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Les dernier avis (90872 avis)

Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série L'écolier en bleu
L'écolier en bleu

"L'écolier en bleu" narre les deux dernières années de la vie du peintre d'origine russe Soutine. Il se trouve qu'il est aussi juif et que l'époque du livre, à savoir la Seconde guerre mondiale, ne leur est pas propice. Ajoutant à cela que son art n'est pas forcément bien vu des nazis non plus pour qui ces œuvres sont sûrement catégorisées dans l'art "dégénéré". Il cumule. Donc après avoir vécu à Paris il se cache à la campagne avec sa compagne Marie-Berthe et rencontre un écolier qui deviendra un de ses sujets de portraits. Je connaissais la réputation qu'on peut faire à cet artiste sans le sou malgré son talent, colérique aux peintures un peu macabres, cherchant notamment son inspiration dans les animaux putréfiés. Ce récit est très intéressant, non réservé aux initiés en histoire de l'art et graphiquement bien illustré dans ce petit village paisible. Un très bon one-shot.

19/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Saccage
Saccage

Un album atypique et surprenant. Le grand format à l'italienne permet de profiter de superbes dessins au format paysage. J'aimerais bien être aussi doué avec un stylo bic ... C'est tellement stylé qu'on a envie de découper certaines pages et les mettre dans un joli cadre pour les admirer au mur. On pourrait rester devant de longues minutes à scruter le moindre détail. Bon après l'histoire. Bien bien. C'est pour moi le problème, il n'y en a pas vraiment. On a des thèmes autour de l'écologie, la dégradation de la planète avec un personnage tout jaune qui traverse des étendues ravagées. On essaie de trouver un fil conducteur entre les planches. C'est un peu à chacun de faire sa propre interprétation, comme au musée face à un tableau en fait. Ça nécessiterait bien un guide conférencier.

19/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Blotch
Blotch

Blutch est un auteur très doué, mais dont l’œuvre, éclectique et parfois hermétique, ne m’a pas toujours accroché. Même si j’ai déjà beaucoup aimé certaines de ses productions (comme Le Petit Christian). Il est clair que « Blotch » fait partie de ses séries que je préfère. On y retrouve son dessin, vraiment chouette. Un Noir et Blanc bien utilisé, avec un trait gras, nerveux, allant à l’essentiel : c’est à la fois sobre et fort. Quant aux histoires courtes qui composent cette série, je les ai trouvées très réussies. Je l’ai lue dans l’intégrale, dont la couverture singe celle de certaines collections d’éditeurs de l’entre-deux guerre (Grasset ou Fasquelle), ce qui est judicieux. En effet, Blutch, qui présente ici son double, au milieu d’un journal Fluide Glacial au centre de l’intelligentsia des dessinateurs de presse, situe ses histoires dans les années 1930. Ses collègues de Fluide apparaissent avec des noms déformés mais transparents (y compris Gotlib, ici en patron guindé). Mais c’est surtout de lui-même que Blutch se moque. En effet, son double de papier est fat, prétentieux, plein d’une morgue injustifiée (il pète en effet bien plus haut que son cul !). C’est aussi un conservateur, voire un gros réactionnaire – qui ne cesse de vilipender la populace, les « rouges » (on est en plein Front populaire). C’est un fasciste, qui a un autre point commun avec Hitler (qu’il est loin de critiquer), car c’est aussi un peintre manqué, qui ressasse son amertume, son aigreur le poussant à dénigrer, jalouser les autres, en particulier un ancien condisciple des Beaux-arts, un certain Jean Bonnot, qui se trouve être son principal rival, illustrant le journal concurrent. Rien d’hilarant, mais tout est bien vu, drôle, juste. Pointent aussi certaines critiques du milieu artistique, et des compromissions acceptées par certains pour « réussir ». Bref, voilà une lecture plus que recommandée !

