Dans la série vieilles choses que j'ai lu il y a bien longtemps, que j'ai gardé en bibliothèque et qui au hasard ressort voici karga. 20 ans après je me dis que j'ai bien fait de la garder !
Dans cet opus un héros type beau mâle de l'poque des western spaghetti, aventurier probablement un poil rebelle se retrouve dans ce qui s'apparaente à une planète prison que l'on imagine comme un chantier d'extraction dont les prisonniers ne ressortent pas vivants. Sauf que la fuite qui commence dès le début du récit nous emmène un poil plus loin. Il y a des rencontres, des environnements très différents et même si la juxtaposition, une fois pris un peu de recul est facile, en lisant on y croit. Et puis il y a cette quête un peu chimérique d'une reine qui apparait et semble bien jolie ! Au final, la fin est implacable comme il avait été maintes fois répété dans le récit même si tout de même un poil deus ex machina car comment peut il a ce moment précis comprendre le danger qu'il court ? Cela laisse une porte ouverte à des suites qu'il n'y aura pas.
Le trait est clair, la colorisation date un peu mais l'encrage est suffisamment réussi pour traverser le temps. J'ai pour ma part l'édition colorée de 1986 et non la version noir et blanc de 1979. la dynamique des cases m'a semblé fluide avec de rares moments un peu raides. C'est agréable à lire encore aujourd'hui même s'il faut probablement un côté bienveillant des limites de l'ancien temps pour le conserver dans sa collection.
Au final un bon moment d'aventure avec ses limites mais sympatique
Forts du succès de Mickey's Craziest Adventures, Trondheim et Keramidas ont retentés l'aventure deux ans plus tard avec cet album.
Tout comme pour l'album précédent ils prétextent la redécouverte miraculeuse d'une vieille série perdue en brocante, mais contrairement à ce premier album ici l'histoire est complète. Pas de trous dans la narration, on va pouvoir suivre l'aventure dans son intégralité.
On pourrait regretter la disparition d'une des composantes essentielles du projet originel, à savoir l'aventure volontairement décousue et morcelée, mais j'ai personnellement trouvé que l'esthétique rétro conservait le charme recherché. En tout cas je n'ai pas pleuré ce changement.
Il faut dire aussi que l'album a tout simplement mieux réussi à faire mouche chez moi, dans quasiment tous les domaines.
Déjà, chose essentielle : c'est drôle. Le premier album était drôle mais se renouvelait peu, me parait trop convenu dans son humour. Ici, même avec relecture, j'avoue avoir ris à gorge déployée lors de certains gags bien trouvés - Et n'est-ce pas l'un des meilleurs compliments que l'on puisse faire à un album comique ?
Le fil rouge est mieux tenu, la narration et les péripéties s'éparpillent moins dans tous les sens, bref le récit me semble plus canalisé. C'est un bon point car l'album peut ici mieux profiter de gags de répétitions, ou se permettre d'instaurer quelques set-ups pour des gags futurs. Et puis, ce projet de quête du bonheur aux quatre coins du monde par un personnage connu pour être l'incarnation même de l'égoïsme et du mauvais caractère c'est quand-même assez sympathique. D'autant plus que la recherche de ce bonheur se permet, chose évidente mais tout de même à saluer, quelques petits passages réflexifs bienvenus.
Un bon album, un très bon album.
Sans aucune hésitation une meilleure aventure que l'album précédent.
(Note réelle 3,5)
Même si l'album était mieux dans mes souvenirs, je lui concèderais toujours d'avoir une idée de base on ne peux plus sympathique : simuler une vieille histoire perdue, retrouvée et partialement restituée, pleine de trous/sauts dans la narrations, de pages incomplètes et de tâches sur le dessin qu'on ne saurait faire partir, c'est quand-même une idée simple mais savoureuse.
On retrouve Mickey et Donald, les figures de proues des aventures Disney, partant à l'aventure aux quatre coins du monde, le tout dans la joie et la connerie (l'humour reposant énormément sur le concept classique du clown blanc et de l'Auguste, ici incarnés majoritairement par nos deux protagonistes). Mais pas que ! On retrouve également plein de personnages classiques de l'univers comme Picsou, Géo Trouvetou, Pat Hibulaire, les Rapetous, le commissaire Finot et j'en passe, le tout en jouant avec le vieux canon de cet univers (Pat Hibulaire a ici une jambe de bois, par exemple).
