Cet album se présente comme un recueil d'histoires courtes réunissant plusieurs auteurs, mais l'ensemble m'a surtout donné l’impression de feuilleter un fanzine ou un magazine d’étudiants plutôt qu’un véritable ouvrage abouti. Si l'on excepte Crisse, qui reste un professionnel confirmé (même si son style ne m'a jamais séduit), le niveau général est franchement faible.
Graphiquement, on oscille entre le correct et le maladroit, avec des dessins qui relèvent davantage du bon amateur que d'un travail réellement maîtrisé. Beaucoup de planches fonctionnent mieux en illustration figée qu'en bande dessinée, avec un découpage et une mise en scène souvent approximatifs, voire maladroits.
Côté scénario, le constat est du même ordre : des idées très adolescentes, convenues et déjà vues, qui peinent à susciter le moindre intérêt. Le format court n'excuse pas tout, et ici il ne sert que de prétexte à des récits creux, expédiés et sans véritable enjeu.
La seule curiosité reste la dernière histoire, où Crisse revient avec un récit qui évoque fortement l'univers de Kogaratsu, dans un style graphique différent de celui qu'on lui connaît. Mais là encore, rien de vraiment marquant, ni dans le fond ni dans la forme.
L'ensemble se lit sans trop de difficulté, mais surtout sans le moindre intérêt durable. Un recueil anecdotique et dispensable, qui ressemble davantage à un exercice d'apprentissage qu'à un album digne d'être publié.
Arci, un jeune ouistiti vivant dans la jungle amazonienne, se distingue des siens par une particularité : il est né sans jumeau, fait exceptionnel pour son espèce, lors d'une mystérieuse nuit de lune bleue. Intrigué par cette anomalie, il part en quête de réponses et va rencontrer plusieurs peintres (eux aussi des singes), tous inspirés de grandes figures de l'histoire de l'art dont ils partagent le prénom et l'inspiration générale. Je vous spoile d'ailleurs un peu en vous apprenant que le nom de famille du héros est M'boldo.
C'est clairement une série pensée pour un jeune public, à partir de 7 ans, avec l'ambition de proposer une première ouverture à l'art. Visuellement, le style est très coloré, proche de l'animation cartoon et clairement orienté jeunesse, ce qui correspond bien à la cible.
Le premier tome se concentre sur le dessin et la peinture (tandis que le second annoncera plutôt un volet musical), à travers un récit simple et accessible. Chaque rencontre du héros avec ses mentors artistes est l'occasion d'aborder un aspect du dessin ou de la peinture (couleurs, lumière, ombrages, etc.), avec quelques conseils glissés au fil du récit. Cela reste toutefois très léger : on est plus dans une sensibilisation que dans une véritable démarche pédagogique, ce qui évite l'effet scolaire, mais limite aussi la portée éducative.
L'histoire en elle-même est mignonne et se laisse suivre sans déplaisir. Les rencontres sont sympathiques, le petit vernis d'aventure fonctionne bien, avec juste ce qu'il faut de danger pour pimenter le récit sans jamais inquiéter. Le mystère autour de la lune bleue apporte un fil conducteur, même s'il paraît un peu artificiel et que sa résolution manque de crédibilité mais s'oriente un peu plus vers la poésie. De même, la rencontre surprise vers la fin est assez prévisible pour le lecteur, même si le récit prend quelques pages de plus pour permettre à Arci de faire lui-même le lien.
Cela donne une BD agréable, mignonne et plutôt bien pensée pour initier les plus jeunes à l'art sans les brusquer. En revanche, l'ensemble reste très marqué "jeunesse" et risque de paraître trop simple pour un lecteur au-delà de 12-13 ans.
Cela faisait un moment que j'avais repéré cette série sans oser me lancer, notamment à cause de son nombre de tomes. Pourtant, son dessin m'attirait beaucoup, tout comme la promesse d'une heroic fantasy assez classique et équilibrée, certes plusieurs fois un peu trop inspirée de Tolkien et des jeux de rôles, mais sans tomber dans l'humour ou la parodie un peu systématique de certaines productions récentes, et sans non plus sombrer dans une noirceur excessive. De ce point de vue, la série tient globalement ses promesses.