19/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Oleg
Oleg

Voilà 20 ans que Pilules bleues est sorti... déjà. Frederik Peeters revient ici avec un nouveau récit autobiographique, presque une suite du formidable album cité. Seulement cette fois, il troque sa place avec celle d'un avatar : Oleg. Oleg est un dessinateur de bande dessinée, à la fois nostalgique, doux et critique du monde qui l'entoure. Nous suivons son quotidien professionnel, mais aussi (surtout) sa vie de famille avec sa compagne et sa fille. Çà et là, quelques planches laissent deviner l'opinion d'Oleg sur notre société, les réseaux sociaux ou encore les nouvelles technologies. La narration et la structure de l'histoire démontrent une grande maturité. Le ton est très adulte. D'une certaine manière, ce one shot m'a beaucoup fait penser au Combat ordinaire de Larcenet. Comme ce dernier, Peeters a la capacité de raconter la vie de tous les jours et les choses ordinaires d'une manière captivante. Car oui, malgré 184 pages, l'album se lit d'une traite. Des allusions ou clins d’œil à d'autres œuvres de Peeters, comme RG, apparaissent au fil de l'album, ce qui ancre l'histoire dans la réalité, malgré l'usage d'un alias et le côté fictionnel qui en résulte. Une partie du procédé créatif et de validation du projet Saccage est même raconté, ce qui est savoureux pour un amateur de l'auteur. Les passages évoquant les idées d'Oleg pour son ou ses prochains albums sont particulièrement intéressants et permettent au lecteur de comprendre comment peut naître une bande dessinée, mais aussi d'apercevoir toutes ces idées qui ne donneront jamais rien. L'album étant en noir et blanc, il faut se concentrer sur le trait, à la fois doux, engageant et intense, dans le plus pur style Peeters. Moi, j'aime beaucoup. Après un Saccage très libre et atypique, « Oleg » ramène le lecteur sur terre, d'une manière rassurante mais pas banale, surtout pas. Plus qu'un saut dans les coulisses de l'auteur de bande dessinée, « Oleg » est un vibrant hommage et une déclaration d'amour à sa femme et sa famille. Une belle lecture qui renforce encore un peu mon intérêt pour l'auteur.

19/01/2021 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Paul a un travail d'été
Paul a un travail d'été

C'est marrant car j'étais persuadé de lire mon premier Paul, et je découvre dans mes avis que j'ai lu Paul à Québec il y a 8 ans et que j'en ai absolument aucun souvenir. Et si dans l'ensemble j'ai plutôt aimé la version job d'été, il est probable que dans 8 ans j'aurais également oublié cette lecture. J'ai préféré la seconde partie de l'album, la première contenant un peu trop de détails anecdotiques. C'est à dire des passages avec peu d'importance pour la suite de l'histoire, ou pas spécialement drôles, ni émouvants. La deuxième moitié fonctionne mieux, il y a pas mal d'éléments qui nous renvoient à cette même période de notre vie, premier job d'été, soirées arrosées avec des amis au coin du feu, premiers émois amoureux, etc... La sensibilité que montre Paul face à des ados difficiles (la petite fille aveugle par exemple) est plutôt bien traitée également. Enfin, ce que je trouve sympathique aussi c'est que cela me rappelle beaucoup le Québec, ses habitants tous plus attachants les uns que les autres et bien sur leur phrasé si typique qui nous fait tant sourire, nous Européens. Les dialogues sont chantants et j'ai l'impression d'entendre les accents des personnages dans ma tête à chaque phylactère. Une lecture divertissante, qui me plait peut-être plus pour sa localisation que pour ce qu'elle raconte. C'est peut-être pas la meilleure raison pour apprécier cette BD, en tout cas ça me contente largement.

19/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Hey June
Hey June

Il s'agit d'un petit album carré. C'est du strip, à l'instar de Peanuts par exemple, mais présenté en carré. Chaque page contient un gag sur 4 cases elles-mêmes carrées, avec une case de titre reprenant une chanson des Beatles, ce qui laisse 3 cases pour faire (sous)rire son lecteur. L'exercice est difficile. Globalement ça se lit, ça prête à sourire, un peu. Le dessin est très bien, rien à lui reprocher. Si les quelques planches présentées dans la galerie vous plaisent, je vous conseille la lecture sinon on peut faire l'impasse car tout l'album est de cet ordre.

18/01/2021 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Inanna Djoun
Inanna Djoun

Bien aimé cet album dont le titre déforme légèrement celui d'un archéologue américain. Sauf qu'ici on se trouve dans un monde différent où la puissance dominante en Europe est le royaume de Babylone, la France n'étant qu'un pays d'arriérés où les vaches voyagent dans les mêmes wagons que les passagers. Cette inversion est propice à plein de situations comiques à l'instar de Mondo Reverso chez le même éditeur. L'héroïne est une archéologue de cette contrée orientale qui vient en France, contrainte par son chef à collecter des objets archéologiques pour préparer une exposition dans un musée. Je me suis bien marré à la lecture, et pourtant je me considère comme un client plutôt difficile en la matière. C'est parsemé de clins d’œil notamment à Tintin. Le dessin n'est pas vilain non plus. Ne connaissant pas B-gnet avant cet album, j'essaierai de voir ce qu'il fait d'autre à l'occasion.