Voilà, l'univers, comme l'idée de base, est charmant, sorte de mélange entre madeleine de Proust créée de toute pièce et un gros délire parodique/référentiel.
L'humour, malheureusement, est un peu trop convenu à mes yeux. Je me rappelle avoir ris à ma première lecture, quand l'album venait de sortir, mais à ma relecture j'ai constaté que beaucoup de gags manquaient de punch, se répétaient un peu trop sans grande variation. L'ensemble est bon et certains gags parviennent toujours à faire mouche, mais j'avoue que l'enchaînement des scénettes est un peu plus bateau que ce dont je me souvenais.
D'autant plus que l'histoire dans son ensemble est un peu fouillis. Pas tant pour les "chapitres manquants" que pour les enchaînements de péripéties parfois bien trop rapides et aléatoires. Bim on est en ville, bim on est dans la jungle, bim on est dans une grotte, bim on est sous l'eau, bim il y a des dinosaures, bim on est dans un désert, … L'aspect décousu de la narration fait parti du charme du projet mais j'avoue que j'ai un peu eu l'impression de voir un melting pot d'idées et de destinations clichées pour ce genre d'aventures plutôt qu'une véritable "vraie fausse aventure rétro".
Bon, encore une fois, l'album reste bon et la lecture agréable, c'est l'essentiel.
La Cour des Miracles est une très solide bande dessinée d’aventure historique, portée par un univers particulièrement riche. Le choix de s’ancrer dans le « monde d’en bas », structuré, organisé et régi par ses propres règles, fonctionne pleinement. Le contraste avec le pouvoir royal et les élites est bien exploité, tout comme les jeux d’influence et les manœuvres politiques nécessaires à la survie de cette contre-société.
Le contexte historique constitue une réelle plus-value, sans jamais alourdir la lecture. On reste avant tout sur un récit d’action et d’intrigues, fluide et efficace, qui privilégie le rythme et la tension dramatique. Les personnages sont soignés, tant sur le plan graphique que narratif : aucune figure caricaturale, peu de manichéisme, et une subtilité appréciable malgré une approche clairement romancée.
Le dessin accompagne parfaitement le propos. Il est appliqué, lisible et très attentif à la restitution des décors, des corps et de la misère omniprésente, élément central du récit. L’ensemble dégage une vraie cohérence visuelle et narrative. Une bande dessinée dense, immersive, et clairement marquante.
Un peu dur de passer après autant d'avis positif !
Rien qu'en regardant l'album on voit que l'éditeur fait des efforts pour qu'il sorte du lot. Il est plus grand et plus luxueux que les albums normaux qui sortent chez Dupuis. Au vu du résultat, je pense que c'est mérité. Le scénario parle de la création artistique et il est passionnant à lire. J'ai bien aimé lire l'histoire de ces jumeaux unis qui finiront par prendre des chemins séparés. Le dessin est vraiment remarquable. Chaque page est une merveille pour les yeux !
Il y a quand même un truc qui m'a un peu gêné qui fait que je ne considère pas ce one-shot comme culte est que je ne me suis pas particulièrement attaché aux personnages. Or pour moi c'est primordiale que je ressente quelque chose pour eux. Il y a des moments remplis d'émotions qui m'ont laissé de marbre (la fin notamment ou ce qui arrive à la fin de l'avant-dernière partie). Je voulais savoir ce qui allait arriver ensuite aux jumeaux, mais à aucun moment je n'ai pleuré sur leur sort. Comme le dit Cleck, cela rappelle les films de Kubrick où tout est irréprochable au niveau de la technique, mais ça manque de chaleur humaine.
Je vais arrondir aux quatre étoiles (ressenti 3,5), car l’album est objectivement intéressant, sincère, et porte de belles valeurs. Mais certaines petites choses m’ont un chouia chiffonné. Surtout dans la narration.
En effet, je l’ai trouvée un rien trop naïve, peut-être dans le ton, parfois trop « scolaire, didactique », je ne sais pas.
