Je tiens à signaler une erreur dans votre critique : l’artiste n’est pas José Muñoz, le fabuleux artiste argentin, mais Bernardo Muñoz, c’est-à-dire moi. Auteur de "Scum", publié chez Glénat, et de G.I. Gay, publié chez Dupuis. Merci!
Si l’album est vaguement romancé, et que l’héroïne se prénomme Paula, il semblerait qu’Hermine nous raconte ici quelque chose d’autobiographique.
L’album est donc uniquement centré sur Laura, qui monologue, discute avec sa psy, ou a quelques échanges avec ses parents ou quelques amis. Tout tourne autour de ses obsessions – directement liées aux injonctions de la société, relayées par amis, collègues, parents – pour lesquelles Laura devrait être « belle », c’est-à-dire sans « gras superflu ».
Au milieu des dépressions, des régimes plus ou moins violents et exotiques, des tentatives pour cacher à ses proches son mal-être et ses kilos sous disant en trop, Paula cherche à émerger, à trouver une solution. Déjà à s’accepter telle qu’elle est. Et comprendre les mécanismes à l’œuvre.
En fin d’album, de nombreuses ressources (numéros verts/hotlines, bibliographie, associations) pouvant aider ceux et celles (les femmes étant plus touchées que les hommes par les injonctions sociétales) qui rencontreraient les mêmes soucis que Paula.
Le dessin est statique, avec quelques itérations iconiques, et la narration n’est pas non plus très dynamique. Mais l’essentiel est sans doute ailleurs, l’album a surtout valeur d’exemple, de lecture propice à déclencher un processus de sortie d’une spirale négative (qui peut mener au suicide).
C’est je crois la première série que je lis dans cette collection, et je commence avec un mythe qui n’est pas grec. Mais qui est fondateur, puisqu’il a plus ou moins inspiré des personnages et épisodes de la Bible (voir l’épisode du déluge) ou des mythes grecs (Héraclès par exemple).
Ce triptyque est globalement bien fichu, intéressant. C’est une très bonne vulgarisation de ce mythe. En fin de premier tome, Luc Ferry propose une très bonne présentation et analyse de ce mythe. Je ne sais trop quoi penser de cet emplacement. En effet, il permet au lecteur n’ayant aucune connaissance du mythe de se familiariser avec lui rapidement – et cela devait aussi jouer pour l’éditeur, soucieux de captiver un lectorat pour les tomes suivants. Mais d’un autre côté ce texte très bien fichu « spoile » complètement le récit, et du coup les deux derniers albums ne ménagent aucune surprise et font même un peu redite par rapport au texte de Ferry (je serais donc tenté de recommander la lecture du texte de Ferry après avoir lu les trois albums BD).
Pour ce qui est de la partie BD donc, la narration est aérée, l’histoire est facile à suivre. La conclusion brutale prend son sens après lecture du texte de Ferry.
Le dessin fait le boulot – même s’il est avare de détails. Le changement au niveau de la colorisation dans le dernier tome est un peu surprenant au début, mais le changement s’avère finalement mineur (mais elle lisse un peu trop les détails quand même).
Si ce mythe vous a intéressé, je vous recommande la version de Jens Harder (Gilgamesh (Harder)), un auteur que j’aime beaucoup, et qui a produit quelque chose de plus exigeant, jouant sur un tout autre registre que ce triptyque : deux lectures complémentaires finalement, celle de « La sagesse des mythes » étant clairement plus grand – ou tout – public.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que les avis sont partagés ! Je n’ai rien lu de Burns depuis Black Hole, il y a 20 ans de cela… un album que j’avais adoré, donc j’ai emprunté l’intégrale « Toxic / La Ruche / Calavera » à la bibliothèque, et je ressors ravis de ma lecture.
J’ai beaucoup aimé l’ambiance barrée et « lynchienne », ainsi que la narration « explosée » qui elle me rappelle plutôt les films de Tarantino : des pièces de puzzle mélangées, qu’il faut réordonner et rassembler. J’aime ce genre d’exercice, ma lecture fut stimulante, et puis surtout il faut avouer que tout se remet en place en fin d’album… à part les rêves, peut-être, mais bon, c’est aussi le cas dans la vraie vie, non ? En tout cas j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les déboires du protagoniste.
J’adore le style graphique de Burns, ses personnages, ce côté un peu crade… et la mise en couleur est réussie.
Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Il n’y a jamais rien à espérer d’une guerre, monsieur. Si ce n’est d’y survivre !
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Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, constituant le vingt-sixième tome de cette série sur les batailles navales. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la Marine, membre titulaire de l’académie des Arts & Sciences de la Mer, pour le scénario et les dessins, et par Douchka Delitte pour les couleurs. Il comprend quarante-six pages de bande dessinée. Il se termine par un dossier historique de huit pages, rédigé par le scénariste, agrémenté de portraits et de tableaux d’époque comprenant huit chapitres et un glossaire. Ils portent les titres suivants : Vive la révolution !, La politique de l’autruche, La philhellénisme, Quand l’opinion publique s’allie aux intérêts politiques, Si l’écrit ne suffit pas on laissera parler le canon, Vers l’irrémédiable escalade, La témérité et puis… Badaboum !, Épilogue.
