Je vais arrondir aux trois étoiles (ressenti 3,5), car l’album est objectivement intéressant, sincère, et porte de belles valeurs. Mais certaines petites choses m’ont un chouia chiffonné. Surtout dans la narration.
En effet, je l’ai trouvée un rien trop naïve, peut-être dans le ton, parfois trop « scolaire, didactique », je ne sais pas.
Mais bon, ce sont des critiques de détails, l’essentiel est ailleurs. Dans les idées mises en avant – avec lesquelles je me sens en phase. Et dans les personnages pris en exemple – même si c’est parfois succinctement, on a le temps de découvrir et d’admirer leurs parcours.
Car la plupart du temps ce sont des « reconversions », des changements de vie, qui impliquent autre chose que simplement changer de culture, autre chose que le simple « travail », c’est parfois autant philosophique que professionnel.
Au détour des témoignages, on peut retrouver des idées évoquées dans Les Ignorants, mais surtout, pour les très longs – et intéressants – passages autour du rôle des arbres, dans le superbe album La Vie secrète des arbres (dont je vous recommande chaudement la lecture).
En tout cas les exemples présentés ici offrent des pistes à suivre – pour le bien-être des paysans comme de la « planète », un retour à certaines sources pas archaïques. En tout cas un champ des possibles (bon titre au passage !) qui offre plus de perspectives agréables que l’agrobusiness défendu par la FNSEA et les ministres de l’agriculture qui leur sont affiliés (je ne parle même pas des industriels…).
Une lecture rapide, mais plutôt revigorante.
Un diptyque qui se laisse lire agréablement, qui développe une aventure ancrée dans l’Histoire de la fin du XIXème siècle, tout en jouant sur des ressorts utilisés par certains romans feuilletons (du genre « Fantomas »).
J’espérais d’ailleurs que ça aille davantage dans ce sens, mais, si c’est dynamique, rythmé et agréable à suivre, il y manque un peu de folie ou de poésie. Il y manque aussi de la densité, quelque chose qui élargisse l’intrigue, centrée autour de la lutte entre un groupe raciste, antisémite et comploteur d’un côté, et le groupe Prospero, groupe secret de lutte contre les « méchants » racistes, protégeant les Dreyfusards Clemenceau et Zola. C'est très manichéen, mais ça passe.
Une suite est envisageable au vu de la dernière page, mais ces deux albums peuvent se lire comme une série à part entière avec une histoire conclue.
La question du pourquoi ce jeu du cirque est dit à la fin, ne spoilons pas ! Mais bon, je pense qu'Ikigami est meilleur dans le style décimation pour un gouvernement autoritaire. Meilleur parce que plus vraisemblable, et qu'on voit en parallèle les victimes et un homme, rouage de ce système, peu à peu atteint par le doute. Et pourtant ! Je pense que le type jeu du cirque marchera toujours mieux car plus spectaculaire, et que dans ce genre, Battle royale fait le job, comme le roman dont la série de mangas est tiré, d'ailleurs.
C'est atrocement vraisemblable ! L'amputation comme peine existe, le spectacle de Monstres aussi et une dictature inventive peut marier les deux en coupant de plus en plus les déviants, jusqu'à ce que les plus hachés se retrouvent en marionnettes humaines. Je comprends la frustration de ceux qui voudraient en savoir plus sur ce monde, mais d'un autre côté, on aurait dilué la force du pitch en montrant toutes les ramifications possibles de la société dystopique. Comme cette œuvre est intelligente et bien dessinée, concilions tout le monde, demandons une suite !
J'ai actuellement lu 2 tomes de la série : La qualité assez aléatoire.
Tome 1 : Peter Pan : Note 3.5
Le scénario tient la route malgré le "revisiting", on arrive à rentrer dans l'histoire.
Les dessins ne sont pas exceptionnels mais ne desserve pas l'histoire.
Tome 4 : Les trois petits cochons : Note 2
On attends presque toute l'histoire pour comprendre la "relation" avec le titre.
Histoire décevante, un dessin pas trop mal, mais il n'arrive pas à réveiller l'intrigue
Globalement ça reste moyen, ça ne me donne pas envie d'en lire plus
Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type.
Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
Un album qui marquera cette année 2026 !