Mais bon, ce sont des critiques de détails, l’essentiel est ailleurs. Dans les idées mises en avant – avec lesquelles je me sens en phase. Et dans les personnages pris en exemple – même si c’est parfois succinctement, on a le temps de découvrir et d’admirer leurs parcours.
Car la plupart du temps ce sont des « reconversions », des changements de vie, qui impliquent autre chose que simplement changer de culture, autre chose que le simple « travail », c’est parfois autant philosophique que professionnel.
Au détour des témoignages, on peut retrouver des idées évoquées dans Les Ignorants, mais surtout, pour les très longs – et intéressants – passages autour du rôle des arbres, dans le superbe album La Vie secrète des arbres (dont je vous recommande chaudement la lecture).
En tout cas les exemples présentés ici offrent des pistes à suivre – pour le bien-être des paysans comme de la « planète », un retour à certaines sources pas archaïques. En tout cas un champ des possibles (bon titre au passage !) qui offre plus de perspectives agréables que l’agrobusiness défendu par la FNSEA et les ministres de l’agriculture qui leur sont affiliés (je ne parle même pas des industriels…).
Une lecture rapide, mais plutôt revigorante.
Un diptyque qui se laisse lire agréablement, qui développe une aventure ancrée dans l’Histoire de la fin du XIXème siècle, tout en jouant sur des ressorts utilisés par certains romans feuilletons (du genre « Fantomas »).
J’espérais d’ailleurs que ça aille davantage dans ce sens, mais, si c’est dynamique, rythmé et agréable à suivre, il y manque un peu de folie ou de poésie. Il y manque aussi de la densité, quelque chose qui élargisse l’intrigue, centrée autour de la lutte entre un groupe raciste, antisémite et comploteur d’un côté, et le groupe Prospero, groupe secret de lutte contre les « méchants » racistes, protégeant les Dreyfusards Clemenceau et Zola. C'est très manichéen, mais ça passe.
Une suite est envisageable au vu de la dernière page, mais ces deux albums peuvent se lire comme une série à part entière avec une histoire conclue.
La question du pourquoi ce jeu du cirque est dit à la fin, ne spoilons pas ! Mais bon, je pense qu'Ikigami est meilleur dans le style décimation pour un gouvernement autoritaire. Meilleur parce que plus vraisemblable, et qu'on voit en parallèle les victimes et un homme, rouage de ce système, peu à peu atteint par le doute. Et pourtant ! Je pense que le type jeu du cirque marchera toujours mieux car plus spectaculaire, et que dans ce genre, Battle royale fait le job, comme le roman dont la série de mangas est tiré, d'ailleurs. A la relecture de mes camarades critiques déplorant le sexe : il n'est pas de trop. Pourquoi ? La mort appelle le sexe. Face aux menaces, les sexuels, confirmés ou débutants comme nos jeunes, se donnent autant de plaisir charnel qu'ils le peuvent, même si c'est bien imprudent car pendant que deux s'étreignent, un troisième larron peut tuer les deux enivrés de sexe.
C'est atrocement vraisemblable ! L'amputation comme peine existe, le spectacle de Monstres aussi et une dictature inventive peut marier les deux en coupant de plus en plus les déviants, jusqu'à ce que les plus hachés se retrouvent en marionnettes humaines. Je comprends la frustration de ceux qui voudraient en savoir plus sur ce monde, mais d'un autre côté, on aurait dilué la force du pitch en montrant toutes les ramifications possibles de la société dystopique. Comme cette œuvre est intelligente et bien dessinée, concilions tout le monde, demandons une suite !
J'ai actuellement lu 2 tomes de la série : La qualité assez aléatoire.
Tome 1 : Peter Pan : Note 3.5
Le scénario tient la route malgré le "revisiting", on arrive à rentrer dans l'histoire.
Les dessins ne sont pas exceptionnels mais ne desserve pas l'histoire.
Tome 4 : Les trois petits cochons : Note 2
On attends presque toute l'histoire pour comprendre la "relation" avec le titre.
