La principale qualité de cette série est de s’emparer d’une histoire connue de tous, et de la réinterpréter, de façon relativement originale, sans sombrer dans le n’importe quoi ou trop de facilités (même s’il y en a quand même !).
Je ne sais pas si le troisième tome conclut la série, ou un cycle (une suite est tout à fait possible). Il donne en tout cas l’acte de naissance de Robin des bois. J’étais étonné durant ma lecture de ne pas le voir justement, et son introduction – dans une personnalité multiple – en fin d’album, m’a à la fois rassuré et intrigué.
L’intrigue est bien ancrée dans l’histoire de la fin du XIIème siècle (cet aspect est intéressant, les petits hameaux – plus que les grosses villes, sont importants et bien représentés), et met en place progressivement personnages et fil rouge : le duo formé par Marianne en jeune châtelaine et le shérif de Nottingham est original, et tout chez eux n’est pas cousu de fils blancs.
Bon, ceci étant dit, malgré ces remarques positives, et le fait que l’histoire se laisse lire agréablement, ça ne m’a pas marqué plus que ça. Il y a quand même quelques passages « flous », des facilités (par exemple tout le long passage au début, sorte de « test » autour du shérif – qui s’en sort seul contre une demi-douzaine de types, sans que quiconque ne soit sévèrement blessé ou, dans le troisième tome, l’affrontement un peu bordélique entre Troglo et Merry men). Il y a aussi quelques longueurs, et ces trois premiers tomes semblent presque n’être qu’une mise en place (combien de tomes sont/étaient prévus ?).
Si le dessin est globalement bon, je n’ai ni aimé ni compris ce tic de représenter « la capuche » d’une façon que son visage n’apparaisse pas du tout (ça donne un truc improbable). C’est d’autant plus dommage que déjà les visages sont souvent le point faible – en tout cas le résultat est plus inégal que pour les décors, bien mieux réussis.
Les planches de la galeries sont les premières pages et effrayent un peu par leur beauté ( dans le format de la BD, on dirait qu'elles sont faites au stylo-bille : magnifique travail) mélangée à une certaine absurdité en premiere approche. En réalité tout a un sens que l'on va comprendre au cours du récit. Cet album utilise beaucoup de dispositifs un peu clichés et réussit à en faire un objet unique et évocateur qui raconte une histoire à la fois personnelle et installée dans un contexte social.
C'est un voyage à deux en voiture américaine depuis Detroit jusqu'à Roma ( quel État ?) Il y a donc la caractérisation des deux personnages qui sont évidement construits en opposition. Socialement comme psychologiquement. On pense bien-sûr à Thelma et Louise mais finalement cela n'a rien d'une ode à la liberté feel good, c'est plutôt une psychanalyse reciproque.
Le road-movie est souvent un peut ennuyeux par sa construction linéaire et géographique et le seul suspens est en fait "Depuis le point A, va-t-on atteindre le point B et dans quel état ?" Ici la construction est plutot en caléïdoscope, faite de références cinématographiques, de dessins piqués dans le carnet d'une des protagonistes, de souvenirs, de dialogues et d'actes du quotidien. Et si la première partie semble nous perdre, la seconde rassemble tous les indices.
Par dessus le marché, une variété graphique, qui expérimente plein de techniques et de contrastes avec beaucoup d'inventivité. Au début, chaque page est un étonnement, et paradoxalement, cela peut décourager ; comme si cette virtuosité perdait de vue l'objectif narratif. Mais accrochez- vous, cela mène quelque part : en nous .
Ça se laisse lire, l’époque est très bien restituée et, globalement, l’arrière-plan historique est lui aussi bien utilisé. Avec un De Gaulle à la fois olympien et « tranquille », donnant des sueurs froides à ses gardes du corps.
Gardes du corps au cœur du récit donc, avec un petit nouveau qui arrive pour diriger trois anciens. Avec le titre, la couverture, je m’imaginais quelque chose jouant sur le même registre que les dialogues d’Audiard, avec bons mots et bourres-pifs qui fusent.
Et en fait ça n’est pas forcément le cas – en tout cas bien moins que je l’espérais au départ. Du coup, si la lecture s’est avérée fluide et plutôt agréable, je suis sorti un chouia frustré de ce premier album. Le très grand format, le papier épais font un peu classieux, un dossier en fin d’album apporte un petit plus. Mais, au vu de ce premier album, je ne sais pas si les dix albums semble-t-il prévus ne sont pas de trop, s’il y a vraiment matière à « tenir » sans étirer outre mesure les mêmes dialogues et situations.