Le premier diptyque m'a bien plu, notamment par sa maturité et son approche assez réaliste du genre. J'ai apprécié que les auteurs n'hésitent pas à prendre des risques, quitte à faire mourir des personnages importants, ce qui donne du poids au récit. Il y a cependant un petit côté bancal dans la narration, avec un découpage parfois un peu déroutant, où flashbacks et temporalités s'entremêlent sans que ce soit toujours parfaitement fluide, même si cela ne nuit pas vraiment à la lecture.
Le deuxième diptyque m'a davantage accroché, avec un récit beaucoup plus haletant, notamment grâce à son orientation plus sombre et à son ambiance de survie avec des morts-vivants. C'est sans doute la partie que j'ai trouvée la plus efficace et immersive. Et j'ai apprécié le duo de héros, couple atypique qui fonctionne plutôt bien et se révèle attachant. Au point que j'ai été déçu qu'ils ne restent pas au coeur du récit des diptyques suivants.
Car à partir des diptyques suivants, j'ai eu le sentiment que la série changeait progressivement de direction. Les auteurs semblent vouloir davantage installer un fil rouge plus classique autour d'un groupe d'élus destiné à affronter un mal ancien, mais cela se fait avec l'introduction de nouveaux personnages auxquels j'ai eu plus de mal à m'attacher. Les troisième et quatrième diptyques m'ont paru assez plats en comparaison des deux premirs. Cette montée en puissance vers un affrontement final paraît assez convenue et moins maîtrisée.
Le dernier diptyque, censé être l'aboutissement de tout cela, m'a laissé dubitatif. L'antagoniste, présenté comme une menace majeure et inarrêtable, est finalement expédié de manière assez abrupte, passant en quelques pages d'une figure presque invincible à un vieux bonhomme tout résigné. De la même manière, après une fin légèrement surprenante mais un peu abrupt, l'épilogue m'a semblé trop facile, avec un côté presque conte de fées où tout s'arrange sans véritable conséquence, les races disparues reviennent à la vie et tout le monde s'entend bien du jour au lendemain, ce qui contraste avec le ton plus dur des débuts.
J'en retiens une série visuellement très réussie, portée par un dessin solide et immersif, avec deux premiers diptyques vraiment convaincants par leur réalisme et leur efficacité. La suite, en revanche, m'a paru plus inégale et moins inspirée, avec une conclusion qui ne m'a pas satisfait malgré les qualités évidentes de l'ensemble.
Adaptation d'un roman québécois que je ne connaissais pas du tout, ce qui prouve à quel point je ne connais rien des romans modernes !
C'est encore une histoire qui raconte les horreurs de la guerre et vu l'actualité je pense que c'est malheureusement un sujet qui va constamment revenir dans la fiction pour un bon moment. À force de lire des récits ayant pour thème ce sujet, je me disais qu'un jour je finirais par en avoir marre, mais ce ne fut pas le cas du moins pour ce récit. Il faut dire qu'on aborde un thème lié à la guerre que j'ai rarement vu traité en fiction: le sacrifice d'un enfant obligé par son père d'aller faire un attentat suicide.
Le sujet est bien traité avec pudeur et on comprend bien comment les atrocités de la guerre on finit par pousse un père aimant à vouloir sacrifier un de ses enfants. Tout semble tristement réaliste et plusieurs scènes m'ont ému. Le dessin n'est pas superbe, mais le trait va bien avec ce type de récit qui ne montre pas tout et qui laisse le lecteur deviner ce que l’on ne lui montre pas. Un bon récit qui montre l'absurdité de la guerre et de la violence en général.
Je rejoins complètement Cleck. J'en attendais beaucoup, sans doute trop.