Edward Levington est un de ces aventuriers insouciants et intrépides que l’on rencontre au XIXe siècle. Écrivain et artiste peintre sans réel talent, l’homme qui dispose d’une petite aisance financière suite à quelques héritages, parcourt le monde dans la deuxième décennie de ce XIXe siècle, c’est la cause grecque qui a séduit Edward Levington. Il faut dire que si longtemps la Grèce en tant que nation n’a eu aucune réalité, depuis quelques années des idées révolutionnaires et un sentiment nationaliste grandissent. Il est loin le temps antique où les Grecs se définissaient à travers des cités-états qui n’hésitaient pas à se faire la guerre. Occupation romaine, empire byzantin ou conglomérat de petits royaumes et duchés appartiennent au passé. Sous domination ottomane depuis le XIVe siècle, les Grecs rêvent de se défaire de leur joug, aidés par de nombreux philhellènes et soutenus par une importante diaspora, les Grecs n’ont d’ailleurs plus hésité à rentrer en guerre contre l’occupant en février 1821. Ainsi bénéficiant de quelques soutiens et suivant les traces de George Gordon Byron – le poète et aventurier anglais acquis à la cause grecque et décédé prématurément des fièvres en avril 1824 à Missolonghi – Edward Levington a décidé de poser les pieds dans le Péloponnèse dans les derniers jours de septembre 1827.
De nuit, un grand canot avec quatre rameurs dépose Edward Levington sur une plage isolée où l’attend un petit groupe de soldats grecs. Il est accueilli nominativement par l’un d’eux, qui va lui servir de guide jusqu’au théâtre des opérations. Levington profite d’une halte diurne pour réaliser une peinture du panorama. Il explique au comte John Brennan, un Irlandais, qu’il ne s’agit pas de peindre les choses telles qu’on les voit, mais surtout telles qu’on les ressent. Cela semble à son interlocuteur, une bien étrange méthode pour faire de la peinture. Un soldat leur demande de monter sur la colline pour le rejoindre : il y a de nouveaux ordres et c’est urgent. Il explique les Ottomans avancent en force dans la région et tout le monde se replie. Levington demande à Brennan ce qui l’a poussé à prendre les armes pour défendre la cause des Grecs. Son interlocuteur répond qu’il est d’origine irlandaise, ils ont ça dans le sang chez eux.
Le lecteur ayant déjà pioché dans cette série consacrée aux batailles navales et lu Sinope (2025) apprécie de pouvoir découvrir la bataille de navarin car elle est mentionnée dans l’ouvrage susmentionné. Il sait qu’il peut compter sur le fait de retrouver la qualité habituelle de la série, aussi bien la rigueur de la reconstitution historique, l’habileté avec laquelle l’auteur infuse les informations de manière organique, l’approche factuelle des dessins, et la mise en perspective de l’importance de cette bataille. Pour ce dernier point, la conclusion met à profit le recul apporté par les siècles passés : Personne ne le sait encore, mais la bataille marque un tournant dans la guerre, car quelques mois plus tard en mai 1828 les Russes vont attaquer l’Empire ottoman allant jusqu’à menacer Constantinople. L’auteur conclut : Pressés de toute parts, les Ottomans se résigneront à signer la paix et à accepter l’indépendance de la Grèce. Le dossier historique se conclut sur un autre constat : La bataille de Navarin est considérée par de nombreux historiens comme la dernière grande bataille de la marine traditionnelle à voile, aux coques de bois armées de canons à âme lisse tirant des boulets. Et s’il est vrai que les batailles de la marine traditionnelle qui suivront n’atteindront jamais cette ampleur dans les engagements, cette bataille détonnera aussi par l’absence de toute tactique et de manœuvre.
Comme d’habitude, le lecteur ressort impressionné de cet ouvrage, par la capacité de l’auteur à allier des ingrédients hétéroclites pour former un tout cohérent, sans aller jusqu’à une vision holistique, tout en présentant la bataille sous de nombreuses facettes. La dimension historique s’avère particulièrement dense, tout en étant diffuse. De ci de là, le lecteur relève un nom ou deux, parfois inventés pour le récit comme Edward Levington, parfois authentiquement historique. Dans cette dernière catégorie, il lui vient l’envie de se renseigner plus avant sur Thomas Cochrane (1775-1860, amiral et homme politique britannique), George Finlay (1799-1875, philhellène et historien écossais), Henri de Rigny (1782-1835, vice-amiral français), Lodewijk Sigismond Gustaaf comte van Heiden (1773-1850, amiral russe), ou encore Thomas Fellowes (1778-1853, contre-amiral). Sans oublier la référence à Lord Byron (1788-1824), célèbre poète britannique. En filigrane, il peut également avoir à l’esprit la suite des dix ou onze guerres russo-turques du seizième au dix-neuvième siècle. Le contexte global évoque également une phase de la guerre d’indépendance grecque, menant à la reconnaissance de leur indépendance par l’Empire ottoman, et l’aide des philhellènes de la France, du Royaume-Uni et de la Russie.
