Le second cycle des Complaintes est un exemple en terme de continuité à rebours, puisqu'il a lieu avant l'époque de Sioban dans le temps.
Dufaux a compris qu'il avait de l'or dans les mains avec le monde d'Eruin Dulea et il s'amuse à en développer la chronologie et les acteurs sans fausse note.
J'ai trouvé le dessin de Delaby un peu trop propre au début, pas assez vénéneux. Ensuite le talent prend le dessus et le relais avec Jeremy ne change rien à la très grande qualité générale de l'ensemble.
Je suis d’accord avec Gaston. Cette histoire d’immigrés haïtiens (en tout cas celle des parents du narrateur) et de ses rapports avec la société québécoise, a des côtés intéressants, attachants. Mais aussi un traitement qui ne m’a pas vraiment convaincu.
La narration est un peu trop décousue. Mais le dessin, pourtant très lisible et pas désagréable en lui-même, ne me paraît pas forcément adapté à ce type de récit. C’est plus un dessin que j’aurais vu sur des récits d’action ou d’humour (voir les mimiques des personnages, souvent surjouées). Mais là, sur ce type de récit, il y a je trouve un petit décalage à ce niveau entre le côté graphique et l’histoire elle-même.
Bon, cela dit, la lecture n’est ni inintéressante ni déplaisante, et le travail éditorial de La Pastèque est, comme très souvent, très bon, avec couverture et papier épais.
Note réelle 2,5/5.
Sur un sujet clivant et casse-gueule (« l’assistance à l’interruption volontaire de vie »), cet album nous propose quelque chose d’intéressant et de réussi.
La mise en page et la narration sont aérées. Le dessin se focalise surtout sur les personnages – leurs visages essentiellement – sans que cela ne soit frustrant.
Inspirée de faits réels, l’intrigue tourne autour de quelques personnages, membres d’une association, « En toute conscience », qui aide et accompagne les personnes désireuses « d’en finir », en leur fournissant un moyen « un poison » et une assistance psychologique (ainsi qu’à leurs proches).
Un grain de sable arrive lorsqu’un jeune homme les contacte, voulant se suicider après un chagrin d’amour : c’est l’occasion pour tout le monde de réfléchir, ceci posant un « cas de conscience » (« normalement » seuls de vieilles personnes contactent l’association).
Si le fond est noir et le sujet sensible, le traitement relativement « léger » dans le ton permet d’éviter la pathos, et de laisser le lecteur à ses questionnements, tout en nourrissant un débat salutaire, loin des caricatures et de la propagande hargneuse des Eglises (fortement critiquée par plusieurs personnages).
Note réelle 3,5/5.
Pas grand-chose à dire de cet album, que j’ai lu jusqu’au bout, mais qui jamais n’a réussi à me captiver.
L’analogie, le parallèle, entre l’histoire de Frankenstein et la situation de Bagdad sous les bombes des attentats terroristes et de l’occupation américaine post 2003 m’est rapidement apparu bancale, le type même de la fausse bonne idée. Ici, le mélange des deux édulcore et affaiblit les deux thèmes.
Et surtout la narration est très saccadée, hachée, et l’intrigue ne m’a pas trop intéressé. On passe d’un personnage à l’autre, sans que rien ne soit clair ou précisé. Je ne sais pas si ça vient du roman (que je ne connais pas) ou de l’adaptation, mais ça m‘a laissé de côté.
Une lecture décevante en tout cas.
3.5
J'ai emprunté cet album sans rien savoir du scénario, tout ce que je savais sur cette série est qu'elle avait reçu d'excellentes notes sur ce site. J'avoue que j'avais un peu peur au début parce que la couverture ne donne vraiment pas envie de lire la BD et je pensais tomber sur un roman graphique qui parlerait de peine d'amour ou un autre truc cliché comme ça. J'ai été agréablement surpris de voir que c'était en faite un récit fantastique, l'héroïne étant immortelle tant que quelqu'un est amoureuse d'elle, mais évidement l'immortalité à ses désavantages.
