Si vous en avez marre de lire les ennuyeux comics de guerre d'un Garth Ennis en panne d'inspiration depuis vingt ans, alors Joe's Air Force est fait pour vous !
Comparé à Gene Kong, le récit de Moreno est certes beaucoup plus convenu, mais se suit sans déplaisir.
Il y a des pépés, de l'humour qui tâche, de l'hémoglobine (qui tâche aussi)...
Moins ambitieux artistiquement, le trait de Moreno est cependant déjà tres agréable à l'oeil, notamment durant les scènes de batailles aériennes.
De la série B de qualité.
Pour les dessins, c’est du 5/5. La série a souvent été vénérée pour la capacité de l’auteur à dessiner les bâtiments, les ruines, la destruction, les véhicules. Et en effet, je pense que ça fait partie des meilleures séries à ce niveau, si ce n’est la meilleure (pour les bâtiments).
Par contre, sur le scénario, c’est moins bon. En fait, je pense que le manga aurait bénéficié d’être plus court d’un tiers au moins. L’histoire est remplie de courses poursuites, de fusillades, de personnages qui vont d’un point A à un point B, et c’est un peu lassant.
Le propos même de la série est au final un peu faiblard. Même si le contexte est très intéressant, avec ces histoires de pouvoirs développés en labo qui font penser aux théories du complot sur les programmes secrets de l’armée américaine, concept qui a influencé Stranger Things. Mais à la fin de l’histoire, on se dit : « oui, et quoi ? » On ne sait pas trop où il voulait en venir avec le concept de cette « force ». D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’auteur le savait lui-même.
Les persos sont sympas et ont une bonne aura, mais le perso de Kaneda est une tête à claques du début à la fin. Il ne grandit pas tellement, et il est décevant qu’il soit toujours une racaille immature et rebelle, qui refuse l’aide du gouvernement pour réparer la ville dévastée, qui a absolument besoin d’énergie et de provisions. Non, ils préfèrent tous vivre libres dans des ruines. Ah ok, bon, ça fait réfléchir… puis on y réfléchit, et ça ne marche pas des masses.
Je pense que le manga est surtout vénéré par rapport à l’époque à laquelle il est sorti. Il a aussi le mérite d'être une des œuvres fondatrices des codes visuels du genre cyberpunk, avec blade runner.
3,25 pour moi.
Shangri-La de Mathieu Bablet est une lecture ambitieuse mais j'ai quelques réserves sur l'exécution.
L'univers est la vraie force de l'album. Une station spatiale gigantesque, gouvernée par une corporation omnipotente, où la société de consommation a atteint son point de saturation et où des animaux génétiquement modifiées sont reléguées à un statut inférieur. Bablet construit un monde cohérent et oppressant, qui interroge avec efficacité l'esclavage moderne, la hiérarchie entre les vivants et notre rapport à la consommation. Sur le plan des idées, la BD est stimulante.
Visuellement, le travail est impressionnant. Les décors de la station, son architecture, ses panoramas écrasants contribuent fortement à l'immersion et témoignent d'une vraie maîtrise de la mise en scène spatiale.
Les limites sont ailleurs. Les visages des personnages manquent de singularité, ce qui génère parfois de la confusion dans le suivi de l'action. Quant à l'écriture, malgré une narration qui ne s'appesantit pas, certains passages sonnent lourd et freinent le rythme, au point que la lecture m'a demandé plusieurs reprises pour aller au bout.
Shangri-La s'adresse avant tout aux amateurs de science-fiction, qui seront sensibles à sa vision du futur et à la densité de ses thèmes. Les autres y trouveront un univers fort, mais une expérience de lecture qui ne tient pas toujours ses promesses.
Avis sur le 1er tome :
J’avoue ne pas m'être pressé pour découvrir cette série, bien échaudé par la précédente incursion des auteurs chez cet éditeur (West Fantasy). On retrouve exactement la même formule, un monde de Fantasy avec orcs, mages, elfes … mais cette fois mise à la sauce Pirates.
Les amateurs du monde d’Aquilon ne seront pas surpris mais ne seront pas non plus déçus avec cette nouvelle déclinaison.
