OA, quelle bonne lecture !
Ne cherchez pas ici de grand scénario, il n'y a principalement qu'une série de gags. Et s'il n'y a rien d'exceptionnel, je n'ai pu m'empêcher de bien rire ; pas aux éclats, mais j'ai tout de même passé de bons moments. Ca sent bon la France d'en bas ; que du plaisir !
Pas mal, en effet !
Au delà d'une quête sympathique dans un univers fantastique, au delà d'une impression enfantine, le divertissement se voit ponctué de jolies réflexions sur la vie, la mort, la volonté de faire revivre un être cher, le dépassement des interdits de la nature, la soif de connaissance et de puissance poussant les hommes aux atrocités, la perversion de la science dans des buts ignobles, etc. qui donnent un ton désabusé et un peu tragique assez émouvant.
L'histoire et le duo de personnages sont bien trouvés, l'univers assez prenant, l'humour peut faire sourire, le dessin est de fort honnête facture... On aime ou pas mais je recommande le coup d'oeil !
Alerter les lecteurs sur les méfaits des nouveaux lotissements ultra protégés est quelque chose de louable. Christin tient là un récit d’actualité du moins aux USA où ce type de cités enclavées permet aux résidents de bénéficier d’une police privée et d’être protégés de la population extérieure. Le scénariste met l’accent sur le risque d’isolement de ces habitants vis à vis de la réalité quotidienne située à deux pas de chez eux !
L’histoire met en scène un groupe de jeunes riches, ces enfants sont constamment en manque d’excitation. L’un d’entre eux, collectionneur d’objets nazis, vient de recevoir un uniforme et un fusil. Ce sera une bonne occasion pour lui de distraire ses camarades. Mais pourquoi diable le scénariste a incorporé cet adorateur de l’Allemagne hitlérienne ? Je pense que ce récit aurait été plus réaliste et juste sans ce personnage et… la jeune française parachutée dans ce « paradis de riches » aux propos moralistes.
Quand une histoire met en scène un jeune adorateur du nazisme, on peut s’attendre au pire et c’est –sans surprise- le cas. A partir de là, à mon avis, le récit perd beaucoup de sa crédibilité et de son originalité.
Le graphisme de Mounier au trait réaliste sied parfaitement à cette histoire. « Mourir au paradis » est finalement une BD basée sur un fait d’actualité qui me laissait présager un scénario intéressant. Malheureusement, ce n’est pas le cas à cause de la présence tout au long de cette histoire de personnages trop stéréotypés.
Des histoires inédites ayant pour thème le Japon, par seize des plus grands auteurs de la BD franco-belge et japonaise d'aujourd'hui, ça vous tente ? Eh bien il y a de quoi, car cet album est une vraie réussite ! Tant par leur style graphique que leur imagination, les auteurs remplissent leur contrat avec une grande classe. Evidemment, il n'y a pas de lien entre les histoires, et c'est ça qui est intéressant : on passe d'un univers à l'autre, d'une vision à l'autre avec d'autant plus de plaisir...
Personnellement, j'ai eu un vrai coup de coeur pour les japonais Daisuké Igarashi et Taiyô Matsumoto : tous deux signent des histoires liées au folklore du Japon, avec un style très nerveux et fouillé pour le premier, et plus "zen" et épuré pour le second.
Nicolas de Crécy a fait lui aussi un excellent travail : une histoire à la fois drôle et onirique, servi par son style toujours exceptionnel...
Par contre, Joann Sfar, que j'adore par ailleurs, m'a bien déçu en cédant aux vieux clichés sur les japonais timides, grégaires, voire cons. C'est assez lourdingue, surtout quand on voit les trésors de poésie et d'invention déployés par les autres auteurs... Sfar se contente juste de faire le malin, mais le Japon il s'en fiche un peu!
En tout cas, cet ouvrage est une très bonne initiative : réunir, mélanger, faire se rencontrer les talents de tous pays... C'est ça la BD de l'avenir ! :)
Le fil existant entre le chef d'oeuvre incontestable et l'ovni incompréhensible est ténu. Je pense que sur ce coup là, Andréas aurait du s'en souvenir.
