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Les dernier avis (90003 avis)

Couverture de la série GoSt111
GoSt111

Ce one-shot est un polar pur et dur. Dans lequel on entre brutalement, et au cours duquel la psychologie des personnages ne sera pas non plus développée. La lecture est assez rapide : en effet, il y a peu de texte (et de nombreuses planches muettes), et l’intrigue ne s’embarrasse pas trop de ramifications superflues. Mais cette intrigue justement se révèle plutôt intéressante. Car ce polar a pour personnage principal un indic – ce qui est plutôt rare. Un gros type fragile, mou, que la vie n’a pas gâté. Et qui devient indic par hasard, un peu comme il avait peu avant plongé dans la délinquance à l’insu de son plein gré. L’ensemble est assez réaliste et documenté (l’un des scénaristes est un ancien policier). La chute n’en est que plus savoureuse, qui voit notre héros, tel l’ange exterminateur, prendre sa revanche sur tous ceux qui souhaitaient le manipuler. Même s’il ne sort pas de sa condition de dominé, il se révèle au final bien plus fort et plus malin que ce que le lecteur – et ses victimes – ne l’avaient imaginé. Le dessin de Marion Mousse, moderne et dynamique, n’est pas toujours ma tasse de thé (je ne suis pas fan des traits de visage parfois effacés), mais il accompagne efficacement ce polar, dont la lecture se révèle divertissante et plaisante.

21/10/2020 (modifier)
Couverture de la série Spirou chez les Soviets
Spirou chez les Soviets

Tintin y était allé, alors pourquoi pas Spirou ? C’est avec scepticisme que j’ai découvert cet album en magasin. En effet, « Spirou chez les Soviets » n’est pas une aventure de la série originale Spirou et Fantasio, ni un tome de la collection Une aventure de Spirou et Fantasio par.... Il s’agit d’une histoire indépendante venant s’ajouter à d’autres récits dérivés et édités par Dupuis, dont la ligne éditoriale devient (est ?) franchement floue et discutable. Cependant, grâce aux avis du site, j’ai décidé de donner sa chance à ce one shot (en sera-t-il vraiment un ?), à juste titre. Le dessin de Tarrin se rapproche beaucoup du style et de l’esprit de Franquin, fameux créateur de Spirou. Quand on voit ce que cet univers est parfois devenu ces dernières années, ce retour aux sources fait du bien. Cela est d’autant plus vrai que si le trait rappelle celui du maître, il n’en demeure pas moins dans l’ère du temps. Un design moderne et classique à la fois, comme a su le faire la marque de moto Triumph avec les Bonneville, Thruxton et autres Street Twin. Le scénario de Neidhardt me rappelle le style des années Tome et Janry, en particulier le passage à Moscou, pour des raisons évidentes. L’aventure est dense et rythmée, avec quelques belles trouvailles. Le second degré est omniprésent et les clins d’œil sont nombreux : Gaston Lagaffe, James Bond, la série mère Spirou et Fantasio, etc. Comme souvent avec ce genre d’album, j’en ai certainement manqué des tonnes. Contrairement à d’autres lecteurs, j’ai été plus convaincu par les trois premiers quarts de l’album que par le double twist final légèrement capilotracté, même s’il reste amusant et critique vis-à-vis des systèmes économiques opposés par la Guerre froide. « Spirou chez les Soviets » est un vraiment bon album qui sort du lot et mérite d’être lu. Je regrette seulement qu’il s’inscrive dans un raz-de-marée de publications privilégiant de plus en plus l’aspect commercial à la qualité.

21/10/2020 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Mondo Reverso
Mondo Reverso

Je suis assez fan de l’humour potache de « fluide glacial ». Un esprit décalé voire déjanté, du sarcasme, de l’absurde, de la dérision avec un peu de méchanceté de temps en temps. Avec ces deux albums je me suis vraiment régalé ! Voilà donc un western - une catégorie normalement plutôt où les mâles font la loi – complétement revisité ! On inverse les rôles, les femmes sont des hommes et inversement. C’est désopilant. Go go go pour une aventure à la mode, la bonne, la brute et la truande où les cow girls font la loi. Les hommes sont habillés bien évidemment avec des robes avec des décolletés plongeants sur des poitrines velues. Le trait de Dominique Bertail est précis et détaillé, le tout en mode sépia. Un régal pour les yeux. Chaque planche est magnifique. Les attitudes, les expressions, les décors sont parfaits. Les clichés sont reconsidérés à la manière fluide glacial et c’est tout simplement génial. Il y du talent dans cette série assurément. Si on prend un peu de recul, ce western transgenre met le doigt où cela fait mal en dénonçant l’omniprésence du sexisme dans notre société. Cela ne doit pas vous empêcher de savourer la lecture de cette série, surtout que les femmes dessinées sont d’une beauté inouïe. Un bon moment en pespective à ceux qui se procureront ces albums.

