Les derniers avis (114975 avis)

Couverture de la série Ô Verlaine
Ô Verlaine

Je suis un gros lecteur de poésie, et Jean Teulé est un auteur qui a priori m’intéresse. Mais je ne suis pas vraiment friand de la poésie de Verlaine (et je connais peu le personnage lui-même), lui préférant d’autres auteurs pour la même époque. Et si l’adaptation est fidèle (je n’ai pas lu le roman de Teulé), ça n’est clairement pas l’histoire la plus palpitante de cet auteur. Je suis donc sorti quelque peu déçu de cette lecture. Le Verlaine qui nous est présenté ici est en fin de vie et de carrière. Un bonhomme acariâtre, alcoolique, survivant sans trop lutter contre la maladie et la dèche. C’est sans doute d’ailleurs l’aspect qui m’a le plus intéressé, cette bohème mouiseuse et pleine de vie (artistes, étudiants, anarchistes), celle qui fera une certaine renommée de l’époque et de Paris, alors qu’elle choquait le bon bourgeois. Quelques personnages étonnants, amoureux de la poésie de Verlaine et le protégeant – a minima et à son insu – contre quelques vicissitudes… Mais bon, si le décor m’intéresse, je ne me suis pas vraiment passionné pour notre mourant merveilleux, ni pour les quelques aléas de l’intrigue, ou pour les dialogues. Ça se laisse lire, mais j’en attendais peut-être autre chose. Note réelle 2,5/5.

30/04/2026 (modifier)
Couverture de la série No Devil
No Devil

No Devil est la nouvelle série de Senchiro, mangaka français qui s’est déjà fait remarquer avec sa précédente série, Sweet Konkrete. Cette nouvelle série mixe romance et fantastique au travers d’une intrigue dynamique plutôt destinée à un public jeune (adolescents et jeunes adultes). Lucie, une jeune femme un peu maladroite et passionnée de musique, va croiser la route (dans le sens premier du terme) de Léo, un chasseur de démons pas des plus adroits, lui non plus. Et si cette première rencontre ne se passe pas de manière idyllique, on comprend vite que ces deux zozos ne sont pas insensibles au charme de l’autre. La situation prend cependant un tour inattendu lorsque Lucie découvre qu’elle-même se transforme en démon lorsqu’elle subit un choc émotionnel… Ce premier tome nous présente les différents personnages et l’état d’esprit de la série (action, humour, romance, fantastique). Le début est par moments un peu bordélique, avec un flash-forward et des flash-backs que je n’ai pas toujours saisis immédiatement. Plus tard, l’auteur n’hésite pas à intercaler des illustrations sans rapport direct au cœur de ses planches (on peut ainsi tomber sur une illustration de Lucie jouant de la guitare au milieu d’une planche dans laquelle elle est en discussion avec sa mère). J’ai donc eu ce sentiment que Senchiro avait du mal à se canaliser. Mais ça ne nuit pas vraiment au manga, parce qu’il y a aussi pas mal de qualités dans celui-ci (personnages attachants, dynamisme, bonne idée de départ). Tout ça pour dire que si je ne crie pas au chef d’œuvre et si je regrette certains clichés, ce premier tome est quand même sympa à lire et invite à découvrir sa suite. NB : une bande son, signée par l’auteur lui-même, est également disponible. Elle donne logiquement la part belle à la guitare électrique. Et là encore, j’ai trouvé que l’auteur avait à la fois tendance à s’éparpiller et un talent évident qui devrait mieux être canalisé.