Le mariage avec l’univers des pirates matche bien et on retrouve le savoir faire des auteurs dans cette 1ère aventure, la partie graphique assure et le récit tient bien la route (même si petit bémol sur la fin, je l’ai trouvé un poil trop « bisounours »).
Lecture divertissante, et curieux d’en découvrir davantage sur ce nouveau microcosme (le seigneur des Cyclones, le maître des vagues, le souverain des marées…).
Le dessin de Bec est globalement sympa, même si un chouia irrégulier (quelques traits de visages effacés sur des plans lointains, un visage d’Aaricia parfois trop jeune/angélique), et bien évidemment, il ne peut s’empêcher – dans des doubles pleines pages souvent – de se lâcher sur des décors grandioses (voir la couverture, déjà), avec aussi une dose de fantastique ajoutée lorsque Thorgal est dans l’antre de la déesse et combat un monstre énorme. Bec fait du Bec donc. Mais visuellement le rendu est agréable.
L’intrigue de Mangin se laisse lire, mais il ne faut pas s’attendre à trop de surprises ! on reste dans du très classique (avec plusieurs petits rappels d’épisodes antérieurs des premiers Thorgal), quelque chose d’un peu trop linéaire à mon goût. Et quelques dialogues et situations un peu trop naïfs quand même (Aaricia est un peu trop femme au foyer gentille, et la façon qu’a Thorgal de convaincre la déesse de lever sa malédiction manque aussi de nuance). Le happy end final général est trop marqué aussi je pense.
Bref, une lecture rapide malgré une importante pagination, mais qui ne marquera pas les amateurs de Thorgal. A emprunter à l’occasion, ça se laisse lire sans problème. Mais ça m’a quand même laissé sur ma faim. Je ne suis toujours pas convaincu par la nécessité – autre que mercantile – de cette collection.
Note réelle 2,5/5.
L’univers est peu localisé, même si plusieurs indices le rapprochent un peu d’un centre de la France fantasmé (une carte montrant des lieux du Massif central – le Puy de Sancy est évoqué à plusieurs reprises, une évocation d’un au-delà en Pays Pergordin, etc.).
Pour le reste, on est embarqué dans une aventure assez classique pour de la fantasy, avec un petit groupe de personnages qui s’agrège petit à petit, se complète, face aux dangers, dans une longue quête qui occupe toute l’intrigue.
La principale originalité vient du fait que nous ne croisons que des personnages animaliers – avec un spécisme classique (les carnivores dominent, les cochons sont en bas de l’échelle, etc.). Bordage joue beaucoup sur les différences/inégalités entre espèces/peuples, pour les transcender peu à peu (voire les couples se formant entre nos quatre compagnons – avec pas mal de naïveté dans les situations et certains dialogues, en particulier ceux liant la femme serpent et le rat).
Le langage utilisé par certains personnages (du petit peuple, les Grognes/porcs surtout) est parfois difficile à lire (mots escamotés, inversés, etc.), même si ça donne une petite touche exotique et originale au récit.
L’ensemble se laisse lire, c’est assez dynamique, même si, une fois qu’on s’est familiarisé avec l’univers, les personnages et le langage qu’ils utilisent, cela devient très classique, et sans doute trop linéaire dans son développement. C’est parfois trop « gentil » aussi.
Mon principal reproche vient essentiellement de la conclusion, du quatrième et dernier tome. En effet, je pense que l’intrigue aurait dû se contenter du récit fantasy. Au lieu de quoi la SF qui s’invite par petites touches – et qui devient plus présente sur la fin – ne m’a pas convaincu. D’abord parce que ce plaquage sur la partie Fantasy m’est apparu trop artificiel. Ensuite parce que cette fin justement ne m’a pas convaincu, m’est apparu à la fois brutale et peu intéressante (et le happy end final est de trop, renforce la naïveté évoquée plus haut). J'aurais d'ailleurs plutôt classé cette série en Fantasy...
Bref, un récit pas déplaisant, mais qui n’est pas aussi original que le début ne me l’avait fait espérer. Et qui s’est un peu fourvoyé sur la fin.
Le dessin est plutôt agréable.
Note réelle 2,5/5.