Histoire décevante, un dessin pas trop mal, mais il n'arrive pas à réveiller l'intrigue
Globalement ça reste moyen, ça ne me donne pas envie d'en lire plus
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Karga - Le 7ème univers
Dans la série vieilles choses que j'ai lu il y a bien longtemps, que j'ai gardé en bibliothèque et qui au hasard ressort voici karga. 20 ans après je me dis que j'ai bien fait de la garder ! Dans cet opus un héros type beau mâle de l'poque des western spaghetti, aventurier probablement un poil rebelle se retrouve dans ce qui s'apparaente à une planète prison que l'on imagine comme un chantier d'extraction dont les prisonniers ne ressortent pas vivants. Sauf que la fuite qui commence dès le début du récit nous emmène un poil plus loin. Il y a des rencontres, des environnements très différents et même si la juxtaposition, une fois pris un peu de recul est facile, en lisant on y croit. Et puis il y a cette quête un peu chimérique d'une reine qui apparait et semble bien jolie ! Au final, la fin est implacable comme il avait été maintes fois répété dans le récit même si tout de même un poil deus ex machina car comment peut il a ce moment précis comprendre le danger qu'il court ? Cela laisse une porte ouverte à des suites qu'il n'y aura pas. Le trait est clair, la colorisation date un peu mais l'encrage est suffisamment réussi pour traverser le temps. J'ai pour ma part l'édition colorée de 1986 et non la version noir et blanc de 1979. la dynamique des cases m'a semblé fluide avec de rares moments un peu raides. C'est agréable à lire encore aujourd'hui même s'il faut probablement un côté bienveillant des limites de l'ancien temps pour le conserver dans sa collection. Au final un bon moment d'aventure avec ses limites mais sympatique
Donald's Happiest Adventures
Forts du succès de Mickey's Craziest Adventures, Trondheim et Keramidas ont retentés l'aventure deux ans plus tard avec cet album. Tout comme pour l'album précédent ils prétextent la redécouverte miraculeuse d'une vieille série perdue en brocante, mais contrairement à ce premier album ici l'histoire est complète. Pas de trous dans la narration, on va pouvoir suivre l'aventure dans son intégralité. On pourrait regretter la disparition d'une des composantes essentielles du projet originel, à savoir l'aventure volontairement décousue et morcelée, mais j'ai personnellement trouvé que l'esthétique rétro conservait le charme recherché. En tout cas je n'ai pas pleuré ce changement. Il faut dire aussi que l'album a tout simplement mieux réussi à faire mouche chez moi, dans quasiment tous les domaines. Déjà, chose essentielle : c'est drôle. Le premier album était drôle mais se renouvelait peu, me parait trop convenu dans son humour. Ici, même avec relecture, j'avoue avoir ris à gorge déployée lors de certains gags bien trouvés - Et n'est-ce pas l'un des meilleurs compliments que l'on puisse faire à un album comique ? Le fil rouge est mieux tenu, la narration et les péripéties s'éparpillent moins dans tous les sens, bref le récit me semble plus canalisé. C'est un bon point car l'album peut ici mieux profiter de gags de répétitions, ou se permettre d'instaurer quelques set-ups pour des gags futurs. Et puis, ce projet de quête du bonheur aux quatre coins du monde par un personnage connu pour être l'incarnation même de l'égoïsme et du mauvais caractère c'est quand-même assez sympathique. D'autant plus que la recherche de ce bonheur se permet, chose évidente mais tout de même à saluer, quelques petits passages réflexifs bienvenus. Un bon album, un très bon album. Sans aucune hésitation une meilleure aventure que l'album précédent. (Note réelle 3,5)
Mickey's Craziest Adventures
