Agréablement surpris par cette bd.
Comme mes collègues aviseurs, je me suis senti transporté dans mes lectures passées des romans d’Anne Rice, surtout « Entretien avec un vampire » que j’avais adoré.
Les couleurs, les dessins en aquarelles, un peu diaphanes sont très adaptés à toute la fatalité, la mélancolie, l’exotisme et la sensualité de cette histoire.
Une bd dont la dimension aventureuse contrebalance son aspect tragique et donne envie de partir en voyage, d’explorer des contrées inconnues, d’avoir plusieurs vies en une seule en somme ;-)
Pendant longtemps, je n’ai connu que le premier tome de cette série, qui m’avait vraiment marqué. À l’époque, j’avais été impressionné par le dessin percutant de Mathieu Lauffray et par l’ampleur du récit : une fantasy sombre, violente, presque de la dark fantasy sans concession, avec ces huit frères sorciers redoutables lancés dans une traque impitoyable. L’univers semblait riche, le ton épique, et ce premier album donnait clairement l’impression d’ouvrir une grande saga.
Malheureusement, en découvrant la suite récemment, la série m’a paru nettement moins à la hauteur de ses promesses. Le départ de Lauffray se ressent rapidement : même si ses successeurs ne déméritent pas totalement, le dessin perd en puissance, en lisibilité et en personnalité. J'ai ressenti une baisse progressive de la qualité graphique au fil des tomes, avec des planches parfois plus brouillonnes ou moins inspirées.
Côté scénario, le souffle du début retombe également. La longue poursuite qui structure la série s’étire un peu trop, donnant l’impression que l’histoire tourne en rond. Certains éléments intéressants du départ comme le mystère et la menace que représentent les sorciers de Tichit perdent de leur impact, et les personnages deviennent moins crédibles ou moins impressionnants. Plusieurs incohérences ou facilités scénaristiques viennent aussi affaiblir l’ensemble.
Je retiens donc un premier tome marquant et très prometteur, mais une suite qui s’essouffle progressivement, tant sur le plan graphique que narratif. La série reste originale et possède un univers intéressant, mais elle donne surtout le sentiment d’un potentiel qui n’a jamais été pleinement exploité.
Comme Le Promeneur et en partie Le Gourmet solitaire, cet album de Taniguchi propose une promenade contemplative aux côtés d'un homme qui marche simplement dans son quartier, observant ce qui l'entoure. Plus qu'une véritable histoire, c'est une succession de petits moments du quotidien qui invitent à ralentir et à prêter attention aux choses ordinaires.
J’ai apprécié cette balade très intérieure, presque muette, qui dégage une vraie sensation de calme. Le dessin, fidèle au style de Taniguchi, reste assez classique mais impressionne par la précision de ses décors : rues typiquement japonaises, parcs ou coins de nature dégagent une atmosphère apaisante. L’auteur parvient à transmettre ce plaisir simple de marcher et d’observer ce qui nous entoure, qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il fasse froid, comme une invitation à vivre en harmonie avec son environnement et à redécouvrir les petits plaisirs ordinaires que l’on oublie souvent dans un quotidien trop pressé.
Il faut admettre toutefois que l’album pousse très loin cette logique de scènes d’ambiance, parfois au point de donner l’impression qu’il ne se passe vraiment rien. J'ai donc passé un moment agréable mais je suis resté un peu extérieur au récit : il manque une histoire plus construite ou plus émotive, comme dans d’autres œuvres marquantes de Taniguchi.
Sans être foncièrement emporté par cette lecture qui n'est plus une surprise pour moi qui ai lu beaucoup de séries de cet auteur, j'ai retrouvé avec plaisir sa philosophie et sa capacité à s'émerveiller de choses simples du quotidien. Une BD douce et contemplative, qui plaira surtout à ceux qui aiment prendre le temps de regarder.
Un autre gros délire de Garth Ennis.
