J'ai eu du mal à classer cet album en "humour", tellement j'ai eu du mal à même sourire à ces aventures. Une bande d'amis dont les défauts majeurs pourraient illustrer les 7 péchés capitaux, on en a tous. Mais de là à en faire une BD...
JC Denis était alors, dans les années 1980, au faîte de sa popularité et de son succès. Mais cet album est un accident de parcours, un ratage total -sauf peut-être sur le plan du dessin, et encore, c'est un peu balbutiant-.
Denis a commis son péché capital : la médiocrité artistique.
Lefred-Thouron est un descendant de Reiser et autres Wolinski : il fait de l'humour de presse en quantité non négligeable avec pour support un dessin très... heu... minimal. Techniquement, c'est le genre de dessin d'humour qui se fait dans la minute, aussi vite qu'il le faudrait pour raconter une bonne blague de comptoir par exemple. Pas beau mais relativement efficace.
Je connais surtout Lefred-Thouron par ses dessins dans le magazine Fluide Glacial. Là, ils accompagnent le plus souvent un texte humoristique écrit par un autre et servent pour illustrer ce texte tout en rajoutant une touche d'humour en plus sur le même thème que le texte. Et comme d'habitude, le texte en question est assez drôle, je souris aussi en regardant vite fait ce dessin qui l'accompagne.
Mais la vérité, c'est qu'à mes yeux, ces dessins d'humour ne se suffisent vraiment pas à eux-mêmes. J'ai eu du mal à ne serait-ce que sourire durant ma lecture.
C'est idem pour les gags en une bande ou en une planche : ce n'est clairement pas le genre d'humour de presse qui me fait rire. C'est assez convenu, potable mais vraiment sans plus, d'autant plus que le dessin ne rajoute rien du tout à l'humour.
Dispensable...
Imaginez notre Quasimodo national au pays des "raisins de la colère" et vous obtenez "les rêves de Milton", oeuvre forte, violente et belle à la fois. Sylvain Ricard nous gratifie, une fois de plus, d'une histoire forte et marquante, mise en relief d'une façon magistrale par Maël, qui nous avait habitué à un dessin plus coloré avec "Tamino" chez Glénat. La période de la Grande Dépression nous a fourni donc, outre les meilleurs films de Chaplin, mais aussi cette bande dessinée, violente et réaliste qui nous entraîne vers les plus bas desseins de l'homme. Je regrette une seule chose à propos de cette histoire, c'est que la collection "Aire Libre" de Dupuis n'ait pas offert aux auteurs la possibilité de traiter leur histoire sous forme de one shot (même en un volume de 80 pages, cela restait possible). Mais Sylvain Ricard m'a confié récemment que le prochain tome comportera 70 pages- et sortira en octobre 2006-; donc un one shot de près de 140 pages n'était guère envisageable chez l'éditeur.
Toutefois, bravo pour le dessin. Bravo à Sylvain Ricard et à Frédéric Féjard pour le scénario accrocheur.
Byun Byung Jun oppose à la pression urbaine moderne son dessin élégant, sa poésie champêtre et sa candeur intemporelle. Mais la mièvrerie est au détour du building...
On a très vite envie de le baffer, ce Bong-gu. Personne ne peut le moucher, ce sale gosse morveux et teigneux ? Et difficile de ne pas détester ces personnages sans réelle expression, qui passent énormément de temps à se regarder de part et d'autre d'une rue, d'une impasse... C'est dommage, car la couverture laissait présager de quelque chose de sympathique. Le dessin du Coréen est agréable, intéressant, mais mal utilisé, je trouve... Pourquoi abuser de ces vues en plongée ?
En définitive, ne restent que la couverture et quelques jolis plans sur la mère de Bong-gu...
Je ne connaissais pas le trait de Ruben Pellejero, et j’avoue le trouver assez beau (même si j’ai un peu de mal avec sa mise en couleur des visages) et non sans une certaine parenté avec celui de Guibert dans Le Capitaine Ecarlate, mais je semble être la seule à le penser. Quoi qu’il en soit, certaines scènes nocturnes sont somptueuses.
