Les derniers avis (114751 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Lycornes
Lycornes

Deux sœurs prêtes à tout s'enfuient pour échapper à un destin tragique et trouver un remède, au cœur d'un monde médiéval où les lycornes, loin des clichés, incarnent une force aussi fascinante que dangereuse. Ce qui frappe immédiatement, c'est la grande élégance du dessin. Le trait de Béatrice Penco Sechi est d'une finesse remarquable, avec une vraie maîtrise des compositions, des corps et des décors, qui donne à l'ensemble une allure presque précieuse. Chaque planche semble pensée comme une illustration, avec un sens du cadre, de la mise en scène et des couleurs qui sublime littéralement le récit. Cette élégance visuelle transforme l'histoire en véritable conte, lui apportant une dimension d'un grand raffinement, qui dépasse largement ce que le scénario propose sur le papier. Le design des lycornes y est aussi original. On est loin des représentations modernes et édulcorées : ici, leur apparence s'inspire des bestiaires médiévaux, avec des silhouettes proches de la biche, élancées et sauvages, qui évoquent immédiatement la tapisserie de la Dame à la licorne. Leurs grands yeux langoureux leur donnent aussi un aspect particulier, à mi-chemin entre la grâce mélancolique du film La Dernière Licorne et certaines créatures de Miyazaki. Lorsque la grande licorne apparaît, avec ses multiples bois dressés, la référence au Shishigami de Princesse Mononoke m'a sauté aux yeux, renforçant cette impression de puissance sacrée et mystérieuse. Sur le fond, le récit reste pourtant très classique. On retrouve une quête initiatique, une maladie mystérieuse, une fuite face à l'oppression, et surtout un lien de sororité très fort qui constitue le cœur de l'histoire. L'ensemble est bien mené, avec de l'émotion et quelques tensions, mais sans réelle surprise dans son déroulé. Les thèmes abordés (Nature, différence, émancipation, lien entre les sœurs) sont efficaces, mais restent dans un registre attendu. Et pourtant, cela fonctionne très bien, précisément grâce au traitement graphique. Là où le scénario pourrait sembler convenu, le dessin vient tout transcender, donnant au récit une ampleur et une poésie qui le rendent marquant. L'atmosphère, les regards, les silences, la manière dont la nature envahit les planches… tout contribue à créer un conte à la fois sombre, sensible et profondément élégant. Au final, plus qu'une histoire originale, c'est surtout une œuvre portée par une direction artistique d'une très grande classe, qui élève un récit classique en une expérience visuelle marquante.

07/04/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Persée (Pommaux)
Persée (Pommaux)

Je le classe en Tous publics mais c'est plutôt destiné aux enfants. Pour autant cela raconte de façon tout à fait fluide et didactique pour tous ceux qui veulent découvrir ou se remettre en mémoire l'histoire de Persée. C'est un demi-dieu fils de Zeus et Danaé, alors cloitrée dans une tour par son père. Une fois adulte il forgera sa légende en tuant Méduse. Puis il libère et épouse Andromède. Le dessin est plutôt classique et sans fioriture. Je vois qu'Yvan Pommaux est aussi l'auteur d'Angelot du Lac, une série Astrapi que je lisais il y a déjà quelques dizaines d'années.

07/04/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Magic (Lylian/Molinatti)
Magic (Lylian/Molinatti)

Cette série suit les aventures d'une jeune apprentie sorcière espiègle qui découvre peu à peu ses pouvoirs, son destin et son lien avec un monde magique peuplé de créatures surnaturelles. Le dessin est sans doute son premier atout : un style très sympathique, clairement orienté kawai, avec une ligne propre et toute en rondeur qui mise sur l'expressivité et la lisibilité. L'ensemble m'a fait penser à certains jeux vidéo en 3D isométrique, avec des décors colorés, des formes simples mais efficaces et un univers visuel immédiatement attachant. C'est doux, lumineux, agréable à l'œil, même si ce rendu très propre et très lisse peut parfois donner une impression de manque de caractère ou d'audace. Côté histoire, on évolue dans un univers fortement marqué par les influences de Miyazaki, avec une proximité assez évidente avec Kiki la petite sorcière. Outre son petit chat parlant qui l'accompagne, on retrouve cette même atmosphère mêlant quotidien et magie, cette héroïne un peu maladroite mais attachante, et ce mélange de légèreté, de découverte de soi et de petites aventures. L'ensemble reste assez classique, mais fonctionne grâce à son ton mignon et à ses personnages sympathiques. Au fil des tomes, une intrigue de fond se met progressivement en place autour des véritables pouvoirs de l'héroïne, notamment son lien avec des créatures censées être maléfiques comme les fantômes ou les monstres. Cela apporte un peu plus de profondeur, avec des thèmes comme la différence, la peur de l'autre ou l'exclusion, abordés de manière accessible, même si cela reste globalement assez attendu. Le principal bémol vient du ton très enfantin. La narration est simple, parfois un peu rapide ou superficielle, et certains enchaînements manquent de fluidité. Cela peut limiter l'intérêt pour un lecteur adulte, qui aura parfois le sentiment que l'ensemble reste en surface, malgré un univers prometteur et un graphisme charmant. Cela reste malgré tout une lecture mignonne et colorée, qui remplit parfaitement son rôle auprès d'un jeune public, tout en restant suffisamment agréable pour être partagée avec des lecteurs plus âgés.