21/10/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5
Couverture de la série Tanka
Tanka

Tadam! Je crois bien que c'est le 90000ème avis ! Fabuleux Sergio Toppi qui avec quelques traits de plumes arrive à prendre le lecteur pour l'emmener faire un voyage d'où il ressort avec des images dans la tête, mais également un sentiment de plénitude comme c'est le cas ici. Ayant découvert l’œuvre de Toppi tardivement c'est à ce jour l'album que je préfère de lui. Il en émane une sorte de sérénité, j'en veux pour preuve la première histoire ou cette princesse déchut décide de ne plus ouvrir les yeux, peut-être pour ne pas voir sa déchéance. Que dire également de la dernière histoire, "Ogari 1650" qui ferme la boucle de manière magistrale avec ce retour aux temps modernes, la poésie est morte, la violence reste. Cette dernière planche et son texte resteront longtemps dans mon esprit. Amoureux d'un japon médiéval parfois idéalisé, mais c'est aussi la marque des poètes, ce magnifique album est pour vous, les autres découvriront un auteur essentiel mais finalement un peu méconnu.

21/10/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Laowai
Laowai

Voilà un scénario fort intéressant qui nous décrit une page peu glorieuse de notre histoire et l'on peut se douter du pourquoi au vu du sujet. Les Français associés aux Anglais sous des dehors civilisateurs n'avaient en fait qu'un seul but, s'enrichir avec le commerce de l'opium. Les armées occidentales en sous-effectif mais beaucoup mieux armées n'ont fait qu'une bouchée des troupes chinoises sous-équipées qui combattaient encore avec des arcs face aux canons et autres fusils. L'affaire était courue d'avance. Nous suivons les pérégrinations de deux héros venus pour l'un rendre hommage à un membre de sa famille, l'autre voulant se prouver qu'il n'est pas un lâche. Au cours de cette campagne les troupes occidentales se livreront au pillage et à la destruction du palais d'été d'un empereur falot permettant ainsi d'agrémenter les musées et collections privées en Europe... Ce récit est parfois un brin improbable (l'histoire d'amour entre l'un des héros et la belle chinoise) mais il fonctionne parfaitement, tout en rebondissements et pour notre plus grand plaisir. Saluons le travail graphique de Xavier Besse qui nous propose de forts belles planches, à la fois pour les scènes de bataille mais également pour celles plus intimistes. Une trilogie très plaisante sur un sujet édulcoré par les livres d'histoire (c'est toujours jouissif).

21/10/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Shingal
Shingal

Cet album inspiré de faits réels vient nous rappeler que la situation en Irak depuis l’effondrement du régime de Saddam Hussein est vraiment précaire. Tore Rorbaek et Mikkel Sommer se sont rendus sur le terrain et ont enquêté sur le génocide perpétré en 2014 par L’État islamique contre le peuple Yézidis, dans la région montagneuse de Shingal. La situation qui a mené à ce drame est compliquée, et il existe de nombreuses zones d’ombres. Les auteurs ont fait un véritable travail d’investigation sur place, avec notamment une centaine d’entretiens avec des témoins divers. Ils expliquent longuement leur approche (ainsi que ses limites) dans une postface très instructive. En gros, ils se sont rapprochés de la vérité autant qu’ils ont pu, mais certains témoignages restent contradictoires. Le drame humanitaire, lui, ne fait aucun doute (les fosses communes découvertes et les 3000 femmes toujours portées disparues sont là pour nous le rappeler), et il est clairement montré dans cet album, que j’ai trouvé parfaitement réalisé. Le ton est très humain, la narration est fluide, et la mise en image est parfaitement adaptée à ce type de récit. Une lecture instructive et édifiante.

21/10/2020 (modifier)
Couverture de la série Cyparis, le Prisonnier de Saint-Pierre
Cyparis, le Prisonnier de Saint-Pierre

Je ne m'attendais pas à ça! je pensais qu'il s'agissait d'une histoire autour du personnage qui a donné son nom à l'œuvre mais en réalité ce dernier ne joue qu'un rôle secondaire (même si ce qu'il a vécu est terrifiant). Cette bande dessinée présente toute la beauté de la Martinique, sa faune, sa flore, sa culture, et expose également les débats politiques de l'époque colonialiste. Cependant lorsque le cœur du sujet est abordé (l'éruption de la montagne), la peur et la terreur qu'ont pu connaitre les personnages sont totalement perceptibles et on y est. La dimension historique, le jeu des couleurs et des détails des dessins y sont pour beaucoup, c'est ce qui rend cette œuvre très immersive et attachante. Je ne suis pas déçue de cette belle découverte car c'est une BD que l'on peut relire sans arrêt.