J'ai aimé le début, la mise en place, mais j'ai été moins convaincu par la suite qui accumule scènes d'action et situations qu'on a déjà vues et revues ailleurs j'ai trouvé. Ça reste dynamique, le dessin est efficace, mais rien ne reste véritablement en mémoire, les paysages notamment n'imprégnant pas particulièrement la rétine. L'humour est plutôt bon, mais rien de notable ni de très surprenant non plus. Pour les reprises (nombreuses), j'ai trouvé que le personnage de Don Quichotte fonctionnait quand même bien : un personnage désuet, décalé et mélancolique, mais qui n'en reste pas moins un redoutable guerrier, malgré son style peu académique ! La galerie des personnages dans son ensemble m'a fait penser un peu aux " 7 missionnaires ", album qui m'avait dans mon souvenir davantage distrait.
Content d'avoir suggéré cet album en médiathèque, ça fera sans doute le bonheur de certains, mais pour ma part, je ne pense pas l'acheter. Le tome 2 prendra peut-être un tour plus inattendu, donnant davantage de corps et d'ampleur à cette histoire.
Bon, il faut quand même accepter pas mal de choses improbables pour suivre jusqu’au bout cette histoire. Le fait qu’une quinzaine de tueurs en séries (tous psychopathes et « spécialistes » d’un type de meurtre – souvent sadique), faisant d’un bled comme Buckaroo une sorte de capitale de la folie (quasiment un parc de loisir sur le thème des serial killers), ou alors les énormes souterrains – et tout ce qui s’y trouve (dont de fausses sculptures aztèques ???) – qui semble avoir une superficie improbable – et une hauteur tout aussi incroyable, voilà quand même des choses que j’ai eu du mal à accepter.
J’ai aussi trouvé répétitif et lassants certains procédés, comme celui des très nombreuses scènes où un personnage dit ou fait quelque chose de surprenant et violent, pour qu’ensuite on découvre que c’est juste quelque chose qu’il imagine, l’action reprenant ensuite comme si de rien n’était.
Ceci étant posé, ça reste une lecture assez dynamique, avec moult rebondissements – autour de l’intrigue, ou des – très – nombreux personnages. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est perdu. Il faut dire qu’avec tous ces tueurs – et un flic aux méthodes d’interrogatoire un peu « musclées », le sang coule…
Pas forcément ma came, mais ça se laisse lire. Mais les répétitions évoquées plus haut et quelques longueurs me faisaient au bout d’un moment attendre la fin avec impatience.
Complots de cour, manipulations politiques, espionnage et conflits armés, dans un univers animalier qui n'a que peu à envier à celui de Game of Thrones.
J'ai adoré le premier tome, beaucoup aimé le second, et été un peu déçu par le dernier et sa conclusion.
Le dessin est d'excellente facture. Le style animalier à la Disney est parfaitement digéré, avec une galerie de personnages à l'expressivité remarquable, tout en conservant leurs caractéristiques propres. Les décors sont également réussis, même s'ils marquent un peu moins les esprits, car parfois légèrement plats. La colorisation numérique joue d'ailleurs en partie contre cela : si elle est souvent très agréable, ses dégradés et ses scènes nocturnes font parfois trop ressortir son aspect informatique.
L'univers est enthousiasmant. Il m'a beaucoup fait penser à celui de L'Ogre Lion, sorti quelque temps plus tôt : un monde médiéval à peine fantastique, à la société complexe et hiérarchisée, dans lequel les animaux anthropomorphes ont conservé les spécificités de leur espèce (prédateurs d'un côté, herbivores de l'autre, etc.). Dans ce contexte, voir des lions, des loups, des aigles ou des ours occuper des positions de pouvoir paraît naturel, même si c'est précisément cette évidence qui nourrit les enjeux, chacun devant agir avec intelligence pour conserver sa place. Cet univers dangereux, traversé de complots, rappelle fortement Game of Thrones, et j'y ai retrouvé ce que j'aimais dans cette série.
L'intrigue est très bien construite. J'ai apprécié sa finesse, le mystère qu'elle installe, ainsi que les manipulations et trahisons qui parviennent régulièrement à surprendre. J'ai aussi aimé ses personnages, à la fois stéréotypés (le renard rusé qu'on croirait sorti de Zootopia, le lion puissant évoquant Le Roi Lion, ou encore le duo raton-laveur et ours qui rappelle Les Gardiens de la Galaxie) et pourtant plus nuancés qu'ils n'en ont l'air. Cette finesse se retrouve aussi dans les dialogues, très bien ciselés, qui évoquent par moments un mélange entre Game of Thrones et De Cape et de Crocs.