J'ai souvent de la difficulté avec ses scénarios purement humoristiques, pour moi il fait parti des auteurs dont l'humour fonctionne mieux lorsque cela sert à contrebalancé un scénario sérieux. Ici, ce n’est pas trop mal parce que j'aime bien l'idée de départ (un type qui arrange les problèmes causés par des créatures fantastiques) et la plupart du temps j'ai souris. Les situations sont bien trouvées et je en savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Le dessin est sympathique.
Le seul problème est que le scénario est au final trop léger pour être mémorable, mais au moins cela se termine avant qu'Ennis étire trop le concept. Un album à emprunter à la bibliothèque.
Garth Ennis signe une série policière d'horreur pas mal.
Le scénario mets en vedette une femme policière qui se retrouve dans une enquête qui mélange policiers voyous, la misogynie et le paranormal. Ennis traite de plusieurs sujets actuels: la violence faites aux femmes, la masculinité toxique et les brutalités policières et il fait de manière assez subtil comme il en est capable lorsqu'il ne tombe pas dans ses travers. On ne retrouve pas son humour trash, mais il y a des scènes gores qui j'imagine vont rendre content les amateurs du genre. Personnellement, à force d'avoir vu ce genre de scènes gores censé être choquant et ben j'ai fini par être désensibilisé.
J'ai bien aimé ce récit même si je trouve qu'il manque quelques choses pour le rendre captivant. Il faut dire que je ne suis pas trop fan du dessin qui est le style de dessin réaliste qu'on retrouve dans pleins de comics modernes et que je trouve juste fade et sans personnalités. J'ai tout de même réussi à ressentir de l'empathie pour les deux personnages féminins importants de l'album. Le scénario évite l'erreur de dénoncer le sexisme avec un récit manichéen oû tous les hommes sont des gros méchants et les femmes toutes des pur victimes. L'héroïne est complexe et à des défauts.
Au travers de cet album, l’auteur nous propose une sorte d’autobiographie. Mais surtout une biographie/déclaration d’amour pour nous présenter sa mère, son parcours atypique, difficile. Commençant par la mort de la mère (d’un cancer) et se terminant presque par son enterrement (après moult flash-backs) et quelques révélations douloureuses, l’album se laisse lire agréablement.
La narration, comme le dessin d’ailleurs, sont aérés, fluides et agréables. Alain Rémy nous donne à voir une histoire familiale accidentée, mais vivace, mais aussi, au travers des nombreux « déménagements exotiques », la société des années 1970 à 1990, en Afrique ou à Haïti, la vision d’un gamin, fraiche.
Surtout l’auteur n’hésite pas à évoquer les moments difficiles, les malentendus, les blessures intimes, qui ont jalonné la vie de sa mère – et la sienne aussi par contre-coup.
Si l’album est centré sur sa mère, on voit à plusieurs reprises son père intervenir, et on sent que, là aussi Alain Rémy a des choses à dire à son propos, et d’ailleurs la dernière planche laisse entrevoir un autre album autour de ce père, souvent absent. A plusieurs reprises, lorsque l’histoire de ce père a été évoquée, surtout tout ce qui concerne sa période d’auteur/compositeur, sa relation avec Pierre Perret (devenu le parrain de l’auteur), je me suis dit que cette histoire me disait quelque chose. Et ça m’est revenu vers la fin, ce père est le personnage au centre de l’album de Tronchet Le Chanteur perdu !
En tout cas, voilà une histoire familiale qui parvient aisément à intéresser un lecteur « extérieur ». Rémy, avec son dessin dynamique, ses remarques souvent amusantes, ou pleines d’une cruelle profondeur (sur la nature humaine, les relations entre Arabes et Européens – différentes selon que l’on se trouve au Maroc ou en France, la société post-coloniale, etc.), nous propose une belle lecture.
Un album qui traite d’un sujet intéressant – et de plus en plus d’actualité – et qui le fait bien, et de façon relativement originale.
En effet, ça commence comme un récit de Science-Fiction classique, pour revenir peu à peu, au travers de divers chapitres, à quelque chose de plus « documentaire ».