Comme à son habitude, l’auteur met également en scène la nature systémique de la guerre, au travers de ses deux personnages principaux. Comme à son habitude toujours, il rappelle que : Les guerres sont comme cette bataille, des histoires bien confuses voulues par des personnes qui jamais ne verseront leur sang ! L’Irlandais John Brennan tempère ce constat amer par le fait qu’il ne connait pas de paix qui se soit imposée autrement que par la force. Il rappelle également que l’amiral britannique tout comme les amiraux français et russe ont des comptes à rendre à des messieurs qui les gouvernent, et que ces grands messieurs qui les gouvernent n’ont pas choisi d’envoyer ici de belles escadres pour simplement être les témoins d’une guerre (sous-entendant qu’il y a quelque chose à gagner, des intérêts en jeu). Ce militaire éminemment pragmatique sait que : Il n’y a jamais rien à espérer d’une guerre, si ce n’est d’y survivre ! C’est toujours la même histoire ! Dans le même ordre d’idée, la narration visuelle montre bien l’effet des boulets sur le corps humain, le commentaire faisant observer que : Ce n’est pas beau à voir quand un boulet transperce la muraille. Comme dans Sinope, une petite remarque en passant établit que des Français servent également à bord des navires ottomans, en tant que conseillers et experts, bien rémunérés. Enfin, comme de coutume dans cette série, les femmes sont réduites à la portion congrue, même pas représentées dans ces pages, tout juste raillées en tant qu’épouses mal commodes.
C’est toujours un vrai plaisir de retrouver les dessins un peu rêches de cet artiste. Il sait rendre compte de la majesté des navires, de la rudesse de la vie à bord, de la beauté de ces énormes bâtiments sur la mer, de la destruction et du saccage lors des combats, les couleurs un peu ternes et un peu foncées de la coloriste venant renforcer ces sensations. Il rend hommage à ces navires dans une première illustration en peine page de nuit, puis une autre en double (22 & 23) pour un navire se rapprochant de la baie de Navarin où mouille la flotte ottomane, les canons qui se déchaînent dans une deuxième illustration en double page (36 & 37), et enfin une autre illustration en pleine page d’un bateau ravagé échoué sur le sable, en vis-à-vis d’un extrait du poème Navarin (1829) de Victor Hugo (1802-1885). Les séquences sur le pont des navires ou dans les canots sont tout aussi enchanteresses : le niveau de détail pour les canons, les poulies, les haubans, les innombrables cordages, les cabestans, etc. En outre, le lecteur bénéficie de deux autres dessins en pleine page : une vision magnifique à couper le souffle du monastère de Prodromos, et également deux cavaliers avec les pattes de leur monture dans l’eau sur le rivage, un superbe effet des reflets de l’eau réalisé par la coloriste.
Comme pour chaque tome dessiné par Delitte, la narration visuelle se fait factuelle et sèche, très descriptive et détaillée pour les navires, logique pour leurs déplacements et leurs positionnements respectifs lors de la bataille navale, avec un total de trente pages se déroulant sur mer. Le lecteur regarde fasciné, le casus belli se dérouler sous yeux, un simple mouvement d’humeur qui provoque cette bataille à bout portant, sans tactique ni manœuvre. Comme d’habitude, le dossier historique se révèle riche et intéressant, reprenant certains éléments présents dans le récit, et venant développer le contexte historique, avec une prise de recul, et évoquant les répercussions de cette bataille au déroulement à l’opposé de toute forme académique ou intelligemment construit. Quelle bataille !
Une bande de Gillon qui s'est fait littéralement clouée au mur par les critiques à sa sortie.
Ce n'est pas si mauvais. Le premier tome est même plutôt bon mais ça se délite ensuite pour terminer sur une fin un peu absurde.
La magie du trait de Gillon ne fonctionne que par intermittence mais quand c'est le cas, elle sait faire ressortir toutes les ambiguïtés de l'héroïne principale.
Il y a un dossier en fin d'album qui permet à Gillon de revenir sur les femmes de son œuvre en quelques mots.
Un beau gâchis. Voilà mon ressenti après la (difficile) lecture de cette bande.
C'est un recueil d'histoires courtes, publié en 1984, dessiné par Philippe Gauckler et scénarisé par Charles Imbert.
Gauckler est une brute du dessin, c'est un fait. J'ai trouvé son travail encore plus abouti que dans Blue qui est pourtant une œuvre postérieure. La palette de couleurs très pop art est à tomber.
Non le vrai problème vient des scénarios et des dialogues. C'est une compilation de ce qu'il ne faut pas faire.
Les histoires n'ont ni queue ni tête, Imbert se lance dans une prose SF absconse, il invente des mots au hasard, multiplie les mauvais calembours... Tout ça forme un gloubi boulga proprement incompréhensible.