Tout était donc réuni pour un coup de cœur, malgré une légère impression de déjà-vu liée à ces archétypes. Pourtant, la fin m'a laissé plus réservé. Sans être prévisible, elle m'a un peu déçu, notamment par l'évolution soudaine du personnage principal et par un dénouement assez brutal. Même la touche légèrement ironique de la dernière scène ne m'a pas autant marqué que le reste. Dommage, car les deux premiers tomes m'avaient vraiment convaincu.
Un one-shot qui contient trois histoires courtes entre-coupé de dialogues entre des philosophes connus qui parle de trucs morbides. C'est verbeux, mais à aucun moment j'ai eu l'impression que les histoires font du surplace. En revanche, lire l'album d'une traite est peut-être une mauvaise. En tout cas, vers la les scènes avec les philosophes ont fini par me lasser un peu.
Foerster montre tout l'étendu de son imagination au travers de ses histoires et son dessin en noir et blanc est toujours aussi superbe. Malheureusement, s'il a beaucoup d'imaginations, il utilise aussi souvent les mêmes thèmes et du coup à force lire ses récits horrifiques, j'ai un peu l'impression qu'il se répète un peu dans les destins tragiques de ses personnages. C'est surtout le cas avec le second récit, au bout d'un moment on comprend très bien comment va finir le personnage principal et du coup j'avais juste envie que ce récit se termine pour qu'on passe à autre chose.
De plus, je pense qu’il n’y a que la première histoire qui m’a vraiment marqué, une critique rigolote et macabre de Noel et comment on ne peut pas échapper à cette période de l’année ! Un album à emprunter donc.
Un album qui selon-moi représente bien les qualités et les défauts de l'œuvre de Foerster.
Parmi les qualités, il y a bien sur le dessin dynamique et si personnel de Foerster que j'aime bien. Le scénario est original et aussi très loufoque (pour accrocher au scénario, il faut vraiment accepter tout ce qui se produits) et lorsqu'on a toutes les explications on voit à quel point l'histoire est tordue. Il y a une bonne galerie de personnages excentriques et il y a de bonnes scènes.
Malheureusement, comme souvent avec Foerster le scénario est aussi très verbeux. Cela ne me dérange pas si c'est bien écrit comme le faisait des scénaristes comme Greg ou Jean-Claude Forest et j'ai déjà apprécié des textes avec beaucoup de textes écrient par Foerster. Le problème est qu'ici le texte verbeux ralenti trop l'action. Au début, je trouvais que cela prenait un peu trop de temps avant que l'action débarque enfin et vers le milieu de l'album je trouvais que l'auteur ralentissait volontairement son récit pour l'étirer inutilement. Cela tourne quand même en rond pendant un moment alors que l'héroïne est présentée comme quelqu'un d'invincible qui peut battre tout le monde facilement.
Cela reste correct, mais ce n'est pas un album que j'aurais envie de relire au complet un jour.
Franchement déçu par cet album scénarisé par Foerster.
Le dessin de Blondeau est sympathique et j'aime bien les couleurs. J'ai tout de même du m'habituer au graphisme des bulles, sur certaines pages ce n'est pas très évident quel personnage parle ! Quant au scénario, on retrouve la patte de Foerster qui aime bien les histoires fantastiques remplis de freaks et certains monstres présents dans l'album sont originaux, mais le scénario lui-même ne l'est pas. Si vous avez déjà lu une ou deux histoires mettant en vedette des monstres de cirque, il y a rien de bien nouveau ici. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai tout deviné le scénario, seulement je n'ai pas été surpris par le déroulement du récit.
Il reste la fin qui est un peu émouvante, mais je me suis tellement ennuyé durant ma lecture que j'ai surtout été content de voir que c'était terminé.