A voir donc. Ce tome inaugural pose le décor – et quelques questions – mais j’attends la suite plutôt avec envie (le dessin est vraiment bon lui, et aide clairement à la fluidité et au plaisir de lecture).
Une très belle bd. Je rejoins entièrement l'avis de Grogro, que je trouve très pertinent.
Un sujet d'épinal pas souvent (bien) traité que celui de berger. J'ai beaucoup aimé le ton très sincère de l'auteur.
Graphiquement c'est très beau, élégant, efficace. Le grand format opté par Acte Sud est idéal (et correspond peut être à la taille des planches originales). J'ai pensé à F'murr et son génie des alpages sur certains graphismes, peut être le hasrad ou le rapprochement du thème.
Un récit fluide et très prenant, oscillant entre pragmatisme et poésie, qui rend à la montagne ce qui est à la montagne.
Montagnes des Pyrénées et heu
vous êtes mes amours oui mes amours
Montagnes des Pyrénées et heu
je vous aimerai toujours ho oui toujours
Chiqui de la Fuente (frére de Victor et de Ramón) a surtout travaillé pour des collections de classiques de la littérature destinées à la jeunesse. Il a obtenu à juste titre un certain succès avec ses adaptations BD dans plusieurs pays. Le style de son dessin est original et facilement identifiable, ayant réussi à s’émanciper de ses frères. Il s’agit ici de l’un des contes les plus célèbres de tous les temps, de la plume de Charles Dickens, connu comme « l’homme qui a inventé Noël ».
J’ai lu pour le moment les deux premiers albums (chacun se lit comme un one-shot, c’est presque plus une collection qu’une série, les auteurs changeant d’un album à l’autre).
Chaque album traite d’un train ou d’une voie ferrée plus ou moins « mythique ». Mais surtout le fait de façon très différente.
Dans le premier album, « L’Orient-express », c’est en fait une sorte d’enquête policière, autour d’un attentat ayant frappé un pont sur la ligne en 1931 (je ne connaissais pas cet événement – où Joséphine Baker fut impliquée, mais il est bien réel), tandis que le deuxième album, « Le Transcontinental », retrace uniquement la construction de la ligne traversant les Etats-Unis naissants.
« L’Orient-Express » se laisse lire, mais l’enquête est un peu poussive, l’arrière-plan historique (montée du Nazisme et plus généralement du fascisme en Europe) n’étant pas assez développé à mon goût. Surtout, l’Orient-Express lui-même n’est ici qu’un décor, et n’apparait finalement que très peu. Le dossier final complète bien le récit, en éclairant davantage l’histoire de ce train (y compris au niveau des romans et films qui l’ont utilisé comme décor), un dossier bien fichu.
« Le Transcontinental » possède a priori plus de potentiel, et m’intéressait aussi a priori davantage. Il alterne avec les deux équipes/sociétés impliquées dans sa construction, un tronçon partant de Sacramento, l’autre de Omaha, jusqu’à leur jonction à Promontary. Le train en lui-même est ici aussi escamoté, puisque seule la construction est traitée, mais le train est au moins au centre du récit et des préoccupations de tous les protagonistes.
Protagonistes qui sont du coup très nombreux, comme les sujets abordés. Mais, en 48 pages, soit les sujets ne sont qu’effleurés (utilisation de la main d’œuvre chinoise, réactions et impactes liés aux tribus indiennes dépossédées voire massacrées, conflits sociaux, etc.) soit ils sont tout simplement « oubliés » (tout ce qui concerne les « barons voleurs », les avantages obtenus de la part de l’Etat autour des voies, les concessions, etc.).
Sur cet album, je trouve le format 48 pages de BD trop court pour tous les aspects liés au sujet. Et, même si le sujet m’intéressait davantage que le précédent – ou à cause de cela – j’ai été un peu frustré (l’histoire se lit très bien par contre). Frustrant aussi le dossier final, car il n’est quasiment constitué que de courtes biographies des principaux personnages entrevus, et d’un court chapitre sur l’emploi des Chinois : tous les riches aspects connexes ne sont donc pas développés.