La présentation est claire, fluide et aérée
D’abord parce que le dessin de Vincent Perriot est sympa et très lisible.
Ensuite parce que le propos, très étayé historiquement et scientifiquement, parvient à informer sans ennuyer : les citations d’économistes, de philosophes s’intègrent bien dans la démonstration, sont claires mais pas trop longues, enrichissent le propos sans le hacher.
L’album est bien construit, reprenant le passé, et aussi en développant une vision de l’avenir certes assez noire, mais pas sans issue, pour peu qu’on prenne conscience de certaines réalités. En particulier que notre mode de vie – et de pensée – fait peu de cas du caractère non renouvelable de beaucoup de ressources. Les promesses de certains économistes – ou d’industriels/rapaces comme Musk ou Bezos – ne tient pas la route. C’est bien sur notre Terre qu’il faudra trouver la solution. Surtout, notre système fait aussi peu de cas des « effets collatéraux » : outre les modifications notables du climat et leurs conséquences, d’ores et déjà nous ne pouvons soutenir ce mode de vie (habitants des pays riches à que parce qu’une bonne partie de l’humanité en est privée, et est exploitée (sa force de travail, mais aussi ses ressources) de façon plus qu’inégale – et inique.
C’est fou quand même l’aveuglement de tant de gens autour de la science, censée trouver des solutions à tout.
Bref, certaines solution – une autre croissance, voire une décroissance, une gestion responsable et équitable des ressources communes de l’humanité sont nécessaire. La course à l’innovation, à la 4,5 ou 6 G, avec des applications souvent inutiles et coûteuses en énergie et ressources, l’obsolescence programmée sont donc à revoir.
En fin d’album, un lexique et quelques rappels de connaissance complètent bien cette lecture qui apporte sa pierre à l’édifice d’une prise de conscience collective. A l’heure où Trump et ses suiveurs de droite plus ou moins extrême (ou tout simplement néolibéraux à la Macron) nie par leurs discours et/ou leurs actions l’urgence de la situation, il est toujours bon de lire un exposé simple et clair du problème, et de la direction que nous devrions prendre pour éviter le mur…
A l’instar d’un John Difool, Corto Maltese est un personnage qui m’a vu grandir. Après le looser magnifique place au flegme aventurier romantique.
Bref vous l’aurez compris Corto est un personnage qui m’est cher et que je continue à suivre.
A l’annonce de cette reprise par Vivès (et Quenehen que je connais peu) j’étais partagé entre hype et inquiétude, toujours est il que la curiosité l’a emporté.
1er bon point à la lecture, nous ne sommes pas dans la continuité temporelle de la série mère, c’est ici une version moderne de notre héros que les auteurs nous proposent, bienvenue au 21eme siècle.
2ème bon point, malgré ce bon dans le « futur » et le changement de look (notre héros a troqué sa marinière/casquette pour col roulé/bonnet), l’esprit est intact (j’ai beaucoup aimé la confrontation avec le téléphone portable :)
3ème bon point le dessin, on quitte le noir et blanc pour un gris/noir/blanc plutôt pas mal, quelques magnifiques images.
A noter également un chouette personnage féminin.
Une histoire peut-être en deçà par rapport à mes attentes mais ça m’a plutôt convaincu pour un 1er tome, je ne demande qu’à m’emballer par la suite pour augmenter ma note.
MàJ après 3 tomes :
Ça vaut bien 1* de plus cette reprise.
Certes, on est assez loin de l’imagerie de Pratt autour de ce héros mais finalement le duo d’auteurs s’en sort avec les honneurs. A mes yeux, il y a de jolies moments de grâce.
Le 1er m’est devenu de plus en plus accrocheur au fil de mes lectures, le 2nd est juste une tuerie, il n’y a que sa 3eme aventure qui me laisse encore un peu circonspect dans son background (pas avec les personnages).