Reste la beauté des images de Gauckler à admirer mais c'est trop peu.
Depuis les années 60-70, la pratique de la religion catholique a grandement baissé au Québec. Cela a donc changé en profondeur la société comme le fait que des églises sont laissées à l'abandon et finissent par être démolies pour qu'on construise autre chose... Alors qu'arrive-t-il de tous les artéfacts religieux de ces églises ?
J'avoue que je ne me suis jamais posé de question sur ce qui arrivait au patrimoine religieux au Québec. Je pense que je devais croire naïvement que tous les objets religieux revenaient au Vatican ou allaient tout simplement dans une autre église. J'ai trouvé cela intéressant de voir ce qui arrivait à tout ce patrimoine religieux dont la plupart des québécois se foutent. Sachez que dans cet album vous allez en voir des vertes et des pas mûres avec des gens qui vendent carrément des artéfacts religieux sur des sites de ventes grands publics alors que c'est censé être illégal... il faut dire que souvent les autorités religieuses en ont rien à foutre elles-mêmes et voient souvent ces vieux objets comme un truc pour avoir facilement de l'argent pour payer les réparations des églises. Franchement, je ne suis pas religieux, mais je suis attaché à l'histoire et je rage de voir des trucs comme cette congrégation religieuse qui était prête à jeter aux ordures des textes datant du 17 ème siècle parce que 'ça prenait trop de place'.
Ce documentaire met en avant des chasseurs de trésors qui essaient le plus possible de trouver et sauver ce patrimoine religieux et historique. C'est assez intéressant, mais je trouve que la narration et la mise en scène sont un peu plates et manquent de dynamisme. En tous cas, c'est un bon album si on s'intéresse au sujet qu'il touche. Et pour un lecteur européen cela lui permettra de découvrir un peu plus le Québec.
Je me retrouve complètement dans l’avis de Gaston sur cette série. Le fait que le second album se fasse attendre depuis plus de 5 ans n’est pas bon signe, la série semble avoir été abandonnée. Mais dire que je le regrette amèrement serait mentir.
En effet, l’histoire ne m’a pas du tout emballé. Elle est pleine de poncifs de clichés (une vieille malédiction familiale, un homme malfaisant voulant s’emparer d’un héritage et cherchant à faire disparaitre le jeune homme – le héros donc – qui pourrait le gêner, de vagues histoires de sorcières, de landes perdues, etc.), et n’apporte pas grand-chose au lecteur, le fantastique étant ici sans réel intérêt. Surtout, le rythme est lent, il ne se passe presque rien (avec des passages inutiles qui s’éternisent, comme la période où le héros est embauché sur un bateau), on traverse cet album sans être jamais accroché, ni par l’intrigue, ni par aucun personnage.
Quant au dessin, il est lisible, mais le style n’est pas mon truc, et la colorisation manque de nuance.
Les deux auteurs s’intéressent de longue date aux cultures et musiques qui sortent des sentiers battus (voir leur relativement récent Underground) dans la même collection de Glénat.
Ici, ils s’intéressent au mouvement Punk en France – et à son dérivé « Rock alternatif », durant la décennie des années 1980 – même s’ils débordent un peu en amont et en aval de cette période.
On sent que les auteurs sont à la fois connaisseurs, mais aussi « amoureux » de leur sujet, et qu’ils ont puisé aux bonnes sources pour construire leur documentaire, très détaillé, rempli d’informations de première main, mais qui sont toujours contextualisées.
Car c’est aussi l’intérêt de ce documentaire de ne pas se contenter de l’aspect purement et uniquement musical, « artistique » (même si cet adjectif aurait révulsé certains des puristes punks des débuts), et de toujours l’inscrire dans un contexte politique et social plus général. La fin du Giscardisme, l’arrivée de la gauche au pouvoir (les progrès et les rapides désillusions), la montée du FN sont autant de marqueurs forts, pour des groupes qui souvent se sont inscrits hors du système, mais dans les luttes sociales.
Je n’ai découvert certains de ces groupes (Bérurier Noir, Ludwig Von 88) que vers 1988, un copain lycéen me les ayant fait écouter. Et je n’ai vu les Bérurier qu’une seule fois, lorsque je participais aux manifestations contre la réforme Devaquet (perchés sur un char, ils donnaient une pêche de folie aux manifestants autour d’eux !). Et la Mano Negra ou les Négresses vertes que j’ai écouté ensuite étaient un peu le feu de la comète, on était déjà dans quelque chose de plus « commercial ».
Mais cet album se révèle à la fois factuel et intéressant, et les lecteurs peuvent (re)découvrir un pan de la culture populaire qui s’est développé sans – voire contre – les médias traditionnels (le mépris et le et le refus de collaborer étant sans doute réciproques, tout du moins jusqu’à la fin des années 1980).
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Je tiens à signaler une erreur dans votre critique : l’artiste n’est pas José Muñoz, le fabuleux artiste argentin, mais Bernardo Muñoz, c’est-à-dire moi. Auteur de "Scum", publié chez Glénat, et de G.I. Gay, publié chez Dupuis. Merci!
