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Les dernier avis (87474 avis)

Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Femme sauvage
Femme sauvage

L’originalité de ce récit d’anticipation est qu’il prend comme point de départ géographique les États-Unis sous la présidence Trump et nous fait basculer dans une réalité angoissante qui a vu le système s’écrouler, en proie aux catastrophes et au chaos social que le gouvernement tente de contenir par une répression féroce. Nous allons ainsi suivre l’échappée d’une jeune femme qui va tenter de rejoindre, avec sac à dos et couteau de survie, l’État du Yukon, où s’est établie une communauté rebelle. En traversant des étendues sauvages où elle devra se méfier autant des animaux que des rares humains, elle fera une rencontre extraordinaire qui transformera sa fuite en véritable quête initiatique… Avec ce récit qui fleure bon les grands espaces d’Amérique du Nord, Tom Tirabosco nous plonge dans un univers intemporel, tel une oasis où le temps semble s’être arrêté aux origines de l’humanité. Semblant surgir de la nuit des temps, cette « femme sauvage » aux dimensions hors-normes, sorte de chamane dont l’apparence évoque un croisement entre le yéti et Big Foot, va apporter une belle dimension fantastique à l’histoire. Silencieuse ou muette, ne s’exprimant que par gestes ou par grognement, elle ne dévoilera rien de ses origines, se contentant d’entourer notre jeune héroïne de son aura protectrice, lui permettant de s’inventer une nouvelle vie où la technologie a totalement disparu. Dans l’immense grotte qui leur sert d’habitat, ces deux femmes solitaires vont nouer une amitié solide où les mots sont devenus inutiles et seule la tendresse prévaut, ce qui donnera lieu à des scènes magnifiques, en particulier celle de l’accouchement. Le dessin semi-réaliste au monotype de Tirabosco, tout à fait atypique, procure toujours autant de plaisir, par sa rondeur et cet aspect pictural et authentique. Le noir et blanc se suffit largement à lui-même, évacuant l’idée même d’une colorisation qui semblerait presque déplacée ici. Derrière ce retour aux sources romancé et radical, « Femme sauvage » traite en filigrane d’un sujet de plus en plus brûlant et de moins en moins « science-fictionnesque » : l’effondrement de notre système, dont on commence à voir les premiers signes après avoir assisté à ses causes depuis quelques décennies déjà. L’auteur fait clairement référence au magnifique film de Sean Penn, « Into the Wild », lui-même inspiré des écrits d’Henry David Thoreau, par ailleurs cité dans le récit. Ce très beau one-shot semble être passé quelque peu inaperçu à sa sortie l’an dernier et c’est tout à fait regrettable, car cet artiste à part qu’est Tim Tirabosco mériterait vraiment une plus grande visibilité.

18/01/2020 (modifier)
Couverture de la série A la recherche de Thanh perdue
A la recherche de Thanh perdue

Je connaissais Alain Joannis illustrateur, le voici auteur de BD et c'est avec un véritable plaisir que j'ai lu "A la recherche de Thanh Perdue". L'intrigue est originale, bien menée et nous emmène dans plusieurs pays du sud est asiatique que nous découvrons page après page avec délectation. Cette enquête, cette quête d'un amour de jeunesse qui a disparu est bien ficelée, un véritable thriller aux accents asiatiques. Le style du dessin est une ligne claire électronique, hommage à la grande BD franco-belge mais propre à l'oeuvre de Joannis l'artiste. Parfois un peu raide, mais éblouissante de détails, de couleur. Pleine page à la Jacobs, grandes cases descriptives presque documentaires qui nous font découvrir les cités, la campagne, la vie de tous les jours au Laos, en Thaïlande et au Myanmar. On peut rester longtemps à contempler une image, la décrypter, en lire chaque détail, puis se laisser porter par l'histoire à la rencontre des personnages. Du bel ouvrage et une expérience enrichissante.

18/01/2020 (modifier)
Par yaglourt
Note: 2/5
Couverture de la série Dr Stone
Dr Stone

L'idée de départ est super intéressante : reconstituer 2 millions d'années de progrès technologiques en vitesse accélérée et avec des moyens très limités. Mais j'ai trouvé le traitement souvent tiré par les cheveux, irréaliste, peu crédible, pour ne pas dire crétin (par ex dès le premier chapitre on apprend que le perso principal a passé 3700 ans à ne rien faire d'autre que compter les secondes ! Et il est sorti mentalement indemne de cette expérience... son caractère n'a même pas changé). Je mets quand même 2 étoiles pour le superbe dessin de Boichi (auteur de Sun-Ken Rock) et pour le côté pédagogique scientifique.