07/04/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Watership Down
Watership Down

Un bel album j'avoue, une belle qualité d'édition et plus de 300 pages. J'ai eu un peu de mal au début à rentrer dans cette histoire de lapins, avec un jargon bien spécifique, heureusement qu'un petit addendum séparé définit le glossaire. En plus les personnages étant des lapins, ils se ressemblent pas mal et ce n'est pas évident d'assimiler tous les noms. Pour faire simple, ce sont des lapins qui font sécession et décident d'aller coloniser une nouvelle garenne. Puis ils se rendent compte qu'il leur faut des femelles afin de perpétuer leur village et décident donc d'aller en dégotter dans une autre garenne qui s'avère bien plus autoritaire et "fasciste". Il faut dire que le système lapin est très codifié avec un unique maitre lapin et des lapins un peu costauds qui sont les gardiens qui eux décident quand les lapins de base ont le droit de sortir pour manger ou autre. Donc c'est parfois violent, il y a du combat, de la stratégie et un véritable plan comme dans la Grande Evasion pour atteindre l'objectif de la mission. Cela s'avère haletant. Une fable qui fait un parallèle évident avec nos communautés humaines et leurs travers.

07/04/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Septième étage (7e étage)
Septième étage (7e étage)

Un album âpre sur une relation de couple toxique. Manifestement autobiographique, Asa raconte les débuts idylliques puis la main-mise de son compagnon sur elle, la poussant à se refermer, à changer physiquement, et enchainant dans un crescendo les vexations et humiliations. Septième étage, c'est là où ils vivent, un appartement d'où Asa songe de plus en plus à passer par-dessus le balcon. Bref c'est sombre comme lecture mais il faut que des témoignages de ce genre existent et soient lus.

07/04/2026 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Just not married
Just not married

Un manga de romance sur un couple qui vit ensemble sans se marier. Rien de très palpitant. Il faut sans doute tenir compte d'une pression sociale et d'une culture japonaise qui incite les couples vivant ensemble à se marier. On a différentes anecdotes et l'originalité tient au fait que les chapitres alternent le point de vue d'une personne du couple puis de l'autre. Je ne sais pas si l'auteur a persévéré jusqu'au bout de la série, j'ai abandonné après le premier tome.

07/04/2026 (modifier)
Couverture de la série La Fabrique du prince charmant
La Fabrique du prince charmant

Bon, je ne vais pas aller à l’encontre de mes prédécesseurs et améliorer la note générale. Pourtant, je suis plutôt preneur d’humour con, qui peut très bien s’épanouir dans ce type de récit, utilisant des romans-photos ringards en y ajoutant des dialogues absurdes, abscons ou tout simplement fortement décalés. Ovidie est aussi une personne/auteure intéressante. Bref, j’attendais plutôt du positif de cette lecture. Et j’en suis sorti fortement déçu. En fait, ça rate les deux choses que je pensais pouvoir trouver développées ici, à savoir une bonne poilade (dans la lignée de cette collection décalée du Seuil), et un discours construit contre le machisme et/ou les clichés autour du mâle alpha et d’une certaine soumission féminine à celui-ci (Ovidie oblige). Un ou deux souries, mais dans l’ensemble, je n’ai clairement pas trouvé ça drôle. Reste l’autre aspect donc. Mais, là aussi, c’est la déception qui prédomine. Je n’ai pas réellement vu quelque chose de clair transparaître, tout étant juste « plat », absurde, mais au sens un peu « n’importe quoi, au lecteur de trouver quelque chose d’intéressant là-dedans »… Alors, certes, les beaux gosses sûrs d’eux empilés ici sont ridicules. Mais ça n’a pas suffi à me rendre cette lecture intéressante.