Ce premier tome de 280 pages est l'adaptation de "Les fiancés de l'hiver", le premier des quatre romans du cycle "La Passe-Miroir" de Christelle Dabos. Un petit mot sur cette autrice, c'est le diagnostic d'un cancer de la mâchoire qui va la pousser, pendant sa convalescence, à prendre sa plume et à partager ses écrits sur une plate-forme d'écriture. Après les bons retours, elle participe en 2013 au premier concourt Roman jeunesse chez Gallimard. Elle en sera la lauréate avec le succès qu'on lui connaît.
J'ai été littéralement happé dès les premières pages. Mais d'abord un petit topo sur ce monde fantasy où l'on va suivre la destiné d'Ophélie, une jeune fille de l'Arche d'Anima. Il existe 21 Arches flottantes, elles sont les vestiges d'une catastrophe appelée "la déchirure". Ophélie est myope et gaffeuse, elle choira plusieurs fois dans ce premier volume. Elle a, comme tous ses semblables, des dons : celui de traverser les miroirs pour se déplacer et celui de lire dans le passé des objets en les touchant. Après avoir refusé plusieurs demandes en mariage, elle est dans l'obligation de se fiancer à Thorn, l'héritier d'un clan de l'Arche du Pôle. Elle va quitter sa vie paisible pour suivre chez lui son futur époux et découvrir un monde très différent socialement du sien, mais aussi un monde mouvant où tout n'est qu'illusion et où les luttes de pouvoir et les conspirations sont monnaie courante.
Un récit qui commence gentiment et qui prend de l'épaisseur au fur et à mesure que celui-ci avance. Tous les personnages sont très bien campés et leurs personnalités nuancées les rendent plus ou moins attachants. Un récit centré sur Ophélie et son glacial fiancé ainsi que sur les machinations qui se trament dans l'ombre. La qualité des textes est à souligner et il prend l'accent et les tournures de phrases des différentes Arches. Un univers riche, enchanteur et captivant qui m'a conquis.
Autre point fort de cet album : le dessin, il est magnifique. Chaque case est un petit tableau qui fourmille de détails et d'une expressivité folle. Les couleurs pastel sont pour beaucoup dans l'ambiance intrigante qui se dégage du récit, c'est à la fois duveteux et rêche. Une mise en page et des cadrages qui mettent en avant les personnages avec de rares superbes pleines pages.
Je me répète, mais c'est magnifique.
Un grand bravo à Vanyda.
Je conseille à toutes et tous, quel que soit votre âge.
Et vivement la suite.
Les triplés font partie de ces exercices de styles qui doivent tenir en une page pour changer les idées d'un lecteur au cours d'une lecture périodique. IL faut donc aller chercher les pairs du côté de chez Voutch, Sempe, Calvin & Hobbes ... En soi, en faire une bande dessinée n'est pas heureux. Il me semble que Sempé détestait qu'on lui dise qu'il faisait de la bande dessinée, et ici aussi j'ai du mal à envisager cela comme une bande dessinée, certes il s'agit bien d'art séquentiel mais l'on ne verra ici jamais d'effet de fin de page ou de scénario. Il y a un effet comique de répétition avec des personnages ou des traits de caractères qui sont annexes apparaissent et deviennent récurrent pour finalement partir ensuite, mais il n'y a rien de construit comme un scénario qui dépasserait un gag 1 page. Une fois ceci posé en gag une page, le style est typé pour haute bourgeoisie, avec ses codes et ses limites. Du style vestimentaire aux intérieurs il n'y pas de doute sur l'environnement socio-professionnel cible. cela paraissait dans le figaro ceci expliquant peut être celà. Et pourtant on trouve parfois des clins d’œils malicieux d'autocritique à ce milieu tout en restant gentil, moral, bienveillant et osons le dire parfois nunuche.
Le dessin me semble en revanche parfaitement adapté, la colorisation montre une maitrise allant bien au delà du loisir d'une femme rentière observant son monde avec humeur.
Alors certes ce n'est pas du chef d’œuvre et en version opus complet il faudra voir plutôt des best of, clairement il n'y a pas la même constance dans la qualité de production qu'un calvin et hobbes, mais de la à voir des avis aussi médiocres j'en suis surpris, C'est pas mal, je n'en conseille pas l'achat mais cela me fait quand même souvent sourire quand on en croise une planche perdue dans un endroit d'attente pour professions libérales.
