke
Les Enquêtes de l'inspecteur Coke

La momie, celle qui fait peur comme dans le film, indestructible etc. C'est la même ici qui revient d'entre les morts, et en cela l'histoire n'est pas très palpitante. L'enquêteur enquête à la manière d'un Dylan Dog londonien sur d'étranges meurtres dont on retrouve les cadavres exsangues, et finit par remonter le fil. L'histoire n'est pas palpitante, je n'ai pas trop accroché au dessin mais il reste très correcte. La mise en page est parfois assez éclatée et l'ordre des cases bizarroïde si bien qu'on perd parfois l'ordre de lecture. Je ne savais pas qu'il y avait un 2ème tome, en tout cas ça se lit comme un one-shot. Pour amateurs de Battaglia je pense.

30/06/2005 (modifier)