Les derniers avis (114133 avis)

Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Crue
Crue

Claude Paiement et Jean-Paul Eid collaborent encore une fois et donne un très bon one-shot qui traite d'un sujet actuel à savoir la dénonciation anonyme d'un réalisateur très populaire qui aurait abusé une femme il y a de cela plusieurs décennies. Le scénario est efficace et très crédible. Les événements qui se produisent après la dénonciation sont réalistes avec ceux qui le défendent et ceux qui le jugent immédiatement. Ajoutons qu'en plus le réalisateur en question vient de sortir un film qui récolte des prix et des nominations alors plusieurs voudraient bien que cette accusation passe sous le tapis en se foutant si c'est vrai ou non, ce qui est important est que ce célèbre réalisateur fait honneur au Québec en gagnant l'oscar du meilleur film étranger ! Je ne sais pas si un lecteur européen va bien comprendre toutes les subtilités de la société québécoise. En gros, avant les années 60 le Québec francophone était dominé par la minorité anglophone et hormis une minorité de bourgeois, la plupart des francophones étaient des prolétaires et tout a changé en seulement quelques décennies. Le personnage principal fait parti de cette génération qui a souvent eu la vie dur avant de pouvoir s'épanouir durant les changements sociaux des années 60-70 et je comprends parfaitement qu'il soit traité comme un bijou national et qu'il faut que sa réputation soit irréprochable. Sauf que sa génération a aussi connue une époque où pouvait faire des choses qu'on ne peut plus faire aujourd'hui.... Le scénario est prenant et les personnages sont complexes. Il y a des dialogues qui font mal parce qu'elles disent des vérités que parfois on ne voudrait pas entendre. Le seul défaut selon moi est que l'identité de la mystérieuse femme qui dénonce et harcèle le réalisateur me semble facile à deviner.

15/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Little Monsters
Little Monsters

Après un premier tome très convaincant augurant un très bon comics, je ressors un poil déçu par le second tome qui ne tient pas toutes les promesses initiales. C'est un peu frustrant car il est vrai que Lemire et Nguyen avaient su traiter du vampirisme selon un angle novateur à mi-chemin entre Seuls et Sa Majesté des Mouches. En effet, plutôt que de se concentrer sur la classique lutte entre espèces ou la description du changement de condition d'humain à vampire, les auteurs nous plongent dans une ville post-apocalyptique où huit enfants vampires tuent le temps comme ils peuvent et sans que le lecteur en sache la raison. Et quand on est vampire, le temps peut paraitre une éternité... Le tome 1 introduit ainsi idéalement l'histoire, le lecteur souhaitant connaitre l'enchaînement des événements ayant conduit ces enfants à devenir vampires puis à se retrouver seuls dans cette ville désolée. Mais voilà, le tome 2 traine ensuite beaucoup en longueur, les flashbacks des personnages retraçant le moment de leur transformation en vampire étant bien trop courts pour étoffer leur psychologie et la chute finale tardant à arriver. Et tout comme Mac Arthur, j'ai également été surpris et un peu agacé par l'arrivée de l'écriture inclusive durant le deuxième tome pour parler de Romie alors même que le personnage parle au féminin tout le premier tome et sans qu'aucune transition narrative ne permette d'expliquer ce changement d'écriture. Et franchement des iel, ieleux, la.e et âgé.e durant plusieurs dizaines de pages, c'est franchement lourdingue à lire à la longue... Et puis j'ai du mal à croire qu'un ancien vampire âgé de plusieurs siècles s'adresse à Romie par iel! Au niveau du graphisme, si je ne suis pas forcément fan du style de Nguyen, son dessin donnant parfois l'impression d'esquisses griffonnées, je dois bien avouer qu'il colle parfaitement à ce monde post-apocalyptique. L'idée du noir et blanc ravivé de touches de rouge pour mettre en évidence le sang est également plutôt habile et renforce le côté froid et peu accueillant de la ville en ruine. Vraiment dommage que ce second tome n'ait pas répondu aux espoirs du premier.... Une lecture agréable tout de même et qui sort du lot des BD traitant habituellement du vampirisme. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 7/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 6,5/10 NOTE GLOBALE : 13,5/20

15/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
Couverture de la série Les Poilus
Les Poilus

Lu il y a longtemps et relu il y a peu, cet album de Guillaume Bouzard, auteur que j'apprécie, sur la guerre de 14-18 n'est pas un sommet de drôlerie mais se laisse lire. Il est vrai qu'il n'est pas évident de faire de l'humour sur le sujet. Cela passe parfois par du grivois comme le gag sur le fait que tous les soldats ayant des noms rigolos sont envoyés dans la même tranchée. Et c'est même parfois plus touchant que drôle notamment sur ce jeune qui écrit à plusieurs reprises des lettres à sa bien-aimée.

