J'ai mis la BD dans le genre du documentaire, mais c'est presque faux. Car si la BD est bel et bien un documentaire sur Einstein, la forme est bien plus de l'ordre de l'exploration commentée. Disons que ça n'a pas strictement la forme du documentaire, dans le déroulé autant que dans la présentation.
De fait, c'est une exploration de la vie d'Einstein et de ses travaux, le tout commenté par Étienne Klein. Le tout dans une synthèse assez décousue de sa vie, je dois dire. Je connais un peu sa vie et son œuvre, mais je n'étais pas loin d'être perdu dans le récit. C'est assez dur de s'y retrouver, d'autant que c'est un dialogue constant avec Etienne Klein qui rajoute des détails mais aussi des commentaires, liés parfois à sa propre vie. Disons que la lecture n'est pas simplifiée et que je recommanderais pour une prochaine BD de penser avant tout à l'accessibilité au plus grand nombre.
Maintenant, ce gros défaut étant passé, la BD est une sorte de synthèse de la vie de Einstein donc. On apprend ses différentes phases de la vie, l'apparition de son pacifisme notamment, son implication dans les grandes découvertes de la mécanique quantique et ses échecs, son exil américain et ainsi de suite. La BD explore donc en profondeur sa pensée et ses engagements, ses plus grandes découvertes et échecs, mais arrive également à transmettre les valeurs que Einstein défendait par un discours final plein de sens directement délivré au spectateur. Inspiré par ses écrits, les auteurs ont décidés ici de donner un message de Einstein à notre époque. L'exercice est osé, et je ne dirais pas que c'est ce qu'Einstein dirait, mais que c'est ce qu'on pourrait extrapoler de sa vie adapté à notre temps. De toute façon, je trouve le message pertinent et sans doute important à entendre.
La BD a un dessin assez quelconque, bloquée sans doute par l'obligation de rester proche de personnes et de décors réels. Même si quelques détails dans la mise en scène se notent, ce n'est vraiment pas le genre de BD dont j'arrive à garder en tête le dessin et le rendu, notamment dans les visages qui semblent étrangement figés. C'est sans doute la contrainte qui donne ce genre de résultats.
Une BD assez mal équilibrée, donc. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, malgré les bonnes intentions de la BD. C'est trop maladroit dans l'exécution et dans le traitement, pétri de bons sentiments mais pas assez bien mené. Une personne ne connaissant pas Einstein sera probablement perdue et pour les autres, il y a des bons passages pas assez bien reliés.
Une série jeunesse mais qui peut tout à fait se lire par un public adulte. Le dessin est vraiment tout mignon avec de belles couleurs, je ne suis pas surpris de voir que l'auteur a une expérience en studio d'animation car on est proche d'un animé comics. On a de gros pavés mais cela se lit bien. Pour une fois on a une héroïne féminine dans une histoire d'aventure pur jus avec une quête sur les traces de son grand-père. On rajoute quelques personnages rigolos comme un cochon sorcier. Bref on sent que l'auteur en a sous le pied pour développer son histoire, en espérant que cela ne s'essouffle pas sur la longueur.
Histoire de malfrats. Zig est un héros pacifique, un ancien soldat japonais, puis engagé dans la Légion étrangère via la France. Il a vu trop de morts et fait tout pour l'éviter quand il se fait engager dans une nouvelle mission, usant d'armes non létales. Un petit côté Nicky Larson imbattable. En face il doit lutter contre 4 gros bourrins dotés d'armes lourdes.
Les auteurs semblent s'éclater à dessiner tout un tas d'armes, avec des ralentis ultra réalistes de balles sortant de canons de toutes tailles. Plutôt pour amateurs d'action donc. L'histoire manque quelque peu de crédibilité et de finesse mais j'ai trouvé le contexte politique plutôt ancré dans la réalité par exemple sur les relations de pouvoirs entre états et le contexte politique.