Le Catalan met son talent au service d’un scénario intelligent, bien rythmé, qui alterne les flash-backs avec le présent de l’héroïne, et en fil rouge, si l’on peut dire, la fumée bleue de la cigarette et de son âme qui se consume. L’auteur est resté volontairement elliptique sur le contexte historique, même s’il semble que l’on puisse au moins dire qu’on est dans une dictature d’un pays de Est, et sur les tortures infligées aux prisonniers politiques, insistant sur les rares moments où ces derniers peuvent furtivement entrevoir leurs proches. Je trouve ce parti-pris très intéressant, car on est comme ces femmes : on ne sait rien, on ne peut qu’imaginer. La fin est à la fois fine puisqu’elle éclaire l’histoire et un peu trop facile, comme l’ont déjà dit certains. De plus, on referme l’album avec des questions qui resteront malheureusement sans réponse. Donc 3 étoiles, et pour l’achat, moi je me suis contentée de l’emprunter...
En empruntant cette BD et au vu de la couverture qui, il faut le dire, est assez moche surtout au niveau des couleurs, je m'attendais à une petite BD amateur commandée par la mairie de Limoges pour promouvoir leur ville, un truc sans grande qualité et sûrement très moche à l'intérieur. Et pourtant, au final, j'ai été agréablement surpris.
D'accord, le dessin est assez amateur, voire franchement raté concernant les visages des personnages. Mais globalement, et cela tient sans doute au fait qu'on n'a pas droit aux affreuses couleurs de la couverture à l'intérieur de la BD - et pour cause puisque c'est tout en noir et blanc -, le dessin n'est pas aussi mauvais que je le craignais. Les décors ne sont même pas si mal du tout. Et globalement, si on oublie les visages des personnages, les planches sont visuellement correctes, le niveau juste au dessus de celui d'un bon amateur, quoi.
Concernant le scénario, déjà il faut aimer l'Histoire, et c'est mon cas. Je suis assez facilement entré dans le récit qui se lit bien car l'auteur modère le didactisme de l'ouvrage en imaginant une saga familiale quasiment ininterrompue de la préhistoire jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
L'album est séparé en trois grands chapitres correspondant en gros aux périodes de la préhistoire jusqu'à la chute de l'Empire Romain, au Moyen-Age, puis à l'époque moderne de la Révolution Française jusqu'à 1945. J'ai bien apprécié la première partie car elle est claire, agréable à lire et assez intéressante par la façon dont l'auteur nous montre la "petite histoire" en s'attachant à des personnages et des conflits de personnalités. A l'inverse, j'ai un peu décroché dans le second chapitre car l'histoire moyen-âgeuse de Limoges m'a paru franchement confuse et le récit peu intéressant à suivre. Mais j'ai de nouveau assez accroché au dernier chapitre, plus agréable narrativement parlant et moins confus.
Cette BD plaira aux amateurs d'Histoire et de saga historique qui savent passer outre un petit peu d'amateurisme dans une BD et dans son dessin. Intéressante et sans prétention.
C’est un manga, avec tous les ingrédients classiques, on sera donc indulgent sur la forme (genre BD pour enfants), qui plait certainement beaucoup aux Japonais, mais qui peut facilement lasser (surtout sur 7 tomes). On peut cependant remarquer que le dessin, bien que bon, est peu lisible, ce qui gâche pas mal le plaisir de lecture ; ici la couleur manque. Le monde imaginé est plutôt bien fait et riche. Les nombreux rebondissements et détours du scénario peuvent plaire, mais là, la profusion vire à l’excès ; et puis j’en ai rapidement eu marre de cette héroïne si gentille que tout le monde adore, même ses pires ennemis, et pour qui tout le monde se sacrifie. Pour finir, c’est un peu long et, à mon avis, dur à suivre si on lit pas tout d’une traite.
Bon point pour la réflexion qu’on trouve ici, c’est si rare de nos jours (même si ça vire trop au mélodrame).
D’emblée, je dois dire que le style d’Andreas si caractéristique me plait assez. Graphiquement, c’est donc superbe (tant au niveau du dessin que du découpage). J’ai entamé l’oeuvre de cet auteur par l’intégrale de Cyrrus-Mil en me disant qu’elle serait plus aisée à aborder qu’une série au nombre de tomes plus conséquent telle que Arq, Rock ou Capricorne. Comme quoi l’erreur est humaine puisque tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il s’agit de l’œuvre la plus difficile à appréhender de Andreas. Et je veux bien le croire vu qu’à la première lecture, j’ai pas compris grand-chose. Deux autres lectures de l’album de l’auteur m’ont aidé à y voir plus clair (même si des zones d’ombre subsistent). Je salue l’intelligence et la cohérence du scénario mais je trouve cette série un brin trop alambiqué que pour être conseillée à l’achat. Mais si l’occasion de la lire se présente à vous . . . pourquoi pas ? ;)
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer…
Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux.