Même si l'album était mieux dans mes souvenirs, je lui concèderais toujours d'avoir une idée de base on ne peux plus sympathique : simuler une vieille histoire perdue, retrouvée et partialement restituée, pleine de trous/sauts dans la narrations, de pages incomplètes et de tâches sur le dessin qu'on ne saurait faire partir, c'est quand-même une idée simple mais savoureuse. On retrouve Mickey et Donald, les figures de proues des aventures Disney, partant à l'aventure aux quatre coins du monde, le tout dans la joie et la connerie (l'humour reposant énormément sur le concept classique du clown blanc et de l'Auguste, ici incarnés majoritairement par nos deux protagonistes). Mais pas que ! On retrouve également plein de personnages classiques de l'univers comme Picsou, Géo Trouvetou, Pat Hibulaire, les Rapetous, le commissaire Finot et j'en passe, le tout en jouant avec le vieux canon de cet univers (Pat Hibulaire a ici une jambe de bois, par exemple). Voilà, l'univers, comme l'idée de base, est charmant, sorte de mélange entre madeleine de Proust créée de toute pièce et un gros délire parodique/référentiel. L'humour, malheureusement, est un peu trop convenu à mes yeux. Je me rappelle avoir ris à ma première lecture, quand l'album venait de sortir, mais à ma relecture j'ai constaté que beaucoup de gags manquaient de punch, se répétaient un peu trop sans grande variation. L'ensemble est bon et certains gags parviennent toujours à faire mouche, mais j'avoue que l'enchaînement des scénettes est un peu plus bateau que ce dont je me souvenais. D'autant plus que l'histoire dans son ensemble est un peu fouillis. Pas tant pour les "chapitres manquants" que pour les enchaînements de péripéties parfois bien trop rapides et aléatoires. Bim on est en ville, bim on est dans la jungle, bim on est dans une grotte, bim on est sous l'eau, bim il y a des dinosaures, bim on est dans un désert, … L'aspect décousu de la narration fait parti du charme du projet mais j'avoue que j'ai un peu eu l'impression de voir un melting pot d'idées et de destinations clichées pour ce genre d'aventures plutôt qu'une véritable "vraie fausse aventure rétro". Bon, encore une fois, l'album reste bon et la lecture agréable, c'est l'essentiel.
La Cour des Miracles
La Cour des Miracles est une très solide bande dessinée d’aventure historique, portée par un univers particulièrement riche. Le choix de s’ancrer dans le « monde d’en bas », structuré, organisé et régi par ses propres règles, fonctionne pleinement. Le contraste avec le pouvoir royal et les élites est bien exploité, tout comme les jeux d’influence et les manœuvres politiques nécessaires à la survie de cette contre-société. Le contexte historique constitue une réelle plus-value, sans jamais alourdir la lecture. On reste avant tout sur un récit d’action et d’intrigues, fluide et efficace, qui privilégie le rythme et la tension dramatique. Les personnages sont soignés, tant sur le plan graphique que narratif : aucune figure caricaturale, peu de manichéisme, et une subtilité appréciable malgré une approche clairement romancée. Le dessin accompagne parfaitement le propos. Il est appliqué, lisible et très attentif à la restitution des décors, des corps et de la misère omniprésente, élément central du récit. L’ensemble dégage une vraie cohérence visuelle et narrative. Une bande dessinée dense, immersive, et clairement marquante.
Soli Deo Gloria
Un peu dur de passer après autant d'avis positif ! Rien qu'en regardant l'album on voit que l'éditeur fait des efforts pour qu'il sorte du lot. Il est plus grand et plus luxueux que les albums normaux qui sortent chez Dupuis. Au vu du résultat, je pense que c'est mérité. Le scénario parle de la création artistique et il est passionnant à lire. J'ai bien aimé lire l'histoire de ces jumeaux unis qui finiront par prendre des chemins séparés. Le dessin est vraiment remarquable. Chaque page est une merveille pour les yeux ! Il y a quand même un truc qui m'a un peu gêné qui fait que je ne considère pas ce one-shot comme culte est que je ne me suis pas particulièrement attaché aux personnages. Or pour moi c'est primordiale que je ressente quelque chose pour eux. Il y a des moments remplis d'émotions qui m'ont laissé de marbre (la fin notamment ou ce qui arrive à la fin de l'avant-dernière partie). Je voulais savoir ce qui allait arriver ensuite aux jumeaux, mais à aucun moment je n'ai pleuré sur leur sort. Comme le dit Cleck, cela rappelle les films de Kubrick où tout est irréprochable au niveau de la technique, mais ça manque de chaleur humaine.