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Au clair de lune
Cet album se présente comme un recueil d'histoires courtes réunissant plusieurs auteurs, mais l'ensemble m'a surtout donné l’impression de feuilleter un fanzine ou un magazine d’étudiants plutôt qu’un véritable ouvrage abouti. Si l'on excepte Crisse, qui reste un professionnel confirmé (même si son style ne m'a jamais séduit), le niveau général est franchement faible. Graphiquement, on oscille entre le correct et le maladroit, avec des dessins qui relèvent davantage du bon amateur que d'un travail réellement maîtrisé. Beaucoup de planches fonctionnent mieux en illustration figée qu'en bande dessinée, avec un découpage et une mise en scène souvent approximatifs, voire maladroits. Côté scénario, le constat est du même ordre : des idées très adolescentes, convenues et déjà vues, qui peinent à susciter le moindre intérêt. Le format court n'excuse pas tout, et ici il ne sert que de prétexte à des récits creux, expédiés et sans véritable enjeu. La seule curiosité reste la dernière histoire, où Crisse revient avec un récit qui évoque fortement l'univers de Kogaratsu, dans un style graphique différent de celui qu'on lui connaît. Mais là encore, rien de vraiment marquant, ni dans le fond ni dans la forme. L'ensemble se lit sans trop de difficulté, mais surtout sans le moindre intérêt durable. Un recueil anecdotique et dispensable, qui ressemble davantage à un exercice d'apprentissage qu'à un album digne d'être publié.
Arci - Le petit ouistiti
Arci, un jeune ouistiti vivant dans la jungle amazonienne, se distingue des siens par une particularité : il est né sans jumeau, fait exceptionnel pour son espèce, lors d'une mystérieuse nuit de lune bleue. Intrigué par cette anomalie, il part en quête de réponses et va rencontrer plusieurs peintres (eux aussi des singes), tous inspirés de grandes figures de l'histoire de l'art dont ils partagent le prénom et l'inspiration générale. Je vous spoile d'ailleurs un peu en vous apprenant que le nom de famille du héros est M'boldo. C'est clairement une série pensée pour un jeune public, à partir de 7 ans, avec l'ambition de proposer une première ouverture à l'art. Visuellement, le style est très coloré, proche de l'animation cartoon et clairement orienté jeunesse, ce qui correspond bien à la cible. Le premier tome se concentre sur le dessin et la peinture (tandis que le second annoncera plutôt un volet musical), à travers un récit simple et accessible. Chaque rencontre du héros avec ses mentors artistes est l'occasion d'aborder un aspect du dessin ou de la peinture (couleurs, lumière, ombrages, etc.), avec quelques conseils glissés au fil du récit. Cela reste toutefois très léger : on est plus dans une sensibilisation que dans une véritable démarche pédagogique, ce qui évite l'effet scolaire, mais limite aussi la portée éducative. L'histoire en elle-même est mignonne et se laisse suivre sans déplaisir. Les rencontres sont sympathiques, le petit vernis d'aventure fonctionne bien, avec juste ce qu'il faut de danger pour pimenter le récit sans jamais inquiéter. Le mystère autour de la lune bleue apporte un fil conducteur, même s'il paraît un peu artificiel et que sa résolution manque de crédibilité mais s'oriente un peu plus vers la poésie. De même, la rencontre surprise vers la fin est assez prévisible pour le lecteur, même si le récit prend quelques pages de plus pour permettre à Arci de faire lui-même le lien. Cela donne une BD agréable, mignonne et plutôt bien pensée pour initier les plus jeunes à l'art sans les brusquer. En revanche, l'ensemble reste très marqué "jeunesse" et risque de paraître trop simple pour un lecteur au-delà de 12-13 ans.