18/01/2021 (modifier)
Couverture de la série Le Maître de Benson Gate
Le Maître de Benson Gate

(Après lecture des tomes 1 à 4) C’est une série qui se laisse lire, mais qui est bien loin de l’excellent Il était une fois en France du même scénariste. Les scènes se succédaient, que ce soit les révélations sur les magouilles des uns et des autres, ou bien celles de règlements de comptes et autres flingages, sans que je sois vraiment passionné par aucune d’entre elles. Globalement, la narration est souvent trop rapide, on a l’impression de sauter du coq à l’âne sans que des scènes vraiment fortes se dégagent (j’avais le même reproche pour W.E.S.T du même scénariste, d’ailleurs). Je trouve l’évolution du personnage de Richard assez ratée et artificielle. Par ailleurs, le dessin ne rend pas toujours l’identification des personnages évidente, d’autant plus que les personnages secondaires ne sont pas vraiment marquants. Le passage sur la cathédrale au milieu de la jungle, dans le tome 4, m’a paru tomber un peu comme un cheveu sur la soupe. Il y a aussi pas mal de clichés du genre que je n’ai pas tellement appréciés. Bref, ce n’est pas mauvais mais je n’ai pas vraiment accroché. Il faut dire que je suis un peu lassé par ces séries sur des dynasties de mafieux et/ou d’hommes d’affaires véreux qui, à moins d’une vision très personnelle ou d’un talent narratif exceptionnel de l’auteur, ont un peu tendance à toutes se ressembler.

18/01/2021 (modifier)
Couverture de la série From Hell
From Hell

Moore présente cette histoire comme l’autopsie des crimes de Jack l’éventreur. Et le fait est qu’il y a quelque chose de scientifique, de méthodique, de très méticuleux, dans sa façon de procéder. Car c’est une véritable somme, il prend le temps de développer intrigue, personnalité des personnages clés. Il faut clairement prévoir du temps pour lire ce pavé ! D’autant plus que les textes sont parsemés de multiples références historiques – que ce soit autour de la société victorienne dans laquelle se déroule l’histoire, ou plus lointaines (voir la très longue balade dans Londres – qui occupe tout le chapitre 4 – au cours de laquelle le docteur Gull, dans un très long monologue, refait auprès d’un compagnon passif un historique des quartiers de Londres, de leur architecture, mais aussi des dieux, peuples qui, depuis l’antiquité, ont « habité » ces endroits). Si c’est bien la version personnelle et partiale de Moore que nous avons ici d’une des affaires criminelles les plus célèbres (et qui a fait couler d’autant plus d’encre qu’elle n’a jamais été officiellement résolue !), c’est en tout cas un ouvrage très documenté. Le long appendice, dans lequel Moore livre les sources, les clés de lecture de certains passages, en est la preuve. Quant au dessin de Campbell, nerveux et sec, à la fois précis et jouant sur les esquisses plus que sur une profusion de détails, il est globalement très bon (même si inégal, certains passages semblant même bizarrement bâclés). En tout cas j’aime bien son travail en hachures, ratures, assez rageur – un peu comme le dessin de Buzzelli parfois. Mais je pense qu’il aurait été plus lisible sur un format plus grand (même remarques d’ailleurs pour les textes abondants dans les phylactères) : la lecture est parfois difficile.

18/01/2021 (modifier)
Par Franz
Note: 5/5
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