J'ai vraiment eu du mal à suivre le propos.... ok, il y a plein d'idées originales, ok, le traitement graphique est intéressant, mais bon sang, de quoi s'agit-il exactement dans cette bd ???
A trop vouloir se démarquer des sentiers battus, Andréas se perd dans la jungle de son imagination. Et ce qui faisait la force de Arq ou Cromwell Stone, tombe ici à plat...
On aura beau me dire, que j'ai peut être pas tout compris, qu'il faut lire la bd au 3eme, voire au 7eme degré, je n'en serais pas plus convaincu... pour moi, une oeuvre accomplie est à la fois accessible à tous, tout en comprenant effectivement différents niveaux de lecture... Rork est pour moi loin de répondre à la première condition. Et si je n'aimais pas autant Andréas, je dirais même, qu'il a eu les yeux plus gros que le ventre. En voulant créer une histoire dense et à différents niveaux, il n'a accouché que d'un avatar compliqué, loin, trés loin, de ses meilleurs productions.
Par contre, j'ai beaucoup aimé la présence de Capricorne dans cette histoire. Elle donne à l'oeuvre de Andréas une cohérence qui est effectivement trés intéressante.
Malgré toutes les bonnes critiques que j'ai pu lire sur bdtheque et ailleurs à propos de cette histoire, je dois avouer que j'ai eu du mal à entrer dans l'univers proposé. Les premières planches quasi muettes qui jetaient les bases de l'histoire en sont la cause principale. Je les ai trouvé hermétiques et honnêtement, ça m'a agacé un peu... je n'aime pas trop quand la bd se croit obligé de "singer" le cinéma en proposant une ouverture où le silence est censé relever l'intensité du propos...
En bd, arriver à être clair tout en se passant de l'écriture est un exercice très difficile, et dans mon souvenir, je ne vois que Comès pour réellement maîtriser la technique...
Bon, j'arrête là, pour les points qui m'ont agacé... d'autant plus, qu'au bout du compte, j'ai beaucoup aimé l'univers proposé. C'est pétri d'humanité et les thèmes de la différence, de la solidarité, de l'abnégation ont participé à créer chez moi une empathie immédiate pour les personnages. Et pour ne rien gâcher, la description de ces derniers, est finement amenée et riche en détails. Ce qui leur donne une réelle épaisseur humaine et rend tangible leurs fêlures secrètes.
Quant au graphisme et à la mise en couleur, ils sont parfaits. C'est de la bel ouvrage. Ils participent à nous rendre le monde décrit, accessible tout en soulignant le climat "monde à part" voulu par les auteurs.
Voila donc une bd, très très intéressante et j'attends la suite avec impatience.
Sans grande originalité, je trouve Maus sublime. Si je comprends certains arguments contraires exposés ci-dessous, je ne peux malgré tout pas y souscrire tant cet ouvrage m'a plu tant dans le dessin (eh oui!) que dans la manière dont l'histoire se déroule (deux histoires en une seule, celle de la Shoah et celle de l'écriture de la BD). J'adore et ne peux que conseiller sa lecture...
Bon, je suis un peu embarrassée avec cet album, car je l’avoue, je n’ai trouvé ce témoignage, ni palpitant, ni réaliste.
On assiste à une suite de scènes sans lien entre elles, illustrant de façon parfois assez surréaliste le quotidien en temps de guerre, avec des dialogues tronqués, ce qui n’aide ni à la compréhension, ni à l’intérêt pour les protagonistes.
L’un des personnages surfe sur internet où il apprends qu’Ivan(?) Correspond par mail avec le cinéaste Jan Kounen, sa mère se suicide, des étudiants manifestent, dans un café, Ana et une de ses amies évoquent leur vie amoureuse.
Bref, tout ça est assez décousu et l’on peine à s’attacher à des personnages dont l’auteur nous livre avec une telle réticence, si peu de choses.