J'ai commencé à acheter et à lire la série depuis le premier numéro. Mais je n'ai réussi à tenir que jusqu'au huitième volume et ça a déjà été trop! Les dessins ne sont pas mauvais mais l'intrigue, dans cette version fantasy de Roméo et Juliette, s'étire péniblement sans grandes surprises ni même de vraies nouveautés. Bref, je pense qu'une lecture suffit pour se faire une idée et au plus, je pense feuilleter le dernier tome un jour...
Très tiraillé entre 3 et 4... Voilà une BD qui se situe exactement à 3,5/5 à mon échelle. J'ai d'abord eu une énorme coup de cœur pour le dessin de Jean-Denis Pendanx. Il est vraiment somptueux et restitue à merveille la beauté, la pureté et la grandeur de la forêt. Il nous fait comprendre à merveille la fascination de Geoffroy Delorme pour les chevreuils et leur habitat naturel.
Aidés par le sens narratif toujours aigu de Vincent Zabus, on entre donc peu à peu dans l'esprit de Geoffroy, et on se plaît à s'immiscer avec lui dans cette vie au beau milieu des bois, pas si solitaire. J'ai beaucoup aimé le fait qu'à la suite de Geoffroy Delorme, la bande dessinée ne revendique aucun discours. Il n'est question d'aucun militantisme ou d'aucune dimension politique quelle qu'elle soit. Non, c'est l'expérience de vie de Geoffroy, son dégoût des humains et son incapacité à s'adapter aux normes du monde dans lequel il vit qui le pousse vers la forêt.
Sans esprit de conquête ni même de survivalisme à proprement parler, il nous raconte comment il a découvert peu à peu la beauté mais aussi la dureté de la vie en forêt pour un être humain. Son récit prend souvent des airs documentaires quand il nous explique les meilleures manières de s'adapter à la vie au milieu des bois ou quand il décrit le mode de vie des chevreuils. Je n'aurais pas pensé être si intéressé par le sujet, et Zabus sait rendre cette histoire souvent captivante.
Malgré tout, ce qui m'empêche de monter à 4 étoiles, c'est tout de même cette absence de récit à proprement parler. On est davantage sur une bande dessinée à caractère informatif et documentaire que sur une histoire avec un début, un milieu, une fin... une narration, quoi. Le récit n'évolue que très peu, et il manque un semblant de climax ou d'émotion. J'aurais aimé partager les sentiments et les émotions que traverse Geoffroy, notamment quand il voit ses amis chevreuils mourir sous ses yeux. Mais la froideur de la narration nous en empêche, à moins que ce ne soit le côté très éclectique du récit, qui enchaîne plus des scénettes (avec un certain fil directeur, certes) qu'il ne raconte une histoire à proprement parler.
Dans l'ensemble, cette froideur de ton sert plus le récit qu'elle ne le dessert, mais je trouve que L'Homme-chevreuil manque alors d'une dimension qui aurait rendu l'histoire plus attachante ou émouvante. Cela ne m'a pas empêché de m'intéresser de très près à cette histoire d'autant plus étonnante qu'elle est vraie. J'ai tout de même appris beaucoup de choses et tiré beaucoup d'enseignements de cette histoire. Et encore une fois, le dessin est si beau qu'il justifie à lui seul la lecture de la bande dessinée.
Plus je relis cette saga, plus je me rends compte à quel point elle est incroyable !
Alain Ayroles étant à mon sens un des plus grands (voire LE plus grand) auteur de bandes dessinées vivant à l'heure actuelle, il peut sembler évident de dire que cette saga est à son tour une réussite, après les bijoux qu'étaient De Cape et de Crocs et Garulfo. À l'image de cette dernière, d'ailleurs, c'est à nouveau avec Maïorana qu'Ayroles s'allie pour nous proposer une plongée, non plus cette fois dans l'Europe baroque ou dans le conte médiéval, mais dans l'Angleterre du XIXe, à la manière des meilleurs romans gothiques.
La présence des auteurs de Garulfo est donc la garantie du soin extrême apporté à chacun des trois tomes de cette captivante trilogie. Au niveau du dessin, je trouve qu'on constate une nette amélioration de Maïorana par rapport à ses débuts, déjà sensible dans les tomes finaux de Garulfo, mais qui s'épanouit ici pour nous offrir des images somptueuses. Il aime rendre son trait parfois un peu flou, ce qui pourrait en rebuter certains, mais colle ici parfaitement à l'ambiance gothique recherchée, et la rigueur du dessin est toujours présente, ce qui nous offre une plongée très immersive dans l'Angleterre victorienne.