Le concept est bien développé et maitrisé par l'auteur qui en profite plus traiter de plusieurs thèmes souvent d'actualité. Le récit est agréable à suivre pendant un moment. J'ai quand même fini par me lasser un peu du récit qui, après qu'on montre les mésaventures de l'héroïne avec un homme obsédé par elle, me semblait tourner en rond (en gros, l'héroïne continue d'utiliser les hommes pour continuer à être immortelle) même lorsque l'auteur ajoute une petite surprise au cours d'une des aventures amoureuses du personnage principal. Heureusement, le dénouement et la fin sont très bien réussi et cela a fait remonter mon intérêt pour l'histoire.
Alors voilà il y a des longueurs et le dessin lui-même est pas génial, mais cela reste malgré tout globalement un bon album avec un concept intéressant.
J’arrondis aux trois étoiles, parce que la seconde moitié de l’album est quand même plus engageante, et que j’aime bien ce format à l’italienne (et le travail éditorial d’Atrabile).
Mais je pense que cet album n’est pas vraiment ma came. Le gros premier tiers est même ennuyeux par endroit, avec une atmosphère étouffante, dans une famille un peu – beaucoup – dysfonctionnelle, une sorte de malaise/enfer familial. Quelques dialogues ou situations amusantes permettent de passer outre une certaine répétition, mais ce gros début m’a un peu soulé au bout d’un moment (et le dessin, un peu minimaliste mais lisible, n’est pas non plus ma tasse de thé).
La suite est un peu plus intéressante. On n’est plus sur le couple en crise et leurs enfants, d’autres personnages entrent en scène, on est moins souvent dans le huis-clos du logement de notre quatuor, ce qui aère le récit, et m’ont permis de finir ce récit avec un peu moins de réticences.
Mais, clairement, cet album m’a beaucoup moins captivé que mes prédécesseurs.
Les dessins d'Attanasio sont drôles mais les histoires et le comportement des personnages principaux sont souvent trop répétitifs. La contribution de Goscinny aux textes a été fondamentale: mes histoires préférées sont Spaghetti et le Grand Zampone (un boxeur sensible et timide), et surtout Spaghetti à Paris (avec les touristes américains). C'est pourquoi je vous dis washawasha, goushagousha et washa hop hop!
Une BD douce et poétique où un grand frère voit pousser des fleurs sur sa tête, dans un conte ouvert et contemplatif.
J'ai trouvé cette BD globalement agréable à lire, surtout pour son aspect visuel. Le dessin est très joli, soigné et délicat, et les couleurs sont particulièrement réussies, douces et harmonieuses, ce qui donne à l'ensemble une vraie poésie visuelle.
Sur le fond, j'ai longtemps été perplexe face à l'idée de départ : ces fleurs qui poussent sur la tête du grand frère. Je me suis demandé s'il fallait y voir une analogie précise (maladie, transformation, adolescence, différence...), mais je n'ai pas vraiment eu le sentiment qu'il y ait une clé unique. J'y ai plutôt vu un conte ouvert, volontairement ambigu, qui laisse une grande liberté d'interprétation, ce qui m'a à la fois intéressé et laissé un peu à distance.
L'histoire est très douce, presque trop par moments. Il y a peu de tension ou de conflit, ce qui donne un récit assez linéaire et très apaisé, mais aussi une impression de manque d'ampleur, comme si le potentiel de l'idée de départ restait partiellement en surface. La fin m'a quand même apporté une touche plus émotive car j'y ai vu l'évocation discrète du deuil, ainsi que l'importance de garder en mémoire les belles choses et ce que nous apportent les rencontres et les expériences passées. Cela donne finalement un peu plus de profondeur à l'ensemble.
En 1661, à Paris, un jeune orphelin rêve de théâtre et voit son destin basculer lorsqu'il croise la route de Molière, qui lui ouvre les portes de sa troupe, au cœur d'une époque marquée par les intrigues du règne de Louis XIV.
Le point de départ est séduisant, avec ce parcours d'apprentissage qui permet de croiser plusieurs grandes figures historiques et de découvrir les coulisses du théâtre et de la cour. L'ensemble se lit sans déplaisir, mais je dois reconnaître que je suis resté assez extérieur au récit, qui m'a semblé intéressant sans jamais devenir vraiment passionnant. L'intrigue reste assez sage, avec des enjeux limités et un déroulé qui donne parfois l'impression d'enchaîner les étapes sans véritable montée en intensité.