Le dessin lui, est fait de magnifiques aquarelles, les visages, notamment sont d’une saisissante intensité. Par contre, il n’est pas homogène, comme s’il y avait deux dessinateurs en alternance, un qui se sert de la couleur pour modeler les visages, et un autre qui les cisèle au scalpel.
L’album se prolonge sur une annexe tout à fait intéressante, elle, sur les conditions de vie (de survie devrait-on dire) dans Belgrade, sous le feu des bombardements de l’OTAN. Et là, on a bien honte de faire partie de l’OTAN :(
Alors, c’est vraiment dommage que le plus intéressant de cet album n’est pas été davantage (ou mieux ?) exploité par l’auteur, dont la sincérité de la démarche ne peut être contestée. La critique n’est jamais agressive, mais elle est sans équivoque : les occidentaux (nous, donc) ont déçu (c’est le mot employé, c’est dire si l’auteur reste mesuré) les Serbes.
A ranger, donc, du côté de Maus, Déogratias ou Gen d'Hiroshima par le thème, pour la valeur de témoignage, mais en beaucoup moins fort. A mettre aussi en perspective avec Sarajevo-Tango de Hermann.
Voilà, j’espère qu’il y aura d’autres lectures de cet album, d’autres points de vue que le mien car le sujet le mérite et puis des auteurs serbes, on n’en rencontre pas si souvent.
Ah oui, j'allais oublier : le titre évoque le fait qu'en raison du bombardement des ponts de Belgrade, l'eau des rivières coulait sur les ponts effondrés...
Largo Winch est une série que j'ai découvert en même temps que XIII. Certes, c'est une bédé tout ce qu'il y a de plus "classique" et "formatée" avec un beau héros, riche, aventurier, entourée de jolies filles et à qui il arrive des histoires incroyables. Mais ce sont des histoires qui pour moi sont très plaisantes à lire.
Tout d'abord le graphisme de Francq est superbe (il dessine fort bien les personnages d'ailleurs :)).
Et le scénario de Van Hamme est fidèle à lui-même, suffisamment complexe et variées pour capter et retenir l'attention du lecteur tout en restant suffisamment simple à comprendre.
L'idée ensuite de faire des cycles de 2 tomes permet de garder une bonne dynamique dans les aventures de Largo.
A chaque fois que je finis un cycle je me dis "qu'est-ce qu'il pourrait bien encore lui arriver ?" et dès que je suis à la moitié d'un cycle je me dis "vivement la suite !".
Mais dans les 2 cas je suis très impatient de lire le tome suivant.
Alléché par la critique précédente, le label Ecritures de Casterman, la jeune fille en couverture et tout un tas de choses, je me suis donc procuré l'ouvrage susnommé. Au premier feuilletage le dessin paraît très agréable plus proche du franco-belge par un côté esquissé que des codes du manga actuel.
Dans tous les cas je ne ferais pas de comparaison avec une autre série d'Oda intitulée Dispersion parue chez Casterman également car je ne l'ai pas lue.
Concernant l'histoire c'est assez difficile de donner un avis. On est pris par les rêves d'une jeune fille étudiante aux beaux-arts qui se pose plein de questions (qui font un peu sujet de philo) sur la vie, la mort, le suicide etc. Elle nous emmène dans son autre réalité, on ne sait plus bien ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. J'ai par moment trouvé la narration un peu confuse, on a un peu de mal à rentrer dans l'histoire sur les premières dizaines de pages. Tout ça pour se retrouver dans un monde onirique avec un petit personnage bizarre, sa majesté dont je ne suis pas sûr de connaître l'origine, et des personnes qui lui sont chères.
Je reviens sur le dessin que je trouve vraiment beau, et avec de bonnes idées dans la mise en scène (on a par exemple des sortes de fondus entre 2 scènes dans la même case)
Un album assez étrange et difficile à cerner à la première lecture, je pense qu'une seconde aidera à assimiler tous les éléments qui nous arrivent.