Bref, j’aime bien ce Corto moderne et ce que développe le scénariste avec.
Je serai plus vache dans ma note que mes prédécesseurs mais je confirme la bonne réussite de ce tome, une lecture plutôt bien agréable.
Les ingrédients ne surprendront pas mais restent bien agencés. L’histoire ne s’encombre pas d’un grand réalisme mais le lecteur passera forcément un bon moment.
La partie graphique assure parfaitement le taf. L’humour marche bien, les personnages (ou les animaux) sont bien typés, la construction en chapitres est sympathique … en fait si ce n’est ce côté trop léger (à mon goût) et cette fin pas aussi bonne qu’escomptée, je n’ai rien à dire de méchant.
Un western réussi dans son registre mais j’avoue que je l’oublierai relativement vite.
Cette première partie des complaintes, divisée en deux cycles, est un classique de fantasy.
Dufaux parvient à créer un univers cohérent, qui est encore aujourd'hui toujours développé en différentes aventures.
Fracas des batailles, intrigues de châteaux, incursion dans les landes : l'intrigue est un modèle du genre dans sa manière de varier les situations tout en maintenant un équilibre nécessaire.
C'est vrai que le récit connait quelques faiblesses par moment, je pense au dénouement du tome 2 par exemple.
Certains messages sont un peu mièvres soit, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas gâcher la noirceur de l'ensemble.
Et puis l'écriture des personnages est bien élaborée, un travail dont ne bénéficient pas toujours les oeuvres de Dufaux (coucou Saga Valta).
Le prince Gerfaut est un antagoniste tout en contraste.
Enfin le dessin de Rosinski : à lui seul, il mérite la note de 5 étoiles. Son coup de crayon est parfait pour le genre et contribue énormément à donner vie à l'univers qui nous est conté.
Les aventures de Sioban sont une étape incontournable dans le paysage de la bande dessinée.
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Le Voleur d'amour
Agréablement surpris par cette bd. Comme mes collègues aviseurs, je me suis senti transporté dans mes lectures passées des romans d’Anne Rice, surtout « Entretien avec un vampire » que j’avais adoré. Les couleurs, les dessins en aquarelles, un peu diaphanes sont très adaptés à toute la fatalité, la mélancolie, l’exotisme et la sensualité de cette histoire. Une bd dont la dimension aventureuse contrebalance son aspect tragique et donne envie de partir en voyage, d’explorer des contrées inconnues, d’avoir plusieurs vies en une seule en somme ;-)
Le Serment de l'Ambre
Pendant longtemps, je n’ai connu que le premier tome de cette série, qui m’avait vraiment marqué. À l’époque, j’avais été impressionné par le dessin percutant de Mathieu Lauffray et par l’ampleur du récit : une fantasy sombre, violente, presque de la dark fantasy sans concession, avec ces huit frères sorciers redoutables lancés dans une traque impitoyable. L’univers semblait riche, le ton épique, et ce premier album donnait clairement l’impression d’ouvrir une grande saga. Malheureusement, en découvrant la suite récemment, la série m’a paru nettement moins à la hauteur de ses promesses. Le départ de Lauffray se ressent rapidement : même si ses successeurs ne déméritent pas totalement, le dessin perd en puissance, en lisibilité et en personnalité. J'ai ressenti une baisse progressive de la qualité graphique au fil des tomes, avec des planches parfois plus brouillonnes ou moins inspirées. Côté scénario, le souffle du début retombe également. La longue poursuite qui structure la série s’étire un peu trop, donnant l’impression que l’histoire tourne en rond. Certains éléments intéressants du départ comme le mystère et la menace que représentent les sorciers de Tichit perdent de leur impact, et les personnages deviennent moins crédibles ou moins impressionnants. Plusieurs incohérences ou facilités scénaristiques viennent aussi affaiblir l’ensemble. Je retiens donc un premier tome marquant et très prometteur, mais une suite qui s’essouffle progressivement, tant sur le plan graphique que narratif. La série reste originale et possède un univers intéressant, mais elle donne surtout le sentiment d’un potentiel qui n’a jamais été pleinement exploité.