Graphiquement, le travail est indéniablement soigné. Le dessin est précis, détaillé, avec une belle reconstitution des décors et des costumes, ce qui rend l'ensemble agréable à parcourir. Mais malgré ces qualités, j'ai trouvé l'ensemble assez figé, avec un encrage imprécis et des personnages qui manquent de dynamisme ou d'expressivité, ce qui n'aide pas à donner du relief aux scènes.
Les couleurs, quant à elles, sont correctes, mais m'ont paru manquer de charme et surtout d'harmonie. Elles accompagnent le récit sans vraiment le sublimer, là où un traitement plus marqué aurait sans doute renforcé l'immersion.
Au-delà de ces aspects, c'est surtout l'ampleur du récit qui m'a laissé sur ma faim. L'histoire donne le sentiment de ne faire qu'effleurer son sujet, comme si elle se limitait à une introduction ou à une mise en place. J'aurais aimé que le parcours de Gabriel prenne davantage d'envergure, que les enjeux soient plus développés, ou que le récit s'inscrive dans quelque chose de plus long. En l'état, cela ressemble presque à un premier chapitre qui ne serait pas suivi.
C'est donc une lecture agréable et bien réalisée sur le plan formel, mais qui manque de souffle et d'ambition pour réellement marquer.
Je vais faire une promenade par ici...
Simple, belle et délicate en même temps, comme un haïku japonais, cette œuvre m'a réconcilié avec le manga.
Les dix-sept chapitres qui la composent contribuent progressivement à la création d'un état contemplatif et de sérénité. J'ai beaucoup aimé les paysages si détaillés, à la fois naturels (surtout les arbres) et urbains. Ils nous font regarder la réalité quotidienne d'une manière nouvelle et créative.
Ce n'est pas une œuvre qui peut plaire à tous les publics, je pense : le dessin des personnages et la lenteur de la narration peuvent constituer un obstacle. Mais je recommande la contemplation et l'invitation à la méditation.
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Complainte des landes perdues - Les Chevaliers du Pardon
Le second cycle des Complaintes est un exemple en terme de continuité à rebours, puisqu'il a lieu avant l'époque de Sioban dans le temps. Dufaux a compris qu'il avait de l'or dans les mains avec le monde d'Eruin Dulea et il s'amuse à en développer la chronologie et les acteurs sans fausse note. J'ai trouvé le dessin de Delaby un peu trop propre au début, pas assez vénéneux. Ensuite le talent prend le dessus et le relais avec Jeremy ne change rien à la très grande qualité générale de l'ensemble.
Migrasyon
Je suis d’accord avec Gaston. Cette histoire d’immigrés haïtiens (en tout cas celle des parents du narrateur) et de ses rapports avec la société québécoise, a des côtés intéressants, attachants. Mais aussi un traitement qui ne m’a pas vraiment convaincu. La narration est un peu trop décousue. Mais le dessin, pourtant très lisible et pas désagréable en lui-même, ne me paraît pas forcément adapté à ce type de récit. C’est plus un dessin que j’aurais vu sur des récits d’action ou d’humour (voir les mimiques des personnages, souvent surjouées). Mais là, sur ce type de récit, il y a je trouve un petit décalage à ce niveau entre le côté graphique et l’histoire elle-même. Bon, cela dit, la lecture n’est ni inintéressante ni déplaisante, et le travail éditorial de La Pastèque est, comme très souvent, très bon, avec couverture et papier épais. Note réelle 2,5/5.
En toute conscience
Sur un sujet clivant et casse-gueule (« l’assistance à l’interruption volontaire de vie »), cet album nous propose quelque chose d’intéressant et de réussi. La mise en page et la narration sont aérées. Le dessin se focalise surtout sur les personnages – leurs visages essentiellement – sans que cela ne soit frustrant. Inspirée de faits réels, l’intrigue tourne autour de quelques personnages, membres d’une association, « En toute conscience », qui aide et accompagne les personnes désireuses « d’en finir », en leur fournissant un moyen « un poison » et une assistance psychologique (ainsi qu’à leurs proches). Un grain de sable arrive lorsqu’un jeune homme les contacte, voulant se suicider après un chagrin d’amour : c’est l’occasion pour tout le monde de réfléchir, ceci posant un « cas de conscience » (« normalement » seuls de vieilles personnes contactent l’association). Si le fond est noir et le sujet sensible, le traitement relativement « léger » dans le ton permet d’éviter la pathos, et de laisser le lecteur à ses questionnements, tout en nourrissant un débat salutaire, loin des caricatures et de la propagande hargneuse des Eglises (fortement critiquée par plusieurs personnages). Note réelle 3,5/5.