Plongée d'autant plus immersive que le scénario d'Ayroles, lui, j'ose le dire, confine au génie. Un génie qu'on ne sentira pas forcément dès la première lecture, en tous cas qu'on ne sentira pas forcément jusqu'à la fin du tome 3. Pour moi, cette saga est à lire au moins deux fois (mais en fait, beaucoup plus) : la première fois, évidemment, en ne sachant à peu près rien de ce qu'on va découvrir, et la deuxième fois, en connaissant tous les tenants et les aboutissants de l'intrigue. Je vous le garantis, vous n'aurez pas l'impression de lire plusieurs fois la même bande dessinée.
Le génie d'Alain Ayroles, c'est de reprendre une histoire traditionnelle de vampire, mais pas à la sauce moderne, plutôt en l'inscrivant dans la dialectique du roman victorien avec une ambiance qui croise des influences telles que Dickens, Stevenson ou Wilde. De ces auteurs, Ayroles récupère deux éléments qui font de sa bande dessinée un élément à part : le talent pour les dialogues, et une satire sociale forte sans être trop appuyée. Du côté des dialogues, on reconnaît évidemment la patte de l'auteur de De Cape et de Crocs et son aisance hallucinante à pasticher les plus grands auteurs. Ici, il s'en donne à cœur joie pour pasticher Oscar Wilde avec un talent indéniable, ce qui rend la lecture savoureuse.
Mais la satire sociale est elle aussi très présente, tout en restant à sa place, et c'est là, surtout, qu'Ayroles donne tout son sens au récit. L'histoire de vampires qu'il met en place n'a rien de gratuit. D'habitude peu friand de ce genre de récit, j'en raffole ici, le thème vampirique jouant un fort rôle métaphorique. En effet, le thème du vampire permet de faire réfléchir sur la vraie nature de l'homme à une époque où celui-ci découvre les moyens de satisfaire ses passions envers le pouvoir et l'argent, mais aussi à une époque où la raison est censée prendre le pas sur toute forme de croyance. Le parallèle avec la colonisation est magnifiquement mis en scène (Drake, le colonisateur qui s'abaisse à boire du sang comme les indigènes auxquels il s'assimile peu à peu, ou encore cette magnifique rime riche entre vampire et empire)
Dès lors, quelle place les vampires peuvent-ils, doivent-ils occuper au sein de la société ? Et déjà, les vampires sont-ils vraiment ceux que l'on croit ? À l'heure de la colonisation et de la surexploitation des ressources, les vampires n'ont-ils pas un visage différent de celui qu'on leur attribue ? Ayroles et Maïorana se livrent donc à un fascinant jeu de cache-cache, où la mythologie vampirique met en avant de forts thèmes de réflexion qui sous-tendent un beau discours s'étalant sur trois tomes, et se terminant en apothéose.
Bref, plus je la relis, plus je découvre combien D peut prétendre à la perfection. C'est une proposition brillante de la part de ses auteurs, tant sur le plan visuel, très soigné, que sur le plan narratif, l'aventure ayant un grand nombre de lectures sous-jacentes dont on n'aura jamais vraiment fini de faire le tour. À l'image des deux autres grandes sagas de son auteur, D fait donc figure de trilogie incontournable dans le monde de la bande dessinée contemporaine. Et nous apporte la preuve que, quoiqu'il touche, Alain Ayroles le transforme systématiquement en or...
J'avais beaucoup d'espoir après l'excellent Birdking des mêmes auteurs. Mais l'espoir s'est envolé au fil de ma lecture.
Je vais commencer par le dessin de Crom qui me séduit toujours autant avec son style (tendance manga) reconnaissable au premier coup d'œil. Caricatural, dynamique et expressif. Des couleurs en adéquation avec l'univers fantasy. Une mise en page plutôt classique.
Du bon boulot.
L'histoire se laisse lire mais ça manque cruellement d'originalité et les 112 pages se lisent en 30 mn à peine. Des personnages pas forcément attachants, des rebondissements qui ne surprennent pas et un univers violent déjà vu des centaines de fois. Du sanglant qui reste soft grâce au dessin.
Déçu !
Je n'y reviendrai pas.
Note réelle : 2,5. Merci à la partie graphique.