Pym et la forêt éternelle propose un univers entre contes traditionnels et fantasy médiévale, avec un jeune héros, une grand-mère énigmatique et leurs deux compagnons animaux parlants perdus au cœur d'une forêt hostile peuplée de créatures inquiétantes. Quelle est cette forêt ? Est-ce que les histoires que raconte la grand-mère sur la ville et la vie au-delà de ses sombres frondaisons sont vraies ? Ces Bien-nés, personnes dotées naturellement de pouvoirs magiques, sont-ils vraiment traqués par les sbires du jeune roi Owen ? Quels autres mystères sont ainsi cachés à la connaissance du jeune Pym ?
C'est une histoire qui renoue avec les contes âpres, presque cruels, s'éloignant d'une fantasy trop lissée.
Et pourtant ce n'est pas l'impression première qu'on a en découvrant le graphisme influencé d'une part par le manga, l'animation mais aussi beaucoup par l'école Disney. Cela saute aux yeux avec la représentation des animaux et en particulier le hibou Ned dont le côté râleur rappellera forcément l'Archimède de Merlin l'enchanteur. Ce trait léger contraste avec une ambiance inquiétante soutenue par une colorisation soignée et très appréciable. Je ne regrette que son origine un peu trop informatique qui se ressent dans les scènes d'obscurité qui devaient probablement bien mieux ressortir sur écran que sur papier où elles sont trop sombres et difficiles à distinguer. Mais pour le reste, c'est un bel ouvrage, très agréable à lire.
Le scénario est globalement bien construit, dense pour une série jeunesse, avec une intrigue à tiroirs et des personnages plus ambigus qu'ils n'y paraissent au premier abord. La relation entre Pym et sa grand-mère, faite de protection, de non-dits et de secrets, est au cœur de l'intrigue du premier tome et attise la curiosité tout en agaçant un peu. Une grande part du récit est sombre, voire vraiment inquiétante, mais c'est contrebalancé par une dose de légèreté, notamment dans le comportement des animaux anthropomorphes qui apporte une touche d'humour et rend les protagonistes plus attachants. À noter qu'il semble, à voir les extraits du deuxième tome présentés en fin d'album, que la série va s'orienter vers une succession de points de vue puisque le premier est vu par les yeux de Pym tandis que le second semble se focaliser sur le prince Owen, sans doute pour lever davantage le voile sur les raisons de sa haine envers les Biens-nés qui a entraîné la situation actuelle de Pym.
C'est encore une série en devenir. Le premier tome pose de belles bases mais n'est encore qu'une grande introduction et l'aventure au sens propre ne commence qu'à sa toute fin. Il faudra donc lire la suite pour se faire une opinion complète, mais cela commence très bien.
Note : 3,5/5
Une histoire pour enfant qui fait dans le récit simple et porté par son dessin surtout. L'histoire se laisse vite lire mais c'est l'amusement de la galerie de dessin qui fait mouche, entre les péripéties de ce roi abusant de ses sujets et les compositions de planches qui multiplient les détails, appelant les jeunes lecteurs à regarder plusieurs fois chaque image pour repérer les détails cachés. C'est le genre de BD qui se lit très bien avec de très jeunes enfants pour s'amuser de tout ce qui est présenté.
La BD étant très courte et sans grande histoire, il serait difficile d'en parler longuement. C'est une histoire de roi qui veut tout et ne supporte pas qu'on lui prenne quoi que ce soit, métaphore pas très subtile de l'avarice. Face à lui deux enfants pauvres qui s'amusent et le tourneront en ridicule, dans une farce bouffonne proche des contes. Le tout marche bien, surtout grâce au travail graphique qui s'amuse du récit, mais sans que la BD reste inoubliable. A lire aux plus jeunes.