Moi, Paula 25 ans, 10 ans de privation
Si l’album est vaguement romancé, et que l’héroïne se prénomme Paula, il semblerait qu’Hermine nous raconte ici quelque chose d’autobiographique. L’album est donc uniquement centré sur Laura, qui monologue, discute avec sa psy, ou a quelques échanges avec ses parents ou quelques amis. Tout tourne autour de ses obsessions – directement liées aux injonctions de la société, relayées par amis, collègues, parents – pour lesquelles Laura devrait être « belle », c’est-à-dire sans « gras superflu ». Au milieu des dépressions, des régimes plus ou moins violents et exotiques, des tentatives pour cacher à ses proches son mal-être et ses kilos sous disant en trop, Paula cherche à émerger, à trouver une solution. Déjà à s’accepter telle qu’elle est. Et comprendre les mécanismes à l’œuvre. En fin d’album, de nombreuses ressources (numéros verts/hotlines, bibliographie, associations) pouvant aider ceux et celles (les femmes étant plus touchées que les hommes par les injonctions sociétales) qui rencontreraient les mêmes soucis que Paula. Le dessin est statique, avec quelques itérations iconiques, et la narration n’est pas non plus très dynamique. Mais l’essentiel est sans doute ailleurs, l’album a surtout valeur d’exemple, de lecture propice à déclencher un processus de sortie d’une spirale négative (qui peut mener au suicide).
Gilgamesh (Glénat)
C’est je crois la première série que je lis dans cette collection, et je commence avec un mythe qui n’est pas grec. Mais qui est fondateur, puisqu’il a plus ou moins inspiré des personnages et épisodes de la Bible (voir l’épisode du déluge) ou des mythes grecs (Héraclès par exemple). Ce triptyque est globalement bien fichu, intéressant. C’est une très bonne vulgarisation de ce mythe. En fin de premier tome, Luc Ferry propose une très bonne présentation et analyse de ce mythe. Je ne sais trop quoi penser de cet emplacement. En effet, il permet au lecteur n’ayant aucune connaissance du mythe de se familiariser avec lui rapidement – et cela devait aussi jouer pour l’éditeur, soucieux de captiver un lectorat pour les tomes suivants. Mais d’un autre côté ce texte très bien fichu « spoile » complètement le récit, et du coup les deux derniers albums ne ménagent aucune surprise et font même un peu redite par rapport au texte de Ferry (je serais donc tenté de recommander la lecture du texte de Ferry après avoir lu les trois albums BD). Pour ce qui est de la partie BD donc, la narration est aérée, l’histoire est facile à suivre. La conclusion brutale prend son sens après lecture du texte de Ferry. Le dessin fait le boulot – même s’il est avare de détails. Le changement au niveau de la colorisation dans le dernier tome est un peu surprenant au début, mais le changement s’avère finalement mineur (mais elle lisse un peu trop les détails quand même). Si ce mythe vous a intéressé, je vous recommande la version de Jens Harder (Gilgamesh (Harder)), un auteur que j’aime beaucoup, et qui a produit quelque chose de plus exigeant, jouant sur un tout autre registre que ce triptyque : deux lectures complémentaires finalement, celle de « La sagesse des mythes » étant clairement plus grand – ou tout – public.
Toxic / La Ruche / Calavera
Le moins qu’on puisse dire, c’est que les avis sont partagés ! Je n’ai rien lu de Burns depuis Black Hole, il y a 20 ans de cela… un album que j’avais adoré, donc j’ai emprunté l’intégrale « Toxic / La Ruche / Calavera » à la bibliothèque, et je ressors ravis de ma lecture. J’ai beaucoup aimé l’ambiance barrée et « lynchienne », ainsi que la narration « explosée » qui elle me rappelle plutôt les films de Tarantino : des pièces de puzzle mélangées, qu’il faut réordonner et rassembler. J’aime ce genre d’exercice, ma lecture fut stimulante, et puis surtout il faut avouer que tout se remet en place en fin d’album… à part les rêves, peut-être, mais bon, c’est aussi le cas dans la vraie vie, non ? En tout cas j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les déboires du protagoniste. J’adore le style graphique de Burns, ses personnages, ce côté un peu crade… et la mise en couleur est réussie. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Navarin
Il n’y a jamais rien à espérer d’une guerre, monsieur. Si ce n’est d’y survivre ! - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, constituant le vingt-sixième tome de cette série sur les batailles navales. Son édition originale date de 2025. Il a été réalisé par Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la Marine, membre titulaire de l’académie des Arts & Sciences de la Mer, pour le scénario et les dessins, et par Douchka Delitte pour les couleurs. Il comprend quarante-six pages de bande dessinée. Il se termine par un dossier historique de huit pages, rédigé par le scénariste, agrémenté de portraits et de tableaux d’époque comprenant huit chapitres et un glossaire. Ils portent les titres suivants : Vive la révolution !, La politique de l’autruche, La philhellénisme, Quand l’opinion publique s’allie aux intérêts