18/01/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série Klimt
Klimt

Voilà le portrait d'un peintre bohème qui aime les pâtisseries ainsi que les femmes. Il vit à Vienne au beau milieu de la riche bourgeoisie consultant le Docteur Sigmund Freud. On apprendra comment il a peint son tableau le plus célèbre, à savoir le portrait d'Adèle Bloch-Bauer, en 1907. Il faut également dire que son mari était un riche mécène de l'industrie du sucre. Je me demande où j'avais déjà vu ce tableau. Il a fait l'objet d'un film récent intitulé La femme au tableau avec l'excellente Helen Mirren, car ce dernier avait été confisqué par les nazis lors de leur folie meurtrière envers les juifs. Il a fallu un long combat judiciaire à la fin des années 90 pour que l'héritière puisse reprendre possession du bien volé (adjugé par la suite à 135 millions de dollars à Ronald Lauder, le propriétaire des cosmétiques Esthée Lauder). Je trouve que le scénario de la bd décrit assez bien la phase de composition avec cette reine égyptienne couverte d'or et de bijoux somptueux. Certes, il y a des phases un peu légères, mais la lecture a été très agréable du début à la fin. Cela permet également de mieux connaître Gustav Klimt, dont la côte s'est élevée après sa mort. Il a connu un scandale retentissant lors de l'exposition en 1901 de son tableau la Médecine qui fut descendu par la critique. Visiblement, les médecins avaient un problème avec les femmes nues. Le traitement réalisé par cette bd m'a convaincu, car c'est l'essence de son art qui est perçue et non les fioritures de sa vie. J'ai apprécié cette approche différente mais qui donne du résultat. Au niveau du dessin, on regrettera peut-être des couleurs trop ternes. Pour le reste, c'est satisfaisant. Klimt fait encore de nos jours l'actualité car deux jardiniers ont retrouvé une de ses oeuvres qui avait été dérobée il y a près de 20 ans.

18/01/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Vénus noire
Vénus noire

Récit d'un destin oh combien tragique que nous conte Renaud Pennelle. On ne peut être qu'horrifié par la vie que vécut Staartjie Baartman, autres temps autres mœurs. Forcée de se prostituer, de s'exhiber dans des foires ou petits théâtres campagnards, c'est dans l'alcool qu'elle trouvera un peu de réconfort. Ce que nous montre ce roman graphique, c'est qu'une fois arrivée en Europe, jamais au grand jamais elle ne trouvera une personne qui la considérera comme une personne humaine. Juste un intérêt pseudo scientifique aux relents bien puants. Avec un dessin aux traits acérés, l'auteur saisit bien toute la détresse de cette femme. Un récit difficile mais salutaire, qui devrait être lu dans les écoles, à lire donc.

18/01/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Tueur - Affaires d'Etat
Le Tueur - Affaires d'Etat

Voici la première série dérivée du tueur qui est l'une de mes bd préférées. Le tueur revient après plusieurs années d'absence. On nous prévient que les lieux et les enjeux changent. En effet, le tueur a été recruté par la DGSE pour des missions d'élimination. En effet, on sait depuis François Hollande, qui s'en est un peu vanté, qu'un président de la République dispose d'un droit de vie ou de mort sur certains individus peu recommandables. De tous temps, quelque soit le régime (dictature ou démocratie), on a éliminé des individus. Le constat part sur le fait qu'on peut rendre la vie des autres bien pire que la mort qui apparaît alors comme une délivrance. Le tueur est toujours aussi implacable dans sa manière de penser afin de justifier son métier pas comme les autres. On aimerait ou pas l'avoir comme ami... Le changement est radical car il travaille pour l’État. C'est clair que sa paye en a pris un coup. On sait presque tous que les forces de l'ordre ne sont pas très bien rémunérées dans notre pays. Par contre, son cœur d'activité n'a pas changé. Il s'agit de mettre hors d'état de nuire en raison de la sécurité du peuple avec pour préalable que les gens n'ont pas besoin de savoir. C'est mieux ainsi. On apprendra par exemple que la CIA a dit que les assassinats de quelques scientifiques iraniens par les israéliens ont davantage fait dérailler le programme nucléaire d'armement iranien que toutes les sanctions internationales. En effet, si on identifie les individus clefs, ceux sans lesquelles la machine ne fonctionne plus , et qu'on les élimine, alors la machine s'arrête. Plus que jamais, c'est d'actualité. J'adore cette nouvelle façon de penser qui donne également des vérités même si souvent, on essaye de se voiler la face. Cette narration est sans doute l'une des meilleures que j'ai pu lire jusqu'à présent. La notation série culte pourrait apparaître comme un brin exagérée mais elle correspond à ce que j'aime vraiment dans la bande dessinée. Le tueur est une série qui fait du bien. Le départ est assez tonitruant et cela promet, car le tueur a désormais le droit de tuer. Il ne va pas se gêner.