J’espérais être surpris positivement avec cet album … malheureusement ce ne fut pas le cas, vous pouvez passer votre chemin.
J’admets que l’exercice du strips/gags est difficile mais ici la plupart du temps, c’est soit très convenu, soit tout simplement pas drôle.
Dommage car la partie graphique convient bien à ce registre et hormis quelques gags qui font (vraiment) mouches, le reste est d’une telle platitude que ça vous laissera de marbre.
J’ai eu l’impression d’un travail de commande où il fallait abattre du gags en très peu de temps.
Bof bof donc.
C'est le Pichard un peu psychédélique et avec un érotisme soft que j'aime bien.
Comme Noirdésir le mentionne, les personnages emploient un vocabulaire contrarié mais ça reste très compréhensible.
Faraldo a toujours utilisé le language de manière particulière, on pense à Themroc où les personnages s'exprimaient par onomatopées et borborygmes.
"Et si la femme objet n'était pas celle que l'on croit?"
L'histoire est un gros délire non dénué de fond, des jouets (des femmes à la Pichard en version miniature) prennent le pouvoir chez une famille de français moyen.
Une bande rare à conserver si on aime Pichard.
C'est d'abord la couverture, magnifique, qui a attiré mon attention.
Et m'a hanté, un moment, avant que je lise finalement cet album. Tout cela pour une histoire de hantise, que l'on pourrait peut-être qualifier de classique, de déjà-vu, de superficielle.
Mais pour ma part, j'ai été totalement embarqué dans cette histoire. D'abord séduit par le style, très mature à mon goût, franchement élégant, avec notamment ces enluminures sur certaines cases. Dans le choix de l'époque et du style architectural et vestimentaire, que je qualifierais de post-victorien, avant de constater, à la toute fin de l'histoire, que nous sommes finalement dans les années 1920. Un cadre pour un duo un peu inhabituel, un père (aux allures androgynes) et son fils, dans une immense demeure remplie d'histoires, d'odeurs, de présences invisibles. Cette hantise qui se dévoile peu à peu, d'abord à peine esquissée, puis de plus en plus évidente, à mesure que le père se souvient de son enfance. Cette étrangeté, savamment dosée, m'a tenu en haleine durant les 200 pages de l'album. J'ai bien aimé en particulier l'arc concernant les trois corneilles.
C'est le genre d'album dont on sait qu'on a adoré, sans pouvoir vraiment exprimer la raison de ce sentiment. Pour les amateurs et trices de romantisme, de maisons hantées...
La véritable sexualité débridée des animaux se présente comme un petit manuel de vulgarisation scientifique déguisé en BD humoristique, qui raconte les spécificités parfois très surprenantes de la sexualité d'espèces animales très diverses.
Chaque planche se concentre sur une espèce et ses pratiques reproductives, avec des explications claires, concises et basées sur des faits réels, le tout illustré de manière accessible et efficace. Ce n'est pas forcément une BD à mourir de rire. J'ai tout de même ri à plusieurs reprises, grâce à quelques bonnes mises en scène et certaines chutes bien trouvées, mais l'humour reste globalement assez classique. En revanche, là où l'album fonctionne vraiment bien, c'est dans sa dimension instructive. J'ai appris beaucoup de choses, souvent surprenantes, parfois franchement déroutantes, sur des comportements animaux dont je n'avais absolument pas idée.
Et c'est clairement ce qui fait tout l'intérêt de la lecture : cette accumulation d'anecdotes aussi improbables que fascinantes. Entre la baudroie et ses mécanismes de reproduction complètement hallucinants, ou cette femelle acarien qui naît directement enceinte, il y a une quantité de cas incroyables et marquants. Ce sont typiquement le genre d'informations que je retiens et que je ressors facilement ensuite.
Plus qu'une BD humoristique pure, c'est surtout un excellent réservoir d'anecdotes à raconter. Si l'objectif est de briller en société, lancer des discussions improbables ou simplement épater son entourage (voire sa femme), l'album remplit parfaitement son rôle. C'est ludique, instructif, souvent étonnant, et suffisamment bien rythmé pour ne jamais devenir ennuyeux.