Paysans - Le Champ des possibles
Je vais arrondir aux quatre étoiles (ressenti 3,5), car l’album est objectivement intéressant, sincère, et porte de belles valeurs. Mais certaines petites choses m’ont un chouia chiffonné. Surtout dans la narration. En effet, je l’ai trouvée un rien trop naïve, peut-être dans le ton, parfois trop « scolaire, didactique », je ne sais pas. Mais bon, ce sont des critiques de détails, l’essentiel est ailleurs. Dans les idées mises en avant – avec lesquelles je me sens en phase. Et dans les personnages pris en exemple – même si c’est parfois succinctement, on a le temps de découvrir et d’admirer leurs parcours. Car la plupart du temps ce sont des « reconversions », des changements de vie, qui impliquent autre chose que simplement changer de culture, autre chose que le simple « travail », c’est parfois autant philosophique que professionnel. Au détour des témoignages, on peut retrouver des idées évoquées dans Les Ignorants, mais surtout, pour les très longs – et intéressants – passages autour du rôle des arbres, dans le superbe album La Vie secrète des arbres (dont je vous recommande chaudement la lecture). En tout cas les exemples présentés ici offrent des pistes à suivre – pour le bien-être des paysans comme de la « planète », un retour à certaines sources pas archaïques. En tout cas un champ des possibles (bon titre au passage !) qui offre plus de perspectives agréables que l’agrobusiness défendu par la FNSEA et les ministres de l’agriculture qui leur sont affiliés (je ne parle même pas des industriels…). Une lecture rapide, mais plutôt revigorante.
Beauté noire et le groupe Prospéro
Un diptyque qui se laisse lire agréablement, qui développe une aventure ancrée dans l’Histoire de la fin du XIXème siècle, tout en jouant sur des ressorts utilisés par certains romans feuilletons (du genre « Fantomas »). J’espérais d’ailleurs que ça aille davantage dans ce sens, mais, si c’est dynamique, rythmé et agréable à suivre, il y manque un peu de folie ou de poésie. Il y manque aussi de la densité, quelque chose qui élargisse l’intrigue, centrée autour de la lutte entre un groupe raciste, antisémite et comploteur d’un côté, et le groupe Prospero, groupe secret de lutte contre les « méchants » racistes, protégeant les Dreyfusards Clemenceau et Zola. C'est très manichéen, mais ça passe. Une suite est envisageable au vu de la dernière page, mais ces deux albums peuvent se lire comme une série à part entière avec une histoire conclue.
Battle Royale
La question du pourquoi ce jeu du cirque est dit à la fin, ne spoilons pas ! Mais bon, je pense qu'Ikigami est meilleur dans le style décimation pour un gouvernement autoritaire. Meilleur parce que plus vraisemblable, et qu'on voit en parallèle les victimes et un homme, rouage de ce système, peu à peu atteint par le doute. Et pourtant ! Je pense que le type jeu du cirque marchera toujours mieux car plus spectaculaire, et que dans ce genre, Battle royale fait le job, comme le roman dont la série de mangas est tiré, d'ailleurs. A la relecture de mes camarades critiques déplorant le sexe : il n'est pas de trop. Pourquoi ? La mort appelle le sexe. Face aux menaces, les sexuels, confirmés ou débutants comme nos jeunes, se donnent autant de plaisir charnel qu'ils le peuvent, même si c'est bien imprudent car pendant que deux s'étreignent, un troisième larron peut tuer les deux enivrés de sexe.
La Bulle De Bertold
C'est atrocement vraisemblable ! L'amputation comme peine existe, le spectacle de Monstres aussi et une dictature inventive peut marier les deux en coupant de plus en plus les déviants, jusqu'à ce que les plus hachés se retrouvent en marionnettes humaines. Je comprends la frustration de ceux qui voudraient en savoir plus sur ce monde, mais d'un autre côté, on aurait dilué la force du pitch en montrant toutes les ramifications possibles de la société dystopique. Comme cette œuvre est intelligente et bien dessinée, concilions tout le monde, demandons une suite !
Les Contes interdits
J'ai actuellement lu 2 tomes de la série : La qualité assez aléatoire. Tome 1 : Peter Pan : Note 3.5 Le scénario tient la route malgré le "revisiting", on arrive à rentrer dans l'histoire. Les dessins ne sont pas exceptionnels mais ne desserve pas l'histoire. Tome 4 : Les trois petits cochons : Note 2 On attends presque toute l'histoire pour comprendre la "relation" avec le titre. Histoire décevante, un dessin pas trop mal, mais il n'arrive pas à réveiller l'intrigue Globalement ça reste moyen, ça ne me donne pas envie d'en lire plus