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Votre vote
Nottingham
La principale qualité de cette série est de s’emparer d’une histoire connue de tous, et de la réinterpréter, de façon relativement originale, sans sombrer dans le n’importe quoi ou trop de facilités (même s’il y en a quand même !). Je ne sais pas si le troisième tome conclut la série, ou un cycle (une suite est tout à fait possible). Il donne en tout cas l’acte de naissance de Robin des bois. J’étais étonné durant ma lecture de ne pas le voir justement, et son introduction – dans une personnalité multiple – en fin d’album, m’a à la fois rassuré et intrigué. L’intrigue est bien ancrée dans l’histoire de la fin du XIIème siècle (cet aspect est intéressant, les petits hameaux – plus que les grosses villes, sont importants et bien représentés), et met en place progressivement personnages et fil rouge : le duo formé par Marianne en jeune châtelaine et le shérif de Nottingham est original, et tout chez eux n’est pas cousu de fils blancs. Bon, ceci étant dit, malgré ces remarques positives, et le fait que l’histoire se laisse lire agréablement, ça ne m’a pas marqué plus que ça. Il y a quand même quelques passages « flous », des facilités (par exemple tout le long passage au début, sorte de « test » autour du shérif – qui s’en sort seul contre une demi-douzaine de types, sans que quiconque ne soit sévèrement blessé ou, dans le troisième tome, l’affrontement un peu bordélique entre Troglo et Merry men). Il y a aussi quelques longueurs, et ces trois premiers tomes semblent presque n’être qu’une mise en place (combien de tomes sont/étaient prévus ?). Si le dessin est globalement bon, je n’ai ni aimé ni compris ce tic de représenter « la capuche » d’une façon que son visage n’apparaisse pas du tout (ça donne un truc improbable). C’est d’autant plus dommage que déjà les visages sont souvent le point faible – en tout cas le résultat est plus inégal que pour les décors, bien mieux réussis.
Detroit Roma
Les planches de la galeries sont les premières pages et effrayent un peu par leur beauté ( dans le format de la BD, on dirait qu'elles sont faites au stylo-bille : magnifique travail) mélangée à une certaine absurdité en premiere approche. En réalité tout a un sens que l'on va comprendre au cours du récit. Cet album utilise beaucoup de dispositifs un peu clichés et réussit à en faire un objet unique et évocateur qui raconte une histoire à la fois personnelle et installée dans un contexte social. C'est un voyage à deux en voiture américaine depuis Detroit jusqu'à Roma ( quel État ?) Il y a donc la caractérisation des deux personnages qui sont évidement construits en opposition. Socialement comme psychologiquement. On pense bien-sûr à Thelma et Louise mais finalement cela n'a rien d'une ode à la liberté feel good, c'est plutôt une psychanalyse reciproque. Le road-movie est souvent un peut ennuyeux par sa construction linéaire et géographique et le seul suspens est en fait "Depuis le point A, va-t-on atteindre le point B et dans quel état ?" Ici la construction est plutot en caléïdoscope, faite de références cinématographiques, de dessins piqués dans le carnet d'une des protagonistes, de souvenirs, de dialogues et d'actes du quotidien. Et si la première partie semble nous perdre, la seconde rassemble tous les indices. Par dessus le marché, une variété graphique, qui expérimente plein de techniques et de contrastes avec beaucoup d'inventivité. Au début, chaque page est un étonnement, et paradoxalement, cela peut décourager ; comme si cette virtuosité perdait de vue l'objectif narratif. Mais accrochez- vous, cela mène quelque part : en nous .
Les Gorilles du Général
Ça se laisse lire, l’époque est très bien restituée et, globalement, l’arrière-plan historique est lui aussi bien utilisé. Avec un De Gaulle à la fois olympien et « tranquille », donnant des sueurs froides à ses gardes du corps. Gardes du corps au cœur du récit donc, avec un petit nouveau qui arrive pour diriger trois anciens. Avec le titre, la couverture, je m’imaginais quelque chose jouant sur le même registre que les dialogues d’Audiard, avec bons mots et bourres-pifs qui fusent. Et en fait ça n’est pas forcément le cas – en tout cas bien moins que je l’espérais au départ. Du coup, si la lecture s’est avérée fluide et plutôt agréable, je suis sorti un chouia frustré de ce premier album. Le très grand format, le papier épais font un peu classieux, un dossier en fin d’album apporte un petit plus. Mais, au vu de ce premier album, je ne sais pas si les dix albums semble-t-il prévus ne sont pas de trop, s’il y a vraiment matière à « tenir » sans étirer outre mesure les mêmes dialogues et situations. A voir donc. Ce tome inaugural pose le décor – et quelques questions – mais j’attends la suite plutôt avec envie (le dessin est vraiment bon lui, et aide clairement à la fluidité et au plaisir de lecture).