politiques, Si l’écrit ne suffit pas on laissera parler le canon, Vers l’irrémédiable escalade, La témérité et puis… Badaboum !, Épilogue. Edward Levington est un de ces aventuriers insouciants et intrépides que l’on rencontre au XIXe siècle. Écrivain et artiste peintre sans réel talent, l’homme qui dispose d’une petite aisance financière suite à quelques héritages, parcourt le monde dans la deuxième décennie de ce XIXe siècle, c’est la cause grecque qui a séduit Edward Levington. Il faut dire que si longtemps la Grèce en tant que nation n’a eu aucune réalité, depuis quelques années des idées révolutionnaires et un sentiment nationaliste grandissent. Il est loin le temps antique où les Grecs se définissaient à travers des cités-états qui n’hésitaient pas à se faire la guerre. Occupation romaine, empire byzantin ou conglomérat de petits royaumes et duchés appartiennent au passé. Sous domination ottomane depuis le XIVe siècle, les Grecs rêvent de se défaire de leur joug, aidés par de nombreux philhellènes et soutenus par une importante diaspora, les Grecs n’ont d’ailleurs plus hésité à rentrer en guerre contre l’occupant en février 1821. Ainsi bénéficiant de quelques soutiens et suivant les traces de George Gordon Byron – le poète et aventurier anglais acquis à la cause grecque et décédé prématurément des fièvres en avril 1824 à Missolonghi – Edward Levington a décidé de poser les pieds dans le Péloponnèse dans les derniers jours de septembre 1827. De nuit, un grand canot avec quatre rameurs dépose Edward Levington sur une plage isolée où l’attend un petit groupe de soldats grecs. Il est accueilli nominativement par l’un d’eux, qui va lui servir de guide jusqu’au théâtre des opérations. Levington profite d’une halte diurne pour réaliser une peinture du panorama. Il explique au comte John Brennan, un Irlandais, qu’il ne s’agit pas de peindre les choses telles qu’on les voit, mais surtout telles qu’on les ressent. Cela semble à son interlocuteur, une bien étrange méthode pour faire de la peinture. Un soldat leur demande de monter sur la colline pour le rejoindre : il y a de nouveaux ordres et c’est urgent. Il explique les Ottomans avancent en force dans la région et tout le monde se replie. Levington demande à Brennan ce qui l’a poussé à prendre les armes pour défendre la cause des Grecs. Son interlocuteur répond qu’il est d’origine irlandaise, ils ont ça dans le sang chez eux. Le lecteur ayant déjà pioché dans cette série consacrée aux batailles navales et lu Sinope (2025) apprécie de pouvoir découvrir la bataille de navarin car elle est mentionnée dans l’ouvrage susmentionné. Il sait qu’il peut compter sur le fait de retrouver la qualité habituelle de la série, aussi bien la rigueur de la reconstitution historique, l’habileté avec laquelle l’auteur infuse les informations de manière organique, l’approche factuelle des dessins, et la mise en perspective de l’importance de cette bataille. Pour ce dernier point, la conclusion met à profit le recul apporté par les siècles passés : Personne ne le sait encore, mais la bataille marque un tournant dans la guerre, car quelques mois plus tard en mai 1828 les Russes vont attaquer l’Empire ottoman allant jusqu’à menacer Constantinople. L’auteur conclut : Pressés de toute parts, les Ottomans se résigneront à signer la paix et à accepter l’indépendance de la Grèce. Le dossier historique se conclut sur un autre constat : La bataille de Navarin est considérée par de nombreux historiens comme la dernière grande bataille de la marine traditionnelle à voile, aux coques de bois armées de canons à âme lisse tirant des boulets. Et s’il est vrai que les batailles de la marine traditionnelle qui suivront n’atteindront jamais cette ampleur dans les engagements, cette bataille détonnera aussi par l’absence de toute tactique et de manœuvre. Comme d’habitude, le lecteur ressort impressionné de cet ouvrage, par la capacité de l’auteur à allier des ingrédients hétéroclites pour former un tout cohérent, sans aller jusqu’à une vision holistique, tout en présentant la bataille sous de nombreuses facettes. La dimension historique s’avère particulièrement dense, tout en étant diffuse. De ci de là, le lecteur relève un nom ou deux, parfois inventés pour le récit comme Edward Levington, parfois authentiquement historique. Dans cette dernière catégorie, il lui vient l’envie de se renseigner plus avant sur Thomas Cochrane (1775-1860, amiral et homme politique britannique), George Finlay (1799-1875, philhellène et historien écossais), Henri de Rigny (1782-1835, vice-amiral français), Lodewijk Sigismond Gustaaf comte van Heiden (1773-1850, amiral russe), ou encore Thomas Fellowes (1778-1853, contre-amiral). Sans oublier la référence à Lord Byron (1788-1824), célèbre poète britannique. En filigrane, il peut également avoir à l’esprit la suite des dix ou onze guerres russo-turques du seizième au dix-neuvième siècle. Le contexte global évoque également une phase de la guerre d’indépendance grecque, menant à la reconnaissance de leur indépendance