C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga.
A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
Un peu déçu par cet album. Keiko Ichiguchi était annoncée par "la plus européenne des mangakas" (oui, c'est une femme). Par le fait qu'elle vive en Italie depuis près de dix ans, mais aussi par le choix du sujet de ses bouquins.
Il est vrai que réaliser un manga sur la Seconde Guerre, vue du côté allemand, est un peu inattendu de la part d'un auteur nippon, dont la famille a elle-même connu la guerre du côté de l'Axe. Mais l'originalité de ce choix s'efface vite derrière la beauté formelle du manga. Ichiguchi a un style élégant, fragile mais pas éthéré, un certain charme se dégage de ses planches. Elle instille dans son histoire toute sa sensibilité de femme, mais aussi de nipponne, si différentes d'un gros niais tel que moi. Et le charme agit. Jusqu'à un certain point.
Jusqu'à la rencontre du second personnage masculin de l'histoire. Qui ressemble furieusement au premier. Et au troisième aussi. Cela gêne vraiment la lecture, d'autant plus que dans une longue scène, ces deux personnages masculins sont ensemble, casqués, et qu'on ne sait plus qui est qui, à moins de zieuter les galons sur les uniformes.
Du coup, la compréhension d'une telle histoire, qui introduit beaucoup de sentiments au coeur d'un événement (la guerre) où l'on n'en fait pas, est carrément torpillée. Et les personnages manquent quand même cruellement de saveur, de profondeur.
Et c'est dommage, parce que 1945 aurait pu être une BD passionnante, nous emmenant dans le labyrinthe des sentiments en des temps troublés.
Notons quand même l'arrivée d'une nouvelle auteure à suivre.
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Les Sept Péchés capitaux
J'ai eu du mal à classer cet album en "humour", tellement j'ai eu du mal à même sourire à ces aventures. Une bande d'amis dont les défauts majeurs pourraient illustrer les 7 péchés capitaux, on en a tous. Mais de là à en faire une BD... JC Denis était alors, dans les années 1980, au faîte de sa popularité et de son succès. Mais cet album est un accident de parcours, un ratage total -sauf peut-être sur le plan du dessin, et encore, c'est un peu balbutiant-. Denis a commis son péché capital : la médiocrité artistique.
Je suis gland
Lefred-Thouron est un descendant de Reiser et autres Wolinski : il fait de l'humour de presse en quantité non négligeable avec pour support un dessin très... heu... minimal. Techniquement, c'est le genre de dessin d'humour qui se fait dans la minute, aussi vite qu'il le faudrait pour raconter une bonne blague de comptoir par exemple. Pas beau mais relativement efficace. Je connais surtout Lefred-Thouron par ses dessins dans le magazine Fluide Glacial. Là, ils accompagnent le plus souvent un texte humoristique écrit par un autre et servent pour illustrer ce texte tout en rajoutant une touche d'humour en plus sur le même thème que le texte. Et comme d'habitude, le texte en question est assez drôle, je souris aussi en regardant vite fait ce dessin qui l'accompagne. Mais la vérité, c'est qu'à mes yeux, ces dessins d'humour ne se suffisent vraiment pas à eux-mêmes. J'ai eu du mal à ne serait-ce que sourire durant ma lecture. C'est idem pour les gags en une bande ou en une planche : ce n'est clairement pas le genre d'humour de presse qui me fait rire. C'est assez convenu, potable mais vraiment sans plus, d'autant plus que le dessin ne rajoute rien du tout à l'humour. Dispensable...