Je n'avais pas réalisé que le scénariste était un fidèle compère de Urasawa avec Pluto ou Billy Bat. Le niveau du scénario est un cran en-dessous. Malgré cela une lecture divertissante et un seul tome ce qui peut satisfaire les réfractaires des longues séries manga.
Série d’espionnage historique efficace mais sans réel effet de surprise. L’intrigue fonctionne, portée par des codes très classiques du genre : complots politiques, jeux d’influences, ennemis caricaturaux, alliances mouvantes. Le contexte de la Première Guerre mondiale et sa sortie, semi-romancé, apporte une vraie assise et reste l’un des moteurs de l’intérêt, même si l’ensemble ne renouvelle jamais vraiment la formule.
Le principal bémol vient du personnage central. Silas Corey intrigue par son ambiguïté, mais reste étonnamment opaque : motivations floues, passé peu exploité, introspection minimale. Cette distance empêche une pleine adhésion émotionnelle, d’autant que certaines situations semblent s’enchaîner sans toujours être clairement justifiées. Plusieurs personnages secondaires sont prometteurs et attachants, mais manquent eux aussi de chair et de contextualisation.
Graphiquement, en revanche, la série me plait beaucoup. Le dessin de Pierre Alary, moderne et dynamique avec une élégante touche rétro, sert parfaitement le récit. Les décors et ambiances sont lisibles, la mise en scène fluide, et l’usage des couleurs renforce efficacement les tensions sans surcharge. Un ensemble plaisant et maîtrisé, plus séduisant sur la forme que réellement marquant sur le fond.
Quartier lointain est une œuvre clairement maîtrisée, mais dont l’aura critique peut laisser perplexe. Le dispositif narratif — revivre une partie de son adolescence avec un regard adulte — est traité avec intelligence et retenue, sans tomber dans les travers faciles du fantasme adolescent ou de la réussite compensatoire. Le récit préfère s’attarder sur les non-dits familiaux, les figures parentales et certaines zones grises morales, ce qui lui donne une vraie profondeur.
Graphiquement, Taniguchi livre un travail précis, réaliste et très lisible, avec une représentation du Japon du quotidien particulièrement juste. Le dessin accompagne parfaitement la tonalité introspective du récit, sans jamais chercher l’esbroufe. L’univers est crédible, posé, presque familier, ce qui renforce l’immersion.
Malgré ces qualités évidentes, l’ensemble peut donner une impression de déjà-vu pour un lecteur habitué au manga ou à l’animation japonaise. Les thèmes, aussi bien traités soient-ils, restent relativement classiques, et le rythme contemplatif ne suffit pas toujours à créer un véritable sentiment de singularité. On est face à un très bon récit initiatique, sensible et réfléchi, mais dont l’impact dépend beaucoup du parcours de lecture du lecteur.
Série de fantasy sombre à forte dimension apocalyptique, Le Grand Mort navigue volontairement dans une zone ambiguë, entre codes du récit ado et dureté thématique clairement adulte. Cette hésitation constante sur sa cible — parfois naïf dans ses motifs, parfois brutal dans ses conséquences — peut désarçonner, mais participe aussi à son identité singulière.
Le scénario propose un fond solide, articulé autour d’une critique explicite de la surexploitation humaine de la planète. L’opposition avec le « petit peuple » fonctionne bien, notamment grâce à une vraie dualité de traitement : folklore breton presque attendu d’un côté, violence sèche et irréversible de l’autre. Cette tension évite l’écueil du merveilleux adolescent et installe un univers plus âpre, parfois dérangeant. En revanche, certains trous scénaristiques et éléments volontairement laissés dans l’ombre entretiennent autant le mythe que la confusion.
Les personnages constituent l’un des points forts de la série. Globalement attachants et bien caractérisés, ils portent efficacement le récit sur la durée. Le personnage de Gaëlle apparaît toutefois plus dispensable, son apport narratif restant limité. Le rythme, enfin, souffre d’une certaine inégalité : la série aurait probablement gagné en impact avec un resserrement global et une progression plus constante.