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Lucien
OA, quelle bonne lecture ! Ne cherchez pas ici de grand scénario, il n'y a principalement qu'une série de gags. Et s'il n'y a rien d'exceptionnel, je n'ai pu m'empêcher de bien rire ; pas aux éclats, mais j'ai tout de même passé de bons moments. Ca sent bon la France d'en bas ; que du plaisir !
FullMetal Alchemist
Pas mal, en effet ! Au delà d'une quête sympathique dans un univers fantastique, au delà d'une impression enfantine, le divertissement se voit ponctué de jolies réflexions sur la vie, la mort, la volonté de faire revivre un être cher, le dépassement des interdits de la nature, la soif de connaissance et de puissance poussant les hommes aux atrocités, la perversion de la science dans des buts ignobles, etc. qui donnent un ton désabusé et un peu tragique assez émouvant. L'histoire et le duo de personnages sont bien trouvés, l'univers assez prenant, l'humour peut faire sourire, le dessin est de fort honnête facture... On aime ou pas mais je recommande le coup d'oeil !
Mourir au paradis
Alerter les lecteurs sur les méfaits des nouveaux lotissements ultra protégés est quelque chose de louable. Christin tient là un récit d’actualité du moins aux USA où ce type de cités enclavées permet aux résidents de bénéficier d’une police privée et d’être protégés de la population extérieure. Le scénariste met l’accent sur le risque d’isolement de ces habitants vis à vis de la réalité quotidienne située à deux pas de chez eux ! L’histoire met en scène un groupe de jeunes riches, ces enfants sont constamment en manque d’excitation. L’un d’entre eux, collectionneur d’objets nazis, vient de recevoir un uniforme et un fusil. Ce sera une bonne occasion pour lui de distraire ses camarades. Mais pourquoi diable le scénariste a incorporé cet adorateur de l’Allemagne hitlérienne ? Je pense que ce récit aurait été plus réaliste et juste sans ce personnage et… la jeune française parachutée dans ce « paradis de riches » aux propos moralistes. Quand une histoire met en scène un jeune adorateur du nazisme, on peut s’attendre au pire et c’est –sans surprise- le cas. A partir de là, à mon avis, le récit perd beaucoup de sa crédibilité et de son originalité. Le graphisme de Mounier au trait réaliste sied parfaitement à cette histoire. « Mourir au paradis » est finalement une BD basée sur un fait d’actualité qui me laissait présager un scénario intéressant. Malheureusement, ce n’est pas le cas à cause de la présence tout au long de cette histoire de personnages trop stéréotypés.
Japon
Des histoires inédites ayant pour thème le Japon, par seize des plus grands auteurs de la BD franco-belge et japonaise d'aujourd'hui, ça vous tente ? Eh bien il y a de quoi, car cet album est une vraie réussite ! Tant par leur style graphique que leur imagination, les auteurs remplissent leur contrat avec une grande classe. Evidemment, il n'y a pas de lien entre les histoires, et c'est ça qui est intéressant : on passe d'un univers à l'autre, d'une vision à l'autre avec d'autant plus de plaisir... Personnellement, j'ai eu un vrai coup de coeur pour les japonais Daisuké Igarashi et Taiyô Matsumoto : tous deux signent des histoires liées au folklore du Japon, avec un style très nerveux et fouillé pour le premier, et plus "zen" et épuré pour le second. Nicolas de Crécy a fait lui aussi un excellent travail : une histoire à la fois drôle et onirique, servi par son style toujours exceptionnel... Par contre, Joann Sfar, que j'adore par ailleurs, m'a bien déçu en cédant aux vieux clichés sur les japonais timides, grégaires, voire cons. C'est assez lourdingue, surtout quand on voit les trésors de poésie et d'invention déployés par les autres auteurs... Sfar se contente juste de faire le malin, mais le Japon il s'en fiche un peu! En tout cas, cet ouvrage est une très bonne initiative : réunir, mélanger, faire se rencontrer les talents de tous pays... C'est ça la BD de l'avenir ! :)