21/10/2020 (modifier)
Couverture de la série L'Immeuble d'en face
L'Immeuble d'en face

Une trilogie qui nous emmène dans le quotidien des habitants d'un immeuble. Au début je me demandais si cette suite avait du sens car on voit juste les personnages "vivre", cependant au fur et à mesure de la lecture on découvre leurs doutes, leurs peurs, et on s'attache à eux en se demandant comment leurs histoires vont finir. La fin était un peu brute, j'avais envie de continuer avec eux! La lecture est simple, facile, le style un peu "manga" n'est pas désagréable et les émotions des personnages sont très persceptibles. Bonne lecture!

21/10/2020 (modifier)
Couverture de la série Que la bête fleurisse
Que la bête fleurisse

Presque entièrement muet (seuls des extraits d’un journal de bord scandent à intervalles irréguliers les moments forts de cette campagne de pêche), cet album est plutôt agréable à lire, avec une narration simple, et fluide. Car nous suivons un baleinier dans sa campagne. Après une longue période sans rencontrer de proie, ce qui agite l’équipage, celui-ci va enchaîner les prises, sous la direction d’un nouvel harponneur, qui se révèle être précis et efficace. Les cales se remplissent, malgré la rudesse du métier, on continue à remplir les tonneaux d’huile, et le retour au port s’annonce très rémunérateur. Au milieu d’un récit assez linéaire, un petit mystère : le capitaine/narrateur se demande qui dépose devant sa porte des dents de cachalot sculptées, et pourquoi. Puis tout s’emballe – au départ je dois dire sans que je saisisse tout, l’équipage, cumulant les prises, étant divisé et emporté par un esprit de révolte. Le côté presque allégorique de la fin, aurait peut-être gagné à être éclairci. Le dessin est simple, avec un trait moderne aéré et très expressif. Certaines planches ressemblent à ces vieilles illustrations de portulans, sur lesquelles apparaissaient certains monstres marins, plus ou moins réalistes. Lecture rapide (très peu de textes), mais agréable.

21/10/2020 (modifier)
Par Franz
Note: 5/5
Couverture de la série Ar-Men, l'Enfer des enfers
Ar-Men, l'Enfer des enfers

La pierre de feu. Le mythique phare d’Ar-Men, bâti au bout de la chaussée de Sein, n’en est pas moins ancré dans la dure réalité que des paquets de mer font vibrer régulièrement. Bâtiment prestigieux que sa rudesse et son isolement rehaussent, il concentre le génie et l’opiniâtreté des hommes dans leur combat contre les éléments naturels. Avant son automatisation en 1990, le phare breton aura composé un austère huis-clos tournant le dos à l’océan pour des générations de gardiens. Emmanuel Lepage, artiste exceptionnel, dont les albums souvent multi-primés demeurent relativement confidentiels, semble fasciné par ces endroits utopiques et inhumains, adossés au néant, à l’instar des îles Kerguelen ou de la zone irradiée de Tchernobyl. Il fallut qu’Ar-Men existât pour lui aussi. La fiction, documentée aux sources primaires (témoignages des derniers gardiens du phare, hélitreuillage sur Ar-Men), nourrie aux auteurs essentiels (Henri Queffélec, Jean-Pierre Abraham, Bruno Le Floc’h), etc. compose un reportage en bande dessinée dont la construction narrative se révèle émouvante et poétique. En effet, la mer, en s’engouffrant dans le phare, déshabille les murs de leur crépi et met à jour l’histoire écrite de Moïzez, premier gardien ayant participé à la construction du phare que Germain, ultime gardien, va déchiffrer. Dans l’oscillation entre passé et présent, l’édification d’Ar-Men, le brassage des légendes bretonnes (la cité d’Ys, l’Ankou) et les histoires personnelles s’emboîtent et composent une fresque humaine et féérique où la solitude s’engouffre dans la démesure océanique. Les techniques graphiques utilisées par Emmanuel Lepage sont variées, maîtrisées et utilisées à propos : de splendides aquarelles lumineuses et transparentes pour la période contemporaine, du lavis noir & blanc rehaussé de brou de noix et enrichi d’encre terre de Sienne pour la partie consacrée à la construction du phare, des encres de couleur pour l’évocation des légendes. Artiste inspiré, il donne à voir l’insondable puissance vitale qu’est la mer en mouvement. Dès la saisie de l’ouvrage, le lecteur sent qu’il se trouve au seuil d’une œuvre habitée.

21/10/2020 (modifier)