L'Homme qui marche
Comme Le Promeneur et en partie Le Gourmet solitaire, cet album de Taniguchi propose une promenade contemplative aux côtés d'un homme qui marche simplement dans son quartier, observant ce qui l'entoure. Plus qu'une véritable histoire, c'est une succession de petits moments du quotidien qui invitent à ralentir et à prêter attention aux choses ordinaires. J’ai apprécié cette balade très intérieure, presque muette, qui dégage une vraie sensation de calme. Le dessin, fidèle au style de Taniguchi, reste assez classique mais impressionne par la précision de ses décors : rues typiquement japonaises, parcs ou coins de nature dégagent une atmosphère apaisante. L’auteur parvient à transmettre ce plaisir simple de marcher et d’observer ce qui nous entoure, qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il fasse froid, comme une invitation à vivre en harmonie avec son environnement et à redécouvrir les petits plaisirs ordinaires que l’on oublie souvent dans un quotidien trop pressé. Il faut admettre toutefois que l’album pousse très loin cette logique de scènes d’ambiance, parfois au point de donner l’impression qu’il ne se passe vraiment rien. J'ai donc passé un moment agréable mais je suis resté un peu extérieur au récit : il manque une histoire plus construite ou plus émotive, comme dans d’autres œuvres marquantes de Taniguchi. Sans être foncièrement emporté par cette lecture qui n'est plus une surprise pour moi qui ai lu beaucoup de séries de cet auteur, j'ai retrouvé avec plaisir sa philosophie et sa capacité à s'émerveiller de choses simples du quotidien. Une BD douce et contemplative, qui plaira surtout à ceux qui aiment prendre le temps de regarder.
Freddie l'Arrangeur
Un autre gros délire de Garth Ennis. J'ai souvent de la difficulté avec ses scénarios purement humoristiques, pour moi il fait parti des auteurs dont l'humour fonctionne mieux lorsque cela sert à contrebalancé un scénario sérieux. Ici, ce n’est pas trop mal parce que j'aime bien l'idée de départ (un type qui arrange les problèmes causés par des créatures fantastiques) et la plupart du temps j'ai souris. Les situations sont bien trouvées et je en savais jamais ce qui allait se passer ensuite. Le dessin est sympathique. Le seul problème est que le scénario est au final trop léger pour être mémorable, mais au moins cela se termine avant qu'Ennis étire trop le concept. Un album à emprunter à la bibliothèque.
Ribbon Queen
Garth Ennis signe une série policière d'horreur pas mal. Le scénario mets en vedette une femme policière qui se retrouve dans une enquête qui mélange policiers voyous, la misogynie et le paranormal. Ennis traite de plusieurs sujets actuels: la violence faites aux femmes, la masculinité toxique et les brutalités policières et il fait de manière assez subtil comme il en est capable lorsqu'il ne tombe pas dans ses travers. On ne retrouve pas son humour trash, mais il y a des scènes gores qui j'imagine vont rendre content les amateurs du genre. Personnellement, à force d'avoir vu ce genre de scènes gores censé être choquant et ben j'ai fini par être désensibilisé. J'ai bien aimé ce récit même si je trouve qu'il manque quelques choses pour le rendre captivant. Il faut dire que je ne suis pas trop fan du dessin qui est le style de dessin réaliste qu'on retrouve dans pleins de comics modernes et que je trouve juste fade et sans personnalités. J'ai tout de même réussi à ressentir de l'empathie pour les deux personnages féminins importants de l'album. Le scénario évite l'erreur de dénoncer le sexisme avec un récit manichéen oû tous les hommes sont des gros méchants et les femmes toutes des pur victimes. L'héroïne est complexe et à des défauts.