Graphiquement, le travail de Vincent Mallié est pleinement en adéquation avec l’ambiance : dessin expressif, mise en scène immersive, capable de passer du contemplatif au tragique sans rupture artificielle.
Série intéressante par la manière dont elle projette les tensions nord-irlandaises dans un cadre contemporain. Le récit s’appuie sur une vision clairement romancée, voire volontairement exagérée des résurgences de la violence, ce qui peut interroger sur sa vraisemblance factuelle, mais ce parti pris sert efficacement le propos. L’album interroge avec pertinence l’héritage des conflits, la transmission de la haine, la possibilité du pardon et la tentation de la vengeance, sans jamais se limiter à un simple rappel historique.
La dimension historique et politique constitue un socle solide, mais c’est surtout le traitement humain qui donne de l’épaisseur à l’ensemble. La relation amoureuse centrale, apporte une respiration bienvenue et une forme de rondeur émotionnelle à un récit globalement dur et tendu. Le cliché est présent, mais maîtrisé, et fonctionne comme un liant narratif plutôt que comme une facilité.
Graphiquement, le dessin de Vincent Bailly se fait plus sobre et moins caricatural que dans Coupures irlandaises. Même peine toujours un peu à me séduire, grâce à sa 'rondeur' supplémentaire, il finit par s’imposer par sa lisibilité et sa constance au fil des pages.
Récit autobiographique inscrit dans le Belfast du début des années 1980, la série propose un point de vue adolescent à la fois naïf et étonnamment lucide. Le contexte du conflit nord-irlandais est bien présent, traité sans emphase ni posture didactique : il sert de cadre solide à une histoire humaine, plus qu’à un véritable roman historique.
Le scénario trouve un équilibre globalement juste, mais parfois hésitant. Certains passages s’attardent longuement sur les états d’âme adolescents, ce qui dilue le rythme et affaiblit la tension du propos. À l’inverse, on aurait parfois apprécié soit un ancrage historique plus appuyé, soit un resserrement plus profond sur l’intimité du récit ; le dosage entre les deux n’est pas toujours optimal. Les personnages restent attachants, sans toutefois marquer durablement.
Graphiquement, n'est pas ma tasse de thé et malheureusement peine à me convaincre sur la durée. L’ensemble demeure intéressant par son témoignage et son regard mesuré, mais reste en retrait par rapport à Partitions irlandaises, plus plaisant à lire à mon goût.
Dans un décor de Caraïbes et de pirates, une jeune fille trouve une carte au trésor dans une bouteille et est persuadée qu'elle la mènera sur la piste de son père, parti à la recherche de ce trésor il y a bien longtemps. Débrouillarde, elle engage un équipage louche pour embarquer vers une île où l'attend une situation pour le moins improbable.
Bien que Vehlmann soit au scénario, l'album s'inscrit très clairement dans le style de Jason, dont on reconnait immédiatement le dessin : trait épuré, décors minimalistes, personnages inexpressifs, et ce rythme narratif nonchalant, peu bavard, qui lui est propre. Je ne suis pas spécialement client de son univers, mais j'apprécie malgré tout l'élégance de son trait et la personnalité qui s'en dégage. Mais difficile de s'attacher aux personnages avec des visages aussi figés et des yeux aussi vides.
Côté histoire, le récit démarre comme une chasse au trésor classique avant de bifurquer vers quelque chose de plus absurde et plus sombre, avec un humour très pince-sans-rire, parfois légèrement loufoque. L'idée n'est pas mauvaise : cette étrange école plantée au milieu de l'océan, le détournement des codes du récit de pirates, le ton décalé et l'humour noir fonctionnent plutôt bien. La lecture est facile, l'ensemble est cohérent malgré un cadre volontairement burlesque, et le résultat est globalement agréable.