Démontagner
Une très belle bd. Je rejoins entièrement l'avis de Grogro, que je trouve très pertinent. Un sujet d'épinal pas souvent (bien) traité que celui de berger. J'ai beaucoup aimé le ton très sincère de l'auteur. Graphiquement c'est très beau, élégant, efficace. Le grand format opté par Acte Sud est idéal (et correspond peut être à la taille des planches originales). J'ai pensé à F'murr et son génie des alpages sur certains graphismes, peut être le hasrad ou le rapprochement du thème. Un récit fluide et très prenant, oscillant entre pragmatisme et poésie, qui rend à la montagne ce qui est à la montagne. Montagnes des Pyrénées et heu vous êtes mes amours oui mes amours Montagnes des Pyrénées et heu je vous aimerai toujours ho oui toujours
Un Conte de Noël (De La Fuente)
Chiqui de la Fuente (frére de Victor et de Ramón) a surtout travaillé pour des collections de classiques de la littérature destinées à la jeunesse. Il a obtenu à juste titre un certain succès avec ses adaptations BD dans plusieurs pays. Le style de son dessin est original et facilement identifiable, ayant réussi à s’émanciper de ses frères. Il s’agit ici de l’un des contes les plus célèbres de tous les temps, de la plume de Charles Dickens, connu comme « l’homme qui a inventé Noël ».
Trains de légende
J’ai lu pour le moment les deux premiers albums (chacun se lit comme un one-shot, c’est presque plus une collection qu’une série, les auteurs changeant d’un album à l’autre). Chaque album traite d’un train ou d’une voie ferrée plus ou moins « mythique ». Mais surtout le fait de façon très différente. Dans le premier album, « L’Orient-express », c’est en fait une sorte d’enquête policière, autour d’un attentat ayant frappé un pont sur la ligne en 1931 (je ne connaissais pas cet événement – où Joséphine Baker fut impliquée, mais il est bien réel), tandis que le deuxième album, « Le Transcontinental », retrace uniquement la construction de la ligne traversant les Etats-Unis naissants. « L’Orient-Express » se laisse lire, mais l’enquête est un peu poussive, l’arrière-plan historique (montée du Nazisme et plus généralement du fascisme en Europe) n’étant pas assez développé à mon goût. Surtout, l’Orient-Express lui-même n’est ici qu’un décor, et n’apparait finalement que très peu. Le dossier final complète bien le récit, en éclairant davantage l’histoire de ce train (y compris au niveau des romans et films qui l’ont utilisé comme décor), un dossier bien fichu. « Le Transcontinental » possède a priori plus de potentiel, et m’intéressait aussi a priori davantage. Il alterne avec les deux équipes/sociétés impliquées dans sa construction, un tronçon partant de Sacramento, l’autre de Omaha, jusqu’à leur jonction à Promontary. Le train en lui-même est ici aussi escamoté, puisque seule la construction est traitée, mais le train est au moins au centre du récit et des préoccupations de tous les protagonistes. Protagonistes qui sont du coup très nombreux, comme les sujets abordés. Mais, en 48 pages, soit les sujets ne sont qu’effleurés (utilisation de la main d’œuvre chinoise, réactions et impactes liés aux tribus indiennes dépossédées voire massacrées, conflits sociaux, etc.) soit ils sont tout simplement « oubliés » (tout ce qui concerne les « barons voleurs », les avantages obtenus de la part de l’Etat autour des voies, les concessions, etc.). Sur cet album, je trouve le format 48 pages de BD trop court pour tous les aspects liés au sujet. Et, même si le sujet m’intéressait davantage que le précédent – ou à cause de cela – j’ai été un peu frustré (l’histoire se lit très bien par contre). Frustrant aussi le dossier final, car il n’est quasiment constitué que de courtes biographies des principaux personnages entrevus, et d’un court chapitre sur l’emploi des Chinois : tous les riches aspects connexes ne sont donc pas développés.