Sur la vie de ma mère
Au travers de cet album, l’auteur nous propose une sorte d’autobiographie. Mais surtout une biographie/déclaration d’amour pour nous présenter sa mère, son parcours atypique, difficile. Commençant par la mort de la mère (d’un cancer) et se terminant presque par son enterrement (après moult flash-backs) et quelques révélations douloureuses, l’album se laisse lire agréablement. La narration, comme le dessin d’ailleurs, sont aérés, fluides et agréables. Alain Rémy nous donne à voir une histoire familiale accidentée, mais vivace, mais aussi, au travers des nombreux « déménagements exotiques », la société des années 1970 à 1990, en Afrique ou à Haïti, la vision d’un gamin, fraiche. Surtout l’auteur n’hésite pas à évoquer les moments difficiles, les malentendus, les blessures intimes, qui ont jalonné la vie de sa mère – et la sienne aussi par contre-coup. Si l’album est centré sur sa mère, on voit à plusieurs reprises son père intervenir, et on sent que, là aussi Alain Rémy a des choses à dire à son propos, et d’ailleurs la dernière planche laisse entrevoir un autre album autour de ce père, souvent absent. A plusieurs reprises, lorsque l’histoire de ce père a été évoquée, surtout tout ce qui concerne sa période d’auteur/compositeur, sa relation avec Pierre Perret (devenu le parrain de l’auteur), je me suis dit que cette histoire me disait quelque chose. Et ça m’est revenu vers la fin, ce père est le personnage au centre de l’album de Tronchet Le Chanteur perdu ! En tout cas, voilà une histoire familiale qui parvient aisément à intéresser un lecteur « extérieur ». Rémy, avec son dessin dynamique, ses remarques souvent amusantes, ou pleines d’une cruelle profondeur (sur la nature humaine, les relations entre Arabes et Européens – différentes selon que l’on se trouve au Maroc ou en France, la société post-coloniale, etc.), nous propose une belle lecture.
Ressources - Un défi pour l'humanité
Un album qui traite d’un sujet intéressant – et de plus en plus d’actualité – et qui le fait bien, et de façon relativement originale. En effet, ça commence comme un récit de Science-Fiction classique, pour revenir peu à peu, au travers de divers chapitres, à quelque chose de plus « documentaire ». La présentation est claire, fluide et aérée D’abord parce que le dessin de Vincent Perriot est sympa et très lisible. Ensuite parce que le propos, très étayé historiquement et scientifiquement, parvient à informer sans ennuyer : les citations d’économistes, de philosophes s’intègrent bien dans la démonstration, sont claires mais pas trop longues, enrichissent le propos sans le hacher. L’album est bien construit, reprenant le passé, et aussi en développant une vision de l’avenir certes assez noire, mais pas sans issue, pour peu qu’on prenne conscience de certaines réalités. En particulier que notre mode de vie – et de pensée – fait peu de cas du caractère non renouvelable de beaucoup de ressources. Les promesses de certains économistes – ou d’industriels/rapaces comme Musk ou Bezos – ne tient pas la route. C’est bien sur notre Terre qu’il faudra trouver la solution. Surtout, notre système fait aussi peu de cas des « effets collatéraux » : outre les modifications notables du climat et leurs conséquences, d’ores et déjà nous ne pouvons soutenir ce mode de vie (habitants des pays riches à que parce qu’une bonne partie de l’humanité en est privée, et est exploitée (sa force de travail, mais aussi ses ressources) de façon plus qu’inégale – et inique. C’est fou quand même l’aveuglement de tant de gens autour de la science, censée trouver des solutions à tout. Bref, certaines solution – une autre croissance, voire une décroissance, une gestion responsable et équitable des ressources communes de l’humanité sont nécessaire. La course à l’innovation, à la 4,5 ou 6 G, avec des applications souvent inutiles et coûteuses en énergie et ressources, l’obsolescence programmée sont donc à revoir. En fin d’album, un lexique et quelques rappels de connaissance complètent bien cette lecture qui apporte sa pierre à l’édifice d’une prise de conscience collective. A l’heure où Trump et ses suiveurs de droite plus ou moins extrême (ou tout simplement néolibéraux à la Macron) nie par leurs discours et/ou leurs actions l’urgence de la situation, il est toujours bon de lire un exposé simple et clair du problème, et de la direction que nous devrions prendre pour éviter le mur…