30/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Tribulations du Choucas
Les Tribulations du Choucas

J’avais lu il n’y a pas si longtemps la série mère Le Choucas, que j’avais trouvée, malgré quelques défauts, plutôt plaisante, dans un registre parfois proche des « Nestor Burma » de Léo Malet, avec un personnage à gouaille, pas mal de bons mots, de références aux polars de la « Série noire ». Même si l’un de mes albums préférés se délocalisait en Amérique du sud (« Le Choucas n’en mène pas large »), j’appréciais surtout l’atmosphère parisienne de la série. Et ici, avec cette renaissance de la série, sous un autre nom, j’y ai clairement moins trouvé mon compte. Le dessin est toujours sympathique, et agréable, mais la colorisation m’a moins convaincu. Surtout, les deux albums quittent totalement la région parisienne, le premier se situant surtout au Népal, le second au Mali. Je ne suis pas convaincu par ce changement complet d’atmosphère. Pourtant le début du second album me laissait penser que Paris, Gabin, les fondamentaux revenaient, mais en fait non. Je n’ai pas été convaincu par les intrigues non plus. D’une part les seconds rôles de la série mère sont soit abandonnés, soit utilisés dans un registre qui ne colle pas (autant Gabin pouvait jouer au Huggy les bons tuyaux à Paname, autant au Mali j’y crois moins – et son intervention est trop improbable en fin du premier album). Ensuite les histoires elles-mêmes sont moyennes. C’est carrément bordélique dans le premier tome, où je me suis rapidement désintéressé de l’enquête (comme le scénario d’ailleurs, tant c’est décousu : voir l’épisode avec les rebelles maoistes et l’improbable Sidoine, peu clair, et qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick – on se débarrasse d’ailleurs de Sidoine brutalement). Le deuxième album développe une enquête sans trop de digressions inutiles. Mais la résolution et la fuite du Choucas et de Gabin est quand même improbable. Les dialogues ne sont pas désagréables. Mais ils sont moins percutants et drôles (même si, épars, quelques bons mots font mouche, comme la longue tirade sur l’échac au permis de conduire du Choucas à cause d’un journal Figaro balancé, pour finir sur ce pauvre jeu de mot qui m’a fait sourire : « je comprends que tu ne sois pas solidaire du Figaro »…), il y a moins d’autodérision à la Audiard. Quasiment plus d’allusion aussi à la « Série noire ». C’est un peu de la signature de la série qui a disparu. Bref, je ne suis pas sûr que cette suite ait été nécessaire, même si ça se laisse lire. Note réelle 2,5/5.

30/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Marilyn - Dernières séances
Marilyn - Dernières séances

Bon, les choix graphiques ne sont pas très engageants je trouve. C’est lisible. Mais le trait un peu stylisé et raide, l’absence d’action, et une bichromie un peu monotone m’ont rapidement lassé, et ont sans doute joué sur le ressenti global de cette histoire. Car je me suis franchement ennuyé en lisant cet album. Sans jamais m’intéresser réellement à la personne de Marilyn. Il y avait pourtant quelque matière à l’être. Mais ici, même l’évocation de ses failles, de ses malaises (elle est ici en fin de carrière et de vie lorsqu’elle consulte très régulièrement son psychiatre) m’ont laissé de marbre. Le rythme lent, la quasi absence d’action et les choix graphiques ne permettent pas de s’attacher à cette femme statufiée de son vivant mais extrêmement fragile. L’angle d’attaque consistant à lui donner de l’épaisseur, elle qui était clairement moins nunuche que l’image donnée d’elle-même par les médias, n’est pas non plus très utilisé. Gros bof, le plaisir de lecture n'ayant pas été au rendez-vous.

30/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
Couverture de la série Lomax - Collecteurs de Folk Songs
Lomax - Collecteurs de Folk Songs

Malgré son sujet qui me passionne, malgré le fait que Lomax soit l'une des très rares personnes dont j'aurais aimé vivre la vie, je ne lui mets que 3/5 (disons un bon 3,5) parce qu'elle est à mon sens bien trop expéditive. Le vie de notre homme (Alan, et dans une moindre mesure celle de son paternel) aurait pourtant mérité plusieurs volumes tant elle est dense et passionnante. Au passage, j'en profite pour laisser une référence à l'une des lectures les plus mémorables qu'il m'ait été donné de faire : Le pays où naquit le Blues de... Alan Lomax ! Paru aux Fondeurs de Briques, et lu pendant un été merveilleux, ce pavé de plus de 650 pages m'a transporté comme rarement. Il est tout à la fois une autobiographie ponctuées d'anecdotes proprement hallucinantes, un ouvrage de sociologie et d'Histoire, un condensé d'humanité... Bref ! Un des dix grands livres que je garderais s'il me fallait liquider ma bibliothèque. Alors oui : 3/5 parce que cette BD, en regard de la vie de Lomax (père et fils), me parait bâclée, même si le dessin me plait par ailleurs.