Saga
J'ai commencé à acheter et à lire la série depuis le premier numéro. Mais je n'ai réussi à tenir que jusqu'au huitième volume et ça a déjà été trop! Les dessins ne sont pas mauvais mais l'intrigue, dans cette version fantasy de Roméo et Juliette, s'étire péniblement sans grandes surprises ni même de vraies nouveautés. Bref, je pense qu'une lecture suffit pour se faire une idée et au plus, je pense feuilleter le dernier tome un jour...
L'Homme-chevreuil - Sept ans de vie sauvage
Très tiraillé entre 3 et 4... Voilà une BD qui se situe exactement à 3,5/5 à mon échelle. J'ai d'abord eu une énorme coup de cœur pour le dessin de Jean-Denis Pendanx. Il est vraiment somptueux et restitue à merveille la beauté, la pureté et la grandeur de la forêt. Il nous fait comprendre à merveille la fascination de Geoffroy Delorme pour les chevreuils et leur habitat naturel. Aidés par le sens narratif toujours aigu de Vincent Zabus, on entre donc peu à peu dans l'esprit de Geoffroy, et on se plaît à s'immiscer avec lui dans cette vie au beau milieu des bois, pas si solitaire. J'ai beaucoup aimé le fait qu'à la suite de Geoffroy Delorme, la bande dessinée ne revendique aucun discours. Il n'est question d'aucun militantisme ou d'aucune dimension politique quelle qu'elle soit. Non, c'est l'expérience de vie de Geoffroy, son dégoût des humains et son incapacité à s'adapter aux normes du monde dans lequel il vit qui le pousse vers la forêt. Sans esprit de conquête ni même de survivalisme à proprement parler, il nous raconte comment il a découvert peu à peu la beauté mais aussi la dureté de la vie en forêt pour un être humain. Son récit prend souvent des airs documentaires quand il nous explique les meilleures manières de s'adapter à la vie au milieu des bois ou quand il décrit le mode de vie des chevreuils. Je n'aurais pas pensé être si intéressé par le sujet, et Zabus sait rendre cette histoire souvent captivante. Malgré tout, ce qui m'empêche de monter à 4 étoiles, c'est tout de même cette absence de récit à proprement parler. On est davantage sur une bande dessinée à caractère informatif et documentaire que sur une histoire avec un début, un milieu, une fin... une narration, quoi. Le récit n'évolue que très peu, et il manque un semblant de climax ou d'émotion. J'aurais aimé partager les sentiments et les émotions que traverse Geoffroy, notamment quand il voit ses amis chevreuils mourir sous ses yeux. Mais la froideur de la narration nous en empêche, à moins que ce ne soit le côté très éclectique du récit, qui enchaîne plus des scénettes (avec un certain fil directeur, certes) qu'il ne raconte une histoire à proprement parler. Dans l'ensemble, cette froideur de ton sert plus le récit qu'elle ne le dessert, mais je trouve que L'Homme-chevreuil manque alors d'une dimension qui aurait rendu l'histoire plus attachante ou émouvante. Cela ne m'a pas empêché de m'intéresser de très près à cette histoire d'autant plus étonnante qu'elle est vraie. J'ai tout de même appris beaucoup de choses et tiré beaucoup d'enseignements de cette histoire. Et encore une fois, le dessin est si beau qu'il justifie à lui seul la lecture de la bande dessinée.