07/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Maîtres de guerre - Patton
Les Maîtres de guerre - Patton

Je connais un peu l’action de Patton durant la seconde guerre mondiale, et j’avais été marqué par l’interprétation de Georges C. Scott dans le film « Patton » de Schaffner. Cette version BD m’a nettement moins captivé. Le dessin fait le boulot (même si les personnages connus ne sont pas toujours totalement ressemblant au modèle), la colorisation aussi – même si elle manque parfois de nuances. C’est le scénario qui m’a un peu déçu. Essentiellement parce qu’il ne tient pas les promesses d’une biographie permettant de comprendre Patton en profondeur. Il faudra pour cela attendre le petit dossier final – assez succinct – pour en savoir un peu plus. En effet, tout l’album se concentre uniquement sur sa brillante contre-offensive des Ardennes de décembre 1944. On tombe donc sur un banal récit de guerre, mené tambour battant – comme le faisait Patton avec ses hommes. Le récit se laisse lire, mais la personne de Patton reste quand même encore à découvrir. On voit bien le meneur d’homme, le brillant stratège. Mais l’ambivalence du personnage (féru d’Histoire, poète à ses heures, mais aussi brutal et fortement égocentré) n’est qu’évoqué dans le dossier. Sa carrière militaire antérieure (avant la seconde guerre mondiale, mais aussi ses campagnes d’Afrique et de Normandie), ses démêlés avec Eisenhower (qui l’a cantonné à un rôle de leurre en le privant du débarquement) ou les journalistes (suite à ses nombreuses sorties sans filtres) sont escamotés. Et du coup, c’est davantage « Patton dans les Ardennes » qu’une vision plus ample et plus éclairante d’un général qui n’a laissé aucun de ceux qui l’ont connu indifférent. Note réelle 2,5/5.

07/04/2026 (modifier)
Par Bun
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Traqué dans l'espace
Traqué dans l'espace

Aventure très sympa et bien écrite. Les dessins sont simples mais efficaces, j'ai passé un excellent moment avec cette bande dessinée, je recommande.

07/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Box - Qu'y a-t-il dans la boîte ?
Box - Qu'y a-t-il dans la boîte ?

Je découvre Daijiro Morohoshi avec cette série, que j’ai empruntée au hasard, faisant confiance au Lézard Noir pour me proposer quelque chose d’original. Le récit de Morohoshi s’inscrit dans une veine fantastique qui, peu à peu vire à l’angoisse, voire à l’horreur, comme a pu le développer dans moult séries quelqu’un comme Junji Ito. Les amateurs de ce dernier trouveront sans doute leur compte dans cette série, qui nous entraine dans un huis-clos oppressant. Quelques personnages qui ne se connaissent pas ont tous subi la même terrible et déroutante expérience : ayant reçu un casse-tête (du simple Rubik’s Cube à quelque chose de plus élaboré, en passant par des mots croisés), la résolution de ce casse-tête a entrainé un phénomène étrange et inquiétant, la disparition d’une partie d’un paysage/décor connu, ou d’une partie de corps d’un familier (ou de son propre corps). Toutes ces parties manquantes sont devenues invisibles, tout en n’ayant pas réellement disparu. Tous les personnages ayant vécu cette expérience sont invités à se trouver devant un bâtiment mystérieux (en forme d’une grande boîte – d’où le titre de la série), une porte s’ouvre, ils entrent, invités par une mystérieuse jeune fille, Kyoko. Et là ils découvrent qu’ils sont prisonniers de cette structure, aux airs de labyrinthe, et qu’ils ne pourront en sortir qu’en résolvant d’autres énigmes. La suite est donc une sorte d’escape game morbide, dans lequel la tension va monter régulièrement, l’angoisse, le fantastique étant de plus en plus imprégné d’ero-guro grotesque. Morohoshi entretient le côté ludique en livrant en fin de chaque chapitre des solutions aux énigmes et impasses auxquelles ont été confrontés les personnages (et même de nombreux jeux type « 7 différences », jeux d’illusions, énigmes en tous genre, etc.). Le personnage de Kyôko, qui apparait/disparait régulièrement, mais aussi ses apparitions ponctuelles à côté d’une case, la jeune fille jouant le rôle de « maîtresse du jeu », commentant action ou dialogues de certains protagonistes, apportent un peu d’humour et ou de fraicheur à une intrigue par ailleurs plutôt asphyxiante. Le fait que Morohoshi joue constamment sur des lignes géométriques pour le décor – épuré – voire sur des cubes, renforce le côté froid et l’unité du récit. Un récit qui s’écarte de plus en plus d’une réalité cartésienne (même les monstres apparaissent comme du Yokaïs difformes improbables). Le troisième tome fait de très nombreuses références au travail d’Escher, ce qui accentue le côté absurde et froid, le côté faux et piégeux de ce qui se présente visuellement comme la réalité. Le dessin est simple et classique, relativement épuré (là aussi proche de ce que propose Ito). Les yeux de certains personnages sont parfois un chouia trop gros par contre, avec un rendu donnant l’impression qu’ils sont maquillés). Au final je dois dire qu’il y a quand même certaines redites, quelques longueurs. Mais l’auteur a su exploiter son idée de départ et en faire un récit mêlant angoisse et aspects ludiques, ces derniers compensant les longueurs évoquées plus hauts. Une lecture détente pas désagréable, dans un style faisant un peu penser à Ito, mais en moins morbide, sans doute en plus « sage ».

07/04/2026 (modifier)