Rork
Le fil existant entre le chef d'oeuvre incontestable et l'ovni incompréhensible est ténu. Je pense que sur ce coup là, Andréas aurait du s'en souvenir. J'ai vraiment eu du mal à suivre le propos.... ok, il y a plein d'idées originales, ok, le traitement graphique est intéressant, mais bon sang, de quoi s'agit-il exactement dans cette bd ??? A trop vouloir se démarquer des sentiers battus, Andréas se perd dans la jungle de son imagination. Et ce qui faisait la force de Arq ou Cromwell Stone, tombe ici à plat... On aura beau me dire, que j'ai peut être pas tout compris, qu'il faut lire la bd au 3eme, voire au 7eme degré, je n'en serais pas plus convaincu... pour moi, une oeuvre accomplie est à la fois accessible à tous, tout en comprenant effectivement différents niveaux de lecture... Rork est pour moi loin de répondre à la première condition. Et si je n'aimais pas autant Andréas, je dirais même, qu'il a eu les yeux plus gros que le ventre. En voulant créer une histoire dense et à différents niveaux, il n'a accouché que d'un avatar compliqué, loin, trés loin, de ses meilleurs productions. Par contre, j'ai beaucoup aimé la présence de Capricorne dans cette histoire. Elle donne à l'oeuvre de Andréas une cohérence qui est effectivement trés intéressante.
Zoo
Malgré toutes les bonnes critiques que j'ai pu lire sur bdtheque et ailleurs à propos de cette histoire, je dois avouer que j'ai eu du mal à entrer dans l'univers proposé. Les premières planches quasi muettes qui jetaient les bases de l'histoire en sont la cause principale. Je les ai trouvé hermétiques et honnêtement, ça m'a agacé un peu... je n'aime pas trop quand la bd se croit obligé de "singer" le cinéma en proposant une ouverture où le silence est censé relever l'intensité du propos... En bd, arriver à être clair tout en se passant de l'écriture est un exercice très difficile, et dans mon souvenir, je ne vois que Comès pour réellement maîtriser la technique... Bon, j'arrête là, pour les points qui m'ont agacé... d'autant plus, qu'au bout du compte, j'ai beaucoup aimé l'univers proposé. C'est pétri d'humanité et les thèmes de la différence, de la solidarité, de l'abnégation ont participé à créer chez moi une empathie immédiate pour les personnages. Et pour ne rien gâcher, la description de ces derniers, est finement amenée et riche en détails. Ce qui leur donne une réelle épaisseur humaine et rend tangible leurs fêlures secrètes. Quant au graphisme et à la mise en couleur, ils sont parfaits. C'est de la bel ouvrage. Ils participent à nous rendre le monde décrit, accessible tout en soulignant le climat "monde à part" voulu par les auteurs. Voila donc une bd, très très intéressante et j'attends la suite avec impatience.
Maus
Sans grande originalité, je trouve Maus sublime. Si je comprends certains arguments contraires exposés ci-dessous, je ne peux malgré tout pas y souscrire tant cet ouvrage m'a plu tant dans le dessin (eh oui!) que dans la manière dont l'histoire se déroule (deux histoires en une seule, celle de la Shoah et celle de l'écriture de la BD). J'adore et ne peux que conseiller sa lecture...