Mais ça reste, à mes yeux, une histoire simplement sympathique, qui fait passer le temps sans vraiment marquer. Elle manque de folie ou d'ampleur pour réellement m'embarquer ou me faire rire. En réalité, je n'ai à proprement parler ri qu'une seule fois, lorsque le pirate enlisé dans des sables mouvants peste en disant qu'il a bien les boules : sans doute à cause du décalage entre ce langage vulgairement anachronique et le ton pince-sans-rire du reste de l'album.
Au final, une lecture correcte, portée par un scénario divertissant qui tient la route, mais la narration et le style graphique assez froids de Jason me laissent à distance. J'ai aussi le sentiment d'une lecture un peu rapide et, au fond, rapidement oubliable.
Mouais. C’est une série qui ne m’a pas vraiment convaincu. On y entre aisément, car le dessin est vraiment chouette, avec un trait fin, fluide, très plaisant.
Mais j’ai d’emblée été perdu au milieu de pas mal de personnages. Si l’intrigue m’avait au départ fait penser à un énième récit jouant sur l’ésotérisme au travers des âges, il bascule assez vite dans quelque chose de plus classique, d'aventure, entre espionnage et polar.
Un texte abondant – parfois trop – et trop de personnages (j’ai dû à plusieurs reprises revenir en arrière pour m’y retrouver): on finit le premier tome un peu essoufflé. Mais les suivants – s’ils sont parfois plus « clairs », n’apportent pas grand-chose à une intrigue qui tourne en rond, jouant sur de l’aventure faussement rythmée.
Petit détail : je n’ai pas trop compris l’utilité de la chronologie placée en première page de chaque tome (certaines dates ayant peu de lien direct avec l’intrigue), si ce n’est que ça a encore compliqué ma lecture, car j’essayais de les relier à quelques actions des protagonistes.
Joliment dessiné, mais une intrigue qui m’a laissé de côté.
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L'éternité béante
J'ai mis la BD dans le genre du documentaire, mais c'est presque faux. Car si la BD est bel et bien un documentaire sur Einstein, la forme est bien plus de l'ordre de l'exploration commentée. Disons que ça n'a pas strictement la forme du documentaire, dans le déroulé autant que dans la présentation. De fait, c'est une exploration de la vie d'Einstein et de ses travaux, le tout commenté par Étienne Klein. Le tout dans une synthèse assez décousue de sa vie, je dois dire. Je connais un peu sa vie et son œuvre, mais je n'étais pas loin d'être perdu dans le récit. C'est assez dur de s'y retrouver, d'autant que c'est un dialogue constant avec Etienne Klein qui rajoute des détails mais aussi des commentaires, liés parfois à sa propre vie. Disons que la lecture n'est pas simplifiée et que je recommanderais pour une prochaine BD de penser avant tout à l'accessibilité au plus grand nombre. Maintenant, ce gros défaut étant passé, la BD est une sorte de synthèse de la vie de Einstein donc. On apprend ses différentes phases de la vie, l'apparition de son pacifisme notamment, son implication dans les grandes découvertes de la mécanique quantique et ses échecs, son exil américain et ainsi de suite. La BD explore donc en profondeur sa pensée et ses engagements, ses plus grandes découvertes et échecs, mais arrive également à transmettre les valeurs que Einstein défendait par un discours final plein de sens directement délivré au spectateur. Inspiré par ses écrits, les auteurs ont décidés ici de donner un message de Einstein à notre époque. L'exercice est osé, et je ne dirais pas que c'est ce qu'Einstein dirait, mais que c'est ce qu'on pourrait extrapoler de sa vie adapté à notre temps. De toute façon, je trouve le message pertinent et sans doute important à entendre. La BD a un dessin assez quelconque, bloquée sans doute par l'obligation de rester proche de personnes et de décors réels. Même si quelques détails dans la mise en scène se notent, ce n'est vraiment pas le genre de BD dont j'arrive à garder en tête le dessin et le rendu, notamment dans les visages qui semblent étrangement figés. C'est sans doute la contrainte qui donne ce genre de résultats. Une BD assez mal équilibrée, donc. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, malgré les bonnes intentions de la BD. C'est trop maladroit dans l'exécution et dans le traitement, pétri de bons sentiments mais pas assez bien mené. Une personne ne connaissant pas Einstein sera probablement perdue et pour les autres, il y a des bons passages pas assez bien reliés.