Le photographe. T. 1. Didier Lefèvre, reporter-photographe, est missionné en 1986 par Médecins sans frontières pour accompagner une équipe médicale itinérante, partant du Pakistan pour l’Afghanistan, alors en pleine guerre avec la Russie. Des années plus tard, il s’associe au dessinateur Emmanuel Guibert et à Frédéric Lemercier pour la mise en page et la couleur afin de raconter son voyage afghan. Les préparatifs de la caravane, la longue marche harassante dans les montagnes, les rencontres, les frictions, les opérations médicales de fortune, le quotidien des personnes est rendu avec une vérité étonnante. Les photographies en noir et blanc sont insérées au départ sous forme de bande contact et les dessins en couleur pallient aux manques. Le texte fait le lien entre toutes les images. La bande dessinée peut avoir un aspect austère de prime abord et être peu engageante au feuilletage mais dès qu’on commence la lecture, on est immédiatement capturé et conquis. On se rend compte très vite que les deux médias se marient admirablement. Pourtant, la vraie richesse du Photographe reste son texte. Le lecteur palpe le vécu de chacun. Quand l’électricité tombe en panne dans le quartier d’University Town, à Peshawar et que la climatisation s’arrête, le lecteur sent la chaleur le poisser. Emmanuel Guibert sait rendre son reportage non seulement vivant mais il parvient, en toute modestie, à montrer son talent de photographe. Après son immersion dans le paysage, il prévient le lecteur, à la fin de l’album : « Je sens qu’une bonne photo est à ma portée. […] Je retiens mon souffle chaque fois que j’appuie. Si j’ai bien fait mon boulot, elle devrait être là… ». Le lecteur ne voit pas grand-chose sur la bande contact. Il se dit : « Bof ! ». Il tourne la page et la photographie apparaît, se révèle, s’impose dans sa beauté formelle et son caractère insolite. Bravo l’artiste ! On n’a plus qu’une seule envie, celle de poursuivre l’aventure. Le photographe. T. 2 . Le second tome du Photographe est dans la continuité du premier volume. Le convoi afghan et les volontaires de Médecins sans frontières sont stoppés dans le passage d’un col car un hélicoptère russe surgit dans le ciel. A voir le beau dessin d’Emmanuel Guibert débutant l’histoire, le lecteur pourrait penser lire une aventure de Tintin mais la ligne épurée et les aplats nets de couleur ne racontent pas une aventure où le héros est bon et s’en sort avec les honneurs. La page suivante, les photographies en noir & blanc intercalées rappellent la réalité brutale. Le hiératisme des sentinelles afghanes scrutant le ciel témoigne d’une beauté immémoriale où le port, l’attitude, l’habillement des hommes les posent admirablement dans leurs montagnes altières et dépouillées. Les médecins arrivent enfin à destination et s’installent dans la vallée de Yaftal, à Zaragandara, dans un hôpital de fortune. « Vous allez vraiment travailler dans ce gourbi ? – Tu t’attendais à quoi ? La Salpêtrière ? – Non, mais quand même ! Un préau minable ouvert à tous les vents… - On verra mieux le paysage ». Les patients affluent. De l’accident domestique aux blessés de guerre, le travail des volontaires de MSF est incessant, harassant, exaltant aussi. Le lecteur est immergé dans la guerre et ses dégâts irrémédiables. Un adolescent a le bas du visage arraché par un éclat d’obus. On se croirait revenu aux mutilés de 14-18. Les médecins s’acharnent à tenter l’impossible en dépit du manque de tout. Avec une modestie qui les grandit encore, de simples hommes de science prennent une dimension exceptionnelle. Ils ne déplacent pas des montagnes ; ils les passent. Un des objectifs de la mission est d’apporter des rudiments de médecine aux montagnards pour qu’ils sachent dispenser les premiers soins quand MSF aura quitté les lieux. Il y a davantage de photographies que dans le précédent volume. L’histoire produit aussi plus d’émotions. La fin prépare au retour en solo du photographe prêt à sauter dans l’inconnu et dans le troisième et dernier tome d’une série unique et prenante. Le photographe. T. 3. Il est souvent malaisé de révéler sa vie aux autres, surtout au détour d’une phrase comme celles qui épiloguent le troisième volume du Photographe. La vie de Didier Lefèvre n’était peut-être pas à tirer au clair sous peine de voiler et flouter l’excellente adaptation faite par le trio Lefèvre, Guibert et Lemercier. Ainsi, le lecteur apprend que le temps a laminé la liaison de Didier et Dominique et que les privations de son voyage lui ont aussi valu un déchaussement carabiné de sa dentition, un carton de 17 dents. Le DVD d’accompagnement n’était peut-être pas non plus nécessaire. L’adaptation remarquable du voyage en Afghanistan pour le compte de MSF mélangeant photographies en noir et blanc et dessins en couleur se suffisait à elle-même. Dans ce 3e tome, Didier Lefèvre parcourt le chemin de l’aller mais ses guides n’en sont pas. Ils lambinent et finissent par l’abandonner en pleine montagne. Incapable de bâter son cheval, il remonte, comme Sisyphe son tonneau, le barda sur le canasson qui retombe sans cesse, jusqu’à épuisement de l’homme et de l’animal. On atteint une rare intensité avec le mort pressentie du photographe, roulé dans sa couverture de survie, à cinq mille mètres d’altitude, dans la neige, le froid intense et la solitude extrême. Dans la nuit, une caravane passe. On lui marche dessus mais personne ne s’arrête. Finalement, des Afghans peu charitables vont le tirer d’affaire mais lui soutirer aussi tout son argent. Didier Lefèvre craint à juste titre pour sa vie. Il n’ose plus dormir au bivouac, de peur de se faire trancher la gorge dans son sommeil. Il est au bord de l’épuisement. La fin de la tétralogie ne démérite pas. L’ensemble est cohérent et rend compte, avec nuance et précision, d’un voyage difficile dans un pays en guerre. L’humanité qui s’en dégage est bouleversante.

18/01/2021 (modifier)