Note : 3,5/5
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Joe's Air Force
Si vous en avez marre de lire les ennuyeux comics de guerre d'un Garth Ennis en panne d'inspiration depuis vingt ans, alors Joe's Air Force est fait pour vous ! Comparé à Gene Kong, le récit de Moreno est certes beaucoup plus convenu, mais se suit sans déplaisir. Il y a des pépés, de l'humour qui tâche, de l'hémoglobine (qui tâche aussi)... Moins ambitieux artistiquement, le trait de Moreno est cependant déjà tres agréable à l'oeil, notamment durant les scènes de batailles aériennes. De la série B de qualité.
Akira
Pour les dessins, c’est du 5/5. La série a souvent été vénérée pour la capacité de l’auteur à dessiner les bâtiments, les ruines, la destruction, les véhicules. Et en effet, je pense que ça fait partie des meilleures séries à ce niveau, si ce n’est la meilleure (pour les bâtiments). Par contre, sur le scénario, c’est moins bon. En fait, je pense que le manga aurait bénéficié d’être plus court d’un tiers au moins. L’histoire est remplie de courses poursuites, de fusillades, de personnages qui vont d’un point A à un point B, et c’est un peu lassant. Le propos même de la série est au final un peu faiblard. Même si le contexte est très intéressant, avec ces histoires de pouvoirs développés en labo qui font penser aux théories du complot sur les programmes secrets de l’armée américaine, concept qui a influencé Stranger Things. Mais à la fin de l’histoire, on se dit : « oui, et quoi ? » On ne sait pas trop où il voulait en venir avec le concept de cette « force ». D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’auteur le savait lui-même. Les persos sont sympas et ont une bonne aura, mais le perso de Kaneda est une tête à claques du début à la fin. Il ne grandit pas tellement, et il est décevant qu’il soit toujours une racaille immature et rebelle, qui refuse l’aide du gouvernement pour réparer la ville dévastée, qui a absolument besoin d’énergie et de provisions. Non, ils préfèrent tous vivre libres dans des ruines. Ah ok, bon, ça fait réfléchir… puis on y réfléchit, et ça ne marche pas des masses. Je pense que le manga est surtout vénéré par rapport à l’époque à laquelle il est sorti. Il a aussi le mérite d'être une des œuvres fondatrices des codes visuels du genre cyberpunk, avec blade runner. 3,25 pour moi.
Shangri-La
Shangri-La de Mathieu Bablet est une lecture ambitieuse mais j'ai quelques réserves sur l'exécution. L'univers est la vraie force de l'album. Une station spatiale gigantesque, gouvernée par une corporation omnipotente, où la société de consommation a atteint son point de saturation et où des animaux génétiquement modifiées sont reléguées à un statut inférieur. Bablet construit un monde cohérent et oppressant, qui interroge avec efficacité l'esclavage moderne, la hiérarchie entre les vivants et notre rapport à la consommation. Sur le plan des idées, la BD est stimulante. Visuellement, le travail est impressionnant. Les décors de la station, son architecture, ses panoramas écrasants contribuent fortement à l'immersion et témoignent d'une vraie maîtrise de la mise en scène spatiale. Les limites sont ailleurs. Les visages des personnages manquent de singularité, ce qui génère parfois de la confusion dans le suivi de l'action. Quant à l'écriture, malgré une narration qui ne s'appesantit pas, certains passages sonnent lourd et freinent le rythme, au point que la lecture m'a demandé plusieurs reprises pour aller au bout. Shangri-La s'adresse avant tout aux amateurs de science-fiction, qui seront sensibles à sa vision du futur et à la densité de ses thèmes. Les autres y trouveront un univers fort, mais une expérience de lecture qui ne tient pas toujours ses promesses.
La Confrérie des Tempêtes
Avis sur le 1er tome : J’avoue ne pas m'être pressé pour découvrir cette série, bien échaudé par la précédente incursion des auteurs chez cet éditeur (West Fantasy). On retrouve exactement la même formule, un monde de Fantasy avec orcs, mages, elfes … mais cette fois mise à la sauce Pirates. Les amateurs du monde d’Aquilon ne seront pas surpris mais ne seront pas non plus déçus avec cette nouvelle déclinaison. Le mariage avec l’univers des pirates matche bien et on retrouve le savoir faire des auteurs dans cette 1ère aventure, la partie graphique assure et le récit tient bien la route (même si petit bémol sur la fin, je l’ai trouvé un poil trop « bisounours »). Lecture divertissante, et curieux d’en découvrir davantage sur ce nouveau microcosme (le seigneur des Cyclones, le maître des vagues, le souverain des marées…).