Des Rivières sur les ponts
Bon, je suis un peu embarrassée avec cet album, car je l’avoue, je n’ai trouvé ce témoignage, ni palpitant, ni réaliste. On assiste à une suite de scènes sans lien entre elles, illustrant de façon parfois assez surréaliste le quotidien en temps de guerre, avec des dialogues tronqués, ce qui n’aide ni à la compréhension, ni à l’intérêt pour les protagonistes. L’un des personnages surfe sur internet où il apprends qu’Ivan(?) Correspond par mail avec le cinéaste Jan Kounen, sa mère se suicide, des étudiants manifestent, dans un café, Ana et une de ses amies évoquent leur vie amoureuse. Bref, tout ça est assez décousu et l’on peine à s’attacher à des personnages dont l’auteur nous livre avec une telle réticence, si peu de choses. Le dessin lui, est fait de magnifiques aquarelles, les visages, notamment sont d’une saisissante intensité. Par contre, il n’est pas homogène, comme s’il y avait deux dessinateurs en alternance, un qui se sert de la couleur pour modeler les visages, et un autre qui les cisèle au scalpel. L’album se prolonge sur une annexe tout à fait intéressante, elle, sur les conditions de vie (de survie devrait-on dire) dans Belgrade, sous le feu des bombardements de l’OTAN. Et là, on a bien honte de faire partie de l’OTAN :( Alors, c’est vraiment dommage que le plus intéressant de cet album n’est pas été davantage (ou mieux ?) exploité par l’auteur, dont la sincérité de la démarche ne peut être contestée. La critique n’est jamais agressive, mais elle est sans équivoque : les occidentaux (nous, donc) ont déçu (c’est le mot employé, c’est dire si l’auteur reste mesuré) les Serbes. A ranger, donc, du côté de Maus, Déogratias ou Gen d'Hiroshima par le thème, pour la valeur de témoignage, mais en beaucoup moins fort. A mettre aussi en perspective avec Sarajevo-Tango de Hermann. Voilà, j’espère qu’il y aura d’autres lectures de cet album, d’autres points de vue que le mien car le sujet le mérite et puis des auteurs serbes, on n’en rencontre pas si souvent. Ah oui, j'allais oublier : le titre évoque le fait qu'en raison du bombardement des ponts de Belgrade, l'eau des rivières coulait sur les ponts effondrés...
Largo Winch
Largo Winch est une série que j'ai découvert en même temps que XIII. Certes, c'est une bédé tout ce qu'il y a de plus "classique" et "formatée" avec un beau héros, riche, aventurier, entourée de jolies filles et à qui il arrive des histoires incroyables. Mais ce sont des histoires qui pour moi sont très plaisantes à lire. Tout d'abord le graphisme de Francq est superbe (il dessine fort bien les personnages d'ailleurs :)). Et le scénario de Van Hamme est fidèle à lui-même, suffisamment complexe et variées pour capter et retenir l'attention du lecteur tout en restant suffisamment simple à comprendre. L'idée ensuite de faire des cycles de 2 tomes permet de garder une bonne dynamique dans les aventures de Largo. A chaque fois que je finis un cycle je me dis "qu'est-ce qu'il pourrait bien encore lui arriver ?" et dès que je suis à la moitié d'un cycle je me dis "vivement la suite !". Mais dans les 2 cas je suis très impatient de lire le tome suivant.
Le terrain vague
Alléché par la critique précédente, le label Ecritures de Casterman, la jeune fille en couverture et tout un tas de choses, je me suis donc procuré l'ouvrage susnommé. Au premier feuilletage le dessin paraît très agréable plus proche du franco-belge par un côté esquissé que des codes du manga actuel. Dans tous les cas je ne ferais pas de comparaison avec une autre série d'Oda intitulée Dispersion parue chez Casterman également car je ne l'ai pas lue. Concernant l'histoire c'est assez difficile de donner un avis. On est pris par les rêves d'une jeune fille étudiante aux beaux-arts qui se pose plein de questions (qui font un peu sujet de philo) sur la vie, la mort, le suicide etc. Elle nous emmène dans son autre réalité, on ne sait plus bien ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. J'ai par moment trouvé la narration un peu confuse, on a un peu de mal à rentrer dans l'histoire sur les premières dizaines de pages. Tout ça pour se retrouver dans un monde onirique avec un petit personnage bizarre, sa majesté dont je ne suis pas sûr de connaître l'origine, et des personnes qui lui sont chères. Je reviens sur le dessin que je trouve vraiment beau, et avec de bonnes idées dans la mise en scène (on a par exemple des sortes de fondus entre 2 scènes dans la même case) Un album assez étrange et difficile à cerner à la première lecture, je pense qu'une seconde aidera à assimiler tous les éléments qui nous arrivent.