Corto Maltese (Quenehen et Vives)
A l’instar d’un John Difool, Corto Maltese est un personnage qui m’a vu grandir. Après le looser magnifique place au flegme aventurier romantique. Bref vous l’aurez compris Corto est un personnage qui m’est cher et que je continue à suivre. A l’annonce de cette reprise par Vivès (et Quenehen que je connais peu) j’étais partagé entre hype et inquiétude, toujours est il que la curiosité l’a emporté. 1er bon point à la lecture, nous ne sommes pas dans la continuité temporelle de la série mère, c’est ici une version moderne de notre héros que les auteurs nous proposent, bienvenue au 21eme siècle. 2ème bon point, malgré ce bon dans le « futur » et le changement de look (notre héros a troqué sa marinière/casquette pour col roulé/bonnet), l’esprit est intact (j’ai beaucoup aimé la confrontation avec le téléphone portable :) 3ème bon point le dessin, on quitte le noir et blanc pour un gris/noir/blanc plutôt pas mal, quelques magnifiques images. A noter également un chouette personnage féminin. Une histoire peut-être en deçà par rapport à mes attentes mais ça m’a plutôt convaincu pour un 1er tome, je ne demande qu’à m’emballer par la suite pour augmenter ma note. MàJ après 3 tomes : Ça vaut bien 1* de plus cette reprise. Certes, on est assez loin de l’imagerie de Pratt autour de ce héros mais finalement le duo d’auteurs s’en sort avec les honneurs. A mes yeux, il y a de jolies moments de grâce. Le 1er m’est devenu de plus en plus accrocheur au fil de mes lectures, le 2nd est juste une tuerie, il n’y a que sa 3eme aventure qui me laisse encore un peu circonspect dans son background (pas avec les personnages). Bref, j’aime bien ce Corto moderne et ce que développe le scénariste avec.
Son of a gun!
Je serai plus vache dans ma note que mes prédécesseurs mais je confirme la bonne réussite de ce tome, une lecture plutôt bien agréable. Les ingrédients ne surprendront pas mais restent bien agencés. L’histoire ne s’encombre pas d’un grand réalisme mais le lecteur passera forcément un bon moment. La partie graphique assure parfaitement le taf. L’humour marche bien, les personnages (ou les animaux) sont bien typés, la construction en chapitres est sympathique … en fait si ce n’est ce côté trop léger (à mon goût) et cette fin pas aussi bonne qu’escomptée, je n’ai rien à dire de méchant. Un western réussi dans son registre mais j’avoue que je l’oublierai relativement vite.
Complainte des landes perdues
Cette première partie des complaintes, divisée en deux cycles, est un classique de fantasy. Dufaux parvient à créer un univers cohérent, qui est encore aujourd'hui toujours développé en différentes aventures. Fracas des batailles, intrigues de châteaux, incursion dans les landes : l'intrigue est un modèle du genre dans sa manière de varier les situations tout en maintenant un équilibre nécessaire. C'est vrai que le récit connait quelques faiblesses par moment, je pense au dénouement du tome 2 par exemple. Certains messages sont un peu mièvres soit, mais ils sont suffisamment rares pour ne pas gâcher la noirceur de l'ensemble. Et puis l'écriture des personnages est bien élaborée, un travail dont ne bénéficient pas toujours les oeuvres de Dufaux (coucou Saga Valta). Le prince Gerfaut est un antagoniste tout en contraste. Enfin le dessin de Rosinski : à lui seul, il mérite la note de 5 étoiles. Son coup de crayon est parfait pour le genre et contribue énormément à donner vie à l'univers qui nous est conté. Les aventures de Sioban sont une étape incontournable dans le paysage de la bande dessinée.