Lightfall
Une série jeunesse mais qui peut tout à fait se lire par un public adulte. Le dessin est vraiment tout mignon avec de belles couleurs, je ne suis pas surpris de voir que l'auteur a une expérience en studio d'animation car on est proche d'un animé comics. On a de gros pavés mais cela se lit bien. Pour une fois on a une héroïne féminine dans une histoire d'aventure pur jus avec une quête sur les traces de son grand-père. On rajoute quelques personnages rigolos comme un cochon sorcier. Bref on sent que l'auteur en a sous le pied pour développer son histoire, en espérant que cela ne s'essouffle pas sur la longueur.
Zig - La Terreur est inacceptable
Histoire de malfrats. Zig est un héros pacifique, un ancien soldat japonais, puis engagé dans la Légion étrangère via la France. Il a vu trop de morts et fait tout pour l'éviter quand il se fait engager dans une nouvelle mission, usant d'armes non létales. Un petit côté Nicky Larson imbattable. En face il doit lutter contre 4 gros bourrins dotés d'armes lourdes. Les auteurs semblent s'éclater à dessiner tout un tas d'armes, avec des ralentis ultra réalistes de balles sortant de canons de toutes tailles. Plutôt pour amateurs d'action donc. L'histoire manque quelque peu de crédibilité et de finesse mais j'ai trouvé le contexte politique plutôt ancré dans la réalité par exemple sur les relations de pouvoirs entre états et le contexte politique. Je n'avais pas réalisé que le scénariste était un fidèle compère de Urasawa avec Pluto ou Billy Bat. Le niveau du scénario est un cran en-dessous. Malgré cela une lecture divertissante et un seul tome ce qui peut satisfaire les réfractaires des longues séries manga.
Silas Corey
Série d’espionnage historique efficace mais sans réel effet de surprise. L’intrigue fonctionne, portée par des codes très classiques du genre : complots politiques, jeux d’influences, ennemis caricaturaux, alliances mouvantes. Le contexte de la Première Guerre mondiale et sa sortie, semi-romancé, apporte une vraie assise et reste l’un des moteurs de l’intérêt, même si l’ensemble ne renouvelle jamais vraiment la formule. Le principal bémol vient du personnage central. Silas Corey intrigue par son ambiguïté, mais reste étonnamment opaque : motivations floues, passé peu exploité, introspection minimale. Cette distance empêche une pleine adhésion émotionnelle, d’autant que certaines situations semblent s’enchaîner sans toujours être clairement justifiées. Plusieurs personnages secondaires sont prometteurs et attachants, mais manquent eux aussi de chair et de contextualisation. Graphiquement, en revanche, la série me plait beaucoup. Le dessin de Pierre Alary, moderne et dynamique avec une élégante touche rétro, sert parfaitement le récit. Les décors et ambiances sont lisibles, la mise en scène fluide, et l’usage des couleurs renforce efficacement les tensions sans surcharge. Un ensemble plaisant et maîtrisé, plus séduisant sur la forme que réellement marquant sur le fond.