15/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Ukraine
Ukraine

Un récit sur le conflit actuel entre Russie et Ukraine, guerre ouverte depuis 2022, mais déjà engagé depuis 2014 avec l'invasion russe de la Crimée. Par plusieurs aller-retours dans le temps entre les alertes à la bombe contemporaines et les événements du passé les auteurs montrent que l'inimitié est de longue date entre les peuples autour de Kiev et ceux plus à l'est pour simplifier. On commence par l'Holodomor organisé par Staline dans les années 1930, un génocide par la famine que les russes n'ont jamais reconnu bien sûr. Puis on part plus loin dans le passé sur les origines, la Rus de Kiev, la diffusion de la chrétienté etc. La période cosaque que je connaissais moins, sorte d'embryon de communauté démocratique. Puis la période plus récente de fin du XXème siècle, manipulation d'élection etc. Les tentatives russes d'affaiblir ou de nier la culture et la langue de ses voisins ont été nombreuses (et pas que là, cf. l'influence dans d'autres républiques autonomes ou bien l'Afghanistan et autres). Bien sûr c'est réalisé par 3 auteurs ukrainiens donc il y a un biais mais j'ai trouvé cela fluide à lire et bien illustré pour ce qui semble être une première bande dessinée de leur part. Un album très instructif et bien construit.

15/02/2026 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Hors scène
Hors scène

Autant je pouvais reprocher à mes lectures précédentes de McNaught une certain vide, un goût de trop peu, ici avec Hors scène il déroule une véritable intéressante histoire sur le fond avec des dialogues plus fournis. Sur la forme on retrouve sa manie des petites cases carrées, du silence et de l'observation des petits détails. C'est un album de grand format chez Dargaud qui laisse le loisir de détailler ses dessins. Le trait de certains personnages m'a rappelé le style de Sattouf avec les Cahiers d'Esther. Le scénario pose quant à lui des vrais personnages, des jeunes qui doivent monter une pièce de théâtre au collège. On sent le malaise, les non-dits, les moqueries d'enfants qui grandissent. David est le personnage principal, aussi dans la pièce car il joue le lion. Il est plutôt réservé, ce n'est pas la star de la classe. On sent sa minutie dans la création de son costume. Tout cela est très subtil et bien vu de la part de l'auteur.

15/02/2026 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Hypersurveillance - Enquête sur les nouveaux outils de surveillance
Hypersurveillance - Enquête sur les nouveaux outils de surveillance

Je n’aurais probablement jamais acheté cet album de moi-même. merci à Paco de me l’avoir prêté car effectivement cet album est une claque ! On sait tous que les logiciels espions existent, mais les voir décortiqués à ce point, avec une telle précision, ça fait flipper. Le scénario plonge dans les rouages de la surveillance de masse, et le niveau de détail dans le décryptage des affaires est impressionnant – presque trop réaliste. Visuellement, c’est une réussite totale. La colorisation, en particulier, sert parfaitement l’ambiance : des tons froids, des contrastes saisissants, et une esthétique qui rappelle les documentaires d’investigation. On a vraiment l’impression de lire un reportage, pas une fiction. Chaque case est travaillée pour renforcer l’immersion et l’angoisse sourde qui monte page après page. Bref, une BD indispensable pour comprendre (et craindre) l’ère numérique dans laquelle on vit. À lire d’urgence, même si on en ressort avec l’envie de jeter son smartphone ! En tout cas j ai modifié les paramètres de mon iPhone ! Merci Paco pour cette belle découverte.

15/02/2026 (modifier)
Par greg
Note: 2/5
Couverture de la série Yojimbot
Yojimbot