Frankenstein à Bagdad
Pas grand-chose à dire de cet album, que j’ai lu jusqu’au bout, mais qui jamais n’a réussi à me captiver. L’analogie, le parallèle, entre l’histoire de Frankenstein et la situation de Bagdad sous les bombes des attentats terroristes et de l’occupation américaine post 2003 m’est rapidement apparu bancale, le type même de la fausse bonne idée. Ici, le mélange des deux édulcore et affaiblit les deux thèmes. Et surtout la narration est très saccadée, hachée, et l’intrigue ne m’a pas trop intéressé. On passe d’un personnage à l’autre, sans que rien ne soit clair ou précisé. Je ne sais pas si ça vient du roman (que je ne connais pas) ou de l’adaptation, mais ça m‘a laissé de côté. Une lecture décevante en tout cas.
L'Amourante
3.5 J'ai emprunté cet album sans rien savoir du scénario, tout ce que je savais sur cette série est qu'elle avait reçu d'excellentes notes sur ce site. J'avoue que j'avais un peu peur au début parce que la couverture ne donne vraiment pas envie de lire la BD et je pensais tomber sur un roman graphique qui parlerait de peine d'amour ou un autre truc cliché comme ça. J'ai été agréablement surpris de voir que c'était en faite un récit fantastique, l'héroïne étant immortelle tant que quelqu'un est amoureuse d'elle, mais évidement l'immortalité à ses désavantages. Le concept est bien développé et maitrisé par l'auteur qui en profite plus traiter de plusieurs thèmes souvent d'actualité. Le récit est agréable à suivre pendant un moment. J'ai quand même fini par me lasser un peu du récit qui, après qu'on montre les mésaventures de l'héroïne avec un homme obsédé par elle, me semblait tourner en rond (en gros, l'héroïne continue d'utiliser les hommes pour continuer à être immortelle) même lorsque l'auteur ajoute une petite surprise au cours d'une des aventures amoureuses du personnage principal. Heureusement, le dénouement et la fin sont très bien réussi et cela a fait remonter mon intérêt pour l'histoire. Alors voilà il y a des longueurs et le dessin lui-même est pas génial, mais cela reste malgré tout globalement un bon album avec un concept intéressant.
Why don't you love me?
J’arrondis aux trois étoiles, parce que la seconde moitié de l’album est quand même plus engageante, et que j’aime bien ce format à l’italienne (et le travail éditorial d’Atrabile). Mais je pense que cet album n’est pas vraiment ma came. Le gros premier tiers est même ennuyeux par endroit, avec une atmosphère étouffante, dans une famille un peu – beaucoup – dysfonctionnelle, une sorte de malaise/enfer familial. Quelques dialogues ou situations amusantes permettent de passer outre une certaine répétition, mais ce gros début m’a un peu soulé au bout d’un moment (et le dessin, un peu minimaliste mais lisible, n’est pas non plus ma tasse de thé). La suite est un peu plus intéressante. On n’est plus sur le couple en crise et leurs enfants, d’autres personnages entrent en scène, on est moins souvent dans le huis-clos du logement de notre quatuor, ce qui aère le récit, et m’ont permis de finir ce récit avec un peu moins de réticences. Mais, clairement, cet album m’a beaucoup moins captivé que mes prédécesseurs.
Spaghetti
Les dessins d'Attanasio sont drôles mais les histoires et le comportement des personnages principaux sont souvent trop répétitifs. La contribution de Goscinny aux textes a été fondamentale: mes histoires préférées sont Spaghetti et le Grand Zampone (un boxeur sensible et timide), et surtout Spaghetti à Paris (avec les touristes américains). C'est pourquoi je vous dis washawasha, goushagousha et washa hop hop!