par l’Empire ottoman, et l’aide des philhellènes de la France, du Royaume-Uni et de la Russie. Comme à son habitude, l’auteur met également en scène la nature systémique de la guerre, au travers de ses deux personnages principaux. Comme à son habitude toujours, il rappelle que : Les guerres sont comme cette bataille, des histoires bien confuses voulues par des personnes qui jamais ne verseront leur sang ! L’Irlandais John Brennan tempère ce constat amer par le fait qu’il ne connait pas de paix qui se soit imposée autrement que par la force. Il rappelle également que l’amiral britannique tout comme les amiraux français et russe ont des comptes à rendre à des messieurs qui les gouvernent, et que ces grands messieurs qui les gouvernent n’ont pas choisi d’envoyer ici de belles escadres pour simplement être les témoins d’une guerre (sous-entendant qu’il y a quelque chose à gagner, des intérêts en jeu). Ce militaire éminemment pragmatique sait que : Il n’y a jamais rien à espérer d’une guerre, si ce n’est d’y survivre ! C’est toujours la même histoire ! Dans le même ordre d’idée, la narration visuelle montre bien l’effet des boulets sur le corps humain, le commentaire faisant observer que : Ce n’est pas beau à voir quand un boulet transperce la muraille. Comme dans Sinope, une petite remarque en passant établit que des Français servent également à bord des navires ottomans, en tant que conseillers et experts, bien rémunérés. Enfin, comme de coutume dans cette série, les femmes sont réduites à la portion congrue, même pas représentées dans ces pages, tout juste raillées en tant qu’épouses mal commodes. C’est toujours un vrai plaisir de retrouver les dessins un peu rêches de cet artiste. Il sait rendre compte de la majesté des navires, de la rudesse de la vie à bord, de la beauté de ces énormes bâtiments sur la mer, de la destruction et du saccage lors des combats, les couleurs un peu ternes et un peu foncées de la coloriste venant renforcer ces sensations. Il rend hommage à ces navires dans une première illustration en peine page de nuit, puis une autre en double (22 & 23) pour un navire se rapprochant de la baie de Navarin où mouille la flotte ottomane, les canons qui se déchaînent dans une deuxième illustration en double page (36 & 37), et enfin une autre illustration en pleine page d’un bateau ravagé échoué sur le sable, en vis-à-vis d’un extrait du poème Navarin (1829) de Victor Hugo (1802-1885). Les séquences sur le pont des navires ou dans les canots sont tout aussi enchanteresses : le niveau de détail pour les canons, les poulies, les haubans, les innombrables cordages, les cabestans, etc. En outre, le lecteur bénéficie de deux autres dessins en pleine page : une vision magnifique à couper le souffle du monastère de Prodromos, et également deux cavaliers avec les pattes de leur monture dans l’eau sur le rivage, un superbe effet des reflets de l’eau réalisé par la coloriste. Comme pour chaque tome dessiné par Delitte, la narration visuelle se fait factuelle et sèche, très descriptive et détaillée pour les navires, logique pour leurs déplacements et leurs positionnements respectifs lors de la bataille navale, avec un total de trente pages se déroulant sur mer. Le lecteur regarde fasciné, le casus belli se dérouler sous yeux, un simple mouvement d’humeur qui provoque cette bataille à bout portant, sans tactique ni manœuvre. Comme d’habitude, le dossier historique se révèle riche et intéressant, reprenant certains éléments présents dans le récit, et venant développer le contexte historique, avec une prise de recul, et évoquant les répercussions de cette bataille au déroulement à l’opposé de toute forme académique ou intelligemment construit. Quelle bataille !
La Veuve blanche
Une bande de Gillon qui s'est fait littéralement clouée au mur par les critiques à sa sortie. Ce n'est pas si mauvais. Le premier tome est même plutôt bon mais ça se délite ensuite pour terminer sur une fin un peu absurde. La magie du trait de Gillon ne fonctionne que par intermittence mais quand c'est le cas, elle sait faire ressortir toutes les ambiguïtés de l'héroïne principale. Il y a un dossier en fin d'album qui permet à Gillon de revenir sur les femmes de son œuvre en quelques mots.
Duel (Imbert / Gauckler)
Un beau gâchis. Voilà mon ressenti après la (difficile) lecture de cette bande. C'est un recueil d'histoires courtes, publié en 1984, dessiné par Philippe Gauckler et scénarisé par Charles Imbert. Gauckler est une brute du dessin, c'est un fait. J'ai trouvé son travail encore plus abouti que dans Blue qui est pourtant une œuvre postérieure. La palette de couleurs très pop art est à tomber. Non le vrai problème vient des scénarios et des dialogues. C'est une compilation de ce qu'il ne faut pas faire. Les histoires n'ont ni queue ni tête, Imbert se lance dans une prose SF absconse, il invente des mots au hasard, multiplie les mauvais calembours... Tout ça forme un gloubi boulga proprement incompréhensible. Reste la beauté des images de Gauckler à admirer mais c'est trop peu.