Wollodrïn
Cela faisait un moment que j'avais repéré cette série sans oser me lancer, notamment à cause de son nombre de tomes. Pourtant, son dessin m'attirait beaucoup, tout comme la promesse d'une heroic fantasy assez classique et équilibrée, certes plusieurs fois un peu trop inspirée de Tolkien et des jeux de rôles, mais sans tomber dans l'humour ou la parodie un peu systématique de certaines productions récentes, et sans non plus sombrer dans une noirceur excessive. De ce point de vue, la série tient globalement ses promesses. Le premier diptyque m'a bien plu, notamment par sa maturité et son approche assez réaliste du genre. J'ai apprécié que les auteurs n'hésitent pas à prendre des risques, quitte à faire mourir des personnages importants, ce qui donne du poids au récit. Il y a cependant un petit côté bancal dans la narration, avec un découpage parfois un peu déroutant, où flashbacks et temporalités s'entremêlent sans que ce soit toujours parfaitement fluide, même si cela ne nuit pas vraiment à la lecture. Le deuxième diptyque m'a davantage accroché, avec un récit beaucoup plus haletant, notamment grâce à son orientation plus sombre et à son ambiance de survie avec des morts-vivants. C'est sans doute la partie que j'ai trouvée la plus efficace et immersive. Et j'ai apprécié le duo de héros, couple atypique qui fonctionne plutôt bien et se révèle attachant. Au point que j'ai été déçu qu'ils ne restent pas au coeur du récit des diptyques suivants. Car à partir des diptyques suivants, j'ai eu le sentiment que la série changeait progressivement de direction. Les auteurs semblent vouloir davantage installer un fil rouge plus classique autour d'un groupe d'élus destiné à affronter un mal ancien, mais cela se fait avec l'introduction de nouveaux personnages auxquels j'ai eu plus de mal à m'attacher. Les troisième et quatrième diptyques m'ont paru assez plats en comparaison des deux premirs. Cette montée en puissance vers un affrontement final paraît assez convenue et moins maîtrisée. Le dernier diptyque, censé être l'aboutissement de tout cela, m'a laissé dubitatif. L'antagoniste, présenté comme une menace majeure et inarrêtable, est finalement expédié de manière assez abrupte, passant en quelques pages d'une figure presque invincible à un vieux bonhomme tout résigné. De la même manière, après une fin légèrement surprenante mais un peu abrupt, l'épilogue m'a semblé trop facile, avec un côté presque conte de fées où tout s'arrange sans véritable conséquence, les races disparues reviennent à la vie et tout le monde s'entend bien du jour au lendemain, ce qui contraste avec le ton plus dur des débuts. J'en retiens une série visuellement très réussie, portée par un dessin solide et immersif, avec deux premiers diptyques vraiment convaincants par leur réalisme et leur efficacité. La suite, en revanche, m'a paru plus inégale et moins inspirée, avec une conclusion qui ne m'a pas satisfait malgré les qualités évidentes de l'ensemble.
L'Orangeraie
Adaptation d'un roman québécois que je ne connaissais pas du tout, ce qui prouve à quel point je ne connais rien des romans modernes ! C'est encore une histoire qui raconte les horreurs de la guerre et vu l'actualité je pense que c'est malheureusement un sujet qui va constamment revenir dans la fiction pour un bon moment. À force de lire des récits ayant pour thème ce sujet, je me disais qu'un jour je finirais par en avoir marre, mais ce ne fut pas le cas du moins pour ce récit. Il faut dire qu'on aborde un thème lié à la guerre que j'ai rarement vu traité en fiction: le sacrifice d'un enfant obligé par son père d'aller faire un attentat suicide. Le sujet est bien traité avec pudeur et on comprend bien comment les atrocités de la guerre on finit par pousse un père aimant à vouloir sacrifier un de ses enfants. Tout semble tristement réaliste et plusieurs scènes m'ont ému. Le dessin n'est pas superbe, mais le trait va bien avec ce type de récit qui ne montre pas tout et qui laisse le lecteur deviner ce que l’on ne lui montre pas. Un bon récit qui montre l'absurdité de la guerre et de la violence en général.