Thorgal Saga - La Déesse d'ambre
Le dessin de Bec est globalement sympa, même si un chouia irrégulier (quelques traits de visages effacés sur des plans lointains, un visage d’Aaricia parfois trop jeune/angélique), et bien évidemment, il ne peut s’empêcher – dans des doubles pleines pages souvent – de se lâcher sur des décors grandioses (voir la couverture, déjà), avec aussi une dose de fantastique ajoutée lorsque Thorgal est dans l’antre de la déesse et combat un monstre énorme. Bec fait du Bec donc. Mais visuellement le rendu est agréable. L’intrigue de Mangin se laisse lire, mais il ne faut pas s’attendre à trop de surprises ! on reste dans du très classique (avec plusieurs petits rappels d’épisodes antérieurs des premiers Thorgal), quelque chose d’un peu trop linéaire à mon goût. Et quelques dialogues et situations un peu trop naïfs quand même (Aaricia est un peu trop femme au foyer gentille, et la façon qu’a Thorgal de convaincre la déesse de lever sa malédiction manque aussi de nuance). Le happy end final général est trop marqué aussi je pense. Bref, une lecture rapide malgré une importante pagination, mais qui ne marquera pas les amateurs de Thorgal. A emprunter à l’occasion, ça se laisse lire sans problème. Mais ça m’a quand même laissé sur ma faim. Je ne suis toujours pas convaincu par la nécessité – autre que mercantile – de cette collection. Note réelle 2,5/5.
Les Fables de l'Humpur
L’univers est peu localisé, même si plusieurs indices le rapprochent un peu d’un centre de la France fantasmé (une carte montrant des lieux du Massif central – le Puy de Sancy est évoqué à plusieurs reprises, une évocation d’un au-delà en Pays Pergordin, etc.). Pour le reste, on est embarqué dans une aventure assez classique pour de la fantasy, avec un petit groupe de personnages qui s’agrège petit à petit, se complète, face aux dangers, dans une longue quête qui occupe toute l’intrigue. La principale originalité vient du fait que nous ne croisons que des personnages animaliers – avec un spécisme classique (les carnivores dominent, les cochons sont en bas de l’échelle, etc.). Bordage joue beaucoup sur les différences/inégalités entre espèces/peuples, pour les transcender peu à peu (voire les couples se formant entre nos quatre compagnons – avec pas mal de naïveté dans les situations et certains dialogues, en particulier ceux liant la femme serpent et le rat). Le langage utilisé par certains personnages (du petit peuple, les Grognes/porcs surtout) est parfois difficile à lire (mots escamotés, inversés, etc.), même si ça donne une petite touche exotique et originale au récit. L’ensemble se laisse lire, c’est assez dynamique, même si, une fois qu’on s’est familiarisé avec l’univers, les personnages et le langage qu’ils utilisent, cela devient très classique, et sans doute trop linéaire dans son développement. C’est parfois trop « gentil » aussi. Mon principal reproche vient essentiellement de la conclusion, du quatrième et dernier tome. En effet, je pense que l’intrigue aurait dû se contenter du récit fantasy. Au lieu de quoi la SF qui s’invite par petites touches – et qui devient plus présente sur la fin – ne m’a pas convaincu. D’abord parce que ce plaquage sur la partie Fantasy m’est apparu trop artificiel. Ensuite parce que cette fin justement ne m’a pas convaincu, m’est apparu à la fois brutale et peu intéressante (et le happy end final est de trop, renforce la naïveté évoquée plus haut). J'aurais d'ailleurs plutôt classé cette série en Fantasy... Bref, un récit pas déplaisant, mais qui n’est pas aussi original que le début ne me l’avait fait espérer. Et qui s’est un peu fourvoyé sur la fin. Le dessin est plutôt agréable. Note réelle 2,5/5.