Chasseurs de trésors - Enquête sur la dissémination du patrimoine religieux au Québec
Depuis les années 60-70, la pratique de la religion catholique a grandement baissé au Québec. Cela a donc changé en profondeur la société comme le fait que des églises sont laissées à l'abandon et finissent par être démolies pour qu'on construise autre chose... Alors qu'arrive-t-il de tous les artéfacts religieux de ces églises ? J'avoue que je ne me suis jamais posé de question sur ce qui arrivait au patrimoine religieux au Québec. Je pense que je devais croire naïvement que tous les objets religieux revenaient au Vatican ou allaient tout simplement dans une autre église. J'ai trouvé cela intéressant de voir ce qui arrivait à tout ce patrimoine religieux dont la plupart des québécois se foutent. Sachez que dans cet album vous allez en voir des vertes et des pas mûres avec des gens qui vendent carrément des artéfacts religieux sur des sites de ventes grands publics alors que c'est censé être illégal... il faut dire que souvent les autorités religieuses en ont rien à foutre elles-mêmes et voient souvent ces vieux objets comme un truc pour avoir facilement de l'argent pour payer les réparations des églises. Franchement, je ne suis pas religieux, mais je suis attaché à l'histoire et je rage de voir des trucs comme cette congrégation religieuse qui était prête à jeter aux ordures des textes datant du 17 ème siècle parce que 'ça prenait trop de place'. Ce documentaire met en avant des chasseurs de trésors qui essaient le plus possible de trouver et sauver ce patrimoine religieux et historique. C'est assez intéressant, mais je trouve que la narration et la mise en scène sont un peu plates et manquent de dynamisme. En tous cas, c'est un bon album si on s'intéresse au sujet qu'il touche. Et pour un lecteur européen cela lui permettra de découvrir un peu plus le Québec.
Radcliff
Je me retrouve complètement dans l’avis de Gaston sur cette série. Le fait que le second album se fasse attendre depuis plus de 5 ans n’est pas bon signe, la série semble avoir été abandonnée. Mais dire que je le regrette amèrement serait mentir. En effet, l’histoire ne m’a pas du tout emballé. Elle est pleine de poncifs de clichés (une vieille malédiction familiale, un homme malfaisant voulant s’emparer d’un héritage et cherchant à faire disparaitre le jeune homme – le héros donc – qui pourrait le gêner, de vagues histoires de sorcières, de landes perdues, etc.), et n’apporte pas grand-chose au lecteur, le fantastique étant ici sans réel intérêt. Surtout, le rythme est lent, il ne se passe presque rien (avec des passages inutiles qui s’éternisent, comme la période où le héros est embauché sur un bateau), on traverse cet album sans être jamais accroché, ni par l’intrigue, ni par aucun personnage. Quant au dessin, il est lisible, mais le style n’est pas mon truc, et la colorisation manque de nuance.
Vivre libre ou mourir - Punk et Rock alternatif en France, 1981/1989
Les deux auteurs s’intéressent de longue date aux cultures et musiques qui sortent des sentiers battus (voir leur relativement récent Underground) dans la même collection de Glénat. Ici, ils s’intéressent au mouvement Punk en France – et à son dérivé « Rock alternatif », durant la décennie des années 1980 – même s’ils débordent un peu en amont et en aval de cette période. On sent que les auteurs sont à la fois connaisseurs, mais aussi « amoureux » de leur sujet, et qu’ils ont puisé aux bonnes sources pour construire leur documentaire, très détaillé, rempli d’informations de première main, mais qui sont toujours contextualisées. Car c’est aussi l’intérêt de ce documentaire de ne pas se contenter de l’aspect purement et uniquement musical, « artistique » (même si cet adjectif aurait révulsé certains des puristes punks des débuts), et de toujours l’inscrire dans un contexte politique et social plus général. La fin du Giscardisme, l’arrivée de la gauche au pouvoir (les progrès et les rapides désillusions), la montée du FN sont autant de marqueurs forts, pour des groupes qui souvent se sont inscrits hors du système, mais dans les luttes sociales. Je n’ai découvert certains de ces groupes (Bérurier Noir, Ludwig Von 88) que vers 1988, un copain lycéen me les ayant fait écouter. Et je n’ai vu les Bérurier qu’une seule fois, lorsque je participais aux manifestations contre la réforme Devaquet (perchés sur un char, ils donnaient une pêche de folie aux manifestants autour d’eux !). Et la Mano Negra ou les Négresses vertes que j’ai écouté ensuite étaient un peu le feu de la comète, on était déjà dans quelque chose de plus « commercial ». Mais cet album se révèle à la fois factuel et intéressant, et les lecteurs peuvent (re)découvrir un pan de la culture populaire qui s’est développé sans – voire contre – les médias traditionnels (le mépris et le et le refus de collaborer étant sans doute réciproques, tout du moins jusqu’à la fin des années 1980).