30/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5
Couverture de la série Les Cinq Conteurs de Bagdad
Les Cinq Conteurs de Bagdad

J'aime beaucoup Duchazeau qui figure au panthéon de mes auteurs préférés. S'il n'a pas produit que des œuvres parfaites et inoubliables, il n'a toutefois jamais cessé d'affirmer son trait, splendide, sorte d'esquisse achevée. En effet, son trait flou parvient à chaque fois à s'extraire de l'immobilisme dans lequel pourrait le contraindre l'espace réduit de la case. J'ai un faible pour les 5 conteurs de Bagdad qui est pour moi sa BD la plus achevée du point de vue scénaristique (bon, c'est Vehlmann, hein ?). En outre, la fin comporte un petit twist-ending étonnant qui fait qu'on a beau connaitre la fin dès le départ, on se retrouve tout tournebourboulé quand arrivent les dernières pages. C'est génial. Ajoutons que l'histoire rappelle les meilleurs contes d'orient, à commencer par celle que l'on trouve couramment sous le titre Ali et son destin. Un classique. pour moi. Une BD culte !

30/04/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Je ne sais pas si je suis né trop tard dans un monde trop antique, comme le centurion Caius Aérobus, ou si je suis déjà né trop vieux dans un monde trop nouveau... J'ai quelques doutes que la série Astérix résiste à l'épreuve du temps. Ce n'est pas si universel et intemporel que les auteurs pourraient l'espérer, malgré tous les voyages et les caricatures des étrangers. Les dessins d'Uderzo sont excellents (à partir d'Astérix et Cléopâtre) et les scénarii de Goscinny toujours pleins d'humour. Les meilleurs albums sont, pour moi, Astérix Légionnaire, La Zizanie et Le Devin. Après le décès de Goscinny, j'ai abandonné la lecture de la série. Mais même les derniers albums avant cela n'étaient pas formidables, je crois.

30/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Albert Kahn - L'Archiviste de la planète
Albert Kahn - L'Archiviste de la planète

Je ne connaissais Albert Kahn que par la visite de ses jardins à Boulogne-Billancourt, sans avoir la moindre idée de qui il était réellement. J'ignorais qu'il s'agissait d'un riche banquier voyageur issu d'un petit village des Vosges, ni surtout l'ampleur de son projet d'archivage photographique du monde entier au début du XXe siècle. Ce projet avait pourtant tout pour motiver et fasciner mon esprit amoureux d'Histoire et de témoignages visuels d'à quoi ressemblait le Monde bien avant ma naissance. Ce biopic m'a permis de découvrir tout cela de manière a la fois accessible et agréable. Graphiquement, l'album est très réussi. Le dessin et les couleurs sont soignés, avec un style légèrement semi-caricatural qui apporte beaucoup de charme aux personnages et rend l'ensemble visuellement plus doux et esthétique. Il y a une vraie élégance dans le trait, et l'ensemble se prête bien a une lecture biographique plus fluide qu'un documentaire trop académique. J'ai toutefois été un peu désarçonné par la construction narrative dans la première partie, avec certains allers-retours chronologiques qui cassent légèrement la continuité. Ensuite, la seconde partie m'a parfois donné l'impression de survoler les événements, en passant rapidement d'une étape a une autre, d'une rencontre a une autre, sans toujours laisser le temps d'ancrer les choses. On comprend les grandes lignes, mais on a parfois plus une succession d'échos et de moments clés qu'une véritable immersion détaillée dans les projets eux-mêmes. Je m'y suis largement perdu parmi les nombreuses personnes rencontrées par Albert Kahn notamment. J'ai le sentiment d'avoir appris beaucoup de choses sans pour autant avoir eu l'impression d'être totalement immergé dans le parcours ou dans le fonctionnement concret de ses initiatives. Cela reste néanmoins une découverte très intéressante, faite de manière fluide et globalement plaisante, avec un vrai plaisir de lecture malgré ces quelques réserves sur le rythme et le traitement du récit.