Les Fleurs de Grand frère
Une BD douce et poétique où un grand frère voit pousser des fleurs sur sa tête, dans un conte ouvert et contemplatif. J'ai trouvé cette BD globalement agréable à lire, surtout pour son aspect visuel. Le dessin est très joli, soigné et délicat, et les couleurs sont particulièrement réussies, douces et harmonieuses, ce qui donne à l'ensemble une vraie poésie visuelle. Sur le fond, j'ai longtemps été perplexe face à l'idée de départ : ces fleurs qui poussent sur la tête du grand frère. Je me suis demandé s'il fallait y voir une analogie précise (maladie, transformation, adolescence, différence...), mais je n'ai pas vraiment eu le sentiment qu'il y ait une clé unique. J'y ai plutôt vu un conte ouvert, volontairement ambigu, qui laisse une grande liberté d'interprétation, ce qui m'a à la fois intéressé et laissé un peu à distance. L'histoire est très douce, presque trop par moments. Il y a peu de tension ou de conflit, ce qui donne un récit assez linéaire et très apaisé, mais aussi une impression de manque d'ampleur, comme si le potentiel de l'idée de départ restait partiellement en surface. La fin m'a quand même apporté une touche plus émotive car j'y ai vu l'évocation discrète du deuil, ainsi que l'importance de garder en mémoire les belles choses et ce que nous apportent les rencontres et les expériences passées. Cela donne finalement un peu plus de profondeur à l'ensemble.
L'Homme qui a séduit le soleil
En 1661, à Paris, un jeune orphelin rêve de théâtre et voit son destin basculer lorsqu'il croise la route de Molière, qui lui ouvre les portes de sa troupe, au cœur d'une époque marquée par les intrigues du règne de Louis XIV. Le point de départ est séduisant, avec ce parcours d'apprentissage qui permet de croiser plusieurs grandes figures historiques et de découvrir les coulisses du théâtre et de la cour. L'ensemble se lit sans déplaisir, mais je dois reconnaître que je suis resté assez extérieur au récit, qui m'a semblé intéressant sans jamais devenir vraiment passionnant. L'intrigue reste assez sage, avec des enjeux limités et un déroulé qui donne parfois l'impression d'enchaîner les étapes sans véritable montée en intensité. Graphiquement, le travail est indéniablement soigné. Le dessin est précis, détaillé, avec une belle reconstitution des décors et des costumes, ce qui rend l'ensemble agréable à parcourir. Mais malgré ces qualités, j'ai trouvé l'ensemble assez figé, avec un encrage imprécis et des personnages qui manquent de dynamisme ou d'expressivité, ce qui n'aide pas à donner du relief aux scènes. Les couleurs, quant à elles, sont correctes, mais m'ont paru manquer de charme et surtout d'harmonie. Elles accompagnent le récit sans vraiment le sublimer, là où un traitement plus marqué aurait sans doute renforcé l'immersion. Au-delà de ces aspects, c'est surtout l'ampleur du récit qui m'a laissé sur ma faim. L'histoire donne le sentiment de ne faire qu'effleurer son sujet, comme si elle se limitait à une introduction ou à une mise en place. J'aurais aimé que le parcours de Gabriel prenne davantage d'envergure, que les enjeux soient plus développés, ou que le récit s'inscrive dans quelque chose de plus long. En l'état, cela ressemble presque à un premier chapitre qui ne serait pas suivi. C'est donc une lecture agréable et bien réalisée sur le plan formel, mais qui manque de souffle et d'ambition pour réellement marquer.
L'Homme qui marche
Je vais faire une promenade par ici... Simple, belle et délicate en même temps, comme un haïku japonais, cette œuvre m'a réconcilié avec le manga. Les dix-sept chapitres qui la composent contribuent progressivement à la création d'un état contemplatif et de sérénité. J'ai beaucoup aimé les paysages si détaillés, à la fois naturels (surtout les arbres) et urbains. Ils nous font regarder la réalité quotidienne d'une manière nouvelle et créative. Ce n'est pas une œuvre qui peut plaire à tous les publics, je pense : le dessin des personnages et la lenteur de la narration peuvent constituer un obstacle. Mais je recommande la contemplation et l'invitation à la méditation.