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Paysans - Le Champ des possibles
Je vais arrondir aux trois étoiles (ressenti 3,5), car l’album est objectivement intéressant, sincère, et porte de belles valeurs. Mais certaines petites choses m’ont un chouia chiffonné. Surtout dans la narration. En effet, je l’ai trouvée un rien trop naïve, peut-être dans le ton, parfois trop « scolaire, didactique », je ne sais pas. Mais bon, ce sont des critiques de détails, l’essentiel est ailleurs. Dans les idées mises en avant – avec lesquelles je me sens en phase. Et dans les personnages pris en exemple – même si c’est parfois succinctement, on a le temps de découvrir et d’admirer leurs parcours. Car la plupart du temps ce sont des « reconversions », des changements de vie, qui impliquent autre chose que simplement changer de culture, autre chose que le simple « travail », c’est parfois autant philosophique que professionnel. Au détour des témoignages, on peut retrouver des idées évoquées dans Les Ignorants, mais surtout, pour les très longs – et intéressants – passages autour du rôle des arbres, dans le superbe album La Vie secrète des arbres (dont je vous recommande chaudement la lecture). En tout cas les exemples présentés ici offrent des pistes à suivre – pour le bien-être des paysans comme de la « planète », un retour à certaines sources pas archaïques. En tout cas un champ des possibles (bon titre au passage !) qui offre plus de perspectives agréables que l’agrobusiness défendu par la FNSEA et les ministres de l’agriculture qui leur sont affiliés (je ne parle même pas des industriels…). Une lecture rapide, mais plutôt revigorante.
Beauté noire et le groupe Prospéro
Un diptyque qui se laisse lire agréablement, qui développe une aventure ancrée dans l’Histoire de la fin du XIXème siècle, tout en jouant sur des ressorts utilisés par certains romans feuilletons (du genre « Fantomas »). J’espérais d’ailleurs que ça aille davantage dans ce sens, mais, si c’est dynamique, rythmé et agréable à suivre, il y manque un peu de folie ou de poésie. Il y manque aussi de la densité, quelque chose qui élargisse l’intrigue, centrée autour de la lutte entre un groupe raciste, antisémite et comploteur d’un côté, et le groupe Prospero, groupe secret de lutte contre les « méchants » racistes, protégeant les Dreyfusards Clemenceau et Zola. C'est très manichéen, mais ça passe. Une suite est envisageable au vu de la dernière page, mais ces deux albums peuvent se lire comme une série à part entière avec une histoire conclue.
Battle Royale
La question du pourquoi ce jeu du cirque est dit à la fin, ne spoilons pas ! Mais bon, je pense qu'Ikigami est meilleur dans le style décimation pour un gouvernement autoritaire. Meilleur parce que plus vraisemblable, et qu'on voit en parallèle les victimes et un homme, rouage de ce système, peu à peu atteint par le doute. Et pourtant ! Je pense que le type jeu du cirque marchera toujours mieux car plus spectaculaire, et que dans ce genre, Battle royale fait le job, comme le roman dont la série de mangas est tiré, d'ailleurs.
La Bulle De Bertold
C'est atrocement vraisemblable ! L'amputation comme peine existe, le spectacle de Monstres aussi et une dictature inventive peut marier les deux en coupant de plus en plus les déviants, jusqu'à ce que les plus hachés se retrouvent en marionnettes humaines. Je comprends la frustration de ceux qui voudraient en savoir plus sur ce monde, mais d'un autre côté, on aurait dilué la force du pitch en montrant toutes les ramifications possibles de la société dystopique. Comme cette œuvre est intelligente et bien dessinée, concilions tout le monde, demandons une suite !
Les Contes interdits
J'ai actuellement lu 2 tomes de la série : La qualité assez aléatoire. Tome 1 : Peter Pan : Note 3.5 Le scénario tient la route malgré le "revisiting", on arrive à rentrer dans l'histoire. Les dessins ne sont pas exceptionnels mais ne desserve pas l'histoire. Tome 4 : Les trois petits cochons : Note 2 On attends presque toute l'histoire pour comprendre la "relation" avec le titre. Histoire décevante, un dessin pas trop mal, mais il n'arrive pas à réveiller l'intrigue Globalement ça reste moyen, ça ne me donne pas envie d'en lire plus
Le Tour du Monde en 80 jours (Chris)
Dans la catégorie Erotisme, cette collection était gage de qualité, une couverture similaire pour chaque album. Ici nous avons le tome 14 avec une idée sympathique et plutôt moins artificielle que souvent dans ce genre d'exercice : un homme banquier propose à une femme prostitué de luxe de refaire le pari de son aïeul à savoir faire le tour du monde mais sans payer un centime, uniquement en utilisant ses faveurs pour voyager. C'est simple efficace, et notre belle va se faire servir tout au long d'un voyage vers l'est. Les pose lascives sont légion et la présence de l'homosexualité d'un passe partout bien débrouillard est également rare en cette époque de publication. Si bien sur tout cela ne va pas chercher bien loin, je dois néanmoins avouer que c'est l'une des rares BD érotiques qui restent dans ma bibliothèque. Le dessin est soigné bien que répétitif, les fellations en voiture précèdent des moments plus doux en bateau de croisière. Pour notre époque de couleur, de gros plan et de finesse relative tout cela est décalé et va manquer à trouver sa cible, pas assez inventif ou posant des fantasmes pour être du porno et pas assez doux et créatif pour être du bon érotique, un entre deux avec un peu de nostalgique et pourtant que je trouve nettement plus brillant que 90 % des productions de ce type. Alors restons à bof, mais c'est tellement mieux que tant de chose...