30/04/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Bascoulard
Bascoulard

J'ai pour Frantz Duchazeau la même sensation qu'avec Edith, à savoir que lorsqu'il sort une nouvelle BD, je trouve son dessin encore meilleur que dans mon souvenir. Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Dans Bascoulard, l'ami Frantz tutoie les étoiles. Est-ce son sujet qui l'a poussé à se surpasser une nouvelle fois ? Le sujet ? Marcel Bascoulard, un artiste berruyer (de Bourges ! Non non, on ne dit pas bourgeois !) fort discret, mais surtout tout à fait hors cadre. Autodidacte, vivant de son œuvre (même mal), il était connu des habitants essentiellement par la manière dont il habitait le monde : Marcel s'habillait en femme (sans pour autant se raser), vivait dans une carcasse de camion à l'écart de la ville, ne se lavait plus, et semblait errer dans les rues étroites de Bourges en poussant un étrange véhicule à pédales. Je n'en dirai pas plus, laissant le soin aux lectrices et teurs de découvrir tout comme moi cet artiste sans collier. Je le disais, le trait de Duchazeau se fait ici encore plus fin, pour se hisser sans doute à la hauteur de son sujet. J'ai réellement été transporté à travers le vieux centre médiéval de la ville, mais aussi dans ses faubourgs où s'étale une campagne un brin morne. La foule des personnages anonymes prend vie, du boucher amateur d'art aux vieilles peaux conservatrices toujours promptes à jeter le discrédit sur le paria. Oui, sans aucun doute, Bascoulard est à mes yeux sa BD la plus aboutie visuellement. Ajoutons que Bascoulard permet de découvrir un illustre inconnu, passé un peu à côté de la reconnaissance, ce qui constitue le dénominateur commun avec le personnage principal de sa précédente réalisation, Robert Johnson, qui reçu quant à lui une reconnaissance bien tardive, longtemps après sa mort.

30/04/2026 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
Couverture de la série Torpedo
Torpedo

J'ai découvert Torpedo il y a un moment maintenant, et j'ai récemment retrouvé quelques tomes, suffisamment pour me faire un avis. Cette bande dessinée a quelque chose d'implacable, de terriblement efficace, comme son personnage. Il y a, je trouve, pas mal de défauts, comme la lourdeur, parfois, du scénario et de la narration, le manque d'originalité.. Mais tout est super bien raconté, on se prend a chacune des histoires, je ne me suis pas ennuyé une seule fois. Les personnages de la bd sont toujours hauts en couleur, et souvent intéressants. Pas de la grande lecture mais un divertissement diablement efficace. Et tout ça est magnifié par un dessin que je trouve quand même assez remarquable. La profondeur dans les yeux des personnages, les visages, même les mouvements des héros, je trouve ça terriblement esthétique. Un gros point fort de l'oeuvre et une invitation a découvrir d'autres séries de Jordi Bernet. Alors pourquoi seulement 3 ? En premier lieu car je pense qu'il y aurait eu un peu mieux à faire que des histoires courtes, et que les auteurs auraient pu plus développer leur personnage. La, on a un peu toujours la même histoire, pas ancrée dans le temps, et c'est un peu redondant. En deuxième lieu, exactement pour les mêmes raisons que Ro ; le machisme violent, qui est quand même très présent, a gêné ma lecture a plusieurs reprises. Le héros commet plusieurs viols, frappe des femmes, couche avec pour se "payer". Ce n'est pas le fond de la BD mais c'est quand même présent, et très dérangeant .. 3/5 donc pour cette BD dont l'esthétique (surtout des premiers tomes) est une très grosse qualité.

30/04/2026 (modifier)