Knight club
Je rejoins complètement Cleck. J'en attendais beaucoup, sans doute trop. J'ai aimé le début, la mise en place, mais j'ai été moins convaincu par la suite qui accumule scènes d'action et situations qu'on a déjà vues et revues ailleurs j'ai trouvé. Ça reste dynamique, le dessin est efficace, mais rien ne reste véritablement en mémoire, les paysages notamment n'imprégnant pas particulièrement la rétine. L'humour est plutôt bon, mais rien de notable ni de très surprenant non plus. Pour les reprises (nombreuses), j'ai trouvé que le personnage de Don Quichotte fonctionnait quand même bien : un personnage désuet, décalé et mélancolique, mais qui n'en reste pas moins un redoutable guerrier, malgré son style peu académique ! La galerie des personnages dans son ensemble m'a fait penser un peu aux " 7 missionnaires ", album qui m'avait dans mon souvenir davantage distrait. Content d'avoir suggéré cet album en médiathèque, ça fera sans doute le bonheur de certains, mais pour ma part, je ne pense pas l'acheter. Le tome 2 prendra peut-être un tour plus inattendu, donnant davantage de corps et d'ampleur à cette histoire.
Nailbiter
Bon, il faut quand même accepter pas mal de choses improbables pour suivre jusqu’au bout cette histoire. Le fait qu’une quinzaine de tueurs en séries (tous psychopathes et « spécialistes » d’un type de meurtre – souvent sadique), faisant d’un bled comme Buckaroo une sorte de capitale de la folie (quasiment un parc de loisir sur le thème des serial killers), ou alors les énormes souterrains – et tout ce qui s’y trouve (dont de fausses sculptures aztèques ???) – qui semble avoir une superficie improbable – et une hauteur tout aussi incroyable, voilà quand même des choses que j’ai eu du mal à accepter. J’ai aussi trouvé répétitif et lassants certains procédés, comme celui des très nombreuses scènes où un personnage dit ou fait quelque chose de surprenant et violent, pour qu’ensuite on découvre que c’est juste quelque chose qu’il imagine, l’action reprenant ensuite comme si de rien n’était. Ceci étant posé, ça reste une lecture assez dynamique, avec moult rebondissements – autour de l’intrigue, ou des – très – nombreux personnages. Plus l’intrigue avance, plus le lecteur est perdu. Il faut dire qu’avec tous ces tueurs – et un flic aux méthodes d’interrogatoire un peu « musclées », le sang coule… Pas forcément ma came, mais ça se laisse lire. Mais les répétitions évoquées plus haut et quelques longueurs me faisaient au bout d’un moment attendre la fin avec impatience.
Le Royaume sans nom
Complots de cour, manipulations politiques, espionnage et conflits armés, dans un univers animalier qui n'a que peu à envier à celui de Game of Thrones. J'ai adoré le premier tome, beaucoup aimé le second, et été un peu déçu par le dernier et sa conclusion. Le dessin est d'excellente facture. Le style animalier à la Disney est parfaitement digéré, avec une galerie de personnages à l'expressivité remarquable, tout en conservant leurs caractéristiques propres. Les décors sont également réussis, même s'ils marquent un peu moins les esprits, car parfois légèrement plats. La colorisation numérique joue d'ailleurs en partie contre cela : si elle est souvent très agréable, ses dégradés et ses scènes nocturnes font parfois trop ressortir son aspect informatique. L'univers est enthousiasmant. Il m'a beaucoup fait penser à celui de L'Ogre Lion, sorti quelque temps plus tôt : un monde médiéval à peine fantastique, à la société complexe et hiérarchisée, dans lequel les animaux anthropomorphes ont conservé les spécificités de leur espèce (prédateurs d'un côté, herbivores de l'autre, etc.). Dans ce contexte, voir des lions, des loups, des aigles ou des ours occuper des positions de pouvoir paraît naturel, même si c'est précisément cette évidence qui nourrit les enjeux, chacun devant agir avec intelligence pour conserver sa place. Cet univers dangereux, traversé de complots, rappelle fortement Game of Thrones, et j'y ai retrouvé ce que j'aimais dans cette série. L'intrigue est très bien construite. J'ai apprécié sa finesse, le mystère qu'elle installe, ainsi que les manipulations et trahisons qui parviennent régulièrement à surprendre. J'ai aussi aimé ses personnages, à la fois stéréotypés (le renard rusé qu'on croirait sorti de Zootopia, le lion puissant évoquant Le Roi Lion, ou encore le duo raton-laveur et ours qui rappelle Les Gardiens de la Galaxie) et pourtant plus nuancés qu'ils n'en ont l'air. Cette finesse se retrouve aussi dans les dialogues, très bien ciselés, qui évoquent par moments un mélange entre Game of Thrones et De Cape et de Crocs. Tout était donc réuni pour un coup de cœur, malgré une légère impression de déjà-vu liée à ces archétypes. Pourtant, la fin m'a laissé plus réservé. Sans être prévisible, elle m'a un peu déçu, notamment par l'évolution soudaine du personnage principal et par un dénouement assez brutal. Même la touche légèrement ironique de la dernière scène ne m'a pas autant marqué que le reste. Dommage, car les deux premiers tomes m'avaient vraiment convaincu.