Les Rêves de Milton
Imaginez notre Quasimodo national au pays des "raisins de la colère" et vous obtenez "les rêves de Milton", oeuvre forte, violente et belle à la fois. Sylvain Ricard nous gratifie, une fois de plus, d'une histoire forte et marquante, mise en relief d'une façon magistrale par Maël, qui nous avait habitué à un dessin plus coloré avec "Tamino" chez Glénat. La période de la Grande Dépression nous a fourni donc, outre les meilleurs films de Chaplin, mais aussi cette bande dessinée, violente et réaliste qui nous entraîne vers les plus bas desseins de l'homme. Je regrette une seule chose à propos de cette histoire, c'est que la collection "Aire Libre" de Dupuis n'ait pas offert aux auteurs la possibilité de traiter leur histoire sous forme de one shot (même en un volume de 80 pages, cela restait possible). Mais Sylvain Ricard m'a confié récemment que le prochain tome comportera 70 pages- et sortira en octobre 2006-; donc un one shot de près de 140 pages n'était guère envisageable chez l'éditeur. Toutefois, bravo pour le dessin. Bravo à Sylvain Ricard et à Frédéric Féjard pour le scénario accrocheur.
Cours, Bong-Gu!
Byun Byung Jun oppose à la pression urbaine moderne son dessin élégant, sa poésie champêtre et sa candeur intemporelle. Mais la mièvrerie est au détour du building... On a très vite envie de le baffer, ce Bong-gu. Personne ne peut le moucher, ce sale gosse morveux et teigneux ? Et difficile de ne pas détester ces personnages sans réelle expression, qui passent énormément de temps à se regarder de part et d'autre d'une rue, d'une impasse... C'est dommage, car la couverture laissait présager de quelque chose de sympathique. Le dessin du Coréen est agréable, intéressant, mais mal utilisé, je trouve... Pourquoi abuser de ces vues en plongée ? En définitive, ne restent que la couverture et quelques jolis plans sur la mère de Bong-gu...
Un peu de fumée bleue...
Je ne connaissais pas le trait de Ruben Pellejero, et j’avoue le trouver assez beau (même si j’ai un peu de mal avec sa mise en couleur des visages) et non sans une certaine parenté avec celui de Guibert dans Le Capitaine Ecarlate, mais je semble être la seule à le penser. Quoi qu’il en soit, certaines scènes nocturnes sont somptueuses. Le Catalan met son talent au service d’un scénario intelligent, bien rythmé, qui alterne les flash-backs avec le présent de l’héroïne, et en fil rouge, si l’on peut dire, la fumée bleue de la cigarette et de son âme qui se consume. L’auteur est resté volontairement elliptique sur le contexte historique, même s’il semble que l’on puisse au moins dire qu’on est dans une dictature d’un pays de Est, et sur les tortures infligées aux prisonniers politiques, insistant sur les rares moments où ces derniers peuvent furtivement entrevoir leurs proches. Je trouve ce parti-pris très intéressant, car on est comme ces femmes : on ne sait rien, on ne peut qu’imaginer. La fin est à la fois fine puisqu’elle éclaire l’histoire et un peu trop facile, comme l’ont déjà dit certains. De plus, on referme l’album avec des questions qui resteront malheureusement sans réponse. Donc 3 étoiles, et pour l’achat, moi je me suis contentée de l’emprunter...
Limougeauds
En empruntant cette BD et au vu de la couverture qui, il faut le dire, est assez moche surtout au niveau des couleurs, je m'attendais à une petite BD amateur commandée par la mairie de Limoges pour promouvoir leur ville, un truc sans grande qualité et sûrement très moche à l'intérieur. Et pourtant, au final, j'ai été agréablement surpris. D'accord, le dessin est assez amateur, voire franchement raté concernant les visages des personnages. Mais globalement, et cela tient sans doute au fait qu'on n'a pas droit aux affreuses couleurs de la couverture à l'intérieur de la BD - et pour cause puisque c'est tout en noir et blanc -, le dessin n'est pas aussi mauvais que je le craignais. Les décors ne sont même pas si mal du tout. Et globalement, si on oublie les visages des personnages, les planches sont visuellement correctes, le niveau juste au dessus de celui d'un bon amateur, quoi. Concernant le scénario, déjà il faut aimer l'Histoire, et c'est mon cas. Je suis assez facilement entré dans le récit qui se lit bien car l'auteur modère le didactisme de l'ouvrage en imaginant une saga familiale quasiment ininterrompue de la préhistoire jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L'album est séparé en trois grands chapitres correspondant en gros aux périodes de la préhistoire jusqu'à la chute de l'Empire Romain, au Moyen-Age, puis à l'époque moderne de la Révolution Française jusqu'à 1945. J'ai bien apprécié la première partie car elle est claire, agréable à lire et assez intéressante par la façon dont l'auteur nous montre la "petite histoire" en s'attachant à des personnages et des conflits de personnalités. A l'inverse, j'ai un peu décroché dans le second chapitre car l'histoire moyen-âgeuse de Limoges m'a paru franchement confuse et le récit peu intéressant à suivre. Mais j'ai de nouveau assez accroché au dernier chapitre, plus agréable narrativement parlant et moins confus. Cette BD plaira aux amateurs d'Histoire et de saga historique qui savent passer outre un petit peu d'amateurisme dans une BD et dans son dessin. Intéressante et sans prétention.