Quartier lointain
Quartier lointain est une œuvre clairement maîtrisée, mais dont l’aura critique peut laisser perplexe. Le dispositif narratif — revivre une partie de son adolescence avec un regard adulte — est traité avec intelligence et retenue, sans tomber dans les travers faciles du fantasme adolescent ou de la réussite compensatoire. Le récit préfère s’attarder sur les non-dits familiaux, les figures parentales et certaines zones grises morales, ce qui lui donne une vraie profondeur. Graphiquement, Taniguchi livre un travail précis, réaliste et très lisible, avec une représentation du Japon du quotidien particulièrement juste. Le dessin accompagne parfaitement la tonalité introspective du récit, sans jamais chercher l’esbroufe. L’univers est crédible, posé, presque familier, ce qui renforce l’immersion. Malgré ces qualités évidentes, l’ensemble peut donner une impression de déjà-vu pour un lecteur habitué au manga ou à l’animation japonaise. Les thèmes, aussi bien traités soient-ils, restent relativement classiques, et le rythme contemplatif ne suffit pas toujours à créer un véritable sentiment de singularité. On est face à un très bon récit initiatique, sensible et réfléchi, mais dont l’impact dépend beaucoup du parcours de lecture du lecteur.
Le Grand Mort
Série de fantasy sombre à forte dimension apocalyptique, Le Grand Mort navigue volontairement dans une zone ambiguë, entre codes du récit ado et dureté thématique clairement adulte. Cette hésitation constante sur sa cible — parfois naïf dans ses motifs, parfois brutal dans ses conséquences — peut désarçonner, mais participe aussi à son identité singulière. Le scénario propose un fond solide, articulé autour d’une critique explicite de la surexploitation humaine de la planète. L’opposition avec le « petit peuple » fonctionne bien, notamment grâce à une vraie dualité de traitement : folklore breton presque attendu d’un côté, violence sèche et irréversible de l’autre. Cette tension évite l’écueil du merveilleux adolescent et installe un univers plus âpre, parfois dérangeant. En revanche, certains trous scénaristiques et éléments volontairement laissés dans l’ombre entretiennent autant le mythe que la confusion. Les personnages constituent l’un des points forts de la série. Globalement attachants et bien caractérisés, ils portent efficacement le récit sur la durée. Le personnage de Gaëlle apparaît toutefois plus dispensable, son apport narratif restant limité. Le rythme, enfin, souffre d’une certaine inégalité : la série aurait probablement gagné en impact avec un resserrement global et une progression plus constante. Graphiquement, le travail de Vincent Mallié est pleinement en adéquation avec l’ambiance : dessin expressif, mise en scène immersive, capable de passer du contemplatif au tragique sans rupture artificielle.
Partitions irlandaises
Série intéressante par la manière dont elle projette les tensions nord-irlandaises dans un cadre contemporain. Le récit s’appuie sur une vision clairement romancée, voire volontairement exagérée des résurgences de la violence, ce qui peut interroger sur sa vraisemblance factuelle, mais ce parti pris sert efficacement le propos. L’album interroge avec pertinence l’héritage des conflits, la transmission de la haine, la possibilité du pardon et la tentation de la vengeance, sans jamais se limiter à un simple rappel historique. La dimension historique et politique constitue un socle solide, mais c’est surtout le traitement humain qui donne de l’épaisseur à l’ensemble. La relation amoureuse centrale, apporte une respiration bienvenue et une forme de rondeur émotionnelle à un récit globalement dur et tendu. Le cliché est présent, mais maîtrisé, et fonctionne comme un liant narratif plutôt que comme une facilité. Graphiquement, le dessin de Vincent Bailly se fait plus sobre et moins caricatural que dans Coupures irlandaises. Même peine toujours un peu à me séduire, grâce à sa 'rondeur' supplémentaire, il finit par s’imposer par sa lisibilité et sa constance au fil des pages.