La Passe-Miroir
Un album qui marquera cette année 2026 ! Ce premier tome de 280 pages est l'adaptation de "Les fiancés de l'hiver", le premier des quatre romans du cycle "La Passe-Miroir" de Christelle Dabos. Un petit mot sur cette autrice, c'est le diagnostic d'un cancer de la mâchoire qui va la pousser, pendant sa convalescence, à prendre sa plume et à partager ses écrits sur une plate-forme d'écriture. Après les bons retours, elle participe en 2013 au premier concourt Roman jeunesse chez Gallimard. Elle en sera la lauréate avec le succès qu'on lui connaît. J'ai été littéralement happé dès les premières pages. Mais d'abord un petit topo sur ce monde fantasy où l'on va suivre la destiné d'Ophélie, une jeune fille de l'Arche d'Anima. Il existe 21 Arches flottantes, elles sont les vestiges d'une catastrophe appelée "la déchirure". Ophélie est myope et gaffeuse, elle choira plusieurs fois dans ce premier volume. Elle a, comme tous ses semblables, des dons : celui de traverser les miroirs pour se déplacer et celui de lire dans le passé des objets en les touchant. Après avoir refusé plusieurs demandes en mariage, elle est dans l'obligation de se fiancer à Thorn, l'héritier d'un clan de l'Arche du Pôle. Elle va quitter sa vie paisible pour suivre chez lui son futur époux et découvrir un monde très différent socialement du sien, mais aussi un monde mouvant où tout n'est qu'illusion et où les luttes de pouvoir et les conspirations sont monnaie courante. Un récit qui commence gentiment et qui prend de l'épaisseur au fur et à mesure que celui-ci avance. Tous les personnages sont très bien campés et leurs personnalités nuancées les rendent plus ou moins attachants. Un récit centré sur Ophélie et son glacial fiancé ainsi que sur les machinations qui se trament dans l'ombre. La qualité des textes est à souligner et il prend l'accent et les tournures de phrases des différentes Arches. Un univers riche, enchanteur et captivant qui m'a conquis. Autre point fort de cet album : le dessin, il est magnifique. Chaque case est un petit tableau qui fourmille de détails et d'une expressivité folle. Les couleurs pastel sont pour beaucoup dans l'ambiance intrigante qui se dégage du récit, c'est à la fois duveteux et rêche. Une mise en page et des cadrages qui mettent en avant les personnages avec de rares superbes pleines pages. Je me répète, mais c'est magnifique. Un grand bravo à Vanyda. Je conseille à toutes et tous, quel que soit votre âge. Et vivement la suite.
Les Triplés
Les triplés font partie de ces exercices de styles qui doivent tenir en une page pour changer les idées d'un lecteur au cours d'une lecture périodique. IL faut donc aller chercher les pairs du côté de chez Voutch, Sempe, Calvin & Hobbes ... En soi, en faire une bande dessinée n'est pas heureux. Il me semble que Sempé détestait qu'on lui dise qu'il faisait de la bande dessinée, et ici aussi j'ai du mal à envisager cela comme une bande dessinée, certes il s'agit bien d'art séquentiel mais l'on ne verra ici jamais d'effet de fin de page ou de scénario. Il y a un effet comique de répétition avec des personnages ou des traits de caractères qui sont annexes apparaissent et deviennent récurrent pour finalement partir ensuite, mais il n'y a rien de construit comme un scénario qui dépasserait un gag 1 page. Une fois ceci posé en gag une page, le style est typé pour haute bourgeoisie, avec ses codes et ses limites. Du style vestimentaire aux intérieurs il n'y pas de doute sur l'environnement socio-professionnel cible. cela paraissait dans le figaro ceci expliquant peut être celà. Et pourtant on trouve parfois des clins d’œils malicieux d'autocritique à ce milieu tout en restant gentil, moral, bienveillant et osons le dire parfois nunuche. Le dessin me semble en revanche parfaitement adapté, la colorisation montre une maitrise allant bien au delà du loisir d'une femme rentière observant son monde avec humeur. Alors certes ce n'est pas du chef d’œuvre et en version opus complet il faudra voir plutôt des best of, clairement il n'y a pas la même constance dans la qualité de production qu'un calvin et hobbes, mais de la à voir des avis aussi médiocres j'en suis surpris, C'est pas mal, je n'en conseille pas l'achat mais cela me fait quand même souvent sourire quand on en croise une planche perdue dans un endroit d'attente pour professions libérales.