Nausicaä de la vallée du vent
C’est un manga, avec tous les ingrédients classiques, on sera donc indulgent sur la forme (genre BD pour enfants), qui plait certainement beaucoup aux Japonais, mais qui peut facilement lasser (surtout sur 7 tomes). On peut cependant remarquer que le dessin, bien que bon, est peu lisible, ce qui gâche pas mal le plaisir de lecture ; ici la couleur manque. Le monde imaginé est plutôt bien fait et riche. Les nombreux rebondissements et détours du scénario peuvent plaire, mais là, la profusion vire à l’excès ; et puis j’en ai rapidement eu marre de cette héroïne si gentille que tout le monde adore, même ses pires ennemis, et pour qui tout le monde se sacrifie. Pour finir, c’est un peu long et, à mon avis, dur à suivre si on lit pas tout d’une traite. Bon point pour la réflexion qu’on trouve ici, c’est si rare de nos jours (même si ça vire trop au mélodrame).
Cyrrus / Mil
D’emblée, je dois dire que le style d’Andreas si caractéristique me plait assez. Graphiquement, c’est donc superbe (tant au niveau du dessin que du découpage). J’ai entamé l’oeuvre de cet auteur par l’intégrale de Cyrrus-Mil en me disant qu’elle serait plus aisée à aborder qu’une série au nombre de tomes plus conséquent telle que Arq, Rock ou Capricorne. Comme quoi l’erreur est humaine puisque tout le monde semble s’accorder pour dire qu’il s’agit de l’œuvre la plus difficile à appréhender de Andreas. Et je veux bien le croire vu qu’à la première lecture, j’ai pas compris grand-chose. Deux autres lectures de l’album de l’auteur m’ont aidé à y voir plus clair (même si des zones d’ombre subsistent). Je salue l’intelligence et la cohérence du scénario mais je trouve cette série un brin trop alambiqué que pour être conseillée à l’achat. Mais si l’occasion de la lire se présente à vous . . . pourquoi pas ? ;)
Le Maître de Jeu
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer… Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux. C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga. A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
1945
Un peu déçu par cet album. Keiko Ichiguchi était annoncée par "la plus européenne des mangakas" (oui, c'est une femme). Par le fait qu'elle vive en Italie depuis près de dix ans, mais aussi par le choix du sujet de ses bouquins. Il est vrai que réaliser un manga sur la Seconde Guerre, vue du côté allemand, est un peu inattendu de la part d'un auteur nippon, dont la famille a elle-même connu la guerre du côté de l'Axe. Mais l'originalité de ce choix s'efface vite derrière la beauté formelle du manga. Ichiguchi a un style élégant, fragile mais pas éthéré, un certain charme se dégage de ses planches. Elle instille dans son histoire toute sa sensibilité de femme, mais aussi de nipponne, si différentes d'un gros niais tel que moi. Et le charme agit. Jusqu'à un certain point. Jusqu'à la rencontre du second personnage masculin de l'histoire. Qui ressemble furieusement au premier. Et au troisième aussi. Cela gêne vraiment la lecture, d'autant plus que dans une longue scène, ces deux personnages masculins sont ensemble, casqués, et qu'on ne sait plus qui est qui, à moins de zieuter les galons sur les uniformes. Du coup, la compréhension d'une telle histoire, qui introduit beaucoup de sentiments au coeur d'un événement (la guerre) où l'on n'en fait pas, est carrément torpillée. Et les personnages manquent quand même cruellement de saveur, de profondeur. Et c'est dommage, parce que 1945 aurait pu être une BD passionnante, nous emmenant dans le labyrinthe des sentiments en des temps troublés. Notons quand même l'arrivée d'une nouvelle auteure à suivre.