Pour moi encore un exemple de conclusion ratée qui vient détruire ce qui semblait être une très bonne BD. Notre histoire se déroule dans un monde postapocalyptique où l'essentiel de la planète est à priori invivable, et se déroule au début dans un parc d'attraction abandonné/désaffecté consacré au Japon médiéval, où des robots-samourai se livrent encore et toujours à des duels pour un public qui n'existe plus. Un jeune garçon et son père, poursuivis par des mercenaires, se réfugient dans le parc. Le père se fera rapidement assassiner par les poursuivants, mais le fils sera protégé par certains des robots sur place, dont celui surnommé Yojimbot, qui donne son nom à la série. Les robots ne parlent pas, il s'agit donc d'une œuvre à base avant tout visuelle et muette. Les 2 premiers tomes sont franchement brillants. Cette absence de dialogue (seul le garçon parle) est une idée assez géniale, car elle renforce l'aspect visuelle et scénique. A partir du tome 3, les humains jouent un rôle beaucoup plus important, le cadre posé commence à se fissurer, mais cela reste potable. Ce d'autant qu'il se termine sur un cliffhanger qui laisse pantois. Le tome 4, conclusif (la série n'est donc pas "en cour", mais bien terminée), pourrit tout. Le cadre là s'effondre... On change de décor, les robots sont assez secondaires, on apprend que + ou - tout ce qu'on nous avait raconté avant sur ce monde postapo était bidon, les révélations sont enchaînées (voire torchées) en quelques pages (surtout sur le cliffhanger du tome 3), sur le mode "haha, c'était un piège, on vous a bien eu"...Cela devient relativement imbuvable et on se demande à la dernière page "tout ça pour ça?".

15/02/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Chasse au cadavre
Chasse au cadavre

Une bande d'enfants essaie de retrouver le cadavre d'une camarade de classe qui a disparu il y a quelques années et évidemment leur enquête va attirer l'attention d'adultes malintentionnés. L'idée de départ est pas trop mal et il y a un vrai suspens, alors que tout ce qui semblait simple au début est en fait plus complexe qu'il n'y parait. J'ai été surpris par quelques révélations. Cela dit, même si la lecture de cette courte série a été agréable, il y a quand même quelques défauts. Les personnages sont un peu trop stéréotypés, notamment la bande de gamin qui semble sortir de ces nombreux films pour enfants que je regardais gamin et dont chaque personnage semblait sortir d'un cahier des charges: le chef de la bande, l'intello très bon en informatique, le gros qui aime bien la bouffe (heureusement ce trait de caractère n'est pas trop appuyé) et l'unique fille qui est bien sûr un garçon manqué. Il manque juste le Noir de service ! Comme souvent dans ce type de récit policier il y a quelques facilités dans le scénario et malheureusement on finit par tomber dans la surenchère que craignait Mac Arthur. Dans le dernier tome, j'ai fini par décrocher un peu. Le Japon étant un pays très corrompu, j'accepte sans problème qu'une famille très puissante peut faire ce qu'elle veut grâce à ses puissants contacts, mais là, qu'un des gros méchants ne soit pas capable de tuer ne serait-ce qu'un personnage du camp des gentils alors qu'il est excellent tireur, ben désolé ça me fait un peu débarquer de l'histoire. Cela reste tout de même une série à lire si on est amateur de mangas thriller, surtout que celui-ci ne dure pas des dizaines de tomes, mais je conseillerais surtout un emprunt parce que je ne pense pas la relire un jour.

15/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Vie sans portable
La Vie sans portable

Mouais. Il y a peut-être de bonnes intentions derrière cet album (qui alterne commentaires off avec uniquement du texte, et passages avec phylactères). Mais je ne l’ai clairement trouvé ni bon ni intéressant – indépendamment du fait qu’il s’adresse avant tout à un lectorat bien plus jeune que moi. La narration est bien trop naïve, manichéenne, et la fin m'est apparue bâclée – la confiscation du portable de la jeune héroïne (on parle ici de gamin d’une douzaine d’années) parvient quasi instantanément à résoudre tous les problèmes de la gamine (scolaire, amoureux - la bonne nouvelle arrive d'ailleurs via un SMS..., familiaux). Le scénario est bien trop édifiant, presque autant qu’une publication de patronage d’il y a un siècle.

15/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Leave them alone
Leave them alone

L’univers et l’ambiance m’ont vraiment immergé dans un Far West rude et sans pitié. On est loin du cliché du cowboy héroïque : ici, l’Ouest américain de 1874 est violent, sale et dangereux, où les habitants, notamment les femmes, doivent se battre juste pour survivre. J’ai trouvé intéressant que les protagonistes principaux soient trois femmes fortes (Marian, Elfie et Mattie), ce qui donne un vrai souffle narratif différent des westerns classiques centrés sur des hommes. Cela apporte de la modernité dans un récit de genre. Le dessin de Chris Regnault m’a plu : il est efficace, nerveux et parfois très cinématographique, avec des planches qui rappellent les grands classiques du western à l’écran. Côté scénario, j’ai ressenti des points forts et des limites. L’histoire va un peu trop vite et ne développe pas toujours tous les enjeux ou relations entre les personnages. Pour moi, cela reste classique, mais très efficace. Leave Them Alone est une BD western bien construite, avec une atmosphère lourde et immersive, des personnages féminins intéressants et un dessin solide.

15/02/2026 (modifier)