Bat Mad
J’espérais être surpris positivement avec cet album … malheureusement ce ne fut pas le cas, vous pouvez passer votre chemin. J’admets que l’exercice du strips/gags est difficile mais ici la plupart du temps, c’est soit très convenu, soit tout simplement pas drôle. Dommage car la partie graphique convient bien à ce registre et hormis quelques gags qui font (vraiment) mouches, le reste est d’une telle platitude que ça vous laissera de marbre. J’ai eu l’impression d’un travail de commande où il fallait abattre du gags en très peu de temps. Bof bof donc.
Les Manufacturées
C'est le Pichard un peu psychédélique et avec un érotisme soft que j'aime bien. Comme Noirdésir le mentionne, les personnages emploient un vocabulaire contrarié mais ça reste très compréhensible. Faraldo a toujours utilisé le language de manière particulière, on pense à Themroc où les personnages s'exprimaient par onomatopées et borborygmes. "Et si la femme objet n'était pas celle que l'on croit?" L'histoire est un gros délire non dénué de fond, des jouets (des femmes à la Pichard en version miniature) prennent le pouvoir chez une famille de français moyen. Une bande rare à conserver si on aime Pichard.
Minuit Passé
C'est d'abord la couverture, magnifique, qui a attiré mon attention. Et m'a hanté, un moment, avant que je lise finalement cet album. Tout cela pour une histoire de hantise, que l'on pourrait peut-être qualifier de classique, de déjà-vu, de superficielle. Mais pour ma part, j'ai été totalement embarqué dans cette histoire. D'abord séduit par le style, très mature à mon goût, franchement élégant, avec notamment ces enluminures sur certaines cases. Dans le choix de l'époque et du style architectural et vestimentaire, que je qualifierais de post-victorien, avant de constater, à la toute fin de l'histoire, que nous sommes finalement dans les années 1920. Un cadre pour un duo un peu inhabituel, un père (aux allures androgynes) et son fils, dans une immense demeure remplie d'histoires, d'odeurs, de présences invisibles. Cette hantise qui se dévoile peu à peu, d'abord à peine esquissée, puis de plus en plus évidente, à mesure que le père se souvient de son enfance. Cette étrangeté, savamment dosée, m'a tenu en haleine durant les 200 pages de l'album. J'ai bien aimé en particulier l'arc concernant les trois corneilles. C'est le genre d'album dont on sait qu'on a adoré, sans pouvoir vraiment exprimer la raison de ce sentiment. Pour les amateurs et trices de romantisme, de maisons hantées...
La Véritable Sexualité débridée des animaux
La véritable sexualité débridée des animaux se présente comme un petit manuel de vulgarisation scientifique déguisé en BD humoristique, qui raconte les spécificités parfois très surprenantes de la sexualité d'espèces animales très diverses. Chaque planche se concentre sur une espèce et ses pratiques reproductives, avec des explications claires, concises et basées sur des faits réels, le tout illustré de manière accessible et efficace. Ce n'est pas forcément une BD à mourir de rire. J'ai tout de même ri à plusieurs reprises, grâce à quelques bonnes mises en scène et certaines chutes bien trouvées, mais l'humour reste globalement assez classique. En revanche, là où l'album fonctionne vraiment bien, c'est dans sa dimension instructive. J'ai appris beaucoup de choses, souvent surprenantes, parfois franchement déroutantes, sur des comportements animaux dont je n'avais absolument pas idée. Et c'est clairement ce qui fait tout l'intérêt de la lecture : cette accumulation d'anecdotes aussi improbables que fascinantes. Entre la baudroie et ses mécanismes de reproduction complètement hallucinants, ou cette femelle acarien qui naît directement enceinte, il y a une quantité de cas incroyables et marquants. Ce sont typiquement le genre d'informations que je retiens et que je ressors facilement ensuite. Plus qu'une BD humoristique pure, c'est surtout un excellent réservoir d'anecdotes à raconter. Si l'objectif est de briller en société, lancer des discussions improbables ou simplement épater son entourage (voire sa femme), l'album remplit parfaitement son rôle. C'est ludique, instructif, souvent étonnant, et suffisamment bien rythmé pour ne jamais devenir ennuyeux. Note : 3,5/5