18/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Thérapie de groupe
Thérapie de groupe

Larcenet est depuis pas mal de temps un auteur reconnu (et reconnaissable entre mille), et Dargaud a fait ici pour lui les choses en grand. Pour le format d’abord, mais aussi pour la couverture et le papier, épais. En usant de styles différents – mais pas de celui très réaliste de certaines des dernières publications chez Dargaud (on revient là au dessin à gros nez tendance déconne), Larcenet se met en scène (de façon plus claire que dans Le Retour à la terre ou Le Combat ordinaire), avec comme d’habitude pas mal d’autodérision. Et ce d’autant plus que le sujet central de l’album, autant que Larcenet lui-même, c’est le manque d’inspiration, la peur de la feuille blanche, du déclassement, la déchéance d’un auteur hier adulé (très drôles revues de presse parodiées), désormais has-been, moqué par tous (avec un Jean-Jacques Bourdin le cuisinant comme on torture un prisonnier, là aussi une bonne parodie d’interview). L’album – qui en appelle visiblement d'autres, est une suite d’histoires courtes (plus ou moins réussies), entrecoupées d’interludes, de parodies de revues de presse, durant lesquelles Larcenet se moque autant de lui que du monde médiatique (presse people surtout), éditorial, instillant de la noirceur dans son humour potache et souvent caricatural. Si l’album se laisse lire sans aucun problème, et si pas mal de choses sont très bien vues, et souvent drôles, je suis quand même un peu resté sur ma faim. En effet, j’ai trouvé que ça tournait un peu en rond au bout d’un moment, qu’il y avait quelques longueurs. Rien de monstrueux, hein, c’est dans une bonne moyenne, mais j’attendais davantage de ce Larcenet, depuis que j’avais eu connaissance de la sortie prochaine de cet album. Qui semble-t-il deviendra une série. Pourquoi pas ? Mais il faudra insuffler du punch pour la dynamiser. A voir pour la suite donc…

17/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Black Project
Black Project

On est ici à la limite de la bande dessinée et du livre d’art, mais au fond on s’en fout pas mal je pense. En tout cas, c’est un album on ne peut plus étrange, qui développe une ambiance parfois « malsaine », noire et poétique, attendrissante. Tous ces adjectifs semblent incompatibles, mais ici ils font sens. En partie autobiographique (l’auteur s’en explique dans une postface), l’album nous présente une période de la vie d’un jeune homme, d’un adolescent très curieux – dans tous les sens du terme. Un adolescent quelque peu solitaire, qui « s’invente » des petites amies, qui les construit (il ne nous épargne aucun détail de la fabrication, de la collecte des matériaux en passant par leur assemblage, puis leur « mise en vie »), cela se finissant à chaque fois mal pour les « poupées ». Dans sa postface, Gareth Brooks cite Hans Bellmer comme source d’inspiration. C’est une évidence ! Qui m’avait sauté aux yeux dès les premières pages. Il y a en effet une certaine parenté entre le récit élaboré par Brooks et les recherches pleines de fraicheur, d’érotisme et de poésie noire du grand artiste surréaliste allemand. Le fétichisme, une certaine forme de maniaquerie, de maladresse, la voie originale empruntée par cet adolescent pour s’ouvrir à l’autre, à l’autre sexe, tout ceci forme un cadre intriguant. J’ai bien aimé cet album, même si j’ai trouvé la fin un peu abrupte.

17/01/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5
Couverture de la série Dragon Ball
Dragon Ball