Pym et la forêt éternelle
Pym et la forêt éternelle propose un univers entre contes traditionnels et fantasy médiévale, avec un jeune héros, une grand-mère énigmatique et leurs deux compagnons animaux parlants perdus au cœur d'une forêt hostile peuplée de créatures inquiétantes. Quelle est cette forêt ? Est-ce que les histoires que raconte la grand-mère sur la ville et la vie au-delà de ses sombres frondaisons sont vraies ? Ces Bien-nés, personnes dotées naturellement de pouvoirs magiques, sont-ils vraiment traqués par les sbires du jeune roi Owen ? Quels autres mystères sont ainsi cachés à la connaissance du jeune Pym ? C'est une histoire qui renoue avec les contes âpres, presque cruels, s'éloignant d'une fantasy trop lissée. Et pourtant ce n'est pas l'impression première qu'on a en découvrant le graphisme influencé d'une part par le manga, l'animation mais aussi beaucoup par l'école Disney. Cela saute aux yeux avec la représentation des animaux et en particulier le hibou Ned dont le côté râleur rappellera forcément l'Archimède de Merlin l'enchanteur. Ce trait léger contraste avec une ambiance inquiétante soutenue par une colorisation soignée et très appréciable. Je ne regrette que son origine un peu trop informatique qui se ressent dans les scènes d'obscurité qui devaient probablement bien mieux ressortir sur écran que sur papier où elles sont trop sombres et difficiles à distinguer. Mais pour le reste, c'est un bel ouvrage, très agréable à lire. Le scénario est globalement bien construit, dense pour une série jeunesse, avec une intrigue à tiroirs et des personnages plus ambigus qu'ils n'y paraissent au premier abord. La relation entre Pym et sa grand-mère, faite de protection, de non-dits et de secrets, est au cœur de l'intrigue du premier tome et attise la curiosité tout en agaçant un peu. Une grande part du récit est sombre, voire vraiment inquiétante, mais c'est contrebalancé par une dose de légèreté, notamment dans le comportement des animaux anthropomorphes qui apporte une touche d'humour et rend les protagonistes plus attachants. À noter qu'il semble, à voir les extraits du deuxième tome présentés en fin d'album, que la série va s'orienter vers une succession de points de vue puisque le premier est vu par les yeux de Pym tandis que le second semble se focaliser sur le prince Owen, sans doute pour lever davantage le voile sur les raisons de sa haine envers les Biens-nés qui a entraîné la situation actuelle de Pym. C'est encore une série en devenir. Le premier tome pose de belles bases mais n'est encore qu'une grande introduction et l'aventure au sens propre ne commence qu'à sa toute fin. Il faudra donc lire la suite pour se faire une opinion complète, mais cela commence très bien. Note : 3,5/5
Cheval de bois, cheval de vent
Une histoire pour enfant qui fait dans le récit simple et porté par son dessin surtout. L'histoire se laisse vite lire mais c'est l'amusement de la galerie de dessin qui fait mouche, entre les péripéties de ce roi abusant de ses sujets et les compositions de planches qui multiplient les détails, appelant les jeunes lecteurs à regarder plusieurs fois chaque image pour repérer les détails cachés. C'est le genre de BD qui se lit très bien avec de très jeunes enfants pour s'amuser de tout ce qui est présenté. La BD étant très courte et sans grande histoire, il serait difficile d'en parler longuement. C'est une histoire de roi qui veut tout et ne supporte pas qu'on lui prenne quoi que ce soit, métaphore pas très subtile de l'avarice. Face à lui deux enfants pauvres qui s'amusent et le tourneront en ridicule, dans une farce bouffonne proche des contes. Le tout marche bien, surtout grâce au travail graphique qui s'amuse du récit, mais sans que la BD reste inoubliable. A lire aux plus jeunes.