D
Plus je relis cette saga, plus je me rends compte à quel point elle est incroyable ! Alain Ayroles étant à mon sens un des plus grands (voire LE plus grand) auteur de bandes dessinées vivant à l'heure actuelle, il peut sembler évident de dire que cette saga est à son tour une réussite, après les bijoux qu'étaient De Cape et de Crocs et Garulfo. À l'image de cette dernière, d'ailleurs, c'est à nouveau avec Maïorana qu'Ayroles s'allie pour nous proposer une plongée, non plus cette fois dans l'Europe baroque ou dans le conte médiéval, mais dans l'Angleterre du XIXe, à la manière des meilleurs romans gothiques. La présence des auteurs de Garulfo est donc la garantie du soin extrême apporté à chacun des trois tomes de cette captivante trilogie. Au niveau du dessin, je trouve qu'on constate une nette amélioration de Maïorana par rapport à ses débuts, déjà sensible dans les tomes finaux de Garulfo, mais qui s'épanouit ici pour nous offrir des images somptueuses. Il aime rendre son trait parfois un peu flou, ce qui pourrait en rebuter certains, mais colle ici parfaitement à l'ambiance gothique recherchée, et la rigueur du dessin est toujours présente, ce qui nous offre une plongée très immersive dans l'Angleterre victorienne. Plongée d'autant plus immersive que le scénario d'Ayroles, lui, j'ose le dire, confine au génie. Un génie qu'on ne sentira pas forcément dès la première lecture, en tous cas qu'on ne sentira pas forcément jusqu'à la fin du tome 3. Pour moi, cette saga est à lire au moins deux fois (mais en fait, beaucoup plus) : la première fois, évidemment, en ne sachant à peu près rien de ce qu'on va découvrir, et la deuxième fois, en connaissant tous les tenants et les aboutissants de l'intrigue. Je vous le garantis, vous n'aurez pas l'impression de lire plusieurs fois la même bande dessinée. Le génie d'Alain Ayroles, c'est de reprendre une histoire traditionnelle de vampire, mais pas à la sauce moderne, plutôt en l'inscrivant dans la dialectique du roman victorien avec une ambiance qui croise des influences telles que Dickens, Stevenson ou Wilde. De ces auteurs, Ayroles récupère deux éléments qui font de sa bande dessinée un élément à part : le talent pour les dialogues, et une satire sociale forte sans être trop appuyée. Du côté des dialogues, on reconnaît évidemment la patte de l'auteur de De Cape et de Crocs et son aisance hallucinante à pasticher les plus grands auteurs. Ici, il s'en donne à cœur joie pour pasticher Oscar Wilde avec un talent indéniable, ce qui rend la lecture savoureuse. Mais la satire sociale est elle aussi très présente, tout en restant à sa place, et c'est là, surtout, qu'Ayroles donne tout son sens au récit. L'histoire de vampires qu'il met en place n'a rien de gratuit. D'habitude peu friand de ce genre de récit, j'en raffole ici, le thème vampirique jouant un fort rôle métaphorique. En effet, le thème du vampire permet de faire réfléchir sur la vraie nature de l'homme à une époque où celui-ci découvre les moyens de satisfaire ses passions envers le pouvoir et l'argent, mais aussi à une époque où la raison est censée prendre le pas sur toute forme de croyance. Le parallèle avec la colonisation est magnifiquement mis en scène (Drake, le colonisateur qui s'abaisse à boire du sang comme les indigènes auxquels il s'assimile peu à peu, ou encore cette magnifique rime riche entre vampire et empire) Dès lors, quelle place les vampires peuvent-ils, doivent-ils occuper au sein de la société ? Et déjà, les vampires sont-ils vraiment ceux que l'on croit ? À l'heure de la colonisation et de la surexploitation des ressources, les vampires n'ont-ils pas un visage différent de celui qu'on leur attribue ? Ayroles et Maïorana se livrent donc à un fascinant jeu de cache-cache, où la mythologie vampirique met en avant de forts thèmes de réflexion qui sous-tendent un beau discours s'étalant sur trois tomes, et se terminant en apothéose. Bref, plus je la relis, plus je découvre combien D peut prétendre à la perfection. C'est une proposition brillante de la part de ses auteurs, tant sur le plan visuel, très soigné, que sur le plan narratif, l'aventure ayant un grand nombre de lectures sous-jacentes dont on n'aura jamais vraiment fini de faire le tour. À l'image des deux autres grandes sagas de son auteur, D fait donc figure de trilogie incontournable dans le monde de la bande dessinée contemporaine. Et nous apporte la preuve que, quoiqu'il touche, Alain Ayroles le transforme systématiquement en or...
Raiders
J'avais beaucoup d'espoir après l'excellent Birdking des mêmes auteurs. Mais l'espoir s'est envolé au fil de ma lecture. Je vais commencer par le dessin de Crom qui me séduit toujours autant avec son style (tendance manga) reconnaissable au premier coup d'œil. Caricatural, dynamique et expressif. Des couleurs en adéquation avec l'univers fantasy. Une mise en page plutôt classique. Du bon boulot. L'histoire se laisse lire mais ça manque cruellement d'originalité et les 112 pages se lisent en 30 mn à peine. Des personnages pas forcément attachants, des rebondissements qui ne surprennent pas et un univers violent déjà vu des centaines de fois. Du sanglant qui reste soft grâce au dessin. Déçu ! Je n'y reviendrai pas. Note réelle : 2,5. Merci à la partie graphique.