J'ai grandi exclusivement dans la bande dessinée franco-belge, et ai donc pendant très longtemps été totalement étranger au genre du manga. Si ma première entrée dans le genre a été Akira, c'est naturellement que j'ai été porté à lire cette très longue saga qu'est Dragon Ball, non sans une certaine appréhension, je dois le reconnaître. Et si je n'ai clairement pas détesté, je dois dire qu'à la longue, on finit quand même par se lasser. C'est loin d'être mauvais, bien sûr, la réputation de cette saga n'est pas du tout imméritée. Les dessins sont très réussis et l'humour est souvent sympa (passée la lourdeur du premier tome). Il est d'ailleurs difficile de ne pas se laisser carrément emporter à un moment ou à un autre par des péripéties capables d'être extrêmement captivante. Seulement, pour moi, ce moment est venu très vite : mon arc narratif préféré est sans conteste celui de l'Armée du Ruban Rouge. Dommage que ce soit le 2e cycle de cette saga. Du coup, forcément, même si j'ai bien aimé la suite, j'ai trouvé que soit elle avait tendance à partir trop loin dans son délire (c'est la politique de la BD, en même temps, mais pas forcément ce que je préfère), soit à se répéter un peu ou à avoir des airs de réchauffés par rapport aux cycles précédents... Pour moi, le principal problème de cette saga, c'est précisément ça : son aspect qui est quand même ultra-répétitif. En gros, c'est très facile de résumer un cycle de Dragon Ball en 8 étapes : 1) On balance un tas d'éléments hyper intrigants pour capter l'attention du lecteur en lui montrant qu'il y a un mystère à éclaircir : mes moments préférés, j'y ai toujours pris mon pied à fond. 2) On montre que le méchant est très méchant, et qu'il mérite d'être dézingué. 3) Les héros arrivent, se disent "pffff, ça va être facile de lui dérouiller la tronche, c'est pas drôle..." 4) Baston. 5) Nos héros se disent "En fait, il est beaucoup plus puissant que ce qu'on croyait, il va falloir s'entraîner beaucoup !" 6) Ils s'entraînent à mort pendant que le méchant est allé éradiquer la moitié de la Terre pour passer le temps, et continuer à nous montrer qu'il est bien méchant. 7) Nos héros reviennent et ils en mettent plein la mouille au méchant, pour de vrai cette fois. Et ça prend du temps parce que comme lesdits héros sont de vrais psychopathes et qu'ils adorent se battre, ben ils font durer le combat autant que possible... 8) Une fois qu'ils ont explosé le méchant, nos héros se disent : "c'est dommage, on va s'emmerder maintenant, on a plus personne à défoncer..." et c'est là que je suis content parce que je sais que ça veut dire qu'on revient à l'étape 1, qui est ma préférée... :D Bref, ça se lit, c'est sympathique, les personnages sont souvent attachants, et il y a même parfois un brin d'émotion qui pointe le bout de son nez (si ! si !). Quelques idées scénaristiques sont assez originales, notamment en ce qui concerne le dernier tome : SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER Avoir fait de Satan le vrai sauveur du monde, c'est franchement génial, je trouve. Tout-à-fait séduit par ce retournement de situation ! D'ailleurs, c'est toute la relation entre Boo et Satan, que je trouve très réussie, et d'une étonnante subtilité. En tous cas, je ne m'attendais pas à ce que ce soit subtil à ce point. FIN SPOILER FIN SPOILER FIN SPOILER Mais bon, on ne va pas se mentir, ça n'en fait pas à mes yeux une grande BD pour autant. C'est avant tout un bon divertissement, et ça, je ne le retirerai jamais à cette saga. Elle fait bien passer le temps, on s'amuse et on se prend régulièrement au jeu. Clairement, je ne regrette absolument pas de m'être payé ces 42 tomes... Simplement, je dois bien avouer que je n'y reviendrai pas de si tôt.

17/01/2020 (MAJ le 17/01/2020) (modifier)
Par Pierig
Note: 2/5
Couverture de la série Les Jours qui restent
Les Jours qui restent

J’avoue ne pas avoir été totalement convaincu par ce récit qui affiche un titre larmoyant pour le moins emphatique et inutilement grandiloquent (peut-être pour ajouter de l’apitoiement ?). Le rythme contemplatif -et plaintif- rend le contenu éthéré malgré la relative gravité des situations. Les personnes suivies, atteintes du même mal (la thrombocytose), ne sont pas à l’article de la mort comme le titre le laisse supposer. Le chassé-croisé qui est proposé ne présente rien de bien original sur le fond comme sur la forme. Ce sont des tranches de vie banales avec un final qui l’est tout autant et une trame cousue de fil blanc saupoudrée d’un méli-mélo de bons sentiments. Malgré une pagination conséquente, cette bd se lit quasi aussi vite qu’un 44 planches. Côté dessin, c’est sympa dans le style new wave même si le trait est fort lisse avec des aplats de couleurs saturés qui contribuent à ne pas prendre le récit avec le sérieux qu’il mériterait. Pourtant la lecture n’est pas laborieuse, elle est au contraire légère mais sans réelle accroche me concernant. Bref, je reste dubitatif.

17/01/2020 (modifier)