Un air de gravité
Un one-shot qui contient trois histoires courtes entre-coupé de dialogues entre des philosophes connus qui parle de trucs morbides. C'est verbeux, mais à aucun moment j'ai eu l'impression que les histoires font du surplace. En revanche, lire l'album d'une traite est peut-être une mauvaise. En tout cas, vers la les scènes avec les philosophes ont fini par me lasser un peu. Foerster montre tout l'étendu de son imagination au travers de ses histoires et son dessin en noir et blanc est toujours aussi superbe. Malheureusement, s'il a beaucoup d'imaginations, il utilise aussi souvent les mêmes thèmes et du coup à force lire ses récits horrifiques, j'ai un peu l'impression qu'il se répète un peu dans les destins tragiques de ses personnages. C'est surtout le cas avec le second récit, au bout d'un moment on comprend très bien comment va finir le personnage principal et du coup j'avais juste envie que ce récit se termine pour qu'on passe à autre chose. De plus, je pense qu’il n’y a que la première histoire qui m’a vraiment marqué, une critique rigolote et macabre de Noel et comment on ne peut pas échapper à cette période de l’année ! Un album à emprunter donc.
La Frontière
Un album qui selon-moi représente bien les qualités et les défauts de l'œuvre de Foerster. Parmi les qualités, il y a bien sur le dessin dynamique et si personnel de Foerster que j'aime bien. Le scénario est original et aussi très loufoque (pour accrocher au scénario, il faut vraiment accepter tout ce qui se produits) et lorsqu'on a toutes les explications on voit à quel point l'histoire est tordue. Il y a une bonne galerie de personnages excentriques et il y a de bonnes scènes. Malheureusement, comme souvent avec Foerster le scénario est aussi très verbeux. Cela ne me dérange pas si c'est bien écrit comme le faisait des scénaristes comme Greg ou Jean-Claude Forest et j'ai déjà apprécié des textes avec beaucoup de textes écrient par Foerster. Le problème est qu'ici le texte verbeux ralenti trop l'action. Au début, je trouvais que cela prenait un peu trop de temps avant que l'action débarque enfin et vers le milieu de l'album je trouvais que l'auteur ralentissait volontairement son récit pour l'étirer inutilement. Cela tourne quand même en rond pendant un moment alors que l'héroïne est présentée comme quelqu'un d'invincible qui peut battre tout le monde facilement. Cela reste correct, mais ce n'est pas un album que j'aurais envie de relire au complet un jour.
Monstrueuse parade
Franchement déçu par cet album scénarisé par Foerster. Le dessin de Blondeau est sympathique et j'aime bien les couleurs. J'ai tout de même du m'habituer au graphisme des bulles, sur certaines pages ce n'est pas très évident quel personnage parle ! Quant au scénario, on retrouve la patte de Foerster qui aime bien les histoires fantastiques remplis de freaks et certains monstres présents dans l'album sont originaux, mais le scénario lui-même ne l'est pas. Si vous avez déjà lu une ou deux histoires mettant en vedette des monstres de cirque, il y a rien de bien nouveau ici. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai tout deviné le scénario, seulement je n'ai pas été surpris par le déroulement du récit. Il reste la fin qui est un peu émouvante, mais je me suis tellement ennuyé durant ma lecture que j'ai surtout été content de voir que c'était terminé.