Coupures irlandaises
Récit autobiographique inscrit dans le Belfast du début des années 1980, la série propose un point de vue adolescent à la fois naïf et étonnamment lucide. Le contexte du conflit nord-irlandais est bien présent, traité sans emphase ni posture didactique : il sert de cadre solide à une histoire humaine, plus qu’à un véritable roman historique. Le scénario trouve un équilibre globalement juste, mais parfois hésitant. Certains passages s’attardent longuement sur les états d’âme adolescents, ce qui dilue le rythme et affaiblit la tension du propos. À l’inverse, on aurait parfois apprécié soit un ancrage historique plus appuyé, soit un resserrement plus profond sur l’intimité du récit ; le dosage entre les deux n’est pas toujours optimal. Les personnages restent attachants, sans toutefois marquer durablement. Graphiquement, n'est pas ma tasse de thé et malheureusement peine à me convaincre sur la durée. L’ensemble demeure intéressant par son témoignage et son regard mesuré, mais reste en retrait par rapport à Partitions irlandaises, plus plaisant à lire à mon goût.
L'Île aux cent mille morts
Dans un décor de Caraïbes et de pirates, une jeune fille trouve une carte au trésor dans une bouteille et est persuadée qu'elle la mènera sur la piste de son père, parti à la recherche de ce trésor il y a bien longtemps. Débrouillarde, elle engage un équipage louche pour embarquer vers une île où l'attend une situation pour le moins improbable. Bien que Vehlmann soit au scénario, l'album s'inscrit très clairement dans le style de Jason, dont on reconnait immédiatement le dessin : trait épuré, décors minimalistes, personnages inexpressifs, et ce rythme narratif nonchalant, peu bavard, qui lui est propre. Je ne suis pas spécialement client de son univers, mais j'apprécie malgré tout l'élégance de son trait et la personnalité qui s'en dégage. Mais difficile de s'attacher aux personnages avec des visages aussi figés et des yeux aussi vides. Côté histoire, le récit démarre comme une chasse au trésor classique avant de bifurquer vers quelque chose de plus absurde et plus sombre, avec un humour très pince-sans-rire, parfois légèrement loufoque. L'idée n'est pas mauvaise : cette étrange école plantée au milieu de l'océan, le détournement des codes du récit de pirates, le ton décalé et l'humour noir fonctionnent plutôt bien. La lecture est facile, l'ensemble est cohérent malgré un cadre volontairement burlesque, et le résultat est globalement agréable. Mais ça reste, à mes yeux, une histoire simplement sympathique, qui fait passer le temps sans vraiment marquer. Elle manque de folie ou d'ampleur pour réellement m'embarquer ou me faire rire. En réalité, je n'ai à proprement parler ri qu'une seule fois, lorsque le pirate enlisé dans des sables mouvants peste en disant qu'il a bien les boules : sans doute à cause du décalage entre ce langage vulgairement anachronique et le ton pince-sans-rire du reste de l'album. Au final, une lecture correcte, portée par un scénario divertissant qui tient la route, mais la narration et le style graphique assez froids de Jason me laissent à distance. J'ai aussi le sentiment d'une lecture un peu rapide et, au fond, rapidement oubliable.
Curiosity Shop
Mouais. C’est une série qui ne m’a pas vraiment convaincu. On y entre aisément, car le dessin est vraiment chouette, avec un trait fin, fluide, très plaisant. Mais j’ai d’emblée été perdu au milieu de pas mal de personnages. Si l’intrigue m’avait au départ fait penser à un énième récit jouant sur l’ésotérisme au travers des âges, il bascule assez vite dans quelque chose de plus classique, d'aventure, entre espionnage et polar. Un texte abondant – parfois trop – et trop de personnages (j’ai dû à plusieurs reprises revenir en arrière pour m’y retrouver): on finit le premier tome un peu essoufflé. Mais les suivants – s’ils sont parfois plus « clairs », n’apportent pas grand-chose à une intrigue qui tourne en rond, jouant sur de l’aventure faussement rythmée. Petit détail : je n’ai pas trop compris l’utilité de la chronologie placée en première page de chaque tome (certaines dates ayant peu de lien direct avec l’intrigue), si ce n’est que ça a encore compliqué ma lecture, car j’essayais de les relier à quelques actions des protagonistes. Joliment dessiné, mais une intrigue qui m’a laissé de côté.